QUELEN
(hyacinthe-louis, comte de), Archevêque de Paris,
Né à Paris, le 8 Octobre 1778.
Hier , c*^ passant , j'ignore dans quel but ,
Le pont du Louvre et de l'Académie ,
Au vieux cadran qui meuble l'Institut,
J'entends sonner deux heures cl demie :
Au même instant la tour de l'Auxerrois
Se fait entendre et compte jusqu'à trois ;
Si , qu'en oyant l'une et l'autre pendule ,
Je fus perplexe , et puis me ravisant ,
Non , tout va bien , dis-je , on sait qu'à présent
L'Eglise avance et l'Institut recule.
II n'était pas destiné par sa famille à Tétat ecclésiastique ; mais des dispositions et un goût naturel l'y entraînèrent. Ces dispositions se manifestant toujours davantage, il reçut la tonsure en 1790. Le jeune Quelen ne pouvait choi-
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sir une époque moins favorable pour ses projets; mais il ne se laissa pas rebuter par les événemens, et continua dans la maison de son père, où se réunissaient plusieurs prêtres nonassermentés 5 à se livrer aux études théologiques.
Cependant la main puissante et réparatrice de Napoléon rendait à la religion ses temples, et rouvrait à ses ministres leurs écoles. Le séminaire de St.-Sulpice fut un des premiers réorganisés, et M. de Quelen fut un de ses premiers élèves. Il fut ordonné prêtre en 1807 et bientôt nommé grand- vicaire de l'évêque de St.-Brieux , dans le diocèse duquel il avait sa famille et ses biens.
Le cardinal Fesch ayant été présider le collège électoral de Rennes , on lui présenta le jeune ecclésiastique, et, sur sa demande, il le chargea du soin de former sa maison , et de lui désigner les familles qui avaient le plus souffert de la révolution, auxquelles ce prélat fit accorder des grâces. Il le ramena ensuite avec lui à Paris , sans lui conférer cependant aucun titre particulier.
Lorsque le cardinal fut tombé dans la disgrâce de l'empereur , son neveu, et forcé de
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quitter Paris pour se retirer dans son diocèse, M. l'abbé de Quelen, mû par le sentiment honorable de la reconnaissance , refusa de le quitter et le suivit à Lyon.
Ce fut dans cette ville que le fameux archevêque de Malines, l'abbé de Pradt, lui annonça qu'il avait obtenu pour lui la place de chapelain de l'impératrice Marie-Louise ; mais M. de Quelen ne voulut pas se séparer de son bienfaiteur, et il refusa ces fonctions.
Cependant peu de temps après, M. de Quelen revint à Paris et y vécut dans l'obscurité. Il était attaché a l'église de St.-Sulpice , et y remplissait les plus simples devoirs du sacerdoce, lorsqu'à l'époque de la première restauration, le cardinal Talleyrand-Périgord lui confia la direction spirituelle des maisons royales dépendantes de sa juridiction , et le nomma vicaire de la grande aumônerie.
Les cent jours le firent rentrer dans la retraite, d'où il sortit de nouveau après le second retour des Bourbons , pour reprendre les fonctions qui lui avaient été confiées.
Cependant après la mort du centenaire cardmal duBelloy , M. de Talleyrand-Périgord ayant été pronm à l'ar chevêche de Paris, ap-
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pela M. de Quelen pour le soulager dans les soins de Tépiscopat , et la pénible administration de son diocèse. M. de Quelen fut sacré évêque de Samosate , in partibus , et nommé coadjuteur de l'archevêque de Paris le I". octobre 1817. A la mort du cardinal, il lui succéda dans ses fonctions, et montra un zèle infatigable dans les travaux de son ministère.
L'époque des missions de Paris, fameuse par les troubles et les désordres qu'elles occasionèrent, fournit à M. de Quelen l'occasion de manifester ce zèle dont l'ardeur et la véhémence lui furent même alors reprochées par de publiques apostrophes, au milieu des scènes tu- ' multueuses de l'église des Petits-Pères.
Cependant M. de Quelen, devenu membre de la Chambre des Pairs , se signala, en 1824, par sa patriotique opposition au funeste projet du remboursement des rentes, et mérita, par son opinion populaire , l'estime de tous les bons citoyens.
(( En réclamant pour la classe qui souffre da- » vantage, dit l'honorable prélat, je suis loin de » rester indifférent aux intérêts des autres qui » sont plus aisés, d'autant moins que s'il y a
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)) des malheureux qui sont frappés par la di- » minution de ce qu'ils possèdent ^ il en est » d'autres encore qui sont atteints par le re- )) tranchement, au moins momentané, que vont » subir les riches d^un superflu qui tournerait )) au profit de la charité. On nous a dit avec » esprit que la réduction des rentes ne ferait » fermer ni un théâtre , ni une guinguette , )) cela est possible; et il est possible aussi qu'un )) grand nombre de ceux dont je plaide la cause )) ne connaissent ni l'un ni l'autre. Ne pour- » rait-on pas demander, peut-être avec moins )) d'assurance^ si la loi ne fera pas fermer plus )) d'une bourse ouverte encore aux pauvres, et )) si le cinquième des aumônes ne diminuera » pas en proportion du cinquième des ren-
» tes. »
La mort du cardinal de Bausset ayant laissé une place vacante à l'Académie française , le docte aréopage , qui déjà comptait M. d'Hermopolis dans son sein , proposa à M. de Quelen le fauteuil de l'historien de Fénélon; il l'accepta , l'élection eut l'air de se faire , et les lettres pastorales et l'épiscopat eurent un nouveau représentant au prétendu sénat littéraire. Le récipiendaire reconnut lui-même dans son