‹ Biographie et maximes de Blaise de MontlucChapitre 9 sur 28 · BIOGRAPHIE RT MAXIMES · texte numérisé non relu

BIOGRAPHIE RT MAXIMES

rie (1), auprès du duc de Guise, à Thionville. Montluc était tout dévoué à son nouveau général , sous lequel il avait déjà servi en Italie : môme courage et même attachement pour la foi catholique avaient rapproché ces deux guerriers : la courtoisie de l'un avait achevé de gagner le cœur de l'autre. Ce Duc était, dit Montluc, f un des plus diligens lieutenans du roy que j'eusse encore servy, des dix-huit sous qui j'avois faict service au roy. Il avait une imperfection, qu'il voulait escrire presque toutes choses de sa main, et ne s'en vouloit fier en secrétaire qu'il eust (2) » De Guise avait, ce me semble, parfaitement raison, et le reproche que lui adresse Montluc dénote une qualité ordinairement bien rare chez les généraux. Un jour Montluc, sortant de la tranchée, arrive à la hâte pour parler au Duc , mais il était en train d'écrire , et notre héros fut obligé d'attendre. « Au diable les escritures, s'écria-t-il; il semble qu'il veuille espargner ses secrétaires : c'est dommage qu'il n'est greffier du parlement de Paris , car il gaigneroit plus que Du Tillet ny tous les autres. » Au travers des murailles mal jointes de la maisonnette où il travaillait, le duc de Guise entendit le mot et ne fit qu'en rire.

(\) Henri II forma en 1558, sous l'ancien titre de vieilles bandes , un

régiment qui devint plus tard le régiment de Picardie : Montluc en fut le premier colonel. Avant la révolution, Picardie était le premier de nos régiments : les Gardes-Françaises et les Gardes-Suisses avaient seules le pas sur lui. Voyez La Chesnaye des Bois, Dictionnaire militaire, 1758, tome IH, page 550.

(2) Commentaires, page 202, 2' colonne.

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