‹ Biographie de la ville de SaintOmerChapitre 11 sur 19 · DE PROFUNDIS · texte numérisé non relu

DE PROFUNDIS

« Là, dort abandonné l'auteur de la musique du TU-

• serteur et de Félix , et ses travaux charment encore

• presque tous les soirs , les oreilles difficiles des dilettanti m de la capitale qui , lors de leurs visites au Père La- « chaise ,* n'honorent seulement pas sa tombe modeste d'un « doux regard qui soit dicté par la reconnaissance. •

Biographie universelle. — Biographie de» Contemporain*. - Diction** naire des musiciens. — Histoire de Boulogne , par Bertrand. — Moniteur du 18 janvier 1817. — Jourual des Débats du ai janvier 181 7.— La* KârjM. — Grétry. — Fêtis. - Notices historiques par MM. Hédouin 4

cimetières de Paris * ' u ' ' ' 1 19

D'AÇARQ

Jean- Pierre d'AçARQ naquit à Ubens-Dehant , pays de Soûle , près de Tardets et de Mauléon , déparlement de* Basses- Pyrénées, v

Il devint professeur de l'école militaire , et membre do plusieurs sociétés savantes x entr'autres des académies de la Rochelle et de la Crusca , de Bruxelles , de Florence et de Dunkerque. Il faisait partie en 1763 de l'académie d'Arras ,^ta^lie en 1738. (

Voici l'ordre de publication de ses principaux ouvrages î Grammaire française philosophique y 2 vol. in-12. — Observations sur Boileau S Racine , CrèbUlon , Voltaire.... in- 8.* — Discours de K&eption à l'académie de la Rochelle , le i9 novemkçm 4763 , in-$.<» — Porte fimiUe hebdomadaire, 3 vol in -8.% 1770. — Plan d'éducation, 1776. — Remarques sur la Grammaire française de fFailly , Saint- Orner» 1787 , in-8.°

*L« date de l'impression du dernier de ces écrits indique probablement l'époque de son séjour en cette ville. Il a iussi traduit de l'Italien SanSevermo, Us Vies des homme* •t des femmes illustres d'Italie. < 1 Le 4 septembre 1795, d'Açarq fut nommé professeur de grammaire générale à l'école centrale de Saint-Omer. Il avait généralement la réputation d'un excellent instituteur, fcbrs du projet d'établissement d'une bibliothèque natioflele , l'emploi de conservateur lui avait été promis. Le.

décembre 1797, il fut désigné comme juge- suppléant au 'tribunal civU ^ département , , A

fl fut Mir le point d'être admis à l'académie de Berlin : m On voit dans vos ouvrages , lai mandait à cette occa- « sion le secrétaire de cette société littéraire, l'homme m qui sait écrire et penser, le critique judicieui et le m philosophe profond. » *c

Voltaire témoigna à d'Açarq une bienveillance toute particulière , il lui adressa cinq lettres ; nous possédons les copies de celles qui portent la date du 30 octobre 1761 et du 14 avril 1704. « 11 y a beaucoup à apprendre dans votre * grammaire, lui disait ce grand écrivain , pour ceu* . « mêmes qui croient savoir beaucoup * et encore plus pour m moi qui suis bien sûr de savoir très-peu de chose. • . — « On trouve toujours de quoi s'instruire dans toui « ce que vous écrivei... Je vous souhaite autant de boaj heur que vous avez de raison ; mais gens les plus rai- « sonnantes ne sont pas toujours les plus heureux. » f

L'auteur des Trois siècles littéraires trouvait dans sa grammaire de la justesse et de la profondeur ; il admettait que ses décisions n'étaient pas éloignées des règles du vrai goût , et que sa manière d'écrire était quelque^ fois pleine de chaleur et d'énergie ; mais il lui reprochait à vec raison un jargon philosophique qui prêtait à la censure et au ridicule.

Ce jugement a été adopté par plusieurs autres Iittéra-

^eurs.

D'Aearq avait un talent de prédilection pour la poésie latine : parmi les pièces qu'il laissa en portefeuille , figuré avec distinction un essai de traduction en vers latins d'un* Anthologie française des plus variées et dés plus intéres-t santés. Il reproduisit surtout avec succès 'dans la langué de Virgile , les morceaux choisis de Voltaire , de Molière , de Grébillon , de Lafontaine et de J.-B. Rousseau. Dana ses loisirs, il essaya aussi de traâuire Horace. Ce qu'il y a de plus remarquable dans ses poésies inédites , c'est la version presque complète des fables de Lafontaine.

5 *fef pGtit** production* , aussi utiles qu'agréables gisent encore inconnues dans la poussière d'un grenier de •cette villç. .! . . ,«».,•• • . » .

î Dans sa vieillesse , d'Açarq était tombé dans une extrême indigence ; entraîné par le torrent mortel des idées do- 'minantes, et Surtout par sa déplorable situation, il fut *brcé en quelque sorte d'adorer tous les pouvoirs qui se *ueeédaient alors aussi vite que ses infirmités ; tandis qui '-croyait combattre le despotisme et chanter la liberté , il «'abandonna , dit-on , à des déclamations outrées et inexcusables ; cependant , ami de Dusauls et partisan des modérés , il sut flétrir avec une vive indignation Todient «éjour dans notre cité de l'infâme Lebon , ce chef hmumaiu des bon* amis du peuple.

En proie aux plus impérieux besoins et manquant ôfe pain , d'Açarq fut généreusement secouru par quelques enfants d'Apollon au cœur noble et compatissant.

L administration communale ne soutint pas convenablement d'Açarq , nonagénaire , dont l'infortune et la carrière littéraire méritaient considération et récompense. Il n'en poursuivit pas moins jusqu'à se» derniers instants le cours de ses travaux poétiques ; seule et constante consolation , maljgré ses illusions trop souvent dissipées , d'une vie dure et laborieuse.

u ; D'Açarq mourut à Saint-Oraer, le 21 octobre 4809, regretté des amis des lettres de cette ville , auxquels il disait souvent : «< la morale fait ma principale occupation, t je me prête aux Muses , je me livre entièrement à la ,* puilosopbie.

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