DB BLÂME DB MONTLUC. J
contrescarpe. • Tous les princes, raconte-t-il, vindrent veoir nostre besongne, et monsieur d'Anguien, me prenant par le faux du corps, me dit : vous avez esté mon soldat autresfois, à présent je veux estre le vostre. — Monsieur, dis-je, vous soyez le bien venu : un prince ne se doit pas dédaigner de servir au besoin de pionnier; voicy besongne pour tous (4) t Ainsi, Montluc ne perdait aucune occasion de réhabiliter les travaux de terrassement aux yeux des troupes.
En 1556, Montluc voulut, aux environs de Rome, enlever le seigneur Marc-Antoine Colonna, due dePalliano (2), dont il espérait 80,000 écus de rançon, et déjà, dans son imagination bouillante, il se voyait possesseur, près Paris, de terres achetées avec cet argent. Mais son embuscade manqua et peu s'en fallut qu'il ne fut lui-même fait prisonnier. Ce pas de clerc fit rire tout le monde aux dépens de notre Gascon.
En 1558, Montluc fut rappelé d'Italie en France, et envoyé immédiatement, comme colonel-général de ttn fan te-
(1) Commentaires, p. 173, 2« colonne.
(i) A ce moment, Marc Antoine Colonna n'était plus duc de Pallian le pape lui avait retiré ce titre pour le donner à son neveu; mais cela ne dura pas. Marc-Antoine Colonna commandait en 1571 , à la célèbre bataille de Lépante, les galères du pape. Voyez à ce sujet : Collection de documents inédits relatifs à la célèbre bataille de Lépante, tirés des archives générales de Simancas, par le colonel du génie Don José Aparici, Madrid, 1847 (en espagnol), pages 29 et 31. Quelques auteurs attribuent à Prosper Colonne, frère du précédent, l'invention des bastions. Consultez Histoire de la fortification permanente, par M. de Zastrow, page 76 du tome 1 de ma traduction.