‹ Biographie liégeoise (volume 2)Chapitre 6 sur 12 · GUIBERT (St.), fondateur du monastère de · texte numérisé non relu

GUIBERT (St.), fondateur du monastère de

Gembloux.

929. CHARLES-LE^IMPLE , roi de France , se trouvant à Liège, accorda à l'église de St.-Lambert, à la sollicitation de Reinaërt ou Régnier au long col, qui en devint probablement dès lors le marquis feuda- ^^ïfe, fa forêt royale de Theux dans le comté de Leuga *vec son domaine fiscal.

Les limites désignées dans cette chartre , se retrouvent encore , mais s'étendent au-delà de la Vesdre

jusqu'au ruisseau de Soumagne et à celui de Hukelback sous Henri-Chapelle; ce qui ferait croire que le comté de Limbourg n'existait pas encore. Cette chartre parait l'origine du nom du marquisat de Fran*^ chimont, dont ce district a porté le nom jusques dans les derniers temps.

*931.FORAN (St.), fondateur du monastère de Vaulsor, près Dinant. Robert, qui en était abbé au 12* siècle, a écrit sa vie.

* 935. GISELBERT, duc de Lorraine, seigneur de Jupille, d'Amercœur et de l'abbaye de St.-Servais à Maestricht , s'illustra en Europe , par les deux fameux sièges qu'il soutint dans le château de Chèvremont près Liège : le premier en 922 , contre Charles-le- Simple , roi . de France , et le second en 935 contre l'empereur Othon.

940. REINAERT, RENARD ou REGNIER au long^ colf duc ou gouverneur de la Hesbaje et du Hainaut^ 1"' comte ou gouverneur de lancien Brabant, 1*" mar-quis du Franchimont, ou plutôt seigneur feudataire , puisqu'il en obtint la donation en faveur de l'église ' de Liège. Il fut le conseiller de Zuentebold, roi de Lorraine.

Reinaërt , personnage marquant pour son époque , était un rusé politique. Il a donné naissance au roman du Regnard, composé en vers par Giélée, de Lille, en 1290, imité et mis en prose vers 1487, par Jean Tenessay , sous le titre de Maistre Regnard et de la dame Hersant, sa femme.

Joseph Mone est l'auteur d'un ouvrage in-8* sur le même sujet , intitulé : Reinardus vulpes , carmen epiçum seculis ix e^ xn conscriptum.

041. HILDUIN surnommé Tassanius ^ moine de Lobbes, acheta, à prix d'argent, de l'empereur, à

faida de Gtselberl , duo de Lorraine , l'éVêché des ToQgn»9 , et fut sacré par Herman , archevêque de Cologne. Son élection ayant été annuUée , il s'empara i main armée du siège épiscopal , et dévasta le pays , d'où il fut chassé par Charles-le-Simple , roi de France. Il obtint quelque temps après , par la protection de Hagoa, son parent, roi dltalie, le siège de Yéronne, et plus tard rarchevêché de Milan. . Hilduin a écrit les Gestes des Apôtres, les Vies des abbés de Lobb^ jusqu'à son temps ^ et a laissé un Becml de sermons.

945. RICHÂIRE , abbé de Stavelot , fut élu au liège épiscopal des Tongrois , et sacré à Rome par le pape Jean X, qui lui donna le pallium, et dans ses lettres de confirmation , le titre d'évéque de Liège. Cest à partir de cette époque que Tévéché des Tongrois on de Maestricht, prendra désormais celui d* Eglise de Liège. Tout porte à croire que dès lors la ville de liège devait être une cité populeuse et très-florissante. Pour augmenter le lustre de son église cathédrale , il 7 attacha douze abbés , chefs de monastères , qui le serraient aussi alternativement chaque mois , en qualité de chapelains.

Labbé Fleury,, dans son Histoire ecclésiastique, reproche à Richaire d'avoir négligé la vie monastique et f^ndu vénales toutes les charges ou obédiences de Vabbaye de Lobbes.

d50 RICHARD, moine de Gembloux, littérateur, *u rapport d'Achéry , tome 2* de son Spicilège.

953. FARABERT , abbé de Pruïm , est le premier ((ui ait pris dans un concile le titre d'évéque de Liège. Op rapporte à son épiscopat la division de la ville de wége en paroisses.

* 954. CONRAD , roi de Germanie , ravagea la Lor-

raine et désola le pays de Liège; il fut défait par lem-^ pereur Othon , et périt dans le combat. Ses troupes se retirèrent en France.

961. IMMON fut l'un des plus fameux capîtaînes d.e son temps. Profitant de la mort de Gîselbert , duc d.e Lorraine , dont la trop grande puissance pesait sur ses vassaux , et dont le voisinage incommodait les Liégeois , Immon s eùipara , par stratagème , avec les troupes de l'empereur Othon > du château de Chèvre— mont , jusqu alors réputé imprenable , et se rendît célèbre par sa trahison, en gardant pour lui le château , où il soutint un siège mémorable , en 960^ contre l'archevêque Brunon , duc de Lorraine , qui était venu l'y assiéger avec une puissante armée.

*970. LÉX)N, évêque grec, retiré à Liège, y fit connaître les sciences et les arts de lX)rient.

971. ERACLE,^ issu du sang royal saxon ^ prévôt de Bonn , ami et conseiller intime de lempereur Othon , littérateur , astronome » fut Tun des plus savans hommes de son siècle* Elu évêque de Liège , il employa tous ses soins h faire fleurir les sciences et les beaux-arts dans son diocèse ; il ouvrit des écoles dans tous les cloîtres des églises collégiales de Liège , où il attira les plus habiles maîtres. Pour se livrer plus entièrement au bien public, il se démit du gouvernement de l'abbaye de Lobbes , dont il réserva ,. pour l'usage de son église cathédrale , une partie des re-» venus. Il jeta les fondemens de la célèbre abbaye de St.-Laurent près de Liège , et fit construire les églises collégiales de St.-Martin et de St.-Paul.

L'historien Anselme rapporte qu'une éclipse de soleil avait jeté l'épouvante dans l'armée de Tempereur Othon , lors de son expédition dans la Calabre. Ses soldats dispersés , croyant qu'ils étaient arrivés au jour du jugement dernier, se livraient au désespoir, lors-

qu'Eracle , témoin de leur consternation , les rassura en leur expliquant la cause et la nature de ce phénomène , qu'ils regardaient comme un événement samaturel , précurseur de la vengeance divine.

973. ADELMAN , moine de l'abbaye de Stavelot, écrivain ecclésiastique.

973. OTHON P' dit le Grand , fils de ttenri-VOiseleur, empereur d'Allemagne. Il monta sur le trône malgré Imtrigue de sa mère qui le lui contestait pour son frère cadet , Henri , sous prétexte que celui-ci pétait fib de Tempereur, tandis qu'Othon n'était fils que du dac de Saie. Eberhard, duc de Franconie , s'étant soulevé contre lui , fut vaincu , et tous les nobles , ses adhérens , condamnés à porter sur leurs épaules un chien pendant l'espace de deux lieues. Cet empereur réunit le royaume de Lorraine à l'empire, et peut passer à juste titre pour le premier auteur de la nationalité liégeoise. Long-temps avant lui les biens des églises et des monastères , qui ne consistaient guères qu'en fermes, forêts, champs, serfs, et autres biens de nloindre valeur, étaient régis et soumis à la jaridiction des avoués nommés d'office par les rois. Les évêques jusqu'alors n'avaient eu d'autre yt/r^rfw?- U(m que celle qu'ils exerçaient de droit sur leurs clercs , d'autre pouvoir de coercition que celui de la pénitence et de l'excommunication. Othon et ses successeurs, pour mieux s'assurer du pouvoir, et lutter contre la puissance sans bornes de leurs grands vassaux, changèrent le gouvernement civil et politique de l'empire, en accordant au clergé la juridiction séculière des provinces , des villes , des châteaux et des bourgs jusqu'alors gouvernés par les ducs et les comtes. Deyenus ainsi seigneurs territoriaux, les évêques s'emparèrent des droits du fisc impérial : ils remplacèrent les (x>mtes, et confondant la puissance

* 822. SIGEFROID, chef des Normands , incendia la ville d'Aix-la-Chapelle , et porta la désolation dans lout le diocèse des Tongrois.

824. OGER-LE-DANOIS, brave paladin, compagnon d'armes des Roland , des Renaud , etc. , prit parti contre Charlemagne en faveur des enfans de son frère , et se retira auprès de Didier , roi des Lombards. Les romans de l'époque , les vieilles chroniques liégeoises en font un être presque fabuleux à force de merveilles. On veut que Charlemagne ait rendu héréditaire en sa faveur, le comté de Looz; mais on lui attribue trop de choses tant à Liège qu'aux environs, pour ne pas croire à son existence et à quelques fondations pieuses et utiles , qui lui assignent une place parmi les illustrations nationales. Oger-le-Danois mourut , à ce qu'il paraîtrait, moine à Tabbaje de St.-Faron à Meaux, où l'on voyait naguères son tombeau , Tun des plus beaux monumens du moyen âge. Ses exploits ont donné naissance à un roman gothique en vers léonins , dont Pasquier rapporte quelques extraits dans ses recherches sur l'histoire de France.' Le président de Thou en possédait dans sa bibliothèque une copie manuscrite, qui fut mise en vers et en prose au commencement du 16" siècle.

832. WALCAND, secrétaire ou chancelier de Charlemagne qui le nomma au siège épiscopal des Tongrois, introduisit la règle de St.-Benoît dans l'abbaye de St.-Hubert, où il fit transporter en grande pompe le corps de ce saint , avec l'agrément du concile alors assemblé à Aix-la-Chapelle. Cet évêque assista comme témoin au testament de Charlemagne , et mourut à Serinchamps, près Rochefort en Ardenne.

Vers ce temps-là , de toutes les contrées de l'Europe, les chrétiens se rendaient à l'université arabe de Cordoue établie par le calife Abderrahman , pour j

étudier Yctsirononiie, les mathématiques , la médecine et la gram^maire, unique école où Ton enseignât alors ces sciences en Occident.

834. ANSEGISE , abbé de Lobbes , compilateur d'un recueil des capitulaires de Charlemagne et de Louis-le' Débonnaire, publié par Baluze en 1677, 2 voL in-folio.

839. EGINHARD , Liégeois , célèbre historien du 9* siècle. Il fut secrétaire de Charlemagne qui lui accorda en mariage , sa fille Emma. On rapporte qu'Eginhard proposa à ce prince , de joindre la mer d'Allemagne , la Méditerranée et la mer Noire , au moyen de deux canaux , dont le premier aurait communiqué de la Moselle à la Saône, et le second du Rhin au Danube. Après la mort de Charlemagne , dont il nous a laissé la vie, il se sépara de sa femme avec son consentement , pour viyre dans un monastère. Il a écrit les Annales de France depuis Fan 1G& jusqu'en 814.

840. LOUK-LE-DÉBONNAIRE , fils et successeur de Charlemagne , né à Jupille ou à Aix-la-Chapelle où il fixa sa résidence ordinaire. Un concile tenu sous son règne dans cette capitale , condamne celui qui aura coupé les cheveux à un enfant ou fait prendre le voile à une fille malgré ses parens , à payer la composition au triple , et déclare lenfant libre. Par un capitulaire spécial , il interdit l'épreuve par l'eau froide ; par d'autres , il défendit d'ordonner prêtres , les serfs qui n'auraient pas été afiranchis par leurs seigneurs. Trop occupé de la réforme de l'Eglise et trop peu du gouvernement civil et politique de l'empire , il s'attira la haine du clergé et perdit Vamour de ses sujets. Les évéques irrités de ses réformes , lui imposèrent une pénitence publique et le firent ensuite déposer dans un concile national, où entr'autres crimes qu'ils lui reprochèrent , fut celui davoir fait marcher ses troupes

Yetceil avec toute t autorité civile. Cest le 1*' exêmpl du pouvoir séculier donné sans bornes à une église* ';

1007. GODEFROID; surnommé l'ancien ou l'Ardeii nais , comte de Bouillon et d'Ardenne , guerrier d lèbre, fondateur de labbaye de St.-Vannes à Verdui

1007. NOTGERj évêque de Liège > ministre sous U empereurs Qthon et Henri, guerrier, poète, musicien! littérateur, érudit.

Il fut d'abord chargé de la direction des écoles d Stavelot , ou il enseigna les sciences avec succès et eu pour disciples le célèbre Adelman et le philosoph< Egihard. Attiré à la cour de l'empereur Othon-Ie Grand pstr son frère Brunon , archevêque de Cologne qui recherchait et protégeait les savans, Notger obtint bientôt la confiance de cet empereur , qui le chargea des affaires les plus importantes et l'employa dans ses guerres.

Elu pour remplacer Eracle au siège épiscopal de Liège , il mit tous ses soins à faire fleurir les sciences et les arts dans son diocèse , c'est-à-dire , dans les écoles des divers monastères ressortissant de sa juridiction , oii les clercs (lettrés) enseignaient, mais seulement aux personnes qui* voulaient entrer dans l'état ecclésiastique. Il établit une bibliothèque dans les cloîtres de St.-Lambert , dont le docte Wazon fut chargé de la direction.

Gonther , archevêque de Saltzbourg , Rothard et Erluin , évêques de Cambrai , Durand et Wazon , évêques de Liège, Adelbode, évêque d'Utrecht, Burchard , évêque de Worms , Folcuin et Harigère , abbés de Lobbes, et enfin Hubold , chanoine de St.-Lambert, dont les succès à Paris dans l'enseignement des sciences, inspirèrent tant de jalousie aux écoles de Liège , qu'il fut contraint , sous peine d'excommunication , de venir professer dans sa patrie : tels furent les élèves qui sor-

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Ittnt à cette époque brillante pour Liège , des écoles ées cloitTcs de St-^Lambert*

llotger fit reconstruire l'église cathédrale dont il wrta jusqu'à 60 le nombre des chanoines : on reporte tee temps, la fondation de la petite églùe de Notre^ Aiine-ati^/^on<#, ainsi appelée parce qu'il y transporta Is fonts baptismaux qui étaient auparavant dans celle iftSt^-Lambert. On lui attribue la fondation des églises de St.-Anselme , de Ste.-Croix et de la collégiale de &lines , l'achèvement du monastère de St.-Laurent et le l'église St.-Paul.

Il introduisit dans le diocèse , Xusage de prier pour hiinart9, longtemps avant l'établissement de la com^ mémoration des morts , le lendemain de la Toussaint, hm l'église chrétienne*

' Les historiens liégeois rapportent que Notger fut chargé de 1 éducation de l'empereur Othon lU, et iu>mmé vicaire-général de l'empire, lors du voyage de ce prince en Italie. Si l'on doit les en croire , cet èvèque avant sa mort aurait partagé en trois parts hs biens de son église ; il se serait réservé la première pour lui et ses successeurs , et aurait donné les deux antres aux églises, aux monastères et aux familles chargées de défendre les droits et prérogatives de l'église , c'est-à-dire de l'état de Liège , qui commençait déjà à prendre une consistance politique, depuis la prise du château de Chévremont , dont les résultats îèels nous sont encore inconnus , quoique tout porte à croire que cet événement mémorable est l'origine Tèritable de la supériorité territoriale des évèques de liége,

Notger se montra supérieur à son siècle par l'éteudae de ses vues, sa conduite politique, à une époque où les esprits étaient encore abattus' par la croyance ^versellede la fin prochaine du m^nde. On cité comme exemple de son amour pour la justice, son inflexibi-

Yerceil avec toute r autorité civile. Cesl le 1*' exèniL du pouvoir séculier donné sans bornes à une église^

1007. GODEFROID; surnommé l'ancien ou VArdel nais , comte de Bouillon et d'Ardenne , guerrier lèbre , fondateur de labbaye de St.-Vannes à Verduj

1007. NOTGERj évêque de Liège > ministre sous empereurs Qthon et Henri, guerrier, poète, musicien littérateur, érudit,

Il fut d'abord chargé de la direction des écoles Stavelot , où il enseigna les sciences avec succès et pour disciples le célèbre Adelman et le philosop] Egihard. Attiré à la cour de l'empereur Othon-I Grand pstr son frère Brunon , archevêque de Cologne qui recherchait et protégeait les savans, Notger obtil bientôt la confiance de cet empereur , qui le chargi des affaires les plus importantes et l'employa dans guerres,

Elu pour remplacer Eracle au siège épiscopal Liège , il mit tous ses soins à faire fleurir les scien( et les arts dans son diocèse , c'est-à-dire , dans les écoli des divers monastères ressortissant de sa juridiction , les clercs (lettrés) enseignaient, mais seulement ai personnes qui' voulaient entrer dans l'état ecclésiaî tique. Il établit une bibliothèque dans les cloîtres d< St.-Lambert , dont le docte Wazon fut chargé de direction.

Gonther , archevêque de Saltzbourg , Rothard Erluin , évêques de Cambrai , Durand et Wazon , évêques de Liège, Adelbode, évêque d'Ulrecht, Burchard, évêque de Worms, Folcuin et Harigère, abbés de Lobbes, et enfin Hubold, chanoine de St.-Lambert, dont les succès à Paris dans l'enseignement des sciences, inspirèrent tant de jalousie aux écoles de Liège , qu'il fut contraint , sous peine d'excommunication, de venir professer dans sa patrie : tels furent les élèves qui sor-

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il à cette époque brillante pour Liège , des écoles cli^tTcs de St.'-Lambert.

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* Les historiens liégeois rapportent que Notger fut diargé de l'éducation de l'empereur Othon lU, et iM>mmé yicaire-général de l'empire , lors du Tojage de ce prince en Italie. Si l'on doit les en croire , cet bique avant sa mort aurait partagé en trois parts les biens de son église ; il se serait réservé la première pour lui et ses successeurs , et aurait donné les deux antres aux églises, aux monastères et aux familles diargées de défendre les droits et prérogatives de l'église , c'est-à-dire de l'état de Liège , qui commençait déjà à prendre une consistance politique, depuis la prise du château de Chévremont , dont les résultats îèels nous sont encore inconnus , quoique tout porte à croire que cet événement mémorable est l'origine îiritable de la supériorité territoriale des évèques de liége.

Notger se montra supérieur à son siècle par l'étendue de ses vues, sa conduite politique, à une époque où les esprits étaient encore abattus' par la croyance i^iversellede la fin prochaine du monde. On cité comme exemple de son amour pour la justice, son inflexibi-

Verceil avec toute Fautorité civile. Cest le 1" exemple du pouvoir séculier donné sans bornes à une église*

1007. GODEFROID; surnommé l'ancien ou VArden* nais , comte de Bouillon et d'Ardenne , guerrier célèbre, fondateur de labbaye de St.-Vannes à Verdun.

1007. NOTGER, évêque de Liège ^ ministre sous les empereurs Qthon et Henri, guerrier, poète, musicien , littérateur, érudit.

Il fut d'abord chargé de la direction des écoles de Stavelot , où il enseigna les sciences avec succès et eut pour disciples le célèbre Adelman et le philosophe Egihard. Attiré à la cour de lempereur Othon-le- Grand par son frère Brunon , archevêque de Cologne , qui recherchait et protégeait les savans, Notger obtint bientôt la confiance de cet empereur , qui le chargea des affaires les plus importantes et lemploja dans ses guerres.

Elu pour remplacer Eracle au siège épiscopal de Liège , il mit tous ses soins à faire fleurir les sciences et les arts dans son diocèse , c'est-à-dire , dans les écoles des divers monastères ressortissant de sa juridiction, oii les clercs (lettrés) enseignaient , mais seulement aux personnes qui" voulaient entrer dans Tétat ecclésiastique. Il établit une bibliothèqite dans les cloîtres de St. -Lambert, dont le docte Wazon fut chargé .de la direction.

Gonther , archevêque de Saltzbourg , Rothard et Erluin , évêques de Cambrai , Durand et Wazon , évêques de Liège, Adelbode, évêque d'Utrecht, Burchard^ évêque de Worms, Folcuin et Harigère, abbés de Lobbes, et enfin Hubold, chanoine de St.-Lambert, dont les succès à Paris dans renseignement des sciences, inspirèrent tant de jalousie aux écoles de Liège , qu'il fut contraint , sous peine d'excommunication , de venir professer dans sa patrie : tels furent les élèves qui sor-

tnent à cette époque brillante pour Liège , des écoles des cloîtres de St.^Lanibert.

Notger fit reconstruire l'église cathédrale dont il porta jusqu'à 60 le nombre des chanoines : on reporte iee temps, la fondation de la petite église de Notre^ ^oim/Miux-F ont9 ,^\ii%\ appelée parce qu'il j transporta les fonts baptismaux qui étaient auparavant dans celle de St. -Lambert. On lui attribue la fondation des églises de St.'Anselme , de Ste.*Croix et de la collégiale de ftilines , Vachèyement du monastère de St.-Laurent et * l'église St.-Paul.

B introduisit dans le diocèse , Vusage de prier pour k$ morts, long-temps avant l'établissement de la corn* mimùration des morts , le lendemain de la Toussaint, dans l'église chrétienne*

Les historiens liégeois rapportent que Notger fut chargé de l'éducation de l'empereur Othon lU, et nommé vicaire-général de l'empire, lors du voyage de ce prince en Italie. Si l'on doit les en croire , cet éyéque avant sa mort aurait partagé en trois parts ks biens de son église ; il se serait réservé la première pour lai et ses successeurs , et aurait donné les deux autres aux églises, aux monastères et aux familles chargées de défendre les droits et prérogatives de l'église, c'est-à-dire de l'état de Liège, qui commençait déjà à prendre une consistance politique, depuis la prise du château de Chévremont , dont les résultats réels nous sont encore inconnus , quoique tout porte à croire que cet événement mémorable est Torigine Téritable de la supériorité territoriale des évèques de liège.

Notger se montra supérieur à son siècle par l'étendue de ses vues, sa conduite politique, à une époque où les esprits étaient encore abattus* par la croyance ^ersellede la fin prochaine du m^onde» On cité comme ^temple de son amour pour la justice, son inflexibi-

lité contre son propre ami, Gerbert, sorti de l'université arabe de Cordoue, qui, au concile tenu i Ifouzon, employa inutilement tous les moyens de sé« duction, pour engager Notger à faire confirmer sa nomination illégale à larchevéché de Reims; Gerbert devenu pape sous le nom de Silvestre II-, ne lui exi continua pas moins son amitié. C'est de ce pape . dont la science paraissait si étonnante , que l'on disail qu'il s'était donné nu diable. II a publié une description des horloges à roues.

Les Bollandistes regardent Notger comme l'auteur àe la vie de St. Hadelin et de deux préfa^ces, dont Tune adressée à Warinfride , abbé de Stavelot , se trouve au commencement de la vie de St. Landoald/ et Tautre, adressée àWomar, abbé de St.-Bavon, se trouve en tête de \ Histoire des évêques de Liège, par Harigère.

En 1634, Cara£Ee , alors nonce du pape à Liège , fit relever le corps de Notger, enterré dans 1 église de St.-Jean, pour qu'il fut procédé à sa béatification; mais au rapport du savant Crassier , il paraîtrait que le stratagème employé par Notger pour surprendre le château de Chév remont, n ayant pu se justifier, la cour de Rome ne crut pas devoir poursuivre sa canonisation.

1007. HARIGÈRE , abbé de Lobbes , littérateur , théologien , poète, astronome, musicien, est le premier historien liégeois.

Il fut 1 ami et le zélé coopérateur de Notger dans le gouvernement de son diocèse. Il est Fauteur d'une vie de St. Usmard en vers, publiée par Gilles Waulde en 1628 , et de celles de SS. Landoald, Bellaude , Landelin.

Harigère a composé Y Histoire des évéques de Liège depuis St. Materne jusqu'à St. Itemaele, qu'il rédigea

sur les matériaux recueillis par Notger. C'est un tissu, de pieuses rêveries, de choses douteuses et incertaines. Ghapeauyille l'a insérée dans le 1 "" tome de son recueil des historiens liégeois, avec les observations du moine Gilles (TOrval et ses propres annotations.

Harigère a laissé un écrit en forme de dialogue, entre ki et Adelbode , clerc de l'église de Liège et depuis t?êque d*Utrecht ; un Traité de la discorde de Téglise H dh Pavènement du Seigneur ; tX, un autre dans lequel il a ramassé plusieurs passages des SS« Pères touchant le corps et le sang- de J.-C, contre Paschase Radberl, publié par le P. Cellot.

MOlO ODON (St.), abbé et réformateur de l'ordre deCluni, introduisit à l'exemple de Notger, la com^ mmration des morts, dans tous les monastères de son ordre.

1014. ARNOUL II, comte de Looz, se voyant sans enf ans, laissa, à l'article de la mort, son comté à l'église de Liège , à l'instigation de Baldric , son plus proche parent, qui en était évêque.

1014. REGINARD, avant de partir pour la terre sainte , abandonna à l'église de Liège, le marquisat de Franchimont , dont il n'était que le seigneur feudataire relevant de cette église. Depuis lors, les Franchimontois devinrent citoyens de Liège , et furent représentés comme tels , aux Etgts du pays , par les deux bourgmestres de la cité.

1014. JEAN, évêque d'Italie , se retira à Liège où fl mourut. ^ C'était un peintre habile pour le temps , et dont la connaissance et le goût des arts durent être de quelque secours à une époque où Liège comïûençait à les cultiver.

1017. BALDRIC, évêque de Liège, fonda l'abbaye

de St.«*Jacqi]es à la persuasion et d'après les conseils de Tévêque Jean. Yersé dans les sciences divines et humaines, comme on les appelait alors, il les enseigna lui-même et soutint la réputation des écoles de Liège. Sous son épiscopat, le pays s accrut du comté de Looz , dont il investit , du consentement de la nation , son propre frère, Arnoul, à titre de fief relevant de l'église de Liège , et sous la clause expresse , qu'à défaut d enfans mâles , ce comté retournerait à cette église. Le comte de Flandre prétendant au comté de Looz sur lequel il avait quelques droits , on transigea avec lui, et le pajs lui donna en fief le comté de Brugeron en Hesbaje et la ville de^ Diest, qui avait été loâg-temps la résidence des comtes de Looz.

1021. WALBODON (St.), fils de Godefroi, comte de Mons et de Jeanne , fille de Baudouin , comte de Flandre , doyen de St.-Martin à Utrecht , où il enseigna les lettres. Il fut successivement chapelain de l'empereur Henri II , évêque de Liège , chancelier de l'empire. C'était un homme très-érudit, d'une taille presque gigantesque, et d'une telle austérité, qu'il ne se nourrissait que de bouillie et ne buvait que de teau. Il a toujours été regardé comme l'un des plus vertueux

{)rélats qui [ait gouverné l'église de Liège. Reiniere-Yieux , moine de St.-Laurent au 1 2*^ siècle , nous a laissé sa vie. .

* 1024. CUNÉGONDE, fille de Sigefroid, I" comte du Luxembourg , et femme de l'empereur Henri II, soupçonnée d'adultère par son mari , prouva son inliocence , si l'on en croit quelques historiens , en tenant dans ses mains une barre de' fer ardent, sans se brûler. Henri étant mort en 1024, elle prit le Toile dans un monastère qu'elle avait fondé. £Uè y piourut. La cathédrale de Hamberg renfermé le corps de cette impératrice , canonisée par le pape Innocent IIL

1025. BURAND, archidiacre de Verdun , prévôt de Toumaj, chanoine de Liège et de Cologne, littérateur, grand théologien, savant pour son époque. Il fut le chancelier de l'empereur Conrad II, et ensuite évéque de Liège. Avare, intolérant, il mourut des suites d'un songe dans lequel l'ombre de Walbodoii lui était apparue , disent les chroniqueurs pour lui reprocher de s'être en^paré du legs qu'il avait fait au monastère de St.-Laurent. Chapeauville rapporte une lettre de cet évéque , des plus intolérantes , écrite à Henri , roi de France , pour l'exhorter à s'opposer par tous les moyens aux progrès des partisans de Béranger de Tours et de Brunon d'Angers.

On lui attribue un Traité 9ur TEucharUtie, établissant la présence réelle du corps et du sang de J.-G. dans ce sacrement. Ce traité est inséré dans le 3* tome da la Bibliothèque des Pères.

* 1026. HUBALD, célèbre architecte Liégeois. Il se fit admirer en Europe par la construction de plusieurs édifices et églises remarquables, entr'autres, par celle du monastère de Stavelot. La flèche de cette église passait pour l'une des plus belles de l'Europe : elle avait 30 cloches et 300/nerf* d* élévation, y compris la muraille haute de 123 pieds.

* 1027. FOULQUES , préchantre de l'abb?iya de St.- Hubert , où l'on cultivait alors avec succès la peinture , acquit de la réputation dans la sculpture, la ciselure, et surtout dans la peinture en miniature.

* HERBERT , religieux du même monastère , peintre assez estimé, mort à la fleur de l'âge et fort regretté.

*GISLEBERT,REMI et RODULPHE, moines du même monastère , célèbres copistes. Foulques peignait les httres capitales des manuscrits qui sortaient des mains de ces hommes industrieux. La beauté et la

régularité de leurs caractères , sont encore aujourd'hui un objet d etonnement et d admiration.

1027. ADELBODE, noble et savant Liégeois, sorti des écoles de Liège , écrivain élégant. Il fut chancelier de l'empereur Henri II qui le fit nommer étêque dlJtrecht. On lui doit la reconstruction de Yéglise carthédrale de cette ville. Ses ouvrages sont : une vie de Ste. Walburge, celle de t empereur Henri II, dit St.^ Henri; un Traité sur T astronomie et un autre sur la géométrie. Plusieurs de ses manuscrits se trouvent encore à la bibliothèque du Vatican et à celle de Vérone.

1038. REGINARD , prévôt de Bonn , acheta Tévêché de Liège , et alla à Rome pour en obtenir sa confirmation. Il se distingua par sa philanthropie , considérant tous les hommes conim.e une famille de frères; tel est en effet l'esprit de la morale chrétienne. Oa lui doit la reconstruction, sur un plan plus vaste, de Yéglise etdu monastère de St.-LaurenU Quelques auteurs lui attribuent la construction du prem,ierpont de pierre sur la Meuse à Liège , et la fondation de l'église de St.-Nicolas-aux-Mouches en reconnaissance de la cessation d'une épidémie causée par ces insectes.

1039. CONTRAN, abbéde St.-Trond , musicien distingué. Rodulfe dans sa chronique de St.-^Trond , rapporte que cet abbé avait une voix si estimée par sa force, son étendue et son harmonie , qu'aux fêtes solennelles, on le faisait venir à Liège pour présider au chœur des chantres dans ^'église St.-Lambert : là, il fixait tous les regards par sa belle prestance, et charmait les oreilles par la douceur de son organe.

1040. POPPON (St.), Flamand, célèbre abbé et réformateur des abbajes de Stavelot et de Malmédy, évêque d'Arras, était abbé^ dit-on, de trente-^eux

mmastères. II fit reconstruire Véglise de StavehL Oa voit le tombeau de St. Poppon dans l'église abbatiale * de cette abbaye. Onulfe, moine de Slavelot, a écrit le commencement de la vie de ce saint; Everhelme, eon neveu , abbé de Hautmont la continuée et achevée.

1042. NITHARD, évêque de Liège. Sous son épiscopat y le comté de Haspinga en Hesbaye, fut réuili à l'état de Liège. Selon M. de Villenfagne , le B"*" De Crassier , savant antiquaire liégeois , aurait possédé, dans son cabinet de médailles, quelques monnaies à l'effigie de P^ithard.

1047. LAMBERT de Liège, moine et écolâtre de l'abbaye dé St.-Malhias à Trêves, littérateur, poète. Il a composé cinq livres de miracles des saints, et a laissé une vie de St. Mathias de Trêves, et celle de St. Agrice.

1048. WAZON, chanoine et écolâtre de l'église de Liège, fut le bibliothécaire de Notger, et Tun des hommes les plus instruits de son siècle. 11 eut pour disciple le savant Maurille, archevêque de Rouen. Après avoir déjà refusé Tépiscopat, il fut élu malgré lui évêque de Liège, lorsqu'il était déjà vieux; élevé dans ce poste éminent, il s'y distingua par une charité vraiment chrétienne , par sa tolérance envers les manichéens et sa fidélité aux traités.

Après l'embrasement de la yille de Liège en 1468, on retrouva le distique suivant gravé sur son tombeau :

Antè raet mandiis quàm sargat Wazo secondas.

Wazon a laissé deux lettres qu'il écrivait au roi de France, pour le détourner de profiter de l'absence de l'empereur alors en Italie , pour venir assiéger la ville d'Aix-la-Chapelle ; une aw^re. adressée à l'empereur Henri lll, pour lui remontrer qu'il n'avait aucun droit sur l'élection des papes , et qu'il avait , contre toute

justice, déposé Grégoire YI ; ef une quatrième, dans laquelle il traite des devoirs attachés à la dignité de prévôt et à celle de doyen. Cette dernière est rapportée toute entière dans V Histoire de sa vie écrite par An* selme , chanoine de Liège.

1048. OLBERT, né à Lerne près de Thuîn , moine de Lobbes 9 abbé de Gernbloux et premier abbé de St.-Jacques. Après avoir fini ses humanités sous Haricère, il fut envoyé à Paris dans l'abbaye de St.-Germaindes-Prés pour s'y perfectionner. Peu de temps après , il fut chargé d aller à Troyes pour y enseigner la ihéo-* logie et l'écriture sainte. Désirant acquérir de plus vastes connaissances, il obtint la permission d'aller à QiartreSy où il se rangea sous la discipline du célèbre Fulbert 9 qui en était évèque. Il revint à Lobbes , où il professa quelques années , durant lesquelles il travailla avec Burchard, évêque de Worms, au fameux Recueil des canons , qu'ils distribuèrent pa/r matières et divisèrent en 20 livres; cet ouvrage a été imprimé en 1548.

Olbert acquit beaucoup de réputation dans lart musical par ses beaux chants pour les offices de Saint- Véron et de Ste.-Vaudru. Il a écrit une Histoire de Tancien et du nouveau testament , plusieurs vies de saints avec des ht/mnes et des proses sur leurs priticipales actions , entr autres , la vie de St. Véron qu'il ^composa à la prière de Régnier , comte deHainaut , et a été publiée en 1636 par Georges Galopin , moine du monastère de Gistin, qui accompagna cet ouvrage de notes intéressantes. - ■

Sigebert de Gembloux, dit dans ses hommes illustres, qu'Olbert se distingua par ses mœurs , sa piété et. ses connaissances en littérature et dans les matières ecclésiastiques. Il en parle comme du personnage, le plus savant de cette époque. On la confondu quelquefois

arec Osbert, moine de labbaye de Vaulsor au 12* siècle et auteur d'une vie de St. Foran, fondateur de labbaye de Vaulsor.

1048. ADELMATÏ, chanoine et écolâtre de leglise de Liège , évêque de Brescia en Lombardie. Il eut pour maître dans les hautes sciences le célèbre Fulbert, ëvèque de Chartres. Adelman composa contre Bé-« ranger, son condisciple, un traité sur leucharistie , où il défend ce mystère avec une sagesse et une modération admirables. La doctrine de cet ouvrage l'a fait juger digne d'être inséré dans la bibliothèque des pères de l'église. Il a laissé des riihmes alphabétiques ou prose cadencée et rimée , dont chaque strophe composée de trois vers , commence par une lettre de lalphabet. On y trouve le portrait de Tévêque Fulbert , et une notice sur les principaux hommes de lettres formés de son temps à reçois de Chartres et à celle de Liège. Cette pièce est insérée dans le tome IV* des Analectes du P. Mabillon , dans la collection de dom Martène et dans celle des ouvrages de Philastre par Galéardi.

* 1049. HUBERT , religieux de Tabbaye qui porte ce nom en Ardenne, excellait dans la musique, et touchait admirablement de Torgue. Il est à observer , rapporte dom Rivet , que les orgues étaient encore rares dans les églises.

* 1050. EREMBERT, abbé de Vaulsort, travaillait avec tant d'art lor, l'argent et le cuivre, que ses ouvrages vantés par ses contemporains, étaient encore admirés au IS"" siècle. On montrait encore alors dans son abbaye, comme des pièces curieuses, deuûs tables dargent qu'il avait sculptées ou ciselées.

* 1050. ERKEBERT , clerc de l'église de Liège , savant antiquaire.

Egbert ou Erkebert, frère d'Elisabeth de Schœnauge ,

abbèsse de Tordre de St.-Benoit au diocèse de Trêves ^ auteur d'un ouvrage sur l'origine de la fête de Sainte-- Ursule et des onze Titille vierges , imprimé à Cologne en 1628, a écrit trois livres des révélations de sa sœur ainsi que sa vie. C'est peut-être le même.

1055. GONZON , frère de Wazon , abbé de Florenne , est l'auteur d'une Histoire de la fondation decemorms^ tère et d'un livre des miracles de St. Gondulfe, évêque des Tongrois.

1056. ANSELME, noble Liégeois, d abord chanoine de Notre Dame à Namur et ensuite doyen et écolâtre de l'église de Liège, accompagna à la Terre-Sainte Théoduin. A la sollicitation ' de larchevêque de Cologne , il continua \ Histoire des évéques de Liège com^ mencée par Harigère et la termina en l'an 1048. Alexandre , chanoine de Liège, à la prière de Ste. Ide^ abbessc de Ste.-Cécile, à Cologne, dont le moine Uffin a écrit la vie, continua Y Histoire d Anselme j usqu'en 1 056.S

1058. FRÉDÉRIC , fils de Gothelon , duc de la fiasse^ Lorraine , élève , chanoine et archidiacre de l'église de Liège , pape sous le nom d'Etienne X. Léon IX , son parent, à son retour de Majence où il était allé présider le concile , vint à Liège dans l'espoir de terminer les différends qui existaient alors entre l'évêque Théo-^ duin et les princes voisins. 11 emmena avec luiFrédérîc à Rome, et le nomma successivement, cardinal, abbé du Mont-Cassin , bibliothécaire du Vatican , chancelier de l'église romaine. 11 l'envoya ensuite à Constantin* nople en qualité de légat ; c'est alors , que de concert avec le cardinal Humbert , il écrivit contre l'église d'Orient , le fameux livre : De corpore Domini. A son retour, il fut élu pape et prit le nom d'Etienne X.

11 envoya à l'évêque Théoduin une portion consîdé*^ rable du bois de la vraie croix, comme le plus précieux gage de son souvenir et de sa reconnaissance pour

l'église de Liège. Sous son pontificat, le .mariage des prêtres et leurs alliances incestueuses , alors très-fréquentes, furent sévèrement interdites.

Ce pape confirma solennellement le droit qu avaient les empereurs d'élire les papes et d'investir les évêques; bien opposé en cela à Grégoire VU , qui proclama plus tard , qu'il ne reconnaissait d'autre autorité sur la terre , que celle du vicaire de J.-C. , dont le royaume cependant n'est pas de ce monde.

Etienne est le premier pape qui soit sorti du chapitre cathédral de St.-Lambert.

Il mourut à Florence , assisté à ses derniers momens par Hugues, abbé deCluni, qui, suivant Surius, le délivra de la présence du démon , qui le tourmentait horriblement.

1060. ADELART II, abbé de St.-Trond, se distingua dans la peinture et la sculpture*

1060. ALESTAN, élève , chanoine et célèbre écolâtre de l'église de Liège.

1061. ETIENNE de Liège , abbé du monastère de Sl.-Aîry à Verdun , poète , littérateur. Son zèle pour l'observance de la vie monastique , lui fit une telle réputation , que l'on tira de son monastère jusqu'à douze religieux pour les mettre à la lête de diverses maisons de Tordre de St.-Benoît. 11 a laissé une vie de St. Airy , ouvrage assez bien écrit , mais peu estimé pour son exactitude dans le récit des faits.

1061. GÉRARD de Bourgogne , élève et chanoine de l'église de Liège , évêque de Florence , pape sous le nom de Nicolas II , par l'influence du fameux Hildebrand , qui fit annuller à cet eflfet l'élection de Benoît X.

Ce pape , qui , par humilité , lavait tous les jours les pieds à douze pauvres y ôta au peuple romain le droit

exclusif qu'il avait jusqu'alors, d'élire les papes, pour le donner aux cardinaux , toutefois avec le consentement du clergé et des laïcs. Il tint un concile à Rome, où Béranger fut obligé de comparaître , de retracter ses erreurs, et de brûler de sa propre main, le livre de Scot Erigène, où il avait puisé ses sentimens sur leucharistie.

Le manuscrit de Béranger de Tours sur la nature de l'eucharistie après la consécration du prêtre, fut découvert vers 1760, par Lessing, dans la bibliothèque de Wolfenbutlel.

1066, LOUIS L;ANCIEN, moine et écolâtre de St.-Laurent près Liège , écrivain epclésiastique.

1066. LAMBERT de Liège, abbé de St.-Laurent, savant écrivain au rapport de Thistorien Fisen; ses écrits ne sont pas parvenus jusqu'à nous.

1066. FRANCO, chanoine et écolâtre de Liège, mathématicien , musicien , savant distingué ; il eut pour disciple Cosme de Prague.

Burnej, dans son Histoire de la musique, ouvrage savant écrit en anglais, dont V Esprit des jour natuc (N"* du mois de juillet 1783, page 214 et suivantes) a donné un extrait , revendique en faveur de Franco , l'invention des caractères musicaux pour le temps , attribuée généralement par d'autres à Jean de Murris. Burney dans ses recherches à la bibliothèque du Vatican , trouva écrit à la marge d'un manuscrit , dont Jean de Murris lui-'mèmeestl'auieuriMàgister Franco, qui invenit mensuraiam figuratam. Hans un autre, qui se trouve à la même bibliothèque , il acquit la preuve que Franco avait écrit sur la mesure.

Ce savant Anglais qui a découvert les ouvrages mornuscrits de Franco sur la musique^ en a donné l'extrait dans son histoire. Si l'on compare , y dit^il , la m^a^

nière de noter de Franco avec celte de Guy d'Arezzo , ou autres écrivains des 11* et 12* siècles, on doit être étonné de sa méthode, de sa clarté et de sa simplicité; car, bien quil n employât que trois caractères ou formes distinctes jle notes , cependant ^ par leurs diifé* rentes propriétés d'étendue ou de diminution, elles fournissent une grande variété de mesures et depropor* tùm; et s'il est certain qu'il ait suggéré la barre et le point d augmentation, les services qu'il a rendus à la musique pratique lui assignent une place parmi les fondateurs et les législateurs de l'art^

Franco a composé un Traité de la quadrature du cercle, un autre du calendrier, et quelques ouvrages iur t écriture sainte^

Trithème , Sigebert de Gembloux , Valère- André et autres anciens écrivains parlent avec beaucoup d'éloge de ce savant.

1070. AKNOULD V, comte de Looz et de Chiny, fonda conjointement avec Maihitde , épotise de Grodefroi-le-Bossu , duc de Lorraine , la célèbre abbaye d'Orval , qui devint l'une des plus riches de toute la chrétienté.

1075. THÈODUIN , issu de la maison de Bavière et allié à l'empereur Henri III, qui le nomma évéque de Liège. Il accorda en 1066, à prix d'argent, des privilèges et franchises à la ville de Huy , avec le droit din- ^rrection , si lui. ou ses successeurs venaient à les ^freindre^ La chartre qui les contient est un monument des plus précieux pour le droit politique et ITijstoire de Lié^.

L empereur sur le point de partir pour la guerre contre les Saxons, lui confia la garde de son épouse.

^ pape Grégoire VU écrivit à Théoduin , pour 1 engager à veiller avec soin à cç que les ecclésiastiques de son diocèse gardassent la chasteté et renvoyassent kurs concubines.

Théoduin accompagna Léon IX à Rome.

C'est sous son épiscopat en 1071 , que Richilde vendit à l'église de Liège la suzeraineté du comté de Hainaut et de la marche de Vahnciennes pour les tenir en fief de ladite église. Cette vassalité dura jusqu'en 1390. Il est parlé dans ce contrat, pour la première fois , du tribunal de paix.

On conserve une lettre de Théoduin , écrite à Henri, roi de France , dans laquelle il condamne les erreurs de Béranger et de Brunon, évêque de Chartres, les accusant de croire que Teucharislie n'est que l'ombre et la figure du corps de Jésus^-Christ ; que le baptême des enfans était nul, et d'avoir ruiné les mariages légitimes , en permettant aux hommes d'abuser indiffé'remment de toutes les femmes. Il désapprouve Henri de vouloir les faire condamner dans un concile , parce que Brunon, étant évêquè, ne pouvait être jugé sans lautorîté du siège apostolique.

* 1075. GAIiZECHlN, élève, chanoine et savant écolâtre de l'église de Liège.

1076. GODEFROID III, surnommé le bossu, due de la Basse-Lorraine et seigneur de Bouillon , épousa la célèbre Mathilde, et devint par cette union duc de Toscane.

* 1078. PIRON, bourgeois de Liège, fondateur de Thôpital Tire-Bourse.

* 1080. WALCHER, élève, chanoine et écolâtre de l'église de Liège.

* 1082. GUALTIER, chanoine de l'église de Liège, évêque de Dunelmensis en Angleterre.

1086. THIERRY, savant moine de Lobbes, abbé de St.-Hubert; Théoduin à son retour de Rome le ramena avec lui. Il enseigna à Stavelot et à Verdun. Son his-

toire est rapportée dans le Cantatorium de St. Hubert; tome IV de la collection de dom Martène*

1088. HËRMAN, fils de Conrad, comte de Luxembourg et en celte qualité pair de l'église de Liège, et selon d autres , fils de Gislebert , comte de Salm , en Ârdenne.

La considération qu'il s'était acquise en Austrasie le fit élire empereur d'Allemagne après la mort de Rodolphe , duc de Souabe , arrivée en 1080. Il abdiqua la couronne et fit la paix avec Henri IV, qui lui permit de se retirer dans le Luxembourg , où il passa le reste de ses jours.

1001. HENRI de Verdun, parent de Godefroid-le- Bossu , évèque de Liège ^ surnommé le pucifique , acheta de Richilde, comtesse de Hainaut, les château et seigneurie de Mirwart,, les terres de Bras et de Orupont , situés dans le duché de Bouillon. Il se montra toujours l'un des plus zélés défenseurs des droits de l'empereur Henri IV contre les violences de Grégoire VIL

Ce fut sous son épiscopat que \ établissement du fameux tribunal de paix , qui procura aux évoques de Liège une si grande influence politique , fut renouyelé, et que l'abbaje de St.-Trond fut consumée par les flammes.

1096. M ANASSES , seigneur d'Hierges au duché de Bouillon , accompagna Godefroi à la Terre-Sainte et ^tyvûX chancelier du royaume de Jérusalem.

1100. GODEFROID IV, dit de Bouillon, fils d'Eustache, comte de Boulogne , et d'Ide d' Ardenne , duc de la Basse- I^orraine , né à Bazy près de Villers , diocèse de Liège. Il eut pour premier maître , Pierre-l'Hermite , €t habitait souvent le château de Ramioul , situé sur les bords de la Meuse.

Ayant de partir pour la Terre-Sainte , il vendit à leglise de Liège, sous Obert, qui en était alors évêque, la terre et seigneurie de Bouillon.

Godefroid fut l'un des principaux chefs de la pre-> mière croisade , composée de plus de 600,000 hommes , qu'une humeur inquiète, et la croyance de gagner des indulgences plénières , avaient enrôlés dans cette guerre, qui nVût de saint que le nom, si Ion consi-* dère lès brigandages et les dévastations commises par les chrétiens , dont la plupart emmenaient avec eux leurs maîtresses, par un mélange hétérogène de dé^ bauçne et de piété. Un, grand nombre de chevaliers liégeois accompagnèrent Godefroid. En leur absence ^ leurs femmes se réunirent et fondèrent le monastère de Marche^les-Dames , où elles restèÉ^nt en attendant le retour de leurs maris.

Digne du trône par sa valeur et ses vertus , il fut élu roi de Jérusalem ; mais 'il n en voulut prendre que le titre de baron et d'avoué du saint sépulchre.

Godefroid fit publier en langue romane ou wallone, les Assises de Jérusalem^ monument précieux pour le langage du temps , l'étude des lois du moyen âge et de leur juste application aux besoins de Tordre social. On en attribue la rédaction à Philippe de Navarre , savant jurisconsulte , qui avait suivi les Croisés. La seconde révision des Assises fut faite en 1260 par Jean dlbelin, et la troisième par Jean de Lusignan. Ce code des lois du moyen âge est perdu ; on en possède seulement quelques fragmens traduits en latin , dans la bibliothèque du Vatican.

Godefroid mourut à Jérusalem et y fut enterré dans l'égUse du St.-Sépulcre. Les exploits de. Godefroid sont consignés dans : Labores Herculis christiani Godefridi Bullionii, Lille 1674, in-12, du P. Waha, jésuite ; ouvrage d'une latinité pure et nerveuse ; et dans la Jérusalem délivrée du Tasse.

llOa. RICHER , moine de Yaiilsort, auteur d'une Histoire de la translation des corps des SS, Victor et Candide.

1104. GÉRARD, dabprd écolâtre de 1 abbaye de Lobbes , chanoine de Liège , et ensuite cardinal , Tint à Liège en qualité de légat» et j tint un concile.

1106. HENRI IVi dit le vieux et le grande enipe«»

reur d'Allemagne , fils de Henri III ^ né en 1050 ^ suc»

céda à son père à Tâge de six ans» et régna par lui«

même à 13 ans. II combattit contre les Saxons qui

voulaient le forcet à renoncer à ses maîtresses et à la

vente des bénéfices ecclésiastiques^ Ils s'adi^esséreiit à

Grégoire Vil » qu'il fit dèposeï^ pai* la diète de Worms ;

celui-ci» par repressdilles » l'exCûmmunia » délia ses

sujets du serment de fidélité» et nomma à sa place

Rodolphe » duc de Souabe , que Henri tua après lavoir

défait à la journée de Yolchnein. Il mit ensuite Guil-

bert , archevêque de AaVenne ^ sur le siège de Rome.

Henri se trouvant à Liégé eu 1076 ^ les religieux de

Stavelot » alors en discussion avec ceux de Malmédy

pour là priorité de leui* monastère » vinrent trouver

Ce prince, apportant âved eux en grande pompe le

Corps de St. Remacle » qu ils jetèrent sur la table dans

le lieu où il tenait sa cour » et lui arrachèrent ainsi d6

force une décision qui leur donnait la supériorité sur

ceux de Malmédj. Grégoire VII étant mort , Pascal II

fut élu en opposition à Guibert» et couronna empe*

i^ur, Conrad» roi d'Italie. Henri V» fils de Henri»

soutenu de Pascal, fut ensuite proclamé empereur ;

il fit son père prisonnier et n'eut pas honte de le dé->

pouiller des insignes de l'empire et de le forcer à

errer sans secours.

Excommunié » abandonné des princes de l'empire» et détrôné par son propre fils» Henri IV se réfugia à Lîége » où il fut re^u avec honneur par les habitans et

réyéque (%erl, malgré la colère et les ineoaces de Pascal II.

C'est dans cette ville , que ce prince infoituné écrivit au roi de France et à tous les princes de l'empire , Ces lettres si touchantes , dans lesquelles il leur retrace l'histoire des persécutions et des trahisons qu'il avait essuyées et dont il était victime.

Henri IV coourut à Liège dans Féranstrée , à l'^nseigne de la hêlle côté, où il logeait. Il lut inhumé avec pompe dans Téglise de St.-Lambert, mais l'évèque et les JLiégeois furent -contraints de le déterrer et de le transférer en dornillon , territoire de Jupille , alors diocèse de Verdun , pour obtenir la levée de l'interdit lancé contre eux pur le pape Pascal IL II fut , cinq ans après» transféré par son fils à Spire, et plus tard à Aix-la-Chapelle. Les historiens rapportent que ce fut à loccasiou de la guerre de Henri V contre son père , où il faillit le faîre prisonnier , que les quartiers de St.-Barthélemi et la monts^gne de Ste.-Walburge furent enclavés dans la cité et tirés des faubourgs , dès lors très-étendus.

1107. THIERRY, abbé de St.-Trond , poète, littérateur^ philosophe, écrivain éloquent. Ce fut au sujet de son élection , que Lanzon et Luitprand se disputèrent la dignité abbatiale et causèrent de grands troubles dans cette abbaye. Durant la vie de ses deux compétiteurs , il se retira à St.-Pierre de Gand.

1109. EZELON, d'abord chanoine de l'église de Liège, et ensuite moiàfe de Cluny, savant architecte; il diri|;ea la construction de l'église de ce monastère , et fit un abrégé de la vie de St. Hugues , qui en était abbé.

1112« HENRI de Lorraine, comte de Limboui^, attiré par la réputation du Cn> , se rendit en Espagne ,

•t 9 j ^gnala dans divers combats. Il épousa Thérèse , princesse aussi ambitieuse que galante , fille naturelle d'Alphonse VI, roi de Castille et de Léon; il obtint le titre de comte héréditcdre du pays qu'il avait conquis sur les Maures, entre le Douro et le Minho, et mourut au siège d'Astorga.

Henri , de concert avec son frère Robert , évêque de Verdun , donna en aumône aux habitans de Beauîajs et des quartiers voisins, les vastes communaux connus sous le nom de bruyères de Beaufajs.

-Après la mort de Henri , la noblesse du pays révoltée de la faveur dont jouissait, auprès de Thérèse, Ferdinand de Transtamare, seigneur galicien, amant qui avait succédé à plusieurs autres , et qui éloignait des affaires le jeune Alphonse Henriquez , déjà en âge de gouverner ; Thérèse excita un soulèvement contre son fils, mais celui-ci la fit enfermer dans une prison où elle mourut en 1130.

1112. SIGEBERT, Liégois, moine de Gembloux, disciple de Franco, biographe, peintre , poète, canoniste , professa long-temps et en grande réputation dans l'école de labbaye de St.- Vincent de Metz. Connaissant parfaitement Thébreu , il obtint la confiance des Juifs auxquels il montrait les différences existant entre le texte hébreu et les versions, et corrigeait avec eux sur Toriginal. Il fut chargé par le clergé de Liège de répondre à la lettre du pape Pascal II , adressée au comte de Flandre, pour rengagera poursuivre retnpereiir Henri IV et les Liégeois , qu'il avait excommu|:iiés^ La réponse de Sigebert est insérée au tome vi* , 2" partie de la Collection des conciles de Hardouin.

11 écrivit plusieurs fois en faveur de l'infortuné Henri IV contre les violences des papes Grégoire VII et Pascal U. Il nous a laissé un Traité des hommes illustres^ un Catalogue des auteurs ecolésia^ùiques. Il mar-

qoa le temps dans ses ouvrages , selon le cours du soleit et de la lune.

Sa Chronique , si estimée des savans , commence à Van 381 , époque où finit celle d'Eusèbe , et se termine à Tan 1112. Aubert le Mire en a donné une bonne édition en 1608é

1114* IDE d'Ardentie , née à Bouillon en 1040, fille de Godefroid4e-'Barbu ^ duc de Lorraine , épousa Eustàche II i comte de Boulogne , dont elle eut Eus-» tache III ^ comte de cette ville , le fameux Godefroid de Bouillon ^ duc de Lorraine ^ et Baudouin qui suc* céda à son frère dans la possession du royaume dç Jérusalem \ elle eut en outre plusieurs filles , dont Tune d'elles épousa lempereur Henri IV«

1113. HILLINj abbé séculier de Notre*Dame*«ux- Fonts , dont il fit enfermer les baptistaires d'un ou* vrage jeté en fonte , chose digne de remarque et rare

f>our ce temps« Etant grand prévôt de Téglise de Liège ^ 1 fonda pour les pauvres l'hôpital Sté^Mathieu et la société de St.-Luc.

1115. PIERRE-L^ERMlTÊ > prêtre au diocèse d'Amiens, fut le précepteur de Godefroid de Bouillon. De retour d'un voyage qu'il avait fait à Jérusalem ^ ou tin grand nombre de chrétiens était allé dans lattente de la fin du monde que l'on croyait prochaine ^ et touché jusqu'aux larmes des maux que les Turcs leur faisaient endurer , il fut trouver le pape Urbain H ^ qui^ suivant les désirs de ce saint prêtre» et peut mieux affermir en Occident , la domination de la cour de Rome , proposa une croisade contre les infidèles ^ qui fut résolue dans un concile tenu à Clermont*

Pierre , dont la mission paraissait toute divine , prêcha aux princes une guerre iteinte en faveur des chrétiens opprimés ; sa voix retentit dans toute l'Eu**

rope , et les populations armées se précipitèrent vers rOrient.

n eut le commandement de 40,000 hommes , qui exercèrent toutes sortes de brigandages dans la Hongrie, et furent bientôt réduits à 3,000 par les Turcs et les maladies. Pierre était découragé i mais Tancrède le for^ de continuer une entreprise dont il était lau^ teur et le soutien, «

De retour de la croisade, cet homme, Tune des merveilles de son siècle , dont les discours transpor-f taient les peuples , dont les vêtemens , les poils même de sa monture étaient arrachés avec avidité et con-r serves comme des reliques, se retira dans la splitude,^ et fonda , ^ Neufmoustier près Huy , un n^anastère de chanoines réguliers , où il vécut et finit tranquille-^, ment ses jours.

On lui attribue la récitation de roffioe de Notre- Dame , q[ue ses religieux et les. Ctiartre\i]^ iniTc^t en usage,

Lun de ses desoendans qui mourut en 1655, François Tristan dit Vermite , poète dramatique , a laissé plusieurs ouvrages supérieurs à l'époque oii il vivait, qui ne lui rapportèrent que de la gloire et de la misère. IjOuis Tristan , peut-être aussi de la même famille , fut limtrument des cruautéê de Louis X(.

I^e jésuite Pierre d'Oultreman a écrit la viedePierre^ f Ermite et ck plusieurs croisés^ Valenciennes 1 632, in-8,

1117, NORBERT (St.), fondateur de l'ordre des Prémontrés à Huj , s'associa pour le gouvernement de son ordre , Hugon de Fosses ; il se rendit célèbre dans tout le diocèse par sa piété , sa science , et fut élu archevêque de Magdebourg,

Dans le même temps s'élevèrent Citeaux, Fontevraux et Qervaux.

1118. BAUDOUIN I", frère de Godefroid de Bouil^

Ion , qu'il accompagna à la croisade , lui succéda en qualité de roi de Jérusalem. On croit qu'il avait été chanoine dé Véglise de Liège.

1119. OBERT, chanoine de St.-Lambert, prévôt de Ste.-Croix, chapelain de lempereur Henri IV, évêque de Liège. Versé dans les sciences ecclésiastiques et profanes , doué d'un esprit supérieur , il gouverna son pays au milieu des circonstances les plus difficiles , avec autant de prudence que de fermeté.

Il donna un exemple bien rare de fidélité et de reconnaissance envers l'empereur Henri IV , abandonné de tous et excommunié.

Sous son épiscopat , les états du pays achetèrent la ville de Couvin avec ses dépendances et le château et territoire de Bouillon. Le comté de Brugeron, cédé au comte de Louvain par l'évêque Baldric et devenu un objet de contestation avec le duc de Brabant , fut adjugé par arbitres à l'église de Liège , qui le donna en fief à Albert , comte de Namur.

Obert fit l'acquisition du château de Clermont sur Meuse et de la terre de Fra^née, et fonda les églises paroissiales de St.-Hubert et de Ste.-Foi.

1120. ALBÉRIC ou ALBERT, chanoine et gardien de l'église du chapitre royal d'Aix-la-Chapelle.

Pour se consoler de n'avoir pu obtenir la permission de suivre les premiers Croisés dans leur expédition, il entrepritd'en écrire l'histoiresur les relations de témoins oculaires. Elle s'étend depuis 1095 jusqu'en 1120, sous le titre de Chronicon hierosolymitanum ; elle fut publiée en 2 vol. in-4" , en 1584; c'est un ouvrage rare , qui se trouve rapporté aussi dans les Festa Dei per FrancoSy 1611 , 2 vol. in-folio.

1124. RUPERT, abbé de Ste.-Croix de Lîmbourg, dont le zèle était si grand , qu'il retrancha à ses reli-

gieux , outre lusage de la viande , les œufs , le poisson ^ le laitage et le vin; ceux-ci s'en plaignirent à l'évêque qui lui remontra , qu'il ne devait exiger d'eux, que

I observance de la règle de St. Benoît j toute fois^, ne se croyant pas abstreint à ce commandement , il pratiqua pour lui-même ce régime austère , toute sa vie. Il a écrit un Commentaire sur le cantique des cantiques , un Traité sur le mépris du monde, une vie de St. Jean^ Baptiste , un livre de ses révélations , et plusieurs sei^mons et homélies^

1125. TANCHEUN on TANCHELME . hérésiarque du 12" siècle ,^ né à Anvers. dans les Pays-Bas, prêcha contre les sacremens et les dignités ecclésiastiques. Il gagna d'abord les femipes, puis les hommes par celles-ci.

II avait tellement fasciné Tesprit de ses sectaires, SL^'^^ abusait des filles en présence de leurs^ qf^è^es^ et des femmes devant leurs, maris,, qui se trouvaient très-honorés de la préférence que leur donnait ce prétendu prophète quifinit par avoir une escorte de 3000 hommes armés. Sa magnificence égalait celle d'un roi et elle y faisait contribuer le fanatisme de ses disciples. Il pré-^ tendit un jour avoir épousé la Vierge et leur demanda une dot ; aussitôt tous se dépouillèrent de ce qu'ils avaient de plus précieux. Cet enthousiasme fil beaucoup de prosélytes en Zélande , en Flandre et dans le diocèse de Liège ; mais il fut mis en prison par larchevêque de Cologne. Il s'échappa , et un prêtre crut faire une bonne œuvre , en lui donnant la mort. Son hérésie ne s'éteignit point avec lui.

1125. HENRI V , fils de l'infortuné Henri IV , empereur d'Allemagne. Il détrôna son père , et voulant conserver le droit d! investiture ecclésiastique , contre lequel il s'était élevé pour parvenir au trône , ii ne put forcer le, pape Pascal II , qui 1 avait soutenu dans son usurpation , à lui reconnaître ce droit. Pascal

protearta et ^e^j^communia Henri , qui lui opposa Grégoire yni| et finit par c^der pour obtenir 1 absolution, pe trouvant à Liège en 1 107 , Henri, youlant se ménager le clergé , accorda ^un diplôme , qui assurait aux cha-;* poines de Téglise St.-Lambert, les immunités de leun inaisons et de leurs domestiques, et les exeinptait de la jundictipn séculière. En vertu de ce diplôme le domes^ tique ^^un chanoine commettant xm délit dans la cit^ de JÀ^ge I devait être jugé dans le réfectoire de Sainte Jjambert par ses pairs domestiques de la claustralité j^ c'est-à-ïdire les boulangers, échat^sons, marguilliers, etc. Un laïc tuant pu blessant le domestique d^un cha-? poine , était sipumis lui et ses biens au for ecclésiastique: çHl niait le fait, il n*était plus admis au serment « mais au jugement de pieu. L'empereur Rodolphe , dans la confirmation de ce diplôme en 1275 , ajouta que le domestique d'un chanoine condamné par ses pairs ^ serait livré aux écheyins^ ppuy recevoir la peine de soi| prime.

1127. HÇGUES, religieui^ de Poreffe» est l-auteur d'une vie de Ste. Ivette et de çefles de plusieurs autres ^aitkts de Tordre de Citeaux^

1128. ALBÉRQNP', évêque de ^.iége, I^s historîenai lui attribuent l'abolition du droit a^reux de morte? inain , cputume barbare , destructive du plus sacré des droitsi de l'homme que Dieu a créé libre , qui consistait |i donner, ^ la mort d'un père de famille , le plus beau meuble au seigneur , que Ton ne pouvait racheter qu'ei^ coupant la main droite du défunt dont on lui faisait Toffrande. L'abolition de cette çoutupie n'a pu avoir lieu par Albéron , que pour ses doniaines et ceux du chapitre de Sl.rLambért; car , pour tout le^ pays ou fon diocèse, il fallait le consentement dM sens du pays, QU ]e décret d'MP^ diète générale de Fempire^

1129. FRANCON, abbé de Notre-Dame-d'Afflighem, successeur du bienheureux Fulgence . l"*', abbé de ce monastère , littérateur , poète ; il augmenta la bibliothèque de son monastère , fut estimé et recherché par Henri P',roi d'Angleterre, lia composé un Traité de la ghirecéleste » et un autre de layrâce, diviséen 12 livres^

1130. HÈRIBRAND , successeur du bienheureux fulgence , abbé de St.^Laurent près Liège ; poète , littérateur ; il a écrit la vie de St. Thierry^le^Jeune , abbé de St.-Hubert*

1130. REINIER-LE-VIEUX, savant moine de Saintfurent près Liège , est Tauteur des vies des SS» Lam* b&rt et Walbodoh, et d'un Catalogue des écrivains de 9on monastère.

1130, ALGER, chanoine et écolâtre de l'église de Liège, se retira au monastère de Cluny, pour avancer dans la perfection chrétienne. Il composa trois livres dans sa retraite , pour établir contre Béranger la réalité du corps et du sang deJ.^C, dans l'eucharistie» Erasme en faisait tant de cas , qu'il les revit et en publia une édition èi, Anvers en 1561. Jean Ylimmerius fait men« lion de ce savant ouvrage , dont il est aussi parlé dansi le tome &^ de la bibliothèque des Pères. Erasme , dans une espèce de parallèle qu'il fait entre Guitmont et Alger, trouve plus de force, de vivacité et de rhétorique dans le premier , mais plus de modération et de l'eligion dans le second , accordant à tous deux d'être également verâés dans la dialectique, la philosophie , une égale connaissance des livres sacrés et des Pères , et d'être aussi éloquens que des théologiens peuvent l'être.

U a encore écrit plusieurs ouvrages , entr'autres , un Traité sur la grâce et le libre arbitre, et trois livres sur b miséricorde et lejtègement de Dieu; à la tête de ce

dernier ouvrage, on trouve une lettre de Nicolas de Liège , qui prouve le cas que ses compatriotes faisaient de cet auteur. '

* HÉZELON et THESELIN , hommes distingués par leur science , chanoines de Téglise de Liège , se reti^ rèrent à Gluny dans le même temps.

* 1130. RAES de Dammartin , frère du comte de Boulogne, disgracié du roi de France se retira à Huj et épousa Alir de Warfusée. Suivant Hemricourt, il est le père de la noblesse de Hesbaje.

Alix son épouse, célèbre dans Thistoire du temps pour sa beauté , travaillait avec déjicatesse \or et la soie : la lecture et les jeux remplissaient encore ses mo^ mens. Elle lisait des livres qui contenaient les faits guerriers des chevaliers valeureux , ou elle jouait aux échecs et aux dames.

* 1132. INNOCENT II , chassé de Rome par ses neveux , vint avec St. Bernard à Liège ; il y eut avec l'empereur Lothalre II , cette entrevue célèbre au sujet des investitures , à laquelle Wilbalde, abbé deStavelot, assista. Après que cet empereur, à la persuasion de St. Bernard , leut reconnu pape et se fut désisté du droit d'investiture , il le couronna ainsi que son épousé avec solennité dans Vèglise de St.-Lambert.

Dans la diète tenue cette année à Aix-la-Chapelle aux fêles de Pâques , lempereur prononça une sentence en faveur de Téglise de St.-Servais de Maestricht contre celles de Notre-Dame et de St.-Lambert de la même ville, sur la sujétion des habitans à lune et Vautre église. Cette sentence est la base et l'origine de l'ancien droit public ou singulier condominium des deux seigneurs territoriaux ( le duc de Brabant et Tévêque de Liège), où la qualité de la mère et non celle du père , décidait de la qualité des enfans , quant à la sujétion à lune ou l'autre des deux juridictions.

1134. NICX)LASy chanoine de l'église de Liège, savant théologien, auteur d'une vie de St. Lambert, insérée dans Chapeauville ; elle est extraite d'un manuscrit de l'église cathédrale

1135. ALEXANDRE, évéque de Liège, plus guerrier que prêtre. Ce fut sous son épiscopat que les Liégeois remportèrent dans les plaines de Wildre près de Duras , contre le duc Godefroid-le-Barbu , comte de Louvain et duc de la Basse-Lorraine , une victoire mémorable par la prise de l'étendard de Gode froid , ouvrage artisteraent travaillé , qui lui avait été donné par la reine d'Angleterre, qui y avait travaillé de ses propres mains, et qu'il faisait conduire sur un char magnifique traîné par quatre bœufs. Pour conserver le souvenir de cet événement, on porta pendant plusieurs siècles cet étendard à Liège dans les processions des rogations*

Alexandre ayant été déposé au concile de Pise , mourut de chagrin au monastère de St.-Gilles, où il s'était retiré.

1135. RUPERT, moine de St.-Laurent près Liège, abbé de Deutz.vis-à-yis Cologne, savant écrivain , littérateur. Il étudia les belles lettres sous le savant Héribrand qui était passé de l'abbaye de St.-Jacques à celle de St.-Laurent, où Ion cultivait alors les sciences avec succès. Le père Mabillon le regarde comme l'homme de son siècle qui s'est le plus appliqué à la lecture des saintes écritures et en a fait les meilleurs commentaires.

Rupert , outre ses Commentaires sur récriture sainte et son Traité des o/^ces divins, a composé deuœ livres ^r la méditation de la mort, les vies de St. Héréhert tt de St. Eliphe, martyrs, 4 livres de vers et d* hymnes, une relation de l'incendie de t abbaye de Deutz dans laquelle une hostie fut conservée miraculeusement au milieu des flammes , une Histoire des abbés de St.-Lau-

rent et une autre des évéques de Liège; ces deux der* niers ouvrages ont été insérés dans YAmplissima Col'lectio de dom Martène et Durand.

1137. ANSELME, écolâtre, bibliothécaire et abbé de Gembloux , continua la chroniqiie de Sigebert , moine du même monastère, jusqu'en 1 137.

1138. ETIENNE, abbé de St.- Jacques, à Liège , musicien habile , auteur à'une vie de St. Mqdoaldè , arche-» vêque de Trêves et de X Histoire de la translation du corps de ce saint. Il rapporte que de son temps, ton» concouraient à l'élection de Vévêque^ le dtu), le clergé et le peuple, et que le roi la confirmait,,

1143, ERMESINDE, fille de Conrad, comte de Luxembourg, mariée en premières noces à Albert „ comte de Moha , frère du pape Léon IX , et en secondes à Godefroid, comte de Namur, dont elle eut trois filles : Gertrude, épouse de Tempe reur Conrad III: Lutgardc, mariée à Godefroid U, duc de Brabant; et Irène , femme de Manuel Commène , empereur de Constantinbple. Cette princesse fit don à labbaje de Floreffe de l'hôpital de Wanze, et enrichit de ses biens celle de St.-Victor à Huy.

1145. ALBÊRON II, de Namur, évéque de Liège, Dans ce siècle de simonie , de dépravation et de licence, il était d usage à Liège de donner les filles en mariage de préférence aux ecclésiastiques parce qu'ils étaient les plus riches. Le libertinage le plus débouté s'y pra-* tiquait publiquement.

Ce fut à cette époque qu'on imagina pour égayer les cérémonies trop graves des fêtes de Pâques et de la Pentecôte, de créer une reine des concubines, nom qu'on donnait à une femme de mauvaise vie, prise ordinairement, dit Gilles d'Orval, parmi les conçu* bines des prêtres. On la revêtait d'habits somptueux

et d'un diadème ^ et on la plaçait au milieu de îégli^ sar un trône; tout le monde, les prêtres comme le peuple ) chantaient tout le jour au son des tambours et des instrumens de musique autour d^ la reine, à laquelle on avait l'air de rendre une espèce de culte idolâtre.

1145. OLDÈRIC VITAL, historien normand, intéressant pour l'histoire de Liège et particulièrement pour celle de Bouillon.

1145. LAURENT de Liège , moine de St.-Viton; il a écrit une chronique très-estimée des évéques de Verdun et des abbés de St.- Vanne, depuis 1040 jusqu'en 1 1 44 ; il a continué celle de Bertaire ; elle est insérée dans le 12" tome du Spicilége de dom d*Achery et dans le !•' tome de l'Histoire de Lorraine de dom Calmet.

* 1147» BERNARD (St.), vint à Liège pour la seconde fois en 1 146 et y prêcha dans l'église de St.-Lam-* bert contre le luxe et les richesses des ecclésiastiques, n y revint encore l'année suivante à son retour d'Allemagne , et y prêcha la 2* croisade qui fut une nouvelle époque de liberté pour les serfs et les communes, qui achetèrent leur affranchissement des seigneurs qui faisaient alors argent de tout pour aller à la crotsade. Sa parole était toute puissante et produisait des merveilles*

On a conservé ses sermons manuscrits : ils sont écrits en langue romane ou vieux wallon , tel qu'on le pariait alors.

1149. WAZELIN MOMALE, né à Fexhe près de I;%e, abbé de St.-Laurent, littérateur, écrivain ascéhque, musicien, peintre. Il est Tauteur du livre : JDe c(Mensu evangelistarum , et d'une lettre sur la conti^ ^^^*^ à observer par les gens mariés, adressée à labbé de Florennes et citée par le savant Mabillon. Accusé

de mauvaise doctrine, il fut dénoncé à Eugène III , mais Wilbalde , abbé de Sta velot , prit sa défense et le disculpa.

Il se plaisait à tracer des "sujets emblématiques tirés de la Bible , dont on était alors très-curieux.

Il eut pour disciples : Gilbert , auteur de beaux chants sur St. Georges et Ste. Begye : Jean et Nison» qui en composèrent pour les offices de plusieurs saints»

1149. ARNOUL de Gembloux, abbé du monastère de ce nom , continua la chronique de Sigebert depuis 1137 jusqu'en 1 149, et mourut à labbaje de Signy.

1 150. GUILLAUME , né à Liège , abbé de St.-Thîerry près Reims, savant théologien, controversiste , dont Mabillon fait l'éloge ; il fut le premier qui écrivit contre les propositions d'Abeilard sur lu Sainte Trinité. St. Bernard avait pour lui la plus tendre amitié et lui dédia son Traité de la grâce et du libre arbitre. Après avoir abdiqué en 1133, il embrassa Tordre de Citeaux à labbaye de Signj près Mézières. 11 a écrit la vie de St. Bernard. Parmi ses nombreux ouvrages rapportés dans le tome 12* de Y Histoire littéraire de la France, on remarque une lettre latine sur la vie solitaire adressée aux chartreux du Mont Dieu en Ardenne.

1150. HELBERT de Liège, moine de St.-Hubert , philosophe , théologien , versé dans les saintes écritures , excellait dans la musique ; il a laissé un Commentaire sur le livre d'Abacuc.

1 1 57. PIERRE , abbé de Quny , élève de l'université arabe de Cordoue , traduisit d'arabe en latin la vie de Mahomet, et procura à St. Bernard un savant Anglais , nommé Robert , pour lui interpréter VAlcoran.

^1157. LUC, abbé du Mont Cornillon près Liège , disciple de Richard 1*', abbé de FloréfTe. Sa science

et sa piété lui méritèrent le êurnoin de ffremd dans Tordre des prémontrés. II fut toute sa yie l'adversaire de la doctrine de Tanchelin d'Anvers , qui enseignait que le 'Sacrement de leuckaristie était inutile pour le salut, et que les ordres sacrés n'étaient qu'une vainc fiction.

Luc se livra particulièrement à la prédication. Il a laissé un Commentaire du cantique des cantiques y dédié à Milon, évêque de Térouane. Cet ouvrage fut publié à Fribourg en 1538 , et peut être regardé comme l'abrégé d'Apondius.

1158. RODOLPHE , abbé de St.-Trond , né à Munster SUT la Sambre près de Namur , rhétoricien , poète , musicien, écrivain distingué pour son siècle, introduisit dans son monastère la méthode de Guy d*Arezzo pour le chant ecclésiastique , et composa un volume d*hym.nes notés de sa main , pour les grandes solennités. Il a écrit la Chronique de son m^onastère jusqu'à son temps. Cet ouvrage manuscrit renferme des faits curieux, intéres* sansetpeu conniis.Dom Acheryl'a insérée dans le 2" volume de son SpiciUge. Il est Fauteur de la vie de SuLiebert, évèque de Cambrai , et d'un Traité contre les simoniaques^

1158. PHILIPPE de Liège, archidiacre de cette église, se retira au monastère de Clairvaux dont Sainte Bernard était abbé. Il a écrit la vie de la B. Elisabeth de Spalbeck , religieuse de Herkenrode , au comté de Looz. On lui attribue le premier livre des miracles opérés par St.-6ernard en Flandre , au pays de Liège et en Allemagne.

1158. WILBALDE , né au diocèse de Liège , célèbre abbé de Stavelot ; il fit ses premières études dans les écoles de cette abbaye alors dirigées par Reinard ; il vint ensuite étudier à Liège la dialectique, Yarithmé^

tUjm, la géométrh et Xaêtronomhi se retira ensuite à Tabbayc de Wesler près Chimay ^ où il fut charge de la direction des écoles. Elu abbé de Starelot et de Malmédj en 1130^ il obtint peu die teinps après lâi confiance de Teiûpereur Lothàire ^ qui l'envoya en Italie à la tête d'une armée pour soutenir le pape Innocent n , et le chargea ensuite du commandement de ses flottes dans là Méditerranée.

Après la mtH't de Lothàire, il contribua à faire élire empereur , Conrad ^ duc de Souabe, qui le nomma abbé de la nouvelle CorbiCi

Il fit partie de la croisade ordonnée par le pape Eugène III contre les Esclàvons; assista aux conciles de Reims et de Trêves au nom du roi Henri-le-Jeune. Frédéric ^ élu empereur , l'employa dans toutes les aSkires importantes en qualité d'ambassadeur ordi-> naire t il assista au couronnement dé ce prince par le pstpe Andrien YL Au retour de sa deuxième ambassade à Constantinople , il mourut, dit-^on, empoisonné à Béthulie , ville de Paphlagonie , d'où ses os furent rapportés à Stavelot par les soins de son frèrd Erlebalde.

Ce prélat, d'une prudence parfaite et dune rare capacité dans les afialires, a laissé 141 lettres (monu-» ment précieux pour l'histoire de ce temps) , insérées dans ÏAmplisêima Collectio de Martène et Durand.

1160. NISON, moine de St.-Laurent près de Liège, musicien estimé , écrivain ecclésiastique , horotne d'une vie très^innocente et d'une doctrine êingulière. Reinier , moine du même monastère , le cite dans ses Hommes illustres.

1163. AL6ÉRIC , moine de Trois-Fontaines. On croit qu'il vécut dans le monastère de Neufmoustier près de Huy,

La chronique qui porte son nom » comprend les

principaux évènemens depuis la création du monde jusqu'en 1241. La première et la plus grande partie de cette chronique n a point été imprimée. L'édition donnée au public, en 1698, par le savant Leibnitz et qui commence à Tannée 960 de l'ère vulgaire, est la meilleure que nous ayons. Une foule d'écrivains célèbres se sont appuyés de l'autorité de la chronique d'Âlbéric , intéressante surtout pour débrouiller les généalogies des familles illustres et connaître des faits , qui , sans elle , seraient entièrement ignorés.

Leibnitz a trouvé un manuscrit dans la bibliothèque impériale de Vienne, intitulé : Chronique dAlbéric ^ moine de Trois- Fontaines , dans le diocèse de Liège. D'après le nombre d'évènemens minutieux qu'il ra-conte sur Liège, Huj et ses environs, Leibnitz a cru qu'Âlbéric avait vécu dans le diocèse.

Il est peu d'ouvrages qui ayent fourni plus de matériaux pour l'histoire du moyen âge.

1 Ï64. HENRI de Leyen , évèque de Liège , guerrier, zélé réformateur des mœurs, accompagna deux fois en Italie l'empereur Frédéric P' pour soutenir ses droits contre 1^ cour de Rome. Avant de le rejoindre deins sa seconde expédition en Italie , il confia à qtuitre prêtres le soin du spirituel de son diocèse, et aua; barons celui du temporel : il exhorta ensuite toutes les bonnes villes du pays à se con fédérer ensemble dans un esprit de justice et de paix pour s'opposer aveè vigueur à quiconque voudrait les molester ; leur reconnaissant en principe le droit sacré d'insurrection, déjà établi dans la chartre donnée en 1066 aux habitans de Huy par l'évêque Théoduin.

Sous Henri de Leyen, letat de Liège s'accrut de l'acquisition des châteaux de Rode, de Fontaine et de Beaumont»

L'empereur Frédéric, après la mort de l'antipape

Victor IV , proposa la papauté à Henri de Lejen ; mais celui-ci la refusa , et Pascal LU , qu'il sacra évêque pendant son séjour à Rome, fut élu pape à sa re-^commandation. Il en obtint comme une insigne faveur pour son église , les corps des trois mages , qui furent abandonnés après sa mort , à larchevêque de G)logne.

L'évêque Henri, honoré de toute la confiance de iFrédéric , fut chargé par lui du gouvernement du Milanais , et mourut à Pavie.

1166. ERLEBALDE, frère de Wilbalde, d'abord moine de St.-Laurent, ensuite archiviste et abbé de Stavelot : honoré comme son frère de la confiance de l'empereur Conrad , il fut son chancelier et l'accompagna à la Terre-Sainte.

1167. ALEXANDRE, grand prévôt de St.-Lambert, évêque de Liège, fut chargé conjointement avec l'archevêque de Cologne , d'exposer pour la première fois à la vénération des fidèles dans l'église du chapitre royal de Notre-Dame à Aix-la-Chapelle, les ossemens de Charlemagne , canonisé par le pape Pascal III. Il accompagna l'empereur Frédéric dans sa dernière expédition en Italie pour soutenir les antipapes.

Alexandre sacra roi de Sardaigne , Barsona , qui en avait acheté le titre de l'empereur Frédéric, moyennant 4,000 marcs d'argent ; et il mourut de la peste à Rome.

1167. GUIBERT, abbé de Gembloux. Il nous a laissé vingt-une lettres insérées dans dom Martène , qui jettent un grand jour sur l'histoire du monastère de Marmoutier , où il s'était retiré avec ses religieux , après la dévastation de son abbaye.

1171. LOUIS II, comte de Looz; dom Clément rapporte , qu'après une guerre contre les comtes de Namur

et de Dàsbourg et plusieurs incursions au pays de Stavelot, il partit pour la Palestine. A son retour, il écrivit à Louis-le- Jeune , roi de France , qu'obligé de guerroyer tant pour lui que pour ses amis, il le priait de lui envoyer une cuirasse et un casque , qui fussent larges, amples et de bonne trempe^ ne pouvant en trouver dans le pays qui fussent propres à sa mesure. Cette lettre , dit dom Clément , sert à faire connaître X humeur guerrière et la corpulence peu comm,une de ce comte. C'est lui qui transféra l'assemblée de ses feudataires dam le bourg de Curenge , dont il fit réparer le château, d'oii cette juridiction prit le nom de salle de Curenge (qu elle conserva jusques dans les derniers temps ) , à l'exemple , sans doute , de la salle ou halle où les Francs se réunissaient dans laCampine, pour traiter des affaires publiques.

1173. AMAURI P' , roi de Jérusalem, né dans TÂrdenne , homme de génie , mais d'une avarice sordide qui ternissait ses bonnes qualités. Il fit plusieurs guerres dans le seul but de s'enrichir et finit par perdre tous les tributs que lui payaient ses voisins. Il mourut sans avoir pu repousser les Sarrasins de la Terre-Sainte , malgré tous ses efforts.

1 180. BRUNO (St.) de Cologne , fondateur des Chartreux, qui , par sou zèle , s'introduisirent dans le diocèse.

1180. ISABELLE de Hainaut , comtesse d'Artois , femme de Philippe- Auguste , roi de France , vassale de l'église de Liège , en sa qualité de comtesse de Hainaut.

1182. REINIER, moine de St.-Laurent près Liège, littérateur, poète, érudit , a écrit là vie des homm£S illustres de son monastère.

1183. LAHBERT-LErBÈGUE, savant et pieux ecclésiastique liégeois , persécuté et même indignement traité pour ses dédamations publiques contre la corruption des mœurs du clergé. Traité de fou par Tévêque Radulphe qui le fit enfermer et ensuite conduire à Rome , où il fut bien reçu du pape qui lui permit de prêcher en toute liberté. A son retour à Liège , il fonda , de ses propres deniers , l'église de. Saint-Christophe çt l'institut des béguines ou filles vivant en communauté et engagées par des vœux à garder la chasteté. Il sortit du béguinage de Saint- Christophe à Liège , un^ grand nombre de filles qui . allèrent s'établir à Nivelles en 1207, et delà se répandirent par toute la Flandre , en France et en Allemagne. Les béguines existent encore en Belgique et en Hollande. Il composa une table qu'on appelle table de Lambert , et VAntigrap/^e, ouvrage singulier et inédit, sur les mœurs corrompues des ecclésiastiques qu'il adressa à Lambert , curé de Theux. On conserve Y Antigraphe en manuscrit à la bibliothèque du roi à Paris. Il traduisit le premier, en langue romane ou * wallonne , les Actes des Apôtres, qu'il dédia au pape Alexandre III.

Lambert est célèbre dans Thistoire par sa prédiction de l'incendie et de la ruine prochaine de l'église St.-Lambert, qui arrivèrent en eflTet après sa mort. Cet événement fut la cause première de la perte des Chartres et archives du pays, que Ion conservait alors dans ce temple*

On trouve l'origine des Béguines dans le Chronicon cisterdense d'Aubert le Mire. Cologne, 1614.

1185. HENRIQUEZ {Alphonse), fils de Henri de Lorraine, comte de Limbourg, et de Thérèse, fondateur du royaume de Portugal , après la victoire qu'il gagna sur les Maures à Ourique, en 1139, Ce prince

donna une constitution aux Portugais, et la soumit à leur acceptation en 1145, dans la fameuse assemblée deLamégo. Le pape Alexandre lui confirma le titre de roi en 1169, moyennant un tribut annuel de deux marcs d'or.

1185. HAPPART {Adulphe), moine de St. -Hubert, auteur d'une Chronique manuscrite de cette abbaje.

1185. IVERE (Ste.) , recluse de Looz et amie de Ste. Christine , acquit une grande célébrité par ses vertus et ses miracles.

1186. HENRI de Castres, chanoine de Téglise de Liège ; après avoir occupé plusieurs années le siège ëpiscopal de Verdun , il revint à Liège et j mourut.

1190. GÉRARD, comte de Looz, accorda aux habitans de Brustem les mêmes privilèges et franchises , que possédaient les citoyens de Liège. Pour expier le sac de la ville de ïongres, il fonda labbaje de Herkenrode, devenue l'une des plus riches des Pays-Bas. A la sollicitation de Ste. Ivère , il partit pour la Terre-Sainte. Pendant son absence, Hugues, son frère , qu'il avait chargé du gouvernement du pays, séduisit sa femme et l'épousa. 11 mourut à Ptolemaïs en Egypte.

C'est l'époque d'une foule de fondations d'hôpitaux pour la lèpre , maladie très-commune alors , et rap- Iwrtée par les croisés en Europe.

1191. ALBERT de Louvain, frère du duc de Bradant, archidiacre de la Campine , fut élu évêque de Liège contre le gré de l'empereur Henri VI. 11 alla à Rome où il fut bien reçu du pape Célestin lU , qui confirma son élection et le nomma cardinal. H se fit sacrer à Reims, où il fut assassiné par les émissaires de l'empereur et mourut martyr de la querelle des papes ^t des empereurs pour les investitures. On croit que c est pour expier ce crime, que Henri fonda à perpétuité dans l'église de St.-Lambert deux autels et deux messes

quotidiennes, dont les desservans s'appelaient chunoines impériaux,

Albert ne fut pas canonisé ; lé pape Martin Y permit seulement qu'on en fit la commémoraison dans les églises de Reims et de Bruxelles.

Simon, moine d'Afflighem a écrit sa vie et F histoire de son martyre^ ouvrages publiés par Aubert le Mire , en 1 628.

1191. RADULPHE, évêque de Liège, fameux par sa sordide avarice et la vente publique des bénéfices ecclésiastiques, que son confident, IJdelin, boucher de Liège , mettait à l'encan sur la place du marché.

C'est sous son épiscopat , que le temple de Saint- Lambert, celui de St. -Pierre et le palais épiscopal furent brûlés , suivant la prédiction de Lambert-le- Bègue. Toutes les antiques et vraies archives du pays , périrent dans ce malheureux incendie , d'oii l'on doit inférer que toute cha/rtre antérieure à c^tfe date (1184) est fausse ou apocryphe. On construisit sur le même emplacement une nouvelle église cathédrale , et Ton mit 67 ans à achever ce temple magnifique, qui existait encore et fut démoli en 1794.

L'épiscopat de Radulphe fait époque pour le relâchement dans la vie monastique des chanoines.

Le pays s'accrut alors de la terre et baronnie de Herstal^ terre des Carlovingiens qui en firent leur fabrique £ armes , et fut donnée en engagère à l'état de Liège par le duc de Brabant, sous la condition que les habitans conserveraient leurs coutumes locales et leur haute cour, qui ressortit pendant long-temps du siège royal d'Aix-la-Chapelle , et ensuite du conseil de Brabant.

Cet évêque , suivant l'esprit du temps , pour expier ses fautes et calmer ses remords, prit la croix, accompagna l'empereur Frédéric à la Terre-Sainte , et

mourut à Fribourg , lorsqu'il revenait dans son diocèse.

1194. LAMBERT, le petit, moine de St.- Jacques à Liège, est Fauteur d'une Chronique qui commence en 988 et finit à 1 194, et n'offre , à proprement parler, que des dates ; elle fut continuée par Reinier , moine du même monastère et publiée par dom Martène et Durand. Lambert est souvent cité dans Ghapeauville.

1196. GILBERT, chancelier du comte de Hainaut, a écrit une Chronique du Hainaut , inconnue aux historiens liégeois , excepté à Gilles D'Orval : elle est pleine de faits intéressans pour les annales du pays. Cette chronique manuscrite fut découverte et publiée par les soins de M. le marquis de Chasteler , en 1784.

1200. ALBERT DE CUYCK , évêque de Liège, passe pour l'auteur des libertés et privilèges des Liégeois ; mais il est plus probable qu il leur confirma , à prix d'argent , celles qu'ils possédaient déjà. / On place généralement alors la découverte de la houille , ou plutôt son exploitation en grand à Liège , car au H* siècle, les mines de New-Castle étaient déjà exploitées; et dans une enquête faite sous le règne de Henri III , il y est fait mention de ces sor^ tes de charbons qu'on trouvait dans les bois royaux.

Dès lors, on voit que les marchands de Liège allaient à .la foire de Francfort.

La Taxandriè prend désormais le nom de Campine.

On peut placer sous Albert, le commencement de la lutte de la démocratie contre le pouvoir nobiliaire et clérical; lutte qui dura sans interruption jusqu'en 1789, où le peuple, ou plutôt la raison triompha de tous les préjugés.

*1204. GUY, légat du pape, demeura deux ans à Liège , pour rétablir l'ancienne discipline ecclésiastique ; n'ayant pu y parvenir malgré tous ses efforts ,

il se yit obligé de permettre aux chanoines de l'église cathédrale dé vivre en liberté; depuis lors, ïlsquti^ tèrent la vie monastique et se partagèrent les revenus du chapitre.

On attribue à ce légat l'usage , à Liège et en Allemagne, de sonner les cloches pendant la consécration.

* 1204. GODEFROID de Féronstrée, issu d'une famille des plus illustres de Liège , fondateur de Féglise St.-Jean-Baptiste , où se trouvaient le corps de JVotger et des fonts baptismaux»

1204. BAUDOUIN P% comte de Flandre, pair et vassal de l'église de Liège, en sa qualité de comte de Hainaut, fut l'un des chefs de la quatrième croisade , et le premier empereur latin à Constantinople , d'oii il envoya de magnifiques présens à l'église ae Saint-Lambert.

Bertrand de Rans, natif de Reims, religieux ermite, s'avisa de se faire passer pour l'empereur Baudouin, fait prisonnier et mis à mort par le roi des Bulgares. Jeanne , fille aînée de ce prince , refusa de le reconnaître; mais une partie de la noblesse de Flandre et de Hainaut se rangea du côté de l'imposteur. Jeanne implora le secours de Louis YIII, roi de France. Bertrand fait prisonnier, avoua son imposture dans les tourmens de la question. On le promena dans toutes les villes de la Flandre et du Hainaut, et il fut ensuite pendu à Lille en 1225.

On trouve la vie de Baudouin dans la Constantinople Belgique du jésuite Pierre D'Oultreman. Tournai , 1643 , in.4\

* 1204. OTHON, doyen de l'église de St..Paul, à Liège , fondateur du monastère du Sart sur Meuse , appelé depuis le VaUBenoît.

^ 1208. PHILIPPE U, roi des Romains, se trouvant

à Duren , confirma par un diplôme les libertés et francises prétendument accordées aux citoyens de Liège par Albert de Cujck, dbnt voici le dispositif : l"* I^s Liégeois ne devaient payer aucune taille , aucuti impôt, et n'étaient tenus à aucun service militaire, que pour la défense du pays, et de leur bon gré.

2** Ils ne pouvaient être cités, pour cause de religion , que devant l'assemblée synodale , et n'être excommuniés que par sentence de ce tribunal.

3" Tout serf mourant à Liège avait le droit de laisser tout son mobilier à sa femme, à ses enfans, ou à ses parens.

4** Tout citoyen ne pouvait être arrêté ou détenu sans un mandat des échevins , ni être traduit que devant leur tribunal; et s'il était condamné à la peine de mort, ses biens retournaient à sa famille.

5° Le mayeur ou les échevins, ne pouvaient entrer dans les maisons des bourgeois <]le la ville ou de la banlieue, pour y saisir un malfaiteur, qu'avec le consentement exprès du maître de la maison ; d où vient le proverbe liégeois : pauvre homme en sa maison est m,

1210. THIERRY de Weissemberg, abbé de Cluny, auteur de la vie de Ste. Hildega/rde.

* 1211. THÈOiX)RE de Celles, chanoine de Liège, accompagna Tévêque Radulphe à la Terre-Sainte. A son retour , il prêcha de concert avec St. Dominique , Mnt croisade contre les Albigeois, reste de Manichéens, et fonda, à Huy, \ ordre des Cxoisiers.

1212. RENIER II, abbé de Neufmoustier près de Huy, homme d'un caractère admirable et très-savant, selon le rapport de l'auteur du Gallia Christiana.

M. de Villenfagne croit, qu'il a travaillé à la conti- Atia^von de la Chronique dAlbéric de Trois-Fontaines.

1213. MARIE d'Oignies (Ste.), née à Nivelles, sci consacra avec son mari au service de la ladrerie dei Willembrouck , et se retira sur la fio de ses jours au*, prieuré d'Oignies, nouvellement bâti sur la Sambre. Le cardinal Jacques de Vitrj a écrit la vie de cette, sainte , divisée en deux livres et rapportée par Jean Surius. On en gardait le manuscrit à Oignies.

1213. IDE de Nivelles (Ste.)» fondatrice du monastère de la Ramée, par tes libéralités de Gérard, riche bourgeois dé Liège.

1214.DIRCK VANDER AARE, prévôt de Saint- Servai»à Maestricht, élu évéque d'Utrecht, acheta de Louis , comte de Looz ,. t investiture du cotnté de HoU lafMle, et fit de copeert avec lui , une guerre cruelle et barbare à Guillaume , qui en était comte.

^ 12l4. HENRI II, duc de Brabant, fit une guerre barbare aux Liégeois , au sujet du comté de Moha qu'il revendiquait à l'occasion de la mort de son oncle Albert. Assuré de la faveur d'Othon, aigri contre les Liégeois, il surprit la ville de Liège le 3 mai, jour de l'Ascension , et la livraaupillage pendant quatre jours.

Il revint encore l'année suivante ravager le pays , et brûla une partie de la ville de Tongres; mais la victoire remportée sur ce duc parles bouchers de Liège, dans les plaines de Steppes, décida du sort du pajs, qui eût passé sous la domination étrangère sans ce triomphe, dont on consacra. le souvenir par une procession qu^on faisait le 13 octobre de chaque année, et dont l'usage s'est perpétué jusqu'en 1793.

Une paix humiliante fut accordée au duc de Brabant , qui vint, en suppliant , auprès de l'évêque, à genoux, la tète et les pieds nus, en recevoir les conditions.

L'année suivante , l'empereur Othon , le duc de

Brabani , les comtes de Flandre et de Boulogne ar« réfèrent à Nivelles le démembrement du pays de Liège et là partage des biens du haut clergé, mais la victoire de Bouvines , remportée sur les Flamands par Philippe- Auguste, fit avorter ce projet.

Henri obtint des états de l'empire , la portion de Maestricht que les comtes de Looz avaient possédée indivise avec les évêques de Liège , pour la tenir en fief de l'empire.

* 1214. GAVOR(/ean), bourgeois de Liège, fondateur de Y hôpital St.-Ahraham.

1215. ENGUËRRAND de Bar, chanoine et écolâtre de Liège , mort à Lestinnes en Hainaut ; au rapport de Jean d'Outremeuse , il était fils du comte Bertrand de Bar. Lors de l'incendie qui consuma entièrement l'ancienne église de St.-Lambert en 1183, tous les livres et toutes les histoires que ton y conservait dans la Hbrairie, furent brûlés. Le chapitre cathèdral confia à Enguerrand le soin de rassembler tout ce qu'il pourrait trouver concernant les èvènemens qui s'étaient passés à Liège et dans les pays voisins , et d'en composer une nouvelle chronique. Le travail d'Ënguerrand fut terminé vers 1203 ou 1204 : il s'étendait depuis Saint Materne jusqu'à cette époque. Ces chroniques d'Ënguerrand furent ensuite enchaînées dans la librairie de la cathédrale , mais elles n'y furent pas long-temps; car ou s'aperçut qu'il en avait corrompu à dessein quelques faits principaux, mais surtout la prise et la reddition de Bouillon par Renaud 1®' dit le borgne , devenu comte de Bar, par l'abdication forcée de son frère.

Cette Chronique ne nous ,est point parvenue.

1215. JEAN , écolâtre de Xanten et ensuite abbé de St.-Trond , se rendit célèbre par son zèle et ses prédica-^

tîoiis , qui entraînèrent les princes et les évéqiies d'Allemagne à prendre la crmx pour la quatrième ibis,

* 1215. GODEFROID d'Estamet , bienfaiteur de l'hôpital Cornillon , fondateur de \ahbaye de Rober^ mont , rebâtie en 1224 par Lambert à Lapide , chanoine de Liège.

* 1215 BONNET {Jean), chapelain de St.-Paiil et trésorier de Févêque Hugues de Pierrepont, fondateur de Y hôpital St.-Michel, à Liège.

1216. HENRI de Hainaut , frère de Baudouin' comte de Flandre , vassal de l'église de Liège , fut élu après la mort de celui-ci , régent de t empire latin , fondé par les Croisés. H repoussa les Bulgares et Lascaris, empereur de Nicée, et mourut empoisonné.

1218 ENGLEBERT de Liège, moine de St.-Laurent, écrivain religieux.

1220. ADE, fille de Thierry VH, comte de Hollande, mariée à Louis, comte de Looz. Son oncle, Guillaume, comte de Frise, voulant s'emparer du comté de Hollande , dont elle avait hérité à la mort de son père, la fit enfermer et conduire ensuite en Angleterre , sous le règne de Jean sans terre. Après cinq années de captivité , Ade obtint sa liberté , et vint au comté de Looz habiter avec son mari , qui fut obligé d'envoyer en otage auprès du roi Jean , son propre frère Arnoul.

Louis, étant mort de poison, l'infortunée Ade vécut dans la retraite , et mourut à Herkenrode , où elle fut enterrée avec son mari dans l'église de cette abbaye.

1224. CHRISTINE (Ste.) , née à Brustem au comté de Looz. Cantipré rapporte qu'elle mourut en 1182, et ressuscita subitement pendant ses obsèques, vécut encore quarante^deux ans , après être morte et ressuscitée

pour une seconde fois, qu'elle mourut enfin , en 1224, au monastère de Ste.-Gatherine près de St.-Troiid.

Thomas Cantipré de Leen-St.-Pierre , près Bruxelles, sayant minéralogiste , géologue , qui vivait en 1 280 , a écrit la vie de Ste. Catherine.

Le même historien nous apprend qu'elle annonça le jour même de l'événement , la prise de Jérusalem par les infidèles; et que Gérard, comte de Looz, sur le point de mourir , fit une confession générale de ses péchés à cette sainte , conformément sans doute au décret du 4** concile de Latran tenu en 121*5 , qui ordonnait la confession du pécheur à son propre prêtre, ou ancien»

* 1224. RADU de Liège, doyen de Véglise collégiale deSte.-Croix en cette ville, grand docteur en théologie et grand poète , au rapport de Jean d'Outremèuse , a laissé une chronique, que l'on conservait dans 'la librairie de l'église de St.-Lambert , et que l'évêque Hugues de Pierrepont inséra mot à mot dans la sienne.

* 1225, CONRAD, chanoine de St.-Lambert et moine de labbaye de Yillers, cardinal, légat du pape à Liëge«

1225. GERTRUDE, unique héritière des comtes de Dasbourg, de Metz et de Moha, fille d'Albert, épousa Thibault, duc 4e la Haute -Lorraine , ensuite Thibaud, comte de Champagne^ qui la répudia bientôt pour sa «téri)ité ; et enfin en S"" noQes , Simon , fils du comte Linange , qui la suivit au tombeau. Gertrude mourut âgée de vingt ans sans laisser de postérité ; ce qui procura dès lors le comté de Moha à l'église de Liège , par suite de la donation que lui en avait faite Albert dernier comte , mort en 1212. Thibaud , comte de Champagne et roi de Navarre , successeur de Sancheletort, son oncle maternel, à son retour de la Terre-

Sainte , s'adonna à la culture des lettres. Ses vertus lui méritèrent le titre de grande et ses ouvrages celui de faiseur de chansons; il est un de ceux qui ont le plus enrichi la langue française.

1226. FRÉDÉRIC, comte d'Alténa, au lieu de protéger et de défendre labbaje d'Essen , en sa qualité d'avoué , la pilla et en maltraita labbesse. Celle-ci en porta plainte à Englebert , son parent , archevêque de Cologne , qui en fit les plus vifs reproches à Frédéric. Irrité de cet aifront , il assassina Yaxr chevèque. Le duc de Brabant , le comte de Gueldre, et les seigneurs voisins jurèrent de tirer vengeance ^ de ce crime ^ et détruisirent le château d'Isemberg qui lui appartenait. L'empereur Frédéric II le mit au ban de l'empire et confisqua ses biens ; le légat du pape l'excommunia. Frédéric d'Alténa proscrit , errant de ville en ville , fut , quoique déguisé , reconnu en traversant Liège , par Baudouin de Greneffe , chevalier hesbignon , qui le saisit au corps et le fit prisonnier ; il fut envoyé sous escorte à Cologne , où il fut roué aux portes de la ville. Il est bon d'observer que le comté de Homes , depuis faisant partie du pays de Liège , fut distrait du comté de Looz , en faveur des comtes d'Alténa.

1229. HUGUES de Pierrepont , allié à la famille des comtes de Namur , évéque de Liège , né aux environs de Reims, dont il refusa l'archevêché.

La possession des seigneuries de Moha et de Walef par l'église de Liège , fut la cause d'une guerre cruelle entre le pays et Henri P' , duc de Brabant qui y prétendait, et profita du refus de l'évêque de reconnaître Othon lY, couronné empereur par Innocent III, pour faire entrer ce prince dans ses intérêts.

Après avoir vaincu les Liégeois , le duc de Brabant entra dans la ville de Liège , où ses troupes commi-

feût toutes les horreurs. La ville même eut été incendiée etnedut son salut qu'aux représentations cC André, châtelain de Bruxelles et de Gilles , son fils , chanoine de St.-Lambert. Le duc fit enlever les chartres et archives de IHôteUde" Ville , et la trésorerie de St.^ Lambert fut livrée au pillage ; ni^is les Liégeois se vengèrent du duc peu de temps après par la fameuse victoire qu'ils remportèrent sur lui dans les plaines de Steppes «n 1213«

St.-Trond , Waulsor et Hastière qui dépendaient alors de Téglise de Metz , furent acquis à celle de Liège qui lui donna en échange la ville de Mézières.

Hugues, de concert avec le comte de Clermont, fonda le monastère du Val-SL^Lambert.

Cette époque est celle de la grande chartre des libertés en Angleterre et de rétablissement des chevaliers de tordre Teutonigue dans le pays de Liège*

Hugues assista au couronnement de l'empereur Frédéric et à celui de Henri VII à Aix-la-Chapelle, ainsi qu'au concile de Latran tenu à Rome , où il porta une partie du chef* de St.-Lambert , pour en faire présent au pape.

Ce fut sous son épiscopat que Ton construisit à Liège , la Salle aux Drapiers , qui est la première établie en Belgique.

Hugues de Pierrepont a écrit une chronique , qui n est point parvenue jusqu'à nous , mais dont s'est servi pour la sienne Jean d'Outremeuse. Cette chronique qu'il appela le Cronicque des venassour , mentionnait toutes celles du pays et évêché de Liège ; il en fit présent au roi d'Espagne.

Nicolas - le - Long dans son histoire du diocèse de Laon , rapporte que Hugues légua aux pauvres 72,000 marcs d'argent.

1230. REINIER, prieur de St.-Jacques à Liège,

fit quatre fois le voyage de Rome , chose remarquable pour le temps. II. a écrit V histoire des principaux évènemens arrivés dans le diocèse, depuis 1194 juaqu'en 1230. Son histoire est la coniimuition de celle de Lambert-le-Petit , publiée par dom Martène et Duraod. On conservait encore dans les derniers temps, à labbajelde St.-Jacques, le manuscrit original de cette chronique souvent citée dans Chapeauville*

* 1231. OTHON , cardinal et légat du pape. A soa arrivée à Liège , il s'appliqua à faire une récapitulation des revenus de tous les corps ecclésiastiques , pour nen former quune seule masse ^ qui serait divisée par portions égales, afin qu'il n'y eût pas un membre du clergé qui fût plus riche que l'autre ; ce projet très-louable en lui-même, n'eut point de suite.

Il rendit un règlement sage , mais illégal , interdisant à l'avenir de vendre , et ordonnant de con^ férer gratuitement les charges de majeur et d'échevins à Liège , à Huj et à Dinant.

* 1236. BAUDOUIN , seigneur d'Orchiraont , wteur d'une chartre par laquelle il accorde la liberté aux habitans de Gédines , selon la loi de Renwèz.

1240. LAMBERT de Liège, chanoine de Thuin, poète.

1241. ALBÈRIC , religieux de Neufmoustier près Huy , né au hameau de Ïrois-Fontaines dans le marquisat de Franchimont ; selon quelques auteurs, il serait le continuateur du précédent Alhéric, moine de Trois-Fontaines.

1243. SIMON, religieux de l'abbaye d'Afflighem, dans le Brabant , composa un grand nombre d'ouvrages , dont les principaux sont : un Volume de sermons sur le Cantique des Cantiques, un Commentaire sur la règle de St. Benoit , la Relation de la fameuse

mion arrivée alors à un frère convQrs du monastère de Postelle , un Abrégé dê$ morale» de Saint Grégoire , la Vie et la Relation du martyre de Saint Albert, cardinal et évêque de Liège. Ce dernier ou*yrage a été publié par Aubert le Mire , et traduit en espagnol par le F* André Soto , confesseur de l'infante Isabelle.

1244. VlTîVy ( Jacques de ) , chanoine de labl)aye d'Oignies» H prêcha en Belgique et au pajs de Liège, la deuxièqae croisade contre les Albigeois « et la quatrième contre les infidèles. Il se croisa }ui* ittéme, partit pour la Palestine et fut nommé archetéque de Ptolemaïde.

A son retour , Grégoire IX , auteur de la publieatioo des Décrétales, le nomma évéque de fte^ca^ti et cardinal.

Ce fut lui qui contribua le plus à Y établissement des Bominicains dans le diocèse de Liège.

Il mourut à Rome et voulut que son corps fût enterré à labbaye d'Oignies, située dans Tévêché de Liège.

Jacques de Vitry a écrit des Sermons sur toutes fct épiPres et évangiles de Tannée, une Histoire orient Uik et occidentale , divisée en trois livras : le premier traite de l'église d'Orient, depuis Mahomet jusquen 1229 , le deuxième de Tétat de l'église latine de son temps, et le troisième rapporte les évènemens dont il a été témoin en Orient ; une lettre sur la prise de Damiette, et uner autre contenant la relation de tout ce qui se passait devant cette ville. Cette dernière adressée au pape Honoré III, est insérée dans le huitième tome du Spicilége de dom D'Achery. n a aussi laissé une vie de Ste. Marie cTOigniea et une somme sur là conversion des pécheurs.

1248. GIU.es, né à Liège, moine de Fabbaje d'Orval , a écrit \ Histoire des évéque de Liège depuis

Théoduin jusqu'à Henri de Gneld/re : elle est insérée au Recueil de Chapeauville , tome . 2\

1251. MAURiriUS^ chanoine de Neufmoùstier près Huy, littérateur, ërudit. Gilles d'Orval dont il était lami, lui soumettait tous ses écrits.

Au rapport de cet historien, il était le seul de son monastère qui cultivât alors les lettres et Yhistoire ; d'où Ion pourrait inférer avec raison , que Mauritius aurait eonfmt^^ jusqu'à sa mort^ la Chronique d'Albéric de Trois-Fontaines*

* 1 253. HENRI de Binant fut avec Germeau , l'un des premiers bourgmestres de la cité de Liège élus par le peuple. Il fut le principal auteur de la t^olution politique , qui, en 1253, rendit au peuple le droit de nommer ses magistrats. L'évéque Henri de Gueldre voulant obtenir des échevins une levée de milice pour envoyer au secours de Jean d'Avesaes, comte de Flandre, Henri de Dinant sj opposa, alléguant que ve n'était pas pour des intérêts étrangers que les Liégeois étaient tenus à prendre les armes, mais pour la défense du pays et le soutien des droits de téglise et de lévêqv^.

Persécuté , proscrit par l'aristocratie , il se réfugia auprès de Marguerite de Gonstantinople , eomtesse de Flandre , où il mourut.

Ami sincère des libertés du peuple , Henri les défendit courageusement , et mérita de son vivant le titre glorieux de père de la patrie* Il fut lâchement calomnié par ses détracteurs et les ennemis de la démocratie.

1256. ARNOUL VII, comte de Looz, érigea en villes les bourgs de Hasselt et de Curenge, et leur accorda (en 1232) les mêmes libertés et franchises^ dont les bourgeois de Liège jouissaient , ou par droit ,

oti couiume. Il fit partie de la croisade ordonnée eopitre les habitans du diocèse de Brème , qui , après airoir chassé leurs prêtres et les clercs , étaient retournés à ridolâtrie.

1258. JULIENNE (Ste.) de Liège, prieure du monastère du Mont G)rnillon près Liège , morte en odeur de sainteté. Une vision qu'elle eut donna lieu à YinS" tilution de la fête du Saint-Sacrement François Mivarius, religieux espagnol du Mont Sion et le jésuite Bertholet ont écrit la vie de cette sainte*

À la persuasion de Ste. Julienne de Cornillon et du consentement de Févèque Robert, on célébra arec grande pompe pour la première fois en 1246, la fête du St.-&icreraeiit dans Téglise de St.-Martin en Mont» dii-huit ans avant son institution par le pape Urbain IV ^ pour toute Téglîse.

Peut-être, pourrait-on attribuer la célébration de la Fête-Dieu à Liège en 1246, à une horrible sécheresse qui affligea cette année le pays durant quatrevingts jours.

1264. PANTALÉON {Jacques), né à Troyes en Champagne , fils d'un savetier, chanoine et archidiacre de Téglise de Liège, l'un des plus habiles danonistes et des plus profonds théologiens de son siècle. Il accompagna Robert, évêque de Liège, au concile de Lyon, QÙ il se fit remarquer par Tètendue de ses connaissances. Le pape Innocent III l'envoya en qualité de 'égal en Pologne, en Prusse, en Poméranie et dans toutes les provioces de TAllemagne. Alexandre IV le nomma évèque de Verdun , patriarche de Jérusalem , cllenvoya comme légat en Syrie.

£n son absence, il fut élu pape, et prit le nom d'Drbain IV.

Il institua la fête du St, -Sacrement pour honorer ^ mystère suivant la révélation qui en avait été faite

A dlyèfseÀ personnes pieuéeis, et particulièrement à Julienne 4e Liège.

La lettre par laquelle, ce pape étaUtt la Féte>JDîeQ en 1264, est rapportée dans la collection des conciles , tome XI et dans le grand buUaire , ainsi qu'une lettre adressée h, Eve, récluse au Mont-St.-Martin , à Liège.

L'origine véritable de la Fête-Dieu remonte au k"" concile général de Latran , tenu en 1215 , qui établit en culte public, le dogme de la transubstantiatton.

Paritaléon, n'étant encore qu'archidiacre de Liège i^ composa un Livre de méditations, un Traité sur la manière de reciter ïoffi,ce, et dressa des règles pour les béguines.

Cest sous le pontificat d^Urbain IV , qu' un ermite ^ t^ioard , introduisit l'usage du chapekt.

* 1266. ROBERT, évèque de Verdun, vendit à Tëglise de Liège , la terre et seigheurie deJupiih, qui comprenait le faubourg d'Amercœur, Beaufajs, Bel* l^ire s BoiS'>Pl«t , «lie. , ^c. ^ •éohu^> à ièglise <de Verdun , lors du démembrement de la Lorraine , sous la réserve de maintenir les swcéans dans leurs dbroits^et frau'chises, et de ne pouvoir dans aucun temps,' vendre, concéder f donner, -distraire, changer, ou aliéner de quelque ^autre manière, les bois où comm^unatix , sans coTUjé spécial de t évèque et chapitre de Ve^^dun.

Jusqu'alors la cité de Liège se trouvait entourée d'un territoire étranger , excepté du côté de la Hesbaje, où Ion entrait par Païen-Porte, ou porte du pays.

* 1269. AIGLETINE, fille d'Alard Pagnbis, échevin de Liège, célèbre par sa beauté, mariée à Jean des Marets, l'un des maîtres de la cité. Pendant la célébration de ses noces , les Liégeois prirent et démolirent & fort de Ste.-- Walburge.

* 1274. NiœLAS de Fontaine-l'Èvèqiie , évèqae de

Gsoibrai, fit déterrer Compile ^ ehanoine d'Anvers^ quatre ans après sa mort, et lai fit foire son (Nroois^ pour avoir osé soutenir s jfias là pauvreté effapaii (M*

kgpéchùm

1276. THIBAUD, archidiaore de Téglise de Liège ^ ttyant théologien; ayant été maltraité par Tévéque Henri de Gueldre , pour avoir osé lui reprocher en plein chapitre , efiwotr violé une Jeune fille de la maison Desprez» alliée à Thibaud, il quitta Liège et entreprit h voyage de la Terre^Sainte.

Etant à Ptoléniaïs , il reçut la nouvelle que les dar-» dinaux assemblés à Viterbe depuis deux ans et nçuf mois, oxk ils ne pouvaient s'entendre^ lavaient élu pape. II revint en Europe^ et prit le nom de Gré« goire X. .

Peu de temps après , il assembla un concile général à Lyon , pour y exciter à une nouvelle croisade , réformer les mœurs et réunir l'église d'Orient à celle d'Occident.

Les villes de Liège, de Hujr^ de Dinant , de Tongres eldeSt.-Trond, envoyèrent des députés à ce concile; pour y dé[K>ser contre .leur évéquè , auquel . le pape ft^ait déjà écrit uùe lettlre touchante pour l'exhorter à changer de vie.

Grégoire X ordonna, que les cardinaux » après la mort d'un pape , seraient enfermés dans un condave €t n'en pourraient sentir^ qu après en avoir élut un autre.

On lui doit l'abolition dé l'abus où étaient les eedér mastiques lorsqu'ils se croyaient attaqués injustement, d'entowier d épines F image de J,-C. et lés reliques des fainis, et de faire cesser le chant dans les églises , pour ^fquer leur douleur. Le deuxième cooeile de Lyoti ^ndamna plus tard cette coutume oomme impie.

Thibaud avait professé avec disfttnotion) la théologja

et l'écriture sainte à Paris. Il a laissé pluiietsra leiires touchant la réfmion dès Grecs et des Latins^ , et une autre contre les chrétiens qui embrotssent le jtfdai

* 1281. BOUCHARD et GUILLAUME, chanoines de St.-Lambert , partagèrent les suffrages pour remplacer Jean d'Ënghien , assassiné par Henri de GueldrCf jUs sont les architectes des deu» portails de Téglise cathédrale, qui se trouvaient Tun yis-à^vis du Palais, et l'autre du côté de la place Verte*

Ce fut vers ce temps, que Ton construisit des ponte de pierre à Maestricht, à Huj et à Dinant.

* 1282. HEMMCOURT, chevalier liégeois, passait pour l'homme de son temps, le plus adroit aux exercices du corps. Charles d'Anjou , roi de Sicile , l'invita à venir prendre part au fameux combat singulier de cent contre cent^ arrêté entre lui et Pierre d'Arragon, pour terminer leurs différends.

Haneffe et Moumale, autres guerriers liégeois, aussi renommés que Hemricourt, furent également conviés à ce combat , dont l'histoire nous à conservé le souvenir.

1284. HENRI de Gueldre, frère d'Othon, duc de Gueldre , fut élu , quoique laïc , évêque de Liège par le concours du clergé, des nobles et des plébéiens. Sa vie débauchée lui mérita ajuste titre le sumoni de F homme aux soixante bâtards.

Sous Henri de Gueldre ; la forme des élections changea : le peuple de la cité nomma ses magistrats ou raaitres-à-temps , depuis appelés bourgmestres; et bientôt les autres villes du pay^ imitèrent cet exemple.

Ce fut lui , qui , pour contenir la bourgeoisie , fit élever la forteresse de Ste.» Walburge. Il assista avec l'empereur au siège d'Aix-la-Chapelle qui dura six mois.

Tout le temps de son épiscopat fut marqué par des troubles et la gueroe civile^

Grégoire X , n'ayant pu le déterminer à changer de fie , le fit déposer au concile de Lyon. Dans la lettre quil écrivait en 1272 à Henri, il lui dit : Vcms ne prenez pa9 la défense des ecclésiastiques contre lesmbks qui s'emparent de leurs biens. Cette lettre trace no taÛeau hideux des mœurs corrompues de cet èvéque. On j Toit^ qu'il s'était fait un honneur d aîoœf dans un festin , d'avoir eu de ses concubines , qmtorze enfants en vingt-d&ux mois; et Ion ne peut révoquer en doute , qu'il ait fait construire le château* de Pietersem pour le donner à Tun de ses hâtards. Quelques auteurs ont, cru, que Fabastreie située au faubourg d'Avroi, était la maison destinée à Téducation de ses bâtards et à ses plaisirs nocturnes; mais it est plus vraisembl£d>le qu'elle était l'arsendi des arbalétriers^ .

Après sa déposition , il vécut encore douze ans , pendant lesquels il se livra à tous les genres de brigandages, et à tous les excès les plus honteux. On lui attribue la mort de son successeur. /

B eut une fin digne de sa vie, et fut tné en 1284 , par Tbirj l'Ardennais du ban de Jalhaj , dans le ^age du Marché au pied du château de Franchimont , dans une course qu'il était venu faire dans le marquisat de ce nom.

L'église cathédrale de St.-LambcFt, démolie en 1794 , fat achevée sous Henri de Gueldre,

1289. BAUDOUIN d'Avesnes, frère du comte de Hai- Daut, auteur d'une Chronique des comtes de Hainaut, dont l'histoire est intimement liée à celle du diocèse. Jacques Leroy la publiée en 1693 , avec des notes historiques.

* 1297. ADOULE PORETTE , mérita le surnom de l-fléfène liégeoise ; fille riche , d'une beauté remarquable, et de condition serve de la terre dAwans. Son

enlèyemciit 6t son mariage avec le JQune Hannecêau allié aux WarouK^doonèr^nt lieu à ce^ guerres cruelles evXte lès familles d'Awana et de Waroux ^ qui dé« aolèrent le pays de Liège pendant un demi -siècle et firent périr plus de 32»000 hammeg. Hèmricourt nous À laissé le récit de cette guerre. M» d^ Yillenfagne en a composé %m ésèai hisk>riqw « et M. Pigault de Calais , en a fait un draine en trois àctee qu'il voulut faire représenter à Liège en 1 7&4 ^ mais le conseil^privé de Tévéque s y opposa*

* 1297- ADOLlPHfe, comte de Nassau, fut couronné empereur d'Allemagne à Aix-la-Chapelle par larchevêque de Mayence, assisté de Tévêque de Liège.

1297. GUILLAUME , abbé de St.-Trond , a écrit la vie de Ste. Béatrice, prieure de Nazareth, à Cologne.

1301. œRBEAU (ffumbert), seigneur d'Atvans, dotit le nom rappelle de tristes et douloureux sou« yenirs. Son refus de permettre ati jeune Hanne-* ceau , cou'sin du seigneur de Waroiix ^ d'épouser Adoulé Porette de Dommartin ^ Jeune et belle serve dépendante de èes dofnuines ^ fut le ptételte de cette guerre civile > qui s'alluma dans le9 campagnes , et durant laquelle le pays fut désolé par des meurtres, des pillages et des incendies àanis ce^se renouvelles. Cette anarchie féodale , peinture vraie des moeurs féroces du moyen âge , dura 35 ans , éteignit une partie de la noblesse liégeoise , et ruina le pays.

Au commencement de cette guerre dite d'Awans et de Waroux , les Awans ayant brûlé le fort de Slins avec sa garnison , Hunlbert et doutée chevaliers de son parti furent condamnés à venir en chemise , une selle de cheval sur leur téfè nue , depuis léglise cottégiale de St.*Mart%n jttsquau Palais , faire amende honch rable à tévéque de Liège : flétrîâsure. humiliante pour

les Awàns , ^i, en exaltant l'orgnèil ûm Wamùx , ne contribua pas peu à prolonger la qu^relbe*

Après le combat de Lonçin où périt Humbert Corbeau, chef de son parti, toute la noblesse liégeoise, même celle des contrées Toisines , prit part dans cette guerre : les uns pour Tenger la mort de leurs parens ou amis , les autres pour acquérir de t honneur par quelques exploits. jf&>rîetAr.

Ces preux ohevaliers liégeois, si rénmoméd alot^ en Europe pour leur vaillance et letnr adresse dans Ite combats, ne s'y présentaient que ricdietnent et superbement habillés : leurs armes ne laissaient rien à désirer pour la trempe , la beauté et lornement : leurs ohevaur étaient excellens, et ils les décoraieilt de caparaçons brodés où leurs blasons étaient artistement peints : ils se servaient de selles très-hautes et sans étriers, se garantissaient la tête par des casqués d'une solidité à toute épreuve , et se couvraient le (^orps d'une cotte de mailles de fer.

Malgré la haine et Vanimosité qui régnaient entre les deux partis , les trêves ou quarantaines étaient presque toujours observées religieusement. On en publiait quatre à la mort de chaque seigneur ; ce qui procurait parfois une paix d'un an et plus; alors on oubliait ses ressentimens ; on se voyait familièrement; et les fêtes les plus brillantes réunissaient Awans et Waroux.

Les uns et les autres profitaient des trêves pour se rendre dans les tournois très en vogue alors en Europe^ ^t cherchaient à y briller par leur force et leur adlresse.

A chaque reprise des hostilités , les preux chevaliers liégeois avaient un u^ge particulier dont on retrouve cependant des trsœs danis Thisl^ire de Tan'eienne chevalerie des autres nations, qui consistait à se foire tirer du sang pour sasi^rer dd la fidélité

4e l'un et de l'autre; ils couronnaient cette cérémonie barbare par un festin splendide.

* 13Q9. VELROUX {Jean de), dit Mostard, bourgeois, de Liège » fondateur de l'hôpital detle Mostarde dans cette ville.

* 1312. DEFOUX {Marié), dame liégeoise, a mérité une place dans l'histoire par sou dévouement héroï-* que tcn cachant dans sa maison , près de cent cinquante nobles y pour les soustraire à la mort. £IIe fit ce trait de courage» bien digne de son sexe, durant la nuit horrible du 4 août, où les nobles, dans Vêspoir d'être soutenus du comte de Looz et de toute sa noblesse , avaient livré combat aux bourgeois de Liège ayant à leur tète les chanoines et Arnold de Blanckenheim , prévôt de la cathédrale et régent du pays , qui trouva la mort en se battant vaillamment.

1313. LIMBOURG {Henri de)^ né dans l'Ardenne, pair et vassal.de l'église de Liège en sa qualité de duc de Luxembourg. 11 fut empereur d'Allemagne sous le nom de Henri VIL Voulant détruire la faction des Guelfes et des Gibelins qui désolait l'Italie, il ne put j parvenir malgré tous ses efforts, et mourut empoisonné, dit-on, par un religieux dominicain, qui» après l'avoir confessé , lui donna la communion avec une hostie préparée. Henri emporta les regrets de l'Allemagne et d'une partie de l'Italie.

1313. JEAN !•', duc de Bràbant, pair et vassal de l'église de Liège, est lauteur de la grande chartre des Brabançons, base de leur joyeme entrée» Il leur reconnut à Gortenberg le droit de résistance et même d'insurrection, dans le cas, où lui ou ses successeurs viendraient à enfreindre leurs lois et privilèges. Se sentant approcher de sa fin , Jean assembla les nobles et les députés des t7i7/e# à Gortenberg , où l'on arrêta les ré^

glemens qui portent le nom de cette riHe. Il fut stataë , que quatre députés seraient choisis par les nobles et dix parmi les bourgeois; et que de trois semaines en trois semaines, ils se réuniraient à Cprtenberg pour connaître des infractions faites à la liberté individuelle ou aux privilèges, et pour veiller à Yadmin nistraiion de la justice. L'évêque de Liège , Adolphe de la Marck , le comte de Looz et plusieurs des principaux seigneurs du pays de Liège furent les témoins et les garans de cette chartre.

1315. FRAMCHOMME {EustacKe de), chevalier liégeois , fut le chef et lame du parti des Awans; Accusé d'avoir arrêté la dame de War fusée et de lui avoir enlevé ses bijoux , ses chevaux , ses équipages , nonobstant qu'il alléguât pour sa défense, lavoir fait par le droit de la guerre et dans le combat livré entre les deux partis à Waremme , où lui-même avait été dépoirillë par le comte de Warfusée , Tévéque Adolphe de la Marck le fit arrêter et remettre entre les mains de Henri de Hermalle, son plus cruel ennemi, qui sans autre forme de procès lui fit trancher la tête sur un échafaud. Acte iniqlie et arbitraire de la part de Tévêque , partisan déclaré des Waroux , qui aigrit les esprits et souleva le peuple contre lui, indigné. d'une pareille atteinte portée aux lois de la justice et à la liberté individuelle* Telle fut l'une des causes qui amena la pair de Fexhe ; mais l'esprit de liberté qui surgissait alors dans toute l'Europe et la chartre de Cortenberg sont les causes déterminantes de la rénova-tion écrite de cet ancien contrat.

* 1319. PÉTERSHEM (Henride), chanoinede l'église de Liège , est l'inventeur du chat , espèce de bélier , machine de suerre destinée à abattre lès murailles. Il employa pour la première fois cette formidable machine au siège de Bouvignes , où il avait accompagné

fétêque Adolphe de la Mordd LesLiégecMSs'eii aer- Tirent plus tard au siège dc( oetfe mènie viUe, de pire"* févelice au canon ^ tant elle causait: de dé^ts.

* CORBESIER ((?i/&*), bourgeois de JLiége, fondateur de rhâpital St^Julien dans le quartier d'Outre- Meuse.

1321. MARIE DE 6RABANT, fille de Henri III ei; sœur de Jean , due de Brabant. Son mérite et sa beauté la firent rechercher en mariage par Philippe-Ié-Hardî , roi de France , qui Vépousa en secondes noces en 1274, au château de Yincennes. Fille de Vun des plus beaux esprits de son siède , elle avait héirité de ses tàlens pour la poésie : elle les cultiva à la cour de Finance ou le» sciences commençaient à fleurir depuis le règne de St. Louis» père de son mari. Ses bienfaits attirèrent un grand nombre de poètes h sa cour , au nombire desquels on comptait un certain Adenèz le Roi v que cette pt il!!^ cesse aida beaucoup pour la composition du roman de Gléomades^ son mdlleur ouvrage. Maîtresse de Tesprit de son époux , elle gouverna la France par elle*méme ou par ses Créatures.

Quoiiqu il en soit, elle fut accusée d avoir empoifdirmè Louis , fils aine du roi , et d'avoir toulu attenter, aux jours de son époux. Marie courait le risque û*étre pour le mtnns brûlée vwe, si un seigneur de sa cour n'était venu consulter une béguine ou religieuse de* NiveUea très en réputation de sainteté , qui disculpa la reine y et découvrit que cette accusation n'était qu'une calomnie de Pierre de la Brosse., barbier, chirurgien et favori de Philippe., qu'il espérait gouverner seul après, la mort de celte princesse.

1324. MARGUERITE de Luxembourg , fille aioéc^ de l'empereur Henri VII, fut mariée, en 1322 , à Charles^le^Bel^ roi de France , après qu'il eut répudié

la raae Manche àh Bowgogiie. Cejtte prinoftsRe , tomba , dk-on^ de soa charriot, en allant à Mdniargis , €t ra blessa dangereusement ; ce qui lui occasioana juum fausse couche dont elle mourq^. Selon d'autres ^ sa passion pour la chasse serait la véritable cause de sa mort.

1326. FORETTË {MargmrUs de^^ de la secte des Bègards , naquit dans le comté de Hainaut au diocèse de Liège. Ajant avancé : qm Vante aïdmée. en Dieu, est OMt-desgus des 'vertus et nen a plus que faire; et que quand on est arrivé à un certain degré de perfection, un me saurait aller au-delà; scm livre accusé d'hérésie , fut dénoncé à la Sorbonne qui la condamna. Cette malhenreufie £ll6 fut brûlée vive en présence de ses juges et de toute la cour , sur le parvis de l'église Notre-Dame à Paris. Quatre cents ans plus tard ^ une autre femme, Madame Gujon , lamie de Fénéloti y a pu dire impunément les mêmes sottises)

1326^ WARFUSÊE {Raes de) , surnommé le dernier des Waroux* Après les plus brillans exploits contre. les Awans^ il mourut percé de coups avecaés deui fils, à Tft^ de cent ans , dans le combat ique se livrèrent les deux' partis près de Ukunmartin. .

1326. ARNOULD VlH, comte de Looz, prit les intérêts de la noblesse liégeoise contre ceux du peuple et du chapitre cathédral. II érigea le bourg de llasselt en vilh, et accorda à ses habitons les mêmes privilèges et franchises dont jouissaient les bourgeois^ de la cité de Liège. Arnould transféra de Gurenge à Hasselt la fa-» brique de monnaie de son >comté , et octcoja aux 40 bourgeois chargés de sa fabrication et de son ins* pection , les mêmes droits , q«ie dans le firafaant. U leconnuEt que les comtes de Looz n'avaientaocun droit d'imposer les noUes, que le don annuel de 10 sols es

vieuagroê tournois par chevalier, et de 5 par écùjer , était purement gratuit i et qu'il les en acquittait pour toujours.

'^ 1327. LELOUP {Collin) de Bréda, passe pour le fondateur de Spa. On rapporte qu'il acheta de Tévêque de Liège, Adolphe de la Marck , 12 boniers de terre qui entouraient la fontaine du Pouhon , défricha ce terrain et y construisit quelques habitations. Il y a liea de croire , qu'il fit bâtir plusieurs forges et fourneaux à fondre le fer , qui se trouvait alors en abondance à la superficie du sol.

Tel parait être l'origine véritable du coit]imencemeni de la célébrité de Spa , où il n'y avait encore que quelques maisons éparses, situées dans l'endroit appelé le vieux Spa.

* 1327. CHATEAUNEUF (Bertrand de), doyen de l'église de St.-Lambert et cardinal. Il embrassa le parti d'Adolphe de la Marck, qui employa son crédit auprès de la cour de Rome contre les Liégeois. Ce cardinal obtint du pape , que Jean Lardier , échevin , et les trois autres députés de la cité de Liège , chargés de lui remettre un mémoire contenant les griefs du peuple contre leur évêque , fussent arrêtés. Ramenés à Liège contre le droit des gens, Lardier fut mis en prison dans le Hainaut avec l'agrément du comte , et les trois autres furent envoyés en Westphalie et mis en lieu sûr.

1331. BERNARD de Guy, né en 1260, religieux dominicain , fut d'abord chanoine de Liège et archi* diacre d'Ardenne. Il fut ensuite inquisiteur en Languedoc , puis évêque de Tuy en Galice et ensuite de Lodève en France. Il laissa beaucoup décrite , entr'autres , une vie des papes, où Ion trouve. assez de détails çur les croisades. On trouve des extraits de ses ouvrages dans les collections de Labbe et dom Bouquet.

Etant ea€X>re à Liège, il fit présent à la librairie de Téglise St.-Lanibert , de la Chronique de Radu , qu'à avait fait copier à ses propres frais. Bernard de Guy, nous apprend entr autres singularités du IS"" siècle , que durant la captivité de St. Louis, l'an 1251, il se fit tout à coup en France une croisade de pastoureaux, déjeunes garçons et de jeunes filles, que des scélérats avaient séduits par de secrètes machinations. Que queîques--uns de ces criminels instigateurs feignaient que plusieurs de ces enfans avaient eu une vision des anges, qu'ils faisaient des miracles et étaient envoyés de Dieu pour venger le roi. Parmi ces enfans , il y en avait qui s'appelaient maîtres et se faisaient obéir des autres. Ils allaient par les chemins , les campagnes et les villes donnant des bénédictions comme des évèques. A Paris, ils firent des mariages et de Feau bènédite. Partout ils accablaient les religieux et les clercs, dépouillant les uns, frappant les autres, et en tuant plusieurs; personne n'osait ni les réprimer, ni leur résister. Tout le peuple était pour eux; quelques-uns parce qu'ils espéraient que cela aurait une bonne fin; le plus grand nombre parce qu'on était bien aise de voir maltraiter les ecclésiastiques. Enfin la fraude se découvrit. En très-peu de temps, les pastoureaux s'évanouirent comme de la fumée.

1334. B0LLA1SD {Henri de), moine bénédictin, né au duché de Limbourg. D'abord moine de Stavelot et d'une vie édifiante ; mais ayant été élu abbé , il quitta rhabit monastique , se retira au château de Logne , où il vécut d'une manière tout-à-fait déréglée.

1336. LOUIS, dernier comte de Looz, descendant d'Arnoul , voyant avec peine son nom et sa race s'éteindre dans sa personne , disposa de sou comté en faveur de Thierri de Heinsberg, fils de sa sœur aînée, au préjudice de l'église de Liège.

1337« DANIEL de Liège, religieux carme, habile l^oUtiqua , évéque in parUbus d'Antarade , suf&agant do Liège y aous Tépiscopat d'Adolphe de la Marck. Il ^8t le fondateur des cloîtres des Carmes à Liège.

1 342. ROGER (Pierre) , d abord chanoine de l'église de Liège , puis chancelier de France soùs Philippe de Valois. Elu pape sOus lé nom de Clément VI , il résida à Avignon, réduisit le jubilé de cent ans à 50, et voulut faire élire un empereur d'Allemagne, quoique Louis de Bavière fût encore vivant ; mais ce prince brava les foudres de Rome , e^ conserva le trône» On publia sous son pontificat, une lettre de Satan, adressée à son vicaire Clément Vï, qui finissait par fe^ compliments des sept péchés capitaux: Ce pape donna dans le népotisme , et enrichit ses parens , dont il fit un grand nombre de cardinaux , bien qu'ils eussent des mœurs très-peu ecclésiastiques.

1343. WINNI DE POMERIO , abbé de Stavelot et fondateur de Thôpital de cette ville.

* 1343. LEWOLDDENORTOFF ,chanoinede Liège , est l'auteur d'une chronique dont voici le titre : Chrcn nicon comitum de Marcâ et Altend. Le style de cette chronique se ressent du goût du temps. Elle est adressée au comte de la Marck , et ne contient guères qi^ie 4es datç$. Toiit oe qui concerna les ccoisades y est raconté d'unç manière succincte , sèche et sans aucuae espèce 4'iutérêt,

1343. BERTHAUD (Florent), né à Malînçs, chç^ valier, surnommé le riche marchand. Les états de Liège lui ayant engagé la ville de Malioes ainsi qu'au d)¥^ de Prabant , le3 privilèges des bourgeois de cette yille furent augmentés. L'archevêque de Cologne conseil^ à /son neveu le comte de Gueldre , pair de Tégiise de Liège, d'épouser, pour rétablir âes affaires, la fiUe

uniqué de Berthaad , descendant des comtes de Looz par les f etmnes , lequel^ lui dit-il, est renommé le plus riche horhme dvr et et argent que on sache en nul pays par les gratis faits de marchandises qu'il mairie par ifier et par terre ; car, jusques en Vantas, au Caire iBt en Alexandrie, ses' galUes et marchandise^ mlhnt cent mille florins et tient en plaige (hypnotHëqùe) me partie de vostre héritnige. Froissard assure que Beirtbaud était riche de 5 à 6 millions de florins.

* 1343. JACQUEMONT, dit Cockai H Èalli, bourgmëstiie de Liège, célèbre fabricant de draps, qui iîDtretenait à lui seul dans cette ville près de six Cents ourriers drapiers. . .

1344. MARCK {Adolphe de la), fiU du comte d'A^ teoa et de la Harck , et de la fille de Lpuis » combe de Looz. Le pape Oéoient Y, au méprid des' droits du clergfé , de la noblesse et du peuple , nomm^ d'autorité Adolphe, encore jeune homme, au siège épis-* copalde Liège, à la sollicitation de Philippe-le-Bel à roi de France. Son règne est une époque des évè* nemens les plus remarquables pour i'Û^ire jkditique du pays : P la paiof de Fexhe, qui it'est qu'une rénovation écrite des libertés liégeoi^^s ; 2* la paùè d^i 12 lignages, qui établit le tribunal des douze familles fiobks pQur mettre un terme aux guerres crudlés des Awans et des Waroux qui désolaient le pajs depuis ^Q demi-siècle ; S"" l'émission d'une nouvelle espèce de monnaie ^ dite volant; 4'' rétablissemcQt des pre^ mèreê foires à Liège , qui se tenaient chaque annéf) pendant huit jours : la 1'*''' au l"*' mai, et la 2' au 17 septembre; 5* la créatiop du tribunal des XXII ^ établi pour réprimer les violences et les concussioùa des officiers de Tévéque , et fut depuis le palladium de la liberté nationale ; 6* la vente de la ville de MêMnes au comte de Flandre ^ V là réunion du comté

de Looz à l'état de Liège, par la mort- du dernier comte ; %"* le changement dans Tannée qui commence dès lors à Noël, au lieu de Pâques, ainsi qu'il était d'usage auparavant en Qelgique comme en France», Adolphe, par ses emportemens, ses injustices criantes et sa sordide avarice , ne fut qu'un fléau pour les Liégeois, avec lesquels il fut toujours en guerre. U mourut détesté de tout le monde, et si accablé de dettes, que ses exécuteurs testamentaires refusèrent cette charge.

1346. JEAN DE LIMBOURG, dit Faveugle, né eu 1295, était fils de l'empereur Henri VU, et lui succéda en qualité de duc de Luxembourg. Il fut élu roi de Bohême au préjudice de Henri , duc de Carinthie, que sa tyrannie fit chasser du trône. H prêta foi et hommage en 1325, comme ses prédécesseurs , entre les mains d'Adolphe de la Marck , en qualité de duc de Luxembourg et pair de l'église de Liège. Pendant les dissentions des Liégeois avec leur évêque, il fut nommé mambour du pays , et se montra partisan zélé de Thierry de Heinsberg, auquel, en qualité d'arbitre et à l'instigation de Vévêque , il adjugea le comté de Looz , au préjudice des droits acquis de l'église de Liège. Jean se mêla à toutes les dissentions qui agitèrent le gouvernement d'Adolphe de la Marck. Ce prince soumit la Silésie, défit les Lithuaniens payens ^ et prit le titre de Roi de Pologne. Ayant perdu un œil dans cette expédition , il alla à Montpellier pour se faire guérir , et sortit aveugle des mains d'un médecin juif. Cela ne l'empêcha pas de continuera faire la guerre, et de venir au secours de Philippe de Valois. Il fut tué à la bataille de Crécy, on , pour combattre , il avait fait attacher son cheval à la bride de deux de ses plus braves cavaliers.

1346é JEAN-LE-BEL, chanoine de l'église de Liège,

poète 9 historien , personnage distingué. Hemricourt qui rivait dans le même temps que lui et était son ami , dit que c'était le plus magnifique, le plus aimable et h plus spirituel chanoine de la cathédrale; qu'il s'amusait à faire des chansons et des virelais.

Jean de Hainaut , comte de Beaumont et de Chimay, ladrait dans son conseil , et l'attacha à son service.

Jean^le-Bel recevait avec magnificence chez lui ; sa vaisselle était d'argent ; sa maison était le rendez-vous des cheyaliers étrangers et des princes qui arrivaient à Liége^ Son train était considérable ; il avait des chevaux superbes , des fauconniers , des chasseurs , des oiseaux et des chiens» Sa suite surpassait celle de Tévèque ; aux jours ordinaires , il n'allait à Féglise de St.-Lambert , qu'accompagné de vingt personnes , et aux jours de grandes solennités , il en avait souvent cinquante qui le reconduisaient chez lui. Ses surplis étaient ornés de perles , et ses habits enrichis de pierres fines.

Froissard, dans le prologue de sa Chronique y dit que Jean*le*-6el à écrit en français, avec beaucoup de soin et d'exactitude , tous les évènemens qui s'étaient passés de son temps. Froissard et Gilles Corrozet se sont servis des mémoires de cet historien , qui s'est plus attaché à l'histoire de France qu'à celle de son propre pays.

H. Bûchon a publié à la fin de son édition de Froissart , les Chroniques de maître Jean^k^Bel, cha^ noine,

j 1346. FALCOMONT ( Thierry cfe) , seigneur du pays de Liège , fut l'un des plus grands capitaines de son siècle. Il fut successivement chargé du commandement de l'armée d'Edouard III, roi d'Angleterre, dans sa guerre contre Philippe de Valois ; et de celles d'Adolphe de la Marck, évêque de Liège, et de Jean, duc

de Luxembourg et roi de Bohême. Son père étaît , au rapport de Jacques de Hemricourt , le plus brave et le plus coUrageuop chevalier de son siècle.

1348. HOCSEM (Jean de), littérateur, poète, géomètre , chanoine et écolàtre de Té^lise de Liège , |tiaquit en 1278 , au village de Hocsem près de Hougarde* Il enseigna avec distinction la jurisprudence k Lou- Tain et à Orléans.

Hocsem montra dans toutes les affaires importante dont il fut chargé, une connaissance approfondie des hommes et des choses, et un sincère ami de la liberté* Il s'opposa de toutes ses forces , à ce que les membres du tribunal des XXII nouvellement érigée fusant élus à vie. Son discours, au sujet de Télection d'un ma/mhour du pays , après la mort de Tévéque Adolphe de la Marck, pour démontrer au chapitre cathèdral la nécessité de Xinterventùm du peuple dans ce choix, est digne de tout éloge. Ses ouvrages sont :

\\ Les vie» des éiyéques de Liéffe , depuis Henri de Gueldre jusqu'à Englebert de la Marck. Sa chronique commence à Fan 1246 et se termine en 1348^ Cha« peauville la insérée dans sou Recueil des historiens Ué* geois. Le stjle de cet historien est barbare et obscur » et sa narration confuse, Froissard avoue qu'il a profité du travail de Hocsem pour écrire le commencement de sa chronique. La 1'^ édition de son histoire est plus considérable , et renferme des particularités qui ne ^6 trouvent pas dans la seconde.

2"* Un index alphabétique des principales questions I du d/roit dvil et canonique. j

2i^ Les fleurs des auteurs et des phihsophes.

* 1350. WARNANT, JîÎus iconnu sous le nom de Joannes Presbytery était curé du village de Wamant, où peut-être il a pris naissance. Il a écrit les vies de» évoquées de Liège , «n commençant , comme Itocsem , à

Ifenri de Gueldre* Chapeauvillç qui le cite aouveiit dans 9on vecueil , prétend quç son style est tellement barbare et obscur, que très-souvent on devine plutôt qu'on ne comprend ce quHl a voulu dire, et lui préfère Vhistorien Hocsem ; cependant , il faut avpuer que Warnant a écrit dans un sens plus libéral et qu'il rapporte quelques pièces curieuses pour l'histoire de ce temps , que Ton ne trouve point dans Hocsem , ni ailleurs.

1359. GUILLAlUME, comte de Namur , dit lé riche, est l'auteur d'une législation sur les houillères de cette province. Il eut la gloire d'encourager le premier ce genre d'exploitation ; et il le fit avec un soin tout particulier,

* 1360. JEHAIN , chlitelain de Waremme , capi* taine-général du parti d'Awans, dont il fut touJQUî$ l'un des plus intn&pides guerriers. Il se signala sur* tout à la fameuse bataille donnée le jour de la St.-*Bartbélen|i entre les villages de St.-Georges et d^ Dammartin. Au lever de lauroré de cette fatale journée , le châtelain remarquable par une taille majestueuse et la grosseur de son corps, se revêtit d'une armure pesante , et commanda à son écuyer de lui amener Moreau de Dc^ve , nom d'un fameux coursier dont il avait éprouyé la bonté. Peu de chevaux auraient pu supporter long-temps un poids aussi énorme. Il ne parvint à le monter qu'avec le seoour? de deux personnes. Comme on lui faisait des reproches de ce qu'il avait des armes trop lourdes : Je jure , répondit-il , par Dieu et St. Georges , que , s'il m'a fallu deux hommes pour m,onter le fidèle Moreau^ quatre et même plus ne m en feront pa^ de^-' cendre. Robert de Trugnée et Thomas de Hemricourt tenaient les brides, de son cheval , et devaient le garder à vue pendant le combat. A la tète de 270

cfaevalierà ou écuyers, armés de toutes pièces et de quantité de piétons , parmi lesquels se trouyaient quoiqu aveugles le seigneur de Clermont et le vieuic Wilkar d'Awans, qui voulaient partager leurs dan-« gers , il s'avança \ en bon ordre , vers Dammartin , lieu choisi pour le combat. Les Awans et les Waroux n'attendaient plus que le signal « lorsque deux dé-» pûtes de l'évèque Adolphe de la Mardc , leur ot^ donnent de déposer les armes ; mais sans rien écouter , ils se couvrent précipitamment la tète de leurs casques en poussant des cris affreux» et courent les uns sur les autres. Henri de Hermalle et le châtelain de Waremme se cherchaient et désiraient d'en venir aux mains. Ils s'élancent comme un éclair , se heurtent et se portent à toute outrance les coups les plus violens. Hermalle tombé à terre , est étranglé par Jehain ^ frère du châtelain de Waremme, et expire sous les pieds des chevaux* Le châtelain de Waremme sortit victorieux du combat » où il avait fait des prodiges de Valeur; mais la perte de ses deux frères empoisonna le reste de ses jours.

1372. PIN {Jean du), religieux de l'abbaye de Vaucelles, naquit vers 1303 dans le Cambresis. La Croix du Maine dit qu'il était théologien , médecin , orateur et poète 9 qu'il mourut à Liège, ou dans les environs, et fut enterré chez les Guillelmins. On lui attribue :

1" Ze cho/mp vertueux de bonne vie ^ appelé Man-dévie, ou ks mélancolies sur les conditions de ce monde, en prose et en vers.

2** Evangile des femmes, en vers. C'est un livre de morale pour l'instruction des personnes du sexe.

Plusieurs auteurs parlent de du Pin comme d'un homme de mérite, et le citent avec éloge.

1372. HANDEYILLE (Jean de), surnommé lé maùre à la barbe, seigneur de Chambdy et chevalier an-

glais. Il était philanthrope , naturaliste , physicien et professeur de médecine. Vers Tan 1332 , il quitta l'Angleterre et voyagea pendant trente-quatre ans en Asie et en Afrique. De retour en Europe, il se fixa à Liège qu'il adopta pour sa patrie et où il termina sa carrière. On Tenterra dans Téglise des Guilleitnites de cette ville , où Ton voyait naguères encore son épitaphe. Mandeville a écrit d abord /b relation de m voyages en roman wallon, dans laquelle il s'étend sur ce qu'il a vu de plus remarquable en Egypte , en Arabie et en Perse , etc. Cet ouvrage traduit depuis en diverses langues a paru sous le titre de :

1^ Itinerarius à terra Angliœ ad partes Hierosoly' mitanas, et in tdteriores transmarinas , en caractères gothiques 9 format in-o4*', sans année d'impression au frontispice ; mais on trouve ces mots à la fin du livre : E/gplidt Itinerarius à terra Angliœ ad pa/rtes Hiero^ solymitanas, editus annô hgggglv , in civitate Leodiensi^ En flamand , Zwol, 1483, in-4''c En français » %on » 148Q , in-*folio » gothique ; Paris, 1542, in-4*. En italien, Milan, 1480, in^4\ Venise, 1491, in.4^ En espagnol, Yalence, 1540, in-folio. En anglais, 1499, Westminster, in-8% Londres, 1503, in-«*»; 1670 et 1696, in.4«; 1725, et 1727, in-8\

2"* Le Grand Lapidaire, où sont déclarez les noms des pierres orientalles , avec les vertus et propriétèz (Ficelles, et les isles et pays où elles croissent. Paris, 1561,in-12.

1372. HARCHÈES (Jean de), bourgmestre de la WUe de Thuin , massacré par les gens de Févêque , parce qu*il ne voulait pas obéir à ses ordres. Sa mort (ut la cause de troubles et de séditions dans tout le pays. Les habitans de Thuin , pour exciter les Liégeois à la vengeance, traînèrent de ville en ville le cadavre ensanglanté de Uarehées, à Dinant, à Huy, à Liège

9Dfin f^ où 9 après avoir assemblé le peuple , ils expo*^ sèrent ces hideux restes au palais» Le peuple , saisi d'horreur à la yue de cet affreux spectacle, jure de yengerla mort du bourgmestre, qui fut un bienfait pour le pays , puisqu'elle lui procura le rétablissement du tribunal des XXII , qui « institué en 1 343 , n'avait eu pour ainsi dire qu'un instant d existence. Wençeslas^ duc de Brabani, qui était y^nu à Liég^, en. apparence comme médiateur , eut la gloire de proposer le premier aux états le rétablissement de cç tribunal ^ comme l'un des moyens, les plus efficace pour ramener la paix.

1378. ARCKEL {Jean (t) fut transféré, par tfrbain V , du siège épiscopal d'Utrecht à celui de Liège. Après bien des débats , le comté de Looz fut réuni en 1367 au pays de Liège malgré les prétentions d' Arnoul de Rumen et de Guillaume de Hamal , auxquels il fut accordé une pension viagère de 3,000 florins. C'est sous cet évèque que les Liégeois , en assiégeant Rumen , se servirent pour la première fois de bombes et de mortiers. H publia , du consentement de la nation, une chartre qui confirme les paix précédentes, et prescrit, entr'autres, que les chanoines , prêtres , religieux ou clercs , exerçant un office séculier, seront sujets au tribunal des XXII, de même que les abbés, doyens, archidiacres, bénéficiers ou clercs, qui excéderaient leurs pouvoirs. Les bourgeois de Maestricht en étaient seuls exemptés.

1378, CHARLES, duc de Luxembourg, paif de règlise de Liège , fut élu empereur d'Allemagne» et prit le nom de Charles IV. Autant sep prédécesseurs s'étaient opposés aux envahissemens i]|fs papçsi, aur tant il sei montra soumis à leurs volontés, et rétçiblit leur puissance en Allemagne , où elle était alors extrêmement a&iblie. Le régime de cet j^mpereqr est ce-

lèbi? par l^k fameuse bulh dcr, donnée è| la • diMe do Nuremberg en 1356* Cette charte écrite sur yélin tfès-4nalpr(^re et en mauvais Isitin pur Barthole , a un grand sceau ou bulle d or au bas. On commence par j apostropher les sept péchés capitaux , et on y prouve la nécessité de sept électeurs par les sept donis du St,-£sprit et par le chandelier à sept branches de TApocalypse. ÈUe a pour but de régler le cérémonial de rékction des eiUpereurs d'Allemagne. Charles IV inlroduisit dans l'empire beaucoup de lois et de coutumes françaises » et fit.élire son fik Wenceslas roi des flçmains , quoiqu'il n^eût que quinze ans , en donnant cent mille ducats d or à chaque électeur. H était tellement superstitieux qu'il fit garder les orneroens impériaux dans un de ses châteaux, persuadé, d'après une tradition populaire, que le trône impérial resterait dans sa famiUe tant qu'elle posséderait ces insignes. C'est sous son régne qu eut lieu l'invention de la poudre à canon.

1378. HQRMES {Amoul de\, né dans le comté de ce nom. Etaot déjà évêqUe d'Utrecht . le pape Urbain VI le nomma évéque de Liège , par opposition à Eustiiche Persan de Rdchefort, élu par lés chanoines de Liège et tonfii^né par son concurrent Clément VU. B ne prit d abord que le titre de mambbur, en laissa les fonctions à son fréré Louis de HorUes , et retourna à son évééhé d'Utrecht* Rappelé par les vœux des Liégeois , et confirmé par l'empereur Wenceslas » qui avait pris le pa js de liége sous sa spéciale protection , il se montra l'ami du peuple. Sous son règne , trois ordres sont reconnus et composent les états : le clergé , la noblesse et lel^ viUes, dont Tateu était nécessaire pour faire la guerre et eoniaentir à certaines taxes. Les sujets sont déliés de l'obéissanOe qu'ils doivent au chef de Vétal, s'il viole un seul artide de loi. Arnoul demanda

aox états f un lieiilenant de fief pour présider à sa place f la cour féodale, qui dès lors fut rendue sédentaire et fixée à Liège. La cour alhdiale date de la même époque.

* 138K ADOLPHE DE LA MARCK , second fils d'Adolphe de la Marck et de Marguerite de Clèves , d'abord chanoine de Liège, ensuite évêque de Munster, et en 1363 nommé par le pape Urbain Y à l'archeyêché de Cologne , quoiqu'il n'eût et ne voulût reocYcir aucun ordre sacré. Onze mois après, il céda sa nouvelle dignité à son oncle Englebert de la Marck « pour épouser Marguerite de Juliers et de Berg. II hérita de son oncle Jean , du comté de Clèves , et le réunit à celui de la Marck.

Adolphe est le fondateur de la société du Fol, dont voici la forme et la manière» Chacun des 36 compagnons qui la composaient devait porter un fou d'argent ou un anter brodé sur son habit, sous peine de trois gros tournois, en cas de contravention. Ce sjm-, bole était la figure d'un fou dont le bonnet et l'habit étaient échiquetès de gueule et d argent , et garnis de grelots d'or : ses bas étaient jaunes , ses souliers noirs tournés en pointe et terminés par un grelot d*or ; il tenait dans ses mains un plat d'or rempli de fruits. Chaque année , les compagnons se réunissaient le 2' dimanche après la St.-Michel à Clèves pour y tenir une assemblée et une cowr ; nul ne pouvait sortir de rhôtellerie , ni de réourie sans payer sa dépense » et ne pouvait s'exempter de se rendre à cette cour. S'il arrivait un motif d'inimitié entre deux compagnons, ils devaient l'oublier depuis le vendredi avant la cour jusqu'au lever du soleil, jusqu'au vendredi après la cour au coucher du soleil. On devait choisir chaque année tm roi de la société et six conseillers , pour régler et décider des affaires de la coujr ; les chevaliers et les

écuyers deyaiént payer également pour la dépense de cette cour; les seigneurs un tiers de plus que les chevaliers et écujers ; et un comte un tiers de plus qu'un seigneur. Chaque année , tous deyaiént assister dans l'église de Notre-^Dame à Qèves , aux obsèques des compagnons décédés , et y présenter leur offrande. Le terme de la société fut de douze années.

1384. GÉRARD i^roof ou le grand, né à Deventer, chanoine d*Aix-la-Qiapelle et d'Utrecht , célèbre par ses vertus , ses écrits et ses sermons. Le désir de la solitade lui fit quitter ses bénéfices. Il institua les clercs* réguliers , appelés les frères de la vie commune , parce que sans s'engager par aucun vœu , ils demeuraient ensemble et se procuraient par leur travail (qui consistait principalement à copier des livres pour les écoliers pauvres) , tout ce qui était nécessaire pour leur entretien , sans qu'aucun se réservât rien en particulier. Gérard établit aussi une congrégation de filles, qui, après leurs exercices spirituels, s'occupaient d'ouvrages convenables à leur sexe. Il y eut plusieurs monastères dans les Pays-Bas et le diocèse de Liège , dirigés par les clercs de la même congrégation. Il donna pour directeur, avant de mourir, à ses disciples, Florent Radewyns de Deventer , qui a été le maître spirituel de Thomas à Kempis. Cette congrégation approuvée en 1376 par Grégoire XI, subsiste encore dans quelques contrées de l'Europe , et fut des plus utiles à cette époque, oii Ton ne connaissait pas encore l'imprimerie, qui ne rendit pas leurs services inutiles , puisqu'ils imprimèrent à Ëruxelles le premier livre en 1479. On a de lui :

1* Epistola Gerardi G root de officie boni monachi; et beaucoup d'autres lettres restées manuscrites.

2^ Plusieurs livres de piété , dont quelques-uns sont imprimés parmi les œuvres de Thomas à Kempis.

Cologne, 1660, in-*8^i tome QI; les autres smi restés tfiaDuscrit9. ^

1387. LUXEMBOURG {Pierre de) , né au diocèse de Liège , évêque de Metz et cardinal ; U mourut en odeur de sainteté, et fut canonisé au t& siècle malgré la lettre de Pierre d'Ailly au pape Clément, Il existe à la bibliothèque de Bourgogne , à Bruxelles , un manuscrit in-12 du 17* siècle, intitulé : Vie, mort et miracleg du bienheureux Pierre de ^Luxembourg , cardinal et évêque de Metz.

1390. HÉRMTHAIâ (Pierre d!), chanoine régulier de Tordre des Prémontrés , naquit v^rs 1320,. au village d'Hérenthals dans la Campine. U a laissé :

1° Chronicon ah orbis initio , manuscrite, dcMfït Baluie a détaché les vies des papes Jean XXII » Benoît XII , Clément VI , Grégoire XI et Clément VII , qu'il a insérées dans ses vies des papes d* Avignon , Paris ^ 1693 , in-4. Qn conservait encore plusieurs autres ouvi^ge^ manuscrits d'Hérenthals dans l'abbaye de F|orqffe , où il avait été prieur pendant plus de 30 ans.

2** JEûppositio super librum pèalmxyrum, per Petrum die Hérenthals, priorem Floreffiensem. Conrardos de Hoinborck, 1480, Cologne, in-f**; Rouen, 1504.

* 1392. ADOLPHE , comte de Clèves , fonda la sociéU de V Etrille (de Rosticem) , dans laquelle entrèrent l'archevêque de Cologne , les ducs de Brabant et de Gueldre , et les villes d'Aix-la-Chapelle et de Cologne , pour le maintien de la paix dans l'étendue de leur terriioire respectif.

* 1393. ENGELBERT DEIA MARCK, archevêque de Cologne , après l'ei^piration du terme fixé pour la durée de la société, du Fol, forma une assoeiattqn amiejile let jqyeiiisçj en.l'honnçur de la Ste^r Vierge , qui prit

le 'fiôYii dé RoBaire. Les évéques de Munster et d'Osnabrug , Adolphe , comte de Clèves , son fils aîné , Adolphe , son frère , Thierry de la Marck, seigneur de IHnslaken, Frédéric, comte de Mewes, René, seigneur de Fauquemont , Godefroid de Looz , Heinsberg , seigneur de Dalenbroeck , et plusieurs autres firent partie de cette association , dont le prétexte était la coiiseryation de la paix publique. Chacun des compa-^ gnons pouvait y faire agréger ses amis, et s'engageait à porter continuellement au cou , un rosaire d or ou fP argent, suivant ses facultés. Il y a lieu de croire qCie cet ordre fut créé pour donner assistance au parti opposé à Florent de Wevelinghoven , nommé à Tévêché dTJtrecht par Urbain YI en place d'Arnoul de Hornes, évèque de Liège, qui se déclara pour le pape d'Avignon , Clément VlL

1396. HÊSIUS {Jean) , naquît à Maeslrîcht , et fut chanoine de l'église collégiale de St.-Servais. Il entreprit en 1389, le voyage de Jérusalem dont il a donné une relation en hMnt et parcourut non-seulement la Judée , mais l'Arabie , TEthiopie et d'autres contrées encore plus éloignées. Il existe une édition de la relation de son voyage , imprimée à Anvers en 1565, chez Jean Withège , qui est très-rare ; il parait qu elle â été aussi inconnue à H: de Chateaubriand , que celle du P. Deschamps , savant voyageur liégeois.

1398. GUISE (Jacques de) , frère mineur, né à Moqsi a écrit en latin \t% Annales du Sainaut , ouvrage bizarre , curieux et intéressant pour le pays de Liège ^ dans lequel il commence à lorigine du monde* On a publié un extrait de cette histoire sous le titre de : illustration de la Gaule Belgique , ou Annales du Hoinaut , jusqu'en 1244. Paris ^ 1531 , 3 vol. in-folioi

M. le marquis de Fortia vient de publier louvrage

complet avec la traduction française en regard du texte. Paris, 1835, 18 vol. in^°.

Nicolas de Guise , son parent , chanoine de Cambrai , mort en 162i ^ a publié une histoire de Monsaveo une chronologie des comtes de Hainaut jusqu'à Philippe II • Cambrai , 16^1 , in-4''. Elle est insérée dans les Anti^ quitates Belgicœ. Louvain ^ 1702^ in-f". Cette histoire est hien écrite , et ne manque point de critique, ni dordre.

1399. DE5PRÉZ (Jean) , dit dVutremeuse, poète, minéralogiste , géologue , célèbre chroniqueur du XIV* siècle, reçut le jour à Liège , en 1338. Il descen- , dait de l'illustre maison Despréz, fameuse dans l'histoire de Liège pendant le moyen âge. Despréz était notaire, audiencier de la cour de Liège et comte palatin»

M. Polain , archiviste de la province de Liège , qui a dernièrement publié ses recherches sur la vie et les ouvrages de Jean d' Outremeuse , nous apprend que cet historien est Fauteur de la chronique en rimes fran^ çaises , vulgairement attribuée à un autre du même nom.

La Chronique en prose de Jean d'Outremeuse est divisée en 4 livres, et s'étend depuis le commencement du monde jusqu'à son temps : elle est pleine d'intérêt surtout vers la fin du XI* siècle et au commencement du XIP , non-seulement pour l'histoire du pajs . mais pour celle de la France , de l'Angleterre et de la Flandre.

Le 1*' livre s'étend depuis la création du monde jusqu*à Tan 794 après J.-C.

Le 2*, depuis cette époque jusqu'en 1207.

Le 3* commence cette année et se termine à l'an 1273.

Le 4* , s'il a été achevé , se terminait peut-être à l'an 1399; mais il ny a rien de certain à cet égard, quant à la date.

Jean de Sta^et , moine de St^^-Laureht près Liège ^ a transcrit de sa propre main , cette chronique , en 3 YoL in-f*, que l'en conserrait encore dans la biblia«> thèque 4e cette abbaje, etn 1642.

1403, HEMRIOOCRT {Jacques de), généalogiste et historien liégeois, né. à Liège en 1333. L'introduction qu'il a placée à la tète de son Miroir des nobles de Hesbwye nous apprend qu'il descendait du côté des femmes ) de l'ancienne famille, de Dammartin, et que son véritable nom de famille était Tomboir.

Adam Tomboir, né d un paysan du village de Hem* rioDurt, avait mérité lestime et la bienveillance de messire Thomas , seigneur de Hemricourt , qui lut confia l'administration de son château. Thomas étail père de trois filles ; Marie , la plus jeune ^ ne put voir Adam sans l'aimer. La disproportion de leur naissance paraissait être un obstacle à leur union ; mais combien de fois r amour norlril pas rapproché les conditions î^^» Marie n'écoutant donc que la voix de l'amour^ abandonna la maison paternelle pour se livrer entièrement à son amant. Le seigneur de Hemricourt, en apprenant cette démarche , devint furieux ; Adam et sa maîtresse, pour se dérober à sa colère , se réfugièrent dans la ville de St.'-Trond , oii ils reçurent aux pieds des autels la bénédiction nuptiale. Au bout de deux ans ^ ils parvinrent, par l'entremise de quelques amis , à calmer le ressentiment de Thomas , qui , ne pouvant briser les liens qui les unissaient , les admit dans son château , et rendit à Tomboir le même emploi qu'il y. avait au-^ paravant : il s'opiniâtra à ne vouloir rien donner à sa fille. Adam quitta le nom de Tomboir pour prendre celui de Hemricourt, qu'il transmit à ses descendans. Son fils , Thomas de Hemricourt , fit de très-grands progrès dans la jurisprudence, et exerça avec succès, pendant toute sa vie , la profession d'avocat à Liège :

celui-ci eut plusieurs en fans, entre autnes^ Tkémas et Gilles de Hemricôurt ;• le premier fut marchand de tiA et bourgmestre de Liège ; et le second , secrétaire des échevins de Liège, est le père de notre historieOé Sa mère s'appelait Ide d'Âbèe, et sortait d'une maison distinguée* Il se ibaria premièrement ayec Françoise de Mission , fille de Pierre Mission , hoilifiéte bourgeois ^ drapier de la Tille de Liège , dont il eut un fits ; en* suite , il épousa Agnès , fille de Y eri de Cbir , seigneur de RamÎDul , chevalier , dont il n'eut point d'éhfans. Après la mort de sa seeonde feAmié i il entra dans Tordre de St.-Jean de Jérusalem.

Il fut secrétaire des écherins àè Liège en t360 jus-> qu'en 1376, et majeur en ffeauté pour Raës deWaroiix en 1372. Il fut encons Hecrëtai^e du tribunal d!é^ douze juges des famille^ Au pays dt Liège ^ en 1373. C'est en 1390, pendant sa inagiistrature , que Jeaii dé Bavière , dit ^ane pMé , parvint à la principauté de Liège.

Jacques de Remrîcourt nous a laissé trois ouvrages; le premier a pour titre : Miroir des nobles de Has^ ba^e, etc. C'est un recueil de gèbéalogies dé h i>lu9 grande utilité pour la noblesse liégeoise ; l'autre est intitulé : Abréaé des guerres d'Awans et de Warouof. Ces deui proauctions ^ écrites en vieux français tel qu'on pouvait le parler à Liège dans le 14* siècle, ont été imprimées à Brurelles en 1673, in-f"", avec figurés ^ par les soins d'un nommé Salbrai , qui a joint à côté du texte une plate traduction presqù'aùssi obscure que l'original , et de plus très^inlfidèle. ÎSalbfai avoue dans sa préface , n'en être venu à bout qu'avec h seé&àré d'un abbé Massart , liégeois , «rai avait quelque connaissance du vieux langage. Il n est pas inutile de remar-' quer que quelques exemplaires de ce livre portent là date de 1715 , ce qui pourrait faire isoupçonner une nouvelle édition ; mais le titre seul a été renouvelé.

Charles^François Jalheau , chanoine de Liège , a fait imprimer, en 1791, une nouvelle édition, in-folio, du Miroir des nobles de la Heshaye^ qu'il est difficile de se procurer ; cette édition n'a pas été publiée; l'éditeur en a seulement distribué quelques exemplaires. Hetnricourt commença le Miroir des no* hles en 1353 ; il nous apprend qu'il avait alors 20 ans^ et qu'il y noiit la dernière main en 1393. On y trouve les généalogies des familles nombreuses qui descen-» daient de Raës de Dammartin , chevalier français , qui se fixa dans le pays , en épousant Alix , fiUd unique de Sureal de Warfusée , chevalier liégeois » très^-opulent.

La noblesse ) liégeoise , du temps de Hemrieourt, avait perdu une partie de son éclat : le but de cet écrivain , en rapportant lès hauts faits de ces anciens chevaliers , était d'exciter ^és contemporains à mar* cher sur leurs traces.

Dans la préface très-curieuse de cet ouvrage , Hemr ricourt y expose les motifs qui l'ont engagé à composer le Miroir des nobles ; il rend ensuite compte des soins qu'il s'est donné pour en rassembler lès matériaux. Il s'y appliqua dès sa plus tendre jeunesse ; il ecmsulta les archives de la cathédrale de Liège, il lut de vieux manuscrits, auxquels il crut pouvoir se fier , patce que ses ancêtres , qui les lui avaient laissés , vécurent avec les gentilshoomies doBt il a fait les généalogies. « C'est avec ces mémoires^ dit-il, et >avec ce que j'ai vu ou appris des chevaliers qui Bconnaissaient les familles illustres de rèvécbé de »Liége, que j'ai rédigé le Miroir dés nobles : on «jugera de mon travail et de mes peines, quand on «saura que j'ai employé 46 ans à le faire. »I1 avoue, il esl vrai, que ses charges l'empêchèrent dy vaquer continuellement ; il restait quelquefois deux ans sans y toucher : oe fut dans sa vieillesse qu'il s'y adonna

avec le plus de con^ance ; il se défit exprès de ses emplois^, il relut alors et corrigea ce qu'il avait com^ posé avant sa retraite : < Sans cela, dit-il naïvement, •cet oïtvrage n'eut jamais été achevé ni par raoi , »ni par un autre. » Le bon Hemricourt appréciait le -temps que ce livre lui avait coûté : dans ce siècle de ténèbres , peut-être ètait-il le seul homme de sa nation , chez lequel se trouvaient réunis la patience et les talens nécessaires ^ pour oser exécuter une entreprise aussi pénible, et en quelque sorte aussi ingrate. Cet ouvrage , qui lae peut intéresser que les familles nobles liégeoises et quelques-unes des Pays-Bas , qui , sans le Miroir des nobles , ne pourraient débrouiller leur origine et leurs généalogies, ne laisse pas de renfermer quelques anecdotes sur les anciens chevaliers liégeois et sur la chevalerie en général , dont le recueil formerait une galerie de tableaux naïfs et singuliers, oii les mœurs des 12'', IS"" et 14** siècles se trouveraient peintes au naturel.

On doit regretter que M. de la Gurne de Ste.-Palaye n'ait point conna le Miroir des nobles ni \ Histoire des guerres d'Awans et de Waroùx , il y aurait puisé d'excellens matériaux , qu'il n'aurait pas négligés pour ses mémoires instructifs sur la chevalerie. Il se serait servi principalement du dernier de ces ouvrages ; c'est un morceau original et piquant , qui méritait d'être plus répandu ^ mais il serait difficile pour bien des personnes de le lire dans le texte même de Hemricourt; car outre la barbarie de son style , cet écrivain est si diffus, si obscur, il règàe si peu d'ordre dans cette histoire des démêlés des familles d'Avrans et de Waroux , qu'il faut une étude constante et assidue pour saisir le sens de l'auteur et suivre le fil des évènemens multipliés et frappans , qu'offrent ces guerres sanglantes. M. de Yillenfagne en a publié un Essai historique dans ses Mélanges de littérature et d* histoire ; et M. Pi-

gaiilt , de Calais , a puisé dc^ns Touvrage de M. de Villenfàgne le sujet dun drame en 3 acteg ■,- qu'il ne put faire représenter à Liège, lors de son voyage en 1788. ^ •

Jacques de Hemricourt est aussi l'auteur du Pennon de la temporalité des éoesques de Liège, qui n'a jamais été imprimé , et que Ton ne trouve que dans ces re^ cueils manuscrits que les Liégeois nomment Patmllart , qui contenaient les anciens statuts , etc. , du pays de Liège. Ce traité, qui est peut-être l'ouvrage le plus curieux et • le plus intéressant pour l'hiàtoire de ce temps , est terminé , dit-on , par Jean de Temploux , qai y. a inséré plusieurs articles, après la mort de l'auteur. M. de Villenfàgne , dans ses Essais, critiques, lome !•', et ses Recherches historiques , tome 1"% en donne une analyse.

Le langage de Hemricourt est plein de franchise , de rudesse , et porte l'empreinte des mâles vertus et des antiques préjugés de l'ordre auquel il se glorifiait d'appartenir.

Paquot dans ses Mémoires littéraires rsipporle que Christophe Butkens avait eu le dessein de publier les ouvrages de Hemricourt avec une préface , des notes et un supplément : Yeœemplaire qui contient ces additions , dit ce bibliographe , est entre les mains de M. Verdussen^ échevin d'Anvers.

1403. RADULFDS bb RIVO, doyen de Végliëe de Tongres , naquit à Brée , dans la Campine ; il étudia à Rome les langues grecque et latine , sous le célèbre Simon de Constantinople, et se livra ensuite à l'étude des antiquités. Il fonda le monastère de Corsendonck, et donna aux religieux de cette maison une règle conforme aux anciens canons. Radulfus avait rapporté de Rome plusieurs livres rares , entr'autres un Nouveau Testament en grec ^fori ancien , dont Erasme fait men-

4ion dans^ses écrite , et4}ue les oioiiiee de Corsendooicsk » oITiir^Bl, en 1633, au comte Olivarès. Ce livre est aujourd'hui à la bibUothèque de l'faoonal. Oi a de ce savant :

1*" Les vies cPEnghbert de ./a Marck, ele Jean dAr*' kel et (tAruaul de Ht^mes , évéques de Liège , que £hapeauville a insérés dans son Aectml des hisUhnens

liégeois.

2" TraM^ de tobserfùcdhn des canons , Goloçne , 1568; Rome, 1590; dans la bibliothèque des Pères ^ tome 6% édition de Paris, et tome 14% édition deCk>« logne.

S"" Calendrier ecclésiastique i IiOUTain , 1548.

4'' Martyrologe an vers. .

1404. FROISSARD (Jean), poésie , historien, cha« noine et trésorier de Tég^ise de Cfaim^ « diocèse de Li^ge , n^uit à ValenciQ^nes en 1337 , et mo«rul à Oiimaj. Un esprit vif et inquiet ne lui permit pas de se fixer long-temps aux mêmes occupations et aux mêmes lieux. 11 aimait la chasse , la musique , les fêtes , la parure , ia boaae phair « le vin , les femmes. Ces goûts fortifiés par Thabilude ne moururent qu'avec lui.

Il a publié plusieurs pièces de poésie, parmi lesquelles on distingue ses Pastourelles « peut-être un peu trop libres pour les productions d'un chanoine.

Sa chroniqne s'étend depuis 1326 jusquen 1400. Enguerrand de Monstrelet la co<)tiniiée jusqu'en 1467. Jean Sleïdan en a (ait un abrégé.

I^ meilleure de toutes les anciennes éd&tioQS et la moins commune ^ est içelle de l^on^ 1559, 4 voL in-f*. Mr. Bûchon en a publié me nouvelle en 15 toL in-S% Paris 9 Yerdière;, 1824 et années «mvantes* à la fin de laquelle , on trouive hs Çhroniqms da maùtÊiB jfean Le Bel, chanoine de Liège.

Froiisani avoue » dans le prologue de son hiètbire^ qu'il s'est serri du Irayàil de Hocsem pour le commencement de sa chronique , et il j cite Jean Le Bel, comme ayant écril iweà bmiâcoup de soi» et d'easàc-* titude ce. qui s'était pMié de son temps , mais éans* dire qu'il avait profité de ses éciits , qui lui furent cependant bien utiles.

On trouve dans cet historien (auquel on reproche seulement plus d'impartialité envers les Français qu'enyets les Anglais) , tous les évènemens considérables arrivés de son temps en Europe , décrits parfois même avec minutie.

Mr. Lacurne de Ste.-Palaye a publié la vie de Froissard , dont les poésies , extraites de deux manuscrits de la bibliothèque du roi , à Paris » ont été publiées pour la première fois par J.-A Bûchon, Paris , Verdîère, 1829, 513 pag. in-8*. Il est l'auteur d'un roman inédit : Méliador ou le chevalier au soleil dor^

* 1409. PLAYOBL {P^re <fc), docteur , savant et éloquent pour son siècle , né à Liège , fut député, au concile de Pise , où il parla au nom de VUniversitèi dé Paris , qu'il représentait.

M409. SEELDË, abbé de St.-Trond , obtint du. pape Eugène lY » la sécularisation de son abbaye , mais seuleiiient après l'extinction eiftière de tous les moines qui s'y trouvaient alors. Lui elt ses religieux , qui n'avaient demandé à être chanoines , que pour vivre plus à l'aise , quoique leur vie fût déjà très-moudaine»^ Qe Yoyant pas leur situation changée , se désistèrent d'un projet qui ne devait être utile qu'à leurs suc* cesseurs.

1410. MARCHINELLE {Jean) , carme de Liège , prédicateur distingué , théologien ascétique , écrivain eoclésiâsiiqtte.

1411. LCXEHBOUfiG {Josse de), manjuis de Mo^ ravie, fut élu empereur d'Allemagne en 1410\ mais son règne fut si court que les historiens n'en parlent presque pas ; il mourut trois mois après son élection. Robert, son prédécesseur, acheva d'établir la supériorité territoriale des princes de l'empire , en leur accordant le droit de haute justice dans leurs, domaines;

*1416.STOQUIS {La/nib&r^de), moine de St.-Laurent près Liège , docteur en droit et prieur de Bertrey ^ était un littérateur distingué au rapport de Bucelin. Il parut avec éelat aux conciles de Pise et de Constance auxquels il souscrivit en 1416. Les Pères de ce dernier concile le nommèrent arbitre, pour terminer le différend survenu entre les Polonais et les chevaliers de Tordre Teutonique » le députèrent ensuite vers Tantipape Benoit XIII , pour l'engager à se désister de la papauté , et l'associèrent aux cardinaux pour l'élection de Martin Y. Lambert , outre plusieurs ouvrages , a spiritualisé les Fables dH Esope , pour réformer les mœurs.

1417. LUXEMBOURG-LIGNI (T^aferan de), prit une part très-vive dans tous les démêlés des Liégeois avec Jean de Bavière , leur évéque , il interposa sa médiation pour rétablir la paix entre les habitans de Liège et de Haestridit , qui se faisaient alofs une guerre cruelle. Il forma dans Paris une compagnie de 500 bouchers , qui reçurent le nom d'écorckeurs et commirent dans cette cité, alors livrée à l'anarchie , une foule de brigandages en faveur de la faction des Bourguignons contre celle des Artnagnaes^

1420. TOLYIS {Henri de), d'abord religieux carme à Malines , ensuite chapelain du pape Boniface IX. Il fut ensuite nommé évéque de Rosse en Dalmatie,

et sous-pëniteotier de la cour de Rome. Après avoir quitté Rome, sans doute disgracié ^ il lut successivement suffragant de Cambrai et de Liège sous Jean de Bavière , et mourut à Utrecht.

1419. VALENRODE (Jean de), archevêque de Riga en Livonie, assista au concile de Constance. Nommé au siège épiscopal de Liège par le pape Martin V , après l'abdication de Jean de Bavière , voulant se conformer au diplôme de l'empereur Sigismond , et réparer les maux que son prédécesseur avait faits aux Liégeois , il leur rendit leurs lois » leurs privilèges, leur liberté, et mourut sincèrement regretté du peuple dont il s'était montré l'ami.

1424. BAVIÈRE (Jean de) , dit sans pitié. Aucun crime ne coûtait à ce monstre , même quand il ne devait point lui servir , tant il se sentait pour le mal une sorte de luxure.

Elu évêque de Liège , quoique laïc , il fit une entrée magnifique dans cette ville. Le lendemain, son père Albert , comte de Hainaut , lui prêta foi et hommage en qualité de vassal , suivant l'antique usage , depuis que le comté de Hainaut relevait de l'église de Liège»

Le règne de cet évêque , sous-diacre seulement, ne fut qu'une série de troubles , de scandales et de ca* lamités pour le pays. Son despotisme et sa cruauté aigrirent les esprits : son alhance avec la maison de Bourgogne lui ôta la confiance de la nation ; dès lors la guerre fut déclarée , et Thierri de Bornes lui fut opposé comme évêque légitime.

/ La suite de cette division sanglante donna lieu à la bataille d'Othée , si^ fatale aux Liégeois. Jean en profita pour ravir au peuple sa liberté , ses privilèges : il fit enlever toutes les archives et périr ses ennemis de mort cruelle.

Lié d'intérêt et d'intrigues avec le comte de l|ai-*

naul , son père , et le duo de Bourgogne , il entra avec eux dans leurs desseins hostiles à la France. On voit encore à Paris dans les rues Tirecharpe et des Bourdonnais ^ la maison où Jean de Bavière descendit vers 1404 , Qprës avoir prêté serment à la porte St.-Denis » entre les mains du prévôt- de la ville , quU ne tournerait point ses armes , ni contre le roi y ni contre les habitans , quand il vint à main armée au secours des Bourguignons contre les Ar^ magnacs» .

Dévoré d'ambition, et le cœur ulcéré contre sa nièce , Jacqueline de Bavière , comtesse de Hollande, de Hainaut et duchesse de Limbourg , qui l'avait refusé pour époux , il l'abreuva de dégoûts , obtint de Jean 9 duc de Tou raine , qui l'avait épousée , la cession de la Hollande pour 12 ans.

A la mori d'Antoine y duc . de Bourgogne , il obtint la dispense du sous*diaconat , abdiqua l'évéché de Liège en 1418, et épousa Elisabeth de Gorlitz, veuve d'Antoine. Selon quelques auteurs , il mourut de poison^ six ans après son mariage.

1425. JEAN Vf, duc de Brabant , époux de l'infortunée Jacqueline de Bavière^ comtesde de Hainaut et de Hollande. On lui doit la fondation de l'Unitersité de Louvain , dont Engelbert de Nassau doit partager la gloire , puisqu'il lui en suggéra l'idée et en donna le plan.

Cette llmyersité, que l'on peut considérer comcne la fille de celle de Cologne , fut un bienfait pour le pays de Liège où elle répandit les lumières et l'instruction.

Jusqu'au 8*" siècle, les ecMinaissances humaines avaient été concentrées dans les écoles épiscopales et monastiques. Charlemagne appréciant tout ce que l'ignorance apporte de maux dans un état, et envisageant la

acienoe coinme la compagne ibséparaUe de la liberté , yoalat instruire sea peuples qui gémissaient, dans la plus crasse ignorance i il établit à cet efiet des écoles dans les principales villes du royaume , dont il confia la direction générale au célèbre moine Alcuin. Liège eut une école ; il en institua même une dans son palais à Aix-la-Chapelle.

Comme les maîtres qui présidaient à ces nouvelles écoles , ne se bornaient pas utiicfuement aut étuded déricales ^ dès lors les laïcs purent s'instruire et acquérir des connaissances conformes à leur goût , à feur état.

Malheureusement » la mort de Charlemagne reploD^a bientât lès seièncel^ dans Tétat de langueur, doù la force seule de son génie avait pu les tirer. La décadence des lumières , devenue de plus en plus lapide dans ces écoles, on fut obligé de nouveau d'alfer étudier dans les cloîtres des églises cathédrales ou des monastères. On apprenait dans ces pieuses retraites, la groâÊV/nmre , la dialectique, t arithmétique , la géo-* méirie , le lalm , un peu de poésie e(t d histoire , la religion , le plam^hant et la Uthurgie.

Jusqu'au 12*" siècle, Liège, St.*Amand, Lobbes et St.-fiertin fur^cit les écoles les plus fréquentées en Belgique.

Lorsque les Universités furent établies, en Europe , PiBidoue et Bologne furent redierchées par les Liégeois et les Belges qui voulaient, étudier la médecine ; et Paris , pour renseignement de toutes les sciences connues.

L'Université de cette ville attirait dès le 13*" siècle , une foule prodigieuse d'écoliers de presque toutes les parties de l'Europe. On y enseignait la grammaire , la ThéUniquB , la dialectique, Y astrologie, la géométrie, ^arithmétique, la musique, la théologie , le droU canon et quelques principes du droit civil.

L'établissement d une Université à Louvain fui une époque remarquable pour le progrès des sciences dan» le pays ; mais cette Université, qui jusqu'en 1559« fit partie* du diocèse , amena une décadence progressive dans les écoles de Liège et celles des principaux monastères de révéché« .

1426. "EYCIL (Hubert Van)^ peintre célèbre, inventeur de la peinture à Thuile , et Tun des fondateurs dé l'école flamande. Il reçut le jour en 1366« au village d'Eyck, près d&Masejck, ville du comté de Looz, dans le pays de Liège. Son père était un peintre assez médiocre.

Il quitta sa patrie et vint se fixer à Gand où il établit une école de peinture, oà les talens du maître attirèrent un grand nombre^ d'élèves , parmi lesquels on distingue Jean , son frère , Gérard Yander Meer et Josse de Gand.

Hubert Van Eyck cultivait les sciences et principalement la chimie. Après plusieurs essais infructueux , il inventa, ou plutôt perfectionna la méthode de peindre à r huile ; car il paraîtrait presque certain , que ce procédé était déjà connu. C'est vers 1409, que Hubert fit la découverte de sa nouvelle méthode qui a immortalisé son nom.

£n 1420 , cédant aux prières de Josse de Vyts , seigneur de Pamèie et patricien de Gand , il entreprit cette magnifique composition , qu'il travailla jusqu'à sa mort , et que son frère , Jean Van Eyck , continua et n'acheva qu'en 1432 , époque à laquelle fut exposé dans la chapelle de l'église de St.-Bavon , construite à cet effet par la famille de Vyts, ce chef-d'œuvre^ qui comprenait douze panneaux réunis , formant néanmoins douze tableaux séparés , divisés en deux séries : sept en haut , cinq en bas ; et dont la hauteur totale était de onze pieds environ , et la largeur de quatorze.

En voici la description :

1*'. Dieu h Père occupe le centre de là partie supérieure du tableau. Il est vu de face, assis sur un trône, et tenant de la main gauche un sceptre de cristal. De la main droite , il semble donner la bénédiction. Sa tète est couronnée d'une tiare magnifique.

2*. A sa droite est la Sainte Vierge^ également assise sur un trône , et tenant dans les mains un livre dont la lecture parait l'occuper. Une couronne d'or couvre sa tète.

3-. A la gauche de Dieu h Père se trouve St. Jean Baptiste j tenant d'une main un livre posé sur ses genoux.

4''. Ce panneau représente un groupe de cinq anges sans ailes , qui jouent de divers instrumens. La figure principale est assise devant un orgue : elle a passé jusqu'ici pour Ste. Cécile , mais d'habiles critiques né partagent pas cette opinion.

5"*. Devant un pupitre richement sculpté sont placés huit anges également sans ailes : ils chantent ; et celui qui est assis sur le devant , bat la mesure sur la main droite.

6* et 7*. Ces deux panneaux représentent Adam et Eve debout et dans un état complet de nudité. Eve tient de la main droite nn fruit qui ressemble moins à une pomme qu'à une orange : Adam parait vouloir la dissuader d'en. manger.

8% Ce tableau , le plus remarquable de tous , re* présente des anges , des saints , au nombre desquels se voit St. Liévin, patron de la ville de Gand, des martyrs , des vierges , enfin beaucoup d'autres personnages rassemblés autour de V agneau placé sur un autel au milieu du tableau, lequel contient plus de trois cents figures de douze à quatorze pouces de proportion.

d". On voit sur ce panneau une foule de guerriers conduits par un personnage monté sur un cheval

blanc, portant un drapeau » et couvert d une cuinrtse reaplendiasanle. Quttbre d'eatre eux t^nl oouroaniès. Quelques-un» ont cru reconnaître parmi ccis gu^nbi^ » Teoipereur Frédéric 1*% Stk Louis». Godefroid de Bouîl^ Ion» Tancrède^ Robert de Flandre, etc. ; mais ,oa n'a rien de certain à cet égard.

10*. Ce pabnôau représenCe dix cavaliers, panùEii les* quels oo reman^ue prineipalement \m bomnuB d'un âge luur , mais d'une physionomie extrêmement douce: et bonne : il monte un cheval blanc richement harr^ naché , et poalie une superbe pelisse bleue et une toque fourrée ; on croit que c'est le. portrait de Uuber( Van Eyck. Plus loin on aperçoit la figure d'un homme plus jeune , ayant des traits, plus heureux et une. èx* pression douce et sensible» vêtu d'un habit noir , portant au oou un chapelet de corail » et autour de la tête une coiffe nouée de manière que les bouts dépas^ sent ; on présume que cette tête est celle de Jean Van Ëjrck. Du moins il est certain que ces deux figures $ont le type de tous les portraits de ces deux artistes liégeois , que nous possédcms gravés tant en bois qu'en taille-douce.

IV. On y voit de saints ermites , au nombre da dix , portant dans leurs mains des rosaires, soutenant par des béquilles leur marche chancelante , et s avançant vers Yagneaui A leur suite se trouvent deux femmes, dont Tune, portant uii vase de parfums, fait présumer être .Iklarie Madeleine.

12**. Dix-sept pélmos, ayant à leur tête Saint Christophe , sont figurés dans ce dernier panneau. Le saint comparativement aux pèlerins est. d'une grandeur démesurée.

Les n*'*4, 5, 6, 7, 9, 10, 11 et 12 formaient des espèces de volets , et se reployaient sur les quatre autres parties^ Ib sont peints à l'extérieur , de sorte que , tous les volets étant fermés , ou voyait de nouveaux

tableaux , moins remarquables cependant , en général , que ceux de l'intérieur , non qu'ils aient été trayaillés avec moins de soin , mais parce que l'air auquel ils ont été constamment exposés , a nui à leur effet et détruit la iriracité des couleurs.

La partie supérieure représente Y Annonciation. On j voit dans une Tue de Gand , la maison qu'on croit AToir été habitée par les frères Van Ejck. Sur la série inférieure se remarquent les portraits de St. Jean Baptiste et de St. Jean l'Ëvangéliste ^ ainsi que ceux du donateur Josse Tyts et de son épouse Isabelle Borlunt » fille de Jérôme , premier écbevin de Gand.

L'inscription suiFante mise sur le tableau piar Jeaà Van Ejd , et qui est placée sous les quatre figurer dont nous tenons de parler , a été fort long*tempB CDHi^erie de couleur ; on ne sait par qui ni à quelle époque ; ce n'est que depuis peu de temps qu'elle a été découverte et déchiffrée :

c Le peintre Hubert , le plus grand peintre qui ait

> jamais existé , a commencé cet ouvrage , que son

> frère , le second dans son art , s'est chargé d'achever, 1 engagé par les prières de Josse Vjts. >

H n'est pas doutisux que la gloire de cette riche et Yaste composition n'appartienne toute entière à Hubert 9 et que ce ne soit lui qui en ait dessiné et esquissé les détails. Quant à l'exécution , il est assez difficile de décider positivement quelles sont les parties faites par chacun des deux frères. La série supérieure , tant à l'intérieur qu'à lexiériéur, a été peinte par Hubeit , à Texception néanmoins des panneaux 4 et 5, dont quelques parties paraissent étœ d'iine autre main. On croit que toute la série d'en bas e^ l'ouvrage de Jean » hormis quelques endroits des panneaux 8 et d qu'on attribue à Hubect

On présume aussi , avec assez de raison , que les élèves des Van Eyck ont aidé leurs maîtres dans ce

grand ouvrage ; et l'on regarde la figure placée an haut de l'extérieur du sixième panneau , comme l'ou* vrage de Vander Meer.

On faisait uii si grand cas de cette composition , qu'on ne l'exposait aux regards du public que les grands jours de fête.

Philippe II, voulut faire transporter en Espagne ce chef-d'œuvre ; mais les chanoines de St.-Bavon s'y opposèrent. Michel de'^Cocxie fut chargé d'en faire une copie pour ce monarque qui la plaça dans la chapelle du vieux palais à Madrid. Dans la série supérieure du tableau , il égale presque l'original par la chaleur et le brillant du coloris; mais il en est à une grande distance pour tout le reste. Cette copie qui n'est pas fidèle , on ne sait pourquoi, coûta deux années de travail à l'ar* tiste, et lui fut payée deux mille florins, somme trè^ considérable pour ce temps-là.

M. Aders, à Londres, possède une copie entière de l'ouvrage des Van Eyck ; on ne sait ni dans quel temps , ni par qui elle a été faite. Quoique fort belle elle est inférieure à celle commandée à Cocxie.

En 1817, les panneaux 4, 5, 9, 10, 11 et 12 du chef-d'œuvre des Van Eyck, furent vendus sans autorisation à M. van Nieuwenhuyse de Bruxelles , qui les revendit 100,000 francs l'année suivante, à M. SoUy, amateur anglais, qui les céda avec quelques autres tableaux à S. M. le roi de Prusse , pour une somme de 100,000 thalers (410,900 francs).

Hubert mourut à Gand le 8 septembre 1426 , et fut enterré dans la chapelle que la famille de Vyts avait fait construire à St.-Bavon.

Marc Van Vaernewyck dit que l'os du bras de Hubert, auquel avait été attachée la main habile de ce peintre, fut long-temps exposé à la vénération publique, et qu il l'a vu lui-même , dans une armoire de fer , au cimetière à l'entrée de l'église.

* 1426. EYCaK. {Marguerite Van), sœur des deux peintres illustres de ee nom , naquit comme eux à Ejck près de Masejek. Elle cultiva la peinture avec succès, et pour se livrer plus entièrement à son art, elle refusa, dit-on , de se marier.

* 1427. PIERRE {Erasme délie) , orfèvre et ciseleur.

* HORNE {fferman) , habile ciseleur.

* LAMBERT {Jean), peintre.

* GrODELE {Jean) , habile ciseleur.

* LIBERME {Jacques de) , peintre.

* FÊLEM {Gérard de), ciseleur.

Tous ces artistes sont Liégeois; ils florissaient vers le même temps; on ignore en grande partie leurs travaux , mais Ton sait qu'ils avaient du talent dans leur art et s'étaient acquis de la réputation dans leur patrie*

1428. GODESCALD {Jean), abbé de Slavelot , homme d'une conduite tellement extravagante , que pour payer ses dettes, il se vit obligé de donner en engagère, au comte Evrard de la Marck, le comté de Logne et les vignobles que les abbayes de Stavelot et de Malmédy possédaient sur les bords de la Moselle , et de résigner, par les ordres du pape, le gouvernement du pays entre les mains de l'abbé de St.-Laurent près Liège.

1430. GISLAIN {Jean) , doyen de la collégiale de St.-Denis , à Liège , chancelier de l'Université de' Louvain.

* 1430. ANGELUS de Cambis , né à Liège, poète latin.

1440. PIC ART {Jean) , 39* abbé de Citeaux , naquit

en 1380, à Launois, au duché de Bouillon. Il fut dé« puté par son ordre au concile de Constance , où il prononça une harangue, et concourut avec les cardinaux à l'élection du pape Martin Y. Le P. Homej, autour d un éloge de ce prélat , a inséré dans son Supplément tum Patrum , le discours prononcé par Picart dev^uit les pères du concile de Bâie.

1440/ LUXEMBOURG {Jean de) , comte de Ligni, frère du cardinal de ce nom , trahit comihe lui la France pour servir l'Angleterre. Nommé gouverneur de la ville d'Arras , il se signala par une foule de cruautés.

* 1441. EYGK {Jean Van) , frère du précédent , naquit au village d'Eyck près de Mftsejck , ville de la prin* cipauté de Liège, vers Tan 1401. Il fut le disciple .de son frère qu'il surpassa bientôt.

Son premier ouvrage connu , est une tête peinte à l'huile, dont il fit hommage en 1420, à une réunion de peintres composant la confrérie de St. Luc à Anvers , qui lui en firent de grands complime^s.

Il travailla à diverses compositions avec son frère auprès duquel il demeurait. Aptes sa mort arrivée en 1426, il continua sa grande composition, destinée à la chapelle de la famille de Vyts, dans Tancienne église de St.-Bavon, et la termina en 1432.

Antonello de Messine , auqupl les Italiens ont attribué T invention de la peinture à t huile, connue alor» sous le nom du procédé flamand^ dans le désir de rapporter dans sa pairie cette admirable découverte qui devait avoir une influence ^i remarquable sur l'art de la peinture, fit entre 1435 et 1442, un voyage en Flandre, à la sollicitation de Colantonio , son maître , et de René d'Anjou , roi de Naples. Il se lia d'amitié avec Jean Van Eyck, alors établi à Bruges, qui lui apprit la manière de fixer Us couleurs sur la

toUe et de leur donner plus aPéclat. Antonello , après la mort de Jean , quitta Bruges , et ouvrit à Venise une école où se formèrent Girolamo Alibrandi, surnommé h Raphaël de Messine, et Domenico, qu'un de ses élères, Andréa del Castagne , assassina en Ï463, pour posséder seul à Florence, le secret de la peinture à Ihuile,

On voit encore à Gand un tableau d' Antonello , représentant le Christ entre les deuof larrons , et sur lequel on lit l'inscription suivante : 1445 Antonelltis Messene»s me &" (oleo) pinxit.

Après la mort de Hubert Van Ejck , Jean quitta Gand pour aller se fixer à Bruges. Il se maria , mais oiî i^ore s'il eut des en fans.

C'est de cette ville , alors très-florissante et le séjour fiivori des comtes de Flandre, que la réputation de ce grand peintre se répapdit dans toute l'Europe , où il est connu sous le nom de Jean bb B&ugbs.

Il forma à son éeole, Roger de Bruges , Ruggîeri , Antonello de Messine et Hugues Vander Goes connu en Italie sous le nom de Hugo d'Anversa.

Philippe , duc de Bourgogne , protecteur zélé des sciences et des beaux-arts , admit Jean Van Eyck dans ses conseils.

Les beaux tableaux de Michel Volhgemuth , de Nuremberg, de Martin Schon, de Colmar, et surtout de Herlen de Nordlingen , nous offrent les échantillons de \ecole de Jean Van Ejck.

Hubert et Jean sont regardés encore aujourd'hui , comme les restaurateurs de la peinture dans les Pays- Bas, et les maures d'une partie des écoles modernes.

On voit en Europe , dans plusieurs galeries royales et même dans les cabinets de quelques riches amateurs , des tableaux qu'oïl dit être des Van Eyck , et surtout de Jean, puisque par suite de Terreur qui attribuait à <^ dernier l'invention de la peinture à l'huile, le nom

de Bubert était presque totn^^é 4^ns l'oubli* On conçoit que rintérét des Tendeurs et des aohQtçufs a dû eon*^ tribuer beaucoup à augmenter Ifs nombrç de œs on* yrages , et qu'on ait mis sous^ le nom de ces d^nx grand» maîtres f. des productions , soit de leurs élèves , ^oit dç peintres fort distingués qu^on yojait çn Flandre à cette époque. Ce qui paraît certain « c'est qu'il n'existe p^iit^ être pas plus d'une douzaine de tableaux qui soient incontestablement des Van Ejck* Ce nombre se rédui-» tait même à moitié , si Ton ne regardait comme sortis de leurs mains « que ceux qui portent leurs noms*

L'académie de Bruges en possède trois : une, (été, de Christ; le portrait de la femme dejecm; une Vierge avec V enfant Jésus, saint Donatien, saint Georges et un chanoine»

On toit dans la galerie du Belyédère^à^ Vienne^. Je poi'tifait de Jean de Leeuw, peint par Jeaiii en lâ36«

Il à, fait aussi pour la cathédrale d'Ypres y un.g^^nd tableau qui lui fut commandé par le pi:éy4t Kicolas Van Maelbeke. Cette composition n'étant poJAt terminée, on présume qu'il j trayaillait lorsque la mort yint le surprendre.

Jean Ënschedé, de Harlem, possédait en 1769» un tableau peint par Jean , en 1437 ^ représen.tdnt li9 fonr dation d'une église , dans lequel on yoyait une Viç»rge assise au pied d'une tour déjà fort avancée.

On attribua aussi aux Van Ejck^ mais 9itns preuves :

La Vierge donnant le sein à ï enfant Jé^us; sainte

Catherim*

Une Vierge au donataire , qui vient de, la cathé" drale d'Autun. Ce tableau et les deux précédées scmt au Musée de Paris.

Un saint Jérôme, qui doit se trouyer à, Florence.

Une salle de bains , peinte pour Frédéric , due d'Urbin.

Une adoration des Mages , qu'on voyait autrefois à Paris , dans la galerie du Palais Royal.

tin tableau » dont parle Yasari , et dont Bartholomée Facius ) fait la description suivante ^ dans son livre , De viris illustribus : c G est de Jean Gallicus (Jean Vati £jck)) dit-il, que nous avons cet excellent tableau dans le cabinet du roi Alphonse» On j trouve la Vierge Marie, remarquable par sa beauté et sa dôucé piudeur; Vange Gabriel lui annonçant que le fils de Dieu naîtrait d elle t il est d'une rare beauté , et Tori dirait que sa chevelure est plus vraie quo nature ; Jean^Baptiête , portant sur sa. personne lempreinle de la sainteté de sa vie et de l'austérité de ses mœurs ; Jérôme g tout semblable à un être vivant; upe biblid^ thèque d'une exécution admirablcà Le pan extérieur représente Baptiste Lomfnelino , à qui ce tableau a appartenu f et à qui la voix seule manque j; et «a maitresêei J^lle femme » comme elle l'était eti effet ^ est parfaitement ressemblante» Entre deux ^ un rayon de soleil tombe sur le panneau » on le croirait leffet du soleil même. > Les frères Van Eyck ont sans doute fait un plus grand nombre de tableaux; mais il est vraisemblable que plusieurs n'ont pu échapper aux ravages du temps et aux désastreuses journées d'août 1566. Si Von considère ensuite que les artistes, opéraient alors plus lentement quon ne le fait maintenant ^ qu'ils s'occu^ paient moins de leurs intérètis que de leur gloire ', qu'enfin la belle composition de St^^Bavon a colite douze années de travail ^ on sera moins surpris qu'il soit resté si peu de productions de ces deux peintres.

Jean Van Eyck mourut à Bruges ; on croit qu'il a été enterré dans Téglise de St.^Donat en cette ville^

1443. LtJXEMBQURQ-Sr-.POL {Louis efe>, cardiual, èvêque de Térouane, suivit le parti de Henri VI, roi d'Angleterre qui prenait le titre de roi de France , et le fit son chancelier» A l'entrée de Charles VII , roi de

France, dans Paris » ce cardinal se réfugia dans la Bas** tille ; mais contraint de capituler , il obtint la liberté de se retirer en Angleterre, où il mourut.

1448, NlZET {Denis) ^ de Verviers, propriétaire de la foulerie du Saucj. Il est le premier foulon établi dans cette ville , ou du moins dont le nom nous soit parvenu^

1448. DYNTER (Edmond) naquit au village de ce nom près Bois-le-Duc. Il fût secrétaire d'Antoine, de Jean IV , de Philippe P' et-de Philippe-le-Bon , ducs de Brabant et de Bourgogne. Dégoûté de la cour, il embrassa Tétât ecclésiastique , fut pourvu d'un canoni^t de l'église St. -Pierre de Louvain , et se retira en* suite chez les chanoines^réguliers de Corsendonck.

n a laissé une chronique manuscrite en 5 vol. infolio qui se trouve à la bibliothèque de Bourgogne , sous le n"^ 524. Elle renferme un grand nombre de pièces originales et de particularités que l'auteur rapporte comme témoin oculaire , et porte le titre suivant :

Chronicon ducum Brabantiœ et Lotharinyiœ regumque Ftanciœ sesc lihris dùtinctnm auctore Edmundo Dyntero à secretis olim quatuor dvewm Brahctntiœ , Antonii I, Joannis /F, et Phiiippi I et IL

Le P' livre traite de lorigine des Francs et présente la succession et la généalogie des Mérovingiens.

Le *i^ expose la descendance des Carlovingiens , les victoires de Pépin et de Charlemagne, la fondation de l'église d'Aix-la-Chapelle , et la suite de l'histoire dès Gaules, de l'Allemagne et de l'Italie j usqu'au règne d'Othon inclusivement. Les irruptions des Norm^ands y sont racontées.

Le 3*" commence à l'année 988 et se termine avec le règne de Louis-le-Pieux.

Le 4" rapporte des faits relatifs aux souverains pontifes, aux anti-papes, aux empereurs et rois des

Romains y jusques et y compris Guillaume, comte de Hollande.

On j trouye en même temps la suite des dues de Lorraine de la maison d'Ardennes, celle des comtes de Louyain et de Bruxelles, ainsi que celle des ducs de Lothier et de Brabant issus des Troyens, de Peptn el des Carloyingiensy jusqu'à Jean 1"" duc de Brabant et de Limbourg.

Il nous apprend que l'empereur Frédéric P' se déclara avoué de Téglise de Liège.

1449. STAVELOT (/eem db), né en 1386, religieux bénédictin de labbaye de St.^Laurent près Liège, poète, dessinateur, peintre. Il est l'auteur d'une chro* nique qui commence à St.-Materne et se termine en 1449, époque où il mourut.

. Outre le manuscrit original de eet ouyrage, on eonseryait encore dans les derniers temps à Tabbaje de St.*Laurent, quatre volumes in-folio transcrits de la main de Stayelot ; les 3 premiers renfermaient la chronique de Jean d'Outremeuse , et le 4* la continuation de cette même chronique.

On a aussi de lui :

1"* Une traduction en roman wallon de la Règle de St. Benoit, qui est la première en ce genre.

2" Une traduction française de la vie db St. Benoit avec êes miracles, composée en latin par St. Grégoire, lia orné cette traduction de vignettes de sa façon.

* 1450. LEUMONT ( Thvry de}, liégjBois, peintre sur verre.

1452. BRUXELLES {Jean de), abbé d'Olne, fut

député par son ordre avec Fabbé de Citeaux , au con-

I cile de Bâle tenu en 1430. Il mourut à Olne. Il a laissé

un traité qui porte le titre : De la roue de la préla^

turs comparée à la roue matérielle^

1452. BRUGES {Hilger de), religieux oarme, en* suite chanoine et pénitencier de larcheyèché de Co-. logne, dont il fut suffragant après ayoir été sacré évéque in partibu9 de Budon. Il fut persécuté et dé^ gradé par le cardinal de Cusa , lorsqu'il vint à Liège , durant s^ légation en Allemagne ; et enfin réhabilité comme sujQragant de Ifiége , quoique ce cardinal lui eût yiolemment contesté la légitimité de son sacre, soi-disant entaché d'^hérésie, à Cfmse des opinions de Thierry de Mœurs , archeyéque de Cologne , qui laTail ordonné » et l'eût publiquement chassé de l'église de TongreSi où il remplissait dans le moment ses fonc-* tions épiscopales, Hilger a publié des Commentaire» très^estimés sur les Epitres de St^ Paul..

1453. MONSTRELËT (Enguerrand de) , gouyemeur de Cambrai , oii il e$t né , est Fauteur d'une histoire curieuse et intéressante des choses mémorables arrivées de son temps, depuis l'an 1400 où i^nit celle de Frois^ sardi jusq^eJEi 1467« Il y raconte entr'autres, d'une manière simple et yraie .mais très^diffuse , la prise de Paris et de la Normandie parles Anglais , et les guerres qui éclatèrent entre les maisons d'Orléans et de Bour-i gogoç. Ce( ouvrage est précieux par le grand nombre de pièces originales qu'il renferme. Les 15 dernières années.sont écrites par une main étrangère. Il paraît trait que les éditions gothiques sont plus fidèles que les autres*

Chronique et histoire dEnguerran de Monsfrelei depuis 1400^ où finit Froissard jusqu^en 1467, eon^ tinuée jtisquen 1516. 1*' voL Paris , François Rog-« nault, 1514. Le 2* et 3' vol. Paris, L'HuiUier, 1^72, 3 tom., 2 vol. in-folio. Paris, Denis Sauvage, 1603^

1457. ANTHIN( Wathieud), échevin , grand mayeur et bourgmestre de Liège, dont il remplit les fonctions sous Jean de Bavière en qualité de conseiller souverain.

Il sut pat* ses manières et ses paroles se rendre ridole du peuple, tout en trahissant ses intérêts. Sa popula^ rite lui acquit une influence extrême dans tout le pays; et son crédit était tel, que l'un de ses fils, cha-* noine de St.-Lambert, ayant été condamné dans ui| procès qu'il avait intenté au chapitre cathédral , Wathieu d'Ânthin poussa Timpudence jusqu^à interdire de sa propre autorité, le feu et Teau au chapitre, et à défendre à tout ouvrier de travailler pour le service des chanoines. Ayant été proscrit, il obtint sa grâce et revint même à Liège avec 1 agrément de Jean de Hinsberg; mais les èchevins et les puissans qui redoutaient 80D crédit , lé firent exiler de nouveau. Ses biens furent confisqués , et il mourut à Louvain.

1457. ARS£NN£ de Liège , abbé deSt.-Paul à Rome» ou il termina sa carrière.

1459. HEINSBERG {Jean de), évêque de Liège. Il fut d'abord chanoine de Liège et archidiacre de Hesbaje , et élu évêque à l'âge de 23 ans. Son règne fait époque dans les fastes de l'histoire nationale par le rétablissement du tribunal deâ XXII , anéanti depuis la bataille d'Othèe , et la cessation du fameux tribunal de paix , auquel Philippe , duc de Bourgogne , porta le dernier coup, en s'y soustrayant, afin de détruire le pouvoir et l'influence que ce tribunal procurait aux évêques de Liège sur tous les vassaux et les seigneurs du diocèse. Ici commence la lutte ouverte entre les ducs de Brabant et les Liégeois qui perdirent leur puissance , tout en restant libres.

Le règne de Helnsbe^g, partisan de la maison de Bourgogne, ne fut qu'une série de troubles, de dissentions et de guerres, que la France attisait en secret, dans sa haine contre les ducs de Bourgogne , et dont les Liégeois furent les dupes et les victimes.

£n 1421 , Heinsberg ainsi que toute la noblesse du

pays , prit lu qroix dans l'église de St,-Lambeit et marcha contre les Hussites en Bohême, sur les instances du pape, qui les ayant déclarés hérétiques , avait ordonné une croisade contre eux.

Cette année fut remarquable par lapparition dans lair d une grande croix qui s'étendait sur la ville de Liège ; et par un débordement affreux de la mer , qui , après avoir rompu ses digues en Hollande , engloutit la ville de Gorcum et 72 villages.

Son adhésion à la paix honteuse et déshonziorante , que le duc de Bourgogne imposa aux Liégeois en 1431 ^ fut le prétexte de la célèbre conjuration des Anthins, dont tous les partisans furent proscrits ou suppliciés. Cette sédition, qui mit Liège à deux doigts de sa perte, fut jusqu'en 1684, lobjet d'une fête publique qu'on célébrait à Liège , tous les ans le 6 janvier , par trois feux qu'on allumait sur la place du Grand Marché.

En 1444 , Heinsberg, qui ne respirait que le plaisir, résolut de partir pour la Palestine , soi-disant pour y accomplir un vœu qu'il avait fait au Seigneur, pour la cessation des maux qui affligeaient le pays. Arrivé à Venise, il écrivit au Dey de Tunis, pour obtenir des passe-ports; mais, s'il faut en croire les historiens, le titre de duc de Bouillon qu'il avait pris dans sa lettre , lui attira un refus qui le força à revenir dans son diocèse.

Pressé par les instances et les menaces de Philippe, ducrde Bourgogne, ou peut-être dégoûté et ennuyé des affaires , il abdiqua l'évêché en faveur de Louis de Bourbou , neveu de ce duc. Il mourut quelque temps après à Diest , emportant les regrets d'un peuple qu'il avait abusé et trompé; tant il est vrai, que rien ne lui plaît tant que le luxe et la magnificence.

Jean de Heinsberg , était versé dans les sciences et la littérature. Plus ami des plaisirs et de la volupté

que de ses devoirs, il passa là plus grande partie de son épiscopat à la cour de Philippe-le-Bon , duc de Bourgogne, alors regardée comme la plus magnifique et la plus galante de VEurope. On le soupçonna même d'entretenir un commerce criminel arèc Isabelle de Portugal, troisième femme de ce duc, et d'être le père de Gharles-le-Téméraire , fils de cette princesse.

Heinsberg, assista au congrès d'Arras, où il prit les intérêts de la maison de Bourgogne contre Charles VU, roi de France. Il j parut suivi d'une escorte nombreuse des plus riches seigneurs liégeois.

- Au couronnement de l'empereur Frédéric III , à Aix-la-Chapelle , il s'y montra avec la plus extrême magnificence, et s'y fit remarquer par son bon goût, son luxe et ses manières.

On a de lui :

1"* Statuta cUoscesù Leodiensis*

2* Reformatio cleri Leodiensis.

* 1460.* GILLES de Huy , se rendit célèbre par sa courageuse défense des intérêts de sa patrie , auprès de l'évêque Louis de Bourbon , partisan déclaré de ceux de son oncle, le duc de Bourgogne. Nommé chef de la députation que les Liégeois avaient envoyée à Charles VII , roi de France , pour obtenir son appui contre le duc de Bourgogne , il acquit l'estime de ce monarque , dont il obtint l'objet de sa mission , et de plus , l'exemption du droit d'aubaine pour tous les Liégeois , dans le royaume de France. Fidèle à son devoir, il préféra être proscrit, plutôt que de prêter serment à Marc de Bade , élu mambour du pays , en haine et par opposition à Louis de Bourbon , qui s'en était montré indigne.

* 1460. QUENTO (Nicolas), peintre liégeois.

* 1461* BËRART, né à Liège, fut l'un des membres

de la députation envoyée par les Liégeois , à Louis XI , roi de France, à la sollicitation de Lonis de Bourbon, Après avoir plaidé la cause' de sa patrie auprès de ce monarque , il se laissa gagner par les aitifices de Louis de Bourbon, évéque de Liège, qtii s'^^il fit un paHisan dévoué ; mais mésestimé de ses concitoyens , il fut pros-* crit, et sa maison à Coronmeuse fut démolie en punition de sa perfidie* N'ayant plus d'autre resêouree , il suivit honteusement Loiiis de Bourbon à Brulelleë.

1462. ZANTFLIET (Coméilk Menghers de) , d'abord moine bénédictin, de labbaye de St.^Jacques, à Liège, ensuite prieur de celle de Stavelot, Il a écrit une chronique estimée , qui commence à la création de Thomme et se termine à Tan 1461 , et dont on voyait encore dans les derniers temps , le manuscrit original , à la bibliothèque de l'abbaye de S(;.-^Jacque3 , à Liège.

Zantfliet passe pour un historien lexact et fidèle, qui ne manque pas d'éloquence. Comme écrivain contemporain des évènemens qui se sont passés de son temps, il doit être considéré comme une autorité ; mais ce qui ajoute encore à son mérite , c'est son jugement et sa véracité. On peut lui reprocher quelquefois un peu de crédulité ; mais ce défaut est compensé par la vivacité de son récit, et par les détails curieux qu'il renferme.

1464. CUSA (Nicolas dé) , fils d'un pauvre pêcheur, naquit en 1401 au petit bourg de Cusa sur les bords de la Moselle. Il fut chanoine de St.-Lambert et archidiacre de Liège. Le pape Eugène IV, le donna au cardinal Nicolas Albergati qu'il avait nommé son légat en Allemagne , et ne tarda pas à donner h Cusa le titre de nonce. Nicolas V, successeur d'Eugène , voulant récompenser les services importans de Cusa , le nomma cardinal en 1448, et deux ans après lui conféra l'évêché de Brixen , dans le Tyrol , au préjudice de Léonard Corsmer f chançelieF de Sigi^nond , archiduc

d'Autriche , qui avait été élu canoniquement par le chapitre. Cette affaire fut pour lui une source de désagrémens , que l'empèreup Frédéric IV , s'efibrça d'appaiser.

Ep 1551, le pape l'envoya en qualité de légat en Allemagne. Il vint à Liège , mit tout en œurre , pour que les ecclésiastique» renvoyassent leurs grcmd^g et petites chambrières /. mai$ sa dureté dans l'exécution des réformes l'y fit haïr. Il alla ensuite dans le duché df) Gueldrci où il prêcha les pardons de Rame, et la persécution contre les Juifs, qui se trouvaient en asseigrand nombre dans cette partie du diocèse de Liège.

Durant son séjour .à Cologne , il fit condamner Thierry de Modurs qui en était archevêque , comme suspect d'hérésie , et le fit précipiter tout vivant dans h Rhin.

Chargé spécialement de rétablir la discipline monastique, de ménager une paix solide entre les princes , de publier les indulgences du jubilé , et d exhorter les &ièles à secourir de leurs aumânes les chrétiens de VOrient, menacés de nouveau de subir le joug des Turcs ; il s'acquitta avec ràle de sa mission dans toutes les provinces de Tempire. On fit des quêtes abondantes , dont le pape i au grand scandale des Allemands , employa la plus grande partie contre le Milanais et Alphonse, rqi de Naples, ce qui refroidit singulièrement la charité des fidèles.

Nicolas de Cusa réforma , dans toute rAllemagne , les processions du St.-Sacremeut qu'on y était dans Tusage de faire tous les jeudis, ne laissant subsister que celles du jour et de l'octave de la Fête-Dieu , afin qu'eu les rendant ainsi plus rares , on y assistât avec phis de piété et de religion.

N'ayant osé entrer en Bohême, où Je ressentiment contre la Cour de Rome était encore dans toute sa force , depuis la croisade contre les Hussites , Cusa

assembla un concile à Magdebourg , réforma les monastères, publia le jubilé^ et fit des ordonnances trèsutiles pour la discipline ecclésiastique.

De retour à Rome , sous le pape Calixte III , il se trouva à l'élection de Pie II, qui le nomma gouverneur de Rome , lorsque ce pape partit pour Mantoue » où il avait donné rendez- vous aux princes de l'Europe , pour marcher ensuite contre les Turcs.

Peu de temps après , Cusa , surpris par les gens de Sigismond , fut renfermé dans une prison ; mais l'archiduc ayant été excommunié par le pape relâcha son prisonnier sous certaines conditions. Rendu à son diocèse , où , pendant sa captivité , on avait cessé tous les officices divins, il mourut bientôt après à Todi, ville de rOmbrie. Son corps fut enterré à Rome dans l'église de St.-Pierre-ès-Liens , et son cœur fut porté dans Téglise de l'hôpital de St. -Nicolas qu'il avait fondé près de Cusa , et enrichi d'une ample bibliothèque de livres grecs et latins.

Nicolas de Cusa excellait dans la jurisprudence et la théologie. Les langues orientales, la philosophie, les mathématiques et l'astronomie lui étaient familières.

Ses ouvrages formant 3 volumes in-folio , Bàle , 1565 , ont été imprimés sous le titre Ae i N. de Cusa, cardmalis, opéra mystica, mathematica etphysica.

Le 1*' contient des traités de théologie sur les mystères ; la métaphysique y domine.

Le 2"* renferme des livres de concordance, ses lettres aux Bohémiens et quelques traités de controverse. On y trouve, entr'autres, son grand ouvrage : De concordantiâ catholicâ, qu'il écrivit à l'occasion du condie de Bâle , où il assista et se montra l'un des plus zélés défenseurs de l'autorité du concile sur le pape ; mais il changea depuis d'opinion.

Le 3' volume se compose d'ouvrages de mathématiques , de géométrie et d'astronomie.

Son style est simple , pur et facile. Voici lies titres de ses écrits divers :

1"* De vmone Dei. 2" De pace fidei. 3"" Reparatia calendariû 4** De mathema^ujù complementa. 5** Cri^ bnUio Alcorani. &" De variatùme sapientiœ. 7"* De ludo ghbi. 8*" Compendium. 9^ Catalogus de Sossest. 10*" De mathematicâ perfectione contra Bohemos. 1 1"* De JSeriUo. 12* Deidato Patrù luminum. 13* Dequœrendo Deum» 14* De apice theoriœ* 15** De doctâ ignorantiâ. lO' De conjecturis. 17" Defiliatione Dei. 18° De Genesi idione de sapientid. 19* De qimdraturâ circuit. 20° Dé Fortund. 21° Directorium speculantù. 22° Sermones per totum annum. 23° Epistolœ ad diverses. 24° De concordantiâ catholicd. 25** Diahgus de Deo abscondito. 26* Exercitationum libri X. 27° Correctio tabularum Alphonsié 28° De transmutationibus geonietricis. 29° De complementis arithmetids. 30° Comphmentuni theolo* gicum. 31* Apoloyia doctœ ignorantiœ. 32° De œqua" titate. 33* Inquisitio veH et boni. 34° Tabulœ persicœ in lattnum ex grœco reductœ. 35° De modo habilitandi ingeniitm ad dùcursum in dubiis. 36° De annundatione diahgus. 37° De novissimo die. 38° De finibus cordis. 39° De und recti curvique mensurd. 40° Insirtictions chrétiennes et pratiques de bien vivre en l'état séculier f par Nicolas Cusanus^ Licge, 1628, in- 12. Rouen, 1642,in-12.

Cusa a renouvelé le système de Pythagore sur Timmobilité du ciel et le mouvement de la terre. Il est le précurseur de Newton.

La vie de ce savant cardinal a été écrite par Gaspard Hartzeim.

1465. STOCKELPORT {Jean), né à Louvain , fut nommé professeur ès-arts dès la fondation de l'Université de cette ville , mais il passa aux ^écoles de médecine en 1429, fut reçu à la licence en 1432»

*- lt2 —

et au doctorait «n 1438* H est lé premier d6 k fa-> culte de médecine qui ait possédé un canonicat de la seconde fondation dans l'église de St. -Pierre à Louvain ; c'est à ce titre qu il devint profe&sem' ordi* navre ^ et obtint ensuite une ailtre chaire en 1445« Il fut trois fois recteur dô ITIniversité. Stockelport abandonna sans doute les places qu^il remplissait dans les écoles, car il fut nommé curé de St.- Jacques à Louyain^ en 1456, et Mourut dans lexerèice de cette charge.

1465. METZ {Gilles cte)ji ancien bourgmestre de Liège. Malgré son extrême vieillesse , il fut condamné à mort et exécuté au bas des degrés de l'église St.^ Lambert , à l'instigation de Baré de Surlet et de Raes de Heers, comme ennemi de la liberté publique, parce que prévoyant les malheurs qui menaçaient sa patrie, il avait contribué de tout son pouvoir au traité conclu avec le comte de Qiarolois , fik du duc de Bourgogne*

1466. DESCHAMPS (Guillaume), dit de la Violette, bourgmestre de Liège, mourut comme le précédent, martyr de son zèle pour les véritables intérêts de sa patrie. Après le sac de la ville de Dinant par les troupes au comte de Charolois , voyant son pays livré à ses propres forces par l'indigne abandon de Louis XI, et en proie à tous les maux d'une guerre civile , il eut le noble courage , malgré Topposition de Raës de Heers et de Baré de Surlet alors tout puissans , de conseiller à ses concitoyens de faire leur paix avec le duc de Bourgogne; mais le parti français triompha, ou plutôt les intrigues dû roi de France. Deschamps fut traîné ignominieusement dans les rues de la cité de Liège , et ensuite massacré par la populace.

1467. PHILIPP&LE-BON , duc de Bourgogne, pair

et rassal de l'église de Liège , en sa qualité de duQ de Brabant^ de , Luxembourg^ de Limbourgi et de comte de Namur et de Uainaut.

Sa politique ambitieuse et envahissante causa la perte des Liégeois , dont il fut le plus redoutable adversaire. Il anéantit le tribunal de paix et détruisit ainsi tonte rinfloenee politique des évéqùes de Liège sur les seigneurs de leur diocèse. Ce prince ^ qui convoitait le pays de Liège , en démembra plusieurs parcelles , et autorisa la destruction entière de la ville de Dînant, après avoir vaincu à Montenaeken.

Profitant de ses araiitages contre Louis XI, roi de France , qui se vit forcé d'abandonner les Liégeois dont il avait causé tous les maux, Philippe exigea d eux f que lui^ Philippe ei ses siwcesseurs , dtwê de Brabant , êeraient déclarés mambours ou admimsira^ îeure du pays , et qu'on leur paierait à ce titre ^ une somme annuelle de 2,000 florins d'Allemagne : qu'on n'entreprendrait oAiçune guerre ou affaia^e importante sans le consentement du mambour : qu'on lui livrerait dix bourgeois pour être les garans de t exécution dei ces articles.

Philippe aimait Téclat et protégea les lettres et les arts. Les factions des hameçons et des coHttam^ avaient donné naissance à une sorte de poésie saty^ rique qui rappelle l'ancienne comédie; des espèces d'académies s'établirent sous le nom de Chambres dé Rhétorique. L'industrie faisait des progrès.

Philippe, dans le désir de consolider son autorité, établit dans ses états un système de centralisation , écrasa l'aristocratie nobiliaire et porta quelques coups à l'aristocratie municipale , mais sans attenter cependant à la Mberté des citoyens ; il réprima le clergé dont les excès étaient déplorables", et ne fut pas étranger à la civilisation de son siècle.

On le cite comme le premier de son temps, qui

ait parié perruque ; ce qu'il fit poor remplacer ses cheveux qu'il avait perdus après une maladie aiguë.

1467. CHARPENTIER (/e«n), bourgmestre de Dînant. La populace de cette ville irritée contre lui de ce qu'il avait été l'un des moteurs du premier traité conclu avec le duc de Bourgogne , le conduisit à Liège, où il fut jeté dans un cachot et exécuté. Sa tète ne tomba sur Téchafaud qu'au quatrième coup de hache. A peine expiré , le bas peuple de Liège et de Dinant s'empara de son cadavre , le déchira par morceaux , et en dispersa les membres encore palpitans dans tous les quartiers de la cité.;

14(^. VILLE (Jean de) s'est rendu célèbre par sa valeur et son attaque contre les troupes de Charies-le- Téméraire, lorsque ce duc, accompagné de Louis XI, vint faire le sac de la ville de Liège, en 1468. Suivi d'une poignée d'hommes , il sortit par la porte Saint- Léonard dans la nuit du 27 octobre , fondit sur les Bourguignons, en tua plus de 800, mit en fuite 2,000 archers , blessa le prince d'Orange qui les commandait ainsi que Ghuys dlmbercourt ,* et ne se retira lui-même avec sa troupe , qu'accablé par le nombre et blessé mortellement.

1468. DÉVOUEMENT des 600 FRANCHIMONTOIS et de Josse de STREEL leur chef.

Ces hommes^ dont l'histoire ne nous a point conservé les noms, mais dont le dévouement est comparable à tout ce que l'antiquité nous offre de plus héroïque et de plus magnanime , soutenus par l'es^ pérance d'avoir une bien grande victoire^ ou à tout le moins et au pir aller, une bien glorieuse fin, franchirent, vers les dix heures du soir, dans la nuit du 29 octobre , les murailles de la ville par les brèches, surprirent les postes avancés des Bourguignons , et

conduits par les hôtes de Lotiis XI et de Charles>-Ie-Téméraire, ils pénétrèrent dans le faubourg Ste.-Walburge, où se trouvait larmée ennemie, dans le desseitji (le tuer ces deux princes. Ils étaient déjà arrivés à l'endroit qu'ils occupaient dans ce faubourg, et sur le point de les tuer ou de les prendre l'un et l'autre , que leuft gardes, réveillées par le bruit, se défendirent contre les Franchimontois qui attaquèrent à la fois la maison du duc et celle du Roi si inopinément , que fe pf etâier eut à peine le temps de se couvrir de ses arènes ^ et le second fut assailli à coups de flèche dans sa chambi^^ Après un combat à outrance , les 600 Franchimontois repousses par le nombre périrent victimes de leur héroïsme, et les Liégeois accourus pour les soutenir, tâchèrent de regagner leur ville*

M. Hennequin a retracé , dans ian beau tableaU;, ce fait d'armes » qui est et sera à jamais mémot'able.

* VELROUX {Amel de) , bourgmestre de Lîége , prit une part active dans les troubles et les dissentions qui agitèrent le pays. Il eut le courage ' de se mettre à la tète de la députation, chargée conjointement avec Louis de Bourbon et le légat Onuphre , de la mission

Çérilleuse d'aller implorer la clémence de Charles-leéméraire , en faveur des Liégeois et de leur ctté ; mais l'impitoyable duc , sans égard pour le droit des gens, après avoir détruit cette florissante cité, fit trancher la tête à Amel de Yelroux dans la ville de Msiestricht. j

1468. SURLET (Baré de) , patricien de Liège, r<iti des hommes les plus marquans et les plus influées de son époque. Il s'attacha d'abord au parti de l'évéque Louis de Bourbon qu'il abandonna , pour s'unir à Raes de Heers dont il partagea les idées de liberté et d'in^ dépendance, qui causèrent le malheur du pays. Ambitieux et trop confiant dans les promesses de Louis XI ,

il coopéra de tout son pouvoir à la nomination d^ Marc de Bade, en qualité de mambour du pajs, et en accepta la charge de souverain-officier. Surlet donna les mains au traité conclu en 1466 avec Louis XI ^ contre la maison de Bourgogne. 11 fut député l'année; suivante vers Philippe-le-Bon , avec Boverie et Rou«^ veroi pour conclure la paix avec ce prince. Il mourut d'un coup de lance à la bataille de Brusthem.

1470. LEONARD (Hubert), religieux carme, docteur en Sorbonne , inquisiteur de la foi dans le diocèse de Liège et ensuite évêque in partibus de Darie et suffragant. On a de lui :

V Trois livres sur le gouvernement des princes,

2" Un commentaire sur T évangile de St. Luc^

S"" Un traité de Pimmunité ecclésiastique^

4" Un carême et un recueil de semions*

5** Un livre contre les hérétiques de Nivelles*

6* Traité généalogique des nobles de France et de

leurs actions les plus éclatantes; dédié à Louis de

Bourbon , évêque de Liège.

* ANGELUS de Cursibus^ né à Liège, poète latin.

* REGINALD de Olne , au duché de Limboui^ , religieux, plus cqnnu sous le nom de Hubert Holcot. lia laiisé une chronique inédite' sur les évènemens de son temps.

* MEUSE {Jean cfe), peintre liégeois.

1471. DENIS (Zetrw), dit le Chartreux, naquit à Rikel près de Looz , au pays de Liège , en 1 394. 11 fit ses études à l'Université de Cologne oii il fut reçu maître es arts à l'âge de 21 ans. Il prit deux ans après l'habit de St. Bruno dans la chartreuse de Bethléem à Ruremonde, où il vécut 48. ans, et mourut le 12 mars 1471 , avec la réputation d'un saint, après avoir servi l'église pair son savoir et ses vertus. Un attache-

ment continuel à la contemplation et la profonde expérience qu'il avait acquise dans la vie intérieure , lui ont fait donner le surnom de docteur extatique.

On sait que le travail des mains était un point essentiel de la règle de St« Bruno , et que la transcription des livres avant l'invention de l'imprimerie en faisait l'article principal; mais on a peine à comprendre comment ce savant et pieux religieux, a pu trouver le temps de composer et d'écrire de sa propre main un nombre presqu'aussi prodigieux d'ouvrages, quoiqu'il dormît peu et n'eût jamais d'autre récréation que de changer d'occupation , entremêlant la prière , la méditation , la lecture et la composition.

11 fut en correspondance avec les prélats les plus distingués; on conserve encore les lettres que lé car* dinal Nicolas de Cusa lui écrivait. On a de lui un grand nombre d'écrits pleins d'instructions salutaires et d'une onction touchante. Il était sobre et sage dans sa spiritualité ; et il est peu d'auteurs dont les ouvrages se lisent avec plus de plaisir et de fruit. Le pape Eugène IV, disait que t église était heureuse d'avoir un tel fils,

Denis était physicien, naturaliste, poète, d'une profonde érudition , et très-versé dans les saintes écritures dont il applique heureusement les passages. Son stjle est simple et peu correct.

Selon Fabricius, il a donné lui-même une liste de ses ouvrages qui comprend 206 traités dont plusieurs n'ont pas été imprimés; mais elle est loin d'être complète; en voici une partie :

V Dionisii Carthusiani opéra. Cologne , 1549 , 21 volumes in-folio.

— Ejusdem. Opéra minora. Cologne, 1532, 3 vol. in-folio.

— Ejusdem. Opuscula insigniora. Cologne, 1559, in-folio.

r^ Ëjuidem. De hiê , qtm gecunditm S. ScHpturM H orthodtKCorum PP, sententiof dé 55* Trinitaie catholicè oreduntur. Cologne^ 1535, 3 voL in-folio.

2** SpectUwn canversionis peccaioris. Alost, 1473 , 27 feuillets in-4*. Il passe pour le premier livre im* primé en Belgique avec date certaine.

3"" DtOKTsu {vtUgo areopagOœ) opéra ùmnia quù^M^ plici traMlaiione versd et commeniarus D* Dionistt à Rikel elucidatn. Cologne ^ 1556, in-folio.

4'' Dionisii Carthanani opuscula aliqttot. Cologne , 1534, in4 2.

5** Àmatorum mundi spéculum. (jo\off(ïe , 1587,in-8**«

& Eximium planeque dioinum opus, in quo conti^ nentur humanœ viiœ spécula in quibus se contemplari debent omneSé.»*» opns hctctenûs desideratum et nuper in CarlhusidRurermmdensiinventum. Cologne, 1540)

iD-12.

7"* Deperfecto mundi contemptu. Editore T. Laë^ à Stratis ; cum htêfus epistoUs ad Hezium , Adriani VI, quondam secretarium. Cologne, 1530, in-^''.

S"" De partàculari judicio Dei* Delfis, 1401 , in<^''.

0* Deplurium beneficiorum usurpatione coUoquiwn. Cologne, 1530,in-8^

10* Dialogue christiani contra Saraeetmm. In-folii^ sans date, mais imprimé vers 1472.

Il"" Formula vivendi canonicorum rive Hcari^rum, secularium , aut eiiemt aliorum devotorum presbyte'^ rorum. Delft, 1406, in^\

1 2" EahortatianBs no/sidorumé QMoqmmm Jesu cum puero. Dialogue Jesu et senis* Deventer, 1401 , in^*.

13* Traité dès remèdes des tentations, composé en latin par Denis^le-Chartreux , traduit en franpùiàé lions, 1646, in*â%

14* Dionisii Carthusiani liber utilissimus : de qna* tttor hominis noi^issimis. Delft, 1487, in -4*. Anvers, Mathias Goes, 1486. Traduit en italien , Venise , 1587 *

iH**12;en espagnol , Madrid, 1630» in-12; en français, par J. L. J. Roueïi, 1604, in*12.

Il prétend dans ce livre, que la perte de l'empire dX)nent était un effet de la colère de Dieu justement irrité contre les fidèles.

lô*" Ckmtrà Alchoranum ei êeciam JUahometieam libri V. Cologne , 1533 , in*8% Traité rare*

16" De institvendo bello adverses Turcas, et de generali celebrando concUh* Cologne, 1533, in-S**. La €our de Rome a supprimé cet ouvrage pour certaines applications forcées>, et pour plusieurs Visions siligu«lières qu'il renfermait,

17"* Contra piiia supèrêiitiohum* Cologne, 1533, in-S". On trouve réunis les n°' 15, 16 et 17 dans l'édition de Cologne de 1533. Il en existe une traduon tion allemande, Strasbourg, 1540, in^folio^

18® De purgatorio liber n

Il y a dans ce traité des choses si extraordinaire^ , que Possevin dans son Apparaius sacer , soupçonne qu eues J ont été insérées par une main étrangère.

19** Enarrationes in Masaicœ legis Ubros, Cologne , Petr. Quentel , 1 534 , in-folio.

20° Enarrationes in libros Josue, Judicum, Ruth^ Reyum 1, 11,111, IV, Paralipomenén /, //. Cologne^ Peir. Quentel. 1535, in-folio.

21'' Enarrationes in libros Job, Tobiœ, Judith, Egther, Esdrœ, Nehemiœ, MaehabcBorum I, IL Co* logne, Petr. Quentel» 1534, in-folio.

22"* In Epèkaias omnes {nempà VII) canonicas^ in Ada apostahrum et in Apocalypsim enarrationes. Cologne, 1533,, in-folio.

23'' Insigne commentariorwn opus in Psalmos om-

ms in Maîuiinalia VII cantica , ih Magn^at...*.

ntino dimitlis servum..... Benedicius... in Sjftnbolum quicumqtte vult salvus esse, et Te Deum... Cologne, Petr. Quentel , 1534 , in-folio.

24'' Enarratianes... in IV propheiag majores. Go** logne, Petr. Quentel, 1534, ii^-folio.

25* Enarrationes piœ ae erwUtœ in V lihros ^apieniiœ. Cologne , Jasperus Gennepœus, 1539, in-folio.

26* In IVevangeligtas enarrationes,.. ex tertid edque diligentissimaadArchetypon recognitione quant diligentissimè ea:ciÂSsœ. Cologne^ Jasperus Gennepaeus, 1538, in-folio.

27'' Incipit libellas, sivè dialogus D. Dionisii Car^ thus^ in Rulmont(sivà Ruremondœ), tractans dépars ticularijudicio Dei qUùd fit in mqrte ctijuscumque de» cedentis. Delft, 1491 , in-4.

28"* Sleditationes Dionisii Carthusicmi.

29* Eûohortatorium, noviciorum.

30** Enarrationes epistolarum et evangeliorum. Cologne, 1532, in-folio. Paris, 1544.

31* Pulcheret devotus 31arie etpeccatoris dialogus, seu liber de spe bond eligendd, et mald spe ae desperatione fugiendis. Cologne , Jean Koëlhoff , iii-folio.

32* Enarratio in Lucœ evangelium. Paris , 1 545.

33* Eivplanatio in septem pœnitentiœ psalmos, exer^ citium devotum de via purgatwd , sonus epulantis. Accedit Dionisii Carthusiani vitœ^ simul et operum ejus ficUssimus catalogus. Cologne, Jasperus Gennepœus, 1532, in-12.

34* Opusculum de vitd clericorum. Louvain , Wellœus, 1564.

35* Opuscula de vitd sacerdotum ac canonicorum, etcœterorum ministrorum Ecclesiœ. Liège , 1 563, in-8*.

36* Opuscula aliquot quœ ad theoriam mysticam egregie instituunt. Cologne, 1534, in-8*«

Thierry Laêr â Statis a publié une vie de Denis^le- ChartretkP. Cologne 1532, in-8*. On la trouve eus» dans les a^cta sanctorum^ mensis martii, 2* tome, page 245.

1475. LUXEMBOURG (Iout>(/e), comte de Saint

Pbl, neveu des précédens dont il imita lès exemples de barbarie et de eruauté. Il servit d'abord QiarlesVII, roi de Franee ^ avec distinction et fidélité. Dans la campagne du Laonois, à l'instigation de Tun de ses oncles qu'il avait accompagné dans le combat, il tua de sa propre main une partie des prisonniers ; ce à quoi , dit . Houstrelet» il prenait ffrand plainr. Après la mort de Charles y il s attacha au duc de Bourgogne et ensuite à Louis XI, et les trahit tous les deux; mais ce dernier le fit décapiter.

1477. NIVELLE {Jeian de Montmorency, seigneur de) et comte de Hornes, né en 1422. Il embrassa le parti du comte de Charolois contre Louis XI, et employa tout son crédit et son influence pour déterminer les Liégeois à adhérer au traité honteux que le duc de Bourgogne voulait leur imposer. Son père,, partisan de la France et dévoué à Louis XI , voulant l'obliger à imiter sa conduite, le fit sommer à son de trompe de rentrer dans le devoir; outré de son refus opiniâtre , il le traita de chien. Delà vient, dit-on ^ le proverbe : Cegt comme le chien de Jean dé Nivelle^ il s enfuit quand on tappelle.

1477. CHARLES-LE-TÉMÉR AIRE, duc de Bourgogne , fils et successeur de Philippe-le-Bon. Il poursuivit le système politique de son père et fut toujours en guerre avec Louis XI : il frappa dans sa base le système féodal, proscrivit le duel dans ses vastes états, et passa sa vie l'épée au poing avec tous ses voisins , même avec ses sujets.

Les Dinantais furent cruellement punis d'avoir insulté à sa naissance , en l'appelant le bâtard de l'évêque de Liège. Charles qui n'était encore que comte de Charolois, pour en tirer une vengeance éclatante, livra pendant trois jours leur ville au pillage et à la brutalité de ses soldats; il y fit mettre le feu et

détruire le pont sur la Meuse. Lee prêtre», les femmes et les enfans furent traînés à Liège ; et 800 bourgeois de Disant liés deux à deux, dos contre dos, furent précipités dans la Meuse. Ainsi fut détruite cette ville, si riche, si commerçante, connue dans toute r£ufope par ses cuivres de laiton appelés dinanderies !

Après avoir vaincu les Liégeois à la bataille de Brusthem , St.-Trond et Tongres envoyèrent à Charles dix otages qu'il fit décapiter. Il s'avança ensuite sur Liège, où il entra et imposa les conditions suivantes :

La cité de Liège et les autres villes du pays , excepté celle de Huy , seront démantelées aux frais du pays^

Toute l'artillerie et toutes les armes , sans en excepter une flèchs , seront livrées au duc. Les habitons ne ypourront retenir que les couteaux de table.

Toutes les chartres^ papiers ^ édits , ordonnances concernant tes libertés , franchises et privilèges de la cité et du pays seront remis au duc.

Le perron j autrement dit, colonne de la fortune, qui était dressé sur le marché, sera enlevé.

En 1468, après avoir conclu la paix avec Louis XI, roi de France, qu'il tenait prisonnier à Péronne, Charles apprenant que ce prince, pendant les négo^ ciations, excite les Liégeois contre lui, résolut de se venger et balança un moment s'il ne démembrerait pas la monarchie française. Louis XI, pour rassurer entièrement Charles, jura par la Pdque-'Dieu qu'il n'en était rien, et dut| en criant Vive Bourgogne^ marcher avec lui contre ses propres alliés , contre les Liégeois dont la ruine lui fut offerte en spectacle.

Etant entré h Liège en vainqueur, il demanda à Louis ce qu'il devait faire de cette ville. Celui qui veut chasser les oiseaux « doit brûler le nid; telle JTut toute sa réponse. Charles lui donna le déplaisir de voir égorger, sous ses jeux, un peuple dont il avait si indignement armé les mains et si lâchement abandonné la cause.

Liège deyiat là proie du vainqueur; cette cité si riehe , si florissante alors et dont la population s'élevait à près de 120,000 âmes , fut livrée au pillage; 40,000 habitans périrent par le fer, et plus de 1 2,000 femmes furent noyées. Le feu fut ensuite mi» aux maisons ; les églises et les couvens furent seuls respectés.

Il vint ensuite dans le marquisat de Franchimont, (m il fit détruire toutes les usines et moulins à fer.

Avant de quitter le pays , il se fit nommer mambour et chargea du gouvernement, pendant son absence, le seigneur dlmbercourt^ digne ministre des volontés et des vengeances de son impitoyable maître.

Charles, en qualité d'avoué de Téglise de Lîége, rendit un édit par lequel il s^appropriait le Vinave de File, pour y tenir sa cour de justice, non selon le$ lois et statuts du pays , mais selon sa volonté qui était devenue la seule loi.

Jusqu'à la mort de ce tyran , arrivée en 1477 au siège de Nanci, Liège fut privé de ses lois et coutumes et régi par un système d'espionnage et de terreur. Assailli de tant de maux, le pays languit, et les villes de Liège et de Dinant ne se relevèrent pas de leurs ruines.

1477. MERS (Raeêde)y seigneur de Lintre, fut lun des principaux fauteurs des troubles civils qui agitèrent le règne de Louis de Bourbon , dont il se montra constamment lennemi, par antipathie contre la maison de Bourgogne. Réconcilié avec Baré de Sqrlet , il gouverna le pays en maître , fit élire Marc de Bade , mambour , en place de l'évêque , déclaré déchu de ses droits. Louis XI traita plusieurs fois en secret avec lui , tout en envoyant des députés à Liège. Raes^ considérant l'alliance de la Franbe comme l'unique contrepoids à opposer à la puissance et à lesprit d'envahissement des ducs de Bourgogne , se voua entièrement à ses intérêts et s'acquit une extrême po-

pularité. Il fut proscrit après le sac de Liège ; inais^ à la mort de Charlea-le-Téméraire , il rentra eu grâceauprès de Louis de Bourbon , et mourut peu de temps^ après à Liège.

1477. IMBERCOURT (Ghuys Brimeur rf), prit une part active dans les guerres et les démêtés des Liégeois avec les ducs de Bourgogne. Nommé gouverneur du pays de Liège, en labsence de C3iarles« le-Téméraire , il se rendit odieux par ses exactions ^sa cruauté et son despotisme. A l'instigation de Louis XI^ Imbercourt et le chancelier Hugonet ^ tous deux hono.rès de la confiance de la duchesse M^rie de Bourgogne , furent accusés de haute trahison par les Gantois et condamnés à mort. Malgré les larmes de cette princesse accourue sur la place publique de Gand pour les sauver du supplice ^ ils n en furent pas moins décapités.

1478. CHABOTEAU (Watelet) , partisan dévoué à la France et vendu à Louis XI, leva des troupes et se mit à la tête des proscrits liégeois. 11 conspira contre Louis de Bourbon ; mais malgré l'appui du roi de France, Chahoteau ne put parvenir à soulever les Liégeois contre leur évèque , tant le passé les efiVajait encore. Arrêté à Namur et conduit à Liège , il y fut décapité et écartelé sur les degrés de l'église St.- Lambert; ses membres furent exposés au-dessus des quatre portes de la cité.

1478. HARPHIUS {Henri), cordelier, né au village de Herph dans la Campine. Il fut provincial de la province de Flandre et gardien d'un couvent de sou ordre à Malines où il termina sa carrière. Le cardinal Bona le cite comme Fun des maîtres les plus instruits dans la vie spirituelle; et il occupe un rang distingué parmi les écrivains mystiques.

Le caractère de cet auteur , dit H. Poiret , e^i de proposer la résurrection gradative des états de vies spirituelles dans Famé épurée et éprouvée. Il montre comment après diverses mortifications , purifications et épreuves de Famé, il se suscite en elle^ de degrés en degrés de nouveaux états de vie divine, première^ ment active , puis passive, dans les puissances infé^ rimres de tame; après cela dans les supérieures, la mémoire, tintellecte et la volonté; ensuite dans son essence foncière » et enfin pardessus son être et les opérations de ses puissances^ par C investiture quen font les trois personnes de la Ste.-^Trinité qui y manifestent leurs opérations adorables.

Le P. Mabillon préfère les éditions de 1538 et de 1556 aux autres, quoique prohibées par Tlnquisit ion , à cause de trois ou quatre lignes contre l'incapacité des directeurs et des spirituels de son époque. Dans ce temps'ci, disait Harphius, les supérieurs qui con^ duisent les autres , sont communément plus adonnés aux choses extérieures quaux intéirHeures ; de sorte quHs fCentendent que fort peu ou rien du tout de la vie dedans; et partant sont plutôt à obstacle quà secours à ceux qui étant attirés de Dieu à cette vie intérieure sont soumis à leur direction» Et c'est la cause pourquoi il y a tant de relâchement et tant dimmortification entre les religieux , parce quils ne règlent pas leur conduite de la manière que le requiert la vté intérieure et les progrès qu'on y doit faire» Ces paroles furent retranchées de l'édition de Rome 1585 , et des autres.

Harphius a composé en flamand un grand nombre d ouvrages de piété, qui ont été traduits en latin et en français. Nous n'en donnons qu'une partie :

1* EpUhalamje. G)logne, 1538 et 1555.

2^ I^ Directoired'ordescontemplatifs.Cjo\o^e^\b'i& et 155^.

Z"" Ecknou le paradis UrreHr$ du contemplatifs. Cologne, 1535 et 1555.

Ces trois ouvrages furent corrigés par lordte do St.- Siége , qui en donna une nouvelle édition.Rome 1585. Bresse , 1601 . Cologne, 1611.

4" Le Miroir d*ùr sur les préceptes du Décfêlùgtêe. Nuremberg, 1481. Baie, 1496, Strasbourg, 1520.

5* Le miroir de la perfection. Venise» 1524

& Trois conférences de la perfection de la vie^ jou l'abrégé du directoire, Cologne, 1536,

1" Sermons divers. Haguenau , 1509.

8* Discours sur les trois parties de la pénitence.

9" Discours sur le triple avènement de J. C.

10"* Théologie mystique , traduite en français par La Motte^Romo/ncaur. Paris f 1617, in-4*.

* 1479. CHIMÂY (Jean cfe), comte deRenti et de Seneghen, marié à Marguerite de Craon , dame de Thou. Charles4e-Téméraire le créa comte de Chimaj, lui donna le gouvernement du duché de Luxembourg et l'institua grand bailli de Hainaut. On Tappelait d'habitude le comte de la ffoussette, parce qu'il portait constamment des bottines : c'était sort accoutrement de chasse, exercice auquel il se livrait avec tant d'ardeur , que bien souvent il ne jiouvait s'empêcher de courir sur les terres d'autrui, au risque de s'attirer de méchantes affaires. Quelques bourgeois de Couvin , offensés des libertés qu'il prenait sans cessé, lui tendirent une embuscade , l'enlevèrent et le conduisirent, sans en rien dire à qui que ce soit, dans une tour de la forteresse dé leur ville. Après une captivité cruelle de sept ans qui aurait bien pu durer toute sa vie , il redevint libre comme par miracle.

Un berger faisant paître son troupeau aux environs du château, s'elerçait un jour, avec une arbalète, à viser à l'étroit soupirail de la tour élevée où le

comte lie Chimay était renfermé. La flèche ayant atteint le but, le berger afin de la reprendre, es* calade le rocher, et au moment où il veut retirer k main du soupirail, il la sent saisie par une autre. Frappé d'épouvante, il jette de grands cris , mais le comte lui adresse la parole, parvient à l'appaiser^ le questionne pour savoir d'où il était. Instruit qu'il habitait Couvin, il l'engage à lui envoyer son père avec les choses nécessaires pour écrire. Le bonhomme , nommé Jean Basselaire , après avoir écouté le récit de son fils, se rendit à l'endroit quS'l venait de lui désigner. Par son entremise , le comte révéla son sort à sa femme , qui ne le croyait plus parmi les vivans. Cette dame ayant assemblé ses vassaux à la hâte , vint assiéger Couvin, dont les habitans protestèrent ignorer la détention de Jean de Chimay, et s'empressèrent de le tnettre en liberté.

Pour satisfaire sa vengeance, Jean, sans perdre de temps, rassembla des troupes, fit raser à coups de canon le château de oette ville , qui n'a point été rebâti depuis lors, et dit, en faisant allusion au nonr de Coiivin , vulgairement Couve ou Couvé : Tu tn'a^ couvert, mais tu ne me couvriraê plus.

* 1480. WERTH (Jean de) , habile peintre sur verre.

* LAURENT , contemporain du précédent , peintre sur verre.

* 1482. LAET {Jean de),nkk Looz-le-Château , astronome liégeois, se rendit fameui par sa prédictions çtte Vannée 1482 serait funeste aux Liégeois par la pBste , la famine et la guerre; ce qui eut lieu en eflet. D a publié :

Pronosticatio anni prœsentis LXXVII {Wll) per Joannem Laét de Borchloem. Paris , 1478 , in-4**.

1482. BOURGOGNE (^/om duchesse de), fille uni-

que et héritière de Charles-le-Témèraire , au(|uel elle succéda dans tous ses vastes états , à Tâge de 21 ans» Elle épousa Maiitnilien , archiduc d'Autriche , fils de l'empereur Frédéric. Peu de temps après la mort de son père, cette princesse, charmée d'apprendre que les Liégeois avaient renoncé à lalliance de Louis XI , et ne voulaient plus écouter ses propositions, mais qu'ils étaient résolus de garder une neutralité entière^ leur rendit la liberté, une partie des archives et des titres dont son père les avait dépouillés, et permit aux bourgeois de Liège de reprendre leur perron que le duc avait transporté à Mons.

Marie, tout en rendant aux Liégeois ce qui leur appartenait de droit, mérita leur reconnaissance et s'attira leur amour. Elle mourut à Bruges des suites d'une chute de cheval , n'ayant pas voulu par un sentiment de pudeur , découvrir sa blessure aux chirurgiens pour qu'ils la pansassent.

1482. BOURBON {Loui^ de), évêque de Liège et neveu de Philippe , duc de Bourgogne. Ce duc, après avoir forcé Jean de Heinsberg, à abdiquer Tévêché de Liège , en faveur de Louis, alors âgé de 19 ans, promit au pape , s'il voulait lui accorder les dispenses d'âge et le confirmer dans l'évêché, d'envoyer une flotte formidable pour reprendre Constantinople tombée au pouvoir des Turcs. De telles promesses incjiquaient assez l'importance qu'il attachait à la nomination de Bourbon comme évéque , et les résultats qu'il s'en promettait.

Louis de Bourbon ne fut que l'instrument aveugle des vengeances et de l'ambition de la maison de Bourgogne. Dominé par l'amour des plaisirs et par la vanité, il se fit mésestimer et détester des Liégeois. Tout son règne ne fut qu'anarchie et désolation. Le sac des villes de Dinant et de Liège , la dévastation du Fran-

cfaiinoDt, et la perte de la liberté, tels sont les fruits de son épiscopat.

n fut tué dans un combat sanglant qui eut lieu aux portes de Liège, entre ses troupes et celles de Guillaume de la Marc, son plus terrible adversaire. Blessé dans la mêlée , il eipira sur la route de Grivegné près de Bannewez, à côté de la source d eau minérale ferrugineuse retrouvée en cet endroit, en 1816.

1483. LOUIS XI, roi de France. Sa haine contre la maison de Bourgogne, et la crainte que lui inspirait sans cesse la puissance formidable de cette maison , lui inspirèrent ce désir sans cesse renaissant de s'attacher les Liégeois comme alliés et amis, pour les opposer aux Bourguignons dont ils séparaient les états, sauf à les abandonner ensuite à la merci du vainqueur. ' Il fat le principal moteur des troubles qui agitèrent le règne de Louis de Bourbon. Retenu par la crainte que lui inspirait Gharles-le-Téméraire , il assista lâchement au sac de la ville de Liège , victime de ses arti* fices et de sa duplicité. Sa réponse au duc de Bourgogne lorsqu'il le consulta «ur ce qu'il devait faire de cette ville son alliée : Celui qui veut chasser le^ oiseaus , doit brûler le nid^ peint en quelques mots sa froide insensibilité , sa pusillanimité et son égoïsme. Sa mémoire sera toujours en exécration à tous les Liégeois.

1483. VETERl BUSCO ( .drfnen cfe), religieux bénédictin de l'abbaje de St.-Laurent près de Liège, nous a laissé :

!• Histoire de T église de St.- Pierre dEyncourt , depuis annexée au monastère de St.-Laurent. '

2* Chronique des évènemens remarquables arrivés dans Tévêché de Liège depuis 1429 jusqu'en 1481.

* 1483. AMELGARD de Liège, prêtre. On ignore

led particularités les plus intéressantes de sa vie. Il nous apprend seulement qu'il a été le contemporain de Charles VU et de Louis XI, rois de France, et Tami du fameux comte Dunoisi Après lelpulsion des An«glais ^ Charles VU le charge de la révision du pmGè9 de la Pucelle d'Orléans. £n 1482, il alla demeurer à Utrechi. On a de lui :

1" De rébus gestisCaroli VU, historiarum liBri V» Cet ouvrage est resté manuscrit et se trouve à la biblio^ tbèque du roi à Pleiris^

Ses réflexions sur Jeanne cPArc ou la Pucelle dtOr^ Uans, sont pieuses et sages, il penche visiblement à croire que la puissance divine influa sur les évènemens auxquels participa cette fille extraordinaire , et qu'il y eut qùelqu^e chose de surnaturel dans ce phénomène historique^ Amelgard , en ce qui concerne la guerre qui s'éleVà entre le duc de Bourgogne et les Gantois , parait plus porté à justifier les motifs du duc que ceux des malheureux habitans de cette ville* SU n'apprend rien de nouveau , il raconte du moins avec énergie.

2* De rébus gestis Lud(yeict XI, Francorum régis. Cette histoire encore manuscrite seulement , qui fait suite à la précédente , se trouve de même à la bibliothèque du roi à Paris. L'auteur croit que Louis XI empoisonna son père.

Bom Martène a extrait de ces deux histoires inédites, tout ce qui concerne les troubles de Liège. Amplissima colkctio^ tome 4*. Paris, 1729.

Amelgard nous apprend aussi qu'après avoir parcouru et pris une connaissance approfondie des pièces du procès monstrueux de la pucelle d'Orléans, il composa un livre ê! examen de cette œuvre diniquité. Il y a lieu de croire que Laverdy en a profité pour son savant mémoire sur ce sujet, qui a été publié dans le tome 3" des Notices et extraits de la bibliothèque du roi à Paris; et dont M. Publicola Chaussard a donné

Tabrégé dans son ouTrage intitulé : Jeanne dArc. Orléans , 1806 , 2 vol. in-8\

1483. BOGAERT {Adam), né à Dordrecht vers Van 1413 y fit ses études à Louvain , où il reçut le doctorat et obtint une chaire de médecine à laquelle était attaché un canonicat de St.-Pierre à Louvain , ville encore dépendante alors de la juridiction des évèques de Liège, Il fut sept fois recteur de TUniver-^ site de cette ville, et mourut après avoir professé la médecine pendant 36 ans. On doit à Bogaërt la fondation de deui bourses de 25 florins d'Allemagne chacune , qu'il légua à la faculté de médecine. Son épitaphe se voit encore dans l'église de St.-Pierre.

1484. AREMBERG {Guillaume d'), comte de la Harckf seigneur d'Aigremont, avoué de Hesbaye et de Franchimont, surnommé ^le àanglier des Ardennes à cause de la confirmation de sa mâchoire et plus encore pour sa férocité. Son esprit inquiet et turbulent et son humeur guerrière le rendirent redoutable à Louis de Bourbon, dont il se montra toujours l'ennemi, n exerça une grande influence dans les affaires politiques de son temps. Attaché à la France dont il espérait tirer parti pour satisfaire son ambition et écraser ses ennemis , il vint proposer ses services à Louis XI et lui offrit même dé se rendre maître de tout le pays .de Liège , s'il voulait lui confier une année. Ce monarque accueillit sa prc^osition et envoya Charles d'Amboise avec 20,000 hommes ; mais le succès ne fut pas heureux , car l'archiduc Maximilieà , gouverneur des Pays-Bas , lui opposa le comte de Nassau^ qui s'empara de tous les châteaux de d'Aremberg , et empêcha Louis XI d exécuter son projet, ixuillaume d'A^emberg , irrité d'avoir été banni en 1481 , par les états de Liège à la sollicitation de Vévèque qui 1 accusait de félonie (lorsque lui-même

avait soutenu les intérêts de la maison de Bourgogne au détriment de ceux, de la nation, liégeoise) , ras* sembla des troupes et marcha de nouveau contre Louis de Bourbon , qu'il combattit et tua dans la bataille donnée le 30 août 1482 , entre Liège et Grivegnée.

Profitant de cette victoire pour se faire nommer mambour et faire élire son fils évêque malgré son bas âge , il ne put se maintenir dans cette brillante position , qui eut assuré à la France la possession de tout le pays. Jean de Hornes reconnu pour légitime évèque , soutenu de larchiduc Maximilien ennemi des La Marck , mit fin à la guerre civile par la paix conclue à Tongres , aussi onéreuse au pays qu'elle fut avantageuse aux d'Aremberg.

Mais Tannée suivante, à l'instigation de larchiduc Maximilien et pour satisfaire la haine implacable entre les deux familles rivales, Jean de Hornes , sans aucun respect pour sa dignité , attira traîtreusement dans un piège , sous les dehors de lamitié , Guillaume d'Aremberg réconcilié avec lui, et le fit conduire à Maestricht. Le lendemain , sans forme de procès , Guillaume fut conduit sur la place St.-Servais; arrivé au lieu de son supplice , et apercevantTévéque dans la foule , il lui reprocha amèrement sa perfidie et prédit tous les maux que sa mort allait occasionner au pays. Ayant fini de parler » il ôta lui-même son manteau et sa chaussure et les jeta au peuple; puis relevant sa longue barbe , il en couvrit son visage et tendit le cou au bourreau.

1486. KANNE ( Guy de) , seigneur de Spawen près de Maestricht , était Thomme le plus hardi ,. le plus entreprenant et le plus féroce de son temps. Sous prétexte de vouloir venger la mort de Guillaume d'Aremberg , il s'empara de toute l'autorité et commit des horreurs dans le pays. Pour mieux assurer sa

domination dans la cité de Liège , il fit construire une forteresse sur la montagne de Ste.-Walburge ; mais les bourgeois exaspérés de sa tyrannie et de ses cruautés , le massacrèrent sur les degrés de l'église St.-Lambert.

1488. AREMBERG ( Godefroid d), noble et savant Fianchimontois.

1490. PLATEA (Jean de), doyen et chanoine de k collégiale de St.-Jean à Liège , fut secrétaire de réyêque Jean de Hornes. On lui est redevable d'un recueil manuscrit contenant un grand nombre de traités et actes publics , concernant pour la plupart la cité et le pays de Liège , parmi lesquels se trouvent quelques pièces très-singulières , inconnues aux historiens liégeois. Ce recueil faisait partie de la bibliothèque du savant B°° de Crassier.

Jean de Plateâ a écrit de sa main à la tête de ce recueil ces mots : Ce présent livre appartient à maistre Jehan de Plateâ , doyen et chanoine de Saint- Jehan , évangeliste en Liège , lequel il a rassemblé après plusieurs guerres et perdicions de ses aultres egcriptures et livres, pour en servir le bien publique.

On lui attribue la première rédaction du Pawillart qu'il divisa en 269 articles , suivis d'autant de pièces justificatives rangées dans le même ordre. Ce recueil ou collection manuscrite renferme les anciens privilèges , réglemens , statuts , paioD , ordonnances et autres ax)tes publics, concernant la justice, police et gouvernement de la cité et pays de Liège jusqu'en 1440. Il avait force de loi dans toute la principauté , avant la publication de Tinforme et fautif recueil des Mité, par Louvrex.

1495. BOLLANDUS ( Pferre ) , qu'on croit natif de Bolant, village du duché de Lirabourg, florissait

en 1485 et 14d5 ; il fit sa principale occupation de la poésie latine, Paquot qui n'en parle que d'après Simler , donne les titres de quelques-uns de ses ouvrages I en disant qu'il ne sait s'ils sont imprimés.

1499. SPIERINCK (Jmn), médecin de Philippe, duc de Bourgogne, docteur de la faculté de médecine de Louyain et chanoine de Téglise St.-Pierre de cette ville. Il obtint une chaire de médecine en 148& et fut deux fois recteur de l'Université de Louvain.

Ses talens et ses succès dans la pratique de son art lui acquirent une grande réputation ; mais prévenu contre les médicameus étrangers , il ne voulut jamais s'en servir , dans la persuasion où il était , que les peuples qui les recueillent altéraient ces drogues , pour nuire aux chrétiens. H se livra donc à de longues et laborieuses recherches sur les simples , qui croissent dans cette contrée , et en préféra toujours l'usage à celui des plantes étrangères.

Par son testament, Spierinck partagea sa succession en trois portions égales : la l'"" pour les églises de Louvain , de Bruxelles , de Malines et de Lierre :. la 2* pour les pauvres , et la 3* pour ses deux domestiques.

1500. RUREMONDE (Mathias de) , religieux bénédictin de labba^e de St.-Jacques h Liège , écrivain ecclésiastique.

1501. GAGUIN {Robert) , né à Douai, doQteur en droit canon , prieur de Chimfiy. au diocèse de Liège , supérieur général de Tordre de la Trinité, savant annaliste et historiographe de France. On a de lui :

V" De interner ato ViryinU concepéu advergtig Vin^^ centium quemdam decertatio. In-4*' i édition sans indication d'année, de lieu et d'impression. Le même ouvrage fut imprimé chez Jacob de Breda à De venter,

1494, in-4^

2"* Rerum GaUicarum annales cum Huberti VelleU 9upphmento. Francofurti^ 1577, in-folto.

3** Ars verificaTHli y édition ancienne du 15' siècle, in-4'' , mentionnée dans le catalogue La Serna.

4"* De arte metricâ , imprimé avec les caractères de Gering , 1477, in-4'.

5» Compendium super Francorum aesta. Paris , 1495 , in-foL Idem. Paris , 1499. loem. Kerrer , Paris, 1500.

Traductions françaises de ce livre :

1* Les grandes chroniques , eœcellens faits et ver^ tueux gestes des très-^hrestiens roys de France , translatés en nostre vulgaire français. Paris, 1514 « in-folio.

2° La mer des chroniques et fmroir historial tb France j jadis composé en latin par Robert Gaguin. Traduit par Desrey. Paris, 1518, in-fol. Idem. 1527.

6" JSpistolœ quœdam , orationes^ etc. Paris 1498 , in-4'.

T Le passe-temps d oisiveté y inS'* f sans date.

Horeri^ dit que Gaguin a tradait en français les Commentaires de César et la f;^e cfe Charlemagne.

1503. BOULLIOT (Edouard) , de Coubigny en Ardenne. Il fut valet de chambre de Louis XII , roi de France , et son ambassadeur à Naples. Il en est fait mention dans ïhistoire des Deux-Siciles par Egly. Sa famille vendit à Marie , sœur de Charles V et gouvernante des Pays-Bas , le domaine utile du village de Coubigny , sur le territoire duquel elle fil bâtir Philippeville , en l'honneur de son neveu Philippe II, roi d'Espagne.

1504. KEPRESSEUX (^aurfomn), Franchimontois, littérateur érudit.

1505. HOEVNES (Jean de), évèque de liége. Il

succéda à Louis de Bourbon , dont il vengea les in-jures etla mort dans le sang de Guillaume d'Aremberg^. Cet assassinat juridique qui ne fit qu'augmenter la haine existante entre les La Marck et les Hornes , les uns attachés à la France , et les autres à FÂutriche , causa les plus grands maux à Tétat , qui fut sans cesse déchiré par les plus violentes dissentions, et en proie à l'étranger.

Sous le règne de Jean de Hornes , on révisa la législation : la dignité de mambour du pays fut abolie : la neutralité renouvelée en principe : la réconciliation eut lieu entre les Hornes et les La Harck : la principauté de Liège fut incorporée au cercle de Westphalie, pour la soustraire à la domination française, désirée par une grande partie de la nation, fatiguée d'être dupe et victime de la politique de ses évêques, attachés à la maison de Boucgogne , dont ils n'étaient que les créatures.

Haï des Liégeois, Jean de Hornes passa ses dernières années à Curenge et à Maestricht. Il mourut dans cette dernière ville de chagrin et de mélancolie, et si accablé de dettes , malgré les donatifs continuels que les états lui avaient faits, qu'après sa mort, il fut excommunié par l'officialité de Liège suivant l'usage du temps, jusqu'à ce que l'on eût payé toutes ses dettes.

Son corps revêtu de l'habit de St.-François (coutume très-usitée alors), fut porté dans l'église des Récollets sur la montagne dite de Lumière ^ près de Maestricht, où on lui fit de magnifiques funérailles.

Cet évêque, dans une lettre qu'il écrivit à l'empereur Maximilien , atteste qu'une jeune fille des environs de Liège , avait eu son voile couvert d'un liquide couleur de sang, durant un pèlerinage qu'elle avait fait à Maestricht à l'époque du jubilé. Ce phénomène d'une liqueur sanguinolente qui est rapporté par les auteurs contemporains , dura trois ans tant en Belgique qu'en Allemagne.

1507. DORLAND (Pierre), saYant chartreux, aé à Dinant. On a de lui :

l** DialogiM de opère caritatis.

2** Viola animœ, dialogis seop MSS, coniprehensa^ Cet écrit fait suite au recueil suivant : Dionysii (vulgo areopagitœ) Cœlesiis hderarchia. — Ignatii XL Epis^ iolœ. — Polycarpi epistola una. Paris, 1498| petit in-folio goth.

S"" De mysticd significatione hahitûs seu indumen^' krum carthusiensis ordinis, in-12, sans date.

4*" Chronicon carthusiense , studio Theod. Petrœei. Cologne, 1608, in-8^

5° Petrœeielucidatione in Pétri Dorlandi chronicon. Cologne, 1608, in^^

6** Annales ordinis carthusiensis ; tomus primus complectens ea quœ ad institutionem, disciplinam et observantias ordinis spectaht. Correriae, 16o7, in-fol. Una paru que ce tome 1*'.

T Chronique ou histoire générale de Tordre sacré des Chartreux, par Dorlande, traduite du latin par Adrien Driscart. Tournay, 1644, in-4^

8"* jP. Dorlandi de enormi proprietatis monachorun^ vitù), dialogus cultissimus. Martin D'Alost, Louvain, 1513 , inA\

1509. œMMINES {Philippe de), né au château de ce nom près de Menin. 11 passa d'abord au service de Philippe et de Charles , ducs de Bourgogne , et accompagna ce dernier dans ses deux expéditions contre les Liégeois. Louis XI qui n'épargnait, rien pour enlever aux princes de son temps les hommoès qu'il croyait pouvoir leur être utiles , gagna son amitié , lorsque n'étant encore que Dauphin , il était venu demander asyle à Philippe-le-Bon. Philippe deCoihmines fut chambellan de Louis XI, et sénéchal de Poitiers; il vécut si fami- Uërement avec ce monarque qu'ils couchaient soiivent

ensemble» tant il a?ait gagné sa- confianoe par le» services qu'il lui rendit à la guerre et en diverses négociations. Il accompagna Charles VIII dans la conquête de Naples ; mais sa faveur ne se soutint pas ; car accusé d avoir favorisé le parti du duc d'Orléans (de?* puis Louis XII) et de lui avoir vendu le secret de lot cour , comme il avait vendu , disait-on , ceux ^u doc de Bourgogne au roi de France , il fut arrêté et coa->duit à Loches , oii il fut enfermé dans une cage de fer y après 7 être resté deux ans , il en sortit absous de tous les crimes qu'on lui imputait.

Ses mémoires historiques sont un des morceaux les plus intéressans de l'histoire de France et de celle de liége. Il est en général assez sincère; mais on la cependant accusé d'avoir écrit avec la retenue d'un courtisan qui craint encore même après la inort de ses maîtres de dire toute la vérité.

Philippe' de , Commines fût le témoin ocufeire do sac de Liégè et de la destruction du Franchimont. Entr autres particularités que Von ne trouve que dan» ses mémoires, il noiis apprend que, durant le séjour de Cbarles-le-Téméraire à PoUeur, le froid était si intense 4 que l'on coupait le vin à coups de hache pour le distribuer aux soldats. On était alors dans les premiers jours de novembre 1468. On a de lui :

Cronique et hystoire fàicte et composée par mesàire Philippe de Commines , contenant les choses adventms durant le règne du roy Loys unziesme, etc., publiée par /• deSdves. Paris 1523, in^fol.^ c'est la première édition ; elle ne contient que YI livres^ et se- termine à 1483. Lyon, 1526, in-4% Elle contient VIII livres et ne finit qu'en 1498.

Les EIzévirs ont donné Ces mémoires en 1648, in-12, 765 pages , plus 9 feuillets de table.

Denis Godefroid a publié tes mémoire^ de Commines augmentés et suivis de \ Histoire de Louys XI, autre*

ment dicté la chronique scandaleusB écrite par Jean de Troyes. Bruxelles, 1706 et 1713, 4 vol. in-8% ou Bruxelles, 1723, 5 vol. in-S** avec fig. V.

La meilleure édition est celle de Tabbé Lenglet du Fresnoy , iniprimée à Paris sous le titre de Londres. 1747, 4 vol. in-4**. Elle est revue sur le manuscrit original, enrichie de notes, de figures et portraits, par Odieuvre, d'un ample recueil de pièces justificatives et dune longue préface très"<)urieuse.

Ces mémoires ont été réimprimés dans Collection des mémoires relatifs à Thistoire de Franco, par Petitot^

1513. CURRIMOSANUS {Jean), ahhé de St.-Jacques à Liège. On doit à ses soins et à son zèle lachèvement complet de Véglise de cette abbaye , Tun des plus beaux monumens de la ville de Liège.

* 1 515. PATENIER , habile paysagiste , né à Dînant. On ignore la date de sa naissance et celle de sa mort. Il fut reçu, en 1515, membre de Tacadéfuie d'Anvers. Les plus beaut cabinetà de l'Europe sont ornés des productions de ce peintre.

Les arbres de ses paysages ont de belles formes; les feuilles çont artistement pointillèes; ses petites figures sont spirituelles et les fonds de ses tableaux agréables.

Outre ses paysages, il a fait quelques grands tableaux , dont l'un , entr'autres , représentant une ba^ taille, où le feu et le sang offrent un spectacle horrible.

U avait une marque particulière que l'on trouve à tous ses tableaux; c'est un petit bonhomme ch...«

La crapule et l'ivrognerie étaient le^ défauts habituels de l'artiste liégeois. Ce dernier vice dotona lieu à l'épigramme suivante qui le caractérise assez bien :

Le soleil ne Ta jamais vu^ Tatft fat-il matin, qQ*il n^eut bu; £t jamais, jamais la nnict noire,

' Tant fui tard, ne Ta vu tans bmref

Car ëpris d'un bachique amour, Ce galand buvoit nuict et jour^

Albert Durer y durant son voyage à Anvers, a des* sine le portrait de Patenier dont il estimait beaucoup le talent et le genre.

1516. BEECK (Jean), né à Looz en Hesbaye, embrassa la règle de St.-Benoît dans le monastère de St.-Laurent près Liège, où il fut élu abbé en 1509. Il passe, après les deux Van Eyck, pour le plus ancien artiste liégeois qui se soit distingué dans la peinture. La plupart des tableaux qu'on voyait autrefois dans l'église de son abbaye , étaient de son pinceau.

Jean Beeck a continué la chronique de Jean de Stavelot depuis XkkQ jusquà son temps. Cette chronique avec sa continuation se trouve en manuscrit à la bibliothèque de Bourgogne, à Bruxelles.

1517. BUSLEYDEN {Jérôme), né à Boulcide près d'Arlon au diocèse de Liège, fut prévôt d'Aire en Artois et chanoine de Liège , de Cambrai et des collégiales de Bruxelles et de Malines. Honoré de la confiance de ses souverains,' il fut nommé membre du conseil souverain de Malines et employé dans les affaires les plus importantes. Il se distingua dans les diverses négociations dont il fut chargé auprès du pape Jules II, de François P' et de Henri YIII. Charles d'Autriche (depuis Charles Y) l'employa en plusieurs occasions et l'envoya en Espagne ; mais arrivé à Bordeaux, il mourut de maladie.

Busleyden était versé dans les sciences et correspondait avec les gens de lettres. Sa maison , au rapport de Thomas Morus , était meublée avec un goût exquis et une extrême richesse. U possédait une collection de médailles et une bibliothèque bien fournie. Cette maison que J. Busleyden avait à Malines inspira une

épigramme à Morus qui en fit deux autres sur sa col-» lection de médailles. Morus, durant son ambassade aux Pays-Bas, fréquentait beaucoup J. Busleyden, dont il avait été accueilli avec autant de munificence que de bonté , et d'une manière qui répondait à sa fortune et à l'obligeance de son caractère. Il consacra la plus grande partie de sa fortune à la fondation du collège des Trois-Langues à Louvain , dans lequel dix pauvres écoliers étaient entretenus, et apprenaient le latin, le grec et l'hébreu. Ce fut dans ce collège, où quelques années après, Mathieu Adriani , savant orientaliste , obtint une chaire d'hébreu à la recommandation d'Erasme , touché de sa misère.

On conserva longtemps en manuscrit , dans cet établissement, des poésies, des oraisons et des lettres^ qui attestaient la profonde érudition de Buslejden. On a en tête de ï Utopie de Thomas Morus , une lettre de lui.

* BUSLEYDEN (François) , archevêque de Besançon et cardinal , était le frère du précédent , et né comme lui dans le diocèse de Liège.

1519. M AXIMILIEN, archiduc d'Autriche et empereur d'Allemagne. Son mariage avec la fille de Charles-le- Tëfoéraire , est l'origine de l'élévation de la maison d'Autriche. M^ximilien quoique fils de l'empereur Frédéric III , n'apporta aux Pays-Bas que son titre ; on fut même obligé de payer ses frais de voyage et de noces. Il eut deux enfans de Marie , duchesse de Bourgogne, son épouse. Après la mort de cette princesse, les Etats de Flandres lui refusèrent la tutelle de ses enfans , à l'instigation de la France et de Guillaume d'Aremberg; tel fut, selon quelques-uns, le motif qiii lui fit assassiner ce dernier.

Chargé du gouvernement des Pays-Bas durant la minorité de son fils , il se montra peu favoraÛe aux

Liégeois , et se conduisit par fois même envers eux , comme un aventurier brigand. Il soutint de toutes ses forces les évêques Louis de Bourbon et Jean de Hornes contre le parti français et celui des mécon* tents. Sa haine contre la France était. si outrée, qu'il alla même jusqu'à servir en qualité de volontaire dans l'armée tle Henri YIII, roi d'Angleterre, contre les Français, avec une solde personnelle de 100 écus par jour. Il avait aussi la manie de vouloir être pape i et pour y parvenir , il s'efforça de se faire nommer coadjuteur du pape , sans pouvoir réussir. Il mourut d'une indigesticm de melon.

C'est vers la fin du règne de Maximilien , que Vusage des postes s'introduisit dans lempire. Il établit les premières sur la route de Bruxelles à Vienne par le pays de Liège et les mit sous la direction de François de Taxis, dans la famille duquel l'administration générale des postes de toutes les provinces de l'empire resta et fut érigée dans la suite en fief avec le titre de prince.

On doit à ce prince bizarre Tabolition du tribunal secret ou des francs-juges, qui était la terreur de l'Allemagne.

C'est sous cet empereur que le pays de Liège , qui , depuis l'an 922 , faisait partie de l'empire germanique, y fut plus étroiteiment lié par l'institution des cercles, qui fut arrêtée en 1500, dans une diète tenue à Au&sbourg. Liège fut incorporé au cercle de Westphahe; politique adroite de la part de Maximilien , pour y détruire Tinfluence française.

1520. BOGAERT (Jacques), fils d'Adam, naquit à Louvain en 1540. Après avoir étudié la médecine à l'Université de cette ville , il la pratiqua avec distinotipa À Anvers. Sou père ayant quitté sa chaire de «lédediae , Bogaert revint à Louvain , et fit un contrat

a?ec la régence de cette ville par lequel il s engagea à remplir pendant dix ans, à raison de 50 peeters oa florins de gage , la chaire du licencié Jean d'Inchy. Il prit le bonnet de docteur; mais ayant perdu sa femme, il embrassa l'état ecclésiastique et succéda au docteur Gaspar j£gidii dans le canonicat de St.-Pierre attaché à la chaire qu il occupait. Il fut élu cinq fois recteur de l'Université , et mourut , comme son père , après 36 ans de professorat. Il a laissé :

CoUeotorium in Avtcennœ practicam ; 5 vol. manuscrite, que l'on trouve à la bibliothèque de la ville d'Anvers. ,

* 1520. HORNE (leowarrf), peintre liégeois, contemporain des frères Hardj. Jusqu'alors , la peinture était restée dans l'enfance au pays de Liège. Les tableaux étaient plus remarquables par la dorure et les orne* mens étrangers dont on les surchargeait, que par leur mérite intrinsèque : ils ne représentaient guères que des figures de saints ornées de rayons et de filets dorés. On en voyait un de cette espèce, dans l'église des Cannes à Liège : les miracles de ot. Albert, qui passait alors pour la plus belle pièce du temps et qu'on allait admirer. La tête du saint était entourée d'un cercle d'or.

Il faut croire que les peintres liégeois ne trouvaient pas dans leur pays les secours nécessaires au dévelop-r peinent de leurs talens, ou qu'ils étaient peu favorisés des princes et des riches , puisque de tous les grands artistes que Liège a produits, Lambert Lombard fut le premier qui se soit fixé dans sa patrie.

1522. STOGTEN (Thomas), né à Sonhoven dans la Campine, en 1460. Il fut le condisciple du pape Adrien VI , à Louvain , où se trouvant dénué dé tout secours, mais animé du désir d'apprendre, Stouten qui 1 avait pris en amitié^ lui acheta les livres dont il avait

besoin , et lui fournit l'argent nécessaire à son ibntretien et à ses amusemens. Parvenu à la tiare , Adrien VI envoya de magnifiques présens à son généreux ami , et lui donna peu de temps après le chapeau de cardinal; mais Stouten déjà malade, expira au moment même où on lui en apprenait la nouvelle.

1523. BOYENS (Adrier^Florent)^ pape sous le nom d'Adrien VI, naquit à Utrecht en 1459. Aidé des secours de Thomas Stouten , qui fut son Mécène , il acheva ses études à l'Université de Louvain , où il fut reçu docteur et professa la théologie. U devint chanoine et doyen de l'église de St.-Pierre de Louvain , curé de Goerée et ensuite du Grand -Béguinage. Après avoir été le précepteur de Charles V, il fut nommé évêque de Tortose , cardinal et inquisiteur-général en Espagne. Elu pape en 1522, il conserva son nom, malgré un usage très-'ancien parmi ses prédécesseurs, qui, depuis plus de cinq siècles, en avaient tous changé. Adrien durant son pontificat ne fit que deux, cardinaux , Stouten et Enkevoort ; tous les deux étaient chanoines de Liège.

La reconnaissance qu'il portait à Vempereur, l'engagea dans les entreprises ambitieuses de ce prince contre la France ; mais il n'eut pas l'occasion d'en déplorer l'issue. Le pays de Liège eut beaucoup à souffrir de la politique d'Adrien.

Ce pape eut une grande part dans le zèle outré de Charles Y, pour s'opposer à la propagation de la doctrine de Luther. Ce fut lui qui reconnut publiquement , dans l'instruction qu'il donna à son légat , à la diète tenue à'Nuremberg en 1523 ,1a justice des plaintes de l'évêque Evrard de la Marckà la diète d'Augsbourg, contre les déréglemens de la cour de Rome ; avouant la corruption générale de toute l'église , depuis les plus petits jusqu'aux plus grands.

Adrien « réformateur zélé des abus, du luxe et du scandale de la cour romaine , mourut détesté des Romains 9 et révéré partout ailleurs. Sa mort leur causa tant de joie, qu'ils mirent cette inscription au-dessus de la porte de son médecin : Au libérateur de la patrie.

n fonda à Louvain le collège qui porte son nom, destiné à lentretien des pauvres écoliers qui voulaient se livrer aux études. Il est l'auteur des ouvrages suivans:

l"* Quœstioneê et Expositiones in librum quartum êmteniiarum , quitus Ecchsiœ^acramenta explicantur. Paris, 1512etl516, in-folio, 1527, in-8-. Rome, 1522, in-folio.

Cest de ce livre qu'on a tiré cette proposition remarquable : qu un pape peut errer, même dans ce qui tient à la foi.

2* Çuœstiones quodlibeticœ. Louvain, 1515, in-8*, 1518, in-folio. Paris, 1516, in-folio. Lyon, 1547.

3* Venatio adascaniam cardinalem. Paris, 1534, in-S* en vers.

4' Computus hominis agonisantis. Louvain et Rome,

5' De sacculo prœtioso. Anvers, 1520.

Gérard Moringius , curé de St.-Trond, a donné la vie de ce pape : Vita Hadriani sexti Pont. Max. Louvain, 1536, in-4'', ainsi que Gasp. Burman : Badria-nus VI , sive analecta historica de Badriano sexto trajectino papa rom^tno. Utrecht, 1727, in-4**.

* 1524. BELLARMIE {Léonard), moine de St. Jacques à Liège , oii il cultiva la médecine avec succès. On a de lui :

1* De curatione podagrœ.

2" De regimine sancitatis.

n a écrit d'autres ouvrages , mais nous en ignorons les titres. Bucelin parle de ce savant dans sa Descrip-^ tien de FAllem^agne.

* 1524. AMMONIUS {Gaspar), orientaliste, né à

Hasselt, vers le milieu de Vautre sijbole» Il fit «es études en Allemagne) et entra dans Tordre d^s ermite»- de St.-Augustin, Après avoir obtenu le doctorat, il fut nommé prieur du couvent de son ordre h Lavringeiir dans le duché de Neubourg, et peu 4e temps après élu provincial de la province du Rhip et de Souabe. Il enseigna l'hébreu avec succès , et eut un grand Dombre de disciples qui se sont distingués, entr'autres , Wolffgang Capiton et Jean OEcolampade. De tous les savans avec lesquels il se lia d amitié , Sébastien Hunster , célèbre hébraïsant, fut celui qu'il préférait*

On lui attribue une grammaire hébraïque que Mantelius assure avoir été imprimée par le célèbre Froben, sous le titre suivant : Grammatica hebrœa in qumqufi libriê distincta.

On croit que ce savant, qui était très-versé dans les langues anciennes , est le même que Gaspard Ammanus, auteur d'une Version allemande des psaumes. Augsbourg, 1523, in-12. A. Pfeifer rapporte quelques endroits de cette version, qu'il compare avec celle de Luther, dans sa Critique sacrée, chap. 13, pag, 2^ et suivantes.

1525. DORPIUS (MarUn) , savant théologien 4<î l'Université de Louyain , littérateur y, philosophe. Il fut l'ami du célèbre imprimeur Martin d'AlQ$t et de Berland qui lui a consacré un I^el éloge dans sa Chro^ niqiie des ducs de Brabarit.

Dorpîus fut d abord l'un des plus grands, adversaires d*Erasme. Il nous apprend que, de soii temps, on étudiait pendant dix ans la théologie sçholastique , et qu'on se livrait dans les écoles de Louvain à disputer d'une manière sophistique sur des subtilités; que l'on y négligeait entièrement l'étude de la langue grecque; et que le texte de la Vulgate était corrompu dans beaucoup de passages.

Au rapport d'Erasme , Dorpius fut le premier q\Â sut allier l'étude .des belles^ettres à celle de la phi* losophie et de la théologie. Il mourut à la fleur de Tâge. Ses ouvrages sont :

l"" Oràtio de laudibus Aoademiœ Lovanietms. Lou^ vain, 1513,

2° C. Martini Dorpii OraUo habita in schotd Lovantensif anno 1517. Froben. Bâle , 1520.

n j traite des abus de la théologie scholastique de son temps et des erreurs causées par la falsification du teite de la Vulgate.

3*" Epistola de Hollandorum moribus , imprimée par Martin d'Alost.

1526. "H. ASW!,B. (Antoine) , curé liégeois centenaire, ne doit sa célébrité qu'à sa longévité extraordinaire , et à la santé et aux forces qu'il conserva jusqu'à l'âge de cent vingt-cinq ans , avantages qu il attribuait à sa sobriété et à l'empire qu'il avait acquis sur ses passions. Vers la fin de sa vie, son évêque lui deman-* dant de quels moyens il s'était servi pour parvenir à ce grand âge : < Trois choses , lui répondit^il , m'ont > toujours paru contribuer à abréger la vie humaine »et à avancer le temps des infirmités , labus du com- •merce des femmes, les excès du vin , les violences » et les accès de colère, mulieres , ebrietas^ iracundia; >mon état m'imposait la continence , et j'ai su éviter >les deux autres ébueils» . Léoniceni, fameux médecin italien , mort aussi dans un âge avancé , ayant con«^ 9ervé toutes ses forces et la vigueur de son esprit , fit à peu près la même réponse à Paul Jove : Vividuni ingeniunh perpétué vitœ innocentid, corpus hilari fru-^ galitcUis prœsidio tuemur. Hasech fut cent ans curé , et mourut en 1526 dans sa cure ; les uns disent à GuUch ou Gouvi , dans le duché de Luxembourg ;

les autres à Grelick ou Geule près de Maestricht. Son portrait , qui a été gravé , est devenu fort rare.

1527. LANNOY (Charks de), célèbre général flamand au service de Charles V. Il fut chevalier de la Toison-d'Or, gouverneur de la ville de Tournay et vice-roi de Naples. Nommé au commandement'>général des troupes de lempereur , après la mort de Prosper de Colonne 1, il s'immortalisa à la bataille de Pavie en 1525 1 où il défit complètement l'armée française. François P' le choisit à tout autre pour se rendre prisonnier. Lannoj en recevant l'épée de ce prince se mit à genoux , lui baisa la main , et lui remit sa propre épée en lui disant : Je prie Votre Majesté (t agréer que je lui donne la mienne qui a épargné le sang de plusieurs des vôtres; car il ne convient pas quun officier de t empereur voie un roi désarmé quoique prisonnier.

Plus généreux que son maître , il traita toujours François P' en roi ; et lorsqu'il eut obtenu sa liberté après le honteux traité de Madrid, Lannoj fut chargé de conduire ce monarque jusqu'à la frontière de l'Espagne.

Charles Y lui donna la principauté de Sulmone, les comtés d'Ast et de la Roche en Ardenne. Lannoj mourut à Gaëte , regretté de tous.

Ses descendans faisaient partie de l'Ordre Equestre du pajs.

LANNOY (Raoul de), de la famille du précédent, servit Louis XI avec distinction. Etant monté à l'assaut du Quesnoj à travers le fer et la flamme , ce roi , témoin de son courage, lui passa au cou une chaîne d or de la valeur de cinq cents écus , en lui disant : Par la Pdque-Dieu , mon a/mi, vous êtes trop furieux en combats , il faut vous enchaîner ; car je ne veux point vous perdre, et je désire me servir de vous plus

iune fais. Cest en mémoire de cet événement , que les descendans de Lannoy portent une chaîne dans leurs armoiries.

*1528. BODSSUT (Nicolas de), médecin, né au village de Boussut dans la principauté de Liège. Il fît ses études à Louvain où il reçut le bonnet de docteur. Déjà avancé en âge « il publia l'écrit suivant qu'il dédia au cardinal Evrard de la Marck : NicoUd de Boussut, Mium et medidnœ doctoris , trium quœstionum quod^ \ libetamm difftnitio prima. Louvain, 1528, in-4''.

1528* LOSSE ( Jean ) , abbé du monastère de

, St- Laurent près Liège , écrivain ecclésiastique. La

bibliothèque de Bourgogne à Bruxelles possède une

copie manuscrite de sa chronique intitulée : Chronicon

Joannis Loos, abbatis St.^Laurentis propè Leodium^

anno 1455 usque ad ann. 1485.

M530. DEPRESSEUX (Godefroid), littérateur Franchimontois.

1530.HERMANà novâaquild, comt^ de Newenaar, né en 1491 , chanoine de Cologne et prévôt de l'église de Notre-Dame à Aix-la-Chapelle, diocèse de Liège. Charles V l'envoya auprès des princes d'Allemagne pour obtenir leurs suffrages , lorsqu'ils s'occupaient à donner un successeur à l'empereur Maxiiiiilien. Il accompagna l'électeur Herman de Weyden à la fanieuse diète d'Augsbourg , où les réformés présentèrent leur profession de foi , dite confession d'Augsbourg, qui fut proscrite.

Herman était Tun des plus sa vans hommes de son temps. On lui doit :

1° Les premières éditions de : De vitâ et gestis Car I ^UMagni, par Eginhard.

2' Une édition corrigée des IV livres : Ée rerum ^^icarum, par Octavius Horatianus.

3* La première édition des IV livres : De arte veterinarid , par Flave Végèce.

4"* De novo hacienùsque Germants inavditù fnorbo, sudatorid febri quant vulgo sudorem britannicum voco/fit. Cologne, 1529, in-4'*. Dans la 2* édition de cet ouvrage , on y trouve : Simonis Riquini de, eodem morbo jtuUùium doctissimum. Bâle , 1531 , in-I2 , suivi de : De peste hrttannicâ ^ par Joachim Schiller.

5* Annotationes aliqtiot herbarum et formula excu^^ dendi herbariL Strasbourg , 1537 , in-folio. Cet écrit est inséré dans le 2* volume de : Herbarium, , par Othon Brunsfels» médecin de Bâle. Bâle, 1540. Ce médecin parle d'un beau manuscrit de ÏHistoria plcm* tarum de L. Aquilée , qui se trouvait dans la hibKo* thèque de Hermàn.

1532. ALEXANDRE {Jérôme), Italien de naissance , savant helléniste, littérateur, poète. Evrard de la Marck désirailt lie fixer à Liège , le pourvut de plusieurs bénéfices ecclésiastiques. Il lenvoja à Rome, en 1517 , en qualité de chargé d'afiaires; mais le pape Léon X charmé de son esprit et de ses vastes connaissances , le retint près de lui et le nomma bibliothécaire du Vatican.. H fut lami d'Erasme , et obtint dans la suite le chapeau de cardinal. On a de ce savant :

1** Un hosicon grec. 2° Diverses poésies. 3'' Des lettres et quelques opuscules.

On lui a attribué faussement deux dialogues : Cicero relegatus et Cicero revocatus. Lyon , 1 534 , in-8°. Ils sont de Hortensio Lando, médecin de Milan.

La bibliothèque du Vatican possède en manuscrit sa correspondance et ses lettres.

* 1532. RUPERT, abbé de Thuin, ville de la principauté de Liège , dans l'Entre Samhre et Meuse , est l'auteur de :

l"" De divinis offidis libri XIL Cologne, 1532, in-fol.; id. 1526, in.l2; id. 1565, in-8\

2* Explanatio XII prophetarum. Colojrne , 1535.

S** (hmmentariorum m ApocalypHm , lib. XIL Cologne , 1 526 , in-folio.

Ses ouvrages manuscrits sont :

4** In cantica canticorum»

b"" De mcamatione Domini,

6° De providentid et omnipotentid Dei.

1" De interna Christi locutùme ad animam fidélem.

8" Planctus super passions Christi.

9° Spéculum peccatorum sive monachorum.

G. Gebernon de la congrégation de St.-Maur, a fait Tâoge de cet écrivain : Apologia pro Ruperto. Paris , 1669, in^^

Bîrckman a publié : Ruperti omnia opéra. Oilogne ,

1533. MARTIN ( Thierry), né à Asch près d'Alost , a la gloire d'avoir été l'un des premiers qui aient introduit l'imprimerie en Belgique. Après avoir étudié l'art typographique sous Jean de Westphalie d'Osnabruck,il établit la première imprimerie connue à Alost et à Louvain. Martin jouissait de la réputation d'un savant honnête homme, et comptait parmi ses amis, Erasme , Dorpius et Berland. Il a laissé quelques écrits. On peut le compter parmi les personnes qui ont rendu les plus grands services au pays de Liège , où l'art typographique n'était pas encore très-connu.

* 1534. RIVO {Pierre de), naquit dans la Campinc. D fut docteur et professeur à l'Université de Louvain , ou il se fit un nom par sa. Ré futation des Lettres que le savant évêque Middelbourg lança dans le public, sur la réformation du calendrier, avant de publier son traité : De rectâ Paschœ celebratione et de die PaS'* ^is J.'C. Fossombrone, 1513, in-fol.

'^ 1535. JAMOLËT {Jean), religieux carme , docteur

en théologie y exerça sous Evrard de la Marck les fonctions d'inquisiteur apostolique , à Liège , avec une sévérité excessive, qui révolta tous les bons citoyens. Il recherchait / poursuivait , condamnait sans relâche, sans ménagement, et, pour ainsi dire, sans formalité, tous ceux qui , à ses jeux , pouvaient être seulement comme suspects d'hérésie. La torture , la proscription ou la mort étaient les seules peines auxquelles il condamnait impitoyablement ses victimes, au nom et pour la plus grande gloire d'un Dieu de charité.

1535. DRIEDO {Jean), de Turnhout en Brabant, docteur et professeur en théologie à TUniversité de Louvain ,. où il fut chanoine de St. -Pierre et curé de St.-Jacques dans la même ville. Son traité des saintes écritures et des dogmes, est un modèle d'érudition et de jugement, qui lui acquit beaucoup de réputation. Il semble que les pères du Concile de Trente aient suivi ce professeur de Louvain , dans tout ce qu'ils ont décidé sur l'autorité de la Vulgate. Il y a même des endroits oii ils paraissent l'avoir copié mot pour mot. Il a publié :

1" Divers traités de théologie formant 4 vol. in-folio. Louvain, 1530, dont les plus importans sont : Delibertate christianâ : De captivitaie et redemptione generis humani : De concordid liberi arbitrii et prœdestinationis : De gratiâ et libero arbitrio.

2"* D. Joannis Driedonis à Turnhout saxyrœ theologÙB professoris apud Lovanienses, de ecclesiasticis scrip' turis et dogmatibus libri IV , mendis complurihus ablatis adprimos sui fontes recens diligentissimè res' tituti. Louvain , Barthélemi Gravius, 1550, in-fol.On j y voit en tête , le privilège de Charles V , où l'on expose que cet ouvrage a été approuvé par Jean Tapper.

Il dédia ce dernier traité, qui est très-considérable, à Jean III, roi de Portugal, en l'année 1533.

Driedo y discute avec beaucoup de logique et de bon sens l'authenticité des diverses versions de la Bible. Il condamne le grand nombre de traductions de ce livre en langue vulgaire qui existaient déjà de son temps et causaient des troubles dans Téglise , à cause des préfaces et des notes que des hommes ignorans et téméraires y avaient ajoutées. Il déplore qu'au moyen de ces versions en langue vulgaire, le simple peuple, et même des femmes ignorantes soient assez hardies , pour mépriser les anciens pères, lautorité de l'église et les interprétations des saints.

Cest un ouvrage curieux, instructif et assez rare aujourd'hui.

1535. BERSELIUS (Paschasius) ^ religieux bénédictin de l'abbaye de St.-Laurent près Liège, né à Bersey. Il fut le secrétaire de l'évêque Evrard de la Marck. Berselius était littérateur , poète, et en relation avec Erasme. Ses œuvres sont restées inédites.

1535. LIMBOURG {N.), architecte et ingénieur, reçut le jour au village du Marché , sous Franchimont près de Theux. Il servit l'empereur Charles V et l'accompagna au siège de Tunis en Afrique, où il fut chargé du plan d'attaque et des divers travaux du siège de cette ville.

* 1535. HAPPART {Adulphe), moine et écrivain de l'ordre de St.-Benoît. Ce religieux vivait Tan 1535 , en Tabbaye de St.-Hubert en Ardenne, où il se distingua, tant par ses talens et sa science , que par sa conduite et les belles qualités de son cœur. Foppens en parle dans sa Bibliothèque belgique, ainsi que dom Martène, en sa préface du tome IV* de son Amplisêima collectio. Il a écrit , entr'autres , une Vie de SL-HuberL

1536. MARCK (Robert II, comte de la), duc de Bouillon, et membre de l'état noble. Il servit Louis XII

et François I"", roi de France, arec distinction et déyotiement. A la sollicitation de son frère , Evrard de la Marck , évêque de Liège , il abandonna le parti de I9 France pour se jetter dans celui de Charles d'Autriehe; mais il ne tarda p9s à le quitter par suite de mécontenteraens personnels au sujet d'un procès où l'empereur avait confirmé la sentence portée contré lui. Il en fut tellement irrité , qu'il lui déclara la guerre par lenvoi d'un héraut d armes, avec toutes les foirînalitês en usage, et fit irruption dans le duché de Luxembourg , domaine de ce prince. Abandonné à ses propres forces, dans les circonstances malheureuses oii François P' se trouvait lui-même , Robert fut repoussé et vaincu par les troupes de Charles V , commandées par lé comte de Nassau, qui détruisit les châteaux de Logne et autres situés dans l'Ardenne. Il perdit ainsi toutes ses places fortes , à l'exception de celle de Sedan. Lors du traité de Madrid, le roi de France n'oublia pas d'y stipuler les intérêts de Robert, et obtint qu'on lui rendrait toutes ses places.

Doué d'un caractère bouillant , intrépide et cruel ^ Robert fut un fléau pour l'Ardenne et le duché de Bouillon, où il ravagea souvent sans pitié les blés, les champs et les vignes des bonnes gens. Si Dieu ne me veut aider, le diable ne me saurait ma/nquer ; telle était Tétrange et bizarre devise de ce guerrier farouche.

1536. MARCK {Robert III, comte de la) et de Fleuranges, surnommé le Jeune aventureux, et fils du précédent. Il passa sa vie au service de la France, et se trouva à toutes les batailles de son temps. A celle de Novarre où il avait suivi son père , il reçut 46 blessures ; fait prisonnier à celle de Pavie avec le roi de France , Charles V l'envoya au fort de TEcluse en Flandre.

Robert , membre de Tétat noble , prit part dans les combats que son père eut à soutenir contre ré?éque de Liège , son oncle , et Qiarles V.

On peut dire que par sa valeur et son courage , il

luva la France et assura la conservation de Paris,

\T sa belle défense dans Péronne , où n'ayant que

1 XX) hommes, il soutint le siège de cette ville , cernée

p ' le comte de Nassau avec une armée de 30,000

ht rimes et le força à battre en retraite.

bon dévouement et ses services obtinrent une juste Incompensé. François P' le combla de biens et d'honileurs et lui donna le bâton de maréchal de France.

n est lauteur des mémoires historiques, précieux , vrais et intéressans , publiés par labbé Lambert sous le titre de : HUtoire des choses mémorables arrivées sous les règnes de Louis XII et de François P^, en France, en Italie, en Allemcyne et dans les Pays- Bas, dyniis Fan H99 jusqu'en 1521.

1537. TITELMANN (François), savant religieux, ne à Hasselt, ville du comté de Looz, en 1408. 11 se fit rééôllet à Louvain, après y avoir achevé ses études, et embrassa ensuite à Rome la réforme des capudns. Il mourut en odeur de sainteté à Anticoli. Titelmann était physicien et possédait les langues grecque , hébraïque et ehaldéenne. On a de lui un grand nombre d ouvrages , entr autres :

1" Psalterium Davidicum , paraphrasibus et a^yu-mentis tlltistratumjuietà veritatem Vulgatœ editionis. Jussu et ausjjioiis.é. Cœsaris Caroli V in cigus gra- U4 hic Uber sub emchyridion forma eœcussus est. Anvers,!. Steekius, 1553, in- 12.

2" Compendium naturalis philosophiœ. Paris, 1560, in.l2.

S** EluddaMo in Job. Anvers , Steelsius , 1547 , în-ô.

4** Elucidatio in psalmos et cantica. Anvers, 1680, 3 vol. in-8".

5*" Etuddaiiù m S. Joannù evemgeUum», Anvers , Simon Coquus> 1543^ in-8''*

1537. EYNDE (Pierre van den)^ d abord religieux ermite de l'ordre de St.-Âugustin , ensuite évêque in partibus de Dario et suffragant de Liège sous Evrard de la Marck. Cet homme savant pour son siècle y mourut à Liège, et légua au couvent de son ordre, à Bruges , sa belle et riche bibliothèque et de quoi entretenir et instruire deux pauvres écoliers..

1538. MARCK (Evrard de la)^ évéque de Liège et cardinal, restaurateur des kttres et des beaua^-arts , et fondateur de l'inquisition dans le pays de Liège ^ né à Sedan en 1472.

Sa famille , Tune des plus illustres et des plus puissantes de tout le diocèse, possédait un grand nombre de châteaux et de domaines dans TArdenne , entr'au^* très , la principauté de Sedan et le duché de Bouillon. Voisine et alliée de la France, dont elle représentait les intérêts, elle exerçait la plus grande influence dans le gouvernement du pays, et se trouvait en opposition avec la famille des Hornes , dévouée aux intérêts de la maison de Bourgogne et plus tard à ceux de l'Autriche.

Malgré les maux que l'ambition des La Marck avait causés à l'état, Evrard n'en fut pas moins élu évéque à l'unanimité, en 1506, tant on avait bonne opinion de lui. ,

Pour éteindre les haines encore existantes, nées des dernières commotions politiques , il publia l'oubli du passé. Les proscrits rentrèrent dans leurs foyers; les emplois importans furent donnés aux plus capables.

Evrard de la Marck s'appliqua à resserrer les liens qui unissaient déjà les familles de Hornes et de la Harck , dont les rivalités avaient été la source principale des dissentions civiles.

Pour tout voir par lui-même , il parcourut le platpajs , et visita les bonnes villes. Les châteaux de Huy et de Franchimont tombés en ruines, furent restaurés : ceux de Dinant, de Stockem et de Curenge furent rebâtis ; et l'on releva les murailles et les remparts de la cité.

Voulant donner au culte extérieur une pompe jusqu'alors inconnue, Evrard fit construire, dans Véglise cathédrale de St.-Lambert, un nouveau chœur plus grand et plus magnifique que le premier , et les cérémonies religieuses reçurent un nouvel éclat.

Le Palais épiscopal, que nous admirons encore aujourd'hui, fut entrepris par ses soins et achevé sous son règne.

L'esprit et les qualités brillantes de cet évêque le firent rechercher des plus puissans potentats de la chrétienté. Louis XII, roi de France, admit Evrard dans ses conseils, l'honora de toute sa confiance, et renvoya en ambassade auprès de l'empereur Maximilien, pour le retenir dans lalliance contractée et jurée au traité de Cambrai. Louis , pour recompenser ses services, lui procura Yévéché électif àe Chartres, et la charge à! administrateur perpétuel de l'abbaye de Beaulieu en Argonne.

Sous le9 papes Léon X et Clément VII , il fut légat du Saint-Siège apostolique pour tous les Pays-Bas.

Jusqu'alors, Evrard était resté dévoué à la France à l'exemple de sa famille. Il assista au sacre de François P', et sollicita, dit-on , ce monarque, pour lui obtenir le chapeau de cardinal; mai^ durant les négociations entamées avec la cour de Rome à ce sujet, la duchesse d'Angoulême, gagnée par la promesse d'une somme de 40,000 écus, écrivit au nom du roi , son fils , et à son insu , au pape Léon X et à lambassadeur de France, qu'il désirait plutôt cet honneur pour Varchevêque de Bourges , frère de Boyer,

trésorier de son épargne. Cette lettre eut sou plein effet ; l'archeTeque de Bourges fitt ndmnié eardioal ; et Boyer, qui avait promis 40,000 éc^tifô à la mère du roi , les lui compta ; mais sa supercherie fut bien fatale à la Fralnqe.

L'empereur Maximilien étant mort , Franjgôis l" espéra un moment^ de lui succéder ; i.l J eut sans doute réussi; mais Evrard, trompé par lui dans ses plus chères espérances, s'était jeté dans le parti de Qiarles d'Autriche , roi d'Espagne , et y avait attiré Robert U , son frère. Il sut par ses intrigues et son habileté dans l'assemblée des électeurs, réunir leurs siiffrages en £aveûr de Charles (depuis Qiarles V)^ malgré les promesses et l'or de François P' et les tàlens de l'amiral Bonnet, son ministre , légat du pape et décoré de la pourpre romaine.

Dévoué dès lors à Charles V et à son système poli* tique , en haine de la Fra^nce , il marcha contre son frèl'e, Robert II, qui était en guerre avec Charles V, et prit toute sa vie les intérêts de ce monarque , quaique parfois bien opposés à ceux de son pays.

Charles ne laissa pas sans récompense un serviteur aussi utile et dévoué ; car il lui obtint la pourpre romaine, lui donna 1 archevêché de Valence en Espagne; et le duché de Bouillon depuis longtemps occupé par les La Marck , fut rendu à Tétat de Liège.

Evrard de la Marck, persuadé comme beaucoup d'autres, que les abus crians, les désordres qui s'étaient glissés dans les affaires ecclésiastiques et le faste de la cour de Rome , étaient les principales causes auiquelles il fallait attribuer les progrès rapides de la doctrine de Luther qui menaçait l'Europe, s'éleva avec force contre la corruption du Saint-Siège dont il se plaignit amèrement, invitant les états de Tempire, dans la diète tenue à Augisbourg, en 1518, à porter un prompt remède à cet état de choses, qui ne tarderait pas à anéantir le catholicisme et le pouvoir des princes.

Le pape Adrien YI confessa lui-même la vérité des plaintes de Tévèque de Liège , puisque dans l'instruction qu'il donpa à son légat à la diète tenue à Nuremberg , en 1523 , il s'exprime ainsi :

c Nous savons que depuis quelques années dans » notre cour apostolique, des désordres sans nombre »se sont glissés dans les affaires ecclésiastiques, qu'il » y a eu abus de pouvoir , et qu enfin tout y est dans »le pins honteux dérèglement : que le mal a corn- «mencé par la tète et a gagné les mrembres , qu'il >est descendu des souverains pontifbs jusqu'aux prélats ^inférieurs : que nous avons tous décliné , ehacun »dans notre voie; que depuis longtemps, il n'est pas »nn seul de nous qui ait tâché de remédier au mal. • Vous promettrez que pour ce qui nous concerne , »nous emploierons tous les moyens qui sont à notre

> disposition pour opérer la réforme de notre eour » d'oà procède peut-être tout le mal. Nous nous croyons » d'autant plus strictement obligés à ce devoir, que mous voyons le monde entier désirer avidemment

> la réforme de Tèglise. » ( J. Erard Kappe , extrait des mémoires de Spalatinus).

La religion, sous le règne de Charles Y, arma les états catholiques contre les sectateurs de Luther. Entraîné par la politique astucieuse et despotique de cet empereur qui eut des suites funestes pour le pays , Evrard sollicita auprès des états de Liège l'exécution des édits atroces rendus contre les livres , les écoles et les personnes suspectes de luthéranisme , que Charles avait obtenus de la diète de l'empire. U poussa l'aveuglement, ou plutôt le fanatisme jus* qu'à introduire dans son diocèse l'Inquisition , avec ses abus, ses tortures et ses bûchers.

Appuyé de l'autorité du légat du Saint-Siège et de l'assentiment du clergé primaire , Evrard , sur la fin de son règne , voulant rétablir la discipline ecclésiastique

depuis longtemps singulièrement relâchée « rendit uu édit très-sévère contre les prêtres qui vivaient publiquement avec des concubines ^ et défendit à tous les ecclésiastiques de tenir des femmes dans leurs maisons, à moins qu'elles ne fussent de leurs familles , ou que par leur bonne renommée , ou au moins par leur âge , elles n'écartassent les soup-* çons« Tous les ecclésiastiques du clergé secondaire , tant de la ville que des campagnes , ne pouvant se résoudre à abandonner ainsi leurs vieilles habitudes, se retirèrent àLouvain où ils formèrent une espèce de ligue à VeSet dentraver les réformes proposées par leur évêque.

Cest de son règne que date rétablissement du conseil ordinaire à Liège , institué dans le but d'éviter aux habitans de la principauté dans les causes de peu de valeur, les frais et les lenteurs que nécessitaient les appels à la chambre impériale , ou au conseil auligtiBé Ce fut un véritable bienfait pour les Liégeois; car depuis lors , on n'eut plus besoin de recourir en appel aux dicastères de lempire , à moins que la cause n'excédât la somme de sia* cents florins d'or du Rhin en matière réelle et immobilière , et de trois cents en matière personnelle et m^obilière.

A l'imitation de Léon X et de François l". Evrard attira les savans à sa cour, et protégea les lettres et les arts, mais surtout la médecine qu'il cultivait lui* même.. Il invita le célèbre Erasme, avec qui il entre* tenait une correspondance suivie , à venir à Liège ; mais Evrard s'était montré intolérant, persécuteur, et ce savant qui blâmait de pareils excès, se refusa à toutes ses sollicitations. Il encouragea le commerce et l'industrie.

Considéré uniquement comme prince, cet évêque peut être regardé comme l'un des plus habiles administrateurs qui aient gouverné le pajs de Liège, où il

dut rétablir l'ordre , la police et les finances en éteig'» nant les dettes; mais sa sévérité, son fanatisme religieux et sa cruauté ont terni ce long règne , que les historiens liégeois se sont plu à peindre sous de si brillantes couleurs, malgré les troubles et les com* motions populaires auxquels il donna lieu par son dévouement aveugle au système politique et religieux de Charles V, qui le paya de retour après sa mort, en imitant servilement cet évêque dans une de ses aberrations desprit.

En effet, par une bizarrerie dont on a peine à concevoir le motif, mais depuis imitée par Charles V, Evrard , de sou vivant , était dans Tusage de faire célébrer solennellement chaque année, ses obsèques dans Téglise cathédrale de St.-Lambert ; et durant tout le temps qu'on chantait l'office des morts pour le repos de son ame , il se tenait en posture de mort dans un cercueil recouvert , placé au milieu de l'église.

n mourut le 16 février 1538, des suites d'une indigestion causée par un excès d'huîtres après avoir soupe.

M. Simon Pirnéa est l'auteur d'un éloge d'Evrard de la Marck, que la Société libre d'Emulation à Liège, a couronné en 1783.

* 1540. ZUTMAN (Henri), habile orfèvre et ciseleur de Liège ; il était fils du sculpteur de ce nom. On lui est redevable du bmte de St.-Lambert qui surmonte la chasse de ce saint , que l'on expose à la vénération des fidèles dans l'église St.-Paul à Liège. lia eu deux fils qui se sont distingués dans l'orfèvrerie et la ciselure.

* 1540. SUAVIUS (Lambert), peintre et graveur, reçut le jour à Liège et florissait dans le même temps que son frère, Henri Zutman, dont il est parlé cidessus. Il se forma à l'école du célèbre Lambert Lombard qui épousa sa sœur. Suavius a gravé la plupart des tableaux de ce peintre , dont il savait faire passer

toutes les pensées sqr le cuivre , avec une finesse et une fidélité qui rendaient loriginaL On a de lui :

Y La résurrection du Lazare.

2"* Les douze apôtres^

3** Les statues des Sibylles.

k"* J.^C. mis doms le tombeaui

b"" St. Pierre et St. Jwn guérissant les boiteuof à la porte du temple»

6** St. Paul occupé à écrire,

l"" La fuite du Sauveur et des douze apôtres.

S** La charité entourée d'en fans.

Il parait que Sq^yius transporta hors sa patrie , son industrie et ses talens. Il est plus copnu aujourd'hui par ses estampes que par ses tableaux. Vasari en parle comme à^xmeapcelknt graveur dans s0s Vies des peintres* Le Dictionnaire des Graveurs en jTs^it mention. SaiH drart le confond aveq Lambert Lombard,

1540. LDDE(ilmot//rfe), né à Ton grès et mort à Liège. 11 fut chanoine de Cologne et précepteur de Tévêque de Liège, Evrard de la Marck. 11 a publié les écrits suivans :

1** Traité sur 43 propositions èuspectes d'hérésie, tirées du livre de Jean Capnion.

2** Condamnation raisofinée de 22 propositions renr ferm,ées dans le Thalmud.

3'' Réponses à 53 articles proposés peur Jean Cap* nion pour justifier le Thalmud.

4"" Commentaires sur les évangiles de SSé Jean et Mathieu.

On conservait de lui plusieurs pièces inédites , entr'autres, des notes sur les satyres de Juvénal et quelques poésies.

1540. MATHIAS de Malmédy, moine bénédictin de l'abbaje d'Orval au diocèse de Liège, littérateur sacré et profane. Il a écrit la Chronique des comtes de Chmy ,

(mvrage. inédit, dont le manuscrit original se trouvait encore dans les derniers temps à la bibliothèque de l'abbaye d'Orval.

* HARCHON (/eon), orfèvre et ciseleur liégeois.

* IK)UBART (Jean)j orfèvre et ciseleur contemporain de Marchon.

* 1541. THOMAS (Hubert), littérateur, jurisconsuite et historiographe , né à Liège. Il fut d'abord assesseur à la chambre impériale de Worms , et ensuite conseiller intime de Louis, électe\ir palatin, et de Frédéric II, son successeur. Ce dernier l'envoya en qualité d ambassadeur auprès de Charles Y, de François P' , de Henri VIII , et de la plupart des petits souverains d'Italie. Il a publié :

V De Tungriê et Eburonibuê ^ aliisque Inferioris Germaniœ populis « Huberti Thomœ commentcmus. Strasbourg, 1541 , in-8\

C'est un ouvrage assez bien écrit, très-libéral, mais sans critique. Hubert Thomas tire l'étymologie de la ville de Liège (Leodium) d'un personnage de TOdyssée d'Homère, nommé Leodes. Selon lui, le fils de ce Leodes serait venu , après le siège de Troie , se fixer sur les bords de la Meuse, où il aurait bâti une ville à laquelle il donna le nom de son père.

De plus , Hubert ne craint pas d'avancer que la mer baignait autrefois les murs de la ville de Tongres qui avait alors un port; et il assure que de son temps on voyait encore attachés , aux murailles de cette ville , les anneaux de fèr auxquels on amarrait les vaisseaux qui y abordaient.

Le célèbre Bufibn s'est appuyé de cette assertion , dénuée de preuves , pour avancer lexistence d'un port de mer à Tongres.

2"" Histoire des tumultes excités par les paysans i Allemagne.

^""Huh. Thomœ , de vitâ et rébus gesiis FrjBdertei //, dectoris palatini y libri XIV. Francfort, 1624,111-4".

4° DescHption des édifices de Frédéric II , électeur palatin.

5" Antiquités ds Heidelberg.

%* Relation de la guerre faite à l'électeur de Trêves par Siekîngen.

* 1542. BRUSTHEM {Jean), religieux franciscain, né<àSt.-Trond en Hesbaye. Il a laissé :

1** Hes gestœ episcoporum leodiensium et ducum Brabantiœ à temporibus S. Materni ad ann. 1542, in-4\ Cette chronique, qui est restée inédite, fut dédiée par l'auteur à Georges d'Autriche , évêque de Liège.

2/* Catalogûs et acta episcoporum leodiensium , prindpum, tungrensiu/m , duxium quoq'iie . brabantiorum à Joanne Brusthemio collectore, In-4**,

3** P. Joannis Brusthemii Trudon. Ord. FF. M. continuatio historiée leodiensis, authore Joan. StabuUto ab anno 1456 adann. 1538. In-folio.

1542. CLÉNARD ou KLEINAERTS (Nicolas) , l'un des plus savans hommes de son siècle , naquit en 1493, à Diest , ancienne ville du comté de Looz au pays de Liège. Il enseigna les langues grecque et hébraïque dans les Universités de Louvain et de Salamanque. Pour mieux se familiariser avec les langues vivantes, il voyagea en France, en Espagne et en Portugal. Vers Tan 1540, il passa en Afrique pour apprendre l'arabe et faire empiète de livres écrits en cette langue pour en enrichir les bibliothèques de l'Europe. Il s'appliqua à traduire la Bible en arabe , et parvint à acheter un assez grand nombre d'ouvrages. Son désir de convertir au christianisme les habitans du pays, lui attira diverses persécutions du roi de Tanger, qui l'obligèrent à se sauver pour éviter la mort, sans pouvoir emporter

avec lui toutes les richesses littéraires qu'il était parvenu à amasser à grands frais. Il mourut à Grenade. On a de lui :

VIVicolaï Clenardi tabula in grammaticem hebrœon à Joh. Quinquarboreo emendata , a^cessere Jo.às et ùiL Genebrardi Scholia et nonnulla ex prœlectiombus Jo. Mercert animàdvers. Paris, 1564, in-8". Celte grammaire qui eut beaucoup de cours est encore estimée des savans : elle a été d'un grand secours aux solitaires de Port-Royal pour rédiger leur méthode grecque. Vossius en a publié une édition à Amsterdam, en 1650, in-8°, réimprimée à Leyde en 1740, in-8".

2° Institutiones ac meditationes in grœcam linguam cum scholiis etpraxi P. AntesignanL Lyon , Gryphius , 1581 , in.4^

3** Nie. Clenardi peregrinationum ac de rébus ma^ hometicis epistolœ elegantissimœ. Louvain, 1550, in-S^ La meilleure édition est celle de 1606, in-8*, où se trouvent quelques additions.

4" Nicol. Clenardi epistolarum librï dtu). Anvers , Plantin,1566,in-8".

5"* Des fables hébraïques.

1544. CORDIER {Guillaume), moine de l'abbaye de Lobes , poète latin.

1545. RESSIUS {Rutger), savant professeur de langue grecque à l'Université de Louvain, né à Maseyek, ville du comté, de Looz. François I", roi de France, désirant le fixera Paris, employa en vain tous les moyens pour y parvenir; Ressius ne voulut jamais se décider à quitter Louvain, où il avait établi une imprimerie dès 1524 , pour laquelle il s'associa quelque temps, Jean Sturm, qui avait étudié à Liège, parlait fort bien le grec, et devint plus tard un savant médecin et jphilosophe. Il acquit de la renommée pour ses éditions grecques dont les principales sont :

V De9 inêtiiutions du droit des Grecs par Thêophih, LouTain> 1536*

2" Des Aphorîsmes d'Bippocrate. Ibid , 1533«

3" Deif lois de Platon.

Erasme rend un hommage bien flatteur à Térudition et aux mœurs de Ressius , dans une lettre qu'il écriTait à Jean Robin » doyen de Halines ; Doctior an inveniri possit nescio , verte diligentiorem ac moribus puriorem vix ùvDçnies.

* 1545. KNAEPS (Joannes) , plus connu sous le nom de SERVILIUS, naquit à Werdt.. ville du comté de Bornes , depuis pays de Liège. Il se fixa à Anvers. On a de ce savant grammairien :

1" Geldro-Gallica conjuratio in totius Belgicœ chr risstmam civitatem Âniuerpiam, duce Murtino Rosheymio. Conscripta à Jo. Servilio. Anvers, 1542 , in-8'.

Cet ouvrage a été traduit en italien par François Strozzi. Vinegia , 1548 , in-8**.

2" Invictissimo Cœsari Carolo Q. post longa suomm vota ea Hispaniis in Brabantiam reduci, oratio co»gratulatoria Jo. Servilii. Anvers, 1545, in-12.

3° Pa^e belloque rerum olim magnificè gestarum. Anvers , 1541 , in-12.

4° Dictionnarium triglotton; latin, grec et flamand. Amsterdam , 1600, i];i-l2.

5^ De mirandis antiquorum operibus. Lubec, 1600, in-4''.

1 547. AUGUSTINO, Vénitien , médecin de Henri VIE, roi d'Angleterre. D est le premier étranger marquant qui ait fréquenté les eaux de Spa. Son séjour dans ce bourg a sans doute contribué à donner de la réputation à ses eaux minérales.

* 1547. DUBAN {Pierre), de liége , littérateur. H a traduit en français les OEuvres magiques de Henri Cor»

mi% Agrippa, réimprimées plusieurs fois. Liège, 1547, in-12 avec 154 figures.

1547. PEUTINGER (Conrard) , écrivain et savant antiquaire allemand. On lui est redevable de la Carie descriptive de t Itinéraire d'Antonin , indiquant le parcours et les distances des anciennes voies romaines qur traversent le pays de Liège et les contrées voisines.

* LâiNGERENUS , chorographe belge peu connu , cité dans Y Histoire du comté de Looz par Mantelius. n a publié une carte de la Belgique et du Brabant des plus curieuses pour la connaissance des lieux habités par les Francs-Saliens dans la Campine.

1548. PLACENTIDS {Jean-Léon), religieux dorainicain, né à St.-Trond en Hesbaje. Il passa la plus grande partie de sa vie à Maestricht , où l'on croit qu'il mourut. On a de lui :

V Catalogus omnium antistum, Tnngrorum,, Tror jectenstum^ et Leodiensium. per Jo. PlacenUum» Anvers, Guill. Yosterman , in-12 y 1592 , et Amsterdam 1633 , în-24.0n le trouve aussi dans le Berepublicd Leodiensi de Boxhorn. Mélanges histor. et littéraires de M. de Yillenfagne, page 290 etsuiv. Liège, 1810, in-S".

Ce catalogue qui se termine à Evrard de la Mardc n'est qu'un recueil de toutes les fables rapportées dans les anciennes chroniques.

2* Pugna porcorum. Anvers, 1530, in-8'*. Louvain, 1546. C'est un poème tautogramme de 253 vers , dont tous les mots commencent par un P. L'auteur s'y cacha sous le nom de Publius Portius ; son style est digne des héros qu'il chante. Placentius n'est pas le premier qui se soit amusé aux fadaises de vers leitrisés. Sous Charlesle-Chauve, Hubaldus, moine bénédictin du monastère de St.-Amand en Flandre, fit un pareil poème en l'honneur des chauves , dont tous les mots commencent

par un C ; ils ont été imprimés ensemble à Louvain en 1546. Ces deux ouvrages sont insérés dans Nugœ vénales ,. sive thésaurus ridendi et jocandL Anvers , 1720, in.l2.

* 1550. HARDY {François et Gilles) , peintres liégeois. Ils ne tardèrent pas à abandonner le ton sec et dur de la vieille école , pour imiter le bon goût de Lambert Lombard. Ces deux frères avaient acquis de la réputation dans leur art; mais nous ignorons les circonstances de leur vie , et les tableaux qu'ils ont laissés.

1550. V!LES {Henri de) f peintre, né à Bovines, près de Dinant , en 1480. Il se forma sans maître , et devint habile paysagiste. Plusieurs artistes, plus fidèles à un goût particulier qu'aux règles du bon sens , se sont plus à multiplier dans leurs tableaux des objets insignifians. Henri de Blés était de ce nombre : il peignait dans presque tous les siens une Chouette , et ces tableaux qui reçurent^ leur dénomination de cette particularité bizarre , furent recherchés ^n Italie. L'imagination singulière de Henri de Bles se fit surtout connaître dans un paysage, où il représenta un Porte^balle endormi sous un arbre , tandis qu'une troupe de singes s'emparent de sa boutique , et en étalent les différens bijoux à des branches d'arbres. On cite encore de lui un tableau représentant les Pèlerins d*Emmaûs , composé dans ce mauvais goût qui dépare un si grand nombre de tableaux. On y voit plusieurs actions , qui n'ont pu , selon Tordre chronologique , être simultanées. Tandis que les pèlerins sont à table avec le Christ , la passion est représentée toute entière dans le fond de la composition. Cet artiste est mentionné ici , parce qu'il se fixa à Liège , où il mourut en 1550, à l'âge de soixante-dix ans.

1550. BOGAERT {Adam)^ fils de Jacques, naquit

à Louvaiiï en 1486 , où il professa la médecine avecr distinction dans l'Université de cette ville. Après la mort de sa femme, il prit l'habit clérical et fut pourvu d'un canonicat de Téglise St. -Pierre auquel était annexée une chaire de médecine qu'il remplit pendant trois ans. Il fut recteur de l'Université. Dégoûté du monde , il le quitta pour entrer dans l'ordre de Saint- François,, et fut nommé gardien du grand couvent des Recollets de Louvain , ou il vécut d'une manière édifiante. Bogaërt n'a laissé que :

1® Epistola ad Petrum Bruhesium ,. qui se trouve dans lesr Gonnlia variorum de atkriitdis preservattone etcuratwnej par Henri Garet. Francfort , 1592 , in-8". Il traite dans cette lettre des moyens de guérir la goutte.

2" Dèn Spiegel der deugden van Jésus , Maria , Joseph, etc.,door VandenBogaërL Aiïyers^ 1676,in-8".

* 1551. LAET {Gaspard de) y né k Looz-le-Château , au comté de ce nom, est le fils de Jean de Laët, astrologue liégeois. Il étudia d'abord les mathématiques et ensuite la médecine à l'Université de Louvain , où il fui reçu docteur en 1512. On ignore les circonstances de sa vie ; on conjecture seulement qu'il termina sa carrière à Rouen en Normandie. On a de lui seulement une espèce d'almanach , intitulé : Prognostication de Louvain pour Tan de gràceMJd.XJL. (1540). Le dernier que l'on connaisse porte : Prognostication pour tan de grâce 1551. Mouen.

LKEÏ {Jean de) , d'Anvers, mort en 1649 , fut directeur de la compagnie des Indes occidentales. On ne sait presque rien de sa vie. Habile dans la connaissance des langues , de l'histoire et de la géographie, il a publié plusieurs ouvrages estimés :

V Novus orbis , seu descriptionis Indiœ occidentalis libri XVIII. Leyde, 1633, in-f°. Traduite en français, Leyde , 1640 , in-f% en flamand , Lcyde , 1644, in-f".

Cest un résumé judicieux de tout ce que les auteurs les plus avérés avaient écrit sur T Amérique. On y trouve des détails intéressans sur Thistoire naturelle.

2** Degemmis et laptdibus libri dvx). Quibus prcemiU titur Theophrasti liber de laptdibus , grtJecè et latine cum brevibus annotationibns. Leyde , 1647, în-&*.

On lui doit une édition de VHistoirê naturelle dà Brésil par Guillaume Lepois et Georges Màrcgràvé (Leyde , 1648 , in-f"), et une autre de Y Histoire naturelle de Pline (Leyde, 1635, 3 vol. in.l2).

1552. H ASSELS (/ean) , né à Liège, professa avec la plus grande distinction la théologie à TUniversité de Louvain. Charles V l'envoya au Concile de Trente. C'est par erreur que le cardinal Palavicin l'a confondu avec Jean Hessels mort en 1563. On trouve dans le recueil des inscriptions publié par Swertius, l'épitaphe de Hassels, où on lit ces deux vers :

Trtdeatiiin GracRis à Gœsare missùs Athénis , Hio procùl à |)atriâ conditur Hs^sselius.

Gravius savant docteur de Louvaih nous apprend que Hassels qu'il place après Tapperus , Driedo et Latomus, était très-habile en toute sorte de sciences , mais principe^lement dans la théologie. Il fit conïiaitre sa grande érudition -, la connaissance qu'il avait des trois langues et son éloquence, dans la seconde assemblée du Concile de Trente, où il mourut au mois de janvier 1552, fort regretté des Pères de ce Concile.

On attribue à ce savant le Commentaire sur les épUres de St. 'Paul, publié sous le nom de Sasbouth.

1554. CRABBE {Pierre), en latin Crabbùis , religieux franciscain , né à Malines , diocèse de Liège , en 1470 , y mourut le 30 août 1554, après avoir passé par les premières charges de son ordre. Nous avons de loi une collection des Conciles en 3 vol. in-P dont les deux

premiers parurent à Cologne , en 1538 , et le troisième en 1552; Surius j en ajouta un quatrième en 1567. Réimprimé à Venise , 1 583 , 4 vqL in-f*. Ce recueil est beaucoup plus ample que celui de Merlin , mais il est inexact dans sa chronologie ; on peut voir la critique qu'en a faite le docteur Salmon, dans son Traité ck i étude des Conciles, p. 477.

1555. POLEUR (Jeavi^Jacques) , littérateur et écrivain liégeois peu connu.

1555. ENCHEVOORT {Guillaume), Liégeois , chanoine de l'église de Sl.-Lambert et cardinal. Le pape Adrien VI dont il avait été le condisciple à l'Univetsité de Louvain , et qui lui avait toujours donné des preuves d estime et d'amitié malgré leur séparation , lui envoya, se trouvant à l'article de la mort , son chapeau de caN dinal. Ce pape ne créa que deux cardinaux durant son pontificat ; et tous les deux étaient du pays de Liège. Enchevoort fit ériger à Adrien VI un mausolée de marbre enrichi de superbes sculptures et de magnifiques ouvrages en bas-relief , qu'il plaça dans l'église de Ste.- Marie des Allemands à Rome , avec une inscription assez longue , consistant en un sommaire de sa vie et de ses dignités.

* 1555. BOULONGNE (Jacques de), né à Liège. ïl a laissé des poésies françaises qui ont été recueillies et imprimées à Anvers, en 1555 , avec celles de Gilles de Boileau. C'est le seul poète français du pays de Liège, qui soit mentionné dans les bibliothèques de Du Verdier et de La Croix du Maine.

1556. BOUILLON {Robert de la Marck IV, maréchal de), membre de l'état noble, épousa Anne de Brézé , comtesse de Maulévrier , fille de Diane de Poitiers, maitrei^ de Henri II, roi de France; on l'appela dans sa jeunesse le seigneur de Fkuremges , ensuite

le maréchal de la Marck, enfin le maréchal de Bouillon. II mourut en 1556, chevalier de Tordre du roi et capitaine de cinquante lances. Capitaine des cent Suisses de la garde ordinaire du roi, à la place de son père, en 1537, son fils, Henri Robert de la Harck, en 1541 , et son petit-£ls, Charles Robert, en 1550, eurent la même place. Il fut créé maréchal de Frajice en 1547, dans la même années le roi ayant formé trois départemens dans le royaume , pour le maintien de la discipline des troupes, le maréchal de Bouillon eut, dans le sien , la Bourgogne , la Champagne , la Brie et les' pays enclavés dans ces provinces. Il rendit , en 1550, au pape Jules III, l'obéissance filiale, au nom du roi, dont il était ambassadeur. En 1552, il servit à la prise de Metz ; reprit le château de Bouillon , et toutes les auti'e» places de son duché, trente ans après l'usurpation de Charles V. Le roi lui accorda le rang de duc en France , et le fit lieutenant-général en Normandie. Chargé de défendre Hédin, en 1553, il employa sa garnison , et s'employait lui-même à réparer les brèches , et à faire des retranchemens ; malgré tous ces travaux, que le cahon de l'ennemi rendit inutiles, il fallut capituler. Les assiégeans prévinrent la capitulation , forcèrent et pillèrent la ville , prirent le maréchal, et le conduisirent à l'Ecluse en Flandre. Il y demeura jusqu'après la trêve, conclue à Vaucelles, le 5 février 1556 , et mourut quelques jours après à Guyse , se croyant empoisonné par les Espagnols. Robert fut l'un des députés envoyés aux Rivageois pour écouter leurs griefs , et ensuite porter la sentence prononcée contre les coupables.

* 1556. HOLONIUS (Grégoire), poète tragique latin , né dans la principauté de Liège. Il fut maître d'école de la collégiale de St.-Barthélemi à Liège, et se chargea ensuite de l'éducation des enfans de Charles, baron

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