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direction de cette banque. Il a vu se renouveler plusieurs fois le personnel de ses co-directeurs depuis 1849, et aujourd'hui pas un seul des directeurs de la première époque ne se trouve dans Île bureau avec lui.
Le champ des travaux de Sir Narcisse s’agrandissait en importance et en responsabilité. Au mois de novembre 1852, un bref de mandamus de Sa Majesté le nommait membre du Conseil Législatif du Canada et obéissant à cet ordre, il siégea en cette branche de la Législature
jusqu'au 1er juillet 1867, laquelle date
ouvre au Canada la Confédération des Provinces de l'Amérique Britannique du Nord.
C’est aussi en 1852 qu'il fut élevé à la dignité très recherchée à cette époque de Conseiller de la Reine (C. KR.) En 1857, ses confrères avocats de Québec l'élirent Bâtonnier de l'Ordre pour le district de Québec. Sir Narcisse occupait des dignités et des charges publiques des plus considérables dans la province,
dont l’amour-propre d’un homme modéré dans son ambition pouvait être satisfait ; cependant celle de Bâtonnier du Barreau que lui conféraient ses confrères le combla de joie,comme il le disait lui-même à ceux qui l’approchaient. Cette appréciation de ses confrères, avec lesquels il était.en rapport d'affaires professionnelles pendant un grand nombre d'années, était pour lui, ajouterai-je, le cachet de leur estime à son égard et le prix des bons souvenirs qu'ils gardaient de ces relations journalières. Sir Narcisse s’en glorifiait et il avait raison.
En novembre 1857, une phase nouvelle se présente inopinément à Sir Narcisse Belleau. Le ministère Macdonald-Cartier lui offrit la présidence du Conseil Législatif, avec un siège dans le cabinet. La responsabilité ministérielle et les conséquences qui résultent des décisions de l'Exécutif; les vivacités presque haïneuses et l’aversion non déguisée des chefs politiques des deux partis les uns envers les autres ; la violence sans égard de la
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presse, faisait hésiter Sir Narcisse. Allaitil décliner l'honneur de cette offre ?
L'amitié bien notoire qu’il portait à Sir John A. Macdonald et à Sir Georges Cartier fut-elle mise en jeu dans cette circonstance, ou Sir Narcisse dût-il mettre de côtés ses craintes pour aider courageusement ses amis personnels et politiques à passer le Rubicon ? Je l’ignore, mais qu'importe ! Sir Narcisse fut nommé orateur du Conseil Législatif avec un portefeuille dans le Cabinet des ministres ; mais au mois d'août de l’année suivante le ministère résigna pour faire place au ministère éphémère de MM.
Brown-Dorion, qui ne vécu que l’espace d'un jour, en laissant aux honorables Sir Georges Cartier et Sir John À. Macdonald le soin de reprendre l’administration des affaires publiques. Sir Narcisse Belleau, entra dans le nouveau gouvernement comme ministre de l’agriculture et de la colonisation. Après quelque temps, Sir Narcisse remit son portefeuille, et se retira tranquillement au sein de sa
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famille, entouré des nombreux amis qu’il avait su conserver, tant parmi ceux de date ancienne que parmi ceux que la politique et les affaires ordinaires avaient mis sur son chemin.
Le 28 février 1860, Sir Edmund Head, gouverneur-général, transmit au Conseil Législatif une dépêche du Secrétaire d'Etat de la métropole au sujet de la visite au Canada de Son Altesse Royale le Prince de Galles. Le 9 juillet suivant, Son Altesse Royale, escortée d’une grande suite, quittait l'Angleterre, et après avoir visité les provinces maritimes, arrivait à Québec le 18 août. Il était accompagné de plusieurs vaisseaux de guerre et environné de la magnificence royale qui convenait au prince, héritier présomptif de la Couronne d’Angleterre. Le mardi suivant, Son Altesse Royale donna une réception dans la salle des séances du Conseil Législatif, où les membres des deux Chambres du Parlement furent introduits au Prince Royal. Une adresse du Conseil Législatif fut présenté à Son