OBSERVATIONS PRÉLIMINAIRES
Avant d'entrer dans les détails des travaux de la conférence vous me permettrez d'attirer votre attention sur un fait qui mérite d'être signalé.
Quand le parti national s'est formé, on a prétendu que son existence allait soulever contre la province de Québec les préjugés religieux et nationaux dans toutes les autres parties de la Confédération ; l'on nous a accusés de travailler à isoler notre province et de lui faire perdre ainsi toute l'influence qu'elle avait et devait avoir dans le système politique qui nous régit depuis
Eh ! bien, Messieurs, je vous le demande : où est-il cet isolement de la province de Québec ? où sont-ils ses préjugés religieux et nationaux que devait faire naître dans les autres provinces la formation du parti national ? Voyez les travaux de la conférence de Québec, examinez les résultats de cette conférence et dites-moi si jamais notre province a été plus respectée par les autres parties de la confédération ! Jetez un coup d'œil sur la liste des délégués qui ont pris part à cette conférence, convoquée par le gouvernement national de Québec, et dites-moi si la formation du parti qui a porté ce gouvernement au pouvoir a bien eu pour résultat de soulever contre nous les préjugés de race ou
de religion, de la part des autres provinces ! Dites-moi si notre province a jamais joui d'un prestige plus grand, d'une influence plus considérable ! Nous avons affirmé nos droits comme des hommes de cœur et nous avons été approuvés, secondés par tout ce qu'il y a d'hommes de cœur et de véritables amis des institutions fédérales dans toutes les parties du Canada. Si les comparaisons n'étaient pas odieuses, comme dit le proverbe, j'établierais volontiers le contraste entre la position que nous occupons dans le Canada sous le régime national, et celle que nous avions sous les administrations qui nous ont précédés. La population de langue anglaise est trop jalouse de son indépendance et de sa liberté pour ne pas mépriser des hon^mes toujours prêts à se laisser écraser par l'usurpation ou la tyrannie, et pour ne pas sympathiser avec nous qui avons agi comme des citoyens revendiquant leurs droits avec énergie et fierté.
Tous ces délégués, hommes remarquables s'il en fut, sont partis enchantés de notre province et de son peuple. Accompagnés de leurs femmes, pour la plupart, ils ont rencontré l'élite de notre société dans des réunions sympathiques où le cultivateur, l'ouvrier, le marchand et l'homme de profession avaient été invités ; de sorte que les délégués ont connu les diverses classes de notre société, en ont admiré l'intelligence et la politesse et sont retournés chez eux avec une haute et juste idée de notre province, de ses ressources et de son avenir.