AUTEURS
3ATiv®rîîs ©avais*
Chrétie* , dit de Saint- 0 mer, est un des savants in r diqués par Hennebert, comme pouvant rehausser la gloire de l'Artois : il brilla comme mathématicien ; la bibliothèque des chanoines de Saint-Victor, de Paris, possédait un traité d'arithmétique dont il était l'auteur.
Pierre Forest, célèbre et laborieux médecin, naquit en 4522, de parents nobles et vivant noblement, à Saint- Oraer, d'après l'abbé Coupé, dans ses Soirées littéraire*, ou à Alcmaër, où il mourut en 1597, selon le témoignage de Moréri , des Délices des Pays-Bas et de la Biographie universelle.
Jacques Dubrœucq, architecte renommé , est-il né à Mons ou à Saint-Omer? Voici ce que nous lisons dans les vie* de$ arehitectes |>ar Pingeron : « Jacquet de Bruck , flamand, m On ignore si cet artiste naquit précisément à Mons où « à Saint-Omer; mais ce qu'il y a de certain ,* c'est que « ces deux villes se disputent la gloire de l'avoir vu nai- « tre. Il se distingua dans l'architecture , et fut capable m d'exécuter les plus grandes choses : ses idées étaient
• nobles et l'on ne pouvait s'empêcher d'admirer ses en se ru- « bles ; il n'était pas moins heureux dans les détails. Ses
• distributions sont très-commode* , et le goût qu'il avait
• pour ïa décoration ne nuisit jamais à la solidité de set « édifice». Cet artiste bâtit plusieurs édifices considérables
• à Saint-Omer , en 1621 , et fit construire à Mons , en « 1634 , le superbe monastère des bénédictins de Saint'
• Guilain. Jacques de Bruck faisait encore son amusement
• de la sculpture. »
A la reprise de Mons, le 21 septembre 1572 , par le "due d'Àlbe , parmi les 380 proscrits qui parvinrent à échapper aux mains sanglantes de ce farouche inquisiteur , se trouvait le sculpteur Dubrœucq.
M. Louis Fumière , dans une notice sur Jacohus Dubrœucq ( Archives du Nord , tome Il , 2.* livraison ) , prétend que ceux qui Font fait naître à Saint-Omer se sont trompés.
m Ce célèbre sculpteur montois , dit-il , s'est également « distingué comme architecte par plusieurs monuments « construits sous sa direction à Saint-Omer , et dans ses « environs , ce qui Ta fait réclamer par cette ville comme
• né dans ses murs. » Nous n'avons trouvé aucune trace de cette prétendue réclamation des Audomarois à l'égard de Jaeobus Dubrœucq , et les biographes ne fournissent aucun document qui le concerne.
Jean Richebé , conseiller de la ville, florissait en 1597: il avait recueilli des extraits des plus anciens registres de la commune , et des notes sur les antiquités de Saint-Omer ; ces documents existent-ils encore ? Simon Ogier le dépeint comme la fleur des hommes instruits de son temps. Il fait le même éloge d'Adrien Doresmieux, antre conseiller de la ville , qui fut chargé de plusieurs missions importantes , ainsi Antoine Aubron et Charles de Bonnière , conseillers provinciaux. Une Histoire d'Artois a été composée par CL Deresmieus, elle est inscrite au n.° 38,969 des manuscrits de la bibliothèque historique de la France.
Dans la Description historique des monuments do sculpture
réunis jadis au musée des monuments français, M. £«* noir signale des bas-reliefe d'églises, sculptés par Anselme Flamen, né à Saint- Orner en 4647, mort en 1717; Tua des anges de bronze, de hauteur d'homme, qui décorent le sanctuaire de Notre-Dame de Paris, celui qui tient la lance , instrument de la passion de Notre-Seigneur , est attribué au ciseau d'Anselme Flamen. Vainement aussi nous avons recherché de plus amples renseignements sur ce compatriote distingué. D'autres bouquineurs réussiront peut-être mieux. Quand il s'agit de faire une découverte utile , les hommes , quelle que soit l'opposition de leura opinions ou de leurs affections , doivent se rapprocher. Que nos antiquaires redoublent donc de zèle pour faire revivre tous les titres glorieux pour la patrie , en ajoutant , s'il est possible , quelque lustre ignoré à notre légende biographique ; qu'ils tâchent d'exécuter, pour leur canton , le travail généreux de Walter-Scott pour sa chère Ecosse , et qu'en récompense , ils éprouvent un bonheur que je ne saurai* dire aussi , semblable à celui du spirituel Berthoud, alors qu'enfoncé dans son grand fauteuil de forme gothique , il se met à feuilleter des livres épara sur sou vieu* bureau de chêne !
Guillaume de Le Nort , audomarois , maître-ès-arts libéraux, publia en 1633, une Poligraphie audomarois* , ou Génie zetesien.
; Jean-Charles Visconti , né à Saint-Omer le 26 septembre 1703 , avocat et ancien échevin , possédait une collection choisie d'historiens sur l'Artois , qui fut très-utile à Hennebert. Il a composé sur cette province un mémoire chronologique, de 1700 à 1744 ( manuscrit n.° 836 ), qui Contient plusieurs anecdotes curieuses. Cet annaliste recommandable est décédé en cette ville le 24 janvier 1782.
Pierre Jacques ûàJUjOt i avocat , natif de la paroisse do
Saint-André , à Paris, en 4718, nommé secrétaire de la commune de Saint-Omer , le 30 décembre 4768 , s'était Toué d'abord avec succès an culte des muses , et avait inséré plusieurs pièces de poésie dans les journaux et feuil*' les périodiques de son temps. C'est l'auteur des inscriptions latines de la fontaiue de Sainte-Aldegonde. 11 rendit ensuite un service signalé à la ville de sa résidence , eu opérant uue classification admirable de ses nombreuses archives. Un large répertoire supérieurement dressé offrit un libellé lumineux de tous les titres déposés dans le vaste chartrier de la mairie. Les anciens règlements de police furent recueillis avec une attention extrême , et une excellente table des délibérations du magistrat , renferma , depuis le 15.* siècle , une analyse exacte et précieuse de l'histoire de notre pays. L'auteur présenta , en 1784, au mayeur, le chevalier de llarchics , cette table dont la période chronologique s'étend de 1415 à 1765.
Le Répertoire, en trois volumes in-folio, reproduit un savant sommaire de 3791 titres , depuis le 14 avril 1127 jusqu'au 27 septembre 1788. 11 n'en manque aujourd'hui que 40 presque tous insignifiants. Les plus vieux registres de Saiut-Omer commençaient en 4262 s on n'en a plus d'antérieur au 15." siècle. Mais depuis cette époque, la collection des délibérations du corps municipal est complète , soit entières , soit par extraits.
Ce laborieux archiviste rédigea en outre, en deux gros volumes in-folio , le Dictionnaire des règlements politiques et ordonnances de police de Saint-Omer , règlements qui ont servi de modèles à ceux de plusieurs villes de cette contrée, et où Ton a remarqué souvent une grande conformité avec les ordonnances de dos souverains.
Heunebert a fait un éloge mérité de ces travaux extra ordinaires.
L'avocat Gaillon possédait aussi des ouvrages rares et intéressants sur nos annales. Le 17 janvier 4792 , le conseil
mun ici pal autorisa le procureur de la commune ( Bècouri ) à recevoir une disposition du testament de M. (inillon , décédé le 2S septembre 4791 , qui consistait dans le legs des œuvres manuscrites de MM. D^masures et Hébert , sur la coutume d'Artois , ainsi que de deux eslarapes encadrées, représentant la bataille de Cassel et le siège de Saint-Omer en 1677 ; la dernière se trouve au musée.
La classification des anciennes archives de Saint-Omer a donc été sollicitée par inadvertance ( Rapport de M.». Vitet. 1831. ); quant à leur exploitation , on l'entreprend tant bien que mal sans doute, lorsque, loin des puissants du jour et sans idée de spéculation , on se livre solitaire* ment et avec de faibles ressources a des publications dit» pendieuses et sans prétentions. i
Le savant bibliophile anglais , sir Thomas Phillippe , à indiqué an Recueil de Chansons pour chanter à table 9 tome I! , fait à Saint-Omer le l. er janvier 1734» n.° 3785 du catalogue de la bibliothèque d'Arras , avec cette sua-, cription : OUm fuit marchionis de Ueaufort .
. André- François -Martin Legrand , seigneur de Castellee t avocat au parlement , conseiller au bailliage , est né à Saint-Omer le 13 mars 1735 , et y est décédé le 30 jau» Tier 1798. Il a laissé des mémoires très-curieux sur l'hi*toire et les antiquités de cette contrée , dans lesquels çe,pendant on rencontre souvent des faits très -hasardés , ou qu'aucune autorité solide ne vient é tarer. 11 avait des relations intimes avec la plupart des antiquaires de son temps. Le 23 mars 1768 , il présenta à l'assemblée de* notables de Saint-Omer des comptes et éclaircissements touahant l exemption et les pr%&%leyes des c%&o%jons de tSa%nt" Orner et de sa banlieue , etc. Le père Lelong a mentionné opuscule dans la Bibliothèque historique de la France ; y trouve, dit- il , quelques particularités
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l'histoire de Saint-Omer , et de» notes intéressantes. Hennebert a déclaré qu'il lui était redevable de beaucoup de chose*. Legraud de Castelles adressa à cet historien , ea 1777 et en 1783 , deux lettres contre l'existence des prétendu* comtes d'Hesdin. Il rédigea , en 177», la famées* remontrance du clergé de Saint -Denis à l'évêque de Saint- Orner, dans laquelle il entre , comme, nous l'avons dit, dans de» détail» jusqu'alors inconnus sur la naissance do r illustre Suger ; peut-être avait-il en sa possession sur cette grande controverse de précieux matériaux depuis lors détruit». Oa attribue encore à cet estimable chroniqueur ua projet d'une histoire de la province d'Jrtoiê, parfaitement rédigé , et dont le plan et le» doctrine» sont dignes d'être pris pour guides par ses continuateurs. . ;'>ïLhîOi{
« Le 27 février 1739, fut inhumé dans réélise de Saintef « Marguerite , à Saint-Omer , M. e Alexandre Fayolle f V conseiller pensionnaire de la ville d'Aire, le plus poli des • écrivains d'Artois de ce siècle , ayant fait plusieurs écr}- « turcs qui peuvent avec justice être placée» au nombre « de» pièce» académique». «*
««Le tî mars 1759, fut iimtimé à Saint-Denis , fo* ifttidré Garon, âvceat au conseil d'Artois , âgé de *« an». On peut dire dé lui qu'en peu dé temps il a rempli ** une carrière glorieuse ; c'était le plus Savant de nos juri/consultes J la lecture dont riën hecuappait ensuite à sa HP mémoire , le rendait en état de rapporter, sans consulter, h les sentiments de tons les auteurs sur chaque matière. ^ {'Ces deux éloges sont extrait» du mémoire de Visconli.)
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Merlin, avocat, a publié à Saint-Omer , en 1772, une ■Grammaire artésienne. La plupart des fautes qui sont rap» •'pelées dans ce petit traité concernent principalement celles ■jque font grand nombre d'habitants de la province <TAs- .♦loi» sur la langue française. { 1, :.û -«« ^ ut
~ Dellepierrb ds Necfve- Eglise , ancien officier die cavalerie, né à Saint-Omer , retiré du service militaire ^ chercha à rendre son loisir avantageux à sa province. Il publia en 1761 , n Paris , an ouvrage sur l'agriculture} intitulé : le Patriote artésien , dédié au comte d Artois % in-8. A de 370 pages , divisé en trois parties : lagriculture y le commerce , leë arts. Ce volume qui contient un exposé curieux de la situation de l'Artois dans ses divers rapports , au commencement du 17. e siècle , n'était pa% inconnu à llennebert et à Devienne qui en ont contesté la justesse des calculs relativement à la population. Cet Audomarois sollicite vivement les états d'Artois de favoriser convenablement la création des sociétés d'agriculture, l'exportation de diverses denrées , les arts et métiers èt les manufactures. Il donne de grands éloges au baron de Dian, descendant de l'ancienne et illustre Maison du Brabant j à cause de sa découverte d'une carrière de inarbre dans les environs d'Andincthun.
Selon Y Année littéraire , ce qu'on peut dire à la louange de cet écrivain , c'est que s'il s'est laissé emporter à son esprit de patriotisme , du moins paraît-il fort au fait de toutes les matières qu'il traite et qu'il est entré en connaissance de cause dans tous les détails généraux sur ce» différents objets.
Le Conducteur dans Saint-Omer allègue que l'on trouve dans ce livre plus de icle et d'amour du bien que de véritables connaissances. Nous v avons rencontré des document s intéressants sur l'ancien commerce de Saint-Omer, rar ses fabriques de serges, de tabac, de pipes, sur ses raffineries de sucres bruts , ses marbriers , teinturiers , tanneurs -, l'auteur engage les administrateurs à préférer le bien général à l'intérêt personnel , à établir dans cette •ville un magasin de blé considérable , ainsi qu'un maitrm de dessin. Ses intentions sont extrêmement louables , et le seul bonheur auquel il aspire est le suffrage de ses coin-
gMMet. C'est une ambition que l'on peut se permettre
d'imiter.
!. Dellepierre de Neuflre- Eglise figure encore parmi let coopérateurs de l'agronomie et l'industrie. , • * • .; *" • *
Denis-François Lefranc, né à Soissons vers la fin de 4759 , membre de la congrégation des pères de la doctrine chrétienne , professeur de philosophie et de mathématiques aux collèges de Chaumont et d'Avalon , auteur des Essai» sur la théorie des atmosphères , fut appelé, vers la fin de 1790 , au collège de Saint- Orner , pour y fonder sur renseignement des mathématiques une chaire de philosophie. Ce collège attirait alors de nombre u* élèves et les études s'y perfectionnaient tous les jours comme ac- .tuellemeut. Le père Lefranc forma des élèves d'un mérite supérieur ; plusieurs brillèrent avec éclat dans les corps de l'artillerie et du génie , et honorèrent grandement leur Tille natale. Cet excellent professeur , consumé par des ■ excès d'études, termina à 34 ans sa généreuse carrière. L'aspect riant de la nature n'avait pu , dans la belle vallée de i'Aa , ranimer ses forces éteintes, et U expira à Saint- Omer le 25 avril 4793.
Âuguste-Cyprien-Joseph- Ignace Titelouze de Gournày, né à Saint- Orner le 13 septembre 1752 , a publié en cette ville, chez Boubers , en 1787, l'ouvrage suivant: Biblio- Jhèque anglaise , ou recueil d'histoires , contes moraux , romans , aventures , anecdotes et caricatures , tirés des meilleurs auteurs anglais, traduits en français , 4 volumes in-12. Ce sont de petits romans anglais , d'une lecture variée et amusante , traduits d'abord par l'auteur pour son amusement , et dont la morale, les bonnes mœurs, les leçons adroites •et instructives peuvent être utiles et avantageuses à la jeunesse. La révolution l'a empêché de publier la suite de cette agréable collection. .......