L-.irt * . S "V tVi'lif ' - • „• • j
..wTi • . >r m ,. - i • • -, * ... I, ,
t*."/ «i. ..4.. . *v . »*-tj» •• t.- i'f r' . - «•.. »« t .i : t . ï /. ~ 8 f . .; i ."
» -as »• • •• . ••■ . •• ».
pour cause de parenté, et passa en la même qualité près l'administration centrale du département du Pas-de-Calais qu'il présida ensuite. Ce fut sons sa présidence que l'adjudication de la célèbre église de Saint- Berlin fut prononcée comme domaine national , à Arras , le 48 mars 1799. Elu Tannée précédente, député an Conseil des Cinq Cents , it fut appelé en décembre 1799 à faire partie du tribun*.
- lis —
A l'occasion de cette nomination , la commune de Samt*
Orner lui écrivit , le 3 janvier 1800 , qu elle se félicitait de compter au nombre de ses eufants adoptife un citoyen qui l'honorait par sa dignité et sa sagesse. De retour à Saiut-Omer , en juin 1802 , avec une mission spéciale , il y rétablit Tordre par sa fermeté.
j II s'était fait remarquer aux Cinq- Cents par la philantropie de ses opinions et la modération de ses votes ; il sollicita des récompenses publiques pour les braves qui avaient maintenu la gloire de la France , et appuya vivement le projet de loi tendant à déclarer que tous les membres de la célèbre expédition d'Egypte avaient bien mérité de la patrie. Il parla en outre avec éloquence sur divers sujets de législation et appela l'attention du gouvernement sur les améliorations dont étaient susceptibles les tribu* naux de commerce.
, Lors des prétentions de Saint-Omer à la désignation do chef-lieu de ce département , il fit tout ce qu'il put auprès du gouvernement pour favoriser cette ville ; et si tous tes projets ne furent point couronnés de succès, il contribua du moins à lui faire conserver plusieurs établissements importants. Ayant alors appris qu'Ardros venait d'être compris dans l'arrondissement de Saint-Omer, il s'empressa de mander aux administrateurs du chef-lieu de l'arrondissement qu'il se réjouissait d'être dorénavant , sous tons les rapports , citoyen de leur ville.
Parent- Real fut éliminé du tribunat, à la sortie du premier cinquième , à cause de son indépendance et de son opposition à la création des tribunaux exceptionnels. Il s'y était opposé également « à ce que des cautionnement» fus- « sent exigés des officiers de judicature , ce projet de loi
• rétablissant , selon lui , la vénalité des charges , et subs-
• tituant l'or au mérite. • Il s'offrit à être le défenseur de Moreau devant la cour de cassation.
t II fut eusuite inscrit sur le tableau des avocats au con-
Mît d'état et à h cour do cassation. En 18*3 et en 4814, il professa la littérature à r Athénée royal de Paris. Après , il résida de nouveau pendant quelques années dans la villa 4e Saint-Omer où il eut l'occasion d'employer utilement les connaissances en jurisprudence , et où il put se livrer paisiblement i son goût décidé pour les études littéraires. Il manifesta des vue» généreuses envers sa ville natale et approuva la demande d'un arrondissement communal pour Cala i«. il publia, dans la biographie des contemporains, un grand nombre d'articles sur les hommes recommanda* bles de notre pays. 11 était l'auteur d'une petit* revue foi institutions oratoires de M. Delamnlle ; c'était un des collaborateurs de la Revue encyclopédique ; son nom est mentionné avec considération dans la revue des écrivains qui ont servi la science judiciaire , ouvrage estimable de Lacretelle ainé ; il composa encore un Traité du régime muni* ripai et de f administration de département , où il déposa les fruits de ses études et de son expérience ; il enrichit en* Y Indicateur de Calait de plusieurs morceaux de \\U , et fit paraître, en 4831, des questions politique* crû il se montra ami éclairé de la monarchie constitution* Belle. Il figurait en dernier lieu au nombre des avocate de la cour royale de Paris. Plusieurs de ses mémoires « rédigés avec goût et talent , décèlent un noble caractère et
Lea Morins ont toujours été réputés pour leur vaïéef lunée , et l'histoire a transmis équitablement à la postérité leurs faits d'armes remarquables ; les Audomardis conservèrent constamment cette vertu héréditaire , et les fastes de
notre cité pourraient en produire avec orgueil des preuves
brillantes. Mais hélas , que de braves sont morts courageusement pour leur pays , sans avoir même obtenu une racntion honorable ou un simple regret de leur cité natale ! La renommée si légère aura pu à la vérité bénir un instant leur trépas glorieux , tout en laissant leurs noms dans uni injuste oubli; la patrie en gémissant de leur chute , aura pu ne pas trop plaindre leur destinée , puisqu'ils avaient succombé avec résignation pour sa défense. Cependant la temple de mémoire ne doit point être fermé à jamais pou* ces héros ; c'est au contraire un devoir sacré pour l'écrivain de les faire revivre par le souvenir de leur utile carrière , et de retracer aux yeux de leurs concitoyens reconnaissants , des faits honorables qui peuvent quelquefois devenir de salutaires exemples.
Les enfants du Pas-de-Calais se sont distingués sans contredit dans une foule de combats avant et depuis la révolution ; mais pour beaucoup de ces dignes artésiens # le silence le plus complet a été de même le prix des plus belles actions , et nous éprouverions sans doute une peina infinie à retrouver la trace des exploits des Audomarois, soit dans les histoires générales , publiées jadis par de savants ecclésiastiques , soit dans les Table ttet militaires récemment mises au jour par le plus louable patriotisme, frous avons donc dû nous borner aussi sous 6e rapport aux principaux représentants des deux plus grandes époques de notre histoire ; déjà nous avons rapporté les gestes des vieux héros de la Maison de Saint- Orner , et la narration des campagnes du capitaine Bugat qui attacha son nom à la plupart des grandes journées militaires de ca siècle , sera , nous Pespérons , l'hommage le plus agréabla et le plus flatteur que nous puissions rendre aux ombres consolées d'une foule d'autres estimables guerriers , par Bous encore involontairement méconnus.
- François-Joseph Bugat est né à Saint- Orner le 6 décembre
J777. Il donna do bonne heure d'un cœur noble les marques les plus certaines.
Vers la fin du siècle dernier , peu de temps après la départ des vainqueurs de l'Italie pour la conquête d'une terre célèbre par son antique civilisation , à une époque où encore « nos camps étaient un temple pour la gloire , m un asile contre la persécution , » le jeune Bugat , né pour cette gloire si chère à nos soldats , sentit bouillonner dans son ame ardente , les premiers transporta d'une impulsion belliqueuse. C'en est fait , son destin est marqué , et il court grossir les bataillons de cette généreuse armée française où s'était réfugié l'honneur de la patrie.
Entré au service le 16 octobre 1798 , Bugat fit ses premières armes dans la Hollande. Ce fut sans étonnement qu'il ou tendit d'abord le feu à la rencontre d'Alkeraar , le 2 octobre 1799. Ce jeu terrible auquel il n'était pas accoutumé , le trouva impassible ; ce n'était au reste qu'un timide prélude aux prodigieuses scènes sur lesquelles il devait être transporté ; il y fut atteint d'un coup de lança et pris par les cosaques. Ces sauvages ennemis , il les retrouva plus tard , quand sous la conduite d'un nouveau fc ha ries XII , il s'enfonça dans leur aride contrée , et lors* que vers la fin de sa vie guerrière , se retirant en rugissant devant vingt peuples divers qui nous suivaient comme à la trace de nos victoires , il défendit pied à pied le sol •acre de la France.
On le voit encore au milieu de ces barbares du Nord, •ur un tableau que consacra sa piété filiale : quelle martiale contenance! quel coup-d'œil audacieux! son coursier, impatient du combat, le lance au sein du carnage; «c'est « là , mes araia , semble s'écrier son maitre intrépide , sui- • vez-moi ! • car l'endroit le plus périlleux était toujours pour lui celui de l'honneur. Il est revêtu de l'uniforme chéri de son chef, et il porte les insignes du grade et les décorations que sa formidable épée lu* a ai loyalement
acquis! Historiens de la France, ouvrez vos annales! c'est
un brave qui a droit à \o» palme» patriotiques, c'est un de-ces Français qui , semblable aux ancieus chevaliers avec lesquels il eût aussi formé la plus noble alliance, mérite d'être dignement célébré : tous les mots remarquables sur les fameux guerriers, on peut les lui appliquer. Qu'il était beau dans sa jeunesse cet habile cavalier ! Qui pouvait mieux réaliser ce que nous a raconté le prince deR poètes sur U grâce , la force et le maintien séduisant des héros d'Ilion ?
Cependant la France , délivrée de l'anarchie par la fermeté d'un conquérant , commençait à respirer plus librement ; mais le repos n'était pas fait pour notre armée ; à de nouveaux ennemis succédaient de nouveaux lauriers ; Bugat franchit ce mont merveilleux qui jadis étonna Annibal , et ne tarda pas à contribuer à cette importante victoire , si favorable aux destinées de son pays , et où il vit tomber peut-être cet intéressant général qui regrettait de mourir , seulement parce qu'il n'avait pas encore assez fait pour la postérité.
Oui, elles retentiront dans la postérité ces grandes batailles de Marengo et d'Austerlitz , d'ïéna , d'Eylau , de Friedland , de Wagram , de la Moskowa ! Bugat se distingua à toutes ces illustres journées , puisqu'elles lui procurèrent successivement son avancement; il nV fut jamais abandonné par son bras, et son courage irrité par les plus imminents dangers vint toujours à son secours. A Austerlitz, il reçut plusieurs blessures , et à la Moskowa > il fut du nombre des braves des braves.
Il fit ensuite partie de ces bandes indomptées qui, toujours attachées à leurs drapeaux , « retrouvèrent assez de « force , après une pénible retraite , pour gagner la ba- « taille de Lulxen ; » il se trouva après à celles de Dresdô et de Leipsick ; mais nous avions essuyé les plus vastes revers ; une défection presque générale de la part de no* alliés , menaçait même de nous interdire le retour dans
nos foyers. Alors se livra la sanglante affaire de Hanau ,
où la fortune de nos armes brilla encore d'un dernier rayon chez l'étranger. Ce triomphe fut témoin du plus notable exploit du capitaine Bugat.
Il s'agissait de traverser un carré d'infanterie bavaroise , fort de 200 hommes ; Bugat n'avait que 25 chasseurs ; Tordre lui en est donné par le général Laferrière. Notre hardi compatriote , dont le dévouement lui était connu , n'hésite pas à l'accomplir : c'est voler à un trépas certain , n'importe ; il jette cependant un regard sur les rives du
Hhin, sur ce fleuve si désiré L'honneur parle, il suffit;
et d'ailleurs , quel déplaisir alors de quitter la vie ? Après être entré dans toutes les capitales de l'Europe , après avoir parcouru les plaines brûlantes de l'Espagne et les champs glacés de la Russie , il retourne presqu'en fugitif dans la France ; il a vu disparaître la plupart des premiers compagnons de ses nombreuses campagnes , et que lui sert de leur survivre? Il part avec rapidité et se précipite dans l'importun bataillon ; ceux qui le suivent tombent à ses côtés , mais le génie des combats le protège : il se fait jour à travers la masse ennemie , remplit sa mission , et reparait avec neuf hommes de son héroïque détaehement.
Revoyant enfin le beau ciel de la France , Bugat ne st démentit pas dans les plaines de Charapaubert et de Mont-
jnira.il Il fut toujours fidèle à l'armée et la suivit avec
satisfaction , même après le rêve de Waterloo , lorsque pour la seconde fois elle se jeta « glorieuse et toute sanglante « dans les bras paternels du descendant de Henri IV. » ,
Bugat entra d'abord dans le 10/ dragon où il devint jnaréchal-des-logis ; ensuite il fit toujours partie des chasseurs à cheval de l'ex-garde , formés de l'élégant corps des Guides , objet d'une haute prédilection. Fourrier en iS06, maréchal -des -logis en 1807, il fut nommé officier Je l.* r juip 1809; chevalier de la légion-d'honneur, le 4 par» 1806, de U Réunion, à la fin de 1S13, il obtint le
i novembre 4829, la eYoix de Saint-Louis , faveur apécialement due k son mérite.
Ainsi que la plupart des militaires qui ont long-temps servi dans la cavalerie , le capitaine Bugat était affecté de violentes douleurs dans le bas -ventre qui dégénèrent ordinairement en une incurable inflammation d'entrailles. C'est un nouvel accès de cette cruelle maladie qui Ta emporté en quelques jours , le i. er mai 1830. Quel spectacle déchirant que celui du guerrier succombant sous le poids de douleurs inexprimables sur un lit sans renom ! sa pensée dut se reporter aux jours tumultueux de ses éclatants succès , alors que «a démarche était libre et superbe , et que son front semblait dédaigner les menaces du destin. 11 regretta peut-être que le sort des combats l'eût respecté si long-temps ! Mais consolé par les douces paroles du ministre d'un Dieu de paix , il mourut comme les preux du temps des Duguesclin et des Bayard , comme un digne officier des Nansouty , des Saint-Cyr et du prince Eugène.
Notre voix fut aussi la première à rendre hommage au mérite du capitaine Bugat. ( Propagateur du 5 mai 1830 ). Que nous importait la folie d'un despotisme éphémère?
Nous avons proclamé alors sans hésitation que ce célèbre Audomarois était doué de toutes les vertua chevaleresques , qu'il était bon , franc et généreux , que sa carrière avait été distinguée et qu'il avait les plus justes droits à l'amour , à l'estime et aux regrets de sa ville natale. Un monument funéraire a été élevé à sa mémoire dans le cimetière de la commune d'Arqués ; ses titres à l'estime do la postérité ont été retracés avec éloquence à la cérémonie solennelle d'inauguration , le 20 février 1831. Depuis cetta époque , ce lieu est vénéré des braves de l'armée et de la milice citoyenne. Les grands noms niémoratifs do ses exploits sont gravés sur la belle colonne de marbro qui sembla s'élancer de sa tombe , avec les témoignages de notre ad miration , couronnée de lauriers , et couverte de trophées }