‹ Biographie de M. François Vézina, caissier de la Banque Nationale [microforme]Chapitre 6 sur 10 · AU · texte numérisé non relu

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des maximes plus purement patriotiques que celles que nous venons de rapporter; et, quand on sait que celui qui les a exprimées aussi clairement, les met lui-même en pratique, quelle force elles doivent

avoir aux veux de tout le monde !

St les journalistes du: pays voulaient bien se convaincre d'une chose : “que l'esprit de parti n'est pas le patriotisme, que c'est seulement uné imitation

, LE] P e. A .

d'or,” nous verrions peut-etre moins de ces querelles

à eduf de plume, où l'on s'éclabousse à qui mieux mieux, où des journaux se disant religiéux, éalomnient cruéllément leur prochaïr où, du moins, tous ceux qui ne pensent pas conime eux.

Continuons de citer.

* C'est dans ce but, (dit M. Vézina) que j'ai voulu sacrifier 'imes loisirs et appliquer les principes d'une éducation solide que de pauvres parents m'ont procurée, poir mé forméer m°tmême, par nes propres (inais bien faibles) talencs; à me rendre aussi utile que possible à mes compatriotes,

it Celui qui désire ‘être ‘un homme utile doit être un homme actif. Les hommes qui ne possèdent que des ‘talents médiocres, ils sont actifs. “font souvent plus de: bien et acquièrent une plus grande ihfluence:, que des hommes d'un ‘mérite très-supérieur, : mais’ plongés dans l'indolencer; ce qui: manque en force. peut. se compenkér par la vitesse, .et l'on voit des corps légers acquérir une plus grande ‘puissance que celle des corps plus lourds, mais qui se meuveut plus leutement. UD Rp ed 7 CPAS POI LA ST LE TT ART ONE

1,4... Parmiles moyensiles plusefficaces d’amékorations, nous pouvons placer en première ligne

PT | De

les institutions littéraires et scientifiques; elles répandent le goût des recherches philasophiques,

elles donnent des habitudes de discipline morale. elles excitent le désir de savoir et nous amènent à l'étude et à da réflexion. Elles sont particulièrement utiles à la jeunesse en ce qu'elles encouragent la culture des facultés intellectuelles, qui sont toujours le moyen le plus certain de succès dans toute profession.”

Si, au lieu du luxe effréné qui mange, qui dévore tous les rangs de notre société franco-canadienne, nous avions plus de ces institutions littéraires et scientifiques dont parlent M. Vézina: si la jeunesse voulait bien coinprendre que les ornements de l'esprit sont mille fois prélérables aux ornements du corps pour lesquels, dans bien des cas, elle sacrifie plus que son revenu, nous verrons MOinNx d'ignorauce parmi la génération appelée à nous remplacer. Nous le FA ici, en famille, et sans intention de blesser qui que ce soit : “Nos jeunes gens sont, en général, d’ : ignorance qui fait désespérer de l'avenir. |

Une courte définition de l'ignorance personni-

fiée, par Lemierre, se place 1e1 à propos.

4 I] est une stupide et lourde déité ; Le Tmolus autrefois fut par elle habité ; - L'Ignorance est son nom: la Paresse pesante L'enfanta sans douleur au bord d’une eau dormante : Le Hasard l'accompagne, et l'Erreur la conduit De faux pas en faux pas, la Sottise la suit.”

M. Vézina continue :

“ La Providence m'appelait à l’état de banquier : je devais 1'appliquer à connaître si je pouvais en posséder le caractère, les habitudes et l’administration.

9») ses | D | css

[ci, M. Vézina, ne voulant pas définir lui-même les qualités nécessaires à un banquier, cite l'auteur qu'il va nommer.

“ Un homrie de beaucoup d'esprit, qui s'est élevé au premier rang, après avoir passé par les grades inférieurs de la profession, et dont la parole

sautorise d'une expérience de trente-siX ans, M.

Gilbart, énumère comme suit les principales qualités 2 ° A ° A D CÉRTT

nécessaires à un banquier, ou plutôt les faiblesses et

les défauts contre lesquels il doit se tenir en garde :

# Un banquier n'a besoin d'être ni poëte, ui philosophe, ni savant, ni littérateur, ni orateur, ni homme d'état; il n'a besoin de posséder aucun talent brillant qui le distingue du reste des hommes. et même il vaut mieux qu'il n’en possède pas de ce wenre.

« [1 suffit qu'il ait à un haut degré cette qualité pratique appelée sens commun. Le talent d'un banquier résulte de l'assemblage d'un certain nombre de qualités, dont aucune en particulier n’est éclatante, mais qu'il est rare de trouver réunies en la même personne.”

M. Vézina ajoute :

“ Ce serait une grande erreur de supposer que le commerce de banque est une routine et qu'il ne aut, pour l'exercer, ni science, ni habileté. Le commerce d' l'argent emploie des facultés intellectuelles d’un ordre élevé et très-uütile à la société ; car la manière dont il est pratiqué exerce toujours une grande influence sur le bonheur de l'humanité.”

Citant encore Gilbart, M. Vézina fait voir que “ l'indécision est un grand défaut, chez un banquier,

. * L . R L , ni doit savoir, en toute question, balancer rapidement le pour et le contre. Le défaut de fermeté n'est guère moins fâcheux.

& La promptitude et l'étourderie sont encore de grands défauts. C’est encore un grand défaut de se laisser dominer par des préoccupations personnelles, ou de tempérament, où d'habitude.”

“ D'après ce que je viens de dire, reprend M. Vézina, il est facile de voir qu'il est utile à un banquier d'avoir des principes généraux. Quand il a donné une réponse, il ne doit y avoir rien à répliquer. En général, en cas de refus, il vaut mieux ne pas motiver. La science de la banque est si peu répandue, que les explications du banquier ne seraient pas comprises. D'ailleurs, quel raisonnement pourrait prouver à celui qui a besoin d'argent que le banquier n'a pas tort de lui en refuser ?”

Nous n'avons fait ces extraits que pour prouver une chose: C’est que M. Vézina, comme banquier, est souvent forcé de refuser, de paraître dur, peutêtre ; mais qu'on veuille bien se rappeler que les fonds dont il a l'administration ne lui appartiennent pas, et qu'il a un devoir sacré à remplir : faire fructifier ces fonds, et non pas les prêter à des personnes d'un crédit douteux, ces personnes fussent-elles même ses frères ou $es plus grands amis.

Voici les belles maximes de M. Vézina, au sujet des qualités du bon citoven et de l'homme de bien.

‘ Quand les habitants d’un même pays ont les uns avec les autres des rapports d'affaires, ils acquièrent évidemment des notions exactes sur les

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