Depuis la Confédération
Nouvelle-Ecosse $11634,925
Ile du Prince-Eiouard 935,667
Nouveau-Brunswick 14,609,111
Qnébec 22.373;723
Ontario 32,441,313
Manitoba 6 352.013
Territoires du Nord-Ouest 3,061,532
Colombie Britannique 4,919,022
Divers travaux commuiis 125,230
Total $90,453,745
" La plus grande partie de cette somme a été employée, sur les chemins de fer, par le gouvernement même, savoir $60,372,532, tandis
que 21,b57,130 autres piastres ont été accordées, sous forme de subsides, à divers autres chemins.
Les canaux ont absorbé $42,245,- 478, desquelles, plus de 23 millions ont été dépensés, depuis la Confédération ; les bâtisses publiques ont pris $16,549,334 de plus, depuis la même date, les havres et briselames §6,046,952 ; les phares, les lumières et les bouées $2,677,738.
Ceux qui trouvent à redire à notre dette feront bien d'examiner les raisons de son existence. "
La construction du Pacifique fut la condition sine qua non de l'entrée de la Colombie Britannique dans la Confédération. Le gouvernement s'y était engagée ; en honneur, le pays devait le construire. Du reste, si pous devons former un pays distinct des autres en Amérique, il convient que l'on ait un accès facile dans toutes les parties du Territoire, et cela, sur notre territoire même. Tout le monde s'accorde à ce sujet, en principe.
Le Pacifique, joint à l'Intercolonial, est le trait d'union de toutes les provinces. Cette ligne, qui s'étendra d'un océan à l'autre, traversera 4,500 milles de pays fertiles, en général, et cai)ables de nourrir une population aussi nombreuse que celle des Etats-Unis. Quel immense projet bien propre à enthousiasmer un homme moins ardent et moins patriotique que Sir Charles Tupper !
Entrant parfaitement dans les vues de ses collègues, l'Hon. ministre des chemins de fer se mit à l'œuvre, avec son ardeur ordinaire. Il n'a rien perdu de son activité accoutumée. En chambre, sur les trétaux, dans les clubs, à son bureau, partout, il traite le grand sujet du Pacifique avec clarté, précision et méthode. Il convainc tout le monde de la possibilité d'exécuter ce travail de géants. Il entrevoit là un grand avenir ; il ouvre de vastes zones à l'émigration et aux progrès. Le Canada, à ses yeux.
devient un grand pays. Le 12
Mai 1870, concluant l'un de ses discours, par un magnifique panégyrique de notre pays. Il disait :
'• Que 10;000 des meilleurs " hommes du Canada se précipi- " taient, de ce temps-ci, vers le " Nord-Ouest pour y ouvrir un '' pays fertile, grand et prospère.
" J'ai parlé des obligations addi- " tionnelles que le gouvernement " sera oblige de donner et des '• moyens de les rencontrer. Il n'y " a pas un Canadien, ayant une " étincelle de patriotisme au cœur, " qui ne s'enorgueuillit point de " notre Canada, en songeant que *' notre pays arrosé, par deux grands " océans, est aussi grand que TEu- " rope entière, à part lîtalie er " l'Espagne. Non-seulement, nous " possédons ce grand pays, mais " aussi tous les avantages naturels ' • que la nature y a mis à profusion ; " avantages bien propres à faire de *' notre beau Canada un Etat grand " et prospère. Nous v possédons '* 200.000,000 d'acres de terres des.
'" plus fertiles du monde, et habitées '' par un peuple, qui, bien que '' ne comptant encore que 4,000,000 •' est bien l'un des peuj)les les plus '' industrieux, les plus entrepre- '' nants et les plus intelligents du " monde entier.
" Dans ces circonstances, ne '' serait-ce pas trahison de la part " d'un homme d'Etat canadien de " ne pas faire tout en son pouvoir " I)our construire cette longue " chaîne de voie ferrée, qui devra " être un moyen d'union, d'un " bout à l'autre de ces vastes terri- " toires ?
'' Nous ne devrions pas faire un * ' vain appel au patriotisme des " Messieurs de la gauche ; et au " lieu de pousser le vieux cri " d'opposition, au lieu d'exciter un " seul sentiment capable de nuir à " nos efforts, c'est du devoir de "tout bon patrioic de s'unir en " faveur de cette grande entreprise ; " de mettre de côté ses préjugés " ses rancunes, ses animosités pour
" contribuer à paracliever la grande " œuvre du Pacifique, qui sera " comme le couronnement du *• grand édifice de la Confédération " Canadienne, en Amérique. Du " reste, tous les partis politiques se '' sont engagés en honneur, à la " construction de cette grande voie " ferrée, et je ne doute pas que " cliacun tienne à accomplir sa " promesse, à faire respecter sa '' parole donnée/'
XXTII
Ijt Nord-Ouest et te Pacifique.
Vers 1670, le Prince Rupert s'était fait céder un privilège exclusif de chasse et de commerce sur toutes les terres, s'étendant entre la. Baie d'Hudson et les Montagnes-Eocheuses. Et cela, ponr un castor — tes castors ont toujours été sî précieux — et deux peaux d'ours que l'on devait donner, au Souverain d'Angleterre, en signe d'hommage. Que c'est commode d'être
cousin de rois ! La compagnie de la Baie d'Hudson fut formée. C'est cette puissante comï)agnie qui occupa ce vaste territoire jusqu'à .son achat par le gouYcrnement canadien, en 1869. Elle y exerça un monopole exclusif de commerce jusqu'en 1849, époque à laquelle le père de Louis Riel la força d'accorder un peu plus de libertés commerciales aux gens du pays.
Lord Selkirk est le premier qui ait fondé un établissement permanent au Manitoba. Il n'y avait jusque là que des jDostes de commerce.
Cet essai de la colonisation sur les bords de la Eivière-Eouge, à la Pointe Douglas, au commencement de ce siècle, ne fut guère heureux.
Cette colonie fut dévastée, souvent par des fléaux divers et surtout, par les employés de la compagnie du Nord-Ouest, dont le siège principal était au Fort "William, à la tête du Lac Supérieur. Cette compagnie était en' guerre continuelle avec celle de la Baie d'Hudson. —
Homo homùiis lupus. L'homme est "an loup pour son frère, est toujours vrai, — au fond des plaines sauvages de l'Amérique comme sur les théâtres civilisés du vieux monde.
Ce ne fut qu'en 1816, après toutes sortes de vicissitudes, que Lord Selkirk, dont l'énergie indomptable semblait grandir avec les difficultés, réussit à faire produire le blé nécessaire à sa colonie.
11 avait dû. importer son blé de semence de Dubuque, lowa. sur le Mississipi, d'une distance de plus de sej)t cent milles ! La réunion des deux compagnies rivales, vers 1840, ramena la paix dans la colonie.
Les anciens coureurs de bois, trappeurs, chasseurs et facteurs de la compagnie, s'étant mariés dans ce pays, avec des femmes sauvages, s'y fixèrent diffinitivem«nt et y créèrent cette forte race de Métis, qui participent de leur double origine, si amis de la liberté, si hères de leur indépendance. L'on achel:a leur pays sans les consulter ni leur
-ou
donner de garanties ! Ils s'insurgèrent et obtinrent toutes les prérogatives des hommes libres et des provinces sœurs plus avancées. Ce résultat est dû à l'énergie des Métis d'origine française, surtout.
Après la construction des barricades, en simple clôture en pieux, élevées sur le bord de la Eivière Salée, à St-ÎSorbert ; barricades qui prévinrent l'entrée au Fort G-arry des émissaires du gouvernement, — le jour de Noël 1869, le Major Cameron, gendre du Dr Tupx)er, d'une grande bravoure et d'un grand sangfroid, avait essayé de franchir cette barrière. " Take away that fence ", avait-il dit aux Métis qui étaient de garde. Pour toute réponse, ceux-ci tournèrent la bride de son cheval et forcèrent le Major à rebrousser chemin. L'on ne rit pas avec des Métis en guerre ! Les bagages de madame Cameron, fille de SirrCharles, ayant été saisis par le gouvernement provisoire, celuilà se rendit au Manitoba et pénétra
même jusqu'au cœur du pays assiégé ! Il devint l'hôte des Religieuses de St- Norbert. La plupart de ces femmes dévouées étaient des Métisses. Le Dr Tui^per fut des plus surpris de rencontrer tant de délicatesse, tant de dévouement, tant d'amabilité et tant de vertu chez une nation que l'on disait si IDeu civilisée ! C'est que la religion, cette grande civilisatrice des peuples, avait déjà semé ses nombreux bienfaits, dès longtemps, dans ces régions lointaines et à demi barbares. Mgrs Provencher, Grrndin, Laflèche et Taché et leurs zélés compagnons, s'étaient sacrifiés pour ces pays. Les Protestants y avaient aU5si nombre de missionnaires.
Sir Charles eut alors une entrevue avec les autorités de Fort Grarry ; entrevue qui aida beaucoup à ramener la paix et l'harmonie dans la Province. La cause des Métis, vue d'un œil impartial, est bien diiférente de ce qu'elle paraissait alors, au milieu de la sureici-
tation et cl^^ reffervescence générale- La paix fat rétablie à la suite d'un compromis effecté entre le gouvernement fédéral et l'abbé Eitchot et M. Scott, délégués de l'Assiniboia. Cette colonie qui ne comptait, en 1831, que 2,890 âmes, en avait environ 12,228 lors de son entrée dans la Confédération.
"Winnipeg, l'ancien Fort Garry, capitale de la Province du Manitoba, n'était alors qu'un petit bourg de 450 âmes. Cette ville en XDOSsède près de 20,000, aujourd'hui !
La construction du cbemin du Pacifique a . été cause de cet immense progrès, qui n'a eu d'égal dans aucun pays du monde.
Après la pacification du pays, l'émigration se mit, bien vite, à aflSiuer dans le Nord-Ouest. Le Manitoba se colonisa rapidement.
Le Pacifique causait de grands embarras au ministère. Celui-ci, après avoir constaté l'impossibilité de construire cette grande voie ferrée avec les ressources de la Puissance,
crut devoir, en 18S0, former une compagnie qui se chargerait de cette œuvre grandiose. En conséquence, un syndicat fut formé, composé d'hommes énergiques et habiles. Cette puissante compagnie pousse, avec une activité sans exemple, les travaux de construction du chemin. Déjà, toutes les plaines, longues de 900 milles, entre Winnipeg et les Montagnes- Rocheuses, sont traversées par le chemin de fer.
Le pays a abandonné le chemin au syndicat et lui donne, en outre, $25,000,000 en argent et 25,000,000 d'acres de terres, pour le parachèvement de ce chemin.
Ce chemin sera le couronnement de le Confédération, le trait d'union entre toutes ks parties de son vaste territoire. C'est à cette œuvre immense que furent vouées les dernières années de Sir Charles. Il y a mis toute son indomptable énergie, toute son activité et toute son habilité. Attaqué souvent, et
dans la presse et dans les chambres, il s'est défendu avec vigueur, habileté et talent. Ses discours en parlement, sur ce sujet, sont marqués au coin de la scienoe et du patriotisme. Ils formeront une page importante de notre histoire. Que réserA'e l'avenir à la Confédération ?
nul ne le sait. Mais il est raisonnable cl '.espérer, — si l'harmonie continue, si les droits des minorités sont respectés, si l'esprit centralisateur ne s'accentue pas trop, — de beaux jours pour le peuple canadien.
L'indépendance, qui est le but de toutes les nations, semble venir au devant de nous, s'il faut en croire les paroles du marquis de Lorne, en réponse à l'adresse du Parlement, lors de la prorogation des chambres, à la dernière session.
Yoici ce qu'^n dit le Star, de Montréal :
" Un grand contentement se manifeste aujourdihui parmi ceux qui sont favorables à l'indépendance
du Canada, a ioccasion di.» la réplique du marquis de Lorne, à l'adresse des Chambres. Dans sa réponse, Son Excellence admet qne le Canada a le pouvoir de faire des traités, sur sa propre responsabilisé, avec les nations étrangères et que notre Haut Commissaire est nommé pour favoriser nos négociations avec le Foreign Office.
Ceci est considéré, par les avocats de l'indépendance, comme important et significatif à cause de la correspondance qui a été publiée dernièrement, entre le Canada et le Foreign OJfice, laquelle niait positivement aux Canadiens le droit de modifier leur tarif en faveur de la Jamaïque, en considération de la même faveur accordée, par cette dernière, à notre Puissance -^ En d'autres termes, l'on nous niait le droit de négocier nos traités de commerce.
Ce qui tend à admettre les prétentions de Sir John, de MM. Blake
et Mackenzie, et c'est certainement une grande concession qui nous est faite par le gouvernement Impérial ; car, il est de toute évidence, que le Marquis de Lorne a été autorisé, par le Bureau Colonial, à faire cette importante déclaration."
XXVIÏI
Progrès du Canada dajis le commerce^ la navigation et la science politique, etc.
Sir Charles Tupper a laissé notre pays, dans des circonstances favorables. Partout il y a progrès, dans les sciences, dans les arts, dans l'industrie, dans l'agriculture, dans le commerce. Le progrès moral se tient aussi au niveau des progrès matériels : — nos statistiques criminelles en font foi. —
De fait, le succès a si bien couronné les efforts du peuple canadien que, le 2 juin dernier (1883,) au banquet donné à Sir Francis Hincks. à Montréal, M. Geor2:e
Hac^ue, géraui d>3 la Banque des Marchands et Mr T. W. lïenshaw, Président de la chnrnhre ]">cale de commerce purent diiv. ; ir ]>i-emier :
■ "' Le capital pavé des banques, en juin 1858, était"' de $1Y,688,000 ; en avril 1883, il était élevé à $54,T00,008. La circulation qui, en juillet 1808, n'était que de •17,850,000 atte:*o-ariiî, en 1883, eny comprenant le.^ billets de la Puissance, $45,500,000 î
Les dépots de toutes sortes, en juin 1858. étaient de $9,100.008, et en 1883, de $133,000,000.
L'escompte, en 1858, se montait à §30,000,000 et à §160,000,000, en
Le commerce, en 1850, était de 840,000,000, en 1868, de §130,000.- 000 et en 1882, de §221,000,000.
Le commerce du Canada, en 1881, a été plus considérable, proportion gardée, eu égard à la population respective des deux pays, que celui des Etats-Unis ; notre marine, en srardant la même
proportion, a fait quatre ibis plus d'affaires que celle des Américains, Ces faits démontrent que nous avons fait des progrès plus rapides qu'aucune autre nation, dans le même espace de temps. "
M. Henshaw confirmait les données de Mr Hague et répétait que les importations, dans le port de Montréal, étaient, en 1835, de $3,543,600 et les exportations de §1,150,270 ; En 1840, les importations étaient de $5,428,262 et les exportations de $1,593,711. La progression continua toujours en augmentant. Ainsi, en 1872, nos importations s'élevaient à §35,106,948 et nos exportations étaient de §10,935,228. En 1880, uos importations étaient de $42,412,648 et nos exportations de $32,246,941 ; Enfin, en 1882, les importations de Montréal s'élevaient à $50,527,497 et les exportations à $36,503,001, démontrant ainsi une augmentatation de quinze par cent, dans nos exportations, pendant la période
'^coulée, entre 1835 et 1882. La même augmentation est constatée dans le tonnage des vaisseaux — de toutes sortes qui fréquentent le port de Montréal. — Le tonnage qtii n'était que de 152,143, en 1835, s'est élevé à 1,500,000, en 1882 !
Le tableau suivant du commerce est la meilleure preuve des pronr>s commerciaux du Canada depuis quinze ans.
TOTAL DES EXPOR-
TOTAL DES IMPOR-
TATIONS
TATIONS