‹ Biographie de L.-Ch. Thiers, avocat au Parlement de Provence, archiviste deChapitre 8 sur 10 · M. THIERS EST MIS A LA RETRAITE · texte numérisé non relu

M. THIERS EST MIS A LA RETRAITE

Aujourd'hui vingt-quatre avril mil sept cent quatre-vingt-dix, le Conseil Municipal de cette ville de Marseille s*est Assemblé dans la Maison commune à 5 heures de relevée, et nous Joseph- Noël Fofnier, secrétaire-greffier-adjoint écrivant, ont été présents : M. Merle, président en absence de M. le Maire ; MM. Jeân-Françoiis Lieutaud , Bertrand , Lieutard , AUéon, Corail, Ghompré, Bernard , Honoré Lieutaud, Eymar, Poillevert, officiers municipaux; Lejourdan, procureur de la Commune et Brémond Jullien, son substitut.

M. Merle a ouvert la séance et a dit : « Que le Conseil doit s'occuper de la fixation des appointements du secrétaire-greffier de la Commune et de son adjoint, et de ceux des commis des Archives et autres employés dans la Municipalité.

M. le Procureur de la Commune a dit :

« Messieurs , le département des Archives est un des plus importants de ceux que comprend l'Administration générale. C'est là que reposent les matériaux de notre ancienne histoire , et que sont déposées les nouvelles chartes de notre liberté. Nos Archives renferment des titres et des documents précieux. Elles embrassent dans leurs rapports toutes les parties de la chose publique , la comptabilité, le régime des impôts, l'économie politique, nos usages, nos lois, notre correspondance, et c'est là seulement que nous pouvons puiser la connaissance de ce qu'ont fait nos pères, et des lumières propres à nous guider pour ne pas tomber dans les mêmes erreurs.

« Si vos Archives , Messieurs , ne sont point en ordre. Si vous n'avez pas la facilité de les consulter à chaque instant du jour. Si une personne uniquement livrée à cette étude ne vous aide dans vos recherches, il vous sera toujours impossible de bien

connaître les anciens abus , et les antiques erreurs de TAdministration , les sources véritables de nos malheurs passés, et les moyens de les prévenir.

«c De là naît la nécessité de nommer un archiviste. Je n'ignore point que le décret de l'auguste Assemblée nationale ne parle que d'un secrétairegreffier de la Commune, et qu'il n'y est point fait mention du département des Archives, mais le décret de l'Assemblée nationale ne supprime pas , et ne fait pas obstable à ce que vous nommiez un archiviste. Les décrets permettent aux Communautés de nommer des secrétaires-adjoints; il serait en effet impossible qu'un seul homme put suffire à toutes les branches de l'Administration et qu'il réunit toutes les connaissances qu'elles supposent. Les affaires d'une grande Communauté sont si multipliées et si différentes entr'eiles, leurs rapports sont si étendus et si variés... Déjà, Messieurs , vous avez nommé un secrétaire -greffier- adjoint. J'ai l'honneur aujourd'hui de vous proposer de choisir

un archiviste, il importe trop à la Communauté que ses titres, ses contrats, les matériaux de son histoire soient disposés dans un ordre qui facilite vos recherches , il vous importe trop , Messieurs , d'avoir sans cesse auprès de vous une personne éclairée, studieuse qui, connaissant bien vos archives, puisse vous fournir toutes les instructions qui vous sont nécessaires , pour que vous ne vous empressiez pas de nommer à cette place. Votre sagesse vous guidera dans le choix du sujet. On ne se trompe pas. Messieurs, sur le mérite des hommes lorqu'on veut les bien juger, et la prévention ne peut égarer des administrateurs qui ne veulent que le bien public^ et n'écoutent que la justice.

M. Pellenc nommé archiviste.

M. Merle ayant mis la matière à la discussion , et successivement aux opinions, il a été délibéré de nommer un archiviste, et de suite le Conseil procédant à cette nomination, M. Jean-Joachim Pel-

lenc, avocat, a réuni runanimité des suffrages. Les appointements du dit M. Peiienc , archiviste, ont été fixés à deux mille quatre cents livres, comptables du jour qu'il entrera en fonction.

M, Thiers remercié,

2* Il a été arrêté unanimement que M^ Thiers sera remercié le premier mars prochain , et que jusques à cette époque il sera payé de ses appointements anciens , et néanmoins qu'à compter du dit jour premier mars prochain commencera, en faveur du dit M. Thiers, une pension de retraite annuelle et viagère de mille livres à la charge par lui : i* de continuer ses fonctions jusqu'à ce que son successeur l'ait remplacé ; 2° de se mettre incessamment en état de rendre compte des archives et de les mettre en règle; 3' qu'après que son successeur sera entré en fonctions, M. Thiers continuera de se rendre habituellement à la Maison Commune pour donner à son dit successeur toutes les instructions néces-

saires, et ce, jusques à ce que celui-ci soit pleinement instruit , et n*ait plus besoin de Taide du dit M. Thiers;lia pension alimentaire ci-dessus n'étant accordée que sous les trois conditions ci-dessus, et à la charge par M. Thiers de les remplir. Il a été de plus délibéré que lorsque le dit M. Thiers aura rempli les trois conditions ci-dessus, et non autrement, il lui sera payé une fois tant seulement, une somme de mille livres qui lui est accordée dès aujourd'hui à titre de gratification (*).

(i) Reg. des Délibérations , fol. 24 v.

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