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II. BIOGRAPHIE

léopom> DURAS, rédacteur en chef, nâ a Limoges, trente-huit ans. M. Léopold Duras a quelque fortune personnelle. Il fit avec beaucoup d'éclat un journal dans son pays ; la rédaction de

cette feuille avait Oit; remarquée par les journalisas du National, de sorte que lorsque M. Duclerc, qui connaissait M. Duras, proposa de l'admettre parmi les rédacteurs, ou accueillit avec empressement cette proposition.

M. Léopold Duras vint donc à Paris quelques années seulement avant 18i8, et travailla au National sous la direction de M. A. Marrast.

Après Février, il prit la rédaction en chef. M. Thomas resta quelque temps encore auprès de lui comme administrateur; mais sur que le journal était bien placé dans les mains du jeune écrivain, il songea à prendre sa retraite, et se démit de ses fonctions en faveur de II. Caylus.

M.Léopold Duras a un style châtié et très clair; il traite indifféremment toutes les questions, mais surtout les questions de politique générale; c'est un homme de bonnes manières et d'une tenue irréprochable. Il est syndic des journalistes À la tribune de l'Assemblée nationale.

ALKXAXDRE REY. De Marseille; M. Rey a été l'un des collaborateurs du journal le Monde

dirigé par M. de Lamennais. 11 fut aussi un des écrivains les plus actifs de la Revue indépendante. Il eut, il y a six ans, un duel dans lequel il fut très gravement blessé. Ce duel était tout à fait étranger à la politique. M. Rey n'est entré au National qu'après les événements de Février. Il a été pendant quelque temps attaché au secrétariat du gouvernement provisoire; élu à la Constituante parles électeurs des Bouches-du-Rhône aux élections complémentaires, il ne fut pas réélu à la Législative. Il volait avec le parti républicain modéré. Homme de talent, et très consciencieux journaliste.

CAYLUS, administrateur et rédacteur. Ancien élève de l'École polytechnique. M. Caylus fut compromis dans les affaires d'avril 1834; il quitta alors l'École polytechnique, et s'en fut visiter avec son ami M. Latrade, aujourd'hui représentant, les États-Unis d'Amérique. Au retour de M. Caylus, M. Thirion,qui a été depuis Février colonel d'une légion de la garde nationale parisienne, lui proposa d'aller prendre en Amérique la direction d'une grande exploitation commerciale. M. Caylus accepta, et, revenu aux États-Unis, il adressa de temps en temps des lettres au National. M. Caylus était en très bon chemin pour faire sa fortune, lorsqu'il apprit la nouvelle de la révolution de Février. Il se hâta aussitôt de revenir en France, et, à peine arrivé, il fut nommé préfet de Seine-

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et-Marne. Il quitta ces fonctions putir prendre l'administration ilu National, dont il est en même temps Pun des plus actifs collaborateurs.

< il vint as, représentant, Mv a la Constituante, dans !•' léjMU ItflMQt du Puy-dc-Dùmo. par 82,786 voix, iVtIii à || Législative par I8(9IM sutlr

né «'H 1808. il est le fils du général Cbarras. Élève de l'École polytechnique, il se signala, en 4851), au siège de lacas-nif de Babylone. Devenu capital ii«», il se vit arrêté dans ^on avancement par des articles qu'il envoyait au \ational, sur des questions militaires. Il pissa alors en Afrique, et nt au grade du chef d'escadron. A la révolution de 1848 il reçut du gouvernement provisoire le grade de lieutenant-* olonel, fut appelé au poste de sous-secrétaire d'État de la guerre, et l' mplit ensuite les fonctions de ministre de ce département par intérim^ jusqu'à l'acceptation du général Cavaignac. M. Cbarras fait de très bons articles sur les questions qui intéressent l'armée.

AXDKK COCHUT, écrivain très distingué; il a fait, pendant dix ans, de remarquables travaux à la Bévue des Deux-Mondes. Le maréchal Bugeaud, qui n'aimait ni les journalistes ni les écrivains, ne pouvait s'empêcher de rendre justice in petto, el devant quelques amis, aux articles publiés par M. Cochut, sur la question algérienne. M. Cochut

fut, pendant quelque temps, examinateur des pièces présentées au Théâtre-Français, et personne ne s'acquitta avec un soin plus scrupuleux de ces délicates fonctions. M. Cochul est au National depuis la révolution, et il vient d'y publier dernièrement des articles qui ont été très remarqués et très reproduits sur les associations ouvrières.

E. FOUGUES a débuté dans la littérature vers 1836. Il fit, si j'ai bonne mémoire, quelques feuilletons à la Charte de 1830, puis, de là, il passa au Commerce, où il se fit connaître comme critique spirituel, sous le pseudonyme à'Old-Nick. M. Forgues a également collaboré à la Revue de Paris, à la Revue des Deux-Mondes, à V Illustration, et il est encore un des rédacteurs de la Revue Britannique. Il connaît très à lond la littérature anglaise. Il a fait longtemps la critique littéraire au National; maintenant il s'occupe surtout de politique étrangère.

LITTKÉ. Membre de l'Institut, section des inscriptions et belles-lettres, l'un des hommes les plus savants de noire époque; a fait paraître un grand nombre d'ouvrages et de travaux très estimés, entre autres la Traduction d'IIippocrale, et la traduction de la Vie de Jésus-Christ du docteur allemand Strauss. M. Littié a publié il y a cinq ans dans la Revue des Deux-Mondes un curieux travail sur les traductions d'Homère. 11 soutenait

•lue la traduction d'Homère devait être laite dans li- langage français du treizième siècle ; que 17- Uade, étant an roman de chevalerie ne pouvait être bien rendue que dans la langue naïve de la chevalerie. A l'appui de son opinion et comme exemple, M. Littré svail converti en vieux langage français un chant du poème grec. Il est aussi l'auteur de très savants travaux sur la philosophie positive. M. Littré joint à de vastes connaissances un désintéressement bien rare. Il a vu tous ses amis au pouvoir et il n'a voulu accepter aucun emploi quoi qu'il soit sans fortune. M. Littré habite un petit appartement dans la rue de l'Ouest, et son intérieur est un véritable intérieur d'ouvrier. Sa femme et sa fille vaquent aux soins du ménage. Il n'a pas seulement une domestiqui-.

PAUL DE MUSSET, frère du poète Alfred de Musset. M. Paul de Musset est auteur d'un grand noml re de romans dont quelques-uns ont obtenu du succès ; nous citerons, entre autres, Lati2ttn.il a également publié dans la Revue des Deu t-Mondes cl dans la Revue de Paris des nouvelles spirituellement écrites. C'est un écrivain très littéraire qui fait, surtout au National, la critique dramatique. Je dis surtout parce que M. de .Musset publie aussi de temps en temps des articles dans le corps du journal, il a entrepris tout dernièrement une rude campagne contre l'administration des lorètsà pro-

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pos des coupes sombres qui se font en ce moment dans la forêt de Fontainebleau.

ALBERT TERKIEX. Ancien élève de l'École polytechnique ; fait depuis douze ans au Natioiml le compte rendu de l'Académie des sciences ; c'est M. Terrien qui écrivit ce petit billet laconique à M. Libri en séance à lTnstilul: «Croyez-moi, ne restez pas plus longtemps ici. » M. Libri quitta l'Institut et la France. M. Terrien a trouvé le moyen de mettre de l'esprit dans la science. Ses comptes rendus peuvent être lus et compris par tout le monde, même par ceux qui n'ont pas la clef du langage scientifique. C'est le plus bel éloge qu'on puisse adressera un savant dans ce temps-ci.

EDMOXD ROBIXET, l'un des anciens collaborateurs du il/onc/e-Lamennais, du Peuple constituant, de la Revue indépendante, est chargé au National du département des entrefilets. Il est auteur de quelques ouvrages historiques estimés.

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