PONS SV
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Eugène propose d'exposer son grand ballon, puis de le lancer à une époque déterminée.
La proposition est acceptée. |
Notre aventurier ne se sent pas d’allégresse ; c’est qu’il a pris la résolution de s’élancer à la remorque du ballon, au moment du départ.
Et les ordres de M. le préfet de police ?
Ses ordres, il ne s’en soucie guère, je vous
jure.
L’heure est arrivée. Le ballon gonflé en présence d’une mer de spectateurs, se balance majestueusement au souffle de la brise. Le cœur de Godard palpite sans doute; mais son visage est calme.
Saisissant ua cordage à l’aide duquel il doit grimper sur une planche, dès que l’aérostat commencera à s’élever, il prononce le commandement solennel :
—Lâchez tout !
On lâche tout, et le ballon reste-là !
La chaleur n’avait pas été assez intense, De la douleur qu’éprouva Godard, je ne par-
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lerai pas. L’acteur qui fait un fiasco ; l’auteur sifflé, savent bien queile couronne de ronces un échec vous place au front. Mais, en général, le public se rit des souffrances des artistes. Ce n’est, certes, pas moi qui les lui découvrirai ja- D mais | Pauvre Eugène ! il n’a pas seulement à dévorer les épigrammes de la multitude ! mais il doit rentrer à la maison paternelle ; il doit essuyer Ja les reproches aigre-doux de ses parents.
Quelle soirée pour lui que celle qui suivit! qu Mais aux grands maux les grands remèdes ! l’é L’homme n’est pas né pour vivre éternellement dans le giron domestique, —se dit Eugène, durant les insomnies de la nuit ;—quand il a force morale et physique, son devoir est de quitter le rez-de-chaussée sur lequel il a traîné ses pre- 5 mières années, pour monter aux étages supérieurs de la socièté. | | {
C’est pourquoi, le lendemain matin, nous trouvons Eugène Godard courant à toute vapeur | sur le chemin de fer du nord.
Vers cinq heures du soir, le convoi fait halte.
Douai! crie la voix du conducteur.
Douai! À ce mot, Eugène se gratte l’oreille.
— M'arrêterai-je ici, ou irai-je plus loin ?
Diable !”?