CONSEILS AUX LIBÉRAUX
Maintenant, M. Chapleau s est permis de donner des conseils aux libéraux du comté de Jacques-Cartier et de leur dire ce qu'ils, ont à faire dans la présente élection. C'est mon devoir de parler à mon tour.
Les libéraux trouveront assez étrange de voir un chef conservateur essayer de les diriger quand il ne peut pas se faire écouter de ses propres amis. Que M. Chapleau s'occupe de son parti et je vais m occuper du mien. Qu'il tâche de reconquérir l'estime de ses amis, qu'il semble avoir perdue pour toujours.
Les liWraux savent ce qu'ils ont à faire ; en présence d'un premier ministre qui les a odieusement trompés, ils doivent s'unir pour le chasser du comté de Jacques-Cartier, qu'il n'a jamais représenté légalement. Il avait escamoté son mandat l'an dernier,, la cour le lui a arraché des mains. Les libéraux ne consentiront pas à ce que ce mandat soit souillé de nouveau. Que M. Mousseau en prenne son parti : son règne éphémère et scandaleux est fini dans Jacques-Cartier.
M. Chapleau semble brûler du désir de diriger les libéraux et leur conseille de ne pas voter pour M. Descaries, un petit homme,
mais de donner leur suffrage à un homme gros d'expérience^
Le parti libéral lui, ne mesure pas l'intelligence d'après le physique. M. Mousseau qu'on est allé chercher à Ottawa, n'a pas réussi, c'est évident, à rallier toutes les fractions du parti. D'un autre cot '*, il a été démontré que lorsqu'il est devenu nécessaire de protéger les intérêts compromis de la province, les libéraux n'ont pashésité à se donner la main. — Ce ne sont pas des fanatiques, leslil>éraux, et les hommes sans foi qui les ont dénoncés comme n'ayant pas de principes savent parfaitement que sans le secoursde ces libéraux, l'an dernier, M. Mousseau aurait été battu à plate couture.
Pour les remercier de cet acte de courtoisie politique, M. Mousseau les insulte aujourd'hui dans la personne de leurs chefs et les fait insulter par son ami M. Chapleau. — Les libéraux diront cette année par leur vote qu'ils ont été trompés l'an dernier, et que le seul moyen de se venger d'avoir été les dupes de ces airs de douce
•componction que M. Mousseau sait prendre dans l'occasion, c'est
•d'assurer la défaite du Premier Ministre.
Je regrette d'avoir pris tant de temps à régler ces questions personnelles et secondaires que M. Chapleau a jugé à propos d'introduire dans le débat. Mais j'ai cru que je devais à mes amis, et que je me devais à moi-même de régler une fois pour toutes et en présence de mes légitimes contradicteurs ces questions personnelles que l'on a tant discutées dans les journaux depuis quelques jours.
J'aborderai maintenant la question de la vente du chemin de fer, et celles des nombreuses fautes d'administration commises par M. Mousseau.