‹ Biographie de la ville de SaintOmerChapitre 16 sur 19 · DE V ARRONDISSEMENT DE SÀINT-OMER · texte numérisé non relu

DE V ARRONDISSEMENT DE SÀINT-OMER

€omxikie prinripalrmmt 0011$ U rapport littéraire.

Nous avons observé qu'une biographie littéraire de l'abbaye de Saint-Bertin serait sans contredit une des subdivisions les plus intéressantes de l'histoire de la ville de Saint-Omer ( page 45 ) ; cette remarque peut s'appliquer également à plusieurs autres de nos institutions sacerdotales où le goût des bonnes études se transmit aussi de siècle en siècle avec une persévérance louable et souvent même avec d'honorables résultats. « Les religieux , au- « teurs de beaucoup d'écrits , maintenant oubliés , ont « mérité l'estime de leurs contemporains , et jouiraient « encore de quelque renommée sans les immenses progrès « de la littérature et le développement de tant d'idées « nouvelles. • Divers membres du clergé de Saint-Bertin , de Notre-Dame de Saint-Omer, et des nombreux couvents de cette cité , furent célèbres dans la contrée pendant des siècles. Ils étaient populaires dans leur temps, et nous pensons qu'il n'est pas encore inutile aujourd'hui de retracer leurs titres à la considération de la postérité. « On « ne tardera peut-être plus à reconnaître généralement « tout ce qu'il y a de science , d'instruction et de bonne m foi dans ces vieux et consciencieux recueils d'un travail • qui confond notre ignorance et notre frivolité , • s'est

êerié récemment avec raison l'un des savants éditeurs des archives du Nord , à l'occasion d'un excellent conseil des étude* historiques , sor la lectnre sérieuse à faire par les historiens des conciles, des vies des saints, des annales particulières et des coutumes des provinces. Nous nous proposons donc d'insérer , s'il est possible , dans les mémoires de la société des antiquaires de la Morinie , une biographie sommaire de l'ancien clergé de l'arrondissement, regrettant d'être contraint de n'en produire actuellement qu'un extrait indispensable à notre biographie de la Tille de Saint Orner , accompagné toutefois de quelques documents historiques.

Orner et Bertin , ces immortels apôtres de la Flandre , sortis de la grande école de Luxeuil , avaient terminé leur évangélique carrière , le premier à Wavrans , le 9 septembre 695 , le second , au sein de sa communauté , le 5 septembre 698 , après avoir apporté tous deux à nos ancêtres encore barbares , la religion , la morale et la liberté , au moment funèbre où ces divines consolatrices Tenaient d'expirer sur la terre. »

Leurs portraits ont été conservés dans un de nos manuscrits du 8.— siècle , n.° 698.

La mission régénératrice d'Orner avait commencé en 637 ; en 902 , le bourg de Sithieu , érigé en cité , fut appelé par une inspiration légitime et reconnaissante , Audomarum ou Audomaropolis : Saint Orner.

L'abbaye de Saint-Berlin a été fondée en 648.... Le dernier Mérovingien fut confié à la sécurité de ses cloîtres y il y mourut sous le froc en 755 , et dans les ruines profanées de la huitième et dernière église de ce monastère v qui recéla jadis le royal prisonnier que l'on avait décoré du nom de saint , le voyageur attendri cherche encore avec émotion à débrouiller sur une pierre détachée des arcades, Vépitaphe presqu'effacée de l'infortuné Ghildéric III ! L'école des langues grecque et latine qu'y institua liogé-

nieux Alcuin fut citée comme «ne des plus savantes de 1» Belgique. Le fameux manuscrit des annalée de Saint- Bertm fut trouvé dans cette abbaye. Alfred -le -Grand demanda det moines de Saint- Berlin pour contribuer à la civilisation de ses agrestes sujets. Winoc , prince anglais , fonda sur le Groenberg une jolie petite ville , toujours fort affectionnée depuis pour celle à qui elle doit son origine. Alors les premiers savants Audomarois apparurent dans le monde littéraire.

Grimbald ( histoire de T héron amie , page 54 ) , Guntber ( le premier bibliothécaire et le plus ancien écrivain de l'abbaye , au 9.™ siècle ) , Folquin , Simon d* Gond ( page 45 ) , Folcard , Bovon , Gotselin ( M . *■• siècle ) , Lambert , Jean /.* r , abbés , Guillaume , Jean > moines ( 12. me siècle ). Présenté dans le sanctuaire de Saint-Bertin , comme l'avaient été Grimbald et Folquin , dès l'âge de •ept ans , l'on en vit bientôt s'élever le père de la patrie I

L'aventureux Pierre l'Ermite et l'éloquent Bernard avaient fait retentir les voûtes du monastère du cri répété : Dieu le veut; le généreux Alviee était mort à la croisade auprès de son souverain ; les écrivains contemporains ne* manquaient pas de recueillir ces faits pour l'instruction de la postérité. C'est l'époque de la chronique d'Ipérius , écrivain du I4.T siècle ( page 46 ) ; puis , l'on vit daus les siècles suivants Guillaume FUlaetre et Antoine de Berghee , réputés autenrs de l'histoire de Tordre de la Toison d'or f et cités panni les abbés les plus distingués de la communauté. C'est l'époque brillante de la consécration solennelle, en octobre 1520 , et du séjour d'illustres étrangers ; c'est alors que le caustique Erasme composa son militiè ehristiani Enchiridion , et que Léon X puisa dans cet imposant édifice quelques-unes, de ces sublimée inspirations

qui contribuèrent a lui faire décerner le surnom flatteur

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Nous devons ensuite faire la mention la plus honorable des archivistes AUard Tassai t , /«an <fe Bersacques , Guillaume Devint te , Joscio Cléty et Charles Detchitte , ainsi que des chroniqueurs Robert Lotte , Adr ien Leborgne et des poètes JT##iw.

Les deux bénédictins de la congrégation de Saint-Maur Tisitèrent , vers l'époque de son achèvement , la superbe bibliothèque de Saint-Bertin , qui passait alors pour Tune des plus considérables de la France. Cette bibliothèque, la plus ancienne peut-être de la Morinie , reconstruite en 4414 , avait été transférée après sa confection , en 1720;, au quartier des princes. De tant d'ouvrages importants , dont quelques-uns mêmes remontaient aux premiers siècles de la fondation de la ville de Saint-Omer , il ne reste plus , hélas ! aujourd'hui que 559 manuscrits !

Plusieurs moines de Saint-Bertin furent évêques de Thérouanne et de Saint-Omer , abbés de Saint Winoc et de Clairmarais. Quatre-vingt-trois abbés , dont plusieurs •ont natifs de cette ville , entr'autres Guilbert , surnommé 4'abbè d'or , par Alexandre IV , à cause de son éloquence, ont dirigé cette communauté jusqu'en 1791.

AUard Tàssart , archiviste renommé , né à Saint-Omer , la fin dn 15. siècle , étudia toute sa vie les annales et les diplômes de son abbaye, qu'il recopia pour ainsi dire entièrement depuis 648 jusqu'en 1532. Nous n'avons conservé de ses immenses travaux que deux manuscrits fort utiles , l'un sur les anciennes coutumes de Saint-Bertin , l'autre sur les faits et gestes des évéques et des abbés des principaux établissements du royaume, parmi lesquels sont signalés Thérouanne, Bergues-Saint- Wiaoc et Clairmarais. ( m. m. n." 549 et 732. )

Charles Dbwhitte , né à Saint-Omer , moine en 1746 , a exécuté avec une patience admirable , le grand cartu» laire de Saint-Bertin , 11 vol. in-f.' , n.* 803. L'abbé de Saint-Bertin avait présenté , en 1775 , au conseil du roi , une reqnéte à l'effet de faire imprimer à ses frais tous les titres de sa maison; elle fut accueillie favorablement, et ce conseil , par arrêt du 26 mai de la même année , nomma pour en faire la collation et pour veiller à l'édition entière de la collection , Bréquigny et Cbérin. Les fonds nécessaires aux frais immenses à supporter par ce monastère pour une impression si volumineuse , étant difficiles à réaliser , les dispositions de cet arrêt traînèrent en longueur , jusqu'à ce que Louis XVI ayant donné, en 1781 , des ordres pour la publication des archives de la cour , y comprit celles de Saint-Bertin. Klles furent adressées à M. Moreau , historiographe de France , et certainement sans la révolution elles auraient été livrées à l'impression. Pendant la durée des comités littéraires à Paris , Charles Dewhitte fit ses envois successifs de vingt-cinq chartes à la fois , écrites de sa main , dûment collationnées , au Las desquelles étaient des sceaux figurés et des explications spéciales. Il cessa seulement en 1788 , à l'époque de la suspension de ce comité. En quelle puissance tombèrent ensuite ces monuments respectables des anciens faits de notre histoire? Le dernier archiviste de Saint-Bertin, usé par ses prodigieux travaux et perclus de l'usage presque général de ses membres , n'en fut pas moins persécuté , traîné de prison en prison , et assujetti à d'odieuses visites domiciliaires par nos prudentes notabilités de la France renouvelée ; triste témoin des malheurs de sa communauté , il ne s'en consolait que dans la continuation variée de son cartulaire. Il décéda le 3 août 1807 , laissant des manuscrits du plus haut intérêt.

Le J6 août 1791, tous les religieux de Saint-Bertin jusqu'au dernier furent obligés d'abandonner leur demeura

«hérie... La main hideuse des ruines n'y glissa pour la

première fois le 8 mai 1799.

Joscio Dàllennes , né à Aire , le dernier des abbés de Saint-Bertin , fut présenté à Paris au vénérable Pie VII, en 1804. Il mourut à Nemours , le 9 août 1804 , répétant dans sa retraite ces touchantes paroles qui caractérisent l'esprit évangélique de cette abbaye de 12 siècles : \ Si je souffre par fois aujourd'hui , c'est qu'il ne m'est • plus donné de faire quelques heureux. •

Antoine-Joseph Poot , né à Saint-Omer, le 7 mai 1752, et décédé le 43 février 1831 , intime ami de Joscio Dallennes , a embelli l'église de Saint-Denis de plusieurs antiquités précieuses qu'il avait préservées prudemment da désastre de sou ancienne communauté. La bibliothèque publique est aussi redevable à ce bon ecclésiastique da 40 manuscrits de celle de Saint-Bertin échappés au van* dalisine des novateurs.

ofC>ofoe-(ïàcuiu,e de Sûw/iti-Otuw.

Une des premières actions de saint Orner snr la terra de Sithieu fut d'y ériger un temple à la gloire de la sainte Vierge. La basilique de Notre-Dame de Saint-Omer , rebâtie , dit-on , à neuf à la fin du 8. m * siècle , reconstruite ensuite sur un plan plus large et plus magnifique , n'a été terminée qu'après 1441 ; le chiffre gothique da 1499 s'aperçoit en rond vers le milieu de la tour.

Parmi les prévôts notables de notre collégiale , on doit placer an premier rang Pierre de Coimieu , Quentin Ménard , Entache et Robert de Croi , et Oudari de Bersaqu*.

,? Lorsque Robert t.**, comte d'Artois, -visita la ville de Saint-Omer, en 1237, il fut surtout frappé du mérite extraordinaire de Pierre de Colmieu. Robert de Croi était £ls de Charlotte de Chateaubriand.

Le plus savant des doyens fut le laborieux Luc de Bruges , qui présenta au magistrat de cette cité , le 2$ avril 1606 , ses commentaires sur les évangiles , en le remerciant de sa généreuse hospitalité.

Au nombre des chanoines érudits , il faut citer surtout Adrien Faber , Lambert , Paner atius Mut zen , Sulpice X>«4pré , Jean-François Derudder , hautponnais , et Jean- Marie Jliecque , audoinarois. Ces deux derniers étaient dans le siècle précédent des élèves favoris de la Muse sacrée. m L'office de saint Orner , dont ils furent les communs au- • teurs , renferme plusieurs morceaux d'uu véritable ta- « lent. »

Six ans après la destructiou de la malheureuse capitale de la Morinie , l'église de Notre-Dame de Saint-Omer fut érigée en évéché. Les évéques contribuèrent aussi à maintenir dignement la réputation littéraire de cette ville. Nous pouvous proclamer à l'appui de cette assertion , avec une entière confiance, les noms honorables de Jean VI , de Jacques de Pamèle de Jean de V émois t de Jacqusi Blaséus ; de Paul Boudot , des Valbelle et des Conzié.

Les deux bénédictins de Saint-Maur introduits, pendant leur voyage littéraire , dans la bibliothèque de notre cathédrale , la trouvèrent assez bonne , et y remarquèrent de fort beaux manuscrits. Cette bibliothèque fut fondée au commencement du 17. ma siècle , par Jacques Blaséus.

Notre catalogue ue contient plus aujourd'hui que 40 manuscrits de cette riche collection , auxquels il faut «jouter 20 numéros du séminaire diocésain. Les archives «lu chapitre ont été cependant conservées , mais elle» gir

ton* encore dans un délabrement presque complet dan* on? coin poudreux de la tour de Notre-Dame. On dit que plu-* sieurs antiquaires de la Morinie y ont courageusement pénétré , et que leur lèle a été récompensé par la découverte de plusieurs documents importants.

Lonis-Alpbonse de Valbelle , institua la maison des* filles de charité, sur la paroisse de Saint-Jean , établit l'hospice de la Maladrerie dans la rue d'Arras, agrandit le séminaire de superbes bâtiments , fit terminer somptueusement le palais épiscopal , favorisa spécialement l'é* ducation gratuite des jeunes filles , (I) et fonda ThSpitaU général dont il présida l'ouverture solennelle , le 4 juillel 1704. Cet évêque était docteur en Sorbonne, et possédai! une bibliothèque remplie de précieux ouvrages qu'il légurf au séminaire diocésain. Pourquoi s'est-il montré Si sévère envers l'illustre et généreux Fénélon?

François de Valbelle contribua par ses libéralités à introduire dans cette cité , en 1720, les modestes disci* pies de l'institut des écoles chrétiennes , formé par le ver-» tueux de Lasalle ; ce prélat éclairé ne pouvait rendre un plus grand service aux A ud orna rois qu'en leur facilitant le* moyens de confier leurs fils à l'enseignement moral de ces dignes ouvriers en œuvres célestes. La gloire de V Artois a été dédiée à François de Valbelle ( page 23 ) , et Fertel fit paraître sous son patronage la science pratiqué de rimprimerie , parce qu'il avait toujours heureusement

(i) Un magistral douaisien , M. Tailla r , vient , dans mu essai sur Ut enfants trouvés et Us moyens den diminuer le nombre, d'émettre le Tcen philautropique de voir surtout améliorer l'éducation des jeunes filles du peuple ; cet ouvrage , réellement consciencieux et de haute portée , fart

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