PRÉSIDENT DE L'ASSOCIATION DE LA PRESSE MÉDICALE
M onsieur le Président,
Madame,
M ESSIEURS,
Cornil fut un patriote, un savant, un professeur d’une telle envergure que j’ajouterais bien peu à son apothéose si je vous parlais longtemps de lui comme journaliste.
Comme Président de 1’ « Association de la Presse médicale», je suis là plutôt pour lui témoigner notre reconnaissance de ce qu’il a bien voulu être des nôtres, nous présider et nous guider pendant longtemps.
11 était entré dans le journalisme médical en héritant de son beau-père, le docteur Caffe, qui a laissé dans la profession un souvenir si précieux. Estimant très haut les devoirs, la dignité et l’importance technique des journaux médicaux, il avait, le premier, essayé de nous grouper en une Association pouvant utilement veiller à la moralité de la profession et à la défense de nos droits.
Fidèle aux mêmes idées, Cornil les développa avec toute l’autorité du Savant et de l’homme de bien et, depuis le jour de son arrivée parmi nous, il n’a cessé d’y jouer un rôle actif.
Dès la première heure, il fut désigné parmi les Directeurs de notre Association. Il ne ménagea, pour nos intérêts, ni son temps, ni sa peine, ni la légitime influence qu’il exerçait. Puis, lorsque survinrent pour nous des difficultés particulières, des litiges, il fut l’arbitre naturel, toujours accepté, dont les décisions ne pouvaient être contestées.
Nous lui sommes tout particulièrement reconnaissants du rôle qu’il a voulu jouer parmi nous, parce que sa présence donnait une démonstration vivante de l’importance éducatrice que l’on doit attacher à la presse médicale. Il voulait, en effet, bien affirmer que l’on oublie trop, aujourd’hui, que l’enseignement et l’exemple sont aux mains de cette puissante corporation, sans laquelle l’enseignement risquerait de ne pas dépasser les murs des amphithéâtres.
Ce fut pour nous tous un grand bien que la démonstration de cette vérité vint, précisément, du Professeur, attentivement suivi dans toutes ses manifestations professorales, écouté dans sa chaire, entouré d’un monde de savants élevés dans son laboratoire.
Il admettait bien que, lorsque l’exemple du laboratoire avait été donné et lorsque la leçon avait été faite, la moitié seulement de l’œuvre était accomplie. L’autre moitié devait être confiée à une presse médicale active, sincère, fidèle, attachée à cette fidélité et à cette sincérité par un sentiment profond du devoir professionnel. Pendant toute sa vie de journaliste, il en a donné le conseil et l’exemple constant.
Ce sont ces convictions, adoptées par les membres de notre profession travaillant avec ardeur à appliquer ce programme et à justifier un si noble patronage, qui ont permis à un représentant de la presse médicale de prendre part à cette cérémonie, destinée surtout à célébrer le Professeur.
Je suis particulièrement heureux d’avoir été choisi par
mes collègues, pour apporter ici le souvenir des journalistes médicaux. Une ancienne amitié m’avait permis de connaître Cornil mieux que la plupart d’entr’eux. Aussi, parce que je le connaissais bien, je suis certain, tout en faisant son éloge, de ne pas manquer à la sincérité qu’il aimait, car personne ne pourra, en quelques mots, dire tout le mérite du grand homme de bien et du savant que ce monument doit rappeler en exemple aux générations futures.