‹ Biographie de Sir Charles Tupper, C. C. M. G., C. BChapitre 5 sur 11 · SS · texte numérisé non relu

SS

iS7!

iSll

Sl;20!, 454,503 j

■JVJ

Le Canada e.st représenté, au Sénat et aux Communes, par nn bon nombre d'hommes de talent qui lui font le plus grand honneur.

vSir John MacDonald conserve toujours son énergie, sa rigeur de corps et d'esprit, son tact et sa souplesse. Sir Hector, i)ossédant les nombreuses qualités de Sir G-eorge Cartier, peut administrer n'importe lequel des déi)artements publics ; Et même, au besoin, il peut les administrer tous à la fois î Tant il a l'habitude du travail, et l'esprit méthodique.

De fait : Sir John A. MacDonald, Sir Hector L. Langevin,Sir Léonard Tilley, Sir A. Campbell, les Hons.

D. L, Macpherson, A. W. McLelan, M Bowell,F. A. Caron,Pope,Carling, Castigan, Chapleau, Blake, Mac- Ken zie. Laurier, Cameron, Dalton McCarthy, Joseph Eoyal, A. Ouimet, P. A. Landry, J. (x. Bossé, Abbott, Amiot, Baker, Beaty, Bergeron, Bergin, Bossé, Burns, Cameron, Charlton. Colbv, Casçnrain, Coursol,

Curran. Davis, Dawson, De. St- G-eorges, Desjardins, Dupont, T.

Furguson, Fortin, GrJgault.Grironard, Houde, Ives, Skirkpatrick A. C. P.

E. Landry,?. A. Landry,MacMaster^ Mackintosh, McCarthy. Mitchell, Orton, Ouimet, Paterson, Kinfret, Eoyal, Eykert,Tassé,Yanasse,^^ood, Alonzo AYright, etc , et Thomas "VYliite,dont l'éloquence et la science politique sont bien connues, pour ne parler que de la Chambre des Communes, sont des hommes qui feraient honneur à n'importe quel pays. Et, plusieurs d'entr'eux n'ont certainement pas de supérieurs sur le continent Américain, comme éloquence, comme science, comme patriotisme et dévouement.

Sir Charles Tupper, Haut Cammissaire canadien a Londres.-Dlsroiirs de Sir Charles à la chambre de commerce de Derhjj.

La vie poitique use en peu de temps les plus fortes consiitutions ;

Sir Charies a subi la loi commune.

Depuis quelques années déjà, il souffre des maux de gorge qui nécessitent un repos. La résignation de Sir A. T. G-alt, comme Haut commissaire canadien à Londres, ouvrait une nouvelle carrière à i'hon. ministre des chemin de fer. Sa nomination, à ce poste important, a été publiée dans la Gazette Officielle du seize juin dernier(1883).

Avant son départ pour l'Angleterre, les amis du nouveau Commissaire Canadien à Londres, lui donnèrent un grand Banquet, à Halifax. Celui-ci eut lieu le 14 Juin dernier (1883). Des personnes, de tous ransTS et de toutes conditions, se pressaient autour de la salle de ce Banquet ; ce fut une fête générale dans la Nouvelle- Ecosse. Sir Charles, en réponse à ça santé, y fit un grand et éloquent discours qui fut applaudi, avec un indescriptible enthousiasme. L'éloquent orateur passa en revue toute sa carrière et ce qui avait été fait,

dans le pays, depuis son entré on politique, tant dans sa provinre natale que dans la puissance diU.

Canada. Ce brillant rcsujné serYiva.

à l'histoire canadienne.

Malheureusement, le peu d'espace nous empêchera de reproduire ici cette éloquente revue des principaux événements. La plupart des journaux l'ont, du reste, reproduite dans leurs colonnes.

Sir Charles laisse pour rapi^elBr son nom et sa mémoire, dune manière plus vivante, dans noire Chambre des Communes, l'un de ses fils Mr C. H. Tupper, M. P.

pour le comté de Pictou. C'est le jeune député qui a eu l'honneur de proposer l'adresse en réponse au discours du Trône, au commencement de la session de 1883. Il s'en est acquis avec grand succès et grande satisfaction pour son honorable père, qui siégeait encore alors sur les banquettes de la droite, en qualité de ministre des chemins de fer et des Canaux du Canada.

Les Provinces maritimes soutiennent leur réputation. M. J. Wood.

le noiivean député de "Westmorland N. B. le vainqueur de iSir Albert Smith, fut appelé à seconder cette adresse, — Son discours fut aussi un très grand succès : — C'était de la belle littérature, des pensées nobles, bien exprimées, et des sentiments justes parfaitement touchés. La Chambre entière félicita unanimement les deux nouveaux députés, au sujet de leurs remarquables discours.

Il est de notoriété publique que Sir Charles a déjà rendu de grands services à notre pays, depuis qu'il occupe sa nouvelle position, en Angleterre. Toujours actif, très bien renseigné, exprimant ses idées avec une facilité et une lucidité étonnantes, animé d'un patriotisme éprouvé, Sir Charles est bien Thomme qui convenait à ce poste distingué. " The right mon in the right plac. .

2ùl

Tout deruièrement le Canadien, Gazette, du 11 octobre 1883, résumant le discours qu(? .Sir Charles venait de prononcer au diner de la chambre de commerce de Derby, disait :

" Le Haut Commissaire, appelé à Yéiiondre au toast porté aux Colonies Britanniques, par M. AVills, M. P. saisit cette occasion pour faire connaitre, à cette assemblée des principaux marchands du pays, le Canada et ses ressources : Son discours a été accueilli avec très grande faveur. "

Au cours de ses observations, Sir Charles fit remarquer tous les progrès accomplis depuis la confédération ; de plus, il expliqua la raison des changements apportés dans notre tarif. Les Etats-Unis, avec lesquels nous vivons en parfaite harmonie, nous en avaient donné l'exemple. La guerre de sécession nous fut avantageuse : ce fut une espèce de protection accordée à nos manufactures. Mais, depuis la fin

de la guerre, Tindustrie américaine, ayant repris son assiette, refoula la notre et lui ferma même Tentrée des Etats-Unis. Ainsi les circonstances, où se trouvaient alors nos manufactures, furent tout à fait modifiées, dans un sens défavorable.

Le commerce diminuant ; les dificits, dans le revenu, nous mettaient dans l'impossibilité de faire face aux exigences croissantes do notre nouveau pays et ruinaient notre crédit. Yoilà ce qui engagea le gouvernement à établir un système de protection. L'elTet en fut considérable ; Jle résultat des plus heureux : Ce qui nous mit ^n état de développer nos ressources, notre commerce, nos industries. Ainsi, la prospérité revint et avec elle l'immigration, le travail et le bonlieur.

De ce moment là, il a été possible de continuer la grande œuvre de la construction du Pacifique et celle, non moins patriotique, de la colonisation du Nord-Ouest. Les avantaii'cs v sont si «onsidé râbles

que les immigrants vont, de préférence, dans notre pays maintenant.

Le Pacifique se fait avec une telle rapidité qu'à la fin de Tannée 1885, l'on espère pouvoir transporter, dans un char Pullman et sans changement, les passagers d'Halifax, sur l'Atlantic, à Port Moody, sur le Pacifique, distance de 4000 milles !

Tout ceci s'est fait sans, pour cela, diminuer notre commerce d'importation d'Europe. Le développement de nos voies ferrées de l'Ouest aura un effet avantageux pour l'Angleterre, qui pouri-a faire venir, parla Colombie britannique, le grain et la viande du Canada.

Du reste, chaque émigrant qui va au Canada y consume c^uatre fois plus de produits anglais c|ue s'il allait aux Etats-Unis ; l'Angleterre est donc intéressée à cette question du développement et de la colonisation de nos teiTes de l'Ouest.

Cette faible analyse, des judicieuses remarques de Sir Charles Tupper,

est suffisante pour en démontrer toute l'importance,

De fait, ce discours est de nature à faire apprécier davantage le Canada, aux yeux de l'Europe. Sir Charles continue donc, en Angleterre, sa vie àe trarail et de dévouement à son pays.

C'est par les œuvres que l'on reconnaît le bon citoyen. Sir Charles Tupper a fait tout ce qu'il a été en son pouvoir pour promouvoir les grands intérêts publics. Il a i)u se tromper, comme tout homme, sur les moyens à adopter ; son bat a toujours paru louable.

Personne, — même ceux cju'il a combattu à outrance, — ne lui contestera jamais sa grande énergie, son amour du travail, son activité, sa lucidité, son coup d'oeil profond et sa grande éloquence.

S'il a commis des fautes, elles lui seront pardonné es, car il a beaucoup aimé son pays, et surtout sa chère province natale. Et il peut dire, partout où il sera :

Quelque 3oit mon destin, ô ma Xuureile-Ecosse. — Doux nid que le devoir, dans sa rigueur atroce, M'ordonna de quitter, — jusqu'au dernier soupir Je promets de garder ton tendre souvenir !

A tes monts (^ue l'été couronne de verdure, A, ton sol généreux qui donne sans mesure, Aux ci5te3 do granit qui te font un rempart. J'accorde rolontier? de mon cri;ur une ]»art !

Dans tes vieilles for^jts, grandes comme un royaume,

Lo sapin résineux répand son doux ar^îme ;

Et, défiant toujours l'ouragan furieux,

Le chêne y dresse aussi son front mnje>;tueux '

Puis dans les champs rayonne, à travers la rosé«. Une fleur que ma main a souvent caressée : Son nom est : Mai/ jîo"-rr ! l'orgueil de l'Ecossais, Témoin de ses malheurs et do tous .«';? succès...

Je n'aurai plus peut-être, un jour, l'iieureuse chance De pouvoir t'admirer, lieu cher de ma naissance l Mais du moins quand mes j'eux verront la May flmrtr, Ils la contempleront longtemp-? avec bonheur.

Adieu, Nouvelle-Ecosee, 6 ma belle patrie ! Quoiqu'éloigné de toi, je t'aime :\ la folie ! Si les ans entre nous passent comme les flots. Mon amour grandira nourri par mes sanglots.

Sir Charles Tupper et nos no2( celles relations avec la France. — Remarques à ce svjet.

La plus sûre condition d'un peuple, est celle de l'agriculture.

Le commerçant, le banquier, riiomme de i)rofession, le mécanicien, ne sauraient jamais compter sur un lendemain assuré. Un revers de fortune, une perte imprévue, une baisse de valeurs, une crise monétaire, une grève forcée viennent, en un jour, détruire le fruit du travail de plusieurs années, et jeter dans la mibère des familles entières.

L'agriculture, au contraire, offre un avenir assuré, certain et paisible à ceux qui s'y livrent. Quel noble état que celui de l'agriculture ! quelle indépendance ! quelle vie heureuse ! La terre est l'une des sources les plus fécondes de la richesse d'un peuple. Mais, quand

ZOi

elle i:)roduit au-delà do ses besoins, n atnrellement,celui-ci doit s'efforcer d'échanger ses produits pour d'autres de nature différente, que son pays ne pourrait produire.

De là, l'échange et le commerce.

Jusqu'ici, l'Angleterre, jalouse de ses droits, ne voulut jamais nous donner le privilège de traiter librement, avec les autres nations, relativement au commerce. Mais, placés comme nous le sommes, le cabinet de St-James, sentant trop bien qu'il ne pourrait, sans de graves froissements, nous retenir plus longtemps, sous le coup de sa dépendance commerciale absolue, semble avoir enfin consenti à notre émancipation commerciale, la seule que nous désirions, pour le moment, de la part de la mère-patrie.

En conséquence, il devenait nécessaire de nous affirmer comme nation libre et de déléguer, vers les pays étrangers, un homme capable de nous représenter dignement et habilement. Sir Charles Tupper fut

choisi pour ce poste honorable et important. Il a fait beaucoup pour le pays durant les six mois qu'il vient de passer en Europe. Et, si le télégraphe dit vrai, il aurait réussi à jeter, tout dernièrement, les bases de nouvelles relations commerciales avec la France : ce qui aura un très bon effet, sur les deux pays. Après notre abandon, la France ne s'occupa plus de nous ; mais l'enfant peut-il jamais oublier sa mère ! les canadiens l'ont toujours aimée et ce sera l'un de leurs jours heureux, celui où, librement et sans entrave, ils renoueront des rapports d'affaires et d'amitié avec leur ancienne Mère - Patrie. Le Canadien-français est loyal à l'Angleterre ; il lui a promis sa foi politique, et sa parole, une fois donnée, c'est pour toujours ; mais son cœur et sa sympathie il en est resté le seul maître.

L'Angleterre le sait bien et nous respecte aujourd'hui d'avantage.

La France aura tout a ir^^.frner à

abaisser ses barrières devant nos produits ; car,en échange, elle pourra nous envoyer ses vin?, ses fruits, ses soies et l'excédant de ses objets manufacturés, les plus perfectionnés du monde. Le gouvernement fédéral aura fait un acte des plus importants, quand un pareil traité sera accompli. Il n'y a pas longtemps que la France, se voyant enserrée en Europe, a commencé à tourner ses yeux vers ses anciennes colonies. Sous le premier empire, elle n'eut pas même le temps de songer à ses propres affaires ; sous le deuxième, sa croissante prospérité matérielle lui fit aussi perdre de inie ses relations extérieures. Ses tarifs prohibitifs éloignaient d'elle, du reste, tous les commerçants du monde. Le résultat en sera encore plus avantageux pour elle que pour les Canadiens. Elle apprendra à notre contact à devenir plus pratique. Qu'elle nous envoie ses honnêtes' commerçants, ils seront reçus à cœur ouvert. Qu'elle cesse de

professer les daiigerenses tliécries qui la ruinent et la placent aux yeux de l'univers, bien à tort, sans doute, comme une nation de visionnaires ^l d'exaltés; qu'elle reprennent ses vieilles traditions, qu'elle rentre dans sa véritable assiette, et nul doute, qu'elle continuera la belle mission que la Providence lui avait assignée, au milieu des anciennes nations, sur le continent européen.

Les Canadiens, eux abandonnés, seuls, à la merci de leurs vainqueurs ont lutté avec constance et énergie, et aujourd'hui, ils sont récompensés par la victoire complète. Respectés, par l'Angleterre, ils jouissent, en Amérique, de tous les privilèges d'hommes libres ; se gouvernant eux-mêmes, ils marchent à grands pas, vers leur brillante destinée. Ils aiment toujours la France, mais s'il fallait que celle-ci viendrait pour leur inculquer les mauvais principes qui ont cours chez elle, jamais ils ne consentiraient à ouvrir de

nouvelles relations avec elle. Voilà le sentiment vrai de tous les honnêtes Canadiens-français du Canada, à ce sujet.

.Ces remarques faites, afin qu'il n^y ait pas de méprise sur nos intentions, nous dirons, au point de vue des affaires, que Sir Charles Tupper aura eu la bonne fortune de contribuer puissamment à faire rax)procher la mère et la fille — depuis si longtemx^s séparées. Ce sera là l'un de ses nouveaux titres, à l'estime et à la reconnaissance du pays.

Espérons que le ciel rendra au Haut Commissaire Canadien, une santé parfaite, aiin qu'il puisse continuer, longtemps encore, sa belle œuvre, en Europe, surtout ; laquelle contribuera puissamment à la richesse, à la prospérité et au contentement des peuples de la Puissance du Canada.

Page 1