‹ Biographie de Sir Charles TupperChapitre 2 sur 12 · II' 1 II · texte numérisé non relu

II' 1 II

■ 1 l'Ill'" ;■'■ î : "

McCulley devint ^lliciteur-Général- A M. John A. 7inderson échut la position do Eecevenr-Général, et M. William Annand assuma la charge de Secrétaire - Financier, équivalant à celle de Trésorier de nos jours. MM. Benjamin "Weir et John Locke firent aussi partie du Conseil Exécutif. Les rôles seuls étaient changés : la situation restait la même. Le ministère, étant à peine né viable, se borna à quelques mesures d'un intérêt général.

L'attention publique fut bientôt détournée de la politique : l'arrivée du Prince de G-alles et les fêtes splendides qui lui furent faites dans les Provinces Maritimes, absorbèrent toutes les idées populaires.

Le 16 juillet de cette même année s'éteignait, à l'âge de quatrevingt-cinq ans, Sir Brenton Halliburton, juge en chef, qui avait longtemps fait partie de l'ancien Conseil de la Nouvelle-Ecosse. Ce fut un grand deuil ; Sir Brenton étant très-populaire dans le pays.

Les fêtes à roccasion de la visite du Prince de Galles se renouvelèrent dans tont le Canada. A Montréal, le Pont Victoria fut inauguré et l'auguste Prince assista à la pose de la première pierre des édifices parlementaires, à Ottawa.

Le Canada fut favorisé, pendant cette année, de la visite de plusieurs grands personnages ; tels que le Prince de Joinville, fils de T ex-roi Louis-Philippe, et l'auteur de la " Franco aux Colonies, " le sympathique M. Rameau.

La législature canadienne siégeait à Québec. George Brown y faisait souvent échec aux conservateurs. La situation respective des partis politiques était presque la même dans toutes les provinces de l'Amérique Britannique. Un remède allait Inentôt devenir nécessaire. Le Dr Tupper sera l'un des premiers à chercher à l'appliquer.

Le 31 janvier 1861 retrouvait l«\s (If'nx partis presque également par-

tagés. Le ministère, trop i'aible pour rien entreprendre de non- Yfan, s'était contenté de continuer les travaux commencés et de suivre les vues politiques de ses devanciers ! L'Orateur, M. Steward Campbell, ayant donné sa résignation, M. A. C. McDonald lui succéda. La débâcle commençait. La nomination du premier-ministre, M. W. Young, à la charge de juge en chef, précipita le dénouement.

Sa succession échoua à l'hon. Joseph Howe. En annonçant cette nouvelle à la chambre, celui-ci versa une larme de souvenir. Il siégeait depuis 1840 et grand nombre de ses anciens amis étaient déjà partis : Uniake, Archibald, Herbert, Huntington, etc., n'étaient plus.

Et Moore venait lui rappeler que tout était évanoui : tout excepté lui-même.

" I foel like one who treads alone

Some banquet hall deserted :

Whose lights are fled, whose garland's daad,

-And ail but he departed.''

L'opposition ne s'en laissant point imposer par le ton velouté du hef de la droite, donna aucun répit au gouvernement. Le député de Cumberland se jeta de nouveau dans la mêlée. Dénonçant Texistence du ministère comme illégale, vu qu'il s'était formé au moyen d'une majorité élue en fraude de la loi, il fit l'histoire de l'administration et de sa manière de gouverner le pays. Il fat sévère, vigoureux, ardent, mais d une logique tellement implacable que l'on dut menacer d(* faire évacuer les galeries à cause des applaudissements bruyants et des signes d'approbation aux remarques de l'orateur. M. Howe n'ayant pas de bonnes raisons à opposer, fit une réplique des plus spirituelles et des plus sarcastiques. C'était insuffisant ; le ministère déclinait ; le terrain était évidemment miné sous ses pae. La session se passa ♦»n escarmouchts : La droite fuyant

sans cesse. L'Adresse fat pourtant votée par une majorité de cinq voix, après neuf jours de débats mémorables. Les lions. Jolmston et Tupper firent, à cette occasion, des discours qui resteront célèbres.

Jamais peut-être l'ex-Secrétaire- Provincial n'avait été plus éloquent, mieux renseigné et plus prêt à répondre à toutes les objections, à appuyer ses affirmations de preuves i)lus écrasantes, à mieux invalider les assertions de ses opposants. Ce fut un feu roulant, un pétillement continuel de feu grégeois, des éclats de tonnerre !

Les importations totales de l'année n'étaient que de §8,055,439 et les revenus fort peu considérables, mais le talent ne se mesurait pas à l'importance du pays. Les discussions, quoique passionnées et infructueuses de cette époque, élicitent le fait qu'elles étaient faites par des hommes habitués, bien renseignés, convaincus et animés du désir de promouvoir les intérêts

naii?sauis d ? m pairi'\ L'on pouvait se tromper sur les moyens employés : le but était bon. Le Dr Tupper qui, le premier, avait monté à l'assaut au commencement de la session, se retrouva \^ dernier sur la brèche, à 4 h. p. m., le 15 avril, quand Lord Mulgrave vint proroger la chambre. L'on y avait inauguré le système équitable et rationel de faire voter les Ibnds effectués aux divers travaux, en perspective. D.'s communications avaient été établies entre le Cap-Breton et la Nouvelle-li]cosse ; le système de la milice était développé, et à l'occasion de la mort de la duchesse de Kent, mère de Sa Majesté Victoria, la chambre avait exprimé sa sympathie à la Heine et renouvelé ses sentiments de loyauté et d'attachement à la couronne britannique.

Le ministère fît de louables efforts pour promouvoir les intérêts du pays à l'exhibition internatiojiaîe de I^adres, en 1862 : ses tra-

vaux furent couronnés do succès. L'association des producteurs de fruits, formée en ce temps-là, contribua grandement à activer cette utile industrie. Ce fut aussi en cette même année que mourut Hugh ^Y. Blackader, l'un des plus anciens journalistes du pays. Il avait aidé, de tout son pouvoir, le mouvement en faveur du gouvernement constitutionnel. C'était un homme instruit, un esprit simple.

Inspirateur de M. Howe, il acquit une grande autorité dans son i)arti.

En l'année 1863 des élections générales eurent lieu. Après une des luttes les plus acharnées, le parti unioniste revint victorieux : Il reprit les rênes du pouvoir. Le cabinet fut ainsi forme :

L'hon. J. W. JoHNSTON, Procureur- Général ;

L'hon. Charles Tupper, Secrétaire- Provincial ;

L'hon. W. A. Henry, Solliciteur-Géniral ;

L'hon. James McXab, Receveur- Général : •

Page 1