‹ Biographie de la ville de SaintOmerChapitre 15 sur 19 · NÉCROLOGIE · texte numérisé non relu

NÉCROLOGIE

• L'histoire local© nous ramène toujours aux choses Tiff taies de la famille. » C'est une de ces vérités douces à répéter; et la nécrologie, forme récente et abrégée de la biographie , est un complément périodique et iudispensa* Lie des annales intimes de la cité ; elle proclame avec un lèie touchant des noms modestes échappés aux recherches des biographes t et tire de l'oubli plus d'un personnage remarquable par des connaissances étendues , par des tra* Taux utiles , par des talents modestes ou des vertus sans faste ; elle acquitte en outre la dette de la reconnaissance publique , en consacrant la mémoire des citoyens qui n'oul laissé d'autres souvenirs que leurs bienfaits.

En 1814, le Nécrologe français demanda à l'administra* tion communale des renseignements sur les personnes de marque décédées en cette ville depuis 1801. Dès 1810, cette administration avait déjà été sollicitée de fournir la Biographie morale de Saint-Omer. En 1817 , notre maire fut invité d'envoyer sans le moindre délai unè notice historique sur cette cité , laquelle devait se terminer par Ténumération des principaux individus qui l'avaient rendue recommandante par un moyen quelconque , soit par leurs actions , soit par leurs écrits ; enfin en 1829, la Statistique morale de la France promettait de nous donner la liste estimable des industriels , des magistrats , des négociants , des militaires et des artistes qui s'étaient signalé* d'une

manière éminente ; et le Nord et le PoêdeCaiaïs allaient

être compri» dan» ce cercle impartial de notabilités , assu* rément digne de l'encouragement le plus prononcé. Mai» grande partie de la classe opulente , que nous voyons avec regret trop indifférente à la manifestation eela-* tante de» progrés de» connaissances humaines , sait-elle encourager convenablement et dan» son propre intérêt , les effort» tenté» noblement de» poiut» divers de la France par la bonne presse , pour guérir les plaies sociales de la patrie commune, et lui faire éprouver une salutaire régénération par de» publications utiles aux sciences , aux mœurs, à la religion et a l'humanité? Toute» ce» entreprise» furent donc promptement arrêtée». Cependant les motif» qui le» dirigeaient étaient si purs et si favorables à l'ordre social, qu'il» ne pouvaient manquer de trouver une complète adhésion parmi le» appréciateur» généreux de la gloire nation de, JnAflW* cea ew *i* patriotiques reparaissent- ils avec succès de toute» part» , et nous avons l'espoir flatteur qu'ils seront désormais moins dédaignés. Fatigués de leurs longues et arides querelles , les français finiront par sentir généralement qu'il n'est point de travaux plus glorieux, de dénuements plus agréables, que ceux qui ont pour résultat» le renom et la prospérité des lieux chéris où ils ont pria

naissance. i Guidé constamment par les mêmes sentiments qui ont dicté notre introduction, nous allons terminer sommairement la légende de» habitant» de Saint-Oraer qui , dan» ce siècle , ont fait honneur à la magistrature , à Yindu*tri» , à Y état militaire , à V administration , aux lettres et tut $ tienéee «••• '">>'ti : ■-■ »•'•'• « »l •

••» • il

Charles- Albert-Marie-Félix Doval est né à Aire , le 2* octobre. 1746 , fil» d'un avocat an conseil d'Artois , qui- lut

depuis échevin ; lieutenant-mayeur et procureur du roisyndic de ladite ville.

Il deviût uue des lumières de la magistrature de cette contrée; son jugement était droit, son cœur équitable et ses lumières profondes. Voué dès sa jeunesse à l'étude des lois , il en fit le sujet de ses continuelles méditations. Loin des distractions du monde , recueilli et uniquement attentif à remplir convenablement ses importantes fonctions , il obtint la considération la plus flatteuse pendant sa présidence de plus de vingt années du tribunal de Saint-Omer, •oit de département , soit d'arrondissement. Il était consulté ordinairement dans toutes les questions difficiles , et ses décisions empreintes du véritable esprit de la jurisprudence étaient généralement respectées.

« L'histoire équitable peut proclamer sans flatterie qu'il « a été éminemment utile à la société , par ses travaux « et la sage application de ses talents. » Incontestablement, la justice le comptera au nombre de ses membres les plut savants.

Ses principes de vertu et de probité ne se démentirent jamais au milieu des persécutions qu'il éprouva à diverses époques de nos troubles révolutionnaires. La religion le consola et le soutint dans ces journées tristes et périlleuses. ' ,

Il assista au sacre de Napoléon en qualité de président de canton. À la session du collège électoral de l'arrondissement de Saint-Omer , en novembre 1808 , il fut élu deu-

xième candidat au corps législatif.

Il a fait aussi partie du conseil municipal de cette ville»

depuis le 17 avril 1811.

En août 1815, il fut question de le porter comme candidat à la dépulation , mais il ne voulut pas accepter ce témoignage d'estime et de gratitude. ' •

11 est décédé à Saint-Omer, le 9 février 1818.

* Françoise-Antoine Boubert , né à Saint- Orner 1© 13 juiA 1748 , avocat , procureur-syndic du directoire du district de l'arrondissement , président de section au tribunal civil du département, puis président de la cour de justice cri- ; rainclle du Pas-de-Calais jusqu'à la formation des couré d'assises , alors président de chambre à la cour rovale do Douai , a laissé la réputation d'un excellent jurisconsulte , d'un magistrat intègre et ami des lois.

Nommé membre de notre conseil municipal le 20 janvier 4812, après sa sortie des fonctions judiciaires , décora* de la croix de la légion-d'honneur , appelé à faire partie de la chambre des représentants en 1815, mandat hono-

rable qu'il avait déjà refusé une vingtaine d'années auparavant , ce respectable concitoyen est décédé le 23 mal 1828 et ses cendres reposent non loin du bois de Bleudecques , dans un tombeau simple et élégant.

. Michel-François Vasseur , né k Polincove , canton d'Audruicq , le 16 mai 1740 , est décédé à Saint-Omer le 20 août 1833.

Il prêta serment comme procureur en la chambre éche* winale , le 16 janvier 1771. Au commencement de ce siècle f il continua d'exercer les mêmes fonctions avec le titra d'avoué-licencié. Il avait plus de 80 ans lorsqu'il céda sa charge , et il ne cesaa de travailler que dans les derniers mois de sa longue carrière 11 fut nommé en 1816 , juge* •uppléant et ensuite administrateur des hospices. Ce nona* génaire remarquable a laissé une réputation méritée d'intégrité et d'érudition dans l'aucienne jurisprudence. La piété filiale lui a consacré , vers l'entrée de l'église do Polincove, un mausolée en marbre décoré de plusieurs épitaphes poétiques. <

Hennebert mentionna dans son Histoire d'Artois le major jMftOO', mort le 7 janvier 173i , âgé de 113 ans environ.

«Sa longévité et 9e ans de service sous trois rois, méritent, « dit-il, une place dans cet annales. • i

j Gaspard Lanthonius > né en Artois, en 4518 , renommé au reste pour son talent dans les inscriptions en vers t vécut près de 100 ans , âge qui fut également constaté par les chroniqueurs qui nous ont précédés. Rara senectus.

Herman-Louis-Bertin Miam est né à Saint-Omer , le 20 septembre 1754. Il se familiarisa de bonne heure avec les nombreux détails de la science du droit , sous la direction régulière et laborieuse de son digne père Jean-Louis Maria , né le 17 août 1724, décédé en mai 1816, dans sa quatrevingt-douzième année , le Nestor des procureurs. Il ne tarda pas à exercer la profession d'avocat , et à faire parler de •es talents d'une manière si avantageuse , qu'il fut appelé le 28 août 1790 aux fonctions de commissaire du roi près le tribunal du district d'Hesdin, où il soutint honorablement son excellente réputation. Lors des élections de l'assemblée constituante , il avait contrebalancé l'influence de Robespierre , et le médiocre avocat d'Arras ne l'avait emporté que de peu de voix sur le savant avocat de Saint- Omer. Aussi ce dernier, destitué à la fin de 1792, fût- il forcé de s'émigrer en 1793. Il revint dans sa patrie lorsque la providence eût rendu quelque calme à la France en la purgeant des odieux tyrans qui la désolaient. Il se livra alors de nouveau aux devoirs de son noble état , et pendant plus de vingt ans , il fit admirer et bénir ses lumières et son désintéressement. Son mérite réel , ses vertus publiques et privées , son intégrité extraordinaire , avaient tellement captivé tous les suffrages , qu'en 1818 , lorsque la place de président du tribunal de Saint-Omer devint vacante , l'ordre entier des avocate de cette ville sollicita en sa faveur la plus juste des récompenses. . >

Il était juge-suppléant depuis le 6 avril 1811 au tribunal civil ; il l'avait été auparavant au tribunal criminel»

1 Sa nomination au poste de procureur du roi , le 11 mars 1818 , fut considérée comme un don précieux fait à la société. Il fut installé dans ces fonctions , le 5 mai suivant. Le 8 juillet de la même année il fut envoyé comme conseiller à la cour royale de Douai , où il fut d'une utilité incontestable par sa vaste érudition et set étudet permanentes. " /

C'est dans cette dernière ville qu'il a terminé sa belle carrière, le 30 décembre 1820.

11 avait présidé la première session de la cour d'assises de Tannée 1819, et avait déployé dans cette circonstance un grand taleut oratoire , de nobles sentiments et des principes d'une généreuse pbilantropie.

Le 5 novembre 1822, le respectable chef du tribunal de cette ville , après avoir retracé son portrait dans une allocution éloquente , le présentait encore pour exemple aux. jeunes membres de notre barreau.

L'avocat Marin était aussi un modèle d'amour filial. Le reins qu'il a fait pendant tant d'années de places honorables pour ne pas quitter son père nonagénaire en est

une preuve touchante et irrécusable.

Robert-François Gbàchet est né à Nielles -lez -Bléquin , le 19 janvier 1764. Avocat en cette ville au commencement de la révolution , it fut nommé depuis administrateur du district. Il perdit cet emploi par suite de l'improbation qu'il manifesta de la déplorable journée du 31 mai. It fut obligé même de se cacher pour éviter le ressentiment du parti vainqueur. En 1795 , il annonça r ouverture eu cette ville d'un cours d'éducation publique dont le plan fut approuvé. Après les événements non moins dé* sastreux du 18 fructidor ( 4 aeptembre 1797 ) il devint accusateur publie près le tribunal criminel du Pas-de- Calais , séant à Saint-Omer. Aux élections de 1798 % dites

ât> Pan -6 , ilfut élu député , désigné pour faire partie du conseil des Cinq-Cents , et puis eiclu par la loi du 41 mai de cette année. 11 dédaigna alors, dit-on , toutes les places que Merlin de Douai lui fit offrir , persista à ae croire toujours représentant du peuple légitimement élu et publia son appel aux principes , écrit dans lequel il attaquait en même temps et la loi susdatée et le directeur Merlin qui en était supposé l'auteur. Cette publication l'obligea à quitter prompteraent la capitale. U reparut sur la scène politique à la chute du directeur Merlin , le 18 juin 1799 , et fut revêtu des fonctions ds commissaire central du département du Pas-de-Calais. Ayant protesté en cette qualité avec énergie contre le coup d'état tenté à Saint-Cloud par un soldat audacieux , îl donna sa démission et ne tarda pas à reprendre à Saint- Omer sa profession d'avocat. On le vit briller long- temps devant les tribunaux de cette ville ; son élocution était pathétique , soignée et courageuse. Il était humain et désintéressé. Il parvint à arracher au supplice plusieurs de ses malheureux cliens , et tombé lui-même dans la misère , il dut à la générosité hospitalière de l'uu d'eux» un abri et quelques soins dans ses derniers jours.

Il mourut dans son lieu natal le I. e * septembre 1815.

Biographie imprimée à Leipzick, en 180G.

Julien- Ingïebert Pley est né à Saint-Omer , le 7 no» membre 1767. Fabricant de draps renommé , et membre du conseil municipal , il est décédé dans sa ville natale , le 15 octobre i&l.

• Dès le 14.™ siècle , la ville de Sakit-Omer était avantageusement citée dans l'Europe pour ses manufactures de draps „ Long-temps même avant cette époque , leurs pro»

4uit« étaient admis dan» les principales foires du royaume, et rivalisaient non sans succès avec les meilleures étoffe» do la Flandre. Vers la fin de ce 14.' siècle où était parr venu à leur apogée , sous Jean et Charles VI , leur crédit, ils éprouvèrent une détérioration subite , par suite d'un accident fortuit ; mai» ils se relevèrent avec supériorité en août 1410 , ainsi qu'il est facile de s'en convaincre dans le tome 9 des ordonnances des roi» de France. Le nom de l'abbaye de Saint-Bertin go trouve encore mêlé avec dibtinetion dans l'histoire de cette importante branche de notre industrie. Les guerres continuelles des lS. e et 16. • siècles l'entravèrent considérablement ; cependant les eaux de notre cité étant convenables pour les apprêts, il se forma en 1086 des établissements de serges et de mouquette ; puis vinrent les droguets et les piuchinats. En 1730, on fabriquait iiOO pièces de ces diverses étoffes, ce qui occupait environ 200 ouvriers ; depuis lors , m nombre s'éleva aw-delà de 1,500 pour les pièces, et de 2,000 pour les ouvriers.

Naffloléon , lors de son passage en cette ville , en août 1804 , manifesta le désir de voir les draps de Saint-Oincr rivaliser avec ceux do Louviers.

Julien Pley était capable de tenter cette noble entreprise ; il s'occupa sans cesse des moyens de perfectionner les œuvres de sa riche manufacture. Il fut bientôt connu comme l'un des plus forts négociants de la contrée, et devint le digne émule de Fiolet ; les pipes de l'un faisaient le tour du monde , les draps de l'autre ne craignaient aucune con- •eurrence.

En 1813, il établit des moulins à eau dans sa belle habitation de Blendecqucs. « Ces moulins servent à ou- « vrir , earder et filer la laine, fouler, lainer , tondre « les draps, râper et moudre les bois de teinture. Leur « construction, dans un site charmant , est du plus agiéo- -« ble effet. »

Louis FioIet ett né à Saint-Omer, le 47 février 178S. Elevé dans le commerce , il s'appliqua avec ténacité aux affaires, étudia prudemment les transactions commerciales, et parvint insensiblement à monter la fabrique de pipes, l'une des plus belles et la plus considérable peut-être de l'Europe. Dans le siècle dernier , on ne connaissait pour ainsi dire de fabrication do pipes à Saint-Omer que celle du sieur Minet à l'hôpital-général , et encore elle paraissait suffire. Dès i804 , lors du passade de Napoléon , la maison de Fiolet passait déjà pour la principale manufacture de cette ville. Ses ateliers qui furent visités ensuite par des personnages importans , par la duehesse de Bcrry , et par les dues d'Orléans et de Nemours, continrent habituellement jusqu'à mille ouvriers, en comprenant dans ce nombre les personnes employées hors de l'établissement.

Les pipes de cette fabrique ont rivalisé avantageusement avec ce que la Hollande a produit de plus parfait en ce genre , et une exportation immédiate de 80,000 façonnées chaque jour, en a justifié su Hisarament l'excellente qualité.

Au milieu de ses prospérités , Fiolet avait acquis des connaissances solides et des notions administratives fort étendues.

Après avoir siégé plusieurs années comme juge au tribunal de commerce , il fut désigné pour en être le président, le 12 janvier 1830 , et les titres de ce magistrat à l'estime publique furent alors résumés ainsi : « Il n'est personne m surtout qui ne se réjouisse de voir appelé à diriger la « justice commerciale celui qui depuis long-temps s'est fait « justement distinguer daus cette carrière parles principes « de l'équité la plus rigoureuse , éclairée par un jugement « sain et uue longue expérience des affaires ; celui que ses « concitoyens se plaisent à proclamer le père des mal- « heureux , et qui constant dans l'honorable habitude de « fermer les yeux sur ses propres intérêts , dans la saison « la plus rigoureuse de chaque année , en fait volontiers

* k sacrifice pour conserver du travail ci du pain aut « nombreux indigents que sou industrie rassemble dans ses « vastes ateliers. *

Depuis cette époque , la conduite de Fiolet ne fit que le rendre plus digne encore de cette flatteuse apologie.

Il se montra avant tout , ami de Tordre public , dans nos divers orages politiques ; partisan déclaré de la liberté , mais sachant calmer une effervescence irréfléchie , et assurer la tranquillité intérieure. Désigné le 30 septembre 1830 comme membre du conseil municipal , les suffrages de ses concitoyens le confirmèrent en octobre i&34 dans ce poste de confiance où rappelait naturellement sa haute position sociale ; la même approbation le fit élire * au mois de novembre 1833 , membre du conseil de cet arrondissement. Il avait imposé à ses ouvriers comme un devoir indispensable la renonciation à la dangereuse prévention contre la vaccine. Il avait fondé dans sa maison t qu'il gouvernait en bon père de famille , une caisse d'épargnes dont les salutaires effets étaient déjà reconnus.

Protecteur des arts , il contribua puissamment à l'érection de la nouvelle salle de concerts dont il surveilla avec lèle la construction, comme principal associé de la société pbilarmonique.

Nous le redisons avec vérité , Fiolet , décédé le 11 février 1834 , a été bon , généreux t bienfaisant et plein de franchise. Son éloge est un véritable hommage justement rendu à l'industrie.

Dellepierre de Neuve-Eglise observait, en 1761, que lea marbriers de Saint-Omer et des autres villes de l'Artois n'avaient pas encore le goût et le dessin convenable dans la formation des ornemens des meubles dont l'usage est le plus fréquent. Depuis quelques années, cette autre branche de l'industrie que nous n'avons pas cru devoir passer sous silence , car tout ce qui sert à marquer le progrès des

ârtê doit être Constaté , a pris un développement étonnant et flatteur pour notre cité. Le» Audomarois en sont rede* Tables à François CahpentiEr , ancien payeur de la guerre i membre du conseil municipal , né à Saint- Orner le 13 novembre 1778 , décédé le 1/* octobre 1833, des suites d'un© ©bute.

Les produits de son élégante marbrerie ont fixé justement l'attention reconnaissante de la piété filiale et de l'amitié fidèle ; visitez les cimetières qui nous environ* nent , partout vous trouverez des cippes et des sarcophages taillés avec adresse , plautés avec goût , et propres à transmettre intactes à la postérité les épitapbes dédiées aux êtres les plus chéris.

Alexandre- Constant Doresmieulx , né à Saint-Omer, le 25 juillet 1738 , membre des états d'Artois , capitaine au régiment d'Auxerrois , infanterie , doyen des chevaliers de Saint-Louis , est décédé à Saint-Omer , le 29 juillet 1827, dans sa 90V année.

Il descendait d'une famille noble' et fort ancienne de cette province. Il servit avec distinction dans la guerre île sept ans et dans les campagnes d'Amérique.

A la révolution , arraché brusquement aux douceurs de la paix , il méprisa la perte de sa fortune , et alla combattra fidèlement sous le drapeau de son choix. 11 rentra en France en 1S02 , et supporta avec une noble résignation la destruction de son château chéri de Fouquières. Modèle d'honneur •et de loyauté dans la partie active de sa carrière , il consacra ses dernières années à soulager les malheureux et à faire bénir sa mémoire par tous ceux qui l'entouraient.

C'était un vieillard infiniment aimable, rempli d'une bonté rare et touchante , et qui savait rapporter aussi de ses

âges lointains les anecdotes les plus curieuses.

Le nom de Doresmieulx est inscrit avee estime dans lea lestes littéraires et administratifs de l'Artois.

Philippe Eustache Delattre est né à Saint-Omer , la 25 mars 1762. Il descendait d'une ancienne famille de cette province. Son pére était avocat au conseil d'Artois. Henri -Bernard Delattre (page 105 ) était son frère cadet.

Philipye-Euttache entra fort jeune au service ; il fit , comme officier , l-s guerres de Hanovre , et au commencement de la révolution , il était capitaine au régiment des chasseurs du Hainaut. Placé sons le commandement de M. de Bouillé , son régiment prit alors une part active aux troubles de la capitale de la Lorraine ; appelé par son rang d'aucienneté à remplacer son chef d escadron, notre compatriote parvint , par sa fermeté inébranlable , à rendre vaines les diverses tentatives que les factieux avaient essayées près des soldats pour les faire révolter contre leurs officiers. Chargé après de la surveillance de la forêt de Fontainebleau , il contribua puissamment à la conservation de cette propriété royale.

■ Lors du départ de Mesdames , tantes de Louis XVI Delattre se mit à la téte du peloton de chasseurs qui lea escorta jusqu'à Moret; là, une dégoûtante populace voulut s'opposer au passage de ces vertueuses princesses et lea contraindre de retourner à Paris. Notre Audomarois, fidèle héritier dans cette circonstance délicate des sentiments dea preux chevaliers , exécuta avec courage et une rare présence d'esprit une attaque simulée , et débarrassa heureusement les tremblantes fugitives. Mesdames Adélaïde et Victoire, ces deux saintes que n'aurait pas respectées l'edieux pouvoir révolutionnaire , et dont le tombeau retrouvé au fond de la mer adriatique a reçu depuis les respects d'un illustre voyageur ; ces deux filles de roi , loin du sol ingrat >de la patrie , songèrent avec reconnaissance à leur libérateur; et, arrivées à Rome , lui adressèrent cett*

lettre autographe qui vaut certes les plu» beaux titres de noblesse : « Nous Tenons d'apprendre avec une extrême m satisfaction , monsieur, que vous avez pu sortir de *: France , et que tous servet présentement dans l'armée « de M. le prince de Condé , après avoir fait la cam~ n pague de 4792 dans l'armée des princes , nos neveux ; « nous nous empressons de vous faire parvenir les assu» f raocea du souvenir que nous conservons du service que m. tous nous avez rendu , par le zèle et la prudence avec

* lesquels vous avez assuré notre sortie de Moret ; nous f regrettons de n'avoir pu tous exprimer plus tôt notre « sensibilité , et nous désirons que ce témoignage que nous « tous rendons avec plaisir , soit à jamais un gage de notre f estime et de notre intérêt. — Rome , ce 30 août 1794,

* — Suivent les signatures : Adélaïde et Victoire. • Léchauffourée de Moret ayant été défigurée par les

journaux , Delattre eut la témérité d'exposer sa téte aux foreurs des anarchistes , en rétablissant franchement la vérité des faits dans une notice qu'il publia sur cet événement. Admis peu de temps après à la réforme , il alla ha* fyter le . petit domaine de Nœufvrue, dans la commune de gecques , qui depuis plus de quatre siècles appartenait à sa. famille. Au bout de quelques mois il quitta la France, fit la campagne de 1792 dans l'armée du Centre ; constamment employé à l'avant-garde , il rentra dans l'intérieur , traversa la Champagne , puis retourna sur le Rhin. Après le licenciement de ce corps , il servit dans celui An prince de Gondé , parmi les chasseurs nobles , avec le grade de capitaine-lieutenant ; il suivit constamment le sort de ses dignes compagnons d'infortune, passa avec eux en Russie , et après leur dispersion., se fixa en 1801 à ▲ltona , où il demeura habituellement jusqu'en 1814 ; revenu avec les Bourbons, il fut nommé colonel et obtint •a retraite. 11 accompagna ensuite Louis XVUI à Gand, et peu après se retrouva enfin dans son modeste ermitage

fie Noeufvrue. C'est dans cette solitude champêtre, qus jouissant d'an doux repos au sein de la nature , entouré de l'estime publique , visité par quelques sincères amis , heureux et fier d'une longue carrière parcourue avec hon* neur et loyauté au milieu des plus pénibles vicissitude* { cet énergique vieillard , ce bravo militaire expira paisiblement le 19 octobre 1819. ; •

Mille- Wast-Edouard Deslyo*s , baron de Monchaux , né à Arras, maréchal-de-camu , commandant Us gardes na* tionales de l'arrondissement , chevalier de Tordre roval et militaire de Saint- Louis , membre de la chambre des députés, en 1815 , est décédé à Saint-Martin -au-Laërt, le 27 avril 1817 , dans sa soixante-cinquième année.

En 1816, il fit hommage au roi de sa pension de 1668 francs qui lui avait été accordée pour services rendus a l'état. Pendant son mandat de législateur, il sollicita à diverses reprises la bienveillance du gouvernement en fa» veur des établissements publics de cette ville. >

Il était brave, loyal et bienfaisant. ' ;

«nBertin- Henri- Joseph Bayart , né à Saint- Orner , le i$ mai 1770, est décédé à Paris le 27 mai 1831. . f

V Jeune et brave volontaire de 1792, il s'empressa de voler à la défense de nos frontières menacées , et servit avec éclat dans l'armée du génie pendant les premières campagnes de la révolution. Ses talenslui valurent le grade de chef de bataillon dans ce corps , et il devint ensuite aous-chef au dépôt des fortifications. Il rendit des services signalés dans l'île de Walcheren lors de l'invasion anglaise en 1809. Il protégea en diverses circonstances , surtout comme membre de la commission des bâtiments civils , les projets de notre administration communale , et se montra toujours d'une complaisance extrême envers ses compatriotes qui avaient recours à son crédit. u •

- En 1755, le plan en relief de la ville de Satnt-Omer , exécuté par l'ingénieur Néiot , avait été envoyé à Louis XV, qui avait visité cette place onie ans auparavant , et place au Louvre. Bayart restaura avec un soin scrupuleux et un plaisir extrême ce joli relief de son lieu natal.

Joseph -Marie-Bénoit de Lamoussàye , né à Tilqoes , le 21 mai 1786 , est un des braves de la grande armée , dont les exploits sont les pins dignes de la renommée, dont le nom peut honorer le plus la contrée qui lui à donné le jour.

Entré comme élève à l'école de Fontainebleau, le 20 Août 1804 , il commença le 23 septembre 1805 sa carrière glorieuse comme sous- lieutenant au 2. mr léger ; environ deux ans après , il fut blessé et décoré sur le brillant champ de bataille de Friedlaod ; le 26 juin 1811, il était capitaine à l'état-major du prince de Neufchâtel ; à la funeste journée de Baylen , après avoir reçu un coup de sabre à la téte , il tua de sa main un colonel espagnol , eut deux chevaux tués sous lui et resta prisonnier. De retour auprès de ses vaillants frères d'armes , il partagea leurs fatigues , leur courage et leurs malheurs dans la déplorable campagne de Russie. Il s'y distingua surtout ii Witepsk. Echappé au plus grand des désastres , chef de bataillon au 134. ,ue , il arrêta pendant deux heures , arec sa seule cohorte, le 19 mai 1813, deux colonnes russes à Wieberg , et deux jours après, il reçut la croix d'officier de la légion d'honneur dans les plaines victorieuses de Bautzen. Notre lutte désespérée contre tant d'adversaires ne fit qu'enflammer son audace guerrière ; bientôt , percé de huit coups de lance , et laissé pour mort , il fut prit de nouveau à Lowemberg le 29 août de la même année. « Jamais officier ne montra sur les champs de bataille

• plus d'intrépidité, de bravoure et de sang-froid. Cha-

• que rencontre avec l'ennemi était marquée pour lui par

• quelque nouvelle distinction. Il justifia partout la devise

• de «es père* : Honour , honour à Moussaye. » Successivement promu aux grades de major dans la garde

royale, de lieutenant- colonel , de colonel d'Hohenloe f chevalier de Saint-Louis , il fut nommé colonel du 18. m# léger le 21 décembre 1825 , et créé comte le 6 octobre

Ce loyal représentant de l'honneur français , ce modèle des officiers , vit le terme de son existence , le 6 janvier 1829 , dans la ville d'Angers où il était alors en garnison. Son régiment, dont il était adoré, le regretta amèrement et contribua tout entier avec reconnaissance à 1 érection d'un monument à sa mémoire. Ses cendres ont été transportées dans la terre natale, et ses titres et ses belles actions sont gravés sur les quatre faces du mausolée qui décore l'humble cimetière de la commune de Tilques.

Louis-Charles Lenoir-Devaux , né à Alençon , décédé à Saint-Omcr le 17 avril 1810, âgé de 84 ans, général de division du génie , était , en 1792 , directeur des fortifications de cette place. 11 conçut alors un projet favorable à la navigation de l'Aa qui reçut de hautes approbations. Ses talens et ses services lui avaient acquis le respect et l'affection des habitants de cette ville.

Louis -Henri Ballard d'Invilliers , né à Strasbourg, général de division d'artillerie , décoré du cordon ronge et de plusieurs ordres , officier d'un mérite peu ordinaire f est décédé à Saint-Omer le 19 mars 4798 , à l'âge de 93 ans. C'était l'ayenl maternel du général Taviel.

Jean-Pierre Boocret , né à Paris , le 21 mai 1764 , était général de division au quartier-général à Saint-Omer , en 4796 ; il fut employé dans les dernières campagnes d'Italie , m distingua à la défense de Belle- Isle , et vint

ensuite f après avoir été réformé , habiter l'ancienne cora* munauté des Chartreux à Longuenesse. Il fit partie d» notre conseil municipal. Porté sur lo tableau des retraités, en 1817 , il quitta ce pays Vannée suivante.

Pierre -François Wàttrwgtje , né a Saint-Omer te 2 mai 1750, adjoint sous Lesergcant d'isbergue et HeHemans ♦ remplaça ce dernier comme maire de la ville de Saint-Omer.

Il administra pendant neuf ans cette commune avee autant de douceur que de sagesse. Il veilla constamment à ses intérêts avec les soins d'un père tendre , ferme et prévoyant. Persécuté momentanément dans les cent jours'» en 1815, à cause de sa généreuse indépendance, la munificence royale le récompensa de ses vertus et du bien immense qu'il avait fait dans ses fonctions par des lettres de noblesse accordées à ses deux fils.

^IllWMirut à Saint-Omer le 29 novembre 1817, vivement regretté par tous les Audomarois. f >

Joseph de Facieu , né le 12 juillet 1753 , à l'île Jourdain » arrondissement de Mon t morillon , département de la Vienne , est décédé à Saint-Omer le 24 août 1833.

Officier dans l'ancien régime , chevalier de Saint-Louis , membre du conseil municipal depuis le 22 août 1804 jusque» dans les dernières aimées de la restauration, il a droit à nn souvenir d'estime et à la mémoire des Audoinarois par ses excellentes qualités et surtout par ses actes de bienfaisance dans- des temps nécessiteux, ; r > , .

Alexis-Joseph Everard , oé à Sainte-Mariekerque , canton d'Audruicq , le 16* septembre 1760, est décédé à Saint-Oraer , le 14 janvier 1831. Parvenu par un travail assidu, et une constante probité au premier rang des né-

- tst -

^oriants de cette cité , il exerça successivement , depuis i .Si 2 , les places de membre et président de la chambre Consultative, fut juge au tribunal de commerce, et fit partie, le 1-S août 484D , du conseil municipal. Il se si* gnala dans ces fonctions paternelles par la droiture de •on jugement, la prudence de sa conduite, et son désir habituel de coopérer à toutes les améliorations raisonnables. Père tendre et généreux , aini ardent et dévoué , protecteur évangélique de» pauvres et consolateur des infortunés , compatriote ebéri et estimé de toutes les opinions, à cause de sa tolérance loyale et de sa fidélité à ces principes, il a laissé un nom honorable auquel s'est attaché un souveuir ineffaçable de considération publique.

Philippe- Alexis- Joseph Cousin-d'Hoyer est né à Sa in t- Omer , le 23 octobre 4774. Il est décédé à Boulogne le 23 avril 1834. Fixé depuis long-temps dans cette dernière ville , il sut l'édifier constamment pur la pratique des plut admirables vertus. M. Uédouin a fait un brillant panégyrique de notre respectable compatriote.

Nicolas- Joseph M a es , né à Saint- Venant , a aussi des droits certains à la considération des Audomarois. Il était connu avantageusement dans le commerce par sa droiture et sa probité ; ancien membre du district de cet arrondissement , de plusieurs commissions de bienfaisance , et du conseil municipal, il rendit plusieurs services à la commune à des époques difficiles , et employa toute sa vie à foire le bien. Il est mort à Paria à la fin de novembre 1832.

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Pierre- Joseph Potio* est né en 1743 à Thxévres f vil-

la go du diocèse d'Amiens.

Avant la révolution , il fut successivement secrétaire de

M. de Beau mont , archevêque de Paris, professeur au collège militaire de la Flèche , professeur de philosophie nu collège d'Arras , et curé de l'église paroissiale de Saint- Nicolas dans cette dernière ville , pendant dix ans.

La commune de Saint-Omer s'était en vain adressée , le I.' r février 1791 , à rassemblée nationale pour obtenir que la réunion électorale du département pour l'élection d'un évéque se tint dans son église cathédrale. Le 30 mars suivant, Porion fut proclamé évêque du département du Pas-de-Calais ; son diocèse était composé presque entièrement des anciens diocèses de Saint-Omer , de Boulogne et d'Arras ; son siège cpiscopal fut établi dans notre cité. 11 fut sacré à Paris le 10 avril , et il fit en cette qualité , le 14 du même mois * son entrée triomphale à Saint-Omer. En voici les principaux détails d'après U grand cartubire de Saint Bertin : « Il arriva sur les neuf heures du soir « au bruit du canon et au son des cloches. Le lendemain, m il alla rendre visite aux principaux de la ville , et les « invita pour le jour suivant à son installation. Le 16 , « il fut intronisé par ses grands vicaires , entr'autres par m MM. de Torcy et Daunou ; les jours suivants , il s'oe- • cupa avec eux de la nouvelle constitution du clergé , « ainsi que de la prochaine élection des nouveaux curés « constitutionnels. Le 1." juin , il fit avec son clergé une « procession générale. » Tous les ecclésiastiques qui se refusèrent au serment furent alors interdits. Le même jour, M. Michaud, de Calais, fut installé comme curé à Saint-Bertjn. La tête de ce vertueux pasteur n'en roula pas moins sur l'échafaud en décembre 1793 , parce qu'il avait blâmé l'enlèvement des cloches ; tant étaient admirables les principes de raison , de liberté et de tolérance de nos régénérateurs !

• Le 12 mai 1793 , l'évôque Porion fit comme d'usage U procession de la Fête-Dieu. Le 8 septembre suivant , jour

de la fote de Saint-Oroer , it prononça un discourt politique dans son église paroissiale. Le 31 janvier 1794, les montagnards de Mo tin- la- Montagne ayant demandé l'abolition dn oulte catholique qui ne tarda pas à être décrétée , ? Porion fut obligé de renoncer a ses fonctions sacerdotales. H se fit alors défenseur officieux près les tribunaux t et fut nommé président de l'administration municipale de cette' ville. Il donna sa démission de ce poste honorable le 24 flévrier 1798; il était encore dans nos murs en 1802, car Son nom est inscrit sur une liste dressée par l'autorité locale des personnes qui cultivaient alors les lettres à Saint-Omer." Il vécut ensuite dans la plus grande retraite dans la capitale | exclusivement livré à l'étude des sciences et aux" Muses. Diverses compositions en vers et en prose sortirent de sa plume facile.

La Feuille de Saint- Orner publia plusieurs poésies françaises et latiues de cet ancien prélat , d'un caraetère humain et généreux , et qui se rappelait d'ailleurs avec satisfaction sa récente résidence. Poriou mourut paisiblement le 20 mars 1830 à Paris , dans la 90. ma année de son âge. . Le piédestal de la raison ayant été trop fragile pour supporter l'imposante déesse , il fallut bien revenir graduellement à l'ancien culte de nos pères. Les disciples dn philosophe qui avait vainement essayé d'écraser V infime , et qui avaient pu survivre au nouvel ordre des choses, n'étaient plus aussi tentés de se faire passer^ pour des esprits forts. Le l." novembre 1797 , Mathieu Msdin , ancien curé de Frévent , fut élu évêque constitutionnel du Pas-de-Calais. Il fut sacré à Paris et assisté au concile du 29 juin 1801. Le concordat ayant été signé, il fut désigné , le 27 juillet 1802 , comme desservant provisoire de la paroisse de Saint- Sépulcre en cette ville. Il se montra alors fort amateur du buste de saint Orner qu'U voulait porter aux procession», mais il fut obligé de le laisser à celui qui l'avait conservé. Après la promulgation

Si.

du bref de Pie VII, du 15 août 1801 , Àsselin avait en- Toyé volontairement , le 30 octobre suivant , sa démission d'é?êque au cardinal Caprara , fait qui renfermait un changement complet d'époque ; il céda ensuite , le 2 février 4803, sa cure à M. Cavrois, homme d'esprit, sage administrateur , et qui parvint à restaurer convenablement le plus antique de nos édifices religieux.

Asselin , qui avait au reste de fort bonnes qualités , est mort à Bonnières en 1825. « H se servait toujours d'un m âne pour parcourir son diocèse ( d'après le glossaire

• des principaux sobriquets historiques du Nord de U « France, par M. Leglay), afin de se distinguer, disait-

• il , des évéques de l'ancien régime qui allaient en voi-

• ture. Cette manière patriarcale de voyager lui valut le

• surnom à'évéque à baudet. »

Jean-Charles-Vincent Debette d'Etienville , né à Saint- Omer le 9 novembre 1758 , homme de lettres , a publié le Philantrope , journal, 1789, in-8.°; les Effets de la prévention, ou le Marquis de Ben... ; et les romans dont suivent les titres : le Château , l'Ermitage et la Chaumière , roman espagnol (4802), 2 vol. in-12 ; V Héroïsme de Vamour et de l amitié ( 1802 ) , 3 vol. in-12; Paulin, ou les heureux effets de la vertu ( 1802), in-12; Pulchérie, ou l'assassinat supposé ( 1 803 ) , 2 vol. in-12; Rosamonde, ou le dévouement filial ( 1804 ) , 2 vol. in-12 ; Asile de Tenfance ( 1807 ) , in-8.° Il est encore l'auteur de plusieurs mémoires relatifs à l'affaire du collier. 11 est mort à Paris, en 1827.

Biographie imprimée cher Michaud en septembre x8t6.

Louis- Jean-Baptiste-Justin Ratel ( l'abbé ) , né à Saint- Omer , le 14 décembre 1758 , a rendu son nom célèbro dans ce siècle par son dévouement à la branche ainée de la famille des Bourbons.

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ïl avait fait sa théologie au séminaire des Trente-troi!/, à Paris , et avait soutenu avec éclat sa thèse de licencié. Sa capacité remarquable Tarait fait choisir jeune encore pour remplir la cure importante de Dunkerque; mais cettfo paroisse, quoique française, relevait du diocèse d'Ypres, et chaque nomination de curé était l'occasion d'un procès. La contestation suscitée au sujet de la nomination de notre compatriote, n'était pas terminée lorsque les premiers orages de la révolution donnèrent une autre impulsion aux esprits. Ratel fut obligé de prendre les armes à la première réquisition , mais sa Tue extrêmement faible le fit exempter du service militaire. Il passa ensuite assez tranquillement les années de la terreur à la Roehe-Guyon , petit village de Seine-et-Oise , où sa famille s'était réfugiée. Après la chute dos jacobins , il revint dans la capitale , et s'y livra entièrement aux affaires politiques. Il organisa et dirigea la correspondance de» royalistes avec les chefs vendéens et la fédération normande. C'est alors que Ratel parvint à faire échapper du Temple le fameux amiral anglais sir Sidney Smith : il acquittait ainsi la dette de la France envers ce généreux ennemi , car ce fut à la puissante intercession de ce brave marin que le général Vallogne et ses compagnons d'infortune sortirent de la barbare captivité des Turcs après la journée deNieopelis. Ratel , infatigable dans sa lutte acharnée contre les pouvoirs usurpateurs , prépara aussi à cette époque la rédaction de plusieurs manifestes et publia lui-même queK - que* brochures qui firent une grande sensation , notamment celle qui concernait le coup d'état du 1$ brumaire ( 9 novembre 1799- ) ; caché après dans le Boulonnais . il y remplit secrètement les fonctions d'agent du comte d'Artois , puis réussit à travers mille dangers à passer en Angleterre où il fut long- temps connu sous les noms de Vabbi Dubois , et de M. Lemoine. Ses relations aveo lord Castkreagh et les principaux membres du cabinet anglais qui

l'honoraient de leur estime et de leur amitié , le mitent à portée de rendre une infinité de services aux émigrés français et il s'acquitta de ce devoir avec toute l'ardeur d'un cœur naturellement bienfaisant. On l'impliqua, quoique absent, en diverses conspirations, surtout celle de George Cadoudal. On prétendit dans cette circonstance qu'il était le chef de l'agence anglaise d'Abbeville ; on le condamna à mort et sa tête fut mise à prix. Bonaparte qui craijgnait son énergie et son habileté lui avait voué une haine implacable ; il devint long-temps même à Saint -Orner l'objet des plus vives recherches de la police impériale. Le .24 février 1806 , son signalement était encore envoyé à notre administration locale , comme l'un des conspirateurs contre la sûreté de l'état. La vaine animosité qui le poursuivait ne retomba que trop sur les membres de sa famille qui étaient restés en France. Son jeune frère , Gré^ .goire-Omer , avocat au parlement de Paris , époux de JM. ,U de Ricke , éprouva alors le désagrément d'une ridicule méprise. Sa surveillance à Douai, à cause de ses opinions personnelles , ayant été levée par arrêté supérieur .du 10 juillet 1806 , il retournait à Paris par Lille , et .s'était détourné momentanément par Saint-Oroer pour revoir encore une fois son vieux père octogénaire , désir i)ien peu criminel ! mais son nom , son nom coupable le .fit arrêter immédiatement ; on avait cru saisir enfin la jproie tant désirée , et il fallut bien des explications pour désabuser ce zèle malencontreux.

L'abbé Ratel rentra en France avec Monsieur , au commencement de 1814. Il se trouvait à la tête de la députation audomaroise , lors du passage de ce prince à Livry , dans les premiers jours du mois d'avril. Il revit sa ville natale dans le cours de cette année ; c'était un fort bel homme et qui s'exprimait ordinairement avec pureté et facilité. Àu 20 mars 181ô , il se retira à Y près pù il tomba malade. Quelque temps après le second xt-

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lotir des Bourbons , il alla habiter sa terre de Mérival en Picardie , et il y mourut le 26 janvier 1816. >

Pierre-Modeste Guisselin , né en 1766 à la Croix-Saiot- Ouen ( Oise ) , est décédé à Saint-Omer le 6 octobre 4831. Il fit des études profondes dans la congrégation des Doctrinaires , et , après avoir fait partie de L'académie de législation à Lille, il coopéra aussi, en 4802, dune manière efficace au rétablissement de notre collège communal. Professeur éloquent et érudit , il se fit remarquer dans la chaire de rhétorique par son goût éclairé et par «on appréciation délicate des auteurs de l'antiquité.

11 fut en outre de quelque utilité à la commune daas plusieurs circonstances. En 1795 , il avait fait tous ses efforts auprès du comité d'instruction pour la fixation à Saint-Omer de l'école centrale. • *

Après une vie entière consacrée à l'enseignement de la jeunesse , il s'adonnait encore avec ardeur , dans une paisible retraite , à l'époque de sa mort prématurée, aux charmes de l'étude dans l'exercice d'une répétition estimée.

François-Xavier- Joseph Poillion est né à St. -Orner, le 28 octobre 1768 ; il est décédé au B ois-en- Ardres , le 11 .août 1832.

Les littérateurs de cette ville lui sont redevables de l'établissement du plus ancien de leurs journaux. Le premier numéro de la feuille de Saint-Omer fut publié le 7 février 1807. Son apparition excita l'émulation la plus louable dans Je petit nombre d'amateurs qui consacraient alors quelques •Joisirs au culte des Muses. Plusieurs jeunes poètes y débutèrent avee distinction , et diverses notabilités audomaroisès s'empressèrent d'y faire figurer leurs noms. Le rédacteur -était plein d'intelligence et se plaisait à insérer tout oo sfui pouvait captiver utilement et agréablement l'attention publique. Il encouragea sagement les estimables directeurs

<re* deux importante* écoles secondaires qui florissaient à cette époque dans nos murs , vanta avec raison les savants travaux du conservateur de la bibliothèque naissante , paya mn juste tribut de regrets , dans une nécrologie impartiale et pathétique, aux citoyens les plus recoramandables de l'arrondissement , trop tôt oubliés ordinairement après leur mort , et commença à inspirer le goût des études historiques en produisant une série peu connue de notices puisées avec discernement dans nos intéressantes archives. Ses efforts en faveur des lettres et de la presse périodique furent couronnés d'uni plein succès. Sa feuille fut infiniment recherchée pendant toute la durée de sa direction personnelle* La suite des destinées de cette entreprise appartient à l'histoire du journalisme dans cette cité-.

Ce n'est pas à tort que des critique» consciencieux et éclairés ont déclaré que l'on» se rappelait encore avec délices les articles spirituels du fondateur de la feuille de Saint- Orner. Eerivain exercé et d'un goût délicat , versffieatcur habile , ses courageuses paraboles dans les centjours, inspirées au milieu des parfums de la nature renaissante , sont empreintes de cette gaîté franche et charmante qui a toujours caractérisé l'ardent cavalier.

i Le 3 février 1815 , il avait publié à Paris , chex Lenormant , un ouvrage politique sous ce titre : Vérité-* impartialité , amour du roi.

ii " . •

La ^ille de Saint- Orner a fait , dans ce siècle , plusieurs pertes sensibles parmi ses enfants qui ont bien mérité de la docte faculté. Les médecins et chirurgiens dent noua allons parler , dignes successeurs de Jean Malpée et d'Antoine Obert , joignaient certainement à de grandes connaissances en clinique tout ce que l'art de la pharmacie a da plus savant, ; . * ' * . A . . . ' ■ ,

i Les noms dès Dericke et des Pohier doivent toujours jouir dans cette cité d'une considération reconnaissante. Ce dernier, décédé le 24 juillet 1818, prcsqu'octogénaire , le aestor de nos disciples d'Hippocrate , était célèbre par son talent d'observation dans l'art difficile de guérir les maladies du corps humain,

Antoine-Bruno Dericke , est né à Saint-Oraer le 6 octobre 1729. 11 fit des études profondes en médecine, et obtint le grade de licencié à Douai, le 1." avril 1751. 11 acheva avec succès son éducation scientifique à Paris. De retour à Saint-Oraer , il fréquenta assidûment les hôpitaux et suivit avec discernement la pratique des médecins de cette ville , qui possédaient aussi alors une excellente réputation. Il était en outre en correspondance avec les plus célèbres médecins de Londres , qui faisaient un cas tout particulier de son expérience , et qui le considérèrent toujours comme un homme savant et un habile praticien. 11 fut nommé, en 1773, médecin de notre hôpital militaire. Toute la province applaudit vivement à ce choix ; notre compatriote exerça dignement cet emploi dans lequel il sut constamment mériter l'amitié et le respect du soldat. Il fut ensuite reçu membre correspondant de la société royale de médecine. 11 fit habituellement partie du corps des échevins de la commune , et il remplit également ces fonctions avec zèle et distinction. Une fièvre maligne que lui fit contracter un excès d'amour pour l'humanité , Tenleva subitement, le 14 juin 1783, à un état auquel il raidit honneur par ses taleuts et une conduite exemplaire. Il était adoré des pauvres qu'il aidait journellement autant de sa bourse que de ses conseils. Il avait un goût passionné pour les livres , et l'extension qu'il lui donna , jointe à ses actes de bienfaisance , altéra même sa médiocre fortune. Sa bibliothèque choisie surtout en médecine et an littérature était vraiment curieuse i on y contemplait une

eollection complète des Eltevirs et des Baskerville ; parmi des manuscrits rares et précieux se trouvait un mémoire êommaire concernant ce qui t'est passé de plus remarquable en Artois, depuis 262 jusqu'en 1600, in-folio. Qu 'est-il devenu ?

Le catalogue de cette bibliothèque a été imprimé et se. trouve encore à celle de la ville.

- Bericke avait un frère cadet qui embrassa la même carrière | et qui occupait la place de médecin de l'hôpital militaire d'une des premières villes de France , lorsqu'il succomba aux suites funestes d'un duel soutenu cou rageusement pour l'honneur de l'infortunée reine Marie» Antoinette , lâchement attaqué en sa présence.

Jean Baptiste-Joseph Descamps , chirurgien des hospices de Saint-Omer , né en cette ville , le 2 décembre 1754 , est décédé le 2 décembre 1831.

Il marcha noblement sur les traces de ses ayeux dont le ministère remonte en quelque sorte au retour des Au* domarois à la domination française ( page 84 ) ; il obtint toujours la confiance générale dans les pénibles travaux: que lui avait dévolus avec justice l'administration locale. Jusqu'à son dernier jour , il exerça avec zèle ses fonctions •i précieuses à la société. De toute la classe nombreuse des pauvres il s'est élevé un cri de douleur à la nouvelle de son décès , et le plus bel éloge funèbre , la reconnais* sence des infortunés , a été prononcé avec attendrissement tur sa tombe.

Max imili en -François Dàmart , pharmacien -major de Yhb* pilai militaire , né à Saint-Omer , le 21 mai 1778 , dé-* cédé le 11 juin 4831 , était renommé par ses nombreuses 1 campagnes , set voyages lointains , ses talents en histoire naturelle , et sa passion décidée pour les beaux-arts. A •se- derniers instants, il éprouva la noble satisfaction de

recevoir la digne récompense des braves , l'étoile de l'honneur qu'il avait si parfaitement gagnée par les nombreux services qu'il avait rendus à sa patrie et à l'humanité.

Louis- Jean -Baptiste Barboille , est né à Saint-Omer , le 26 octobre 1783. Son père était alors chirurgien -major en cette ville , et mourut plus tard en Amérique. . Il s'adonna jeune encore aux études multipliées de cette profession précieuse. Il en médita les premiers préceptes sous la direction de M. Sou vil le, médecin fort en vogue à Calais.

. Il fit des progrès rapides , et entra an service , en qualité de soua-aide-mnjor , dans le 7.« ne régiment de hussards, le 21 avril 1805. En 1809 , il était aide -major dans un régiment de cuirassiers. Il avait encore ce grade pendant l'expédition de Russie. En 1 813 , il obtint celui de chirurgien-major aux ambulances de la grande armée. Rayé momentanément des contrôles en 1814 , il ne tarda pat à être réintégré dans le cadre d'activité , et passa successivement avec son ancien grade dans plusieurs régiments d'artillerie et dans le 2. me de ligne.

. Enfin , comme récompense bien méritée d'une carrière de trente années , il fut nommé plus tard chirurgien en chef de l'hôpital militaire d'Ajaccio.

L'expérience consommée qu'il avait acquise sons le célèbre Larrey , en Espagne , en Allemagne et en Russie , avait fait placer Barboille au nombre de nos plus habiles chirurgiens ; l'armée savait apprécier ses talents et ses sentiments d'honneur, et c'était justice, car « toutes le» « circonstances de sa vie furent ou glorieuses ou honora - -« blés : son grade d'aide-major lui fut donné sur le champ « de bataille ; sa décoration , pour sa conduite dans la « campagne de Russie. »

En 1814 , sa manière d'agir fut pleine de désintéressement et de délicatesse , alors que chargé de régler la

comptabilité du corps des chirurgiens , il ne voulut pas être plus favorisé que ses camarades.

Barboilie était estimé généralement dans la Corse. « Peu « d'hommes ont mieux rempli leur tâche envers le pau- « vre et l'humanité. » Nul ne fut plus aimé et respecté •par ses collègues et ses subordonnés. Sa mémoire doit être conservée religieusement dans sa ville natale. C'est •encore un beau nom qui rehausse ses fastes. Sa mort prématurée , le 28 juillet 1834, répandit la consternation à Ajaccio. De tous les points de l'île , les Corses vinrent grossir le cortège douloureux de ses funérailles pompeuses. Le souvenir de cet Audomarois y est demeuré impérissable. « 11 fut enterré à quelque distance de cette ville m célèbre , sur un rocher élevé qui fait face à la France. • Ses amis désolés voulurent par là lui donner une dernière preuve de leur dévouement ; ils s'étaient rappelé que pendant ses promenades solitaires, Barboilie affectionnait particulièrement ce lieu de repos , où se plaisant mélancoliquement à jouir du spectacle sublime de la mer , il pensait surtout à sa chère patrie , l'objet constant de ses plus vives affections, et peut-être aussi agité far un triste pressentiment , il lui redisait au moins par un regard lointain un doux et éternel adieu.

Jean- Baptiste-Joseph V and a mm e , né à Ypres , le 21 avril 1708, mort à Saint-Omer, le 27 janvier 4821, généreux libérateur des mères indigentes , était placé au premier rang des accoucheurs par sa longue expérience et set succès honorables dans plusieurs cures périlleuses.

Jean-Louis Ramonet , né le 16 février 1770, à Bagnières, département des Hautes- Pyrénées , élève de Par m entier , pharmacien -major de l'hôpital militaire de Saint-Omer en 1797 , gendre de M. Legrand de Castelle , pharmacien principal du premier corps d'armée de réserve à Bou-

kgne , et ensuite dans le troisième corps pendant noé guerres lointaines , replacé dans ce grade après la restauration à notre hôpital militaire jusqu'en 1825 , époque de sa retraite , termina en cette ville , le 30 décembre 1830 , une vie honorable entièrement consacrée à sa patrie et aux sciences.

M. Borde, décédé à Saint-Omer , en mai 1833, pharmacien-major dans le même établissement , a. des droits également à l'estime et aux regrets des Àudomarois.

Pierre -François-Marie Dédigneulle t né à Bourbourg le' 6 mars 1792 , est décédé à Saint-Omer , le 3 octobre 1833.

Il était un des chirurgiens de la campagne de Russie; lors du fameux siège de Dantzick , il fit le service en chef d'un hôpital dans cette place importante. Rentré en, France , et reçu docteur en médecine , il se fixa en cette ville et s'y acquitta de l'emploi de médecin des pauvret et des prisons avec une exactitude exemplaire. En 1821 , il présenta à la société d'agriculture de Boulogne une dis-

•ertation médico-topographique sur la ville de Bourbourg et ses environs.

Modeste Desmàrquoy , né à Aire , décédé à Saint-Omer le 21 octobre 1831 , âgé de 35 ans , s'était dans sa trop courte carrière , à l'exemple de son généreux père , consacré totalement aux études qui offrent le champ le plus vaste aux méditations du philosophe et aux inspirations salutaires de l'homme de bien. Après s'être distingué au* écoles de Strasbourg et de Paris , il pratiqua pendant» quelques années dans cette ville avec un talent qui promettait d'être supérieur. Il était laborieux et plein de goût pour les sciences et les arts ; déjà il avait prouvé par divers écrits publiés dans les journaux scientifiques , qu'il possédait des connaissances aussi vastes que pro* fondes , et les espérances les plus brillantes étaient juste * ment fondées sur son avenir. , •

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