‹ Biographie, discours, conférences, etc. de L'Hon. Honoré MercierChapitre 53 sur 145 · LA FORTUNE DE M. CHAPLEAU · texte numérisé non relu

LA FORTUNE DE M. CHAPLEAU

J'ai été édifié d'entendre M. Chapleau jurer devant l'église et devant Dieu que jamais l'argent du public n'a connu son escarcelle, et faisant remonter à 1873 l'origine de sa fortune. Il a dit que s'il possède des propriétés, elles ont été achetées avec de l'ar-

gent honorablement gagné dans des spéculations lors de la crise. Comment concilier cela avec cette déclaration faite par M. Chapleau en 1882, dans son discours sur la vente du chemin de fer: 44 Mon capital, c'est l'intérêt de mes dettes." Quand M. Chapleau a-t-il dit la vérité ? Comment ! cet homme-là n'avait que de* dettes il y a dix-huit mois, et depuis cette époque, il achète des maisons fastueuses, des propriétés en Californie ! Les autres s'appauvrissent dans la politique et M. Chapleau s'y enrichit ! Ce ne sont pas là des suppositions gratuites, il vient d'annoncer luimême qu'il possède des biens. Si l'honorable Secrétaire d'Etat était pauvre il y a dix-huit mois, comment se fait-il qu'il soit riche maintenant ? Il n'a pas travaillé, depuis un an qu'il se promène aux Etats-Unis ... Je constate une chose, et j'attire l'attention sur ce fait : c'est que lex-premier ministre de Québec se trouve riche au moment même où M. Senécal le devient ; riche au moment même où la province est plus pauvre que jamais, au moment même où, incapable de payer ses serviteurs, elle jette sur le pavé des malheureux pères de famille.

Je comprends que dans cette position M. Chapleau n'ait parlé que de lui-même. Vous a-t-il parlé de politique provinciale? Pas le moins du monde. Il vous a dit qu'il n'a pas ruiné la province, qu'il a travaillé dans l'intérêt du bon peuple pour lequel il s'est toujours dévoué.

Avant de répondre à cette prétention -là, si vous le voulez bien, je vais traiter une question qui m'est un peu personnelle.

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