LEURS ACCUSATIONS
Ils rééditent pour la vingtième fois la vieille histoire des $1 ,500 du tunnel, histoire vingt fois démentie et qu'ils n'ont jamais pu.
prouver. J'ai fait une déclaration solennelle en chambre à cet -égard, le 3 juin 1881 et vous la trouvez à la page 778 du Ha/nsari *de cette année-là. Mes ennemis ont-ils attaqué cette déclaration f Jamais !
Ils affirment aussi que j'ai gardé les$3,000 qui ont été payées par les amis de Thon. M. Chapleau pour M. le Dr Ducheneau, lors du règlement " du procès de M. Poirier contre La Minewe, malgré la lettre que M. Ducheneau a publiée dans les journaux affirmant qu'il avait reçu intégralement toute cette somme. Oui, malgré cette lettre, malgré cette dénégation catégorique, mes détracteurs persistent à répandre ces calomnies pour m'écraser, c'est un des misérables moyens qu'ils emploient avec le plus d'acharnement.
On m'accuse aussi d'avoir vendu mes amis dans le règlement de la contestation de l'élection de Jacques-Cartier, le printemps dernier. On se sert d'un acte de bienveillance, je pourrais dire de charité, envers un adversaire que je tenais à mes pieds, pomme perdre dans l'opinion publique. On sait pourtant bien qu'avant de ne rien décider, j'ai réunis mes amis politiques et que dans cette occasion je n'ai rien fait sans leur assentiment et leur consentement. Et je puis dire, je suis heureux de dire que la détermination qui fut prise dans cette circonstance par mes amis ■et moi était inspirée par des sentiments qui nous font honneur. Quand les amis de l'honorable M. Mousseau virent qu'il allait perdre ses droits politiques, ils m'entourèrent, et me supplièrent d'avoir pitié d'un père de famille que cette déqualification ruinerait pour toujours et jetterait sur le pavé. Des prêtres, des •citoyens distingués me prièrent de m'élever au-dessus de la haine qui avait pu naître au milieu de nos luttes et me demandèrent d'être généreux, et je fus généreux. Je dis à M. Mousseau, cet homme que je tenais à mes genoux depuis quelques heures, dont j'avais le sort en mains, je lui dis de se relever, que je l'avais assez humilié en prouvant que lui, procureur général de la province et aviseur légal de la couronne, il ignorait une des dispositions les plus connues de nos lois électorales ; que je lavais assez humilié en prouvant que lui, premier ministre, gardien des intérêts publics et chargé spécialement de voir à ce que les deniers du peuple ne soient pas dilapidés et détournés de leur destination
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légitime, il les avait employés pour corrompre le peuple et pour pratiquer des manœuvres condamnées par la loi ; mais que faisant taire la voix de l'animosité et n'écoutant que celle de la charité, au lieu de l'achever en cour et de lui laisser imposer au front la stigmate, la tache que le tribunal ne manquerait pas de lui appliquer, je préférais aller lui donner son coup de grâce devant les électeurs du comté de Jacques-Cartier.
Qu'est-il arrivé ? Comment cet homme a-t-il répondu à l'acte de générosité que je venais de faire à son égard ? A peine fut-il relevé qu'il tenta de me détruire en tournant contre moi ce que je venais de faire pour lui et sa famille. Depuis cette époque lui, cet homme que je venais d'arracher à l'ignominie, et ses amis disaient — l'honorable M. Chapleau, à ma grande surprise, vient de se faire l'interprète de cette ignoble accusation — que dans cette occasion j'ai trahi mes amis, que je lésai vendus pour quelques milliers de piastres.
Je les ai défiés, et ici, en présence de cette assemblée, je les défie de prouver leur accusation. Ils sont venus pour m 'écraser, pour me détruire, pour me perdre dans l'opinion des électeurs, ils doivent être armés de toutes pièces, de tout ce qu'ils peuvent avoir de preuves ou de documents compromettants pour moi ; ils sont ici, à côté de moi sur ce husting, ep face à face, je les défie de nouveau de faire la preuve de cette accusation. Il y a ici l'honorable M. Chapleau, l'honorable M. Mousseau, enfin il y a ici M. Tassé, qui dit cela dans la Mineirve et qui s'acharne à moi avec l'impertinence que mettent les roquets à mordre les gens au talon ; ils sont tous ici, eh! bien, qu'il produisent leurs preuves, s'ils peuvent en produire, s'ils en ont contre moi. Je les défie de le faire.
Mes adversaires disent qu'ils m'ont acheté. Si c'est vrai, qui est-ce qui m'a acheté ? Après tout, il faut toujours compter un peu avec les règles du bon sens le plus élémentaire. Or, pour qu'il y ait un vendu, il faut bien qu'il y ait un acheteur, puisque l'un ne peut pas exister sans l'autre. Eh ! bien, qu'on le nomme, cet acheteur, et que ça finisse. Quel est-il ? Est-ce M. Mousseau ? Le premier ministre pourrait difficilement avoir cette prétention, car il sait bien qu'il n'avait alors que des dettes. (On dit que depuis quelqu'un les lui a payées à dix centins dans la piastre).
Et Ton admettra que ce n'est pas avec des dettes qu'on achète un homme. Est-ce M. Senécal ? Si c'est M. Senécal, a-t-il payé ces $5,000 à même les $30,000 que M. Mousseau lui a remis le 5 mai 1883, par ordre en conseil No 150 ? Cette somme étant entrée en recette et comme garantie de l'exécution du contrat fait entre le gouvernement et un syndicat pour l'émission d'un million et demi de débentures de l'emprunt de 1882, et le syndicat n'ayant pas rempli ses obligations, il ne fallait rien moins que la crainte d'une déqualification pour engager M. Mousseau à faire un acte aussi criminel. Si c'est M. Senécal, pourquoi, avant son départ pour l'Europe, n'a-t-il pas donné un mot, un écrit, une lettre pour établir le fait ? On sait qu'il n'a pas l'habitude de se gêner pour ces choses-là ; il s'est déjà vanté bien des fois de pareilles turpitudes. Pourquoi ne pas produire un écrit de lui ? L'occasion est si bonne, si favorable pour m'écraser, comme on désire tant le faire. Devant cette assemblée, un mot de preuve, le moindre écrit pourrait me perdre ; pourquoi ne pas donner ce mot, fournir cette preuve ? Pourquoi laisser échapper cette belle occasion de tuer un adversaire ?
Pourquoi ? Oh ! messieurs, c'est pour l'excellente raison qu'on me calomnie lâchement, que je ne suis pas coupable et que par conséquent mes adversaires ne peuvent pas produire l'ombre de la moindre preuve de leurs accusations. Ils n'osent pas relever le défi que je leur porte face à face, en présence de cette assemblée, et cependant, vous le verrez, ils continueront à répandre ces calomnies et à déchirer ma réputation. Vous savez ce qu'il faut penser de gens qui se conduisent de cette façon, et l'opinion que vous ne pourrez vous empêcher de vous former d'eux après ce que vous venez de voir et d'entendre, sera la plus sévère punition, le plus dur châtiment que je puisse leur souhaiter. Désormais, ils seront connus, appréciés à leur juste valeur, ces misérables calomniateurs, et c'est tout ce que je désire.
Un dernier mot à cet égard, et je traiterai un autre sujet.
C'est ma conviction sincère que M. Mousseau va être défait s'il ose faire la lutte dans ce comté ; mais le plus grand malheur que je puisse lui souhaiter, c'est qu'il soit élu. Car alors, M. Mousseau, soyez en sûr, je contesterai votre élection, en alléguant les
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fraudes que vous avez commises Tan dernier, ce que la loi électorale, telle qu'interprétée en Angleterre par Lord Coleridge, m'autorise à faire, et celles que vous et vos amis ne manqueront pas de commettre cette année. Et vous aurez beau vous traîner à mes pieds, je serai sans pitié cette fois ; je vous écraserai sous l'effet de la loi et votre noire ingratitude sera punie comme elle le mérite.