NOS FINANCES
En 1874, la province de Québec n'avait pas de passif en son nom propre ; aujourd'hui elle en a un de plus de 20 millions dont voici la composition :
lo. Dette consolidée au 31 décembre 1883 $18,255,095.84
2o. Dette flottante 2,207,827.00
Dans ce chiffre de la dette flottante, je n'inclus pas les $819,677
reclamées par le gouvernement fédéral, car je prétends qu'au lieu
d'être notre créancier, il est notre débiteur pour près d'un million.
D'un autre côté, la dette flottante qui est beaucoup plus considérable est réduite à ce chiffre de $2,207,827 par des réclamations de 8417,828 que je crédite en entier malgré que la collection de quelques unes d'entre elles souffriront des difficultés graves.
Voila une dette énorme qui exige un service d'intérêts annuels de près d'un million — absolument notre subside fédéraL Cest une dette que les conservateurs vont laisser comme héritage à nos enfants, triste héritage qu'ils ne pourront répudier et dont ils devront acquitter toutes les lourdes obligations,
Sur ces 20 millions il y a $3,500,000 empruntées et dépensées en 2 ans, en 1882 et 1883.
Les dépenses du gouvernement provincial qui étaient à la même date (1884) fie $1,924,985 s'élevaient l'an dernier à $3,167,- G28. Augmentation: $1,242,634.
Quelques détails pour établir de quel côté sont les extravagances:
Le 1er juillet 1878 — trois mois après l'arrivée de M. Joly au pouvoir — les dépenses générales, sans l'intérêt de la dette payé cette année-là, étaient de $2,229,177.
A cette époque, nous n'avions pas de frais d'exploitation du chemin qui ne nous était pas encore livré.
Durant la première année d'administration de M. Joly (1878. 79) les dépenses générales se sont élevées à $1,988,883 en n'y comprenant pas $101,841 de frais d'exploitation du chemin de 1er livré en janvier ou février 1879, frais couverts par une recette de $132,783 et en n'y comprenant pas non plus l'intérêt de la dette. M. Joly réduisait donc du coup, dans l'espace d'un an, les dépenses ordinaires de $240,883.
Si vous faites la même comparaison entre les dépenses de M. Joly et celles de M. Mousseau, retranchant toujours, dans les deux cas, ce qui fut payé pour intérêt de la dette et frais de chemin, c'est-à-dire $829,918 sur les dépenses de M. Joly et $980,415 sur celles de M. Mousseau (ce qui est bien favorable à celui-ci) vou* arriverez au triste résultat que voici :
1882-83 (Mousseau) $2,187,213
1878-79 (Joly) 1,988,883
Augmentation par M. Mousseau $198,330
l'hon. m. mercier 609
Au delà de $16,500 par mois !
Quant aux dépenses de Tannée courante, contrôlées exclusivement par le ministère Ross, qui devait faire tant de merveilles dans l'opinion de certaines gens, elles vont excéder celles du gouvernement Joly de §143,876 en en retranchant aussi ce qui regarde le service de l'intérêt.
M. Robertson n'a pas voulu inclure dans ses $3,010,546 de dépenses courantes $110,000 nécessaires à la construction du palais législatif. Je crois juste, en conséquence, de retrancher des dépenses ordinaires de M. Joly les $1 1 14,000 qui y sont chargées pour la construction des bureaux des ministères ; c'est élémentaire, n'est-ce pas > Alors voici quel sera le résultat de la comparaison :
Augmentation ministère Ross $143,87(>
Il va sans dire que l'expérience démontrera l'insanité de restfmation des dépenses faites par M. Robertson et prouvera quelle est complètement insuffisante. Mais, même en l'acceptant telle qu'elle est, on arrive encore à la conclusion que sur des intérêts, qui sont l>eaucoup plus élevés que 1879 et du service du chemin de fer qui n'existe plus, M. Robertson admet qu'il va dépenser pour les choses ordinaires $143,876 de plus que M. Joly. Où est donc le progrès, sur le régime Mousseau ou sur le régime Chapleau ?
Je n'entrerai pas dans plus de détails ; ceux-là suffiront pour faire comprendre à l'auditoire que plus ça change, plus cest totijour* la m?me chose.
Les conservateurs indignés ne voulaient plus de M. Chapleau ; parce qu'ils comprenaient qu'il tuait le parti par ses extravagances. Ils eurent M. Mousseau, et ce fut pis. Us le prièrent de se retirer et M. Ross arriva : c'est aussi mal que sous M. Mousseau.