mutilé de la lutte; la plupart de
ses chefs mêmes, étaient restés sur le carreau.
1878—Les conservateurs reprennen!
le pouvoir.
Sir John, avec cette rare perspicacité politique qui le distingue, ayait compris qu'ii serait bientôt appelé à reprendre les rênes de l'Etat. Le peuple, en général, est avec Sir John ; on lui pardonne toujours beaucoup parce qu'il a beaucoup aimé... son pays, s’entend. Sir John sait à fond le cœur humain ; on dirait qu'il en palpe tous les ressorts les plus intimes, qu'il en connaît tous les instinct:
les plus secrets On l’a dit un
rand fascinateur. Non-ssulemont, 1l fascine, mais il palpe, il dissèque ;
il fait de l'anatomie. Le cœur est à
un viscère qui met en mouvement la plus belle invention du Créateur.
En effet. l’homme se meut, s’en-| thousiasme, se passionne, s'élève!
par le cœur. Apprenez le cœur humain, étudiez-le et vous gouvernerez le monde. Voilà bien l’un
onnenl
erspiingue, ientôt nes de ral, est rdonns qu'il a s, Selle cœur a palpe ntimes, nstinc!s dit un lemont, ssèque ;
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des secrets de la popularité de Sir
John.
Le gouvernement MacKenzie passait par un série de difficultés insurmontables : Un économiste manquait à ce ministère. Les théories libres-échangistes de Sir Richard Cartwright mettaient le œouvernement dans l’impossibilité de faire face aux exigences croissantes du pays. La création de la cour suprême était aussi une faute, dans un temps où les finances ne sufsaient plus. Sir John surveillait avec son œil exercé les agissements du pouvoir. Mais. d'une nature chevaleresque, il ne voulait pas créer trop d’embarras à ses adversaires, en chambre, Le Dr Tupper plus bouillant, plus batailleur, plus ardent, se jetait dans la mélée et admistrait à ce pauvre Sir Richard des coups dont ce dernier ne pat jamais se relever.
Sir Léonard Tilley, ayant appris, de bonne heure, l'art da maniement des chiffr.s et des finances, s'étant
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À 218 retiré de l’arêne politique, en 1878, pour occuper la position de Lieutenant-gouverneur de sa province, avait laissé à Sir Charles Tupper le soin de surveiller le financier de l'opposition, Sir Richard. C'était le laisser en mauvaises maiïns. Le Dr Tupper connait très-bien les mathématiques et les ressources que l’on peut en retirer, contre un ministre des finances. La lutte qu'il fit à Sir Richard est restée célèbre dans nos annales parlementaires.
L'opposition avait été très active pendant les années du règne Mac- Kénzie. Les assemblées politiques avaient succédé aüx assemblées politiques dans les p:ovinces ; Sir John était reçu princièrement à Montréal, à Québec, à Sherbrooke, dans G'engarry. à Toronto, et dans les Provinces Maritimes. Sir Charles se multipliait pour faire face à ses adversaires. Le Haut-Canada le vit souvent y livrer des batailles mémorables, dans l'intérêt de son
1873, jeuterat per 1C er de C'était 18. Le en les ources tre un \ lutte : restée rlemen-
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parti. Halifax le vit luttant en faveur de ses principes ; Digby fut aussi témoin de sa valeur. La lutte avait 5té portée dans tous les coins du pays; l'opinion publique était profondément agitée Une crise commerciale, d’une gravité sans exemple, dans notre pays, venait d'y passer, comme un ouragan destructeur, emportant les fortunes devant lui, rasant les manufactares trop peu protégées, démolissant nos institutions monétaires, etc. Le comte Dufferin, habile, mais dangereux politique, précipita le dénouemept. Ilconseilla à l’'Hon. Mac- Kenzie de faire ses éjections dans .
l'automne de 1878) avant son
départ. Les gouverneurs n'ont pas sur le peuple l'influence qu'ils croient avoir. Les électeurs se défiaient de Lord Dufferin : Sa conduite dans le Liban était connue.
| Son immigration mennonite et
islandaise, au Manitoba,avait considérablement mécontenté le pays.
Ces immigrants coùtaient trop
cher. Le plan adopté pour la construction du Pacifique parut impraticable. L'Hon sénateur Mac- Pherson avait démontré, dans une série d'articles remarquables, écrit avec une logiqueimpitoyable et une grande clarté, l’inanité de la politique fiscale de M. Cartwright. La presse conservatrice s’agitait aussi :
Le pays désirait un changement ; Les élections allaient lui offrir une occasion favorable. Elles eurent lieu le 17 septembre 1878. (Ce fut un coup de foudre pour le ministère. La plupart de ses membres avaient été défaits. (O'était plus qu'une catagtrophe ; c'était une ruine. Le triômphe de l’opposition était complet sur toute la ligne.
Sir John revenait avec une majorité plus forte que ceile que M. Mac.
Kenzie commandait auparavant.
O constance politique tu a’es qu’un mot ! Chose étrange ! c'est que les chefs et les hommes les plus habiles des deux partis furent défaits. Sir John lui-même avait
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perdu son élection dans sa vieille et fidèle circonscription de Kingston ! Sir Hector était aussi défait à Rimouski ! L’électeur est si niveleur ! il voudrait n’élire que ses égaux ; 1l semble redouter le talent, parfois. L'éducation politique fera disparaitre ce préjugé si funeste. Les hommes de talent ont plus de difficultés à parvenir, très souvent, que d’autres qui en sont dépourvus ! C'est que les Minus habens flattent le peuple et se servent de moyens que repoussent les hommes supérieurs, les natures d'élite, les cœurs haut placés.
Le ministère résigne. Sir John fat rappelé. S'entourant de sa vieille garde, de ses fidèles amis, de ceux qui avaient lutté plus courageusement,aux jours mauvais, il forma une administration nouvelle qui eut le plein assentiment de la chambre et du pays.
Le nouveau ministère. — Le marquis
de Lorne.
L'ingratitude est le pire des crimes politiques. Un chef qui s’en rendrait coupable tomberait | bientôt dans le discrédit genéral. |
Rien n’est plus odieux que l’ingra- . titude. Quand un homme a com- F Ÿ battu, a sacrifié son temps, son F
repos, sa fortune,au triomphe d’une k
cause ou d’un parti, il a droit à Ë l'honneur et aux récompenses. Sir John n'oublia point ses anciens amis. La chambre se composait de plusieurs hommes de grands talents. Ontario était représentée par des avocats habiles : MacDougall, Plumb, Hector Cameron, Dalton McCarthy, Kirkpatrick, Rykert etc.
le chef n'avait que l’embaras du choix. L'administration fut formé comme suit :
Sir Joux A. Macpoxaln, Premir ei
Ministre de l'Intérieur.
Hon. Jaues Macponazp. Ministre de la justice.
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Hou. CHas TurPer, dlinistre des Travaux
Publics Hon. H. L. LAxGEvix
des Postes.
Hon. L. KR. Masson, Ministre de 4x
Milice.
Hon. 1,8. 'Tizcey, Ministre des Finances.
Hon. ALEx. CamPBELL, Receveur Général.
Hon. J. H. Porz, Ministre de l'Agri-
Culture.
Hon. M. Bowez, Ministre des Douanes.
Hon. J. G. Pope, Ministre de la Marine et des Pécheries.
Hon. J. ArKENS, Secrétaire d'Etai.
on. L. F. G. BaBy, Ministre du Revenu de l'Intérieur. |
Hon. Joux C’Connor, Président du
Conseil.
En cela, Sir John s'était montré r2cornaissant. Le nouveau conseil se composait de ceux qui, à peu d'exception, entre les premiers, avaient lutté, dans chaque province, pour ie triomphe du parti libéral- C'était un ministère composé d'hommes énergiques, éprouvés, habiles et dévoués à leur chef. Six de ces ministres ne le sont plus depuis déjà long-
Maitre-Général
temps ; les générations politiques passent si vite. Des questions importantes agitaient alors la province de Québec. Le coup d'Etat de Letellier avait causé une profonde commotion. Le nouveau gouverneur, le marquis de Lorne, arrivait, dans ces circonstances, pour remplacer le diplomate Lord Dufferin. Ce dernier l'avait mis sous une fausse impression, relativement à la question Letellier Il faillit se perdre, Letellier avait des adversaires très actifs ; La Maison bleue, à Ottawa, était le foyer où se chauffaient à blanc les boulets que l’on dirigeait contre le ieutenant- Gouverneur de Québec. Le marquis de Lorne, inspiré adroitement, renvoya la décision de cette épineuse question à l’Ar “leterre.
Cette décision ne satisfit : :onne.
La popularité du jeune gou * :neur en reçut un tel coup qu'elle ne s’en releva, depuis, qu'avec difficulté.
Sir Hector, en compagnie de l’hon. M. Abbott, traversa l'Océan,
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d'Etat
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Océan,
à cette époque, pour plaider la cause des adversaires de l'’Hon.
M. Letellier, au Colonial Office.
Ils revinrent victorieux. L'Angleterre sanctionnant une fois de plus la vieille doctrine : ‘‘ que le rot règne, maïs ne gouverne pas...” en apparence du moins.
Le marquis de Lorne, qui estun ami de la littérature, a fondé une Académie royale, calquée sur celle de Londres. Son administration :
restera célèbre à cause de la construction du Pacifique et du développement du Nord-Ouest canadien.
Mais son départ laissera le Canada assez indifférent, bien que personnellement il y soit estimé, à cause de son attachement sincère pour les Canadiens. Il n'a laissé aucune fondation qui le rappellera, si ce n’est l’Académie royale. et encore est-elle née viable, composée comme elle l'est ?
Le Pacifique Canadien.
Le Dr Tupper, voulant se livrer plus exclusivement à Iz grande œuvre du Pacifique, fut forcé de laisser diviser, en 1879, son département, en deux branches :
celle des chemins de fer et des canaux, qu'il garda pour luimême, et celle des travaux publics qui fut confiée à Sir Hector L.
Langevin. Ce dernier, par son esprit méthodique, ses connaïssances variées et approfondies de toutes les branches administratives, son habileté aux affaires, est apte à remplir n'importe quel poste, à présider à n'importe quel département, Aussi, au ministère des Travaux Publics, Sir Hector donnat-il satisfaction générale. De grandes améliorations se sont faites, dans toutes les parties de la Confé.
dération, sous sa gouverne. Le Montreal Gazette, au 9 juin dernier, donnait un état concernant les
ÿ AU D Te US MAR Le Fe Lo MO LE DE VO are LAN ce Bugs M ne
o)6) a émé
travaux publics. Cet état, tiré du rapport préparé, sous la direction de Sir Hector, donne des détsils très
ivrer intéressants que le lecteur verra rande avec plaisir.
6 de Le voici tel que donné par la | dé- Gazette :
hes : | Travaux Publics de la Puissance.
t des —Sir Hector Langevin a fait prélui- parer un sommaire très bien fait et xblics des plus utiles, de tous les rapports or L. des Travaux Pablics, depuis l’épo- F son que de la Confédération, à nos nnaïs- jours. Le montant dépensé pour ies de M travaux publics est de $264,575, itives, 507, somme beaucoup plus élevée apte à que notre dette ; de cette somme ste, à $896,458,745 ont été dépensées departe- puis le lerjuillet 1867, et la balance e des avant cette date. :
onna- ‘{ L'état suivant démontre la «4 De proportion <°s dépenses dans faites, D chaque province : ‘ onfée, Le n der-
ant les