‹ Biographie de Mme Anna de La Grange [microforme]Chapitre 17 sur 20 · DE-CI DELA · texte numérisé non relu

DE-CI DELA

Les émeutes du peuple son aux arts, ce que sont aux plaines environnantes,les éruptions

d'un volcan: s1les fes desséchent pour ur sms ment, ÆEn 1648, la toreba révolutionnaire

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Jour à

brillait sur l’Europe. Mlle de la Grange avait été obligée de quitter Venise parceque l’Opéra se jouait sur la place et non dans les salles publiques. Alors le chant des tenor et des prima dornase perdait dans les rugissements de la multitude. Si l’on venait encore au théâtre, c'était la plupart du temps pour y faire des discours. Que de fois Manin,président provisoire de l& république vénitienne, n’avait-il pas interrompu Mile de la Grange pour annoncer de sa loge, une nouvelle politique! A Vienne le mouvement fut aussi violent. A peine mariée, notre cantatrice, est témoin du sculèvement des Universités autrichiennes. Le populaire uni aux étudiants gronde dans toute les parties de Vempire. Tout ce qui est soupçonné d’appartemir aux schwartz-hill (noir-jaune : couleur de # famille impériale) est mis à mort. Le 7 octobre, c’est le ministre de la guerre qui est perdu par les insurgés, le lendemain c’est ia garnison de l’arsenal qui est massacrée. Enfin, le désordre, les scènes sanglantes, le bouleversement sont complets.

Et ce n’est pas seulement en Italie et .ea Autriche, mais l’Alleniagne, la France et la Russie même, sont en zu |

Quand la passion politique enfièvre tous les ésprits, l’art se drape dans les plis dé sa 7 et s'étend à terre pour dormir.

À Vienne, les artistes sont dans une détresse affreuse. Les moins célèbres se trouvent pressés par la faim. Pour vivre, les plus renommés ont recours aux derniers expédients: Ils vont chanter dans les cafés!

Tout commentaire serait pâle devant un pareil fait.

Cependant, le nom de Mme de La Grange était si connu, et, disons-le, tellement aimé, qu’une exception eut lieu en sa faveur. Au plus

fort de l’insurrection viennoise, les membres du gouvernement provisoire lui envoyèrent une députation pour la prier de donner un concert au profit des pauvres. (C’était toucher une des cordes les plus délicates de l’âme de notre cantatrice: elle accepta avec joie. Le concert eut lieu. Il produisit un gain incroyable. L’Université, à court de finances, voulut aussi avoir son bénéfice. Mme de La Grange, n’était pas femme à refuser une œuvre de bienfaisance.

T'out au contraire, elle aurait volé au devant, Recette pour l’Université, succès pour la prima donna dépassèrent même l’attente géné-

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rale. Cependant, le canon tonne toujours dans les murs de Vienne. La révolution poursuit son travail. Logée dans une petite maison, perdue dans les faubourgs, Mme de La Grange, attend, dans toutes les félicités d’un cœur aimänt et aimé ; dans toutes les inquiétudes d’un esprit qui craint pour les jours d’un être chéri, que la tourmente ait fini d’agiter les couches de la société.

Meyerbeer, à cette époque, cherche un interprète à son Prophète, qui doit être joué en 1849 à Paris. Le classique compositeur, n’est pas brave, tant s’en faut. Si le sort l’eut fait soldat, il jetterait son bouclier sur le champ de bataille pour fuir plus vite. Mais, s’agit-il d’art, Meyerbeer est un lion d’audace. Il a entendu parler de Mme de La Grange. La nature de ses talents lui semble apnropriée au rôle qu’il a créé. Notre maëstro se met en route pour Vienne. ïlse rend incoonito au spectacle. Mme de La Grange joue les Purttani, en allemand, au théâtre de Viernathar.

À peine la pièce est-elle finie qu’il va trouver la prima donna et lui propose un engagement pour POpéra de Paris. Mme de La Grange accepte.

Elle promst d’être à son poste le 4 novembre.

re

Confiant en sa parole, Meyerbeer retourne en France. Mais l’armée du prince Windischgratz investit Viennne. Le 27 octobre, jour fixé pour le départ de la jeune femme, le bombardement de la capitale commence. Une sortie est environnée de mille dangers. N’importes Anne a promis : elle tiendra sa promesse. Aux chaises-de-postes, il ne faut pas songer. On n’en peut trouver. Mme de La Grange part dans une espèce de carriole, qui ne peut prendre. de bagage et n’a de place que pour trois personnes,

La prima donna dut congédier sa femme de chambre, son domestique, et laisser ses malles. Elle monta en voiture avec Mme sa mère et son mari. Mais à la porte de la ville, la sentinelle refuse de laisser passer les vorageurs. Îl faut un exeat du gouverneur.

Force est de rebrousser chemin, À six heures du soir, seulement, les trois p.sses sont obtenues. On se remet en route. Le postillon fouette ses chevaux qui courent ventre à terre. Des murs de Vienne, soudain, s’élève un cri:

—Des aristocrates qui se sauvent !

La fusillade est commandée ; cent balles sifflent gutour de la earriole. |

L’armée autrichienne croit que c’est contre elle que tirent les assiégés: elle riposte.

Voilà les pauvres gens entre deux feux. Vainement. les femmes agitent leurs mouchoirs !

des deux côtés on tire incessamment sur l’équipage qui les renferme. Enfin,elles atteignent les avant-postes. Des explications sont données.

Elles durent une partie de la nuit; après quoi

on permet à nos voyageurs de s’acheminer vers Pragh.

Par la ligne de fer, il faut dix heures pour aller de Vienne à Pragh; par la malle-poste on en met trente-six, en temps ordinaire. Mais l’Autriche était soulevée.. Les grandes artères de communication, secrètaient, pour ainsi dire, des flots d’insurgés. Mme de La Grange dépensa trois jours et trois nuits pour arriver à Pragh. Dans cette ville elle se reposa un peu et reprit sa marche, A prix d'or, un Juif consentit à la conduire jusque sur les bords de V'Elbe, où elle pouvait espérer qu’un bateau à vapeur la mènerait à Dresde. L: hasard permet que le bateau passe. Mme de La Grange s’embarque, Elle touche heureusement au port, Ensuite, elle se rend à petites journées à Eises.

nack, et à Francfort où ls révolution est à son paroxisme.

Quoique sur le Soint d’ajouter le deux titre de mère, a tous les titres qu’elle a conquis ; malgré les fatigues et les périls, Mme de La Grange ne s’arrête pas une minute. Ainsi qu’un irrésistible aimant, Paris, attire à lui. Elle fend, rapide comme la flèch:, les eaux du Rhin, indique à son époux bien-aimé, le manoir gothique où quelque jour, elle et lui viendront jouir de la vie domestique après de si longues années consacrées à la vie publique ; fait une courte halte à Cologne, s’élance dans un wagon, et finalement rentre au berceau de sa naissance.

__ Pendant six ans, Mme Anna de la Grange avait été absente de Paris.

Sujette elle Pavait quitté ; Reine elle y revenait.

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