QUE SONT LES MÉTIS
Pourquoi n'aurions nous pas d'intçrêt à protéger les gens du Nord-Ouest ? Si le Solliciteur général entend la voix du sang qui lui parle à travers les mers, qu'il veuille bien croire que nous entendons, nous, la voix du sang qui nous parle à travers les prairies du Nord- Ouest ! Qu'il veuille bien se rappeler l'histoire de notre pays. Que sont les Métis ? Les Métis sont les descendants d'une race forte et vigoureuse, ce sont les enfants des prairies qui sont nés de femmes ou d'hommes de notre race. (Ecoutez ! écoutez î) Les Métis descendent des premiers pionniers de ce pays. Vous dites que nous n'avons pas d'intérêt là ! Mais pour-
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quoi la France a-t-elle envoyé ses soldats pour civiliser le Nord- Ouest ? Pourquoi la France a-t-elle envoyé ses missionnaires pour rougir de leur sang les prairies de ces pays lointains ? Qu'est-ce que ça faisait à la France que les sauvages mourussent dans l'idolâtrie et dans la barbarie ? Qu'est-ce que cela faisait à la France que ces sauvages ne connussent pas les lois de la civilisation ? (Applaudissements.)
Avons-nous envoyé nos ancêtres dans les plaines du Nord- Ouest pour les ignorer, les abandonner, les oublier ? Nos pères ont-ils été jeter si loin les fondements d'une nation pour que nous, leurs descendants, nous la trahissions sitôt ! Regardez donc ! quand un Français souffre dans n'importe quelle partie du monde, la France envoie ses soldats pour le secourir, quelquefois le venger. Lorsque qu'un chinois sera maltraité dans n'importe quelle partie du monde, vous verrez le céleste Empire s'émouvoir et demander protection pour le malheureux. (Ecoutez ! Ecoutez !) Et pensez- vous que votre politique de non-intervention va réussir dans ce pays-ci ? Vous pouvez prêcher cela : hélas ! dans l'assemblée législative de Québec, et espérer que la majorité de vos collègues vont vous approuver ; mais allez donc mettre la main sur la poitrine du plus humble de nos Canadiens-français, dans les campagnes ou dans les villes, et lorsque vous parlerez de nonintervention, son cœur battra comme celui d'un patriote. Il vous dira que c'est toujours l'affaire d'un homme de cœur de défendre son frère. (Applaudissements.)
Le peuple vous dira : " Nous n'avons pas attendu que vous " émettiez vos subtilités légales et constitutionnelles pour nous " prononcer ; sans nous occuper de cela et avant que vous vous 41 fussiez assemblés, vous les députés, nous avons réuni nos con- " seils municipaux : Québec, Montréal, toutes les villes de la pro- " vince ont parlé. Les conseils municipaux de comtés et paroisses 41 se sont réunis et ont protesté contre l'exécution de Riel." Ces braves gens vous diront encore : " Le jour de l'exécution de Riel, " nous n'avons pas ouvert vos livres de loi pour savoir si nous " avions le droit d'intervenir, nous avons consulté notre cœur et " n ms avons censuré les bourreaux de Riel." (Applaudissements.)