‹ Biographie des quarante de l'Académie Française [microform]Chapitre 25 sur 32 · LÉ VIS · texte numérisé non relu

LÉ VIS

(pierre-marc, le duc de),

Tu triomphais , ô chaste Académie ,

Ce jour, déjà si loin de nous, Où tu reçus , dans ta couche , endormie , Le Seigneur de Lévis , pour quarantième époux. Jamais l'éclat dévot d'un cierge , A plus sainte union ne servit de fanal ; Chacun semblait redire : O pacte virginal ! Il est juste d'unir le cousin de la Vierge A la fille d'un cardinal.

f (Les Biographes.)

Quoique sa famille soit une des plus anciennes de la monarchie , il est difficile de reconnaître de bonne foi l'antiquité, presque fabuleuse, qu'on a voulu lui attribuer. On la fait descendre de la tribu de Lévi , et l'on prétend même que dans le château du duc de Lévis, il existe un tableau qui représente la vierge

LÉVIS. ZZQ

Marie disant à un individu de la famille de Lévis qui est devant elle la tête nue : « Mon cou- » sin, couvrez-vous. )> A quoi celui-ci répond: « Ma cousine^ c'est pour ma commodité. »

Sans discuter une généalogie aussi respectable , nous nous contenterons de dire que le duc de Lévis est fils du maréchal de ce nom , et que malgré sa noblesse, ou vraie ou apocryphe il se déclara dès sa jeunesse partisan des principes de la révolution. Nommé député du bailliage de Dijon aux États-Généraux , il se tint également éloigné des excès du parti réfoxmateur, et des prétentions exagérées de ceux de sa caste , aussi fut-il peu remarqué dans TAs^ semblée constituante; mais le 12 mai, avant que les États-Généraux 5e formassent en une seule chambre , il se réunit à la minorité de la chambre de la noblesse , et protesta , avec quinze de ses collègues , contre les opérations de la majorité , qui poursuivait avec la même ardeur la marche qu'elle s'était tracée , malgré l'absence de la députation de Paris et de quelques autres bailliages ; ce qui rendait incoiHT plètes les délibérations de cet ordre. 11 s'était élevé à cette époque des doutes sur la * égularité de la nomination du duc d'Orléans , e%

23o lÉvis.

M. de Lévis , avant de passer outre , demanda la vérification des pouvoirs.

Le 23 mai, la majorité de la Chambre ayant arrêté qu'il serait adressé une déclaration au tiers-état, portant que la noblesse faisait abandon de ses privilèges pécuniaires , M. le duc de Lévis annonça, au nom de la noblesse dijonaise, qu'acné était décidée à cet abandon, mais qu'elle le subordonnait à rétablissement d'une constitution.

Dans le cours de la session de l'Assemblée constituante , il vota habituellement avec le côté gauche , et se réunit quelquefois à la droite quand l'objet de la discussion contrariait ses vues. Il s'opposa à une déclaration des droits , qu'il regarda comme dangereuse , et voulut ensuite que cette déclaration suivît la constitution au lieu de la précéder. Lors de l'affaire du marquis de Favras, il demanda que le comité des recherches de TAssemblée se concertât avec celui de la ville pour répandre Je plus grand jour sur une cause aussi grave ; mais sa proposition fut rejetée. Il ne paraîtra pas étonnant , d'après cette conduite, qu'il ait signé les protestations de la minorité contre les actes de l'Assemblée.

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