PEPIN, dit le Gros^ né à Hei^tal, gouverna le
rojaume d'Austrasie, sous le nom de maire du palais^ n vainquit le barbare Ebroïn et le roi Thierri , et devint par-là tout-puissant dans les royaumes de Bourgogne et de Neustrie. Il épousa Pleclrude dont il eut Grimoald , et ensuite Alpaïde , qui donna le jour à Charles Martel. C'est Pépin qui proposa dans une des assemblées de la nation connues sous le nom Aq plaidsgénéraux, qu'un premier larcin serait puni de la perte d'un œil, le second de celle du nez, et le troisième de la peine de mort. Pépin mourut de chagrin il Jupille , sa résidence ordinaire, ne pouvant supporter la perte de son fils Grimoald.
^^718. ALPAIDË, surnommée la i&e/fe par les historiens coatemporains, naquit sur Avroj, près de Liège* Elle captiva le cœur de Pépin , qui répudia Plectrude , pour vivre avec elle. Quelques auteurs en ont fait un crime à ce prince, quoique le divorce fut admis et commun sous la première race. S'il faut les en croire. St. Lambert, mandé à Jupille, aurait blâmé la conduite de Pépin , en refusant de boire à la même coupe qu Alpaïde ; et celle-ci outrée de dépit, aurait excité Dodon d'Avroy, son frère, à venger celte injure. Les chroniques fabuleuses du temps , rapportent même , qu'après le meurtre du saint évêque , le ciel aurait puni Dodon , en lui envoyant une maladie infecte , qui couvrit son corps de vers , et le força , pour se délivrer de cet horrible mal , à se précipiter dans la Meuse. Alpaïde , donna le jour à Charles Martel , souche de la race des Carlovingiens. Inconsolable de lamort de Pépin, •elle s'ensevelit dans un monastère près de Namur, où elle termina sa carrière.
720. ODE (Ste.) , tante de St. Hubert , épousa Boggis, duc d'Aquitaine. Après avoir perdu son mari , elle se retira à Amay , entre Liège et Huy , et s'y livra aux exercices de piété. Elle fonda une église dans cet
endroit, et fit donation d'une partie de ses biens à St. Lambert.
* 725, PLECTRUDE , fille dllugobert , première femme de Pépin de Herstal. A la mort de son mari, elle fit renfermer Charles Martel à Cologne, et nommer maire du palais, Thibaut, enfant de six ans, fils de Grimoald , assassiné à Liège. Cette princesse ne jouit pas long-temps de son triomphe; Charles s'évada de Cologne, rassembla des troupes et défit en 717 l'armée de Chilpéric-Daniel , commandée par Rainfroi, maire du palais de Neustrie. Victorieux ensuite de Radbod, duc des Frisons, il détruisit le parti de Plectrude et se rendit maître absolu des royaumes de Bourgogne, de Neustrie et d'Austrasie. Ayant perdu tout espoir de régner, Plectrude se jeta dans la dévotion, son unique ressource, et finit tranquillement ses jours dans un monastère qu'elle avait fondé à Cologne. Selon Perz, dans ses Monumens de f histoire d*Alle^ magne, l'église cathédrale de St.-Lambert dut sa réputation , dès le moment de sa fondation , principa^ lement à Plectrude et à ses descendans, pour la causé desquels St, Lambert avait péri. Il raconte , que Grimoald fut tué dans ^église même de St.-Lambert; et cite à ce sujet la Chronique de 3Ioissac et les Annales de Metz.
727. HUBERT (St.), allié à Pépin de Herstal, fut élevé à l'école du palais de Neustrie; persécuté par Ebroïn qui en était maire et auquel il portait ombrage, il se réfugia auprès de Pépin, qui le nomma évêque des Tongrois. On lui attribue la construction de la première église cathédrale de Liège , qu'il dédia à St. Lambert; et quelques historiens liégeois n'ont pas craint d'en faire le législateur et le fondateur de la ville de Liège , quoique l'histoire nous apprenne que sous la domination des Francs , chaque peuple
était régi par lia loi : que la nation seule , réunie aua flaids-yénéraux , possédait la plénitude de la puissance législative, exerçait souverainement le pouvoir judiciaire, et prononçait des sentences définitives : que le comte, dont les fonctions amovibles étaient à la fois civiles et militaires, avait sous sa dépendance des vicaires et des centeniers : que les causes réelles étaient dévolues au tribunal du comte , et les causes mobiliaires à celui des vicaires : que les villes, les bourgs, se gouvernaient eux-mêmes et élisaient leurs, propres magistrats, etc., etc. Hubert était évêque comme ses prédécesseurs, c'est-à-dire le chef, le surveillant de son clergé , et sans résidence fioce. 11 parait qu'il passa la plus grande partie de sa vie à parcourir le diocèse des Tongrois , et qu'il opéra un grand nombre de conversions chez les habitans de l'Ardenne, qui l'honorent comme leur patron ainsi que les chasseùirs. Il mourut dans sa maison à Tervueren. Les anciennes chroniques disent que St. Hubert était un fier chas- *ettr devant le Seigneur. Sa puissance pour guérir la rage était réputée si grande , que du temps de Henri Etienne, un moine ne craignait pas d'affirmer : que, « fe St.'Esprit était mordu par un chien enragé, il watï forcé de faire le pèlerinage de St. -Hubert en Ardennes pour obtenir guérison. On croyait encore que les personnes de la race de St. Hubert (ce qui supposait que son fils Floribert avait eu postérité et qu'elle durait encore) , jouissaient du même pouvoir. On doit aux abbés de St.-Hubert Les noirs limiers dits de St. Hubert, si renommés pour la chasse du cerf. Molanus qui vivait à la fin du 16' siècle , rapporte que l'on conservait encore de son temps, le cor de Saint Hubert, au château deTervueren. Jonas , savant évêque d'Orléans , du 9" siècle , auquel on doit le livre des Ins- ^i^ions des laïcs, a écrit une vie de St. Hubert, q'i'il composa sur un mémoire rédigé par un auteur
contemporain de ce saint. Le P. Roberti a publié la vie de ce saint, écrite par un anonyme.
737. ERME (St.), abbé de Lobbes, naquit aux environs de Laon» 11 composa sur St. llnsmard , dont il avait été le disciple , un poème divisé en autant de sections , qu'il y a de lettres dans Talphaîbet { cet ouvrage fut consumé avec la bibliothèque dans l'incendie de ce monastère arrivé en 1546. Erme, savant pour cette époque , forma à son école plusieurs personnages marquans , entr'autres , Abel Volgise et Amulvin , qui furent élevés à l'épiscopat.
738. AIMON, comte d'Ardenne, est célèbre dans rhistoire de la chevalerie par les fables, ou plutôt les merveilles qu^on lui attribuait. Il fut le père des quatre fils Aimon , dont on montre encore le château sur les bords de l'Amblève, et qui ont donné lieu au roman historique^ qui porte leur nom. Renaud, fils aîné d' Aimon et de Béatrix née en Ardenne , fut un guerrier fameux ; il servit sous Charlemagne avec Roland , son cousin , et se fit moine à Cologne où il mourut en 779.
741. CHARLES MARTEL , autrement dit Theutide, ûh de Pépin de Herstal et de la belle Alpaïde. On croit qu'il reçut le jour à Theux en 695, dans le marquisat de Franchimont. Etant parvenu à s'échapper de la prison, où Plectrude l'avait fait renfermer après la mort de son père , Charles réunit une armée , défit Chilpéric , et s'avança ensuite contre Radbod, duc des Frisons, ennemi plus redoutable : il le vainquit sur les bords de la rivière d'Amblève , qui a depuis conservé dans cet endroit , le nom de Radbod-Rive et de Martin-Rive. Il obtint la même puissance que son père, et sous le titre de duc des Français, il gouverna en maître toute la monarchie. 11 réunit la Frise à la
France, et par la victoire à jamais mémorable qu'il remporta à Poitiers sur les Sarrasins , il préserva TOcddent de la domination arabe. Haï du clergé , parce qail avait souvent distribué les richesses ecclésiastiques à ses soldats, il fut recherché et soutenu par les jpapes Grégoire II et UI , qui avaient besoin de lai pour l'opposer aux Grecs et aux Lombards. Charles laissa trois fils : Carloman, Pépin et Grippon. G est Ters ce temps-là que Ton coibmença à compter dans rhistoire , les années depuis la naissance de J. C.
747. CARLOMAN, né à Jupille , fils aîné de Charles Martel, gouverna le royaume d'Austrasie, en qualité de maire du palais, que lui donna la nation. Le clergé, qui, sous le gouvernement de Charles Martel, n'avait osé parler , s'en vengea à sa mort , en répandant les plus sinistres présages. Eucher , évêque d'Orléans , mort depuis vingt ans, devait avoir vu ce prince en corps et en ame dans l'enfer ; et Boniface , l'apôtre de la Germanie , sur le bruit de cette vision , avait fait ouvrir le tombeau du prétendu réprouvé; mais au lieu dy trouver son corps , il n'avait vu qu'un affreux dragon. On publiait même , qu'il était tombé du ciel , des morceaux de chair crue sur lesquels des oiseaux semblables aux harpies de la fable, s'étaient jetés et les ayaient dévorés. Pour faire taire tous ces bruits, Carloman convoqua un concile , et employa pour la première fois, Vcmnée de rùècamation , appelée depuis ère vulgaire, dans ses lettres de convocation. Carloman , fatigué du pouvoir, en abandonna sa part à Pépin, se fit moine et se retira à l'abbaye du Mont-Cassin.
*759. ROMBAULD (St.), prêtre liégeois , porta FEvangile aux habitans de Malines, qui le regardent comme leur apôtre.