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>s meilleurs voix d'ange n faisait cerartistes que | elopper ses |
qui l’attendait, quel enfant, daus sa position na Peût appréhendé ? Au lieu d’un père indulgent et facile, n’était-ce pas , des aïeux courbés par l’âge, rendus hypocondres par les infirmités; au lieu d’art, n’était-ce point les éléments de la grammaire et des mathématiques ; en place d’un riant hôtel à Paris, n’allait-elle pas habiter une
ant, <t elle !
, idéale dont ! vieille bicoque , toute ratatinée , toute humide, dée d’or. et ! au fund d’une province, à Château-Gontier !
Dans cette ville, .cenendant elle rencontra un camarade, un vieux chien, sur qui elle reporta la surabondance d'affectioas qu’elle thésorisait dans son âme. ‘Elle en fit son inséparable, le 4 confident de ses mélancolies. Delà vient sans 4 doute l’attachement extraordinaire qu’elle n’a cessé de témoigner aux représentants de la le scère, ne | race canine, Maintenant encore, elle est ac- Hélas! elle | compagnée d’un délicieux petit épagneul, à la lait -et-oréi. | robe brune, aux soies longues et luisantes comelle perdait j me le jais, aux oreilles trafnantes, au museau regretté ‘un | fin et délié, ur amour de-chien, qu’on lui porte comme Pa- N 2u théâtre, et qu’elle ne manque jamais de ca-
ñ élégante ; Ê Re nn fois qu’elle rentre de la scène
wide , quoi ! À | 1 . Comme toutes les célébrités, Mme Anna
| son chien folle?—Ce # de La Grange à sa marotte: je la prie de ne pas
à l'horizon. | ignore , M. !
: ses grands |
té de tristes | te. La vue :
Re. 7. pli cms de
fège, venait et partait à l’heure dite. On ne
me savoir mauvais gré de mon indiserétion.
Cela dit, nassons.
Le père de notre héroîne avait reainanlé expressément qu’on lui fournît un maitre de musique. Maîtres de musique ne sont pas communs à Château-Gontier. Mais que ne peut-on, à force de chercher! Les grands parents se mirent en quête. Après bien des démarches, | ils déterrèrent un quidam qui avouait modestement ne pas jouer lui-même, mais donner des leçons au cachet, suivant la bonne méthode :
ainsi l’annonçait-il sur ses cartes C’était un professeur modèle, Il était exact comme un sol-
lui pouvait rien reprocher, —à cette exception près qu’il s’abstenait de toute explication. encore par modestie, sans doute. Cela ne faisait point l’affaire de l’élève. Au bout de deux pe mois, s ARroe rene que son maitre n’était, en ol définitive, qu’un sot, elle le luifit sentir. Le pédant se retira piqué au vif et écrivit au grahdpère de son écolière uné lettre qui mériterait
de passer à la postérité. s En attendant qu’elle ait cet honneur je me J
ferai un plaisir de la reproduire, .pour l’édifica-
étion,:
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On ne exception 1... enne faisait de deux tait, en ir. Le U grahdériterait
je me édifica-
tion de nos contemporains, Voici le chefd’œuvre:
‘ Monsieur,
‘6 Je suis trop honnête homme pour prendre ‘ votre argent pour rien. Votre petite-fille n’a ‘ aucune disposition pour la musique et ne de- ‘ viendra jamais musicienne. : è
6 Votre bien dévoué, [4 A. p.14,
. Au reste, il ne faut pas trop en . vouloir à ce
pauvre hère. Tous les ânes ne sont pas nés
prophètes,
Une semblable déclaration était faite pour produire, dans toute famille, un accès d’exaspération. Il est rare que les parents pardonnent aux professeurs l’incapacité de leurs chérubins.
La tempête éclata, terrible, écrasante,-—
pour le professeur, pensez-vous déjà, lecteur ! oh! que nenni—pour l’élève !
La pauvre Anna fut sacrifiée.
Nous sommes en Anjou ; il faut bien s’en souvenir.. Là, on ne connaît ni Malibrar, ni Paganini, ni Läblache, ni. enfin, en Anjou ‘l’art moderne est à l’état d'espérance !
Les grands-parents sont. done irrités contre
À | la pètite-fille. Elle cest une incapacité, ue fi propre à rien ! | Ainsi on s'exprime à Château-Gontier.
Quant à M. A. P****d, bien entendu qu’il passe désormais pour un type de désintéressement, un prototype musical.
Cela va sans dire. |
Certes, la France est un did pays, ce n’est pas moi qui la dénigrerai. Je me plais à reconnaître que ma patrie fait à chaque heure des
\ efforts inouis pour sortir des langes du préjugé. | | Mais, l’impartialité me force à l’avouer : il ya, ! en France une tendance à la routine, un penchant | à la tradition qui glacent, quand ils ne pétrifient pas,les aspirations de la jeunesse vers des routes nouveiles.
La province, la Mayenne surtout est sujet- . te à ces inclinations.
eur
Anna de La Grenge fut vertement gourmandée et sermonnée. |
|| Elle était alors âgée de vu ans et demi.
LR Le caractère de l’enfant était doux, timide,
soumis ; mais la nature de l’artiste était, déjà, fière, forte, indépendante,
Anne déroba une plume, du papier, et écri-
Pacité, une vit, en cachette à son père:
De son épitre, elle a conservé le brouillon.
Peut-être mes lecteurs ne seront-ils pas fâchés de lier connaissance avec le style de la toute
jeune fille :
‘ Mon bon petit père,
‘6 Je suis très instruite ; je connais l’histoire par cœur, et je-m’ennuie à mourir. Si tu ne viens pas me chercher, je meurs de chagrin ou me sauve.
heure des u préjugé. |
er:ilya, | ‘6 Ta fille, n penchant | ‘ qui t’embrasse bien tendrement, > pétrifient