‹ Biographie de Stanislas Drapeau [microforme]Chapitre 9 sur 16 · AUX OUVRIERS DE QUEBEC · texte numérisé non relu

AUX OUVRIERS DE QUEBEC

4 ConNciTOYENs !

“ Réveillons-nous !..,,., Le moment est arrivé où il “nous faut tracer les limites du sol que nous devons ‘occuper. La propriété foncière chez les canadiens. “ français doit s’éterdre jusqu’au dernier de nos descen- “ dants.

‘ Il ert donc grandement temps pour nous, héritiers ‘“ du sol de nos ancêtres, de pousser bien loin la ligne de “ démarcation qui doit séparer la grande famille Cana- “ dienne-Françuise d’avec l'immigration étrangère, qui ‘bientôt viendra frapper à nos portes, pour nous dis- “ puter le sol pouce par pouce.

“ Emparons-nous donc sans désui de ces vastes terres “ qui entourent, de toute part, notre belle et florissante ‘vallée du Saint-Laurent, pour ne former avec elle, “qu’une immence colonie française, où des milliers de “jeunes gens pourront y trouver l'air, l’espice et le “ bonheur !

“ Il faut ici que la voix pnissante des ouvriers de #“ Québec penêtre jusqu'aux extrémités du pays, pour que “son exemple soit un salutaire enseignement à tous les

“ les engager à ruivre plus efficacement cette marche,.

in le & qui est la seul, propre à assurer la stabilité de nos ins-- Lu « titutions, de notre langue et de nos lois.”

CA

n- « Comtés, à toutes les Paroisses du Bas-Canada, afin de- * * |

Comme on devait s'y attendre, l'Association proposée fut fondée, et plus de 300 personnes, chefs de famille .pour la plupart, s’inscrivirent,

18 j | L comme membres, sur la liste des associés. ju je M. George Batchelor, de New York, ci-devant ! | typographe de Québec, M. Adolphe Touran- la HS geau, aujourd'hui Maître de Poste, à Québec, ji ’ M. le Juge Marc-Aurèle Plamondon, alors. || rédacteur du Wational, et Mr. Stanislas Drapeau, pi ï le promoteur de la nouvelle ‘Société, adres- fl sèrent l'auditoire, en faisant valoir toutes les 8 raisons qui devaient militer en faveur d’unetelle fondation, et terminèrent par un appel patriotique à rendre efficace le plan de coloni-- : sation, tel que soumis. 1 fi

1868.—Deux ans plus tard, nous voyons notre infatigable apôtre de la colonisation lancer, dans toute la Province de Québec, une brochure de 32 pages, double colonne, intitulée : La Colonisation du Bas-Canada envisagée au point de vue national. C'était un appel fait aux Municipalités du Bas-Canada, et l’auteur avait joint à cet envoi gratuit de sa brochure, une lettre portant la date du 25 janvier 1858, ainsi conçue :

A MM. les Prefets, Maires et Conseillers Municipaux du Bas-Canada,

Messieurs,

‘“ Permettez-moi d'attirer votre attention sur les ‘ quelques pages ci-jointes, concernant les intérêts de la ‘ Colonisation, et surtout sur le Plan de Colonisation par “ Z'Etat, que je propose pour la prompte occupation des ‘terres incultes de la Couronne.

“ Me reposant entièrement sur votre patriotisme, j'es- “ père que ma" 'émarche, dictée par le plus pur désir “d’être ntile à x.on Pays, comme à la cause du peuple “ colonisateur, crouvera, en chacun de vous, un apôtre ‘ dévoué à cette belle œuvre, et que vous vous efforcerez # de faire connaître publiquement l'opinion de votre “ Municipalité sur ce sujet, d'ici à l'ouverture des 4 Chambres.

‘ Le moment est arrivé où il nons faut reculer le plus “ possible les limites du sol que nous devons habiter,

4 afin de transmettre à nos descendants la propriété “intacte de ce sol conquis à la civilisation par nos 1 ancôtres

“ 1] est donc grand temps pour nous, héritiers du patri- # moine de nos pères, de nous mettre à l'œuvre en pres- ‘sant le Gouvernement de faire coloniser, sans délai, ‘ ces vastes terres qui bordent, de toutes parts, notre ‘6 belle et florissante vallée du Saint-Laurent, pour que # le surplus de nos populations des villes et des campa-

4 gnes, de toute origine, ainsi que ceux qui vivent à

“ l’étranger, puissent venir s'établir d’une manière pro- ‘t fitable et permanente, et concourir à la prospérité com- « mune du pays.

“ Puisque c’est la campagne qui fait la nation, il faut # donc que la voix puissante des Municipalités se fasse “ entendre et penêtre jusqu’au sein même de notre “ Législature. Il faut que les membres de l’Assemblée “ Législative, sachant la volonté des Comtés, s’efforcent # de faire triompher toute mesure qui tendra à doter le “ pays d’un si bel avenir.

“ Le Clergé Canadien, auquel est dû en très grande “ partie les résultats actuels de la colonisation du pays, “ ne manquera pas, j’en ai la ferme conviction, de raviver # davantage l'esprit public en faveur de cette belle ‘ œuvre, en s’associant aux Municipalités pour cet objet.

4 C’est donc par union et le concours de tous que 4 nous parviendrons à assurer au Canada sa véritable # valeur, qui est la seule propre à affirmer la stabilité de “ nos institutions, de notre langue et de nos lois.”

Cette chaleureuse Adresse fut rerue avec une bienveillance toute particulière, et on vit un gr:nd nombre de Comtés, de Paroisses et d2 Villages ruraux s'occuper, dans des assemblées publiques convoquées à cet effet, du Plan de: Colonisaiion de Mr. Drapeau, et adopter des résolutions destinées à faire prospérer l'œuvre du défrichement dans toutes les parties du Bas-Canada. Les Requêtes furent si nombreuses, que le gouvernement, qui gardait un silence absolu depuis une dizaine d'années, sur cette importante question, se vit obligé d'insérer un paragraphe dans le discours du Trône de 1358, concernant la Colonisation.

Mr. Drapeau ayant laissé le Journal de Québec, en 1856, comme nous l'avons dit précédemment, prenait l'administration du nouveau journal, le Courrier du Canada, qu'une société d'hommes politiques venait de fonder pour le triomphe

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