INJURES A MES AMIS
M. Chapleau vous a parlé des castors \ de l'honorable M. Marchand, de moi-même et surtout de lui-même. Il vous a dit qu'il avait été calomnié, insulté, vilipendé par ses ennemis, mais qu'il laisserait ces choses-là de côté pour ne parler que de la politique. Et, cependant, il a parlé des castors en les qualifiant de " vermines," de u fielleux " et de '* vendus." Il appelle cela de la politique et de la politesse.
Je n'ai pas besoin de relever les injures à l'adresse des honorables MM. Laflamme et Marchand, car ces messieurs n'en peuvent être atteints. M. Chapleau n'aime pas les castors, c'est connu ; il trouve qu'ils sont incommodes. C'est vrai. Il affirme qu'ils font leur œuvre avec de la boue. Comment pourrait-il en être autrement ? Peuvent-ils rejoindre leurs adversaires en passant ailleurs que dans la boue ? On ne les trouve pas ailleurs, et les castors, leurs amis d'hier, savent où ils se vautrent M. Chapleau, avec ce ton doctoral qu'on lui connaît, dit bien haut que le pays ne veut pas des castors, et Dieu sait pourtant qu'un peu d'huile qui porte ce nom ne nuirait pas à la constitution délabrée de la province, qui requiert une bonne purgation. Et avouons que le jour où cette purgation sera assez forte pour chasser du ministère le smécalisme qui l'étouffé, sera un jour de triomphe pour tous les honnêtes gens.