POPULARISER ET RENDRE PLUS PRATIQUE ET COMPLÈTE
L'iNSTRUTION ÉLÉMENTAIRE
L'instruction élémentaire, messieurs, c'est la première nécessité d'un pays constitutionnel. Il faut comme le dit de Girardin, " mettre en harmonie l'instruction et la constitution d'un peuple. Aux constitutions, comme aux édifices, il faut un sol ferme et nivelé. L'instruction donne un niveau aux intelligences, un sol aux idées *
L'instruction des peuples met en danger les gouvernements absolus ; leur ignorance, au contraire met en péril les gouvernements représentatifs, car les débats parlementaires, pour révéler aux masses l'étendue de kurs droits, n'attendent pas qu'elles puissent les exercer avec discernement. Et dès qu'un peuple connaît ses droits, il n'y a plus qu'un moyen de le gouverner, c'est de l'instruire.
Populariser l'instruction, c'est donc populariser nos institution* politiques, donc le fonctionnement repose sur l'élection. Or, qui dit élection dit jugement ; et tout jugement exige un juge éclairé. L'électeur doit donc être éclairé s'il veut avoir un gouvernement sage, prudent et ami du progrès et des lumières.
Couvrons le sol de notre province de maisons d'école ; faisons les nombreuses, élégantes, confortables, pour que nos enfants aiment à les voir et à les fréquenter.
Entourons-les d'arbres et de fleurs pour que cette jeunesse, qui est l'espérance de la patrie, sache que " l'instruction est l'ornement du riche et la richesse du pauvre," suivant la pensée d'un philosophe.
Nous ne donnons que S 160,000 aux écoles élémentaires et $70,000 à ce qu'on appelle l'instruction supérieure. J admire- et je respecte nos collèges classiques, que nous devons au dévouement de prêtres vertueux, véritables amis de leur pays, et je ne
l'hon. m. mercier 635
veux diminuer en rien leur prestige et leur mérite. Mais je comlwits un système qui n est ni juste ni sage. C'est le peuple surtout que l'on doit chercher à instruire ; le riche peut se protéger tout seul ; et je dis que c est à l'enfant du pauvre que Ton doit tendre la main bienfaisante de l'éducation, pour le protéger contre les dangers qui l'assiègent, pour le sortir de la misère qui peut tuer cette jeune intelligence naissante, et lui ouvrir, à deux luttants les portes de l'avenir et de l'honneur.
Dans notre pays tout enfant peut aspirer aux honneurs et à la richesse ; ayons donc soin de cet enfant ; donnonsdui une instruction virile et chrétienne, une instruction capable d'en faire v un honnête homme, et uirlx>n citoyen.
L'instruction des masses devra donc être le premier soin des députés qui seront élus en 1886 : et pour assurer cette? œuvre nationale par excellence ils devront opérer la