‹ Biographie de Victor Cornil. Inauguration de la statue du professeur Victor CornilChapitre 10 sur 21 · SÉNATEUR, PRÉSIDENT DU CONSEIL GÉNÉRAL DE L’ALLIER · texte numérisé non relu

SÉNATEUR, PRÉSIDENT DU CONSEIL GÉNÉRAL DE L’ALLIER

Monsieur le Ministre,

Messieurs,

Au nom du Conseil Général de l’Ailier, je tiens à exprimer au Comité d’organisation de la cérémonie de ce jour les plus chaleureuses félicitations de notre Assemblée départementale.

Notre département est fier d’offrir l’hospitalité à M. le Ministre de l’Instruction Publique, à des membres éminents de l’Académie et des Facultés de Médecine, à une élite de savants et de penseurs.

M. le Ministre et Messieurs nos Hôtes soyez tous remerciés d’avoir bien voulu honorer de votre présence la fête de l’inauguration de la statue du Professeur Cornil.

Peu d’hommes étaient plus dignes de recevoir de ses compatriotes pareille preuve d’estime et de souvenir.

Le Bourbonnais n’a perdu la mémoire ni de son dévouement aux intérêts du département, ni de son zèle pour le bien public, ni de son amour de la Patrie aux heures les plus graves. Et des voix autorisées nous ont rappelé, ce matin, quelle haute conception Cornil avait de

son rôle de médecin, quelle impulsion vigoureuse il avait donné aux études médicales et aux recherches scientifiques.

Peu de fêtes aussi étaient capables de nous réunir tous dans une plus parfaite communion de sentiments.

Célébrer ensemble les travaux d’un savant, quelle occasion serait plus belle de sentir vibrer à l’unisson tous les cœurs d’un pays ! Pour évoquer la mémoire d’un tel homme, ceux que le caprice de la vie a jetés dans les voies les moins parallèles se rejoignent et se concentrent.

Entre eux s’efface la diversité des soucis quotidiens et des luttes politiques, les jalousies s’évanouissent, les discussions s’apaisent, l’ambition même se tait. Dernier miracle de la Science : entre gens assemblés pour rendre hommage à un savant, la camaraderie, l’amitié naît bientôt et dispense ses ordinaires bienfaits.

Preuve certaine, preuve décisive que la République — pour reprendre, en le contredisant, un mot célèbre — a besoin de savants.

Et, Messieurs, quel spectacle aussi est plus réconfortant ! Chaque jour, nous autres, pauvres hommes politiques que nous sommes, on nous accuse de créer, d’aviver des divisions intestines. Si grand que soit notre désir de concorde, il nous faut subir des reproches qui nous sont d’autant plus amers que nous les sentons moins fondés ! C’est pour nous une revanche et une joie que de trouver, en de semblables cérémonies, l’occasion de montrer à nos concitoyens qu’ils sont, en fait, bien plus unis qu’ils ne se l’imaginent eux-mêmes.

Disons -le bien haut, les Français se réconcilieront toujours dans le culte des savants et de la science.

Je salue avec respect la mémoire du Professeur Victor Cornil et j’adresse mes meilleurs sentiments de sympathie à jnotre ami, M. le député Messimy, qui représente ici si dignement la famille Cornil.

Je lève mon verre à M. le Ministre de l’Instruction Publique, un vieil ami de notre département. Je bois aux habitants de Cusset ; leur attitude dans cette journée mémorable, montre qu’ils ont le cœur haut placé. Je bois à tous nos hôtes. Je bois à la Science, émancipatrice des esprits et, dans l’ordre politique, mère de la Liberté !

TOAST DE M. LE Docteur J. CORNILLON

l'ICE-P RÉSIDENT DU COMITÉ DES MONUMENTS VICTOR CORN1L

Monsieur le Ministre,

Messieurs,

Tout a été dit sur le médecin, le professeur, le savant que fut Victor Cornil. Il me serait difficile d’ajouter une seule phrase à celles que vous avez entendues. Nos anciennes relations, notre vieille amitié ne pourraient me rappeler aucun fait saillant susceptible de rehausser le caractère imposant de la solennité de ce jour. Ma tâche se bornera donc à vous parler aussi sommairement que possible des travaux du Comité de souscription.

Un mois après la mort de Victor Cornil, un Comité composé de six membres (i) se constitua à Vichy. On s’y mit rapidement d’accord sur les moyens à employer pour élever, à Cusset même, un monument digne du maître que nous venions de perdre. Le seul qui parut praticable fut la souscription publique. En même temps qu'il se créait un Comité dans l’Ailier, il s’en formait un autre à Paris. Le

(i) Ces six membres étaient M. le Docteur J. Cornillon, M. James Combe, M. A. Mallat, \IM. les Docteurs Durand-Fardel, Nivière et Jardet.

but étant identique, la fusion s’opéra et bientôt ce double organisme n’en fut plus qu’un seul.

Dès que la souscription fut ouverte, les souscripteurs affluèrent. En moins de deux mois, Messieurs, nous recueillîmes plus de 8.000 francs, presqu’exclusivement en Bourbonnais. Si nous atteignîmes aussi rapidement ce chiffre, c’est que les Sociétés locales ne nous marchandèrent pas leur concours financier. L’Association Amicale des Anciens Elèves du Collège de Cusset fut une des premières à patronner notre œuvre et à encourager nos efforts. Dans sa réunion plénière de septembre 1908, elle mit, avec un noble désintéressement, la somme de 1.000 francs à notre disposition. C’était la moitié de ses ressources.

La Société des Sciences Médicales de Vichy, composée en grande partie des élèves et des admirateurs de Victor Cornil, nous alloua 500 francs. L’Association des Médecins de l’Ailier, dont il était membre et dont il avait été le délégué près de l’Association Générale , vota aussi 500 francs. Malgré ses difficultés budgétaires, la Société des Sciences Médicales de Gannat nous accorda également 250 francs. Toujours prête à seconder les nobles aspirations et à favoriser les belles œuvres, la Compagnie Fermière des Eaux de Vichy versa 1.000 francs entre nos mains. En insérant dans ses colonnes nos listes de souscription, en les répandant dans le public, en multipliant les articles élogieux, la presse politique ou non, sans distinction d’école ou de parti, nous fut d’un grand secours.

Malgré le chiffre élevé des souscriptions collectives et individuelles, il est certain, Messieurs, que nous ne serions pas arrivés au résultat que nous avons obtenu sans le concours de puissantes influences.

L’acceptation, par M. le Président de la République de la présidence d’honneur de notre Comité lui imprima une vigoureuse impulsion. L’appui de son nom si universelle-

ment estimé et respecté était pour nous un gage de succès. A partir de ce moment-là, les hésitations cessèrent et les portes qui seraient restées fermées pour nous, s’ouvrirent à deux battants devant le chef de l’Etat.

Malgré les sollicitations nombreuses dont le Gouvernement est sans cesse assailli, il est certain qu’il ne se désintéresserait pas de l’avenir de notre souscription. Nos espérances n’ont pas été déçues. M. le Ministre de 1 Instruction Publique, qui a pour les Arts la plus vive sollicitude, nous accorda gracieusement la somme de 3.500 francs ; et. afin de donner plus d’éclat à la solennité d’aujourd’hui, il voulut bien en accepter la présidence effective.

Je lui en exprime ici toute notre reconnaissance.

En prenant la direction du Comité, M. le Président Loubet a été pour nous, Messieurs, un guide sûr et un fidèle soutien. Il connaissait Victor Cornil depuis sa prime jeunesse, il l’avait retrouvé au Sénat et avait pu apprécier son mérite et ses qualités morales. Malgré son âge avancé, M. Loubet présidait assidûment les séances du Comité et y donnait souvent son avis qui était toujours écouté. Constamment prêt à se rendre utile, il n’a pas craint ni les visites ni les démarches personnelles pour faire aboutir une œuvre à laquelle son nom restera attaché.

La statue du Professeur Victor Cornil, Messieurs, est maintenant complètement achevée et placée sur son piédestal dans cette bonne ville de Cusset, qui fut le berceau de sa famille et aussi le sien propre. Sculpté par un des plus grands artistes de Paris, M. Verlet, le Maître est représenté avec cette assurance et ce maintien qui lui étaient propres lorsqu’il avait à traiter des sujets sérieux. Confié à la vigilance des autorités locales, il sera pour les générations futures le symbole de la droiture, du talent et de l’honneur.

Messieurs, la mission du Comité est terminée à Cusset.

elle le sera prochainement à Paris. La souscription ouverte, il y a deux ans. par ses soins, est aujourd’hui close. Elle a produit 39.882 fr. 10. Les récépissés que nous avons adressés aux huit cent cinquante souscripteurs ne sauraient nous libérer de la dette de reconnaissance que nous avons contractée vis-à-vis d’eux.

Au nom du Comité de Souscription, je remercie cordialement tous les souscripteurs présents ou absents, étrangers ou trançais. toutes les Sociétés locales de l’empressement qu’ils ont mis à répondre à notre appel. Je remercie également la presse du concours bienveillant qu’elle nous a constamment prêté. Encore une lois merci, mille fois merci !

Je lève mon verre en l’honneur de notre vénéré président, M. le Président Loubet.

Page 1