II. BIOGRAPHIE
DE LOURDOUEIX, rédacteur en chef. Après la mort de M. de Genoude, M. de Lourdoueix, qui était attaché à la Gazette de France depuis
' Noii9 avons emprunté cotte nomenclature à un ouvrage intitulé : Histoire Su Journal en France, pur Eugène Hatin, Paris, 184G,
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einq ans, devint l'acquéreur de 6e Journal.
Lourdoueiz continue lea traditions de prédécesseur ; on peut dire qu'il marche littéralement dans les Bouliers de M. de Qenoude. C'est un homme de soixante-cinq ans environ, il a été
Uï sous la restauration et l'un des sinécuristes les plus rétribués de eu gouvernement, i un éorltain de talent, et surtout un travailleur intrépide; il y a trente ans qu'il est sur la bièclio du journalisme, et il n'est pis eneorc fat Polémiste aident, il combat contre tout le monde et pointe ses batteries contre tous les camps, attaquant tour à tour la république, le parti régentiste et les burgraves de la légitimité. Ceux-ci étaient parvenus dans 1rs conférences de v, baden à taire mettre la Gazette à l'index. l> M. de Lourdoueix apprit que ki bulle d'eicommunieation allait être lancée contre lui, il partit pour Frosdborff. Mais il fut reçu froidement par le prince. De retour a Paris , il ne céda pas un pouce de terrain, et il continue à soutenir plus que jamais le principe de l'appel à la nation, dont ne veut entendre parler, à aucun prix, M. h: comte de Cbambord. M. de Lourdoueix est aujourd'hui, avec M. de Larochejaquelein , le chef des hérésiarques de la légitimité. On les appelle les voltairiens du parti.
DE BEAVREGARD. L'un des plus anciens
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collaborateurs du journal. C'est lui qui a fait, en collaboration avec Bossange, ces Lettres de la voisine, qui obtinrent tant de succès à l'époque où elles furent publiées (1833, 34 et 35). M. de Beauregard a une soixantaine d'années, et, malgré son nom, il est affligé du strabisme afïreusemenl.
ERISSET, ancien militaire, brave bomme, écrivain spirituel, et feuilletonniste de talent. M. Brisset fait l'article politique, le compte rendu de la Chambre et la critique théâtrale ; il est aussi l'un des anciens piliers de l'édifice. M. Brisset est l'auteur d'un assez grand nombre de romans dont quelques-uns ont oblenu du succès et une certaine popularité. Nous citerons, entre autres, Contint et les Templiers. M. Brisset a cinquantesept ans ; c'est un conteur spirituel et très amusant, il sait beaucoup d'anecdotes sur les hommes qui se sont succédé aux affaires depuis trente années. 0 destinées littéraires! si la restauration se fût maintenue, M. Brisset serait aujourd'hui immortel! je veux dire académicien!
ALEXANDRE WEILL, Alsacien . Il a commencé par faire son tour d'Allemagne comme écrivain démocrate ; il a écrit dans les journaux de Berlin, de Leipsick, de Cologne, de Stuttgard, et il a même pris part pendant six mois à la rédaction de lafeuille politique de Wiesbaden qui s'imprimait à Mayence.
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Cti Fui à cette époque qu'il publia en allemand le i Histoire* de Village qui ont obtenu un si grand mecès au-delà du Rhin. Après avoir ruui- pendant pluaieara années dans les uniTersités et dans les gazettes allemandee, il se décida à venir à Paris. Lé, il employa les premiers jours à se fortifier dans la langue française qui lui était beaucoup moins familière que la germanique. Quand il se crut en état de rédiger un article, il alla frapper à la porte de la Démocratie pacifique OÙ il fut reçu à bras ouverts. Soyons justes envers ce journal ; aux jours de sa prospérité, il accueillait tous les gens qui venaient lui demander l'hospitalité littéraire, même les gens qui n'avaient pas de talent , je ne dis pas cela pour M. Weill qui est un écrivain très original. Bu même temps qu'il tiavaillait à la Démocratie pacifique^ M. WeHI colla— borait aussi au Corsaire Satan et avait l'honneur d'être l'un des petto crétins du père Saiut-Alme. C'est ainsi que celui-ci, rédacteur en chef, désignait ses jeunes collaborateurs, parmi lesquels se trouvaient des jeunes gens d'esprit, dont quelques-uns sont aujourd'hui de très remarquables littérateurs. Alexandre Weill offrait à cette épi que cette particularité qu'il était peut-.'seul journaliste de Paris d'un naturel assez di bonnaire pour trouver qu'on le payait toujours trop. Devenu rédacteur de la politique étrangère à la Preste, il disait : « Je ne peux rester l