‹ Biographie, discours, conférences, etc. de L'Hon. Honoré MercierChapitre 50 sur 145 · TACTIQUE DES ADVERSAIRES · texte numérisé non relu

TACTIQUE DES ADVERSAIRES

Je comprends, et surtout le public comprend parfaitement cettetactique, qui ne manque pas d'une certaine habileté. Ils m'attaquent personnellement, ils se ruent sur moi pour me faire perdre

l'hon. m. mercier 43*

la confiance de mes amis. Ils savent bien que si les libéraux votent pour M. Descaries, l'élection de M. Mousseau est perdue^ ï)'un autre côté, ils n'ignorent pas que les libéraux sont des hommes qui raisonnent, qui ne suivent pas à l'aveugle, et que si l'on pouvait les convaincre que je suis malhonnête, que je suis un chef indigne de les conduire, ils refuseraient de me suivre, et par conséquent de voter pour M. Descaries. Ils se sont donc dit : " Pour gagner l'élection de Jacques-Cartier, il faut écraser Mercier, lui enlever la confiance de ses amis ; " et comme ces gens-là ne reculent devant aucun moyen pour atteindre leur but, comme ils sont bien déterminés de faire n'importe quelle infamie pour se maintenir au pouvoir, ils se sont rués sur moi avec une rage qui se comprend facilement.

ce qu'ils disaient autrefois

Et, pourtant, de quelle grâce peuvent-ils m attaquer avec cette fureur insensée, ceux qui, il n'y a pas un an, étaient à mes genoux pour me solliciter, me supplier de consentir à devenir l'un de leurs collègues dans le gouvernement de la province de Québec ; eux qui, depuis 1879, ont essayé à quatre ou cinq reprises différentes de me décider à entrer dans le ministère, EN ME SACRI- FIANT LE CONSEIL LÉGISLATIF, ET EN FESANT LUIRE A MES YEUX LA BRILLANTE PERSPECTIVE DE DEVENIR EN PEU DE TEMPS, PREMIER MINISTRE ; eux qui au moment où j'étais sur le point d'abandonner la politique pour entrer dans vie privée, n'avaient pas de paroles assez élogieuses à m'adresser, et exprimaient tant de regrets de me voir sortir de la politique active ? Eh bien,, ces mêmes hommes qui n'avaient que des éloges à m'adresser quand je voulais rentrer dans la vie privée, voudraient vous faire croire aujourd'hui, quand je les combats avec vigueur — il me serait bien permis de dire avec succès — voudraient vous faire croire que je suis un misérable etun spéculateur, un homme qui ne fait de la politique que pour son profit personnel.

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