PEPIN-LE-BREF, né à Jupille, fils de Charles
Martel, fut le premier monarque de la race carlovingienne. Après avoir fait déposer Childéric III , prince faible 9 dcms une assemblée de la nation, il se fit élire à sa place , du consentement du pape Etienne II , qui répondit à sa demande : quil était convenable de donner h titre de roi à celui qui en avait le pouvoir. Pépin , ayant délivré lexarchat de Ravenne de la domination des Lombards, en fit don au pape ; telle est la source du pouvoir temporel que les papes s'arrogèrent dans la suite. Le pape, sans doute par reconnaissance pour ce bienfait, vint sacrer Pépin, Bertrade, son épouse, Charles et Carloman ses fils, dans labbaye de St.-Denis; il frappa d'anathème quiconque leur refuserait l'obéissance, et lui donna l'absolution du parjure dont il s'était souillé , en déposant le roi Childéric, auquel, en qualité de maire du palais, il avait prêté serment de fidélité. Pépin dompta les Savons et réunit l'Aquitaine à la France. Sous son règne , les assemblées du Champ de Mars, ainsi appelées, parce qu'elles se tenaient chaque année au mois de mars et en plein champ, furent renvoyées au mois de mai, dont la saison était plus commode pour la cavalerie , qui commençait à s'introduire dans les armées. Copronime , empereur de Constantinople , lui envoya un buffet d'orgues, présent d'autant plus magnifique, que c'était le premier que l'on eût vu en Occident. Quelques années ensuite , le pape Paul P' fit don à Pépin d'une horloge à rouages , chose rare et merveilleuse alors. Ce prince mourut à St.-Denis.
770. CARLOMAN, fils de Pépin Je-Brcf, né à Jupille^ fut couronné à Soissons, roi d'Austrasie et de Germanie. Etant mort près de Laon , les peuples de ses états reconnurent Charlemagne pour roi. Sa veuve et ses deux fils. Pépin etSiagre, se retirèrent auprès du roi des Lombards , et Oger le Danois les suivit.
' 770. GODESCÂLD, chanoine et doyen de Tégiise de Liège, est Fauteur d'une vie de St. Lambert et d'une Histoire des miracles de la translation du corps à ce saint. Chapeauville a inséré ces deux ouvrages daos son Recueil des historiens liégeois ^ et Canisius dans ses Antiquités.
11k. DIDIER , dernier roi des Lombards ; Charlemagne , à la persuasion de Berthe , sa mère , épousa Hermengarde > fille unique de ce roi ; mais dégoûté d'une femme stérile et toujours malade , il la répudia pour épouser Hildegarde , princesse de la nation des Suèves. Didier pour s'en venger, ravagea Texarchat de Ravenne ; Charlemagne marcha contre lui, s'empara de ses états , relégua Didier avec toute sa famille à Liège , où il les mit sous la surveillance d*Agilfride qui en était évêque. Ce prince mourut à Liège, et son corps fut porté à Aix-la-Chapelle.
* 783. BERTHE ou BERTRADE , surnommée au grandrpied^ fille d'un comte de Laon, naquit à Liège, au rapport du savant Mabillon. Elle épousa Pepin-le- Bref, et en eut Charlemagne.
784. AGILFRIDE , secrétaire ou chancelier de Charlemagne, théologien , prédicateur, historien ecclésiastique : d'abord chanoine de St.-Lambert , ensuite évêque des Tongrois et abbé de St.-Bavon.
* 795. LÉON III , pape , chassé de Rome , vint se réfugier à Aix-la-Chapelle , d'où il vint à Liège avec Charlemagne ; on prétend que ce pape fit la dédicace des églises de Tongres et de Visé.
* 802. BERTHE , fille de Charlemagne , née à Jupille , épousa le célèbre Angilbert que Charles appelait son Hmière , tant il faisait de cas de sa littérature et de sa poésie. Quelques auteurs attribuent à Berthe , la foire ue Visé , si importante jusqu'au 1 2* siècle.
S09. GERBALDE , secrétaire ou chancelier de Charleniagne , qui le nomma évèque des Tongrois. On lui attribue rétabliàsemeiit des premières écoles dans les cloîtres de Véglise St.-Lambert. Quelques auteurs rapportent à son épiscopat, la division du diocèsje en huit archidiaconés , dont ceux, de Condroz , de Famène et d'Ardenne , nous rappellent ceux -qui existaient déjà au temps de César ^ et nous permettent de croire , que la division ecclésiastique du diocèse , fut la même que celle de Van tique cité des Tongrois sous les RoD(iains. Une tradition populaire fait remonter à Charlemagne , lorigine de Tétendard de St.-Lambert, dont ce prince aurait fait présent à Gerbalde, comme une marque de faveur toute particulière pour son église.
814. CHARLEMAGNE, fils de Pépin et de Berthe, né à Jupille en 743 , empereur d'Occident , mort et enterré à Aix-la-Chapelle , diocèse des Tongrois.
Ce prince fixa ^sa résidence ordinaire à Aix-la- Chapelle dont il fit la capitale de son vaste empire endeçà des Alpes. Il y fit construire une chapelle sous l'invocation de la Vierge , qui passait pour un chefd'œuvre de l'art , son dôme était surmonté d'un globe d'or massif. Près de cette église ou chapelle , il fit élever un palais dont les vastes portiques pouvaient contenir une armée. Il institua dans cette ville qui possédait déjà un établissement de bains et un hôtel des monnaies, un tribunal.de quatorze juges , à l'instar des villes épiscopales.
Il vint à Liège ep 770, et à Herstal en 771 , 772 et 773, pour y présider l'assemblée générale de la nation.
C'est à lui que Ion doit dans le pays de Liège , l'introduction de la culture du prunier et du pêcher.
Charlemagne chassa de ses états les Grecs qui achetaient des esclaves chrétiens pour les vendre aux Musulmans d'Espagne et de l'Orient. Il rapporta de Rome Ja
collection des canons , corrigée et publiée en latin par Denis-le-Petit , que les évoques de France et de Germanie ne tardèrent pas à substituer à lancienne version latine du code des Grecs, ou code des canons de l'église universelle.
Il ramena de Tltalie des maîtres de grammaire et d'arithmétique ; et pour donner plus de pompe , d'éclat et d attrait aux cérémonies religieuses , il introduisit dans les églises de son empire , le chant grégorien , la lithurgie romaine et Tusage des orgues.
Des dispositions expresses de ses capitulaires prescrivirent de rechercher avec tout le soin possible peuûs qui excitent les tempêtes^ qui exercent des superstitions païennes j qui se servent d*arts magiques y qui adorent les génies des lieux, des tombeaux et des fleuves, les arbres, les pierres, les fontaines , et qui^ par une dda^ boUque manière de voyager, sont portés à travers les airs.
Sous son règne, il fut défendu aux évèques de s absenter de leur diocèse; il fut seulement permis à celui de Cologne de résider à la cour de l'empereur. Les biens acquis par les évêques pendant leur épiscopat, furent dévolus à leur église et non à leur famille ; et Ton statua que les ecclésiastiques seraient jugés par leurs évéques, à moins que leurs intérêts ne fussent compromis avec ceux des laïcs ; alors il fallait le concours des évêques et des juges séculiers. Le culte des images fut toléré ; l'appel au roi permis en toute cause ; et l'on fit des réglemens pour prévenir la disette. Charlemagne , dans l'assemblée générale de la nation tenue à Aix-la-Chapelle en 802 , fit réviser les anciens codes par les hommes les plus entendus de son royaume, qui en rédigèrent le prcjet de réforme , revêtu ensuite de sa sanction et confirmé définitivement par la géné^ ralité du peuple.
Pour assurer la police de ses vastes états, il institua
les mùêi dominid , qui parcouraient les prorinces quatre Cois l'année , et recevaient les appels et les plaintes, ou les renvoyaient aux phdds^énércuuû^.
Charles jeta les fondemens de Herstal sur les bords du Weser aux pieds des monts métalliques du Hartz , à l'instar de Herstal ( étable ou fabriqué darme» ) sur Meuse , situé au bas des monts métalliques de F Ardenne.
Parmi les présens que les envoyés du Calife Aaroun* al-Raschild, étaient chargés de lui remettre, se trouvait un éléphant (le premier qu on ait vu en France) , qui portait uœ tente magnifiquement décorée , sur Ia-> quelle on voyait un clepsydre ou horloge d'eau et un plenisphère ou horloge sonnante , qui fut istlors regardée comme un prodige.
U établit dans les cloîtres des chapitres et des grands monastères des écoles de grammaire , d'arithmétique , de lithurgie et de plain-chant.
On rapporte qu'une dispute s'étant élevée en Italie , entre les chantres romains et ceux de sa chapelle , il donna la palme aux romains^ les déclarant aussi bans nttmdens que leurs ancêtres étaient braves soldats.
Les chroniques du 19* siècle attribuent à Charlemagiie la plus ancienne foire connue en France, celle du Landi ou Indict , qu'il avait établie à Aixla Chapelle ,et fut transférée dans la suite , par Charlesle^Oiauve , à St. -Denis.
L'historien Reginard noms apprend que ce prince entreprit d'assujétir aux règles grammaticales la langue dies Francs, dont le mélange avec le latin et l'ancien celtique commençait à former nos idiomes modernes. Les noms qu'il imposa aux mois et aux vents , sont du flamand véritable.
Charles était un prince lettré, laborieux, poète, trè^versè dans la lithurgie et le chant ecclésiastique.
Hatâra les sayans à sa cour, eotr'autres, le fameux moine anglais Alcuin , qui seconda l'élan qu'il avait donné aux arts et aux lettres.
On lui doit la correction de la lithurgie , alors pleine de barbarismes et de solécismes, et d'une Bibh pour laquelle il consulta, à ce sujet, les Grecs et les Syriens qui se trouvaient à Âix-la-Chapelle. Il défendit de àanter aux nocturnes des leçons inconvenantes , et fit recueillir les chants des Bardes qu'il transcrivit de sa main.
Par le 10* article de son testament, il défendit à ses enfans , de faire mourir ses petits- fils , nés ou à naître, (fe ks mutiler, de leur crever les yeux, ou de les tondre, 90U8 quelque prétexte que ce put être, et il voulut que dans les affaires douteuses, on eût recours au jugement dek croix, qui consistait à conduire dans une église les deux contestans , qui se tenaient debout , les bras levés en forme de croix ; c'était alors que la force ou la constance déclarait Tinnocent.
Doué d'un tempérament robuste , neuf femmes qu'il reçut dans sa couche , à titre d'épouses ou de concubines, ne furent pas capables d'arrêter la fougue de ses passions impérieuses ; Ste. Araalberge faillit en être la victime ; ce qui n'empêcha pas le pape Pascal III de mettre ce grand homme au rang des Saints.
Eginhard nous a laissé la vie de Charlemagne. Le papeCalixte II, a fait traduire, en latin, les poèmes et les récits vulgaires sur ce prince écrits en langue ^^omane , attribués faussement à Turpin , archevêque àt Reims. Un moine , qui prit le même nom , est fauteur véritable du livre intitulé : Historia et vita CaroH magni et Rollandi , d'où l'on a tiré tous les contes débités suf Charlemagne et Roland. Le prince tl'Essling se propose de publier une ancienne traduction de cet ouvrage; et le savant Mommerqué a dû en publier le texh même.
* 822. SIGEFROID, chef des Normands , incendia la yille d'Aix-la-Chapelle , et porta la désolation dans lout le diocèse des Tongrois.
824. OGER-LE-DANOIS, brave paladin , compagnon d*armes des Roland , des Renaud , etc. , prit parti contre Charlemagne en faveur des enfans de son frère , et se retira auprès de Didier , roi des Lombards. Les romans de Tépoque, les vieilles chroniques liégeoises en font un être presque fabuleux à force de merveilles. On veut que Charlemagne ait rendu héréditaire en sa faveur, le comté de Looz; mais on lui attribue trop de choses tant à Liège qu'aux environs, pour ne pas croire à son existence et à quelques fondations pieuses et utiles , qui lui assignent une place parmi les illustrations nationales. Oger-le-Danois mourut , à ce qu'il paraîtrait, moine à labbaje de St.-Faron à Meaux, où Ton voyait naguères son tombeau , l'un des plus beaux monumens du moyen âge. Ses exploits ont donné naissance à un roman gothique en vers léonins « dont Pasquier rapporte quelques extraits dans ses recherches sur l'histoire de France. Le président de Thou en possédait dans sa bibliothèque une copie manuscrite, qui fut mise en vers et en prose au commencement du 16" siècle.
832. WALCAND, secrétaire ou chancelier de Charlemagne qui le nomma au siège épiscopal des Tongrois, introduisit la règle de St.-Benoit dans Vabbaye de St.-Hubert, où il fit transporter en grande pompe le corps de ce saint , avec l'agrément du concile alors assemblé à Aix-la-Chapelle. Cet évêque assista comme témoin au testament de Charlemagne , et mourut à Serinchamps, près Rochefort en Ardenne.
Vers ce temps- là , de toutes les contrées de l'Europe , les chrétiens se rendaient à l'université arabe de Cordoue établie par le calife Abderrahman , pour y
étudier Yctstrononiie, les mathématiques , la médecine eih gram^maire, unique école où Ton enseignât alors ces sciences en Occident.
834. ANSEGISE , abbé de Lobbes, compilateur d un recueU des capitulaires de Charlem/igne et de Louis-lé^ Débonnaire, publié par Baluze en 1677, 2 voL in-folio.
839. EGINHARD , Liégeois , célèbre historien du 9* siècle. Il fut secrétaire de Gharlemagne qui lui accorda en mariage , sa fille Emma. On rapporte qu'Eginhard proposa à ce prince , de joindre la mer d'Allemagne , la Méditerranée et la mer Noire , au moyen de deux canaux, dont le premier aurait communiqué de la Moselle à la Saône , et le second du Rhin aa Danube. Après la mort de Gharlemagne , dont il nous a laissé la vie, il se sépara de sa femme avec son consentement , pour vivre dans un monastère. Il a écrit les Annales de France depuis Fan IG&jusquen 814.
840. LOUIS-LE-DÉBONNAIRE , fils et successeur de Gharlemagne, né à Jupille ou à Aix-la-Ghapelle où ilfiia sa résidence ordinaire. Un concile tenu sous son règne dans cette capitale , condamne celui qui aura coupé les cheveux à un enfant ou fait prendre le voile à nne fille malgré ses parens , à payer la ceniposition au triple , et déclare lenfant libre. Par un capitulaire spécial , il interdit Vépreuve par l'eau froide ; par d'autres , il défendit d ordonner prêtres , les serfs qui n'auraient pas été afiranchis par leurs seigneurs. Trop occupé de la réforme de TEglise et trop peu du gouvernement civil et politique de l'empire , il s'attira la haine du clergé et perdit lamaur de ses sujets. Les évéques irrités de ses réformes , lui imposèrent une pénitence publique et le firent ensuite déposer dans QQ concile national , où entr autres crimes qu ils lui reprochèrent , fut celui davoir fait marcher ses troupes
en carénée. Louis est l'auteur de la première loi somp* tuaire connue en France.
850. COLOMBAN , abbé de St.-Trond , auteur d une règle monastique. On lui attribue un poème latin sur V origine des Francs, dédié à Charles-le-Chauve , et publié en 1644 avec des notes par le père Thomas d'Aquin de St.-Joseph.
850. FLORUS de Lyon , moine de St.-Trond , est l'auteur de plusieurs ouvrages , dont les plus remarquables sont : un traité de la célébration de la messe , un autre sur la prédestination , et un troisième sut télection des évéques.
877. REGNIER, duc bénéficiaire des deux Lorraines, comte de Bouillon et de Verdun, fut l'un des plus puissans princes de la maison d'Ardenne.
877. CHARLES-LE-CHAUVE , roi de France , aima mieux employer lor que le fer pour chasser les Normands qui ravageaient le pays de Liège. Ce fut en 842 « qu'eut lieu à Argenteau sur Meuse le partage de la Lorraine. Louis , roi de Germanie , eut le district de Theux , la ville d'Aix-la-Chapelle , l'abbaye de Stavelol et toute la contrée située entre le Rhin et la Meuse» Charles eut la ville de Tongres , celle de Liège , la Hesbaye , la Campine , la ville de Dinant , le Condroz et tout le pays jusqu'où la rivière d'Ourte va se jeter dans la Meuse. Louis prononça son serment en tudesque et Charles en gaulois; c'est le plus ancien monument que nous ayons de }a langue française.
Ici commence le règne de la féodalité. Les seignenrs obligés de se défendre eux-mêmes contre les Normands, se fortifièrent dans leurs châteaux : habitués ainsi à ne plus dépendre que de leur propre volonté , ils s'affran-^ chirent de tout frein , et devinrent les tyrans de leurs vassaux*
882. HINCMAR^ archevêque de Reims, profond théologien^ savant écrivain. Il abrégea le traité d'Adalard touchant Tordre ou l'état du palais et de toute la monarchie. Il refondit ce traité divisé en deux parties dans son opuscule : pour V instruction du roi Carloman. Ce livre, Tun de ses meilleurs écrits, comprend ITiistoire politique et administrative des règnes de Pepin-le-Bref et de Charlemagne , et intéresse Thistoire du pays.
Dans une lettre qu'il écrivait à Tévêque de Senlis, il l'instruit que Télection d'un évéque ne doit pas être faite seulement par les clercs de la cité, mais par ceux des monastères de la paroisse, — Qu^ tous les vicaires des paroisses de la campagne doivent apporter leurs suffrages , et que les laïcs nobles et les citoyens doivent être présens ; car^ dtP4l^ dans cette lettre, doit être élu par tous celui auquel tous doivent obéir..
884. HXJGON , fils de Lothaire , roi de Germanie et de Walrade, sœur de Gonthier, archevêque de Cologne , irrité de ce que le pape Nicolas II avait annuité le mariage de sa mère avec Lothaire qui avait à cet effet répudié Thietberge pour cause d'adultère , quoiqu'elle s'en fût purgée par V épreuve de l'eau bouillante, attira les Normands en Lorraine qui ravagèrent et incendièrent Liège, Tongres, St.-Trond , Maestricht , Aix-la-Chapelle , Cornelis-Munster , Stavelot , Malmédjr et beaucoup d'autres lieux , et massacrèrent St. Liebert à St.-Trond.
888. CHARLES-LE-GROS , fils de Louis-le-Germanique , roi de Souabe, d'Italie et empereur d'Occident, fit don à l'église de St.^Lambert de la terre ou ville de Mézières près de Metz.
89 K ARNOUL, roi de Lorraine « empereur d'Occident ,après divers combats dans le pays de Liège ^mitfin
aux dévastations des Normands et les défit dans une bataille sur les bords de la Djle près de Louvain.
900. ZUENTEBOLD, fils naturel de l'empereur Arnoul, qui lui donna, en partage, le royaume de Lorraine, dont il fut dépossédé par son frère, et qu^il récupéra à laide des Liégeois, et par les soins et la valeur de Tévéque Francon, auquel il accorda pour lui et ses successeurs le bourg de Theux avec presque toutes ses dépendances. Zuentebold fut tué à Susteren , sur les bords de la Meuse , en combattant contre son frère Ludovic, que le peuple lui préférait, à cause de ses cruautés et de sa faiblesse envers les femmes. L'une de ses filles se retira au monastère de Flémalle près Liège.
903. FRANCON, évêque des Tongrois, fut élevé à Técole du palais de Charles-le-Chauve , dont il était parent. Il est le premier évèque que Ion vit marcher à la tête d!une armée liégeoise. L'empereur Amoul, dont il était lallié et Tarai, pour le récompenser des services importans qu'il lui avait rendus dans la guerre contre les Normands , lui donna avec toutes ses dépendances le monastère cle Lobbes, dont lui et ses successeurs furent abbés jusqu'à l'épiscopat d'Eracle. Cette donation procura à Téglise de Liège , la plus grande partie du territoire qu'elle possédait encore au dernier siècle , entre les rivières de Sambre et de Meuse. Après avoir trempé ses mains dans le sang humain , en combattant contre les Normands, Francon ne se croyant plus digne de remplir les fonctions épiscopales, envoya deux religieux à Rome pour les faire sacrer évèques, afin de se décharger sur eux de la conduite spirituelle de son diocèse. Francon fut du nombre des évèques, qui, aux conciles de Metz et d'Aix-la-Chapelle t approuvèrent au grand scandale de la cour de Rome , le divorce de l'empereur Lothaire avec Thietberge et son mariage avec Walrade.
Sous son épiscopat , les écoles de Liège qu'il dirigeait hi-méme, acquirent une grande célébrité dans l'Oc^ fOmîtl devinrent avec l'université arabe de Cordoue, le flambeau de la science. Cet évèque était, au rapport' de dom Rivet, poète, philosophe, rhéteur, théologien, musicien, et forma, dit Trithème, plusieurs sa vans disciples.
920. ETIENNE, né à Salm , issu du sang royal, fut élevé à l'école du palais et étudia sous le célèbre philo- Boplie Mannon. Etant chanoine de l'église de Metz , il fat élu évéque des Tongrois. Versé dans le chant ecclésia^ique , la musique et les arts , il passait pour savant dans son siècle , et contribua de tout son pouvoir à soutenir la réputation des écoles de Liège.
n a laissé une vie de St. Lambert et composé l office ffece Saint, celui de la Ste.-Trinité et de t invention du oorps de St. Etienne. Il est l'auteur d'un Bréviaire cl dttn livre des Merveilles de St. Martin, qui se trourent à la bibliothèque de Ste-Geneviève à Paris. Etienne est le premier évèque des Tongrois qui se soit honoré par des poésies sacrées. Il obtint un diplôme de l'empereur hom^ ^ confirmant toutes les do* liions faites à St.^Servais à Maestricht , et les trans^ férant à St." Lambert à Liège.