‹ Biographie du clergé contemporaineChapitre 8 sur 15 · SI · texte numérisé non relu

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séricordes, ti'armerft plus désormais les HMias qui rassasaiiient C'est sortoat à l*égard des niaiseries scéiérates que saint Faui nous roeommande la sobriété dans la bonté, twn pins sapere quam oportet.

Pais, parmi mes lecteurs, quelques-tons n'admettent pas une biographie composée seulement de réflexions. Yfs-èvis d'eux, je suis en ftute , je le conçois; je teux employer 9i leur profit le peu de papier qui me reste.

I Ils savent en quel lieu et à quelle époque M. Man- ^art de Bailleul (Louis-Edmond-Atarie) Tint an monde (1). Ib sauront de plus ce qu'ils vont lire.

Sa famine jouissait , comme on dit , d'une jolie fortune, et d'une considération qui ne rétaHpas moins, tellement que M. Blanquart de Bailleul père, sous rimmaculée Restauration, devint député, dé^ puté même tntrotnxible , si je ne fais erreur. Madame Blanquart de Bailleul, issue également de bonne lignée, avait toutes les vertus que possèdent les mères. Un frère de M. l'archevêque de Rouen est receveur des finances au Havre, ou du moins il le fut, après avoir porté Funiforme de capitaine

(1) C'est à Calais diocèse d'An as, Je 8 scpiembrr 1795, Je croyais Tavoir dit.

des gardes nationales dans quelque légion parisienne.

Au sortir do berceau, le jeune Blanquart de Ballleul {larut diriger ses pas vers la carrière de la magistrature, et ces pronostics indécis de vocation se conûrnièrent de plus en plus à mesure qu'il prit de rage. On Ta vu.

Nous remarquerons ensuite qu'il puisait dans ces dispositions mêmes un goût déterminé pour l'étude et pour tout ce qui devait contribuer à lui faire atteindre son but; les prudentes exhortations de son père et l'ingénieux amour de sa mère l'aidaient puissamment ^ on le conçoit. Je n'oserai dire qu'il se distingua parmi ses condisciples jusqu'au point de leur enlever tous les grands prix. Je l'ignore; j'aimerais pourtant à le supposer.

Deux choses sont aussi rares qu'un cygne noir dans ce monde : l'homme laborieux qui est mauvais, et le paresseux qui est bon. L'Ecriture sainte l'a dit admirablement La vie studieuse du jeune Blanquart de Bailleul implique une vie pieuse et toute aimable. 11 était dès lors conciliant , soumis, régulier, sagement officieux, d'une remarquable douceur de caractère, et même d'une réserve dont s'inquiétaient bien à tort quelques personnes, attribuant à je ne sais quelles inclinations diplo-

matiques ce qui n'était qu'an instinct natorel de dignité.

Une fois sorti des études dassîqoes, c'était rhetire pour lai d'entrar dans i'indépeadance presque absolue dont jouissent les étudiants des hautes écoles de Paris, et qui est trop souvent pour eux une cause de perdition. A cet égard , ses antécédents le garantissaient contre le dmiger. On eut en hai une confiance qu'il ne dénaeniit jamais. Qu'aije dit î M. BJanquart de Baiileul fit nombre parmi ces nobles jeunes gens qui se pressaient avidement autour des chaires chrétiennes , lorsqu'après une épreuve orageuse la religion du Sauveur des hommes reparut sur les rmoes du passé, pure et brillante comme m ses premiers jours, éloquente et féconde comme son divin auteur.... A l'heure qu'il

est, M. Lacordaire amoncelé dans Notre*Dame des flots d*anditeurs enthousiastes, c'est bien ; s'il opère des conversions, c'est exceltent. Mais suivez les auditeurs qui s'en vont devisant de ses splendides soubresauts , et vous arriverez à la loge d'un contrôleur de théâtre; une comédienne continue le dominicain, c'est beaucoup moins excellent.......

En ce temps-là , les orateurs de la chaire étaient aussi des hommes éminents, la foule se portait aussi sur leurs pas; le même phénomèie exisiail-

il? non , certes. Les témoins vivent eneore el peavent dira qu'à peu d'exceptions .près, le atraion conduisait to^ours au GMofeiMioiiual et au bauquet sacré. La raison d'une lelte AiffiSrence » ou aiurait tort deb ehereber autre part quç Aanariaoboatauce générale des idées et la soif d'émofinos uouveHes dont les multitude» soat iravaiMfs ; et cas deux maladies, peu guérissables, trouvcuf eUeMuènes leur cause dans ce que j'ose appeler TiiMinité profuse de U08 connaissances; k défaut de puissance Intellectuelle peur sj^stématiser telki ou t«Ue idée bien approfondie , comme l'ont faîl plQ&#u moins certains hommes d'élite , nous avons pris le parti fort oominede de tout systématiser^ en ce aens que toute cbose a sou bou côté, selon nous, et , pur exemple, qu'un éloquent bisirioa vaut tm prédicateur éàoquent; pour ne datrcber la vérité nulle part, uous la tronviios partout : c'est une tomomie de travail et de gtee; les passions a'ea arrangent gaiement.

le n'achève pas mon raisonnement, qui me oonduirait traploin du sujet ; k lecMir siippiéera. Pour finir J'ajoute que telles n'étaient pas tes dispositions de 11. Blanqunrt de Baiil0ol et de ses beursux contemporains, U n'en eut pat moins de suçote ses éiudw's âéinenuirefl et de Ug^JaiMii» et» à

ia Buite d*èxaineD8 bien subis , son avenir n'en fot pift fb» sombre.

Mm D'wa avait ses deeseiii8« A peine an débat deeetu carrière nouvelle, M. Bhoquarl de Baiku] dâr^a aes refards vers Tétat ecclénastîque , et d'abord vers le sémniMre. Aucmie opposltioo du côté de sa famuHet je m'empresse de le constater. H entra bientôt à Saint-Sulpke, resta persévéramment ce qu'il avait été, reçut les ordres sacrés, sortit, et n'attendit pas longtemps que M. Borderies le vint chercher pour faire de lui un Ticaire*géttéral à Versailles.

Nous avons vu le reste, à peu près Mais nous ne connaissons pas encore 11. l'abbé Malherbe, et il nous importe de le connaître. Yoici pourquoi :

Sans 6tr«, en aucune sorte, le cousin du vieux poète qui porta son nom, M. Malherbe a pris naissance au coeur de la Normandie. Un évêque de Baycux, qui le trouvait plein d'esprit et de savoir, l'ordonna prêtre. En cette dernière qualité , il fi^ d'abord les délices d'une petite paroisse de son pays d'origine, et, cela fait, il se rendit à Versailles. Là, il obtint, après quelques préliminaires, des provi-^ sions libres pour la succursale de Gometz-la- Ville, et puis pour celle de Briis-sous-Forges (canton de Limours), où ses ouailles l'adoreut depuis douze ou

quinze ans. De ma vie je n*ai entendu prêcher comme prêche M. Alalherbe. Il y a , dans ses sermons, une philosophie sans exemple et un talent de style analogue. Rien non plus n'égale son dévouement pastoral que sa bonhomie tant soit peu caustique et les riantes cascades de sa conversation. Les vains usages du monde ne Tont pas naêrne effleuré. C'est bien Tenfant de Dieu et de la nature. Je partage Tavis de Tévêque de Bayeux, tellement que j'eusse regardé comme une sottise d'écrire ma Notice sans féliciter M, Blanquart d'avoir conquis M. iMalherbe et firiis-sous-Forges de le posséder. Néanmoins, à part M- Malherbe et les fleurs dont il a été question page 304 , M. Blanquart de Bailieul n'est pas un de ces hommes qui sèment leur chemin de pierres vivantes, comme faisait Gadmus : la place reste unie derrière lui » et c'est déjà une bonne chose; tout le monde n'opère pas des miracles; il y a peu d'existences dont chaque n^inute présente à l'observateur un monument ou du moins un fait remarquable. Si j'avais voulu signaler M Blanquart de Bailieul comme un grand homme, mon but serait manqué; je voulais, en ex- {)osant avec sirapliciié ses diverses situations , démontrer ce que le lecteur vient de lire; il est assez possible que j'aie réussi.

Typ. Appert ûl« et VavaMejir, passage da Caire, 54.

Hî„ aiï g&)îl)»)JISÂ\)Li MM.

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