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LE CARDINAL MAL

Purpuram Cardinalitiam meritô iDdutus.

jr <îouUer Dowling , è Gollegio Wadhameitsl , Ecclesi» Anglican»

Presbyteri. m^Uia 1839.

On crie bien fort de nos jours contre llgnorance du clergé (1).

Pour avoir quelque droit de crier, il faudrait du

(1) Or, ]e Us ce matin, dans un journal des plus criards : « Ou a découvert ^ près du Panthf'on , une énorme quantité d*ossement8 humains, et^ parmi ces ossements, des pièces de monnaie remontant à une époque fort reculée. Plusieurs des pièces portent IVOigie d'Henri V, e'ext à-dire du viettao cardinal de Bourbon qui, à l*époque de la ligue, portaquelque temps le titre de roi. • — Le Consiiiu Honnête auquel se sont joints le National et le journal protestant le Semeur^ oublie (le dire que cet article a été communiqué par un professeur d*bistoiie à la Faculté des Lettres. Le Pays du 19 septembre et presque tous les journaux onteu la candeur de reproduire textuellement cette nouyelle.

118' uva. Tome 10. 1

moins échapper soi-même, et légitimement, au reproche dont on poursuit les antres.

S'il est incontestable que jamais la puissance d'aligner des mots sur le papier ne s'étendit aussi loin, il Test également qu'à aucune époque la langue de l'homme ne s'usa davantage à babiller sans rien dire, et l'encre des imprimeries à vulgariser plus d inepties fastueuses. L'ignorance se traduit sous une double forme : les uns s'abstiennent par impossibilité d'agir et conviction de leur faiblesse; les autres, qui n'ont pas une portée d'esprit suffisante pour atteindre jusqu'aux limites des sciences, c^està-direà leurs plus simples éléments, s'imaginent voir le soleil dans la lueur d'une lanterne, mesurent toutes choses sur la capacité de leur cerveau, ne doutent de rien, et se posent comme les oracles de l'humanité.

Si le clergé prend place dans la première catégorie, au moins confesserons-nous' qu'il a sur les autres l'avantage de se connaître mieux lui-même, ce qui est encore une science. La suffisance inbécille équivaut bien , ce me semble , à une double bêtise, sinon à quelque chose de plus.

iMais le clergé, relativement et même absolument, mérite-t-il un si fier dédaip ?

Relativement , sa supériorité défie toat examen. Les temps ne sont plus où l'Église de France , lar-

gement constituée, riche clos ti é&ors et de la liberté qu'elle donnait à ses enfants et même à ceux de rÉtrangèrjB, appréciée, honorée, populeuse et tranquille, inoffensive et puissante, fournissait en abondance et sans s*épuiser jamais, des hommes supérieurs pour tous les genres de littérature et de sciences, carrières où se développe Tactivité. H y avait alors des couvents; il y en avait un grand nombre. C'était, à mon avis, la raison première d'un si florissant état de choses. L'éducation fait la vie. Le silence et la règle fécondent le travail. De h, Bossuet qui fut élève des Jésuites, Bourdaloue, l'oratorien Massillon, les miracles des missions orientales; delà, ces niagnifiques éditions des Bénédictins, ces monuments à jamais indestructibles du génie dans tous les genres de littérature et d'érudition. Hors du clergé, les mêmes merveilles se multipliaient pareillement, quoiqu'en proportion moindre. Pour découvrir la cause de ce nouveau phénomène , c'est encore au clergé lui-même qu'on doit la demander. A peu d'exceptions près, les grands cœurs et les têtes vigoureuses naissaient et croissaient à l'abri de ses institutions. Pascal écrivait ses Pensées à Port- Royal ; Condé préludait aux triomphes de Lens et de Rocroy dans un collège dirigé par une <:^lèbre société de religieux, Aujourd'hui, je ne refus» piis

d*en convenir, l'Église de France n'est pas aussi heureuse, et notre clergé a perdu quelque chose de sa force. Même appauvrissement sur tous les points. En inventant l'Université laïque, l'État réduisit à néant la précieuse influence dont il était question tout-à-l'heure. Les résultats de son invention lui firent bientôt voir ce qu'elle valait; il y avait lieu de réfléchir pourtant. Il a mieux aimé l'entêtement et les aigres oppositions. Voilà où nous en sommes. D'autre part, l'Église de France pouvait rester libre, et du moins eût-elle trouvé la consolation de ses perles dans cette liberté même, concentrant sur les siens toute l'énergie qu'elle déversait auparavant sur un plus grand nombre , et centuplant sa vie propre. Il n'en fut point ainsi. L'État voulut, non diviser les prérogatives , mais les enlever sans réserve au clergé pour en nantir exclusivement sa nouvelle rivale ; et ces privilèges consistaient à élever la jeunesse , à composer des livres élémentaires ou autres pour son usage, à occuper les établissements publics, tels que le Collège de France, la Sorbonne, les diverses Facultés et les emplois honorifiques ou lucratifs dont elles applanissent le chemin, à monopoliser l'intelligence ! Jamais le clergé n'avait ainsi exploité son droit. On n'a pas dit sans rire qu'il avait envahi sournoisement le sanctuaire de la famille

et la royauté paternelle. Ainsi dépouillé , décimé par le martyre, ayant à peine le pain de chaque jour avec l'obligation de consacrer tous ses instants jusqu'au dernier souffle au ministère paroissial , que voulez-vous que fasse le clergé ? Où irouverat-il du temps, du repos , de la solitude , des livres pour étudier et formuler le produit de ses méditations? Qui lui donnera les moyens de publicité que vous assurent des protections perfidement accaparées ? Je cherche des tribunes d'où il puisse répandre sa voix et sa doctrine : qu'il vienne, vous le chassez à coups de fusil on de réquisitoires dans un cul-debasse-fosse, comme l'éloquent Gombalot et beaucoup d'autres. Il a, dites- vous, les ressources de la chaire : à cela, je réponds que vos moyens illimités d'influence , vous en usez assez bien pour discréditer la chaire et la mettre en interdit; car il n'est pas qu'aux seuls jours dont le peuple puisse disposer pour fréquenter les temples, vous n'attachiez officiellement ses bras à des travaux publics (1). S'il se

(1) Il en sera bientôt du prédicateur chrétien comme de l'Homme entre deux âges de M. Jean de La Fontaine. Hommes, femmes, vieux, jeunes, enfants, chacun lui tire un cheveu et trouve révoltant qu'il devienne chauve en défini' tWe. A-t-il prêché sur Taumône? les riches le maudiront comme un socialiste Carnivore; conseille-t-il d^autre part la résignation dans Tin digence, les pauvres s'en iront inur-

présente par hasard des circonstances particnlières qui lui permettent de suivre les anciens modèles, vos journaux ne diront pas qu'en dépit des obstacles signalés ci-dessus, le prédicateur catholique sait encore se tenir ferme et droit sur ces soutiens glorieux, et que vos chambres représentatives, vos /acuités universitaires, le barreau lui-même, n*ODt pAS produit un orateur comme M. Fayet, M. Laeordaire, M. deRavignan, M. Gombalot, M. Cœur,

mvraHl qilMI w fait le valet de bourreau des aristocrates; len uns ei les autres tiendront pour certain qu^il a parlé po- Iili(|treen chaire, et qne c'est là une sacriI^ge incongruité. Si aux considérations générales se mêlent dans son disoonrs des aperçus spéciaux et plus directement pratiques, malheur à lui, car il avait en tue tel ou tel auditeur,, dira-ton, et il sVst permis d'odieuses personnalités. Je le suppose insignifiant de tous points, et la censure alors le D)énagerait, et je n'aurais point à le défendre ; qu'il s*élète, ou contraire, par la force de ses conceptions et l'opulence de la fome biea an -dessus des trivialités quotidiennes, voilà un grimaud d'institution borgne qui crie au mauvais goût, voici vingt dévotes ( et mon lecteur sait que les dévotes différent des personnes pieuses comme les pires diables diffèrent des aogesj, voici vingt dévotes qui lui donneront, entre la poire et le fromage, des leçons de grammaire et de théologie: a dévotes impies, dévotes à Moloch, dit lord Byron, reste impi^r des victimes que le monde a sucées jusqu'à la moelle et qu'il jette avec dégoût sur le seuil du temple du %rai Dieu: ne croyez p:is qu'elles s'en tiennent là; le venin qu'elles peuvent baver s'épuise moins vite. » J'aurais à raconter de hideuses histoires sur ce sujet. C'est assejL Voya vous-même, suivez un peu les prédications et les prédicateurs, écoutez les jugements, jugez vous-même, et tirez oa conclusion .

M. Dofêlre, M. Frayssinoos, le Père de Mac- Cariy, etc., etc. (1). Je n'exagère qu'un peu.

Pour la philosophie, quels sont vos hommes? M. Cousin.

M. Cousin est une réputation quelconque; tout le monde la suppose fondée , personne ne pourrait dire sur quoi et comment. Descartes, Malebranche, M. de Bonald se personnifient dans une idée miraculeusement découverte ou un système. On montre du moins leurs écrits, et, en les lisant, chacun peut sanctionner de son chef le crédit dont ils jouissent. Où est le système de M. Cousin , et Tidée qu*il a mise au jour? Nous vivons plus que jamais sous un régime de contrebande. £q tout et pour tout, il n'y a guère, en ce siècle, qu'un vrai philosophe, M. de Maistre et M. de Bonald étant morts ; le clergé Ta produit : c'est M. de la Mennais , auquel se joi-

(4) A Dieu ne plaise qne^e m'inscrive en faux contre des réputations méritées. M. Guizot parle bien- Il y a dans les discours et le débit de M. Villemnin quelque chose de remarqua Me. C'est un prodigieux rliét«'ur que M. Berryer; et M. de Lamartine marche à leur tète. Mais, pour peu que Ton coii>iidère la nature d»'s sujets traités ici et là., les difficultés à surmonter, les résultats qu'il s'ugil d'obtenir, les exigences de l'auditoire, de TorlUodoxie, du style, du li^'U, des lecteurs qui viennent ensuite, on avouera que, parmi ces orateurs, il n'en est pas un seul dont MM. Fayet, Lacerdaire et de Ravignan n'aient surpassé beaucoup Timportance et la fbrce.

gnent, à des degrés inférieurs, quelques-uns de ses anciens disciples.

Quant à la théologie , fallait-il donc Texpérience des Libri (1) et des Michelet pour prouver qu'il TOUS est défendu d'y toucher sans tomber dans les plus désolantes bévues? C'est là proprement la science du prêtre, et la science des sciences, celle qu'il possède comme un patrimoine inaliénable et qu'il n'a cessé de faire fructifier autant que possible, suivant les nécessités des temps. Le clergé, dites-vous , u'eufante plus des théologiens considérables comme le l^ère Petau et tant d'autres. Je le sais, et j'en ai donné la raison. Mais vons-u*êoie8, trouvez des Rollin , des Corneille et des Potbier dans vos rangs (2). Il existe de bons écrivains,

(1) 11 Tient d*èlre condamné pour vol h dix ans de réclusion. Libri, réfugié italkn, renégat sous toutes les foriues et à tous les titres, accueilli par la France, qui lui donna la plus généreuse comme la. plus excessive hospitalité, et qu*il a volée ; Libri est un de ceux qui dénonçaient naguère à Texécration du monde les ténébreuses machinations des prêtres calholiques.

(2) On un grand brnit de la rédaction des Codes. Ce fut un grand mérite sans doute que d'avoir analysé le fratras du droit écrit et du droit coutumier pour en composer un seul corps de lois précises, lumineuses, proportionnées à fintelligence de tous , et formant un petit volume. Mais (es jurisconsultes désintéressés et de sang-fi oid ne craignent pas d^avouer que le pieux Pothier, formé à Técole de Tancien clergé de France , avait fait presque tous les frais de cette œuvre, laquelle est encore d*une épouvantable imperfectioii et laisse à désirer des mains plus habiles que les vôtres.

qnelqnes penseurs un peo raisonnables , deux auteurs fort estimables de morceaux de poésie : existet-il un de ces génies créateurs et inimitables qui font époque? Les sciences qu'on appelle exactes suivent les progrès des âges; leur nature est de se perfectionner par leur propre mouvement ; il conviendrait peut-être d'esagérer un peu moins le talent de ceux qui les pratiquent. Je veux toutefois citer en passant M. l'abbé Moigno.

On pousse plus loin la mauvaise foi , on affecte de confondre la partie avec le tout. Il semble qu'en imputant à notre clergé l'ignorance et la nullité , on fasse le procès à tous les clergés de l'univers, et qu'en dehors de l'Église de France l'Église catbolique n'existe plus. Dussé-je reconnaître qu'en effet l'Église de France a mérité ce comique reproche, voici qu'une réclamation s'élève de l'Orient à l'Occident : l'Espagne, l'Irlande, la Pologne, l'Autriche , la Hongrie , chacune des contrées qui se partagent la terre a son clergé spécial , et soutient que, si d'une part des liens de solidarité l'unissent indissolublement à TÉglise-mère, d'autre part nulle Église particulière ne saurait engager la réputation des autres Églises en matière de science comme en matière de foi. Partout ailleurs que chez nous, le clergé reste possesseur de la liberté çono-

mune, ou subit du tt^oitis une moins brutale servitude. C'est pourquoi sa Tie se développe au soleil plus largement et plus naturellement. Voyagez à travers TEurope, pénétrez jusqu'aux impénétrables limites des Nouveaux- Mondes, voyez si le clergé ne préside pas à la civilisation, s'il ne tient point en ses mains te sceptre de la littérature et des sciences

On peut dire surtout que le collège des cardinaux fut toujours un collège de grands hommes. Une simple liste de leurs noms et de leurs écrits suffirait pour remplir plus d'in-folios que n'en écrivit l'un d'eux, le cardinal -jésuite Baronius, et la plupart de leurs écrits sont des chefs-d'œuvre. Les gens de l'Université vont bien rire : tant mieax; j'insiste, et voici un de mes arguments.

Le cardinal Ange Maï est né le 7 mars 1782, à Schiipario, ville importante de la délégation de fia:game, dans le royaume Lombardo-Yénitien.

Je suppose, qu'après l'éducation première, il fut envoyé au lycée, et je suis bien sûr qu'il y fit des études brillantes.

Jusqu'en 1805 , sa vie m'échappe. Il préparait alors ce qu'il a fait par la suite. Comment? La cbose paraît facile à deviner. Il cultivait le silence et la méditation devant le Dieu qui éclaire tout bomme venant dans le monde ; il se liait d'intimité avec les

livres, visitait Tantiquité autour de sa chambre, et dévorait à loisir toute cette riche poussière qui engraisse ]a tête et le cœur.

En 1805^ je le trouve dans un des couvents de Jésuites des États de Venise. Les Jésuites viennent à point. Voilà un génie à former, les voici. Quels cacUwresL,. Fort heureusement des âmes honnêtes se rencontrent, même à foison, qui prennent souci de les disséqOer pour le plus grand profit de l'humaine espèce. Si bien qu'on eût fait de leur imputer tous les vices contre nature et tous les régicides possibles , ce n'est pas la millième partie de ce qui restait à dire. Vint M. Sue, et M. Sue donna au Constitutionnel un roman théologico-ecclésiastique^ règle de foi des controversisles de comptoir et d'estaminets en général. Ce qu'il a découvert, cet érudit et consciencieux prêtre du vrai (1) , nul ne saurait y songer sans une vive gratitude. M. Sue a découvert, et, en attendant mieux, vous êtes appelé a croire que Y Imitation de Jésus -Christ ne vient ni de Gerson, ni de Gersen, ni de Thomas à Kempîs, et que ce livi e infâme a été fabriqué dans les officines des Jésuites comme résumé complet de leurs doctrines d'avilissement et de corruption. Je cite :

(i) Nos messieurs ont adopté le sobriquet»

« Ce livre, dit M. Sue, écrit pour enchaîner de pauvres moines dans le renoncement, dansTobéissance aveugle d'une vie oisive, stérile; ce livre, en prêchant le détachement de tout, le mépris de soi, la défiance de ses frères, un servilîsme écrasant, avait pour but de persuader ces malheureux moines que les tortures de cette vie, — en tout opposée aux vues éternelles de Dieu sur l'humanité, — seraient

douces au Seigneur Ce livre terrible, ce livre

qu'ils ont eu l'audace d'appebr V Imitation de Jésus- Christ^ ce livre, l'imilalion de la parole du Christ, ce livre désolant qui ne contient que des pensées de vengeance^ de mépris^ de mortj de déses^ poir (1) »

Hélas ! le jeune Mai , sans aucun doute , lut 1'/mitation de Jésus ^Christ dans le couvent des Jésuites, et fut assez ensatané pour y puiser de délicieuses inspirations, car les Jésuites lui disaient scéiéraiement : « V Imitation est le plus beau livre qui soit sorti de la main des hommes, l'Évangile étant l'œuvre immédiate de Dieu même. » £t, chose énorme, ce bigot de Voltaire avait exprimé le même avis.

Ainsi disposé, M. Mai s'estima, comme tant d*aa-

(1 ) A propos ou non, je n'ai pu résister au désir d^amener ici cette citation.

très» fort heureux d'être malheureux chez les Jésuites, et fort à Tabri, sous leur discipline dépravante et stupide, de tontes les turpitudes et de toutes les sottises qui distinguent leurs ennemis. Ce fut un grand chagrin pour lui quand finirent ses études classiques et qu'il fallut les quitter en 1810* Il entra dè»-lors en qualité de conservateur à la Inbliothèque Ambroisienne de Alilan*

C'était une charge importante» nous afions le voir.

Or, la suite de cette notice ne peut consister que dans l'exposé de ses titres. Le cardinal Mal a vécu la vie des savants, vie intérieure, unie, aussi féconde que modeste, et qui se divise uniquement, pour ainsi dire, en autant de parties qu'il a écrit de livres.

Profondém^it versé dans toutes les littératures de l'antiquité , Maï n'a rien de commun avec nos compatriotes les philologues; il sait autre chose que des mots, et croit fermement qu'il est bon de pousser ses investigations au-delà des grammaires pour étudier une langue. Il laisse à ces érudits de complaisance rbonneur dêlredc pimpantes mécaniques , et les adorations de leurs séîdes plus ado* râbles qu'eux. On est riche parmi nous à très bon marché. Les réputations se donnent pour rien. Il pleut des grands hommes : toute founni est un

élépbant. M. Biiraouf traduisait passablement un morceaa de la Cyropédie : le voilà chssé daos h famille des Homère et des Xéoopboii. Il y a ao Collège de France une chaire fabuleuse , où siège un [MTofesseur toujours décoré d'un seul élève qui lui succédera : c'est la chaire de Chinois. — Ou m'a raconté, qu'en de» temps fort voisins de nous, trois jeunes Chinois ayant mis pied sur la terre de France, le professeur dont il s'agit leur fut envoyé à l'effet d'entamer avec enx une conversation; qui niera cette fois l'utilité d'une pareille chaire? Bien muni et préparé , l'interprète du gouvernement partit et fit son début; mais tout-à-coup, par OKilheur, les pauvres Chinois n'entendirent plus le chinois. On les avait trompés dans le céleste £m-^ pire; la Chine était, non pas chez eux» mais chez nous. Ils témoignèrent, par des signes de détresse, qne le français leur causerait moins d'embarras p^nt-^e; et, en eiïet, quelques mois à peine s'é- Uiicttt écoulés, que déjà les voyageurs parlaient à peu près cette dernière langue, et auraient pu dire assez correctement au professeur ce que vous de^ vi:.cz bien.

M. BaU)i (Adrien), daos son Aàrégéde Géofra^ phie , s'exprime en ces termes : « La bîUiotkèqoe Amluroîsieuttt, est importante par ses i>récîeta et

Bombreox ftianascrits , parnai lesquels se tnraveat; tes Palimpsestes, où le eélèbre Ma! a découvert les passages qui manquaient à certains plaidoy^^s de Cicéron et les lettrés de Marc-Aurèle à Fronton ; on y possède aussi le fameux Virgile de Pkrarque^ et Josephe, traduit par Huffin (1). »

Ces Paliaipsestes sont des restes précieax de manuscrits rassembla à grands frais de toutes les parties de rnuivers, quand Frédéric Borromée, archevêque de Milan et cardinal , entreprit (lôd5) de former sa riche collection, qui prit, par la suite, le nom de Bibliothèque Jmbraiêiânne*

Mai publia d'abord :

£n 181/», des fragments de six Oratione$ èe M. Tullios Cicéron , jusqu'alors inédits. Il les avait découverts dans an Codex rescriptus (^).

En 1815, plusieurs ouvrages de Marcos-Cornélius Fronton, célèbre orateur et avocat, dit Tabbé Moreri, loué par Auiu<Gelle et par plusieurs «ulres auteurs pour son éloquence, sa politesse et son

(1) Voir les dernières pages de cette Notice.

(2) Codex rescriptus. Purchfmin dont on a fait dispsrsâtre l'écriiure pour y écrire de nouveau. Au moyen-àge, le défaut de science et d'industrie rendit commun Tusage des Palimpsestes. En faisant revivre la prtODière é(:rlturç des ]?aUmp&e&t£St on retrouve, etc., etc.

{^Dictionnaire de C Académie françaiH% i8â5»)

— ZM —

érttdkion *. il enseigna Téloquence latine à Mare- Aurèle , qui lui fit éleyer une statne. Avant les travaux de Mai, Cornélius Fronton n*avait laissé de lui-même au monde lettré qu'une renommée de convention.

£n 1816, Y Abrégé des Anti^fuités romaines de Denis d*Haliearnasse , ou plutôt tous les écrits authentiques du même Denis d'Halkarnasse appartenant à rédition de Porphyrogenète (Constantin VII) (1).

Dans la suite, Mai publia :

Huit harangues de Symmaque. Et ici les Martyrs de M. de Chateaubriand reviranent en mémoire. S'il faut juger de Téloquence du Romain par les paroles que le poète français a placées sur ses lèvres, quel service n'a pas rendu aux sciences cet illustre cardinal Mai I

Soixante vers inédits de la comédie de Plante» Vitidaria. On avait de ce vieux poète vingt comé-

(1) Constantin est auteur d^un bon nombre d'ouvrages. Il laissa à Romain, son fils, un livre qui traitait des affaires de TEmpire^ des alliance.«,etc., etc., et que le ?• Banduri a fait réimprimer dans VImperium orientale avec les deax liyres des Thèmes composés par le même. Il a?uit tiré des extraits de plusieurs historiens, qu'il divisa en cinquantetrois liyres, ce qui a causé la perte d*une grande partie de ces auteurs , dont on négligea les originaux pour s'en tenir aux abrégés.

aies : VAmphitrffOHt VAtinària, VÀmlulëna^ Cap' teiv€t\ le CurcuUo ^ la Casina^ la CùteUaria, YEpàiiçus^ les Bacckides, la Mostellarta^ les Meneckmes^ le Alt/ej fhrwsus^ le Mercatar, le Pseudelus, le Pœnuius , le P^5a , le Rudens , le Stichuâi^ le 7Vmiimmti5 et le TViicu/ennu, de telle sorte que, d'ajnrès le témioignage de Yaiton, le plus docte des Romains , on n'en aTait perdn qu'une seule, cinq sulTaot Lœlius, kamo eruditissimus ^ et cent dix, s'il faut en crdre Auln-Gelle.

D'autres comédies.

D'autres fragments.

Un commentaire des six comédies de Térence.

Un discours du philosophe péripatéticien Thémistius, surnommé Eophrade, ami de saint GrégoiredeNazianze, commentateur d'Aristote, célèbre orateur, auquel Théodose-le-Grand fit élever une statue d'airain. Thémistius avait laissé trente-six harangues. Henri Estienne en publia quelquesunes ; le Père Petau en fit une édition plus complète, mais encore défectueuse; en 168i!i , le Père Hardouin mit an jour une autre édition augmentée de treize nouvelles harangues , découvertes par son confrère depuis la précédente (1).

(1) Voyez saint Augnstin, lib. 2 De CaUg.^ Suidas, et Bayle, hépub, des Lettres, décembre 1684.

Le diseaurs complet é'Irée ; «or I» soccessioD de . Cléenyrae.

Un Traité de Porphyre (|4iikisophe platonicienj (1) , auteur d'une foule de livres, et d<mt il nous restait trente-deux questions sur Hoœère^ une dissertation sur FAntre des Nymphes du treizième livre de rodysfiée, un fragment sur le Styx, im livre sur les Catégories d'Aristote , et quatre sur . TAbstiôence des viandes. On sait qu'il avait oeniposé cinq livres d'histoire , où Ëtisèbe recudilit le fragment sur les Plagiaires, qui existe encore; des Traités en plusieurs livres de la vk et des enseigne ments des fpbilosopbes, du retour d^ Tâme à Dieo, d£s statues, etc, eto, Saint Métbodius, Eusèbede Césarée, en sa Préparauim éim^iigue, Apollinaire, saint Augustin, en son hsre x de la Cùé de Difu, saint Jérônae Jn Dan. et /« Pref. caïd, script, eccles^ , saim Cyrille en son livre i CMre Julien, Socrate en sa Fie de Pioiin, livre 3 , Soldas, Ëunapius In vu. Philos. , Baronitis, Scaliger, Henri Valois, Holstenius, et Tillemont en sonAVtoire des Empereurs, nous ont transmis, soit des documents biographiques sur la vie de Porphyre, soit des extraits infiniment précieux de ses ouvrages.

(i) Primitivement appcîé Malc.

Le Traité en question est adressé (Mir k philosophe à son épouse Marcella.

Un livre grec Syblllio, avec sa traduction en vers latins.

Quelques fragments de la traduction des Épitres par Hulpbilas ou Gulphilas, évéque des Gotbs (â7û) , inventeur, dit-on, des lettres gothiques (1). Voyez, du resiey Socrate, llv. y, c. 33 ; Sos^mène, et V Histoire critique des versiom du Nouveau Testament par Simon, chap. 19.

Un liinerarium AlexandrL — Ad Contantium Augustum Constantini magni filium^ — avec notes, dissertations, cartes, portraitd'Ale](andre,€tc* >etc. , et Res gestae Aleacandri Macedonis

Il trouva un ntanuscrit des poésies d*Homère remontant à la plus haute antiquité , la naatière d un recueil gigantesque ou il inséra des gravures curieuses et des peintures, et un grand nombre de fragments et de acboUes.

À l'aide d'un manuscrit arménien, il restitua une partie ccmsidérabJé des Chroniques d'fUisèbe, c'està-^dire tout le premier livre qui manquait j en y j(^gnant une autre chronique inédite.

Deux écrits inédits de THébreu Pbilon, Tun sur

(1) Il avait traduit toute la Bible dan» la langue des Goths.

une fête renommée, l'autre sur le respect dû anx parents (1818),

Toutes ces découvertes sont TœuYre de cinq années

Le Pape donc, en 1819, comprit que Mai avait mérité quelque distinction. L'intelligence des papes s'étend jusque-là. On a parfois du bon sens et du tact en ces pays stupides et barbares. G^est ainsi que Mai se vit attaché à la bibliothèque du Vatican.

Nouvelles merveilles à enregistrer.

Il découvre le Traité presque complet de Cicéron De Republicâ (18ï2).

Il publie en 1823 VArtRhetùricaàe Jolius Victor, et divers Titres bien qu'imparfaits du droit romain antérieur à l'empereur Justinien.

En 1S27, parurent des fragments de VÉpiscopoioge d'Âquilée (1) et une collection des auteurs classiques. Vatic, codd.

A l'époque de 1838 se rapporte le recueil intitulé : Scriptorum veterum nova eoUectio. Vatic, codd. édita. 10 vol. in-/i*. J'y reviendrai.

J'ai raconté une partie des travaux du cardinal Mai; le moment vient de faire voir comment il en fut récompensé.

(1) Ville dltalie dans le Frioul. On rappelait la seconde Home.— Voir plus loin.

n reçut en 1825 le titre de protonotaire apostolique surnuméraire. On donne ce nom à des offiders de la cour de Rome qui ont un degré de prééminence sur tous les notaires de la même cour, et qui reçoivent les actes des consistoires publics et les expédient en forme. Le collège des douze protonotaires participants est le premier des collèges des prélats qui ne sont point évéques. J'emprunte cette définition au Dictionnaire de TAcadémie déjà cité.

On est plus fidèle dans Rome que dans tout antre pays du monde à cette règle salutaire et souveraine de conduire les sujets aux postes les plus élevés par chacun dçs degrés inférieurs qui peuvent y préparer. C'est un apprentissage. Il n'y eut point d'exception pour Ma! lui-même.

Quinze ans plus tard , il entra dans la congrégation de la Propagande.

On sait que Gr^oire XVI avait été préfet de cetle congrégation. £n 1843, le cardinal Philippe Fransoni était préfet, le cardinal Massimo préfet deW £co?iomia;vx)iciles noms des membres cardinaux : Pacca, Pedicini, Macchi, Lambruschini , Ostini, Sceberas-Testaferrata , de Groî, de Cienfuqpos-y- Jove-LIanos , Barberini , Mattei , Gastracane degli Antelminelli , Brignole, Âlberghini, Polidori, Mm,

Soglia, Mezzofanti (1), de Angelis, Sterckx, Âcton, Beili, de Bonald, Schwartzemberg , Cadolini, Riario-Sforza et Bernetti ; le secrétaire était moosigDor Jean Brunelli, qui a joué depuis un rôie U^ important.

Grégoire XYI nomma bientôt Son £min. Mai préfet de la Congrégation de Y Index ^ dont les membres étaient: les cardinaux Pacca, Micara, Ostini, Oppizzoni, Brignole, Polidori, Bianchi, Orioli, Mezzofanti, Âcton, de Bonald, Schwartzemberg, Gadolini et Bernetti, et l'assistant perpétuel P. M. Dominique Butlaoni, de Tordre des Prêcheurs, maittedu sacré-palais apostolique, et enfin le secrétaire P. M. Thomas Antonin Degola , do même ordre.

Le même Grégoire XVI l'avait réservé in petto <jfans h consistoire du 19 mai 1837, et préconisé dans celui du 12 février 1838 , du titre de sainte Ânastasie. Comme afin de Justifier une si haute faveur plus amplement que jamais, Ma! fit paraître ù cette même époque un fac simile du Codex Vaticanus du Nouveau Testament.

Il éiait de plus membre de la Congrégation des évéqnes et réguliers, de l'examen des évéques, de

(1) Il vient de mourir. Plusieurs autres sont morts depuis cette époque : Pacca, de Grol, ActOD, etc., etc.

la correction des livres de l'Église orientale , des Aftiires ecclésiastiques extraordinaires, des Études, et des Affaires de la Chine ; il était encore protec-* teur des Ordres des P. Prêcheurs , des Clercs hé* goliers minear^, de l'Académie tbéologiqoe, etc. (1) .

Voilà ^ dans sa vie studieuse, le cardinal Mai, le voilà dans ses dignités. Si ce n'est que j'oublie un détail plus ou moins important.

L'Institut de France^ appréciant son mérite (le mérite du cardinal) , a daigné croire qu'il y aurait avantage pour loi à compter ce grand homme pann* ses membres correspondants. Tout bien mûri et pesé , ledit Institut lui fit l'inagne honneur d'en**

(1) Je Aoie en passant que les cardinaux furent benoréa du ciiapeau rouge par Innocent IV et se sont dits, depuis celte époque, princes et cousins des rois. (Dumoulin, Mon, dts Frane*t w dld ) C*efttOEnea» Silvius depuis pape sous le nom de Pie II, qui les a qualifiés Eminenees. (Le Ducliat, 1. 1, p. 49, fiemarq^) -^ Je profile de Toccasioti, et je dis que le titre de MonsUur^ ei oiêine d^ Monseigneur^ alSecti aux évêques, esl une imitation des légendes, où les apôtres et leurs successeurs canonisés sont traités de la sorte. Or a dit Monseigneur saint Paul, et il n'est pas jusqu'aux plus vieihes rimes oà les saints évêquns, et mhne les saintes YÎergfs, ne soient appelés Monsicêtr et Madame ; témoios ces deux vers :

Madame sainte Barbe, Monsieur saint Nicolas^ Venez me secourir, ou mourir je m'en vas.

Le Mefsirc des anciens curées venait de la même source. {Idibid., page 1»0

voyer à son adresse un parchemin dûment signé , paraphé, scellé, affranchi peut être; cela s'appelle un diptôme, et Mai devint le confrère de M......

Michelet.

Il nous reste à considérer le cardinal Mai dans sa TÎe privée que j'appellerai commune, pour la distinguer de sa vie d'études.

Le cardinal était d'une taille au-dessus de la utoyeune. Sa belle figure, toute pleine de noblesse et de modestie, inspirait ^alemept la confiance et la vénération; l'œil d'un enfant savait y voir son âme. Sans avoir cette vigueur herculéenne de tempérament quisouvent dispose fort au malaise et contrarie l'activité intérieure, sa santé lui suffisait cependant pour des occupations incessantes. Il vivait de peu, et par esprit de tempérament et par goût; le génie n'aime pas la table. La solitude, qu'il faisait si bien fructifier et qui le rendait heureux, il trouvait encore moyen de s'y soustraire quelquefois au bénéfice de ses relations amicales et des pauvres.

Quand j'ai dit à plusieurs reprises, dans le cours de ces Biographies, une chose dont on a misérablement abusé, savoir qu'il ne convenait pas à des prêtres de Jésus-Christ d'étaler aux yeux de leurs ouailles un luxe ridicule, ma pensée n'était pas de les coucher nus sur la paille en les condamnante

moorir de faim. Tant de cruauté ne me sourit nullement, tant de sottise non plus. S'il fallait pousser toujours les paroles jusqu'aux degrés où l'exagération peut les conduire, les langues existantes, sans exception, fourniraient à peine une seule lettre dont l'usage ne fût dangereux et pervers. Non, la représentation, telle que l'entendaient certains hommes à la veille de 1789, et telle que certains individus voudraient la pratiquer depuis, cette représentation théâtrale n'est pas nécessaire. Il sied peu aux pères des pauvres de s'adoniser et d'effacer en colifichets tous les caprices des petites maîtresses. Ces airs allanguis et vaporeux , et le reste , ce sont des ridicules et des profanations, et ce n'est pas de la dignité. Eu France, M. d'Aviau de Sanzai, je le répète, M. d'Aviau a fait assez voir qu'un évêque, pour consacrer tous ses revenus au soulagement de l'indigence et porter des soutanes rapiécées , n'en est pas moins sûr de conquérir, à force de vertus et de bienfaits, la vénération et les pieux hommages du peuple. Mais, à Home, le Pape et les cardinaux ne peuvent se renfermer exclusivement dans les offices ecclésiastiques. Le Pape, comme roi, les cardinaux, comme hommes d'État , tous les dignitaires de la maison papale, suivent à certains égards la condition civile. Il y a le cérémonial obligé des cours, inévi-

table conséquence des relations entre sonTcrains, et il y a encore mille raisons que retendue très limitée de cette notice ne me permet pas d'énumérer. L'important, c'est de distinguer l'usage de l'abus, et de savoir pourquoi j'aime tant les digressions.

Ainsi, le cardinal Mai possédait une voiture et de> vait même s'en servir^aux termes des règlements de la cour, mais sa simplicité sacerdotale n'en souffrit point. Chacun devinait l'abnégation et la charité sous ces dehors officiels. On sait jusqu'à quel poiut la richesse condamnée par le Sauveur des hommes consiste plutôt dans l'esprit que dans le fait 11 est dit : Beati pauperes SPIRITU ; et tous les développements que je puis donner à ce texte n'apprendraient rien de nouveau à mon lecteur.

Puisqu'il s'agit de charité , celle du cardinal me fournit un long th^me.

Il y a des gens qui entendent la charité d'une étonrante manière. Ces gens-là donnent de l'argent, beaucoup d'argent même, et s'estiment glorieux à la face du ciel , sans considérer qu'ils n'ont ainsi rempli que la première formalité d'une bonne œuvre. Voici les autres conditions qui sont capitales : donner avec la seule intention de plaire à Dieu, et sans avoir en vue des intérêts détournés d'amour-propre, tellement que la main gauche

— Ml —

ignore ce que fait la droite ; donner de si grand cœur que celui qui donne semble être l'obligé du souffreteux qu'il soulage; orner, pour ainsi dire, cette action salutaire des grâces d'un bon visage, et ne point imposer lyranniquement une reconnaissance écrasante, ce qui est cause souvent que l'on a reçu dès ici-bas et au centuple son salaire , teceperunt enim mercedem suam. Les spéculateurs en genre d'aumônes sont beaucoup pluâ nombreux que l'on ne pense. Je ne parle pas de l'hypocrite agiotage qui en fait l'objet de ses exploitations (1). L'orgueil y met aussi la main, l'ignoble orgueil, et tel

(1) Il manque dans la capitale, où tant d*autDÔn(*s se font par la maio de ceux qui en sont seulement les ti^rs distribnieurs, un moyen public de contrôler les sommes reçues et les fiommf s versées Tout en admirant la modestie des âmes généreusi s qui se cachent pour donner, les pauvres soupçonnent de temps en (emp<i quVlles n^altei{;nent pas leur but, et que tes intermédiaires ne sont pas d'une complète fidélité ; cfux-ci, disent-ils, prévariquent de dcox manir^res, soit ^n bénéficiant du mystère pour s'atirihuer impunément à eux-mêmes tout nu partie des tib^alité<4, ou du moins l'honneur de les avoir faites à leurs dépens, soit en les distribuant à leurs créatures uu à leurs familUs. Je pense bien que de leU soupçons ne sont pas toujours fondés ; mais il faut avouer pourtant que l'état des choses peut les provoquer, et c'est pour la bonne renommée des distributeurs comme pour la garantie des réels donateurs et dans Tintérét des pauvres qu'on devrait chorcher un moven de contrôle. Cette mesure, jVn suis coirvaincu, réjouirait spécialement toutes ces complaisantes personnes qui font profession de charité.

individu qui passe pour un bienfaiteur de rhumaine espèce, parce qu'en certaines circonstances solennelles sa bourse laisse tomber insolemment sur un grabat quelques pièces de monnaie, n'aura an dernier jour des justices que l'abominable mérite d'avoir voulu se faire une réputation brillante et des esclaves. L'ingratitude est un mot qui résonne fort sous les voûtes des salons où se pratique une soidisant charité : de là des malédictions contre l'indigence; c'est avec raison quelquefois, mais le plus

souvent c'est une infernale comédie Vous avez

donné, j'en conviens; mieux vaut mille fois celui qui ne donne pas. Vous avez si soigneusement étalé au grand air ce mince sacrifice, que l'offrande s'est affadie et comme évaporée; les exigences capricieuses et brutales dont vous grevez à jamais la personne du pauvre, confrontez-les avec vos titres de protecteurs : vous êtes des acheteurs d'hommes

h bon marché et des Monthyons abominables

J'ai connu certains donneurs qui, ayant fait élever des enfants sans fortune dans un séminaire, et voyant leur vocation sacerdotale se dessiner mal aisément après les débuts, traitaient ces pauvres enfants comme des monstres d'ingratitude^ attendu que, par reconnaissance, ceux-ci eussent dû, boo gré mal gré , se faire prêtres , et donner aux don-

neurs la satisfaction d'annoncer sur les toits un miracle nouveau de charité. En disant ce que c'est que la charité ainsi comprise, j'explique suffisamment que le cardinal Mai possédait , au contraire , et dans un éminenl degré, la charité selon Dieu.

Sa douceur était proverbiale à Rome, ainsi que sa modeste ingénuité. Les voyageurs français nous racontent bien des choses charmantes à ce propos.

Ses études profondes et continuelles ne laissaient pas de le préoccuper, alors même qu'il se livrait forcément ou par bienséance à des exercices récréatifs ou au commerce des hommes. Néanmoins , la distraction n'égalait pas chez lui l'extase fantasque de M. Boyer ; il savait la rendre aimable et en tirer ingénieusement profit pour le plaisir de ceux qui le cultivaient. Rien de plus rare.

Sa conversation, si instructive d'ailleurs, ne manquait pas de saillies : elle attirait et enchantait par la gracieuse bonhomie et la douce affabilité qu'on y rencontrait toujours , à moins qu'il eut en présence un niais bavard ; il se taisait prodigieusement alors, se confinait en lui-même pour causer avec ses pensées, et répondait sans cesse : Vous avez raison. C'est une heureuse ressource et dont je prie mon lecteur de faire usage, si jamais M. Darcimoles veut lui parler théol(^ie.

J'ai sous les yeux plusieurs lettres du cardinal. Ce sont des modèles achevés de délicatesse , d'esprit, de savoir-vivre, de beaux sentiments et de bon style. On peut le regarder comme l'un des meilleurs et des plus purs écrivains de l'Italie.

Fut-il orateur? Je l'ignore.

Mais il était théologien , et dans toutes les difficultés qui viennent saisir l'attention et le zèle da Souverain Pontife , je trouve régulièrement qu'il fait partie des congrégations assemblées. Il était préfet, je l'ai noté, de la Congrégation de l'Index : que M. Dupin se tienne pour averti.

Cependant, on ne voit pas que le cardinal Mai ait écrit le moindre ouvrage de controverse sur les matières religieuses. Plusieurs s'en étonneront. Personne pourtant n'était plus en état de lutter avec avantage sur ce terrain. Mais il avait là-dessus des idées particulières, et à la vue des médiocrités fâcheuses qui surgissent de toutes parts , il répétait souvent le mot du P. de Sainte-Marthe :' « On fera tant de livres en faveur de (a religion, qu'il n'y en aura plus du tout. » Il était, du reste, profondément pieux, sans affecter toutefois

Ce grand air rie sagesse Que D^ont certains abbés qu'à leur première messe.

Il a été question , spécialement ici , de la charge

de bibliothécaire cl des bibliothèques Ambroisicnne et du Vatican. Est-ce une méprise de ma part, ou est-il vrai, ma très douce Philolhée , que ces expressions n'éveillent pas chez vous des idées bien nettes et bien précises ?

Il y avait jadis en Orient le cartopbilax (de ^u>«GPo-w, garder, et xa/)Ta, charte). En Occident, il y avait le bibliothécaire (de rtBniu , poser, et jSi6>oç, livre). Les bibliothèques étaient rares, et n'existaient guère que dans les palais des souverains. Il fallait y recourir pour consulter les livres dépositaires de la doctrine et de la foi. Jugez de Vimportance que les souverains, enfants dévoués alors de TÉglise, devaient attacher à leur conservation. C'est pourquoi généralement on n'en conGait la garde qu'à des prêtres d'une vertu incorruptible.

A Rome, dit M. l'abbé André, qui me prête souvent l'assistance de ses savantes rçcherches, on a toujours eu nécessairement une Bibliothèque, C'est là, comme à l'asile de la vérité, que de partout on est venu vérifier la croyance et en consulter les livres. Les papes les ont conservés dans la célèbre bibliothèque du Vatican, dont les bibliothécaires ont été élevés à un si haut point de gloire, ajoute le Père Thoiiiassin, que les évêques s'en sont crus

honorés. En effet, dans la vie du pape Formose, il est dit que le pape Jean avait donné la charge de la Bibliothèque à Zacharie, évêque d*Anagesia, et l'avait fait son conseiller : Munere bibliothecarii apostoliccB Sedis auctum, consiliarium suitm feât eigue legationes plures credidit, Gômes nous apprend que le bibliothécaire était souvent autrefois confondu avec le vice -chancelier, quoique les deux charges fussent bien différentes : Cinn bibliothecarii officitim olirn, sicut hodiè in palatio apostolico.aliud prœ se ferat. On voit, dans Thistoire de Sixte V, que, pour réparer la bibliothèque du Vatican , détruite au sac de Rome par l'armée de Allemand, sous Charles de Bourbon, ce pape fit bâtir un superbe vaisseau appelé Belvéder, et un autre édifice tout auprès pour une très belle imprimerie , avec de sages règlements si bien exécutés depuis , qu'on ne voit pas aujourd'hui dans l'Uni, vers de bibliothèque plus riche en manuscrits et en belles éditions, ni si bien ordonnée, ni peut-êire mieux décorée.

Je suis heureux de clore cette notice par une indication sommaire des Éditions Vetervm du car^ dinal.

Elles forment 10 volumes in-/i*, avec ce titre: Scriptorum Yeterum nova collectio è Yaticanis oo-

dicibns édita ab Ang. Maio Bibliothecae Vaticanae Prœfecto ad Leonem XII Pontificem Maximum. Roms in Collegio Urbano apud Burliacum.

In prim. Yol. Pars. i. Eusebii Cœsariensis^ . Quœsliones ad Slephan...Quœ8t. ad Marinum... Excerpia Commeniarii in Luc. — Apolinarii Laod. fragm. Comment, in Luc — Phoiii 8pecim. Comment, in Luc... Quœsl. ad Amphilochium... Responsa canonic. 5.— Aiiasiasii Sinait» lucubratiunculae duae... Supplem. Quœstionum. — Johanms VIII Episiola. = Pars. ii. Chronic. breviat. ex Euieb. opère de terop. — Theod. Mops. . Prologusin Amos... in Zacb... in Aeff...in Jon. Comment, intpger... in Nah... iu Abd . m Os. prol. et Comm. pars. — Polychronii ei Comm in Dan. — Catena in Dan. ex Ammonio, Apolinario, Aihan., BasiL, CYril.,Eudoxio philos., Euseb. Cœs ,^Hœsychio, HippoL, Orie.. Severo., Tilo , Viclore. — Chron. P.schal et S. Hipnoï in Proverb supplem. = Pars. m. Ariftidis rhet Oraiio advers. Dtmost. delmmunilale. .. Leonlii presb et Johannis mon. index libri ii sacr. rerum...Tilulu8 i de creatione.

Insec YoL Diod.sicul., Diocass.cumcontin.,Eunapiu«., Dexippus., laroblic.» Menander., Appian.^ Polyb, Dion. Balic., Petrus magister., Nicephor. Blemmydes., Eubluus., Juiian Laodic, Basil, imper.. Pbotius. - Theodor. Meto-

'^ïn'terl.^Vol. P. i. Ephrœmii Byzant. Vit» Cœsarum à G. CaliR. ad. Michael.Vlll PalaBoL-Ejusdem Calai, palriar. Biiant ad ann. 1823. — Melhodii monach, de vilando schism* tract.=.P. n. Viclorini phiL in Ep. ad. Galat. Comm. lib duo, cum anliq. fragm. confra Hanolas... In Lp. aa Philip, lib. unie... in Ep. ad Eph. lib duo... Opusc. pro Bel cbrisi. cont. philos, physicos. -- Codic aliq. Casmen^ sium, et ios. Assemanii operum inédit, iroô drsperdii. notiiia -Ferrandi diac. carth. Episi .dogm. adv. Arnanos etc. excôd. Casinensi. - Reliquiae tractalûs aniiq. in Luc Ev. ^ Sermon. Arrianorom Fragm. antiq. cum rf«l«J- - Fragm. antiq. duo ex lib. apocryp. et Jul. Titiani et Hilani Arelat. Fragm. duo. -Sermon, antiquor. ali» rehq.- Lilurg. Fragm. antiq. - Fragm. contr. Arnanos. -Flon

diac. Lugd> Eplst< de Fsalterii emendatione. — S. Isid. proU in Psaii. ediiioQ. — Ëv. sec. Matt. version, ante ifieronymian».=:::P. lu. Jul. Puridis Epitom. lîbror. decem. Val. Maximi* — Januarii Nepotiani alla Ep. V. Max. ad lib. 3, c. 2. — Praecepta ait. musie. collecta ex VtÏK S. Âug. de Musicd e%.cod» antiq. — Sermon. Yet. quatuor, in Septuag., in Quadr., in Dom. Passionis, in Dorii. Palra. — Tkeodiili Orut. de Régis oûic. (grec)... Âlia de subdiU ergà Reg. ofiic. (gr.) — Sibyllae lib xr, xii, xiii, xiv (gr.). 1828.

In quart, tom. P. i. Synod. C.PoUann. 1576 habita propter lUud ijula pater meus major me est, = P* ii. Codic. Arab. Bib. VaU — God. Persici. — Cod.Tmcici. 1831.

In quint, tom. P. i. Inscriptiones christian.=^P. ii. God. Ghald. siTe Syriac. Valic. Assemantani. — Append. ad catal. cod. hebr. bib. Vatic. — God. QEibiopici... Slavici. .. Indici... Goptid... Armeniaci... Iberici. 1831.

Insext. tom, P- 1. Tbeodori Mops. comment, in Os., in Joël, in Am., in duodeciin minores Prophet... opéra Var.— Tbeonani dip sec. cutn Nersele patriaic Arm. etsupplem. Dispul. primas. — Excerpta ex ppist. Mersetis. = P. ii. Attonis senior. Vfrcel. epi»c. Testamentum. — Aitonis jun. Sermon, ei Polypticum. — Attonis cardin Gapitulare. — Epist. quœd. caiu>uica« — Remigiî Antiossiod. Gomment imperf. in Oit^^am. — Eulychiam Papae exhort. ad cieric. -— Epilog. de ofBc. — De AtionibusDiatrib., et de Gapitularib. et de Pcçnitentiali Romano. — Pétri Damiani iter Gallicum, et (Xpositio can Missae, et coUpctanea N. Test, ex ejus oper. excerpia. — Peiri diac. de ortu et obitu just. Goenob. Casin. — August. Valer. ep. Yeron. de occupât, diacono cardin. dignis. 1832.

In sept. tom. P' i« Patrum doctr. de Verbi incam. (gr) — Leoutii et Joliannis sacr. rer. lib. (grec). — Leont. hierosol. adv. Monophysilas lib. — S. Ambros. Explan. Symb ad Initiand., et Epis, de Fide ad S. Hieron. — Anonymi Expos, fid. ^ Patrum Nicaen. confes. fid. adv. Paul. Samos. (gr.) — S. Julii Pap. scrip. dogm. supposita, cum Ereditheieplic. fragm (gr.) -- S. Greg. tbaumat. Expos, accur. bdei. — Eulogii Alexandrini fragm. lib. de Trin. et Incarn. (gr.) — Sabini Epist. ad Polyb» episc. de obitu et fun. S. Epiph* (gr.) *- Jobi testamentum (gr.)« — AnasLasii prasb. adv. Monophys. et Monotbel. lib. tert. et quart, (gr.) — Anast*

abb. adr. judœos disp. (fr.) — Opuw. prisca dao de Sp. & proces/à Pat, Filloque. - Pauli diac. Homil. de S. Beoed*» et Ëpis. duœ Pelri diac. •— Tract, antiq. de remim. post obit. noQ dillerendft. -~ Henrici Parmeiis episc. lloin. de Pascli.«~Ciau(li Taurin, episc. Proi. in suos comm.ad Pauli Epist, — Ëiislalliii monac. tract* contra Monopbys (gr.) — Justiniaai I imper, tract, adv. eosd. (gr.) — 8. Nicœt«e Âquil. de ratione ûdei, de S. Sp. personâ, de diversrs appeliut. J. Christoconyen...,explomatio Symb... Cragm. aliq. =P. II. Hieron. Donatiopus. lucul. de Procès. S. Sp. cont. Grcec. schism. — Caielanii Marioii Prœf. ad opus de inscrip* tionibus.=P. m. Tripuciti conspectus univ. cum Basilicor. supplem. 1833.

In oct. tom. P. I. Eusebii Pamph. Chronic. lib. dno. — P. u. S. (^reg. Nyss. serm. adv. Arium et Sabel....de S. Sp. ad?. Macedonian. Pneumatomachos. -— Sylvestri Papae fragm. adv. Judœos. — S. Cyriili Âlei. CapitulaSS de Trin... 35 de Incarn.... Homii. de ead«... Amplus tract, de Virg, Deiparà,.. Urev. dial. cuinNe.stor.de Virg.Deip... lixposit. fidei per dia]og...Qiialuorepisl... Fragni. comraentarior. in Matt... in £p. ad Uebr.... Brev. Humil. conlra Nestor..* Fragm. linguâ Gothicà scriptum codicis. 1833.

In non. tom. Photii Quœst.amphilocbianoe 130. — SeduUî Scoli expos, in a^gum. Ev. Matt., Marc, et Luc. — Decorosi Laud. in S* Luc. — Luculentii Comment, in Malt Joh. epîst septem D. Pauli et primam D. Pelri. — Aluiui comment. Apocal. lib. quinque. — Eremberii mon. Casin. Expos, in aliq. Psalm. — Prudenlii Episc Prœf. ad suam detloration. Psalmor. — Algeri scholast. de sacrif. Missœ. — Georgii Hamarloli et Johannis SicuU Chronograpborum fragm. duo. — Oratiouis Domin. Explan. •— Symbolor. Apo!>t<et Alban. Kxplan.— Lennlii Uierosol.ad?. Nestorian. lib. S(*pt. — Nicolai Conslanlinop. de vili\ Christian^ et prœsert monasticâ Tract. — Anastasii Antioch. de homine ad Dei imag. condito. — Eulycbii patriarc. Const. Fragm. de Paschate et de S. S. Eucharist. inslitulione. — Catena Veierum Pâtrumin Luc colligente ficela.— F.va}(riiP>agm. ex ead. Cat. — S. Cyrilli Alex, additamentum comment, in Luc. -> Severî Antiocb* Fragm. grœca... Homil. quatuor.

Indeciro. tom. P. i. S. Sopbron. patriar. Hier, in S. S.

Petr. et Paul. panecTiica Orat... Troparium. — Ebedjesu mefrop. Sobœ et Armen. Collectio Canon, ad us. Eccl. Chaldœor. . .. Epitome Canon. ApoHolic... Idem opus in Syriac.-Zachariae H hetoris cpisc. Mel tin. capita selccLXIX ex ejus Histor.... Fragm. de Boms originib. et œdific. (Latin. et Syriac.) = P. ii. Greg. Abulpbaragii Bar-Hebraei Nomocanon Ecclesiae Antioc. Syr. (lat.) — Canones sélect. Ecc. Armen. XIII. — Ebedjesu lib. Margaritae in y tract. (syr. et lat.) 1838.

Aiiundè. S. S. Episcop. NicetaeetPaiiHni scripta... Nicets opuscul. aliud... Episcopologii Aquil. antiq. Fragm. 1827.

Ab ann. 1828 ad 1838. S. Serapion. tpist. grec- lat. — Garmina S. Paulini Nol., Viclorini, Aldbelmi, S. BenedicU Crispi, Joh. Erigens» Hincmari, etc.. Ëlegiacon de Amphitr. et AIcmenâ. — S. Aldhelmi de Septenario et de re Grammaticâ et Metricâ. Tom. Y. = Procop. Gazxi Eclog. Eiegetic*in Gènes- Epitome usq. ad. cap. xviri... Ejusdem fortassè pars Comment, in Gant. Salomon. Tom. YI. = Ejusd. Comment, in Proverb. — Goliecl. Commentarior. in Gant. Sa lom. ex divers. — Schnlia Vet. in Luc. et Joh. ex God. sœc. X. ^ Gregor. Phrantzœ Ghron. minus. Tom IX. = S. Cyril. Alex. Comment, in Luc... Fragmenta Homiliar. — Severi Patriarc. Antioc. reliq. Gomment, in Lua... et in Act. Apost. II cap. de Pentec. — Origen. Fragm. in Luc. — Eulogii Pat. Alex. Fragm. — Dionys. Alex. Fragm. — Cypriani de Pœnit. — Fragm. Eutycbii Constant. — Eulogii Alex. Fragm. aliud. — Apoilinar. Fragm. in Luc. — Aiiianasii Corinlh. Fragm. — ArAeniimon. adv. Tentalorem Nnmicum. — t'phrœmii p. Antioc. Fragm. Apologix pro Syiiod. Chalced. — Gregor. Antioc. Sermodogm.—Johannis Luboici Sermo. -^ Hœsychii Hieros. Serm. — Eusebii Scrm. — Origen. Fragm. in Leviiic — Jobii mon, Fragm. Tom. X.

Typ. Appert fils et Yavasseur, passage du Caire« 54*

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