‹ Biographie de Sir Charles TupperChapitre 4 sur 12 · II · texte numérisé non relu

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peuple, jeté pêle-mêle sur des vaisseaux étrangers et transporté loin de tout ce qui lui était cher, séparés les uns des autres, un certain nombre (environ 5000 en comptant ceux qui avaient fui dans les forêts), étaient parvenus à pied et en demandant leur nourriture à la charité particulière, à retourner dans leur patrie ! Ils avaient ainsi fait pas moins de quinze cents milles pour revoir leurs campagnes désolées et retrouver leurs foyers détruits î II y a tant de charmes pour le coin de terre qui nous a vus naître ! Plus on a souffert pour son pays, plus on l'aime. L'amour n'œt-il pas fondé sur le sacrifice ?

Les larmes n'en sont-elles pas le critère ? Eien n'est cruel à supporter comme l'exil quand il est immérité. Les Acadiens ne voulurent pas s'y conformer. Traqués comme des bêtes fauves, poursuivis comme des criminels, bannis de leurs demeures, dépouillés de leurs biens, ils revinrent ! Pendant cinq années,

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envoyer a des écoles incliilerentc en matière religieuse. Ce fut 1;

l'un des mauvais côtés de cette loi célèbre, auquel l'on remédia pourtant dans la pratique, par une crrande tolérance. L'on' regrette cependant que ce bill n'ait pas sanctionné, tout de suite et absolument, le principe des écoles séparées, comme venait de le faire le Haut-Canada (^t comme le Bas- Canada en avait depuis longtemps donné l'exemple. Ceci aurait, pour toujours, mis fin à toute cause de trouble relativement à cet important sujet. Un assez bon esprit prévaut aujourd'hui à la Nouvelle- Ecosse.

Des couvents nombreux surgirent depuis lors. Et la première société anglaise y envoya ses filles s'y instruire. Celles-ci en rapportèrent un esprit plus éclairé, moins fanatique, et aujourd'hui les représentants des diverses croyances ne se regardent plus comme des ennemis, à la Nouvelle-Ecosse. Plut au ciel que le Nouveau-Branswick eût suivi cet exemple î Le Secrétaire-

Provincial embrasse d'un coup d'œil toute une situation, toutes les conséquences d'un acte, toutes les déductions d'un principe ; il voit clair. Son esprit est vaste ; il conçoit et il exécute. Les récriminations de la haine lui sont indilférentes, les cris de rage de l'intolérance ne l'effraient point. Voila comment les hommes aux idées saines doivent comprendre la politique!

Les réformes scolaires étaient plus qu'urgentes : elles étaient d'une absolue nécessité. De fait, sur une population de plus trois cent mille âmes, âgées de plus de cinq ans, plus d'un quart ne savait ni lire ni écrire ! Sur quatre-vingt-trois mille enfants, de cinq à quinze ans, trentesix mille ne savaient pas lire !

Trente-un mille seulement fréquentaient les écoles en 1863. Ainsi cinquante-deux-mille enfants croupissaient dans une ignorance complète au beau milieu du XIXe siècle ! Et l'on «e vante de nos pro-

^ès ! Le nouveau bill d'éducation, en remédiant à ce triste état de choses, en fournissant un moyen équitable pour la répartition et la collection des impôts pour l'éducation, en mettant cette dernière à la portée du pauvre comme du riche, en décentralisant le système suivi jusque-là, en favorisant rétablissement d'écoles nombreuses jusque dans les profondeurs les plus reculées du pays, rendit un immense service, révolutionna le pays dans le sens des lumières, du progrès intellectuel et moral. Ce résultat, si heureux pour la nation, est du en grande partie au député de Cumberland. L'histoire lui rendra cette justice. Fais ce que dois, advienne que pourra, devrait être le guide de tout véritable homme d'état.

Projet (HUnion entre les Provinces Maritimes. ^

AiiiM <|H il a été dit : LegMU\»;inement devenait impossible dans

les provinces, les partis politiques y étant à peu près également divisés, il s'ensuivait un état de malaise eoiitinuel et d'agitation constante. Des élections trop rapprochées les unes des autres étaient une source de corruption efFréuée. La démoralisation se glissait partout.

Les agents d'élection devenaient une plaie sociale. Les tarifs différentiels entre les diverses provinces, les obstacles qu'ils entretenaient contre les échanges commerciales entre les citoyens, toutes ces entraves faisaient désirer un changement, nécessité par le développement des ressources et du commerce général. L'idée d'une Confédération n'était pas nouvelle.

Les Etats-Unis l'avaient mise en pratique depuis près d'un siècle sur ce continent. L'on était satisfait de son fonctionnement. Au Canada l'on y songeait depuis longtemps. Des écrits remarquables avaient été faits sur ce sujet : ainsi l'opinion publique n'était pas pris

an dépourvu. Le Dr Tupper en avait ag-ité l'idée de toutes parts dans la Nouvelle-Ecosse : il avait prononcé de grands et d'éloquents discours ; fait des conférences importantes sur la question.

Infatigable, jouissant d'une excellente santé à cette époque, dans toute la vigueur de l'âge et l'énergie de son tempéramment, il faisait une ^'Ttte de géant aux adversaires de il projet favori. M. Howe ne se montrait pas moins actif non plus.

L»\s rencontres de ces deux hommes lient toujours l'occasion de touris éloquents, sans cesse renoulés. Les témoins de ces luttes affirment n'avoir jamais entendu rien de plus entraînant, de .plus ;t, de plus éloquent : ce fut ge d'or d<* la tribune néo-écosise. Les journaux, se faisant l'écho de l'opinion publique, étaient remnli du bruit de ces luttes Avant n arriver il la discussion de la iifédération, l'assemblée de la >uvelle-Ecosse, le 28 mars 18G4,

sur proposition du Dr Tupper, adopta, sans division, le projet d'envoyer à Charlottetown une délégation chargée de s'entendre sur les moyens à prendre pour unir, en un seul Grouvernement, toutes les Provinces Maritimes. Ce fut l'occasion de magnifiques débats dans l'assemblée législative. Parmi ceux qui s'y distinguèrent pour ou contre cette motion l'on compte les bons. Johnston et Tupper, MM.

Shannon, Miller, (Président du Sénat du Canada), James McDonald (Juge en chef de la N. E ) McFarlane, C. J. Campbell, Longley, Hamilton, Churchill, Killam et Tobin. Nommer ces hommes célèbres, ces orateurs expérimentés, c'est dire que ce grand sujet fut traité sur toutes ses faces et avec toute la science voulue. Après avoir constaté que le projet d'unir les trois provinces avait toujours reçu l'appui cordial de toute la Chambre sans distinction de parti, l'Hon. Secrétaire Provincial, en soumettant ses réso-

lutions à cet effet, dit (ju'il ne proposait pas l'union mais la réunion de ces Provinces. L'Ile St-Jean ou du Prince-Edouard ayant été annexée en 1763 à VAcMdie, qui comprenait alors tout le territoire du Xouveau-Brunswick n'en fut séparée qu'en ITTl pour former un Gouvemement à part, à cause des lifficultés de communication. Le N'ouveau-Brunswick dût aussi se -rparer de la XouYelle-Ecosse en 1 784. Ces raisons n'existent plus.

Une confédération de toutes les »rovinces était très désirable, mais 1 n'y fallait pas songer pour le iioment, vu la rivalité qui existait -•ntre les deux grandes sections du C'anada. Cependant les conditions s pourraient être bientôt >, de manière à nécessiter me union plus intime entre toutes les possessions britanniques, placées au Nord des Etats-Unis. La guerre que se livre actuellement les Américains peut avoir de désastreux résultats pour nous. Jusqu'ici

la rivalité entre les Etats antiesclavagistes et ceux favorables à l'esclavage fut notre protection.

Victorieux, qui poTtrrait empêcher lé nord de lancer ses légions contre nous pour se vanger de l'Angleterre^ dont les sympathies lui sont adverses ; vaincu ; leur exaspération ne serait-elle pas encore plus dangereuse pour nous ? n'essayerait-il pas à reprendre du côté du Nord ce qu'il aurait perdu dans le Sud ? " Si cette " Chambre, continue le Dr Tupper.

" contemplait une union avec le " Canada, rien de plus sage pour " en arriver là que de commencer " par unir les trois provinces Mari- " times. Bien que le Canada soit " encore hostile à une telle mesure, "je pense qu'avant longtemps il " sera, de son intérêt de se joindre à " nous comme le moyen le plus " efficace à la solution de ses diffi- " cultes actuelles. Et je suis heu- " reux de le dire, nos provinces, par '' leur étendue, leurs ressources, " leur population, devront exercer

" une grande influence entre les deux '* grandes sections du Canada. Elles '• trouveraient ici ce qu'elles cher-

• chent vainement chez elles : un ' peuple uni, vivant sous le même

•' système de lois, jouissant des •' mêmes libertés civiles etreligieu-

• ses, vivant les uns à côté des •' autres, sans hostilité de races ni •' de croyances. Nqus leur offririons

• alors un territoire uni qui serait

• le lien de leur Union. Pour en " arriver là il faut commencer d'a- '* bord par nous unir nous-mêmes." L'éloquent orateur fit voir l'inconvénient des. tarifs diff'érentiels et les difficultés qu'ils créaient au commerce entre les prorinces, puis démontrait quelle force acquerrait une population d'un demi million réuni*' sur un territoire de 50,000 milles carrés et quelle influence elle obtiendrait en Europe, où les Etats sont si restreints. La confiance publique serait augmentéo,le8 capitaux étrangers ailluraient, les déj)enses législatives seraient restrein-

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de la Nouvelle-Ecosse, devançant toutes les autres, avait eanctionné une motion demandant au secré-

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rent part ! Les adversaires de Thon, député de Cumberland l'accusèrent, à ce sujet, d'avoir profité de sa position dans le ministère pour s'enrichir aux dépens de sa province ! Heureusement pour l'hon.

Dr Tupper, cette grave accusation ne fut jamais prouvée. Autrement c'était de nature à lui fermer -tout accès à sa brillante carrière future. Si l'on doit être sévère pour ces hommes sans conscience et sans honneur qui abusent de leur position pour trafiquer des intérêts de leur pays, Ton doit aussi ne juger les accusés qu'avec la plus grande réserve et sur des preuves irréfragables ; la mali-' gnité humaine s' attachant davantage aux hommes élevés en dignité, en ^rang, en influence. Trop souvent la censure contemporaine, comme du temps des G-recs, déchire la colombe et épargne le corbeau !

Du reste, le Dr Tupper opposa tou-

jours uu démenti formel à ces accusations. Restant sur la brèche il ne fuya jamais la discussion ; pas plus sur ce sujet que sur tout autre : le coupable a coutume d'agir différemment.

La grande réunion de Charlottelown était fixée au 1er septembre 1864. L'événement fit grand bruit, l'Angleterre s'y intéressa ! Le Ca iiada, qui avait vu passer quatre administrations en moins de trois ans, entrevit une lueur d'espérance, un moyen de sortir de l'impasse où il se trouvait acculé. Quoique avancé en âge et ne désirant pas se mêler de nouveau à la politique active, Sir Pascal Etienne Taché avait consenti, en 1864, sur les instances de Lord Monck, après l'insuccès de M. Ferguson Blair à former un gouvernement de coalition, a former une nouvel h; administration. Son parti était compact. MM.

Chapais, AUeyn et Abbott ayant même refusé d'entrer dans le cabinet-Blair, pour conserver leur allé-

geance à leur chef! Le 14 juin, sur motion de M. Dorion, censurant le gouvernement d'avoir néglisré de régler le prêt de $100,000 fait par M. Galt à la cité de Montréal, en 1859, le ministère, grâce à la défection de M. Dunkin et de M.

Eankin, se trouva en minorité de deux voix. Le G-ouverneur accorda la dissolution du parlement, mais l'hon. G-eorge Brown ayant trouvé bon d'entrer dans le ministère, cette dissolution n'eut pas lieu. Le Haut-Canada voulait encore la représentation au prorata de la population. Le Bas- Canada s'opposant à se suicider, l'on imagina, de part' et d'autre, comme remède, le projet d'une Confédération. La mesure devait être soumise à la session prochaine.

Elle reçut l'appui d'une bonne l)artie des libéraux. Vers ce tempslà l'on apprit que la convention de Charlottetown devait avoir lieu.

Le Canada demanda d'y être admis ce qui fut agréé.

para celle de Québec qui fut la base, la pierre angulaire de l'édilice fédéral : de là son extrême importance.

La délégation se composait des plus grandes célébrités de toutes les provinces. C'était l'une des plus imposantes assemblées. La Nouvelle-Ecosse y était représentée par les Hons Dr Charles Tupper, IL A. Henry, Robert Barry Dickie.

Jonathan McCuUy, Adams et .T.

Archibald. Les Hons MM. Tilly, John W. Johnston, Gray, Chandler et Steeves rei:>résentaient le Nouveau-Bruns wick, et les lions. Col.

G-ray, Ed. Palmer, AV. H. Pope, Georges Coles et A. McDonald l'Ile du Prince-Edouard. Le Canada y avait envoyé les premiers d'entre ses hommes célèbres : C'étaient les Hons J. A. MacDonald, G. E.

Cartier, Georges Brown, Hector L.

Langevin, A. T. Galt, >Ym. McDougall et J. D'Arcy McGee, tous membres du cabinet Taché-Macdonald, Bien que ceux-ci ne prissent pas

part officiellement au débat, l'on y proposa un plan d'union plus large que celui que l'on avait en vue. Les bases de la convention de Québec y furent arrêtées. Un i^rand banquet y fat aussi donné aux délégués : le 3 septembre, sous la présidence du colonel Grray, le chef du Gouvernement de l'Ile. Ce fut un immense succès : des discomrs célèbres y furent prononcés. Le Dr Tupper fut l'un des orateurs en cette circonstance. Heureux pays où l'on opère les plus grands changements politiques et constitutionnels, tranquillement assis à la table princière d'un banquet !

Les fêtes de Charlottetown furent suivies de celles d'Halifax et de St-Jean, N.-B. Ce fut une série de tournois d'éloquence ; la verve, l'entrain, l'esprit, la gaieté et la prévenance n'y firent point défaut.

Nos délégués en revinrent enchantés. Qui se serait jamais douté que les habitants des côtes lnumeuses de l'Atlantique fussent si aimables î

Les brouillîirds de la Tamise ont rendu John Bull si désagréalDle ! Il faut donc qu'en changeant de climat l'on ait aussi changé d'humeur ! Les moralistes n'ont pas toujours raison. Le Canada attendait, avec une fébrile impatience, l'occasion de discuter le projet nouveau d'une grande confédération de toutes les provinces britanniques de l'Amérique du Nord. Quoiqu'un assez grand nombre y fussent opposés, une immense majorité désirait un changement à T Union de 1841. La situation des Canadas- Unis devenait une impossibilité.

Le gouvernement ne pouvant plus y fonctionner ; les conditions économiques des deux sections du pays étaient changées. La coalition avec M. Brown avait applani les voies aux négociations. Le voyage des Canadiens aux provinces maritimes contribua à préparer les esprits à une entente cordiale. Un grand mouvement se préparait de toutes parts : une vie nouvelle allait se lever pour Je Canada.

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Pour la Nouvelle-Ecosse.

lion. Dr g. Tupper, Secrétaire-Provincial ; Hon. W. A. Henry, Procureur-Général.

'' R. B. DiCKEY,

lion. Jonathan MgCully ; *

'' A. G. Archibali).

Pour le Nouveau- Brunsw ick.

Hon. S. L. TiLLKY Secrétaire-Provincial ;

Hon. John W. Johnton, Procureur Général ;

Hon. Peter Mitchell ; *' Gharles Fisher ; ''- W. F. Steeves ; '• John H. Gray.

Pour rile du Prince-Edouard.

Hon GoL. Gray, Premier:

•' "^D. Palmer, Procureur-Général ;.

^' W. H. Pope, Secrétaire-Provincial ;

*' Georges Goles ;

'' F. Heath Haviland ;

'' A. A. McDonald.

Ces lioinmes avaient, presque tous, joué un rôle important dans 'leur pays respectif. C'était en quelque sorte l'aréopage du Nord ; — les chefs reconnus des diverses provinces. Il y avait tout à attendre d'une réunion composée de politiques aussi habiles, aussi instruits et animés du désir très-légitime de consolidtT une grande nation, de jeter les bases d'un grand peuple, d'assoir l'édifice d'une puissance durable. Ce que les autres empires effectuaient dans le sang et sur des ruines, nous l'accomplissions dans les luttes paisibles de la discussion et au milieu de fêtes brillantes !

Le chef du cabinet canadien fut choisi pour présider cette auguste assemblée ; les Secrétaires-Provinciaux y furent nommés secrétaires honoraires ; le Major Ilewitt Bernard agissant comme searétaire •'xécutif. ,

De savants et éloquents discours furent faits en cette mémorable occasioi^ • Tr.Mîv; i] ir«»nlre pas dans

le cadre de cette biograpl^ie de les reproduire, ni même de les analyser.

D'ailleurs, pour leur rendre pleine justice, il faudrait leur consacrer un volume entier. Les banquets succédèrent aux banquets, les dîners aux dîners, les bals aux bals.

Les villes de Montréal, d'Ottawa et de Toronto, imitant leur sœur aînée, voulurent aussi offrir la plus cordiale hospitalité aux hôtes distingués que les provinces maritimes leur envoyaient. Ce fut une succession non interrompue de fêtes et de banquets, de discours et d'adresses. L'effervescence était partout.

Les parties politiques, fraternisant ensemble, étaient aussi mêlés que les exécutants d'un quadrille russe.

L'on jetait un voile sur le passé, l'on jouissait du présent, l'on se confiait à l'avenir. Ceux qui jusque-là s'étaient regardés comme ennenfis irréconciliables, s'a]7pelaient frères ! La hache 'de guerre fut enterrée ! l'on se donna une cordiale poignée de mains. L'on

croyaii avoir à jamais découvert le dictame à tous les maux, à toutes les divisions de la patrie : ce fut un moment de joie universelle. Ceux mêmes qui n'approuvaient pas le projet mis alors à l'étude, admettaient la nécessité d'un changement : l'homme préférant encore l'inconnu au statu-quo. L'hon. M.

Dorion lui-même, bien qu'adverse à la confédération, telle que conçue à la conférence de Québec, avait été obligé d'avouer, dès mai 1860, que l'état actuel n'était plus possible.

Il disait : "Je regarde l'union

• fédérale du Haut et du Bas- ■ Canada, comme le noyau de la " grande confédération des pro- " vinces de l'Amérique du Nord

que chacun désire. " En 1859, les chefs libéraux du l*as - Canada, avaient déclaré dans un manifeste célèbre : " qu'il semblait donc que •' la seuîfe alternative qui s'offrait ■' aux habitants du Bas-Canada fût

• un choix entre la dissolution

• pure et simple de l'Union, ou un.>

'' confédération d'un côté, et la " représentation basée sur la popu- " lation de l'autre. " Il n'y avait donc résistance réelle nulle part.

Les délégués élaborèrent le projet de co]istitution qui nous régit actuellement, depuis le premier juillet 18(37. L'on sait quels débats magnifiques précédèrent son adoption au sein du parlement canadien.

Ces événemt^nts sont du domaine de l'histoire contemporaine ; la génération actuelle s'en souvient encore. L'œuvre de la Confédération est encore trop récente pour être appréciée avec toute l'impartialité historiquequ'elle exige. Le temps est un grand maître ; il corrige, émonde, ajoute ou retranche. Cette grande mesure nous achemine vers une autre, que nos descendants appelleront " indépen dance. " 11 faut se résigner à admettre les conclusions des principes que l'on a posés. Dans ce siècle d'agitation et de bouleversements sociaux, qui peut répondre

du lendemain ? Le vieux monde, ])lacé sur un volcan, peut sauter d'une heure à Tautro ! La dynamite attire la mèche fumante ! Voilà la dernière raison de la violence brutale contre l'inefficacité du droit c^ui se suicide. Malheur aux peuples à cause de leurs crimes !

En réponse au toast, porté le 15 ')ctobre, par le président, au banquet offert par la chambre de commerce de Québec à leurs hôtes, • les délégués des Provinces maritimes," le chef de cette délégation, 1p Dr Tupper, fit une longue et intéressante réponse. Remerciant le Canada d'avoir offert une réception si cordiale et si enthousiaste aux délégués des provinces sœurs, ''t d'avoir rendu leur voyage si agréable, l'orateur s'excusa de l'incapacité dans laquelle il se trouvait, de pouvoir rendre justice, devant un auditoire aussi distingué, à la question la plus importante qui lût encore soumise à ce pays depuis le jour où, sur ces mêmes Plaines

, d'Abraham, d'immortels combats décidaient des destinés de l'Amérique Britannique. Le sujet était grandiose mais il avait déjà été si savamment exposé par les hommes les plus distingués du pays, qu'il devenait bien difficile de rien dire de neuf ni d'intéressant. Il s'agit de modifier radicalement notre système de gouvernement. L'importance de la question est telle qu'il devient nécessaire que tous prennent part à une telle mesure, encore peu connue dans les Provinces Maritimes. Ces provinces apporteront cependant leur contingent de forces, de prospérités et de ressources particulières.

" Il est vrai, disait l'honorable " Dr Tupper, que vous avez un " pays magnifique embrassant un " immense territoire, riche en res- " sources inépuisables avec une " population de 3,000,000, mais " comme l'observait le savant M.

" Cartier, quelque grand que soit " votre pays, quellesque larges que

soient vos ressources, quelque nombreuse que soit votre popution, les Provinces Maritimes ont, comme vous, quelque chose d'essentiel à la formation d'une grande nation. Nous apporterions à la confédération un territoire de 50,000 à 60,000 milles carrés et une population de 800,- 000 âmes, qui devra attirer l'attention des manufacturiers du " Canada. Nous vous apporterons " un revenu additionnel de $3,- " 000,000 et un commerce annuel " d'exportation et d'importation de " §35,000,000. La voie de votre '* St-Laurent est magnifique, mais " fermée durant les cinq longs " mois d'hiver, vous êtes dans la '• nécessité de passer sur un terri-

• toire étranger pour atteindre des " ports de mer, que Halifax et St- *' Jean, au moyen de l'intercolo-

' niai qui devra être construit, vous

• donneront en toutes saisons. Je " vous demanderai de contempler *' les richesses inépuisables de l'o-

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