I.ALI,Y-TOLLENOAL. iqIJ
Partisan de l'ordonnance du 5 septembre 1816, il dit à l'occasion d'une adresse au Roi : « Que le désir immodéré de toutes les répara- >> tions à la fois et à tous prix, que la précipi- » tation et la roideur de volonté apportées par » la Chambre de i8i5, dans le bien qu'elle » désirait, exposaient le royaume à de terri, )) blés dangers. »
En 1817, il s'exprima ainsi à l'occasion de h resolution sur la saisie des livres r « Les prin- ') cipes sont maintenant connus; des volumes >' ne parviendraient pas k les obscurcir , et » quatre mots suffisent pour les résumer : » Point de gouvernement représentatif qui » n'ait pour objet et pour fondement la liberté » publique et individuelle. Point de liberté ni » publique , ni individuelle , sans la liberté de ') la presse ; point de liberté de la presse sans ') la liberté des journaux; point de liberté de >) la presse ni des journaux , partout où les » délits des journaux et de la presse sont ju<Tés >) autrement que par un jury , soit ordinaire , )) soit spécial. »
Malgré cette profession de foi si solennelle sur la liberté de la presse , il parla peu de temps après en faveur de la mesure qui sou,
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mettait encore pour un an les journaux à la censure de la police.
Lors de la fameuse proposition faite par uu noble pair de modifier la loi des élections , M. de Lally^ suivant son usage, chercha un terme moyen ; mais ses adversaires n'en voulant pas, il fut forcé de se ranger parmi les défenseurs de la loi. Le noble pair avait alors pris rang parmi les marquis dans la nouvelle organisation de la Chambre. A l'époque du mémorable procès de Louvel, il adressa au coupable cette solennelle sommation : <( Lou- » vel, je vous adjure, au nom du Dieu vi- » vaut , de déclarer si vous avez des com- » plices. »
Quoique nommé à l'Académie française , par Tordonnance du 21 mars 1816, M. de Lally est un des membres les plus dignes d'y siéger , tant par la volmnineuse quantité de écrits , que par son mérite et ses talens oratoires.
Bien qu'on puisse lui reprocher à la tribune , de l'emphase et de la recherche dans les tournures et les expressions , et surtout une imitation affectée des locutions bibliques , on ne peut cependant lui refiiser un des pre-
miers rangs parmi nos orateurs parlementaires.
Ses titres , comme littérateur , sont dignes aussi de quelque attention. Il a composé , sur la mort déplorable du ministre de Charles I". , Strafford , une tragédie qui fut reçue et non jouée au Théâtre - Français , en 1792; il a écrit aussi un essai sur la vie de ce même ministre.
En février 1809, il lut une partie de cette tragédie dans le salon de madame Campan , qui, dans une lettre à son fils, exprime ainsi son opinion sur cette œuvre : a M. de Lally )) nous a lu , après le dhier , un acte de sa tra- » gédie du comte de Strafford. Il déclame à » merveille ; et sa pièce , peignant une grande » crise révolutionnaire, telle que celle que nous » venons de passer , rend cette pièce d'un in- » térêt déchirant. Strafford était le ministre )) et l'ami de l'infortuné Charles P^ Les round » heads ou niveleurs le firent monter sur l'é- » chafaud avant le monarque. ))
Il a traduit plusieurs oraisons de Cicéron , et s'est même essayé , avec quelque succès , dans le genre joyeux de la chanson.
Ses nombreux ouvrages sont : 1°. Obsetva-
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fions sur la lettre écrite par M, le comte de Mirabeau, au comité des recherches , contre M. le comte de Saint-Priest ^ ministre d'État, 1789; 2°. Rapport sur le gouvernement qui comdent à la France, 1789; 3°; Lettre à mes Commettans, 1790; 4°- Mémoire, ou Seconde Lettre à mes Commettans , 1790; 5°. Quintus Capitolinus aux Romains , extrait du troi^ sieme liK>re de Tite-Live , 1790; 6°. Lettre à M.Burke, 1791; 7°. Lettre à M. Vabbé D., grand --ficaire, 1793; 8°. Plaidoyer pour Louis Xn, 1793 ; 9°. Mémoire au Roi de Prusse , pour réclamer la liberté de Lafajette, 1795; 10°. le Comte de Sirafford , 1796; ii\ Défense des Émigrés Français, 1797; 12°. Lettre au Rédacteur du Courrier de Londres, 1801 ; i3°i Lettre au Rédacteur du Journal de l'Empire, 181 1 ; 14°. Déclaration demandée par M. Ferris ,1814.
Comme homme politique ^ M. de Lally-Tollendal , se tenant toujours au milieu des opinions diverses ^ n'a su se concilier Taffection et la confiance d'aucune ; prenant , dans toutes les grandes occasions , le mezzo termine , il est par cette raison toujours en-dehors d^ tous les partis.
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Quant \ ses talens littéraires , nous les avons déjà jugés ; nous ajouterons seulement que ^ sans être un homme supérieur , M. de Lally mérite , par ses travaux et son amour pour les lettres , sinon d'aller jusqu'à la postérité , du moins d'occuper une des premières places parmi ses contemporains.
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(pierre -SIMON, le marquis )j
Né à Beaumont-en-Auge, près de Pont-rÉvêque, le
23 mars 1749.
Goûte la béatitude Au sein des quarante élus , Tu dois avoir Thabitude D'être avec des inconnus.
Ces messieurs , par leur stature , Offrent une ample pâture A tes doctes appétits :
Avec eux , tu peux , sans peine , Connaître à fond le domaine Des infiniment petits.
(Les Biographes. Extr. de l'ode sur IJcad.)
Il s'appliqua de bonne heure à l'étude des sciences exactes, et ce fut dans le lieu de sa naissance qu'il commença d'abord à professer les mathématiques ; il vint ensuite à Paris et
eut le bonheur d'y rencontrer des protecteurs qui encouragèrent un mérite naissant dépourvu des faveurs du hasard. Sa reconnaissance pour M. Saron le porta à lui dédier son premier ouvrage , et bientôt après il se fit une grande réputation par ses connaissances dans lanalyse et dans la géométrie transcendante ; il fut nommé examinateur du corps royal d'artillerie, en remplacement de Bezout^ et devint successivement membre de l'Académie des sciences , de l'Institut et du bureau des longitudes.
En 1796, il fit hommage au conseil des Cinq- Cents de son ouvrage intitulé : Exposition du système du mondes et le 26 septembre de la même année , il vint a la tête d'une députation de l'Institut, présenter à ce conseil un exposé des travaux de cette société savante depuis sa création. Dans le discours qu'il prononça à cette occasion , en rappelant les noms des hommes dont le savoir avait honoré la France, il s'empressa de payer un juste tribut d'hommages à la mémoire du président Saron, son bienfaiteur.
Après le 18 brumaire, il fut nommé par les consuls, ministre de l'intérieur, et il occupa
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cette place jusqu'à l'époque où Lucien Bonaparte y fut appelé. Il entra au Sénat conservateur en décembre 1799, devint vice-président de ce corps en juillet i8o3, et en fut nommé chancelier le mois suivant, puis grand-cordon de la Légion d'Honneur. Ce fut lui qui, en septembre i8o5, fut chargé de faire au Sénat un rapport sur la nécessité de reprendre le calendrier Grégorien, et d'abandonner celui de la république.
Il devint, en 181 1 , président de la Société maternelle ; reçut , en avril 181 3, le grandcordon de Tordre de la Réunion , et précédemment , le titre de comte de TEmpire.
Napoléon qui se plaisait à honorer les sciences dans la personne de M. Laplace, lui en donnait ainsi des marques nombreuses et non équivoques ; cependant tout en rendant justice au mathématicien , il savait apprécier les talens de l'homme public ; il a dit de lui : (( Géo- » mètre du premier rang , il ne tarda pas à se » montrer administrateur plus que médiocre. » Dès son premier travail , les consuls s'aper- » curent qu'ils s'étaient trompés. Laplace ne » saisissait aucune question sous son vrai » point de vue : il cherchait des subtilités par-
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» tout , n'avait que des idées problématiques ^ » et portait enfin V esprit des infiniment petits » dans l'administration. »
Le géomètre était plus absolu dans son admiration pour le génie de l'Empereur; il lui en donnait les marques les plus exagérées dans les discours qu'il lui adressait; il prédisait alors que, (( grâce à son génie, l'Europe entière ne » formerait bientôt qu'une immense famille, » unie par la même religion , le même code de )) lois, et les mêmes mesures; et que la posté- )) rite qui jouira pleinement de ces avantages » ne prononcerait qu'avec admiration le nom » du héros , son bienfaiteur. »
M. Laplace vota , en 18 14, la déchéance de Napoléon et l'établissement d'un gouvernement provisoire ; aussi fut-il dignement récompensé par le Roi qui lui donna le titre de marquis, et lui conféra la pairie. Le nouveau pair se montra plus attaché à son nouveau maître, qu'il n'avait fait à l'égard du premier, et pendant les cent jours il s'abstint de paraître à la cour de son ancien souverain.
Comme mathématicien, M. Laplace est un des hommes les plus célèbres de notre époque ^ il a beaucoup contribué ^ par l'immensité de
ses travaux , a reculer les bornes d'une science qui avait déjà exercé tant de génies.
Ses ouvrages les plus remarquables sont : Théorie du mouvement et de la figure elliptique des planètes , in-4**« Théorie des attractions des sphéroïdes et de la figure des planètes ^ in-4^. Exposition du système du monde y 2 vol. in-8°. Traité de mécanique céleste ^ 2 vol. in-4°. Théorie analytique des probabilités j in-4°. Essai philosophique sur les probabilités ^ in-8°.; et enfin un grand nombre de mémoires qui se trouvent dans la collection de ceux des sciences et de l'Institut , et dans le Journal de l'École Polytechnique.
M. Laplace fait partie de presque toutes les sociétés savantes du monde; il compte aussi parmi les fondateurs de la Société d'Arcueil ; société composée de savans qui font gloire de consacrer leurs travaux et une partie de leur fortune à la propagation de la science.
On voit que M. Laplace est assez riche de mérite et d'illustrations , et qu'il eût fort bien pu se passer du titre d'académicien qu'il doit à l'ordonnance de 18 16; et sans doute que ce savant recommandable ne s'attendait guère à recevoir un jour un diplôme de bel-esprit.
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(j EAN-LOUIS) ,
Né à Paris, vers 1764.
On peut être honnête homme et faire mal les vers.
(BoiLEAU.)
Il débuta dans la carrière littéraire par des Héroïdes y geilte de poésie que Colardeau avait mis en vogue , et par une comédie faite en société avec Legouvé. M. Laya fit jouer ensuite le drame des Dangers de V opinion et la tragédie de Jean Calas. C'était dans les temps les plus orageux de la révolution ; M. Laya, dont l'esprit sage était ennemi des excès , s'attachait dans ses pièces \ peindre la
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lu;
modération sous de séduisantes couleurs ; c'est dans cette intention qu'il composa VJmi des lois qui fut joué le 2 janvier 1793, et accueilli avec transport dans les départemens où Ton détestait la commune de Paris , et où le parti Girondin était en majorité. M. Laya fut assez heureux pour causer un instant d'alarme à Robespierre et à ses partisans ; sa pièce fut l'objet d'un examen spécial; et la commune de Paris publia ce qui suit le 10 janvier
« Deux sections , celle de la cité et celle » de la réunion , ont pris des arrêtés rela- » tifs à une pièce qui se joue sur le théâtre de » la Nation et intitulée Y J mi des lois; l'arrêté » de la section de la réunion porte nomination » de commissaires chargés de se retirer par » devers le conseil-général , pour l'inviter, en » respectant la liberté de là presse et les opi- » nions individuelles , à examiner si , dans ces )) circonstances , il ne conviendrait pas de » suspendre ou d^empêcher la représentation )) d'une pièce qui , dans un temps ordinaire , » ne mériterait peut-être aucune considération ; )) mais qui, adaptée aux circonstances, peut fa- » voriser une division dangereuse, n