IS
deBerlaimont, chevalier de la Toison-d'Or , dont l'un des fils fut chanoine de la cathédrale et abbé de Dinant. H est Fautçur de trois tragédies latines, qu'il fit pour l'instruction et en faveur de la jeunesse du collège Bartfaéloméen , et ne les publia que 9 ans après les avoir écrites :
P LeocUemis La/mbertiaê , dont le sujet est tiré du martyre de St.-Lambert.
2'' Laurentias , ou le martyre de St.-Laurent.
3*" Catharina, ou le combat de Ste.-Catherine. Elle a été traduite en français par Léonard Falœsius.
Ces trois pièces ont été imprimées séparément et non pas ensemble , ainsi que Tinsinue Paquot dans ses Mémoires littéraires , à Anvers , par Jean Bellere , en 1556. Comme elles sont toutes de même format , iQ-8°, on les rencontre souvent réunies dans un même volume.
L'épître dédicatoire à Charles de Berlaimont, qui se trouve au commencement de la tragédie de St.-Lambert, renferme des réflexions très-sensées sur la tragédie.
* SPRIMONT ( Jean) , auteur liégeois.
1556. MORINGIUS ( Gérard), né à Bommel danâ le duché de Gueldre , professa la théologie au collège de Sle.-Gertrude à Louvain , et fut ensuite nommé chanoioe et curé de St.-Trond en Hesbaje , où il termina ses jours dans lexercice de ses fonctions. On a de ce docteur les ouvrages suivans :
1° Definitio qfuestionis , utrum oporteat ecclesia^ticos pauperes esse? Anvers, 1530, in-8^
2" Yita HadiHani VI Pontif. Maxim. Louvain , 1536, in-4". Elle est insérée dans les AnalecCes historiques d Adrien VI, par G. Burman. Utrecht, 1727.
3" Vita S. Trudonis confessoris apud Hasbanos. Fito S. Libertiet S. Eucharii. Louvain, 1540, in-4^
4" Ftte S. Angusîmi. AnTcrs , 1 563 ^ fe-8* , avec /er ntmotatUms de Sanderus. Anvers, 1644, in-S".
ô'*' Comvnenta/rius in ecclesiaêtem. Anvers , 1&33 y
Les ouvrages saivans sont restés en maiitlserit à ht bibliothèque de labbaje de St.-Trond.
0* VUœ SS^ Antonii et Guiberti Oemblaeenêù.
7* Prœcepta vttœ honestœ.
%" Chronicon Trudanense ab anno 1400 uêqtse ad ann. 1555.
* 1557 BOILE AU ( (riZfe* de J9îr«wm),^comiiiissaîre et contrôleur de Cambrai y durant fes guerres , et auteur de quelques ouvrages et de plusieurs traductions » reçut le jour en Lorraine, selon La Croix du Maine,, et selon d'autres écrivains, en Flandre. Sarfmnillc était originaire du pays de Liège. Il a traduit de Tespagnoï en français les Commentmres^ d^ seigneur don Loy»^ dAvila et de Cuniga , grand commandeur dAlcaniarâ,. contenant les guerres d Allemagne faites par Vefmpereur Charles^Quint^roides Espagnes, èz-années 1547 et 1548, a'^ec annotations très^doetes, et schoUes du iraductetir, servant à la discipline militaire, et à plus ample mf-elligence de ladite guerre, Paris 1 551 , in-S**! n a aussi traduit du latin les livres d'Albert Duter louchant la fortification , et les mémoires de SIeidan sur la tactique et la levée du siège de Metz , en 1552 ; mais on ne sait s ils ont été imprimés. Il a écrit sous le nom de Darinel, berger fameux des Amadis, la Sphère des detix mondes, avec un êpithalame sur les noces et mariage de très-illustre et sérénissime prince don Philippe, roi d'Angleterre, commentés, glosés, et enrichis par lui de plusieurs fables poétiques. Anvers, 1555, in-4*. On trouve dans ce même recueil , les poésies françaises de Jacques de Boulongne. Il a traduit de Tcspagnol le 9" livre d* Amadis de Gaule, pour servir de suite
aui huit premiers traduits par Nie. dlïerberey, sieur des Essarts. Cette traduction , qui a paru depuis sous le nom de Claude Collet , Champenois , fut d adord imprimée sous son nom. Paris, 1551 , în*-foI. , pour Vincent Sertenas , et par lui dédiée à la reine Marie de Hongrie, de Boh^ne^ infcmte d* Espagne, régente et gouvernante pour f empereur en ses Pays-Bas, ainsi qa il en parle en la préface de son livre de la Sphère îes deuœ mondes, où il se plaint amèrement de l'usurpation de Claude Collet , qui s'était approprié sa traduction. Il passa deux années à Liège, dont il loue beaucoup les lois, Vadministration et la police. Ce fut sans doute , durant son séjour dans cette ville , qu'il a, comme il le dit , raconstré un petit nos statuts et ors donnances, et corrigé V orthographe assez mal parée ^ et qu'il écrivit nu Traité des causes criminelles , castrait des lois impériales. Anvers, 1555, in- 18; réimprimé à Ljon , 1570. Cet ouvrage très-intéressant est dédié aux majeurs et aux quatorze échevins de la ville de liége, auxquels il rend grâces de la protection par eux accordée, tant à lui qu'à ses ancêtres, qu'il nous apprend, dans cette dédicace , être Liégeois. Boileau a^ait beaucoup voyagé ; il était versé dans la connaissance de plusieurs langues. On a sous le nom de Gilles BulHon , Belge , une carte géographique de la Savoie, publiée à Anvers et à Amsterdam, 1613 et 1619, in-folio.
Nous ignorons s'il faut attribuer au même : Diogène de Laérce. De la vie des philosophes ; traduit par M. B» (QUk^ de Boileau). Paris , 1668, 2 voL in-12.
1557.M££FF {Guillcmme de) , surnommé Champion ^ naquit à Liège sur la fin de l'autre siècle , de Michel de MeeiBf et d'Isabeau de Vivegnis. Il fut successivement levètu de plusieurs dignités importantes , et nommé deux fois bourgmetstre de la cité , en 1544 et 1550.
Durant le séjour de Charles V à Liège , en 1544 , il fut présenté à l'empereur qui le reçut avec distinction. Il mourut à Liège le 5 septembre 1 557.
En 1531 , de Meeff étant greffier de la cité, fut chargé d'accompagner les seigneurs d'Aremberg et de Waroux , députés par le conseil-, pour communiquer aux Rivageois les décisions prises à leur égard. Ce fut encore lui qu'Evrard désigna pour transmettre aux insurgés la sentence portée contre eux par le peuple.
Cette insurrection des habitans riverains de la Meuse, vulgairement appelés Rivageois , est un des épisodes les plus curieux du règne d'Evrard de la Marck , qui donne un démenti formel aux éloges outrés prodigués à ce prince.
La réforme avait pénétré de bonne heure dans le pays; aux griefs religieux des nouveaux sectaires vinrent se joindre les plaintes adressées à l'évêque, touchant l'abandon de l'alliance française et les nouveaux traités conclus avec Charles-Quint ; en 1521 , il y eut même à ce sujet, quelques troubles dans la cité, mais l'évêque parvint à les réprimer ; on se débarrassa des factieux en les faisant jeter à la Meuse.
D'autres tentatives avaient eu lieu , sans plus de succès , les années suivantes. Toutefois , Evrard qui venait de promulguer dans son diocèse les édits impériaux contre les hérétiques , rencontra dans les métiers un esprit d'opposition auquel il ne s'attendait pas. Ils autorisèrent les enquêtes contre les nouveaux religionnaires , mais ils firent en même temps défense de procéder contre eux autrement que d'après les lois et franchises du pays. Mais l'intolérant évêque , fort de l'appui de l'empereur, méprisant la volonté çxpresse du législateur , fit poursuivre et torturer tous ceux suspects ou dénoncés. Des bûchers furent dressés , et les personnes imbues des nouvelles doctrines , furent arrachées à la juridiction des échevins , livrées au tri-
bunal de Vofïîcialilé, et on en fit brûler vives un assez c^rand nombre.
La misère du peuple, suite de la disette de grains qui eut lieu dans toute la principauté de 1525 à 1531 , et que la populace reprochait hautement à l'évêque et au conseil de la cité comme provenant de leur négligence , vint encore ajouter à tous les fermens de discordes. Le mécontentement des Rivageois, en particulier, prit un caractère alarmant, et se changea bientôt en une violente émeute,
Cruillaume de Meeff , témoin oculaire de ce soulèvement populaire , en écrivit l'histoire , à la demande des bourgmestres de la cité, mais son travail était resté inédit jusqu^à ce jour. M. Polain, archiviste de la province de Liège , vient de le publier sous le titre suivant, etla fait précéder d'une courte notice pleine d'intérêt:
La Mutinerie des Rivageois par Guillaume de Meeff. Liège , Jéunehomme frères , 1835 , in-8".
1558. BRECHTUS (Levinus)^ de l'ordre des frères mineurs , naquit à Anvers , et mourut gardien du couvent de Malines (alors encore diocèse de Liège), le 19 septembre 1558. Use distingua par son talent pour la poésie. Il composa à Louvain une tragédie en vers latins , intitulée Euripe , ou de V Inconstance de la vie humaine. Elle fut représentée , en 1548 , par des écoliers, avec un grand succès de collège, et livrée ensuite àlimpression. Louvain, 1549 et 1650, in-1 2; Cologne, 1555, 1556, 1568, in-12. On a du même auteur: 1° Silva piorum carminum. Louvain, 1555, in-8**. 2** L'histoire de St.-Marc et de St.-Marcelliri , la vie de Sl.-Lambert., et celles cjie plusieurs autres saints , sous ce titre : Memorabilis historia , contplectens agones illustrium aliquot martyrunt. Louvain, 1551^ in-8'*.
* 1558. BONONIUSou BOULOGNE (Je«w), premier greffier du conseil ordinaire à Liège, littérateur et
architecte. Il sadoqna à l'étude de rhistoire du pays, et cultiva avec succèslarchitecture , art dans lequel il s W quit de la réputation à Liège. Il vécut dans le même temps que Paul de Rickel dont il fut peut-être le disciple.
1558. CHARLES V, roi d'Espagne, souveraindes Pays- Bas, et enlpereurd' Allemagne. Evrard de la Marck qui avait tai]\t contribué par son crédit et son habileté à lui obtenir la couronne impériale , ayant abandonné 1 al*< liance de la France , Charles pour conclure avec lui un traité , qui devait détruire le principe de neutralité de la part du pays de Liège dont il voulait s'attirer l'amitié, convoqua un congrès à St.-Trond où il délégua, de $£| part , la princesse Marguerite , sa tante , Chai;les de Croy , prince de Chimay, Antoine de Lalaing, seigœur de Montigny, et deux dç ses conseillers pour traiter avec révêque , qui , de son côté , se rendit à St.-Trond au mois d'avril 1518, avec Robert de la Marck, son frère, seigneur de Sedan et duc de Bouillon , et un grand nombre de seigneurs et de membres des États.
Les conférences furent terminées par un traité conclu du consentement de l'èvêque et des États de Liège, entre le roi d'Espagne et les seigneurs de la Marck. Les principales conditions furent que Févéque Evrard et son frère Robert jureraient a/mitié et bon voisinage au roi Charles et à ses successeurs ; que leurs ennemis seraient communs et qîiils s'assisteraient mutuellement de toutes leurs forces ; que tévéquene céderait son évéché quà Philippe, son neveu ^ fils de Robert, ou à celui qui serait plus agréable au roi; et que sous aueun prétexte ^ on ne pourrait nommer un successeur à l'évéque Evrard, qui pût être suspect au roi; que si les seigneurs de la Marck venaient à être attaqués à l* occasion du présent traité , le roi les défendrait de toutes ses forces, et qu^ sij d'un autre côté , ces seigneurs en étaient requis^ *fe assisteraient réciproquenient le roi d Espagne.
Pour oomjpéDser les désavantages qui résultaient pour le pays d'un pareil traité , Charles ratifia et confirma tous ses anciens privilèges , et accorda rétablissement du Conseil ordinaire,
Charles vint à Liège en 1520, où on lui fit des prësens. 11 emmena avec lui Evrard de la Marck à Aix-la-Chapelle, ou il fut sacré et couronné empereur.
Durant le règne de ce monarque, les évêques de Liège ne furent que ses créatures et ne gouvernèrent le pays, que selon son bon plaisir.
Le pape Léon X avait soumis, en 151 5 , la presse à la censure. Charles Y fit publier des édits atroces dans les Pays-Bas , qui condamnaient , au feu , les hommes atteints d^hérèsie , et les femmes à être enterrées toutes Tives. François P' imita bientôt cet exemple. Dès lors on ne vit plus en Belgique, en France, au pays de Liège et en Allemagne , que proscriptions sanguinaires contre les novateurs.
Charles asservit la principauté de Liège à la maison d'Autriche , et ne lui causa que des maux. Il obtint un èdit à la diète de Worms en 1521, proscrivant dans tout Tempire la reforme de Luther , et défendai^t à qui que ce soit , sous peine de crime de Uze-ancyesté^de rien imprimer ou vendre , sans le consentement de l'évéque ou de son vicaire ; et ordonnant à tous officiers publics, de déchirer et brûler publiquement tous les écrits en contravention.
Ce monarque après avoir fait élire son frère Ferdinand roi des Romains , lui céda Tempire et abdiqua la couronne d'Espagne en faveur de Philippe son fils. Il se retira au monastère de St.-Just. Ayant eu la fantaisie de faire célébrer ses obsèques à limitation d'Evrard de la Marck, il se mit dans un cercueil, au milieu diï chœur, mais la fatigue de cette cérémonie lui donna une fièvre violente qui le mit au tombeau. On lui doit : 1* Formula reformationis per Caro--
'htm V êêaUb%ê9 eceiimastiàig m oonuHm AuguêtatM preponta. Louvata, 1549;
2® Ordonnance dé Charles^ Quint renouvelée tfn 1 550<, contre les hérésies, avec h caùnloffue des livres reprou^ vés, et celui des bon» livres qui se devront lire et ensep^ gner aux écoUers par avis de t Université de Ixm'vain^ Louyain , 1560 , cwm notisetobservationibus mss. ii>4*«
*1559. RUREMONDE (Jean-Guillaume de) , fils d'un prêtre de révêehé de Liège, se prétendit appelé à relever lanabaptisme , que Corneille de Berg avait proscrit dans tout son. diocèse, où un grand nombre dana^ baptistes exilés d^ Angle terre étaient venus se réfugier^ durant son épiscopat. Ruremonde prêchait la pluralité dea femmes, et permettait le vol et }e larcin pour les nourrir. Cette singulière doctrine lui attira un grand nombre de prosélytes, qui massacrèrent les nobles. Durant cinq ans , ces sectaires ne causèrent que des troubles et dea séditions sans qu'on pût les appaiser. Ruremonde ayant été surpris , fut renfermé au château de Dislaken, au duché de Juliers; mais il ne tarda pas à corrompre ses gardes , et vécut de nouveau avec ses femmes comme par le passé. Guillaume , duc de Qèves, voulant mettre fin à de pareils désordres, envoya des troupes contre lui, qui le firent prisonnier; il fut enfermé et resserré plus étroitement. On lui fît son procès, et ses juges le condamnèrent à être brûlé à petit /eu avec deux, de ses femmes, qui, à Finstar dé ses autres disciples, ne voulurent jamais abjurer la doctrine de leur maître.
1560. RICKEL {Paul de), architecte liégeois. II joignait à une conna^sance étendue dé son art une grande hardiesse dans ses entreprises. Il répara et embellit les remparts et les partes de la cité. Plusieurs édifices publics furent exécutés par lui et sur ses plans, n s'oecupait à restaurer entièrement Téglise collégiale
de St.-Hartin à Liège , lorsqu'il fut assassiné par queU ques collègues jaloux de ses succès.
* NTVAR (Jean) , Liégeois , habile peintre sur verre.
* PIRONET (Nicolas)^ contemporain du précédent » se distingua aussi dans la peinture sur verre.
M560. BOULOGNE(OZ;t;i^r),ouBONONIUS,littérateur, architecte » né à Liège. Il remplit le premier, les fonctions de greffier du conseil ordinaire, institué sous le règne d'Evrard de la Harck ; il dut cette charge à ce prince, qui en faisait un cas tout particulier. C'était en effet un homme laborieux , très-versé dans l'histoire du pajrs , pour laquelle il avait ramassé des matériaux que ses héritiers conservaient encore au 17* siècle. Boulogne fut le contemporain de Paul de Rickel , et peut-être son disciple; du moins il cultiva l'architec*» ture, et acquit de la réputation dans cet art. Il fut chargé de débiter, en 1540, le missel à Tusage du diocèse , imprimé cette année à Paris , sous le titre suivant : Missak ad usum insignis ecchnœ leodienri9, etc., in-fol. avec figures en bois»
*1561. PASTURA. {Joannes de), prieur de l'abbaye de Genibloux , est l'auteur de :
V Vie de F empereur Charles V; elle est restée inédile.
2* Brevis et pia psalterii Davidici et canticorum ^ksiasticorum et canonis missœ explanatio. Louvain , Slephanus Valerius, 1560, in- 12.
* 1561. HENTENIUS (Jean), antiquaire , érudit , né
à Nalines près de Thuin , ville du pays de Liése. On lui doit: • ^J f>
V" BibUa ad vetustissima exemplaria nunc recens (^tigata. Hebrœa, chaldœa, grœca et latina noniina v^rorum , mulierum , populorum, idolorum , urbium ,
fluviorum f montium, cœterorumquê locorum quœ in bibBis leguntur, r$9tituta cum latinâ interpretaéùme ac locorum è cosmographie descriptione ; guidin horum bibliorum cctstîgatione prœstitutum sit , subséquent prœfatio latiùs indicabit. Antuerpûe, Joan. Steelsius, 1561 , in-fol.
2** Erasmi Roterd. errores annotati et collecti per Joan. Henthenium ord. prœd, jussu facultatis theo^ logiœ hvaniensis. In-fol. manuscrit.
1561. LENS {Arnaud)^ surnommé Praxile^ nom qu il s'était donné lui-même , naquit dans la Campine. Il consacra sa vie à Futilité publique, et s'appliqua avec la même ardeur à corriger les auteurs grecs , que Faerno à rétablir les latins. Après être resté assez longtemps au service de Diego de Mendoza , ambassadeur à Venise, il se retira à Bâle, alors le rendez-vous des gens de lettres, et se livra exclusivement à 1 étude. Gesnèr lui rend le témoignage^ que jeune encore, il avait déjà acquis un profond savoir, et que sa candeur , son intégrité et son érudition méritaient les plus grands éloges. Au rapport de Laelius Grégoire Giratdi , il avait composé des épigrammes grecques et latines qui présageaient un poète supérieur , s'il avait voulu cultiver la poésie. Arnaud Lens a publié : ' 1** Une édition grecque de Josèphe, revue et corrigée par lui sur l'exemplaire de Diego Hurtado de Mendoza, qu'il a fait suivre des livres contre Appion»
2® Id. Dionis Coccœi romxinœ historiée, libri XIL
3° Une traduction latine de : Olympiodori philo^ sophi platonici et peripatetid , commentarii adAristo^ telis com^mentaria.
4** Id. Sermones quidam ex Plutarcho de moribus* C'est lui qui les publia pour la première fois.
5° Plurim^ orationes Chrysostomi, Theodoreti, et aliorum SS. Patrum. On lui en doit la publication.
6** Lycàphronis Ahxandram sive Cassandram , et haact Tzezis in eant commentaria. Cet ouvrage a été publié et revu par lui.
1561. MENAPIUS(Èrm7fotiwe), savant du 16* siècle, né à Grevenbroich , au duché de Juliers. Le désir de se perfectionner dans les sciences l'engagea à parcourir la plus grandç partie de l'Europe , afin d'entendre les plus célèbres professeurs des universités. Il étudia la médecine et la philosophie à Padoue sous Nicolas Thomaeus, et séjourna quelque temps à Rome, où il sadonna à Tétude de diverses sciences et s y fit une grande réputation. De retour de ses voyages, il fut pourvu d'un canonicat de la collégiale de St.-Albert , à Aii-la-Chapelle , ville du diocèse de Liège, et fut ensuite nommé prévôt de la même église. On a de lui :
l"" Ratio victûs salubris et sanitatis tuendœ. Cologne, 1540, in-4'*. Ce traité est aussi imprimé avec : De tri-plicivitâ, par Marsile Ficin. Cologne, 1540, in-S"". Ibid. 1549,in.4^
2° Encontium febris qwirtanœ. Ac^'uncta est ratio curancU febrem qtiartanam. Bâle , 1542 , in-S"". Leyde , 1636, in-S", avec d'autres traités.
* 1561. SIMON le grand, né à Liège, docteur en droite
* 1562. PANVINO (Onw/rw>), de Vérone , religieux ermite de St.-Auguslin et cardinal, savant historien ecclésiastique et antiquaire. Parmi ses nombreux ouvrages , noiis ne citerons que les suivans qui intéressent le pays :
1** Chronicon ecclestasticum à Julii Cœsaris imperio ad Maximilianum IL Cologne , 1568 , in-fol. Louvain , 1573, in-foL Venise, 1674, in-4^
^ Germanicarum rerum scriptores aliqiu)t insignes. Francfort, 1600, 2 vol. in- fol. On trouve dans cet
ouvrage : De Leodiensium dissidio cum epiêcopo stto JLtuhvico Barbonio, et de Leodii excidio , ànno 1468.
1565. LOMBARD (Lambert), restaurateur des beaux- ^rts dans le pajs de Liège, littérateur, philosophe, savant antiquaire , architecte et peintre célèbre. U naquit à Liège, dans le quartier d'Avroy, en 1506«
Son père, bourgeois de Liège, s'appelait Gérard Lombard.
Il étudia les langues grecque et latine , la philoso^ phie, l'histoire et les antiquités, et se livra ensuite à son goût pour la peinture et larchitecture.
Après y avoir fait déjà de grands progrès , Lombard , dans le désir de perfectionner ses connaissances , parcourut r Allemagne et la France. Il passa ensuite en Italie , à la suite du célèbre carditial Polus , ce qui lui procura le moyen de voir tous les^ chefs-d'œuvre de îart , et d acquérir ce bon goût , qu'il rapporta dans sa patrie et lui acquit une juste célébrité.
En 1 539 , il vint se fixer à Liège , oii il opéra une véritable révolution dans les beaux-arts. La peinture était alors, pour aipsi dire, encore dans l'enfance; il en bannit le ton sec et dur (qui était celui de ce temps), et les routines grossières que réprouve le bon goût; il ramena ce bel art à ses vrais principes, larchitecture même lui doit ses progrès.
Personne ne pensait plus noblement sur son art , et ne contribua plus que lui à en étendre les progrès parmi ses compatriotes. S'il remarquait quelques talens dans ses disciples , il les encourageait ; et son zèle était si désintéressé, que malgré la médiocrité de sa fortune et sa nombreuse famille , il envoya à Rome deux de ses élèves qui promettaient beaucoup ; et quoiqu'il eût à s'en plaindre , il les y entretint à ses propres dépens.
Il est le premier des peintres remarquables que Liège ait produits, qui se soit fixé dans sa patrie, depuis la renaissance des beaux-arts.
Pianni les disciples sortis de l'école de Lambert Lombard » on distingue, entr autres, Dominique Lampson^ Jean delle Ramège , Pierre Dufour , Franc^Flore d'Anlers, qui fut Surnommé le Raphaël dé la Flandre ^ Hubert Goitzius, de Maibracht au duché de Jttliers, qui se distingua surtout dans la graTure, et Guillaume Key , etc. , etc.
Au rapport de Hubert Goltzius , per9&nne ne êur^ passait Lombard en érudition; il fait l'éloge de la beauté de son coloria ^ de ses ombres bien ménagées et de f exactitude de son dessin.
Lombard se maria trois fois; la promière avec hk sœur de Lambert Suavius , qui grava tous ses tableaui avec un rare talent et une fidélité admirable. U eut des eufans de ses trois femmes.
On voit encore au coin de la rue qui conduisait à Véglise de St.-Pierre , actuellement démolie ^ la maison que ce grand homme habitait. Elle fut bAtie en 1 548^ sur son plan et sous sa direction ; elle passait alors pour la plus belle de Liège, et aujourd'hui même encore ,^ on en admire la façade , quand on se reporte au temps où elle a été construite.
Lambert Lombard n'était pas riche ; et quoiqu'il fût aocueilli ii la cour des évéques-princes de Liège, il n'en reçut cependant jamais aucun bienfait.
Dominique Lampson, son ami, le compare à Baltkaiar Peruzzi ^ peintre et architecte célèbre , qui fut très4>ien reçu de plusieurs papes, mais dont il n'éprouva pas les lïbéxaLlités, parce quii ne les importunait point. Aussi, le malheureux Balthazar, dans un âge avancé , était si pauvre , qu'il avait beaucoup de peine à nourrir une femme et des enfans. Ce rapprochement de la situation de ce peintre à l'artiste liégeois, prouve qu'il était loin de l'état d'opulence dont il aurait dû jouir, si ses concitoyens, parini lesquels il vivait, eussent rendu justice à son mérite.
Il est vrai aussi , qu'un goût dominant pour les pierres et les médailles antiques, dont personne ne déchiffrait mieux que lui les inscriptions usées, les lui faisait acheter souvent plus chères, que ses moyens le lui permettaient. ^
Dominique Lampson a écrit la vie de Lombard , publiée par Hubert Goltzius , sous le titre de : Lamberti Lombardi apud Eburoms pictoris cekberrimi vita. Bruges, 1565, in-8**;
Au 11'* siècle, il existait encore à Liège, une douzaine de portraits de ce peintre , tracés sur des morceaux de planche , et que l'on regardait comme de» origitiaux*
Son principal tableau est le martyre de Ste. Barbe, que l'on voyait dans Téglise de St.-Bartfaélemi à Liège.
Il avait une espèce de manie ; c'était de placer les traits de son visage dans presque tous ses tableaux , comme s'il avait voulu que son portrait tînt lieu de sa signature.
1566. HESSELS (Jean), savant controversiste ,. naquit en 1522 , à Nalines , près de la ville de Thuin , au pays de Liège. Il enseigna la théologie à FUniversité de Louvain. La première Bible dite de Louvain qui parut en 1547, est en partie due à ses soins. Il fut envoyé avec Baïus au Concile ^ de Trente , et mourut peu de temps après son retour à Louvain. Hesseb n'était pas éloquent, mais il était doué d'un jugement solide , et il étudiait avec soin les matières qu'il traitait.
Les ouvrages de ce doctcrur sont :
l"" Brevis et catholica symboli apostolici explicatio. Louvain, 1&62, in-8^ Anvers, 1566, in-8. Cette dernière édition est la meilleure.
2'' De ofjlcio pii et chrisUanœ pacis verè amantis viri,eûmrgente aut vigente hœresi* Anvers, 1566, in-8**.
3** tistuirdi martyrologium cum notis Joannis Mo-
lani. Aœed. calendarium ecclesiasticum et Joannù HeiseU censura de quibusdam sanctorutn historiis* Louvain, 1568, in-8".
4** Declaratio qfiod sumptio eucharisUœ suh unicâ panis specie, neqtie Christi prœcepto aut institutione adversetur , neque minus fruct'uosum siL Louvain , 1565, in-8-.
5* In priorem B. Pauli apostoU ad Timothceum epistolam commentarius. Ejusdem. In priorem B. Petri. Probatio corporalis prœsentiœ corporis et san^ guinis Dominici in eucharistie. Louvain, 1568, in-S''. Editio tertia et optima.
6" Explicatio orationis dominicœ. Anvers, 1566,
in.a^
T"" Explicatio dominicœ passionis. Louvain , 1568 ,
8** Tractatus de schismaticis templis Judœorum* Louvain , 1 565 , in-8°.
9" Tractatus pro invocatione sanctorum centra Joan. Mohemium. Prcemittitur confutatio erroris^ qtto idem Mohemius cum Brentio asserit, Deum nihU nabis lar-' giri intuitu orationum nostrarum. Louvain, 1562, iD^Mbid.,1564,in-12.
lO Confutatio novitiœ fidei (quam vocdnt specior km). Âd^unctus est tra^ctatus de cathedrœ Pétri peT" petuâ protectione et firmitate. Louvain , 1 562 , in-8''.
11* Confutatio ctyusda/m hcereticœ nuper emissœ confessionis Teutonicœ. Louvain, 1567, in-8**.
12'' Brevis et catholica decalogi explicatio. Louvain , 1567, in^^
IS"* Catechdsmus romanus. Louvain 1567, in-12. Anvers, Planlin, 1574, in-8*. Id. 1611 ,in-8\
Ce dernier ouvrage est un. corps de théologie dogmatique et morale , puisé avec beaucoup de discernement dans les écrits des SS. Pères , et principalement dans St. Augustin. Henri Gravius qui en donna la pre-
lùière édition , retrancha tout ce qui sentait le baSormême»
* 1566. STUTKER {Herman), fougueux calviniste de Zwoll, se signala par ses excès à Anvers, d'où if Tint ensuite à Hasselt au comté de Looz. Ses prédications lui attirèrent un assez grand nombre de prosélytes, tant à Hasselt qu'à Tongres, Maseyct, Stockhem et Maestricht, qui commirent dés désordres dans le pays , iinaltraitant les ecclésiastiques , brisant les images et pillant les églises. L'évéque de Liège , Gérard de Groesbeck, envoya des jésuites à Hasselt, dans Tespérance qu'ils arrêteraient les progrès de la doctrine de Stuyker; mais ces religieux n'ayant pu rien obtenir des nouveaux réformés, qui ne voulaient pas seulement les entendre, l'évêque résolut d'employer la voie des armes pour les ramener à l'antique religion de leurs pères , et mit à prix d argent la tête de Stuyker qui eut le bonheur de se sauver.
1566. BLOSIUS (François- Louis) , ou KE BLOIS, était de la maison de ce nom, illustrée par ses alliances avec plusieurs tètescouronnées. Il naquit en 1506, au château de Donstienne , dans le pays de Liège , et eai«brassa la règle de St.-*Benoît à l'abbaye de Liesseg , en Hainaut , diocèse de Liège. U en devint abbé an 1530, refusa l'archevêché de Cambrai et l'abbaye de Tournai, que Charles Y, avec lequel il avait été élevé , le pressait d'accepter. Blosius s'occupa d'introduire la réforme dans son monastère , auquel il donna des statuts qui furent approuvés par Paul III , en 1545 , y vécut dans la pratique exemplaire de toutes les vertus religieuses, et mourut en 1566, âgé de cinquante-sept ans. Son disciple , Jacques Frqj us , publia ses ouvrages à Cologne, en 1571 , 1 vol. in-fol. ; ils furent réimprimés dans la même ville en 1589; à Paris, en 1606, in 4% et à AnvefB, en 1633, par ks soins des religieux de Liesses.
Tous les écrits de Blosius respirent la plus douce onc-» tion. Son principal ouvrage esile Speculumreliffiosorum^ qu'il avait intitulé : DacryanuB , mot grec qui signifie pkureur , parce que l'auteur y gérait beaucoup sur le relâchement des maisons religieuses. De la Nauze , jésuite , membre de lacadémie royale des inscriptions, en donna une bonne traduction française , Paris , 1726, in-^S®, sous le titre de Directeur des âmes religieuses» On trouve en tête de cette traduction , un abrégé de la vie de Blosius. Il a paru à Yalenciennes , en 1741, in-12 , une traduction de ses Entretiens spirituels. Voici ses principaux écrits :
!• Institutiones vitœ christianœ.
2"* Institutio spiritualis et psychagogia. Louvain , 1549 et 1553,in.l2.
3** Canon vitœ spiritualis et Inchiriddon parvu-lorum. Louvain , 1549 , in- 12.
4* Paradisus animœ fidelis. Anvers , 1540 , in- 12. 5* R^reatio animœ. Louvain , 1 549 , in-1 2. 6** Cimeliarchion et 'Collyrium, hc&reticorum. Lou« vain , 1549, in.l2.
7" Spéculum monachorum. Mons , 1694 , in-1 2. C est son meilleur ouvrage.
8* Piis et Deo gratis ewerdtUs. Il se trouve à la suite du Petit Processionnel et du Brevis régula Tyronis. Louvain , 1553 , in-24.
9* Comparaison d'un roi et (tun moine ; traduction
élégante du livre de St. Jean Chrysostôme sur le même
sujet.
10" Entretiens avec Dieu. Valenciennes, 1641 ,in-12.
XV" Apologie de Jean Thauler diffamé par Eokius»
louvain , 1553, in-8^
12"* Mémorial delavie religieuse. Paris, 1618, in-1 2. Winghius, abbé de Laéti, a publié une vie de Louis de Blois , en 1632,
1567. PHILARÈTE {Gilbert Fuschs) ou Gilbert de
Limbourg , naquit à Limbourgâu duché de ce nom. On ne connaît rien des études de ce médecin. Tout ce qu'on sait de lui, c'est qu'il s'établit à Liège en 1530 ^ qu il fut pourvu d'un canonicat de Téglise collégiale de St.-Paul , et fut successivement le premier médecin de Georges d'Autriche , de Robert de Berg et de Gérard de Groësbeck , évêques de Liège. Emmanuel Philibert , duc de Savoie , tâcha de l'attirer dans ses Etats , et le magistrat de Louvain lui offrit en 1554 , la première chaire de médecine vacante par la mort de Jérémie Thriveriùs , mais il refusa constamment tous les avantages qu'on lui présentait , pour rester à Liège , où il passa le reste de sa vie avec la plus grande distinction. Jean Stadius en parle comme d'un homme très-habile dans son art. Instruit par une longue expérience , éloquent dans ses discours , grave dans ses manières , Philarète mérita l'estime de ses contemporains. II fut enterré à Liège chez les religieuses de Tordre de St.-François , que les Liégeois appelaient Sœurs de Hasque. Ses ouvrages , sont :
1" Conciliatio Avicennœ cum Hippocrate et Galeno. Lugduni , 1541 , in-4%
2° Polybius , de salubri ratione victâs, latine versus et commentariis illustratus» Antverpiae , 1543 , in- 12.
3" Gerocomice , hoc est^ senes rite educandi modus et ratio. Coloniœ , 1545 , in-12.
4" De {zddis fontibus silvœ Ardennœ , prœsertim eoy qui in Spa visitur, Libellus. Antverpise , 1559, in-4** avec figures. L'imprimeur Jean Bellère a publié cet ouvrage en français sous le titre : Des fontaines acides de la forest dArdenne , et principalement de celle qui se trouve à Spa. Anvers, 1559, in-4* a/vec figures.
Philarète est le premier qui a écrit sur Fusage et les vertus des eaux minérales de Spa et de l'Ardenue.
Jean Stadius et Juste Lipse ont faitTéloge des talens et des connaissances de ce savant Limbourgeois,
1568. nOJkMSiPhilippelIdeMontmorencj/'IVivelle, vomie de) , naquit en 1522. Il était fils de Joseph de Nivelle et d'Anne d'Egniont , son épouse , cousine du comte de ce nom. Anne ayant perdu son mari , épousa en secondes noces Jean , comte de Hornes , qui , n'en ayant point eu de postérité , laissa en mourant sa fortune aux enfans de sa femme , à la charge de porter son nom.
Après la mort de son. beau- père , Philippe de Hornes se trouYa ainsi l'un des plus riches seigneurs des Pays- Bas. Il possédait les comtés de Hornes , d'Alténa , de Mœurs et de Weert , et faisait battre des monnaies d or et d'argent dans cette dernière ville. Chevalier de la Toisonnd'Or , chambellan et capitaine de la garde flamande du roi d'Espagne , chef des finances et membre du conseil d'état des Pays-Bas , amiral des mers de Flandre , et gouverneur des pays de Gueldre et de Zutpben ; son rang , sa naissance , sa fortune et même ses talens se réunissaient pour lui donner une influence, qui , plus tard , causa sa perte.
Le comte de Hornes servit sous le comte d'Egmont , son parent et son ami. Il se distingua par ses exploitSi en 1557 , à la bataille de St.-Quentin , et l'année suivante à celle de Gravelines. Après le traité de paix signée en 1559, à Cateau Cambrésis, entre la France et l'Espagne , il revint dans ses foyers. Dès lors , il existait dans toutes les provinces des Pays-Bas un mécontentement prêt à éclater.
Philippe n , roi d'Espagne , venait de renouveller les ordonnances rendues par son père contre ceux qui avaient embrassé la doctrine de Luther et de Calvin ; et il en avait confié l'exécution à des tribunaux composés de fanatiques et de bourreaux. De plus, les troupes espagnoles dont il avait promis le renvoi , n'en restaient pas moins dans le pays , où elles occupaient les places frontières au mépris des constitutions de l'Etat.
De Homes accompagna Philippe en Espagne , et y demeura près d'une année. Il mit tout en œuvre poar obtenir de ce monarque , le renvoi du fameux cardinal de Granvelle , président du conseil d'état des Pays»Bas , et rjioïnme de confiance du roi.
Son opposition au système politique de Philippe , que celui^'ci regardait comme un mme, lui ôta tout crédit dans l'esprit de ce prince.
De retour dans les Pays-Bas , il se trouva privé de ses gouvernemens de Gueldre et de Zutphen , circons* tance qui ne contribua pas peu à laigrir contre le cardinal de Granvelle , et à le décider à se jetter dans le parti du prince d'Orange et du comte d'Egmont. Phi*lippe t instruit de cette conduite, attendit le moment favorable pour l'en punir.
Aussi ami de la liberté , mais moins prudent que aes amis, de Bornes manquait de cette circonspection né- 4^saire dans les temps de troubles et de révolution : il aimait les factions, mais il se laissait trop emporter par sa fougue , trop dominer par son humeur inquiète. S'il faut en croire quelques auteurs , les mécontens se seraient servi de lui parce que sa position pouvait le rendre utile ou dangereux, et l'auraient ménagé plus par crainte que par confiance.
L'opinion publique , qui réclamait alors rindépen-* dance politique et la tolérance religieuse , se pronon* çant hautement contre l'Inquisition et les Espagnols , Philippe prévoyant les troubles qui allaient surgir dans ^ pays 9 y envoya le duc d'Albe avec un pouvoir illimité , avec ordre d'arrêter tous ceux sur lesquels H ferait, diaait-il , un exemple terrible et de façon à faire tinter les oreilles de la chrétienté^ dûUil mettre en danger tout le reste de ses Etats.
Le comte de Bornes fut donc arrêté avec son ami le comte d'Egmont , dans Thôtel même du duc d'Albe à Bruxelles. Après sept mois de détention au château de
Gand ,6e ministre , sutrant les ordres de son maître, les fit juger et condamnera mort parle Trilnmcd deê douze qu'il présidait eif personne. Ils eurent la tète tranchée le 5 juin lô68, devant Vhôtel de ville à Bruxelles.
Ainsi périrent Hornes et Egmont, viètimes de leur attachement an prince d'Orange et de leur haine contre le despotisme atroce et sanguinaire de Philippe II ! Leur supplice souleva les Pays-Bas , et leur sang fut le premier ciment de la république des Provinces Unies I
Hornes avait épousé Walburge de Nieuwenaar , qui mourut en 1600. Il n'en eut point d'enfans. Floris de Montmorency /son frère , qui avait servi avec distinction dans les Pays-Bas, fut décapité en 1578. En lui s'éteignit la branche des Montmorency-Nivelle. Dès lors , le comté de Homes et Ta ville de Weert furent annexes à la principauté de Liège , en leur qualité de fiefs relevant dn comté de Looz; et les évèques de Liège joignirent le titre de comtes de Homes à ceux de duc de Bouillon , etc., dont ils étaient en usage de se qualifier.
1568. GEMËPIUS {André), savant personnage du 16'°'' siècle , né à Balen dans la Campine, en 1483. Pendant 36 ans consécutifs , il enseigna Vhébreu dans le collège des Trois-Langues à Louvain. Il était si versé dans cette langue , qu'il passait pour y être plus habile <iue les Rabbins même les plus appliqués à ce genre d'ëtude. Il excella dans la médecine qu'il pratiqua avec succès , et surtout dans la botanique , dont il se fit une occupation toute particulière, La réunion de tous ces talens , lui acquit une grande réputation. Il mourut à I-ouvain et fut enterré dans l'église de St.-Pierre , en cette ville.
* 1569. CLARIUS (Jean), né à Tongres, théologien et poète latin.
157l.RAVESTEIN(/owe)ouJUDOCDSTILETANUS,
ne à Tielt dans la Flandre , en 1506 , professa là théologie à l'Université de Louvain , où il fut chanoine de St.-Pierre. Son talent pour la controverse le fit députer par Charles V au Concile de Trente et au colloque célèbre qui se tint à Worms en 1557 , entre les catholiques et les protestans« Il dénonça les erreurs de Baïus aux universités et à quelques évêques. On a de lui :
1** Çonfessionis sckolasîicus, sivecatechisnti^ridenîini instituttones schvlasticœ.
2** Confessionù sive doctrinœ quœ nuper édita est à ministris qui in ecclesiam Antuerpiensem irrepserunt, et Augtistanœ confesfsionis 9e assentiri profitentur ySuo cinctaconfutatio. LouYaitïj 1567, in-8'".
3* Apohgiœ seu defensionis decretorum S. Çoncilii Tridentini , quœ ad religionem et doctrinam christia-^ nam pertinent adversûs censuras et examen M. Kernnitiù Louvain , 1568 , 2 vol. in-8".
4** Catholicœ confutationis profanœ Ulius et pestilentis confessionis (quant Antuerpiensem confessioriem appellant pseudo ministri quidam) contra varias et inanes cavillationes Mat. Flacci Illyrici apologia seu defensio* Louvain, 1568, in-8*.
* 1571. B ACCIO (ilnrfr^ , médecin italien. Dans son Traité sur les eaux thermales^ Venise , 1571 , in-f*, il fait reloge deseauxde la fontaine minérale de Tongres,
. sur laquelle le cardinal de Granvelle lui avait procuré une notice. Il cite entr'autres guérisons obtenues par l'usage de ces eaux , celle du cardinal de Mendoza , gouverneur des Pays-Bas pour Charles V, qui fit grand bruit en Europe , et donna de la réputation aux eaui de Tongres.
* 1 57 1 . STASSIUS (Herman) , chimiste et apothicaire à Tongres. Il est l'auteur d'une analyse des eaux miné' raksde Tongres.
* 1571. MACRÔPÈDIUS {Georges) ,nè à Gemerl près de Grave, vers Tan 1475, ayant achevé ses études, entra dans la congrégation des Frères de la vie commune , et reçut les ordres sacrés : il possédait les langues anciennes et les mathématiques , et les enseigna avec distinction à Bois-le-Duc et à Liège.
Il a laissé :
V Computus ecclesiasticus.Bsisileadj 1591.
2° Calendarium chirometricum. Basileœ , 1 553 , in-S"*, Id.Ullrajecti, 1541.
3° Noies sur t office divin pour en faciliter l'intelli" ^ence. Bois-le-Duc , 1599, in-4'".
4* Grammaire grecque et latine*
5° Plusieurs ouvrages classiques et un grand nom" bre de pièces dramatiques en vers,
6** Épistolica Georg.Macroped. Anvers, 1551 ,in-8%
T GregoriiMa^roped» Bassarus, fabula festivissim^. Anvers, 1541.
* 1571. BRUHESIUS (Pierre), ou Van Bruhezen, naquit au commencement du siècle à Rjtboven dans la Gampine. Il s'appliqua à l'étude de la médecine , et il s y fit une si grande réputation , que la reine Héonore d'Autriche, douairière de François P' et sœur de Charles V , le prit pour son médecin à son arrivée dans les Pays-Bas. Après avoir servi cette princesse pendant quelque temps , il se retira à Bruges , où il fut nommé médecin-pensionnaire. Le poète Nicolaïus a fait son épitaphe.
Les écrits de Van Bruhezen sont :
V De ThermarumAquisgranensiumviribus, causé, oc légitimée usu, JEpistolœ duœ scriptœ anno 1550, in quibus etiam aciclarum aqua/rum, , ultra Leodium €ûFistentium , facultas et sumendi ratio eoûplicatur. Antwerpiae, 1555, in-12.
2° De ratione medendi m^rbi articularis Epistolœ
duœ. Francofurtî , 1592,in-8' , insérées dans les : ConsiUa f>artûrifm de Arihritide de Henri Goret.
3"* De U8U et ratione cauteriorum^ U est inséré également: dans le recueil de Garet,
4^ Grand et perpétuel almanach à Fusage de la ville de Bruges. 15ô0«
Ce dernier ouvrage qu'il composa vers 1 550 , fit grand bruit. U le régla trës^xactement sur les principes de l'astrologie judiciaire, dans laquelle il croyait avoir fait de grandes découvertes; et il détermina avec la prédsion la plus scrupuleuse le moment le plus convenable à la purgation , aux bains , à la saignée ; il poussa même son attention jusqu'à indiquer les jours et les heures les plusf propres à se faire raser. Le magistrat de Bruges goûta tellement cet article, qu'il ordonna à tous cetmc quil appctr tiendrait» de se conformer ponctuellement à talmanach de maître Bruhesius , faisant très-expresses inhibitions et défenses é quiconque exerçait dans Bruges le métier de barbier, de rien entreprendre sur le menton de ses concitoyens, pendant hs jours que h nouvel Astrologm avait déclarés contraires à cette opération, etc*, etc^^
Ce grand et perpétuel almanach causa beaucoup de rumeur à Bruges. François Rapaërt, médecin de cette ville , indigué de l'ordonnance du magistrat , publia contre l'ouvrage de Bruhesen un Magnum et perpetuum, Almanach, seu Empirieorunb et Medica^irorunk fl^gellum, 1551 , inrl2« Pierre Hascbaert, nvédecin et chirurgien, grand partisan de l'astrologie judiciaires publia pour la défense de Brufae^en, Clyipeus asêrologiçus contra flagellum astrologorum. FrOincisçi Ha^ j^réi. 1552, in-12.
Xes conseils ridicules de Van Bruhezen se trouvent çoinsignés dans V Almanach de Liège*
1572. BECÂN {Jeatii, dont le véritable nqm était
Van Gorp, dit Goropius^ naKjuit en 1318, dans la Campipe , au nllage de HilYerembeeck. Il fit son coars de philosophie à Louvain, où il remporta la 3* place parmi les maitres-ès^arts de la promotion de 1539, et passa alors dans les écoles de médecine de l'Uoirersité de la même villOf où il étudia cette science soua Gemma le Frison, dont il prit aussi des leçoM de mathécÉatiques. Il vaya^a ensuite en Italie , tîi Espagne et en France, poqr fréquentes les écoleë étrangères et se perfectionner dans les sdences* Il saoqutt dans tous ses vojages , i;ine grande réputation; mais entr autres à Madrid , où il ^r?it , en cruâfUté de laédaein, Ëléonore et Marie, sœurs de ChariûsVf
De retour dans les Pays^Ba^, Décan se fixa à Anvet^ , elj pratiqua la médecine pendanl plu^eurs années. Benoît Âriàs Montanus, son ami, voulut l'arracher de ectte Tille et le placer auprès de Philippe II ; il le mit si bien dans l'esprit de ce prince , qu*il en reçoit des pràsens^, et lui ofi'rit le titre de s&n premier médecin avec des appointemens considémblès. Maî^ Béeaa dégoûté de la vie de cour et ensuite de la pra-^^ lique de la médecine, prit le parti de se livrer uni-^ qnement à l'étude des belles-lettre? et de l'antiquité, il a;vait tout ce qu'il faut pour y réussir; il entendait p«£aîteiiient le latin , le grec , Thébreu et la langue teutonique ou flamande, ancienne et moderne. Il était d'ailleurs infatigable au travail et d'une pénétration admirablç ; mais il gâta ces belles dispositions par trop d'attaehement à ses idées. Infatué des faux principes qu'il avait adoptés, il les soutint avec opiniâtreté ; \eê ^sternes qu'il s'amusait à créer, prirent sur son imst^ gination, et bientôt (m lui remarqua dans l'esprit un certain enthousiasme qui ne tarda pas à le jeter dans des écarts prodigieux. Vers la fin de ses jours , »1 s'établît à Liège ^ où Lîvtnins Tortentius qui lavait eonnn k Anvers , eut de fféquens ejatretiens avec lur
«l le fil connaître à Gérard de Groesbroeck. Ce fut en présence de cet évèque qu'il soutint^ entr autres pa* radoxes, qtte la langue qu Adam parlait ,è\mi la langue allemande ou teutonique. Il ne se borna pas à le dire, car il s'effoi'ça de le prouver dans ses IncUhSythica, où il allègue quantité d'étymologies burlesques pour fondement de son opinion. Olaus Rudbeck ^ j^ofesseur d'anatomie et de botanique à Upsal^ mort en 1702, a soutenu un système à peu près semblable par rapport à la langue suédoise» C'est sans doute dans Bécan , que lauleur de la Hépublique deg Champs^ElyêéB$\ a puisé son système.
Ce médecin mourut à Maestricht , à l'âge de 54 ans* Son corps repose chez les Récollets de cette ville , où Ion voit son épitaphe grayée sur une tombe de marbre.
C'est dans les ouvrages suivans que Bécan a consigné ses visions :
1" Origines AnPu>erpîanœ , sive Cimmeriorum Bec* ceselana novem libres complexa. Atvatica. Giyantonupchia^ Niloscùpium. Gronia. Indo^Sythica. Saasonica. Goto-Danica, Amazoni. Venetica et Hyperborea, Antverpiae, 1569, in-fol**. C'est dans ce livre rempli de contes fabuleux, sur l'origine des peuples, et semé d'érudition , qu'il s'efforce de prouver que la langue cimbrique ou flamande est celle qu'Adam a parlé.
2'' Opéra Johannis Goropii Becani hactenûs in /tfcem non édita, nempè Hermathena, Hieroglyphica^ Vertumnus, Gallica, Françica, Hispanica. Ibidem, 1580, in-f"". Dans cet ouvrage qui n'est que paradoxes et rêveries cabalistiques, il y attaque cependant avec raison les Massorettes qui ont défiguré lé texte hébreu de l'Ecriture par leurs points-voyelles.
RAMUS (Pierre), ou DE LA RAMÈE , célèbre philosophe et l'un des premiers qui tentèrent de substituer
à lautorité des anciens celle dû raisonnement et d& rexpérience , d'une famille originaire de la Hesbaje , naquit à Cuthe , village du Vermandois, au comment cernent du seizième siècle. La plupart des biographes placent sa naissance à l'année 1515 ; mais Jolj et Fabbé Goujet conjecturent avec beaucoup de rraisemblance , qu'elle eut lieu vers 1502. Le père de Ramus était uii gentilhomme du pays de Liège, qui, ruiné par les guerres, se réfugia dans la Picardie, oii il vécut, avec sa famille, d'une exploitation de charbon ou de houille. Son père , trop pauvre pour lui donner aucune éduca*tion, l'employa d'abord à paitre les troupeaux; mais cet enfant , tourmenté par le désir d'apprendre , s'enfuit à rage de huit ans, et vînt à Paris, d'où la misère l'éloigna bientôt. Un second voyage ne fut pas plus heureux : enfin un de ses oncles se chargea de payer quelques mois sa pension dans une école ; et afin de pouvoir continuer ses études, Ramus entra comme domestique au collège de Navarre, où il fit, presque sans maître , de grands progrès dans les langues et la littérature ancienne.
Après avoir terminé ses humanités et sa rhétorique, il fréquenta le cours de philosophie ; mais il ne tarda pas à s'apercevoir que la science qu'on décorait de ce nom , n'était qu'un vain cliquetis de mots. La lecture de Platon et de Xénophon , en lui faisant connaître la méthode socratique , acheva de l'éclairer sur les défauts de renseignement , et il se permit de les attaquer dans toutes les occasions. Quand il eut fini son cours , il se présenta pour recevoir le degré de maître-ès-arts , et prit avec ses juges l'engagement de montrer quAristote n était point infaillible. On accourut en foule pour jouir de la confusion du jenne audacieux : mais Ramus obtint un triomphe complet , et réduisit tous ses adverssdres au silence.
Encouragé par ce premier succès, il résolut d'exa-
oiiner à fond la doctrine et en particuIieF la logique d'Aristote; il rapporta tout à ce but, ses lectures, ses études , et même les leçons d'éloquence qu'il commen-» çait ail collège de VAve Maria. Ramus fit paraître , i^n 1543, une nouvelle Logique ti àt^A Remarques sur celle d'Aristote. Ces deux ouvrages soulevèrent oontëe lui tous les partisan» de la routine-, et étcttèrent de granda ttoiibles dans Vécole» Antoine Gôvéa le peignit^ dans ses discours, comme u!n impie et un séditieux qui) par ses attaques contre Aristote, préludait au renversement des sciences et de la religion.
Le parlement informa; mais le roi (François I"^), à rinstigation du earditial de Lorraine , évoqua raffaire à son oonseil , et ordonna que Govéa et Ramus choi* siraient chacun deux arbitres, qui feraient à 1« fois lés fonctions de défenseurs et de juges, et après avoir entendu les deux parties, prononceraient sur toute cette querelle.
Danes et François Vicomercato furent les deux arbitres de Govéa. Ramus choisit pour les siens Jean Quintin, docteur en droit, et Jean de Beaumont, docteur en ïnédecine. Le roi nomma pour les départir, Jean de Salignac, docteur en théologie, et connu par sa haine contre Ramus.
L'anti<<-péripatéticien se soumit , sans murmure , à eomparaitre devant ce singulier tribunal, et repoussa Tictorieusement tous les reproches de Govéà. Son triomphe fut complet; mais, après un si grand éclat, on ne pouvait pas labsoudre : les juges, sous le prétexte de quelques défauts de forme, lui proposèrent de recommencer la discussion ; Ramus ne voulut point y consentir , et quitta la salle sur-le-champ ave^c ses deux arbitres. Ainsi les adversaires déclarés de Ramus devinrent seuls ses juges ; et ce fut sur leur rapport, que le roi rendit un arrêt qui le déclare téméraire^ aarrogant et impudent d avoir réprouvé et condamné le
ffom et art de logique , repu de toutes les nations r Supprime ses ow>rages, comme contenant des choses fausses et étranges, et lui défend d enseigner ou d* écrite contre Aristote, sous peine de punition corporelle. Cette lentetice fut reçue dan» le^ Collèges de Paris avec des transports de joie incrojàbles ; et Ramus, qu'un arrêt réduisait au silence , se vit insulté publiquement par ses ignobles ennemis.
Supérieur à cette disgrâce, il profita de ses loisirs pour se perfectionner dans la connaissance des mathé-^ tnatiques, et préparer une édition des Eléments d'Euclide , dont il oifrit la dédicace , en 1 544 > au cardinal de Lorraine. Quelques mois après , la peste ayant éloigné de Paris un grand nombre d'écoliers, on lui conseilla de donner des leçons de rhétorique au collège de Presles; et ses talens y ramenèrent bientôt des auditeurs. La Sorbonne voulut lexpulser de ce collège , dont il venait d'être nommé principal ; mais le parlement le maintint dans l'exercice de cette charge.
En 1545 , le cardinal de Lorraine fit^nnuler , par le roi Henri II, l'arrêt qui défendait à Ramus d'enseigner la philosophie, et aussitôt il ouvrit un cours de mathématiques , science à laquelle il sentait la nécessité de donner une plus grande part dans les études. Ses ennemis prétendirent qu'il n'était pas convenable que le fliéme professeur enseignât les règles de Téloquence et les principes du calcul , et voulurent l'obliger d opter ^tre deux sciences incompatibles. Le roi mit fin à cette ridicule querelle, en le nommant , en 1551 , professeur de philosophie et d'éloquence au collège de France ; ce qui excita néanmoins des réclamations.
Ramus eut beaucoup de part aux débats qu'amenèrent les réformes dans la prononciation de la langue latine, et il soutint, avec autant de fermeté que de raison , que ce n'était point au parlement de décider des questions grammaticales dont la solution occupait tous les esprits.
On lui est redevable du changement de la prononciation du Q en latin , que les docteurs de la Sorbonne prononçaient comme le K. Cette réforme, embrassée par quelques ecclésiastiques, déplut à d autres, qui défendirent avec chaleur lancienne prononciation. Un bénéficier fut privé de ses revenus, pour avoir prononcé quisqtdSf quanquam, suivant la nouvelle réforme, au lieu de kiskis, et kankan; il se pourvut au parlement contre ce décret : Ramus et les autres professeurs royaux craignant qu'il ne succombât sous le crédit de la faculté, se crurent obligés de le secourir; ils alléguèrent donc à l'audience et représentèrent si vivement à la cour Tindignité d'un tel procès^ que l'accusé fut absous , et quil fut permis de prononcer la lettre Q, selon le bon plaisir de chacun. Les querelles que cette innovation suscita, ont fait du mot kankan y le synonyme de bavardage.
Ramus voulut aussi essayer d'introduire quelques améliorations dans le mode d'enseignement, et fit part à ses auditeurs du plan qu'il avait adopté pour le cours de logique (1552). Les huées et les sifflets l'interrompirent dès son début; mais il attendit le retour du calme , et acheva son discours , malgré les cris de ses adversaires , avec un sang-froid qui les déconcerta. Leurs intrigues ne purent lempêcher de poursuivre l'exécution du projet qu'il avait conçu pour le perfectionnement des études. Dans l'espace de dix ans, il publia de nouvelles grammaires pour le grec , le latin et le français, plusieurs traités de mathématiques, de dialectique et de rhétorique, et l'on ne peut douter qu'il n'eût travaillé avec le même zèle sur les autres parties de renseignement , s'il eût vécu dans des temps moins agités.
Il présenta, en 1562, au roi Charles IX, un plan pour la reforme de l'Université, dans lequel on est forcé de reconnaître un homme d'un esprit supérieur
à son siècle , et incapable de transiger avec les abus qu'il signale en indiquant le moyen de les corriger (voir rÛistoire de l'Université, parCrévier, VI, 90-96).
Depuis longtemps Ramus partageait en secret les opinions des novateurs : après l'édit qui permettait aux protestans le libre exercice de leur culte , il enleva de la chapelle du collège de Presles les images et les représentations des saints. Cette imprudence anima contre lai la plupart de ses collègues qui demandèrent son exclusion de l'Université. Charles IX lui fit offrir un asile à Fontainebleau; mais, dans ces temps malheureux, la protection royale était insuffisante pour le soustraire à la fureur de ses ennemis : pendant son absence , on pilla ses meubles et la riche bibliothèque qu'il avait formée. Il revint, en 1563, à Paris, et reprit aussitôt possession de sa chaire au Collège royal , dans laquelle il se maintint malgré les menées de quelques envieux. Jean Dampestre eut le crédit de se faire nommer professeur de mathématiques; mais Ramus, l'ayant convaincu d'incapacité, l'obligea de se démettre de sa charge , et s'opposa de tout son pouvoir à l'admission de Charpentier avec qui Dampestre avait pris des arrangemens pécuniaires.
Les troubles civils , qui recommencèrent en 1 567 , forcèrent Ramus de se réfugier dans le camp du prince de Condé : la bataille de Saint-Denis ayant été suivie dune paix avec les protestans, il fut rétabli pour la troisième fois dans sa chaire; mais l'avenir Vinquiétait , et il demanda la permission de voyager dans les pays étrangers , sous le prétexte de sa santé. Il visita TAllemagne , en 1568 , et fut accueilli partout avec les égards que commande le talent : sollicité d'accepter une chaire, il ne voulut prendre aucun engagement qui pourrait le retenir éloigné de la France ; il consentit seulement à donner quelques leçons à l'Université de Heidelberg. Ce fut pendant son séjour en cette ville qu'il fit pro-
fession publique de la religion réformée ; mais il ne partageait pas toutes les opinions des disciples de Calvin, et il proposait , dans le mode d'administration des églises^ différens changemens que Théodore de Bèze fit rejeter par le synode de Nîmes, comme trc^ favorables à la démocratie.
- Estimé et recherché de tous les savans , on tenta inutilement de le ravir à la France. Après la mort de Romulus [Amasée , la ville de Bologne lui offrit mille ducats pour l'engager à venir remplir sa place. Le roi de Pologne tâcha de l'attirer à Cracovie. Jean , roi de Hongrie , lui offrit la direction de l'académie de Wei-^ semburg. L électeur Palatin, pour lui témoigner toute son estime , lui fit présent d'une boîte d'or ornée de son portrait. Durant son séjour à Zurich , le célèbre Bullinger lui donna un repas auquel il avait invité Josias Simler, Rodolphe Gualther et Louis Lavater.
L'amour de la patrie le ramena en France , en 157L On le pressa en vain d'aller à Varsovie pour réunir le» suffrages de la diète sur le duc D'Anjou (Henri HI), l'un des aspirans au trône de Pologne ; il refusa cette com-* mission lucrative , disant que l'éloquence ne devait pa» être mercenaire.
Ramus avait trop d'ennemis pour échapper au mas-sacre de la Saint-Barthélemù Les assassins layant découvert dans le collège de Presles, l'égorgèrent, après avoir touché le piix de sa rançon, et jetèrent par les fenêtres son cadavre palpitant , qui fut traîné dans les rues par les écoliers , et souillé de mille manières ; ses entrailles sorties de son corps, furent répandues et abandonnées sur la voie publique. Tous les historiens accusent Charpentier d'avoir conduit lui-même les assassins chez Ramus , auquel il ne pouvait pardootier d'avoir voulu l'éloigner du ccrflége royal comme incapable. Cependant J. Guill. de Bonheim, écrivain conteinporain cité par Freytag (ileiÇp^^^^*^* litterarius ,\i. 511),
dît que Char|tentier fut non seulement étranger au meurtre de Ramus , mais qu'il témoigna la plus vitb douleur , en apprenant la mort d'un si grand homme, t ornement de ï Université de Paris.
Telle fut la fin déplorable d'un homme également distingué par ses talens et par ses qualités morales , mais auquel on a justement reproché un goût trop yif pour les nouveautés en tout genre. Il avait des connaissances très^tendues , lesprit juste , beaucoup de jugement et d'éloquence ; et l'on ne peut nier qu'il n'ait contribué par ses écrits et par ses exemples, au progrès des lumières et de la saine philosophie (voir à ce sujet la dissertation de Chr. Breithaupt : De tribus logicœ instauror toribusMamo, Verulamioet Cartesio, Jena^ 1712, in-^*). Le service le plus éminent qu'il ait rendu, c'est d'avoir travaillé à détruire le culte superstitieux que vouaient aux anciens , des hommes incapables d'apprécier leurs ouvrages, c J'admire les anciens plus que vous, parce
• que je les connais mieux, disait Ramus à l'un de ses •adversaires : mais qu'Arislote , Cicéron et Quintilien •soient tels qu'on voudra , il ne s'ensuit pas qu'on
• doive se mettre à genoux devant eux, les regarder avec
• des yeux idolâtres, ni les croire excellens en tout ,
• parce qu'ils ont excellé en quelque chose. > Comme grammairien , s'il n'a pas trouvé la meilleure méthode d'enseigner les langues , il a mis sur la voie ceux qui sont venus après lui; c*est une justice que lui rend D. Lancelot dans la "préface de la Méthode grecqne de Port-Royal. Meigret avait distingué le premier le /de \I; c'est à Ramus qu*on doit le F. Son Traité de logiques. longtemps été suivi dans les écoles de Suisse et d'Allemagne ; mais on doit convenir que ses El^mens darith^ métique manquent de la précision et de l'exactitude si nécessaires dans les. ouvrages de ce genre et n'ont point obtenu l'aecueil des géomètres.
Ramus était un homme de belle taille et de bonne
mine , d'une oomplexion yigoureuse et infatigable an travail. Doux, humain , sobre, chaste, pieux et zélé dans sa religion ; il partageait ses honoraires arec ses aiûis et ses élèves nécessiteux ; il coucha toute sa vie sur la paille; sa nourriture ordinaire était de la chair bouillie ; et il ne commença à boire un peu de vin , que dans un âge assez avancé.
Par son testament , daté de 1 568 (que Ton voit gravé sur cuivre au collège de Cambrai , à Paris) , il léguait au collège royal une somme annuelle de cinq cents livres pour Tentretien d'un professeur de mathématiques élémentaires. Le parlement de Paris disposa d'abord de cette somme en faveur de Jacq. Gohorry, chargé de la continuation de l'Histoire latine de Paul Emili : mais en 1 576 , on revint aux intentions du fondateur, et Maurice Bressieu fut pourvu de la chaire de Ramus , qu'ont remplie quelquefois des hommes d'un vrai mérite, entr'autres , Roberval.
Ramus a publié un grand nombre d'ouvrages, dont on trouvera les titres dans les tomes XIII et XX des mémoires de Nicéron , savoir :
1*" Institutiones dialecticœ III libris disûnctœ, Paris , 1543, in-8°. Cette logique condamnée lors de sa publication , a servi de base à renseignement dans plusieurs académies, et a été réimprimée un assez grand nombre de fois avec des notes d'Omer Talon et de différens professeurs allemands. Nicéron cite une traduction française de la diakctique de Ramus. Paris , 1555, in-4''.
2" Animadversiones in ddalectioam Aristotelis. LibriXX. Ibid. 1543 et 1555, in-8^ Lyon, 1545, in-S'. C'est l'ouvrage qui souleva contre notre auteur tous les partisans du philosophe de Stragyre.
3" Rhetoricœ distinctiones in Quvntilianum. Paris, 1549, in-S"*. Ramus borne la rhétorique à deux parties^ télocution et Faction , et renvoie à la dialectique l'invention des preuves et leur disposition.
4* Arithmeticœ libri très. Paris, 1555, ih*-4**. Ibid* libri duo. Bâle, 1569, in-8^ Paris, 1577, in.8^ Réimprimés avec des commentaires et des additions de Tobie Steger , Lazare Schoner et Willebrord Snellius. On lui reproche une surabondance de divisions et de subdi- Yisions. Francfort, 1 691 et 1 692, in^Mbid. 1 699, in-4^ Leyde, 1613, in-8\
5** In quatuor libros Georgiconmt etin Bucolica Vir^ gilUprœlectiones.VanSf 1555, 1556,in-8'*.2part. în-8% première édition, rare. Francfort, 1584 et 1590, in-8*.
6** Ciceronianus. Paris, 1556, in-8". Cet ouvrage renferme la vie de Cicéron , tirée de ses écrits , et entremêlée de préceptes d'éloquence , de remarques grammaticales et de réflexions sur la langue latine, sur lelat des études en France et sur les réformes dont elles paraissaient susceptibles. Ce curieux ouvrage a été réimprimé à Bâle, in-8*, 1557 et 1573, avec une préface de J« Thomas Freigius.
T Scholœ grammaticœ libri duo. Paris , 1559 , in-8".
8" Groânere fransoeze. Paris, 1562, 1567 et 1572, in-8". Chef-d'œuvre d'impression pour la beauté et la netteté du caractère. Paris , 1 572 et 1 587, même format , avec différentes additions. Ramus propose de nouveaux caractères pour les sons simples , composés de deux lettres , tels que A f/, EU^ OU^ et de distinguer les trois sortes à'E y ce qui porterait à dix le nombre des voyelles. Son ortographe paraîtrait extrêmement bizarre, si loii ne la connaissait que par les exemples que Régnier Desmarais en rapporte dans sa Grammaire; mais on conçoit qu'un système général doit être jugé dans son ensemble, et non d'après quelques traits isolés. L'édition de 1572 est imprimée sur deux colonnes, dont Tune contient l'ancienne orthographe, et l'autre la nouvelle ; elle est augmentée d'une épître de Ramus à la reine Catherine de Médicis : celle de 1587 , faite sur la précédente , contient , d'après l'avis du libraire ,
quelques additions de Boursel et de TavcKsat Bergeron , deux des meilleurs amis de Fauteur. Cette grammaire a été traduite en latin par PantaL Thevenin , Francfort , 1583, in-8*.
9^ Liber de Tnoribtts veterum Gallorum. Paris, 1559 et 1562 , in^S"" , traduit en français par Michel Castelnau, sous ce titre : Traité des façons et. coutumes des Gaur hys. Paris, 1559 ou 1581, in-â% Ramus y compare les mœurs des jGaulois avec celles des Germains et des Bretons; et par leur ressemblance, il prouve que les Gaulois ont habité la Germanie et la Bretagne. Cet ouvrage est très-curieut , surtout dans la partie qui traite de la forme du gouvernement; J. Thomas Freigius en a donné une édition accompagnée d'iuie préface , imprimée à Bâle , in-S*", 1574 et 1584.
10*" Liher de militià C. Julii Cmsa/ris* Paris ^ 1559, in-8''. Id. avec une préface de J, Thomas Frcigius, Bâle 1574,in.8^ Id. Francfort, 1584, in-«*.Ce traité, écrit d'un latin élégant mais trop oratoire, se trouve ordinairement joint au précédent» et n'est pas moins intéressant ; Graevius la inséré dans le tome X do Thésaurus antiquitatum romanarum.
IV Commentarius de religione c/tristiand, libri lY. Francfort , 1576 et 1577 , in"-8**.Cet ouvrage est précédé de la vie de Fauteur par Théoph. Banosius. Le premier livre traite de la foi ; le second de la loi ; le troisième de la prière , et le quatrième des sacremens , c est-à* dire , du baptême et de leucharistie , selon le rite des réformés.
12" Prœfationes, EpistoUe, Orationea. If ms^ 1577, ia^*> ; ce recueil des harangues de Ramus contient aussi celles d'Orner Talon , son ami. Uédition de Mat* bourg, 1599, ii^^"", e»t augmentée de quelques pièces et de la vie de l'auteur par J. Thomas Freîgius. Outre les deux vie» qvi'on vient de citer, on en a une troi^ * sième , par Nicolas Nancel; et une autre, par Ch« Fré-
deric Leoz , DispuL hUtor* literaria de historiâ A Rafni. Leipzig, 1713 , in-^"*; réimprimée en 1715 , avec quel* ques additions. Oo peut encore consulter les Mémoires de Micéron , tome XIII ; \ Histoire du collège royal par l'abbé Goujet; les Dictionnaires de Bayle et de Jolj; et ÏHistoire critique de la philosophie , par Brucker , tom. V et YI. le portrait de Ramus , gravé dans à\U fërens formats , fait partie de la bibliothèque calcographiquede Boissard , tpme II , et du recueil de Desrochers ; 80D portrait a été gravé par Théodore de Bry.
13« Euclides. Paris, 1544 et 1549, in-8". Cette édition contient une épître dédicatoire adressée par Ramus au cardinal de Lorraine,
15*" Prœlectiones in Ciceronis somnium Scipùmis. Paris, 1546. in-8\
15*" Bautinœ quœstiones. Paris , 1549, in-S"*. C'est une espèce d'introduction pour servir d'explication au traité de Cicéron : De claris oratoribus» 16° Orationes in hgicam. Paris, 1551, in-8*. l?"" Enarr^tioms in2ei 3^™ oraiionem Ciceronis : de %e agrariâ; in orationem ejusdem : pro Rahirio per^ duellionis reo;inquatiu)rCatilinarias.hkle^ 1553,in-8*'. IS"* La dialectique de Pierre De La Ramée. Paris , 1555, in-4^
lO"" Annotationes in epistolas familicures Ciceronis. Paris. 1557, in-foL
20^ Grammatica grceca quaienûs a laiind differL Paris, 1 560 , iorS''* ËUe offre plus de méthode que celles <}Gi Vavajient précédée, et a été longtemps en usage €n Allemagne. Ayec addition et notes^Vtairis , 160&,. in-8**^ 21*' Oratio de professiane liber aUutn artium.»^ Paris, 1563. in-8- . .
22* Coramentam in Cieeronem : Jh Fat». Paris, 1563, in-8». Francfort, 1583 , in-8».
23' Soheiantm, physicarum Hbri VIII, in toUdem ^'oromaUconlihrog Ariatotelit. Paris» 1 565,, in-d". Frano fort, 1583, in-8».
24^ Remontrance faite au conseil privé en la chamï du roi au Louvre, le \^ janvier 1567 , touchant la fession royale e* niathématiqueê. Paris, 1567, in-8^ Félibien la insérée dans le 3"* tome- de son Histoire la ville de Paris.
25"^ Proëmium mathematicum ad Catharinam MeA diceam reginam matrem régis. Paris , 1567, in-8*.
26° Scholarum mathematicarum libri XXXI. Bâle J 1569, et Francfort, 1599, in-4''. Les trois premiers livres de cet ouvrage contiennent le proeniium niathe*\ maticum,
27"* Scholœ in artes libérales ^ scilicet^grammaticam^ rhetoricam^ dialecticam^ physica/m, metaphysicamJ\ Bâle, 1569, in-fol.
28*" Ba^ilea ad senatum populumque BasileensemJ\ Lausanne, 1571, in-4*, r
29** Prœlectiones in orationes octo consulares ; unà\ cum Rami vitâperJ. Thom. Freigium. Bâle , 1574 etl580,in^\
30° Geometria. Paris , 1 577, in-1 6. Id. cum Laz. Sc/uh nerii et J. Thomœ Freigii explicationibus. Hanovre , 1596,in^°.
31° Algebra eœplicataà Laz. Schonero. Francfort, 1586, in-8°. Ouvrage imparfait et d'un bien faible secours pour les commençans.
32° De causis affeciùmum, et proprietatum quarum' dam, singularium> cum in homine , tum in hrutis anir m^alibus quibusdam. Monachii , 1579 , in-8.
33° Aristotelis politica grcecè et latine cum notis, Francfort, 1601 , in-8°.
34° ScoUb metaphysicœ in metaphysicos libres Aristotelis. Francfort , 1583 , in-8°.
35° Scholœ dialecticœ in Organon Aristotelis^ Francfort, 1581,in-8°.
36° Platonis epistolœ ex versione Rami cum annotor tionibus. Paris, 1549 et 1552, in-4°.
37" Grammaiicœ latinœ libri IV. Avignon , 1559^ in-8*. Id. Libri II. De veris sortis litterarum et syllabarum è scholis ^ro/mmatids primi j ab authore recog^ 0iiU et iocupletati. Paris , 1564 , in-S"".
38" Cynosura utriusque Juris ^ seu commentarius in régulas juris canonid et civilis. Libri IL Francfort , 1604, in^%
1573. LANGHE(CA«rfe#<fe), ou LANGIUS, chaiKHne de St.->Lambert , à Liège, et ami de Juste Lipse , naquit à Gand selon les uns, selon d'autres à Bruxelles. Son père, successiTement secrétaire intime de Charles- Qaint el de Philippe II , lui donna une éducation soi- {nè&. Ses études termiqées , Langtus voyagea en Italie , et y fui créé docteur en droit*
De retour dans sa patrie , ne pouvant souffrir les désordres des guerres civiles qui affligeaient alors les Pdjs-Bas^ il vint se fixer à Liège, où il obtint un canonicat de l'église cathédrale de cette ville, dans Vespoir dy mener une vie tranquille, objet de tous ses désirs.
Profitant du loisir, que lui procurait son état , il se livra avec passion à la philologie et à la critique; ii s'exerçait aussi à la poésie latine ; et enfin à la culture des plantes et des fleurs exotiques; celles de llnde en particuliôr , eurent un grand attrait pour lui«
Langius est le premier en Europe et à Liège , qui ait cultivé les fleurs étrafwères^ et les plantes nouvellement oppaftées des laides Orientales et de F Amérique. Il en c^ma son jardin, où il les disposait par planches. Les étrangers Tenaient admiter'ce îeitdiû^ véritable mer* ^eilhpour le temps. Juste Lipse nous donne quelques détails sur ce goût de Langius, dans ses qtuestiones épis* tolioœ , liv. IV, ép. 17. On en trouve aussi dans Tintéfessant discours de M. Van HuUhem , sur l'état ancien ^ moderne de l'agriculture et de la botanique dans les Pays-Bas. Gand, 1817, p. 14.
Lors de son voyage en Allemagne , Juste Lipse , dans le désir de voir ce jardin tant vanté , passa par iAége et se lia d'une étroite amitié avec Langius, dont les. sages conseils laidèrent beaucoup à changer.de vie et à se convertir. C'est à ce sujet , qu'il composa son excel-< lent traité De Constantià. Depuis lors , Juste Lipse, dans ses divers voyages à Liège , ne prit jamais d'autre logement que* chez son ami.
Langios voyant -que le lieu qu'il avait choisi pour retraite y n'était pas plus exempt de troubles et de guerres que son propre pays, en conçut un si profond chagrin , qu'ennuyé et entièrement dégoûté de la yie^ il mourut à Liège le 29. juillet, 1573, dans un âge peu avancé , laissant beaucoup d'œuvres imparfaites qu'il avait commencées. Laevînus Torrentius , son pa*rent, son condisciple et son intime ami , le fit enterrer dans l'église de St« -Lambert. ^
Cette année fut niémorable par la perte de deux autres sa vans, Michel de THoqiital, chancelier de France , et André Maes.
Juste Lipse appelle Langius un homme scms artifice, sans ambition, 'le plus savant et le meilleur des £elges% AubertJe-Mire le Tcgarde comme le plus grand criti^ que de son siècle; et Valère André comme la fleur choisie des critiques^ Tous ceux qui en. ont parlé conviennent qu'il réunissait en lui , une profonde érudition et 4ine rare piété.
Il laissa en mourant une bibliothèque considérable, composée en grande partie de manuscrits grecs et latins dont Laevinus Torrentius fit l'acquisition , et que luimême légua par son testament aux Jésuites de Louvain. Nous avons de Langius ^*
1*" Ciceronis officia, deamicitidacdesenectute, è mem" branis belgicis emendata , notisque illustrata* Anvers, 1563 , in-12. Il avait projeté le même travail sur toutes j les œuvres de Gcéron.
!ï* ^ Variantes lectîones in PlauH commdUas , dans l'édition de Plaute , imprimée à Anvers , chez Plantin , en 1566 y et dans d'autres éditions postérieures.
3* Carmina hctiora , à la suite d une édition de ses Notes sur Cicéron, publiée à Anvers en 1615, in-4% avec les Obaervationes humanœ du P, André Schott. Il n'y a qu uiie seule pièce de Langius , intitulée : In Europam seditionibus agitatam, et frappée au bon coin , dans lesDelîciœ poëtarum belgarum, tum. III. Il avait écrit des notes sur Sénèque , sur Suétone , sur Solin , sur Pline , sur Théophraste , sur Dîoscoride. On a aussi de lui z
4"* Somnitan Scipionis, etparaéoxa emendata, notis- ^ue Ulngtrata. Hanovre, 1615, in*-4\
5'' De latédibus urbis LeodienHs. In navalem chris^ Uanorum de Tunis victoriam. Hymnus in natakm DominL Parapkrasis in orationem dominicam.
Il avait formé une collection de diplômes, chartes, etc. , de la ville et de l'église de Liège , qui ont passé depuis dans la bibliothèque du baron de Crassier, et que Ion trouve sous les titres suivans dans le catalogue imprimé de cette bibliothèque :
V CJollectio va/riorum cRplomatum et actorum ecole^ iiœ et patriœ teodiensis ex archivis eccks. cathed. ecclesiarufn collegiaiarum et monasteriorum , opéra Caroli Lamgii can. leod. in-fol; n*" 3474 mss.
2** Repertorium chartarum cathedralis ecclesiœ leo^ diensis , qnondam coilectum operd Caroli LangU ejus^ dem ecclesiœ canonid , n'* 3475 mss. On y trouve en marge Tindicatioti des cartons où se trouvaient les chartes , et les registres où étaient enregistrés les privilèges,
Ces deux collections manuscrites sont sans doute les Codddlli ecclesiœ leodiensis, cités par Mantelius dans son histoire du comté de Looz, d'après Wendelin , qui regrettait amèrement qu'on ne les ait imprimés , ni publiés.
'^ 1573. HÂRCHËES {Jdsie de), médecin théologien liégeois. Apiès avoir professé quelques années la méde- 1 4)ine à Mons , il alla s'établir à Strasbout*g , où il s'a- "donna ayec ardeur à la théologie. Désireux d'unir entre elles les nouvelles et les anciennes idées religieuses , il se livra à des recherches pour trouyer un milieu ^ans la doctrine du mystère de l'Eucharistie , afin de pacifier, autant que possible, les controverses alors exig- ^tantes entre les catholiques et les protestant ; mais loin d y parvetiir , il se rendit ridicule aux uns et aux autres Il a publié entrautres :
1* De causis contemptœ medicinœ. Liège, 1567.
2*^ Snchiridion medicurh, simpliciûm pharmcuiorum quœ in usu sunt; nàm&kclàturain ^ hisUyriam, facvi' tàtém et fASuni elegcmU paëmate comprehenHetèê* Baie, 1573, in^.
1574^ MÂRCK '{Henri Robert de la), comte de Maulévrier et duc de Bouillon -, naquit à Sedan , en 1539. Il est le premier qui ait pris lé titre de prince de Sedan. Il agrandit cétie ville , et en augmenta considérablement les fortifications. C'est à lui qu'est due la gloire d'y avoir introduit des fabriques et fait fleurir le corninerce dails sa principauté , où il attira les ouvriers protestans des emitrées Toisines. Robert assista au siège de La Rochelle, en 1573^ sous les ordres du cardinal de Richelieu. Il donna asile aux calvinistes dont il ^nbriftssa là doctrine. Cet acte de politique de la part de Robert, fut lune des principales causes de la splendeur dé la ville et principauté de Sedab. Les calvinistes in(|uiétés aloi^ dé toutes parts en Europe , à une époque où presque seuls, ils possédaient la richesse et; les moyens de fabrication , trouvèrent un port assuré de salut pour eux dans l'Ardenne;
Robert mourut le 2 décembre 1574. On a de lui: Ordonnances du duc de Bouillon pour le règlement de
la justice de #0^ ierres souveraiftes de Bouillon , Sedan, J omets, Raucourt, Flettranges , Florenville, Mersain^ court, Lognes, et le Saulcy , avec les eoutumee générales desdites terres et seigneuries. Pam, Robert Etienne^ 1568,iii-foL
1575. JONGHE {Adrien de), ou JCNIUS , naquit le 1" juillet, 1512, selon quelques-uns au village de Homes dans le comté de œ nom , et selon d'autres , à' Horn , en Hollande* De bonnes études qu'il fit à Harlem et à Louyain , lui ouvrirent la carrière des sciences , dans laquelle il se lança ayec toute lardeur du jeune âge. Etant venu en France , il s j mil au nombre des diseiples de HouIUer. Delà il passa en Italie ^ où il se fit reoeyoir docteur ep médecine ^ parcourut rAHe* magne , passa en Angleterre , et y devint médecin du duc de Norfolk. Pendant le séjour qull fit dans ce royaume , il composa sa Phdlifpéide , poème au sujet du mariage de Philippe H^ arec la^ reine Marie, qui parut à Londres. De retour en Hollande , il fut appelé à C!openhague , pour y remplir la charge de précepteur du prince royal; mais comme le climat ne lui convenait pas , il quitta brusquement le Danemarck , et vint s'établir à U^rlem. Cette ville ayant été assiégée , en 1672, par les Espagnols, il trouva le moyen d'en sortir ^ se retira d'abord à Armuyden , et passa enfin à Middelboorg. La douleur que lui causa le pillage de sa bibliothèque , et l'insalubrité de la Zélande , portèrent une si profonde atteinte à sa santé , qu'il succomba , le 16 juin 157JS, au moment où il venait d'être nommé professeur à l'Université de Leyde, fondée l'année inème de sa mort.
On raconte que J. Sambuc, dans le désir de voir longhe , fit exprès le voyage de Hollande , mais qu arriyé à son logis, apprenant que ce savant était à s'entretenir et à boire dans un cabaret avec des fourmans.
c'est-à-dire 9 des charretiers, tl en conçut tant de mépris, qu'il partit sans laToir vu. Jonghe s'exjcusa fort, alléguant qu'il' ne s'était trouvé avec ces charretiers, que pour apprendre d eux quelques termes de leur métier , dont il avait besoin pour son nomenelator.
Vossius a fait l'éloge des Centuries dAdcufes que Jonghe a ajoutées à celles d'Erasme. Quoique savant et très-versé dans les langues 'grecque et latine, ses traductions sont peu estimées. Huet lui reproche d Savoir souvent pris le sens des auteurs de travers, et d en donner ainsi une fausse interprétation. On prétend même que dans la seule traduction d'Eunapius, il a commis plus de six cents fautes. On a de lui :
l*' Casm naturales et médicinales qnœs tûmes ixxxiv circà hominis naturam et morbos aliquot latine Adriano Junio interprète, et grœci exemplaris castigatione ad finem adjecta, Paris, 1541 , in-4^
2" Plutarehi convivalinm problematum Décades V cwn scholiis brevibus. Lyon, 1547, in-8\
3** Lexicon grœco^latinum auctuni. Lyon, 1548, în-8". Ce dictionnaire auquel il avait travaillé en Angleterre, et qu'il augmenta de plus de 6500 mots, fat mis à l'index à Rome, parce qu'il j donnait le titre de roi à Edouard YI , auquel il l'avait dédié.
4"* De anno et mensibus commentarius, Fast&rum liber et cahndarium. Bâle, 1553, in-8*. Grsevius a réimprimé cet ouvrage dans le 8"* volume de son 7%esauriLS antiquitattifn romanarum.
5" Philippccis , seu carmen heroîcum in nuptias Philippi II et Mariœ reginœ Angliœ. London , 1554 , in4^ C'est un poème en vers prosaïques.
6" Remarques sur la pièce satyrique de SénèqtM, touchant la mort de l'empereur Claude^ imprimées avec les œuvres de Sénèque, en 1557 et 1613.
7" Copiœ cornu, sive oceanus enarrationum ffomeri" carum ex Eustachii eumdem commentariis concin" natum. Bâle, 1558.
,8* Adcufiorum ab Erasmo omissorum centuriœ ocio cum dimuliâ. Bâle, 1558, id. avec les adages d'Erasme. Paris, 1579, in-fol.
9° Phalti, eao fungorum génère in Hollandiœ stabuktispassùn erescentis descripiio et ad vivum empressa figura. Detphis , 1564, in-4% id. Leyde, 1601 , in-V.
Réimprimé avec le Recueil des Lettres de loeghe.. Dordreeht, 1652. \
10* JV&nius Marullus et Fulgentius Pkwiùdès^ de prisco sermone restitutus. Anvers, 1565, in-'S". C'est la meilleure édition qui ait été publiée de ces auteurs*
11* Eunapius de vitis phitosophorum et sophistarum grœeè et latine. Ânyers, 1568, în-8"; Heidelbergae , 1596,în.8\
12* Martialis epigrammatum libri XII; Xeniorum Uberl, cum scholiis Hadriani Junii. Anvers, 1568, in-16 , id. Strasbourg, 1595 , in- 16.
13* Ob^ervationes in Plauti comœcUas. Bâle, 1568,
li'' Emblemata et œnigmata. Anvers, 1569, in-16, id., citm appendice. Leyde, 1596, in-16. Ces emblèmes t't énigmes ont été traduits en français , par Jacques. Grevin. Anvers , 1570, in-16.
15* JVonienclator omnium rerum,, propria nomina varUs Unguis expUcata indicans. Paris, 1566, in-8*. Anvers, Plantin , 1577, in-8*, ibid. 1583, in-8*. londres, 1585, in-8*. Francfort, 1596, in-8*. Ibid. 1620, in.8*.
16** Hesychius Milesius de iis qui erùditionis famâ claruerunt. Anvers, 1572 et 1615, in-8*.
17* Anvmndversarum libri VI et de coma commentom#. Bâle, 1556, iji-8*. Francfort, 1604, in-8*. Eadem ab auctore in numeris , in locis em£ndata et m- ^nibus suppletJïentis locupletata. Accedit ajtpendix Hadriani Junii ad animadversa sua , nuncprimùm ex ^l* F, autographe in lueem édita eœ bibliothecd Comelii yanàrckel. Rotterdam , 1708, iu-8*.
IS"* Joannis Ravisii tewioris epithetortmi epiiome recognita et aucta , in-1 2*
19^ Batavia. Leyde, 1588, in-4% Dordrecht , 1552, in-8*'. Cesl dans cet ouvrage de Junius, quç les Hpltandais puisent leuiis plus forts argumens pour étayer lear absurde prétention à l'invention de rimprimerje > prétention y qu'après beaucoup d'iautres ^ a si bi^n refutée le savant Lichtenberger dans son Histoire de Finventim de Tintprimerie pour servir de défense à la vilk^de Strasbourg contre les prétentions de Harlem* Un voL in-8'', portrait et planches. Strasbourg, 1825»
20"* Epistola lÀwam ad Calputniutn Pisonem emmdata. Elle se trouve imérée dans réditiou de œ poète, publiée à Leipsick, en 1689 , in-^"*.
21*' Adagiorum compendium. Genève, 1593.
22** Poèmatapia et morùlia. LeJde^, 1598> in*8^
23*^ Observationes in PetronU a/rbitri sé^tiricoi%. Elle» sont insérées dans l'édition de Pétrone , imprimée à Francfort en 1629, in-*\
TA" Notata in utmmque Senecam.
25"* CassU Jàtro Sophistœ medicœ quœ^tiones, cum grcBci exempUiris cckstigationibus.
26** Epistola/riim volumen.
27"* Epistolœ et oratio de artium Uberalium, digfiir taie. Dordrecht, 1682, in-8% On trouve à la fin de ce livre une vie de Junius , qui manque souvent d exactitude.
Au rapport de Barthius, plusieurs écrits reoiarquables de Junius sur les auteurs grecs et latins , n'ont pas été publiés.
1576. DELBROTJCK ( Jmn C7owmrf),curé oxi vesii de Verviers. Il est le premier qui ait été soumis à la résidence. Il était marié avec Marie Doupille.
*1577. VALOIS (Marguerite de), reine de Navarre, première femme de Henri lY , vint à Liège , en 1577 f
acoompttguée de la princesse de Rohan-6ur-Yoii et de rintéressante Hélène de Tournon.
Marguerite se trouvait alors dans une position difficile. Henri III , roi de France , Tenait de se déclarer chef de la Ldgue , et se ptoposait de faire une guerre vigoureuse aux protestans.. Cetle princesse ne pouvait' se ccoire en sûreté dans une cour ennemie de son mari , quelle ne pouvait espérer d'aller rejoindre. Le duc d'Âlençon , frère de la reine , lui suggéra , dans «on embarras , de prétexter que les médecins lui avaient ordonné les eaua^ dt Spa^ pour l'entière guérison d'un érjsipèle qu'elle, avait eu autrefois au bras. Il la dirigea de ce côté , dans l'espoir qu elle lui concilierait l'amitié des principaux seigneurs des Pays-Bas.
Marguerite partit dotic , et suivant Tusage alors des
personnes de son rang , elle fit le voyage de France
à Liège , en IMén faitB à pilliers doublez d*or et de
wk^ nuée à^dsviee^y ayante ou à la doublure , nu
Qux vitres j quarante devùes toutes différente» , avec
ki mots en espagnol et en italien sur le soleil et ses
(ffets..... Elle fut logée au palais de l'évéque sur la
place St-Lambert , durant les six semaines de séjour
qu elle fit à Liège , où «Ile se faisait apporter chaque
jour les eawc de Spa. • • • et étant conviée , dit-elle ,
dans ses mémoires ^ ou par Févesque , ou par les char
wmes^ daller en festin en diverses maisons et en divers
jardins , comme il y en a dans la ville et dehors de très^
heaux^jy alla/y tousksjours accompagnée de tévesque;
dames et seigneurs étrangers . • • • lesquels venoient tous
^ matins en fna chaanbre pour maccompagner au
jardin où falUds ,prendre mon eau ; car il faut la
frendre en se ,promenant.
On se faisait un plaisir d'augmenter le cortège de Marguerite da Valois : son enjouement , son affîibilité » ^ jeunesse et surtout sa rare beauté; relevée par* une ^^^g^nte parure (dont on peut voir tous lès détails dans
les vies des tlcMnes illustres, par Braniâmef , amaat passionné de cette princesse) , lui attiraient un cercle nombreux d'adorateurs ^ qui ambitionnaient de lui témoigner les différens sentiment qu'efie leur inspirait. Entourée de ses courtisans , le matin était consacré à une conversation spirituelle ^ et voici comme elle décrit elle-même lés amusemens qui remplissaient le reste du jour. Pourtant de hà (des jardins du palais), nous passions lajotÊmée ensemble^ allant disnerà quelque festin y. ou après le bal y nous allions à Yespres en quelque religion ; et Vaprès-souper se passait de même , au bal ou dessus l'eau a'ûec de la musique. • . •
François Salviati , son premier écujer, ainsi que son trésorier , tous deux vendus à ses ennemis , feignant de n'avoir pas d'argent, s'excusèrent de payer la dépense qu'elle avait faite à Liège ^ ce qui fut cause, dit elle, qu on retint mes chevaux, me faisant, avec le danger, cet affront public. Madame de la Roche-sur-Yon , indignée de ce procédé, avança l'argent nécessaire. Marguerite, avant de quitter Liège qui lui plaisait beaucoup, donna en présent à l'évêque Gérard de Groësbeck, . un diamant de trois mille écus^ et à ses serviteurs deg chames d'or ou des bagues. Elle passa ensuite à Huy et à Dinant ; mais non sans de grandes aventures.
Le reine de Navarre portait toujours un musqué qu'elle ne quittait que dans ses appartemens. Les femmes en France suivaient encore cette mode sous Louis XIY, à la ville et à la campagne, pour se préserver du hâle.
L'infortunée et intéressante Hélène de Tournon, fille d'honneur de Marguerite , trahie indignement par son amant , le marquis dé Yarambon , en mourut de chagrin et de désespoir durant son séjour à Liège , où elle avait accompagné cette princesse. Elle y fut enterrée dans l'église des PP. Mineurs.
' Sa fin tragique , qui affligea amèrement la reine , a
donné matière au roman : Madenioigelle de Tommon , imprimé à Paris, en 1679 , in-12. M. de la Place a composé une romance sur le même sujet, qu'il a insérée dans le troisième yolume des Pièces intéreêsantes et peu connues pour servir à l'histoire et à la Utté^ rature.
Dans les Mémoires que cette princesse a écrits ellemême et qui portent son nom , on trouve tous les détails de son voyage dans le pays de Liège. La meilleure édition , du moins celle préférée par les bibliographes, estledition imprimée à Liège chez Brondtart, 1713, in-8*. Jean Godefroy y a ajouté quelques notes et un traité, assez curieux : la Fortune de la cour, ainsi que les Eloges de la reine Marguerite et de Bussy , composés par Brantôme, auquel les Mémoires de cette princesse sont adressés*
1578. ESCHIUS (Nicolas), né à Nordwick, près de Bols-le-Duc , fut archi-prêtre à Diest , au comté de Looz, et directeur du béguinage de cette ville. Il eut pour disciples, les savans jésuites Pierre Canisius et Laurent Surius. Arnould de Jean a publié une vie d'Eschius.
* 1578. B06CHË (Jean), surnommé LeneaûSy médecin, helléniste , physicien et naturaliste, né à Looz, ville de la principauté de Liège. Il fut appelé à Ingolstadt, en 1558, pour y remplir une chaire de médecine dans IHQniversité de cette ville. Ses ouvrages , qui manquent parfois de critique, attestent une grande érudition. Il a publié :
1* Oratio de optimo medico ac ntedicinœ auctoribus. Ce discours , qu'il prononça lors de sa réception à rUniversité dlngolstadt, est digne d'éloges. Il a été inséré dans le 1"*' tome des Oraisons de F académie de cette ville. 1558.
2» De peste liber. Ingolstadt, 1562 , in-4^
3** Concordia phUosophorwm ac fnecUcorum de humano concepiu., atque fêtés corporaturd, incremento, animatione » mord in utero ac nativitate de Centauris , Satyrù et Slonstrù. Ingolstadt, 1576, 1583 «t. 1588,
Cette dissertation fait peu d'honneur à ce savant , bien qu'il ne rapporte que des erreurs très en vogue dé son temps. Il j soutient que les Centaures, les Sa-tyres et tous les Monstres, ne soi\t que le frui^ du commerce que les femmes entretiennent m>ec les démons,.
4*" Une édition à*Ocetlus Lucanus , w^pi rowArrêSs Louvain, 1544, in-8\ II a donné une traduction de cet ouvrage, qui traite de la nature de lunivers, et la enrichie de notes savantes.
b"" De ln^pidibus qui nascuntur m corpore hwnano» Ingolstadt , 1 580 , in-4\
1580. GROESBECK ( Gérard de), évêque de Liège et abbé de Stavelot, reçut le jour au château de Curenge , ville du comté de Looz. Il é^it fils de Jean , baron de Grôêsbeck et de Berthe de Ghoër. La reine de Navarre nous apprend dans ses Mémoires, que c'était un seigneur accompagné de beaucoup de vertu, de prudence et de bonté, et quiparloit bien le français; ctgréabh de sa personne , honorable, magnifique,, et de compagnie fort agréable*
Il accueillit avec honneur , à Liège , tous les moines dçs Pays-Bas, qui , chassés de leurs monastères par les Gueux, étaient venus se réfugier auprès de lui. Il est le premier qui ait introduit à Liège et à Maestricht les RR. PP. Jésuites , très-recherchés alors , comme gens instruits et les plus capables de s'opposer aux nouvelles doctrines qui menaçaient le catholicisme et les têtes couronnées.
Son zèle pour le maintien de la religion catholique, sans être aussi outré que celui 'de ses prédécesseurs,
Evrard de la Bfarck et Robert de Berg, lui mérita la faveur de la cour de Rome , et lui valut le. chapeau de cardinal*
Liège lui est redevable du premier MonP^k' Piété , bien utile alors aux malheureux, horriblement maltraités par les usuriers.
Sous son règne, on vit s'établir à Liège, la première verrerie que Ion connaisse dans le pays. On j employait, dit-on, le sablé de la Meuse. Ce n'est que depuis lors, que l'on se servit de vitres pour les fenêtres dans les maisons particulières : elles étaient en forme de lo« sauges.
Groësbeck, élu évêque dans des temps difficiles, à une époque de réaction dans les idées religieuses et politiques , gouverna le pays et le diocèse avec prudence, et surtout avec zèle, fermeté et courage.
Il ne craignit pas de s'opposer aux exigences du prince d'Orange et de lui refuser le passage pour ses troupes. Ce prince irrité d'un pareil refus ,: bombarda la cité de Liège, en 1558; mais l'évêque le força à battre en retraite.
Ce prince avait étudié lesprit de la constitution liégeoise : il la connaissait parfaitement , puisqu'il Ta résumée toute entière dans une phrase bien remarquable de son mandement du 15 japyier 1578. Un prince de Liège ne donne sentence que par 8e,s justices , et ne fait oraonnances contre Us lois du pays que du consentement des Etats. Cependant , Groësbeck n'a pas laissé d'essayer fréquemment d'empiéter sur les droits de la nation.
Sous son règne , eut lieu la révision de toutes les lois du pays, appelée depuis Ré formede Groësbeck» C'est un Recu&il, ou plutôt un véritable Code^ divisé en 28 èfuxpitres ou titres, et intitulé :
Statuts et ordonnances touchant le style et la mâr nière de procéder , et t admirUstratùm de la justice
defoant et par le9 courÉ et justices séculières du pays de Liège. Imprimé à Liège, chez Gilles Radée, eu 1572» Louvrex la inséré dans son Recueil des Edits.
L'abbé Burton, curé primaire de Marche, est lauteur d'un Précis historique sur Gérard deGroësbeck, couronné par la Société d'Émulation, en 1785.
* 1580. GAMMEREN (Hannard van), né à Hémert sur la Meuse , était poète et médecin. Après avoir long^ temps servi dans les troupes de Dom Juan d'Autriche , en faveur duquel il a écrit plusieurs apologies , il enseigna la langue grecque dans les écoles dlngolstadt, et fut ensuite recteur du collège de Tongres.
* 1581. PERSIN {Jean), de Jupîlïe, se rendit célèbre par son infatigable charité durant la peste qui désola Liège et les environs, en 1579, après la prise de la ville de Màestricht par le duc de Parme. La contagion exerça de si grands ravages pendant trois mois, que la cilé était devenue comme une solitude; Therbe croissait dans les rues. Dans ces jours de désolation , Jean Persin , ecclésiastique , animé d'un saint zèle , se montra partout , courant à pied , à cheVal , dans la ville , dans les campagnes, pour porter des secours spirituels ou temporels aux malheureux pe^ifèrès, dont le nombre s'était tellement multiplié , qu'ils mouraient sans secours. Belzunce à trouvé des apologistes , et Persin a passé presque inaperçu dans Thistoire!...
1581. PAPIUS (Anrfr^, naquit à Gand vers l'an 1547. Son oncle , Levinus Torrentius , alors chanoine de Liège, l'appela auprès de lui , pour diriger son éducation. A l'école d'un tel maître; il profita si bien, qu'il faisait l'admiration de Charles de Langhe. Il obtint un canonicat de l'église collégiale de St.-Martin , à Liège. Comme il s'exerçait une nuit pendant la canicule à passer et repasser la Meuse à la nage , les forces
venant enfin à lui manquer, il se noya. Telle fut lâ fin malheureuse de Papius , mort à la fleur de l'âge » dont les travaux avaient donné les plus brillantes espé«rances. Il avait acquis une connaissance parfaite des langues grecque et latine ; il était bon poète et musi** cien. Ses œuvres sont :
1** De situ or bis. Paris , Robert Etienne , 1747 » in-4". Anvers, 1575, in-S"*. C'est une traduction en vers héroïques du livre de Denis d'Alexandrie , avec de savantes annotations. 11 n'avait que dix-huit ans lors^ qu'il publia ce travail.
2'' De consonantiis sive harmoniis musicis liber ^ Anvers, 1581 , iri-12.
S"" Musœi poëma : de amoribus Leandri et HenU* 4"" Castigationes et annotationes in Prisdannm Dio'^ nysii interprètent Anvers, 1575 , in-8*.
1581. FABRICE {André), poète, philosophe, théologien , orateur, né à Hodeige, village de la Hesbaye. n fit ses études à TUniversitè d'Ingolstadt , où son frère Gotofrède enseignait avec distinction. Il professa la philosophie au collège de Ste.-Gertrude à Louvain. Appelé à Rome par le cardinal Othon d'Ausbourg , qui lavait connu durant sa légation aux Pays-Bas , il fut présenté au pape Paul IV; nommé conseiller des ducs de Bavière , il fut député par eux au Concile de Trente, et obtint ensuite la prévôté d'Ottingen* On a de lui , enlr'autres :
1* Harmonia confessîonîs Atigustanœ. Cologne, 1 587, in-fol.
2'' Evangelicus fluctuans; tragœdia* 3* Samson; tragœdia.
1582. GUICHARDIN {Louù), fils de Jacques, et neveu de François Guichardin ; il mérite une place par son ouvrage estimable écrit en italien , dans lequel il donne le premier , une description exacte de toutes
les provinces des Pays-Bas et de l'État de Liège. Il conseilla au duc d'Albe dabdir le carême , et ne craignit pas d'expliquer son sentiment par éqrit. Quoique ce conseil fût très««alutaire , le duc lui en témoigna son ressentiment et le fit mettre en prison, non pour la chose en elle-même , mais parce que cet écrit lui avait été conimuniqué par un ami perfide de Guichardin, qui le lui avait dérobé , pour s'en faire uti mérite auprès du duc d'Albe. Il mourut à Anvers où il faisait son séjour habituel.
Dans son histoire «il nous apprend, que : ce^te cité (Liège) flouriêsoit plusjctdiê quelle ne fait à présent, à cause que les lettres et toutes sciences y estaient en grand honneur* Pour les lettres, il y a toujours eu dans tEvesché de Liège des hommes rares et renommés , tels que.... ont été iVotger, François, Etienne, tous trois Evesques de Liéyeet en fans natifs de ceste ville...
Les Liégeois, dit-il , parlent ordinairement français : mais , pour ce qu'ils sont entre la France, et rAlle» magne et les Pays-Bas, leur langage est fort estrange et corrompu, quoiquUs taschent de jour à autre de U polir et repurger : cependant la noblesse , et les gens de qualité et de sorte , ont assez bien t usage plus net de la délicatesse de ceste langue.
Sa Descrizione di tutti ipaesi Imssi, altrimenti Germania Inferiore, a été traduite en français et publiée par Belle-Forèst , sous le titre de : Description des PayS'BaSfChrisX. Plantin. Anvers, 1567, in-fol., avec £g. Ibidem, 1582, in-fol.
1582. HODTHEM (ZiierQ, religieux hiéronimite, littérateur, moraliste, décoré par ses contemporains du titre de poète lauréat, naquit à Tongres An commencement de ce.siècle. Dès l'âge le plus tendre , résolu de se dévouer à Dieu , il entra dans la congrégation des frères de la vie commune , ou de St.-Jéromc ; il enseigna
d'abord les humanités à Hons , et fut ensuite appelé à la direction du couvent de son ordre à Liège. C'est en partie pour la jeunesse , que Houthem a consacré ses Teilles, Il composa, sous le titre de Précepteê, un re^caeil de poésies latines , adressé aux jeunes gens qui veulent s*adonner aux lettres ; recueil qui contient des maximes et des sentences où brille la morale la plus pure, n a joiqt à cet ouvrage , imprimé par Morbérius à Liège risn 1573^ in-S"", un Poème sur la naissance du Sauveur du monde. Nous avons encore de Houthem , une tragédie et une comédie , publiées chez le même imprimeur en 1574 et 1575, in-S**. La première est intitulée : Gédéon; la seconde : le Théâtre de la vie hur moine* L'auteur cherche dans celle-ci à faire connaître l'homme , et il y trace , avec les couleurs les plus vives^ les di£Eérens tableaux de son caractère.
Cet écrivain étale dans ses poésies une grande érudition; c'était le goût de son siècle ; il cite presque tous les poètes de l'antiquité , et même il copie souvent des vers entiers , tirés des poètes ^recs ; il les avait lus avec fmit et s'était pénétré de leurs beautés : on ne peut enfin lui refuser un talent marqué pour la poésie latine.
Houthem entreprit le voyage de Rome dans un âge assez avancé, et mourut en revenant dans sa patrie, en 1582. On trouve une partie des Poésies de cet au«teur, insérée dans les Deliciœ C. poëtarum Belgi^ €orum^ de Janus Gruterus , 2* partie, page 1145.
* 1583. ONLY {Jean d), moine bénédictin de l'abbaye d'Orval , est l'auteur d'un manuscrit qui se trouve à la bibliothèque de Bourgogne , à Bruxelles , intitulé : \ Itecuml de mémoires historiques concernant le Duché de Luxembourg ; il intéresse aussi le pays de Liège.
1583« GOLTZIUS (Hubert), savant antiquaire , né à Venloo, au duché de Gueldre. Il fut le disciple de
Lambert Lombard y auprès duquel il étudia la peinture, l'histoire des antiquités et la numismatique. On lui doit la publication de la Vie de Lambert Lombard, et un grand nombre d'ouvrages sur les antiquités , dont nous ne citerons que son Itinerarium per luUiam, GennarUam, ae Gallia/m -, qui intéresse le pays.
1584. PELTE {Théodore de) , né au village de ce nom , dans le pays de Liège. Il entra dans la compagnie de Jésus, et enseigna arec distinction , les langues grecque et hébraïque , à l'Université dTngolstadt. Il a publié :
1* Victoria Antwcheni in Marcum,, et TitiBostrorum episcopi in evcbngelium Lucœ comTnentarii , antehàc nunquàm in luce eddtû Ingolstadt , 1 580 , in- 12.
On trouve à la fin de cet ouvrage : Dionysii Aiexandrini erudita epistola de Dominioœ resurrectionis tem-pore, deqiie Paschalis jejunii termino. Ces deux écrits ont été traduits du grec en latin par Pelte.
1585, MOL ANUS ou VERMEULEN {Jean), savant historien ecclésiastique , docteur en théologie et censeur royal des livres à l'Université 4e Louvain. Il reçut le jour à Lille et adopta Louvain pour sa patrie , qui était celle de son père. Ses immenses recherches sjur les antiquités ecclésiastiques ont été publiées dans ses nombreux écrits , dont nous ne citerons ici que ceux qui intéressent l'histoire de l'évêché et pays de Liège :
1" Usiuirdi martyrologium, , annotationibus attctum. Louvain, 1568 et 1573, in-8^ Anvers, 1583, in-8".
2"* Calendarius ecclesiasticus Radulphi de Rivo. Louvain , 1568, in-8".
3" Indiculus et chronicon sanctorum Belgii cum calendario belgico. Louvain, 1573, in-8°.
4* Natales Sanctorum Belgii. Louvain , 1595 , in-8*. Douai, 1616, in-8''. Arnould de Raissius, chanoine de St.-Pierre à Douai , en a donné une plus ample édition. Douai , 1626 , in-8°.
5* De canontcù et agris Dei. Idbri IIL Louvaîn , 1635 et 1670^ in-8% Cest un ouvrage savant et trèscurieux. Paquot en a donné une édition.
6*" Militia sacra ducum a€ principum Brabantiœ mm noiis Pétri Louwii. Anvers, 1599, in-S"".
7" Antuiles urbis Lovaniensù. Libri XII. Cet ouvrage est resté manuscrit.
1585. ANDRICHOHIUS (Christian), né à Delft , géographe et écrivain ecclésiastique. II dirigea le cou- Tent des religieuses de Ste.-Barbe, se retira d abord à Malines , ensuite à Maestricht, et mourut k Cologne. On a de lui :
l* Theatrum terrœ sanctœ, et biblica/rwm htstoriarnnij cum tabulis geogrnphicis asre eœpressis. Coloniae, Agr. JudocusHenr. Kramer, 1682, in-fol., id. Cologne, 1590,in-foL
2* Urbis Hierosolymœ descriptio. Coloniœ, 1588, in-12. Agr. Arnold Mjlius, 1592, petit in-12.
B"" Chronicon ab initio mundi usque ad mortem S, Joannis Evangelistœ.
4* Christs Adrichoniii Jérusalem , sicut ChrisU tem" pore ftoruit, et subtM^banorum insigniorumque historiarum ejus brevis descriptio. Colonise Godefridus, Kemp. 1584 , in-8* ; ecUtio princeps et rara.
Sa géographie sacrée et les cartes de chaque tribu qui raccompagnent , sont un véritable chef-d'œuvre pour son temps. Le jésuite Bonfrerius s'est utilement servi de ces cartes qu'il a corrigées et insérées dans son Onasmaticon urbium et locortmi source scripturœ. Paris., 1631, in-fol.
1586. FROJUScfe Liessy (Jacques), abbé d'Hasnon, nelléniste, écrivain éloquent. Il fut d'abord religieux ^Ç 1 abbaye de Liessy en Hainaut, alors diocèse de l'iége, où il eut pour, maître le vénérable Dom Louis de «lois, dont il a écrit la Vie, imprimée en tête des
«œuTnes de cet abbé. Il fut lui-même élu abbé dTHasnoi ou de Saml-Amand en 1^69^ et mourut en 151 Outre la vie de BIosîu&, il à composé celles des Saifil 'du Hainaut.
1586. HONORÉ {Barthélémy), né à Liège, chanoinj régulier de Tordre des Prémontrés , historien , poètC] théologien. On a de lui ^
1*" Description de F entrée triomphante cTEmest Ba/vièrè à Liège. Poème en vers latins.
2"" Victoire d Adolphe de Cortembach, vicomte HehnonU
3" La Vache Belgique.
^"^ Le nuMsacre de Va/miral de Coligny^
5'''' Le màBsacre de la SL^-Barthélemy^
%* L Hodœporicoh du voyage d Italie.
7* Un recueil de bons m^ts^
8"* Des àctibnà les plus éclatantes de Charles V^
9° Elogium Sànoti Norbertù
10^ Histoire des plus célèbres abbayes de ïorâ/re de Prémontrés.
IV" Une édition de FElucidarium du B. Anselme,, archevêque de Cantorbéry. Cet ouvrage était resté mar\ nuscrit.
12^ Soixcmte^diœ quêtions théologiques contre hsl Calvinistes.
1587. FDCHS ou FUSCH {Bemack), fréquemment! désigné.sous le nom de Bem^cle de Lim^bourg , naquit" dans cette ville, et fit ses première^ études à Liège, chez les Frères de la vie commune. Il passa ensuite en Allemagne , où il étudia l'histoire naturelle et la médecine. Son séjour dans cette contrée fut assez long pour se lier étroitement avec les savans de ce temps, entr autres , avec Othon Brunfels , qui lui procura une partie des matériaux pour ses-Fiie^ des médecins. De retour de ses voyages, en 1533 , il se fixa à Liège ; et soii
frère, Gilbert , pîus connu sous le nom de Phitarèiir^ hi résigna le canonieat qu'il avait dans Téglise coUé- ^le de Sl.-Paul , en cette ville. Remacle consacra au travail du cabinet, sa longue existence, qu'il termina le 21 décembre 1587, après avoir publié un assez grand nombre d'ouvrages. Il fut enterré dans fégfise St.-Paul,. Mprès de son frère. A notre connaissance, il est le dernier chanoine qui ait exercé la médecine à Liège. On a de lui :
V Ilîustrium medicorum qui superiori gœculo flo^ ruerunt ac scripserunt vitœ , ut diligenter ità etfideliter txcerptœ. Paris, 1542, in-8*. A cette notice biographique très-incompTète , Tauteur en a joint une beaucoup plus incomplète encore, publiée isolément par Symphorien Champier, quelques années auparavant,. jsoos le titre suivant : Annexus in cake quorumdam Neoticorum catalogua, qui nostris temporibus scrip^ immt. Le premier ouvrage, qui est de 128 pages ,. gros caractère , est fort superficiel ; le second qui ne contient que 9 pages , l'est encore plus; mais ils sont les premiers qui aient paru sur cette matière f" et sous ce rapport, ils ne sont pas sans mérite.
2* Morbi Hispanici, quem cUii Gallicum, alU Nea^politanum appellant, curandi^ per ligni indici, quod Ouaiàcum vulgâ dicitur, decoctum, exquisitissima me-- M/us , etc. Paris , 1541 , in-8'. Fuchs signale les causes, les symptômes , les récidives , souvent occasionnés par l'ignorance du guérisseur; il indique le préservatif et curatif; il conseille de brûler, de scier, d'exciser les os cariés : toutefois , il ne semble pas avoir confirmé par sa propre expérience ces moyens énergiques.
3* De piantis anteà ignotis, nuric studiosonmi ali^ îtto^ NeoteHcorum summd diUgentiâ inventif , et in lu^ ce»i datis, libellus. Ufià cum tripUci nomenclature, 9^ Hngulas herbas herbarii^ et vulgu9 gallicum ae
germanicum efferre soient Ce mince Yolume in-12,d^ soixante pages non chiffrées, a été, malgré son faibl^ mérite , réimprimé plusieurs fois , sous ce litre , qu i| «st loin de justifier : Plantarum omnium quarum hodk npud pharmacopolas usus est magù freqtiens nomety^ claturœ , juoctà Grœcorum, Latinorum, Gallorum, Italorum^ Germanorum^ sententiam collectes, ordiM alphabetico. Paris, 1541, in-8^ Venise, 1542, in-8', Anvers, 1544, in-is*.
4" De kerbarumnotitid , nature atqueviribus, dequi iis, tûm ratione, tùm experientiâ tnvestigandù , dut* logus. De stmpltciummedicam^ntorum,, quorum, apud pharmacopolas frequens usus est , electione 9eu delecUi, tabella, Anvers, 1544, in- 12.
5** Historia omnium, aquarum quœ in eommuni hodiè practicantium, sunt usu : item, conditorum, etsp^ cierum arom^ticarum , quarum usus frequentior est apûd pharmaoopolas. Paris, 1542, in-8". Venise, 1542, in-8". L'auteur décrit communément les plantes qui fournissent les eaux médicinales; il n'oublie pas l eau de mélisse, qui, dès cette époque, jouissait dune grande renommée : enfin , le livre est terminé par un court traité des conserves, des électuaires , et des espèces aromatiques.
6" Pharm^acorum omnium quœ in commUni sunt praoidcantium usu tabulœ decem» Paris, 1546, in-8% Ljon, 1574, in-8^ Venise, 1598, in-folio, avec le Lilium medidnœ de Bernard Gordon. Paris , 1569 , in-16.
l"" Historia aquarum, seu de aquarum^ usu, viribus et rectd distillatione. Paris, Janotius, 1542, in-8%
Dans le même temps , Léonard Fuschs , savant médecin allemand, publiait ses vues nouvelles sur la médecine , et ses commentaires sur l'histoire des plantes. La similitude de nom porterait à croire , que les deux familles avaient la même origine.
1587. BONOMI {.Jean Françms)^ évêque de Verceit ^ .naquit à Crémone, le 6 octobre 1536, d'une famille ^ noble. Après avoir fait ses études dans sa patrie , à , Sologne et ^ Pavie , et avoir reçu dans cette dernière Université le doctorat de la faculté de droit, il se rendit à Rome, où il eut le bonheur de plaire au célèbre cardinal St.-Charles Borromée , qui î employa dans des affaires importantes, lui résigna son abbaye de Nouantola , et lui laissa dans la suite , par son testament, ses manuscrits. Bonomi ayant résigné à son tour cette abbaye, fut nommé à Tévêché de Verceil, en 1572, et fut sacré à Milan par St.-Charles. Ce fut lui qui introduisit dans son évéché l'office romain , au lieu de celui d'Eusèbe qu'on y avait suivi jusqu'alors. Les papes Grégoire XIII et Sixte V lui confièrent plusieurs légations, entr'autres chez les Suisses et les Grisous, en 1579. Il courut d'assez grands dangers à Coire et dans d autres villes ; on dit qu'il s'y exposa pour la foi : le fait e$t , que c'était pour introduire dans ces cantons, des Jésuites et des Capucins. Il y réussit à son honneur, et établit une maison des premiers à Fribourg , et des seconds à Altorf. Il ne montra pas moins de zèle et de courage dans une autre légation en Allemagne, en 1581 , où il vint à bout de déposer l'archevêque-électeurde Cologne, Gérard Truchsès de Valdpurg, qui sétait déclaré contre l'église romaine , et d'établir à sa place, Ernest de Bavière, évêque de Liège, fils de Louis, électeur de Bavière. Après cette expédition qui lui fit beaucoup d'honneur auprès de la cour de Rome , ayant été nommé légat en Flandre , il vint à Liège en 1586, et à Spa, pour y prendre les eaux, dans la résolution de faire publier dans le pays, le Concile de Trente, contre lequel les différcns corps de Tétai, et notamment le clergé , avaient élevé des réclamations , parce que ce concile contenait plusieurs points contraires à leurs droits , privilèges et liberté. Pour y par-
venir d'une manière quelconque , il ne s'adressa ni aux états, ni au magistrat» mais convoqua un sjnode. Il j déclama contre le9 dérèglement des eccUsiasttqne^ , qui (selon lui) désolaient t église par le trafic ignominieux des bénéfices , par les confidences simomaques , etc. In» siniêant a/cec adresse, que tous ces désordres n avaient lieu, que parce quon n avait pas voulu laisser publier le saint concile : que c'était une chose étrange de voir que les royaumes c(e la terre, qui ne sonti pour ainsi dire, que les élémens du monde inférieur, rejetassent si obstinément les douces et salutaires influences de t église, qui est une figure si naturelle du. monde céleste, etc., etc. Les chefs des églises collégiales répondirent à cette pathétique et paternelle exhortation , qu'ils croyaient qu'il était possible de rendre à Dieu ce qui lui est du , sans perdre dans ce monde , la liberté pour laquelle cet Être immortel et bienfaisant nous a formés, et refusèrent donc de se conformer, en tout, au saint concile , alléguant de nouveau , que plusieurs points s j trouvaient contraires à leurs libertés, prérogatives , et aux juridictions ordinaires : ils demandèrent enfin , ou que cette publication demeurât suspendue , ou qu'avant d'y procéder , on modérât les articles qui renversaient leur liberté. Le légat, pour gagner du temps , leur objecta les bornes du pouvoir dont il était revêtu. En conséquence , ils rédigèrent une protestation contenant leurs griefs, qu'il fut requis de faire parvenir au Pape. Bonomi, en rusé politique, leur promit monts et merveilles; et dans cette confiance, le concile fut publié à Liège , sans préjudice*
L'espoir du clergé fut déçu; le légat pressé par ses continuelles remontrances, ne sachant plus que répondre, après avoir amusé les réclamans de belles paroles, tacha de se tirer d'a£faire avec une astuce qu'on a souvent jadis reprochée aux gens élevés dans les secrets italiens. Obligé d'avouer la vérité , il parla
dès lors au clergé à bouche ouverte, et leur déclara ea ces termes ^ que la cour de Rome s'était refusée à toutes leurs demandes :
t Ceque vous me demandiez j^étais sûr de n'en rien
1 obtenir mais enfin puisque vous refusiez de rece-
»Yoir le concile sans ces conditions r étant astucieux, i/e vous ai pris par supercherie. »
Ainsi fut publié à Liège , le Concile de Trente , au rapport du témoin oculaire , Ghapeauville. Si théologie quement, cette forme est légale; il faut convenir que constitutionnellement elle ne Test guères.
Ce légat se préparait à donner de nouvelles preuves d activité et de fermeté dans les Pays-Bas ; mais les eaux de Spa ne lui ayant procuré aucun bien , il revint à Liège et y mourut le 26 février 1587 ; son corps fut transporté à Verceil, et enterré dans la cathédrale; il avait légué , par testament , tous ses biens au Mont-de- Piété de cette ville. Il était fort instruit dans l'histoire et les antiquités romaines , et cultivait la poésie latine.
1588. MARCK ( Guillaume-Robert de la)^ avoué de Franchimont, homme de coeur, mais sauvage et cruel, était fils de Henri-Robert , et membre de l'état-hoble. Dévoué aux intérêts de la France comme toute sa fa-^ mille , il embrassa le parti du prince d'Orange , ennemi déclaré de Philippe II , roi d'Espagne et souverain des pays où il voulait établir le despotisme et Tinquisitton. Soutenu par Charles IX , roi de France , il combattit le duc d'Albe'^qui le vainquit deux fois.
Durant la guerre entre les Hollandais et les Espagnols, le prince d'Orange ayant délivré, de son ichef, des lettres de marque pour courir sus aux vaisseaux espagnols et autres qui naviguaient sans ses passe-ports , des pirates appelés gueux de m,er, la couvrirent aussitôt. Guillaume -Robert de la Mar<;k se déclara leur chef, et donna asile sur ses vaisseaux aux bâtnnis belges,
que la cruauté et le despotisme sanguinaire de Philippe II forçaient à s'expatrier. Soutenu, du moins en apparence, par le roi Charles IX, pendant que T Angleterre , la Suède et le Daneinarck refusaient de prendre parti en faveur des Pajs-Bas,Guillaunie*Robert fit essuyer Ics^ plus grands dommages à la marine ds Philippe II et au commerce des^ villes soumise» à sor obéissance.
Les ^ueux de mer, obligés- de quitter les ports de TAngleterre , oii ils s'étaient retirés pour vendre leurs prises , abordèrent avec 24 bâtimens, à Tîle de Woorne^ située à Tembouchure de la Meuse ^ s'y emparèrent du port de la Brielle , et le gardèrent malgré tous les efforts de 1 amiral de Boussut pour le leur enlever. Tel fut le berceau de la liberté des Provinces-Unies, à laquelle Guillaume-Robert de la Marck contribua puis» samment par son courage et sa résolution.
Il prit ensuite parti pour le roi de Navarre, depuis Henri IV, contre les Ligueurs, et se distingua à la ba* taille de Gourtras, donnée le 20 octobre 1587, après laquelle il commanda en chef; mais se voyant abandonné des Suisses, qui firent leur paix bientôt après avec le roi Henri III, et ensuite par les Reitres, qui s'en retournèrent en Allemagne, il se retira lui-même à Genève, ou il mourut de maladie ou de chagrin, le l*' janvier 1588, sans avoir été marié*
Par son testament , il institua Charlotte de la Marck , sa sœur, seule et unique héritière en tous ses biens, spécialement en se» terres et seigneuries souveraines de Bouillon, Sedan, Jamets et Raucourt, avec la clause expresse qu elle maintiendrait dans toute letendue de ses états la religion réformée, et quelle ne pourrait être mariée qu'à un protestant, du consentement du roi de Navarre. Il lui substitua, au cas qu'elle m^ourût sans enfans, Henri de Bourbon, duc de Montpensier, son oncle maternel, à la charge aussi de maintenir
ladite religion, faute de quoi la substitutiou est dé-^ clarée caduque, et le prince de Dombes, son cousin, et après lui le roi de Navarre, puis le prince de Condé, sont appelés à la même condition.
Guillaume-Robert institua, par le même testament , le duc de Montpensier tuteur et curateur de Charlotte, donna à celle-^ci un conseil pour le gouvernement et la régie de ses biens, et choisit le brave François de La ISoue pour exécuteur testamentaire, après l'avoir nommé gouverneur-général militaire de ses terres et seigneuries souveraines pendant la minorité de la jeune princesse.
La mort ayant empêché Guillaume-Robert de la Marck d'établir une chaire de philosophie à Sedan, Charlotte , conformément aux dernières volontés de Françoise de Bourbon , sa mère , pourvut à cet établissement. Elle épousa ensuite Henri de la Tour d'Auvergne, vicomte de Turenne, dans la famille duquel passa depuis le duché de Bouillon.
* 1588. GONTHIER (Jean), naquit à Andemach, en 1487 , dans le duché de Luxembourg. Son véritable nom était Winther. Il professa le grec à Louvain , où il eut un grand nombre d auditeurs parmi lesquels on comptait le célèbre Vésale et Saturnius Hortensius. Gonthier fut l'un des plus sa vans médecins de son siècle, et enseigna à Paris.
De ses nombreux écrits, nous nous bornerons à en citer un seul, parce qu'il le composa à Liège, en 1526, à la sollicitation d'un illustre ami, alors qu'il enseignait le grec et le latin dans cette cité, où il demeurait chez Nicolas Bérald. Quelques amis avec lesquels il était en relation à Paris, le pressant de revoir son premier travail et de le publier en faveur de la jeunesse , il le fit sous le titre de : Synta,œis grœca nunc recens et naia et édita. Paris, 1527 , in-8**. C'est le
premier ouvrage de ce savant homme » auquel était réservée la gloire de découvrir la compJieatian de la veme et de V artère spermatiques^
1588. ORBE AU {Thoinet)^ chanoine de Ton grès. On lui attribue llnventioa de la chorégraphié, ou Fart d'écrire ta danse au moyeu de notes de musique.
1588. H ATM {Gérard)^ chanoine et chantre de f église collégiale de St.-Jban, à Liège ^ musicien renommé de son temps. Il surpassa, dit'-on, le célèbre Guioz^ et mourut à Liège ^ en 1588^ dans un âge trèsavancé. ;
1589. GTJIOZ (/ean), célèbre compositeur» naquit ». en 1500» àChâtelet, ville de rancieune principauté de Liège y et aujourd'hui faisant partie de la province de Namur. Ses talens pour la musique lui acquirent une telle célébrité , qu'il fut regardé par ses contempo* rains comme le premier compositeur de son époque y et de bien supérieur à tous ceux qui lavaient précédé. L'empereur Ferdinand P' l'attira à sa cour , et le chargea de diriger la musique de sa chapelle. Guioz»^ après une longue absence» revint dans son pays» et obtint un canonicat de St«-Lambert dans l'église cathédrale de Liège» ville où il mourut en 1589. Il a formé y à son école , un grand nombre d'élèves qui ont étendu les progrès et perpétué le goût de 1 art musical dans leur patrie.
1590. BRY {Thiry cfe)» orfèvre et ciseleur, né à Liège. Ses ouvrages étaient estimés et très-recherchés.
. * 1590. STREAX (Nonwus Eustachdus à) ^ moine bénédictin et prieur de l'abbaye de St.-Jacques à Liège. On connaît de lui :
l** Catalogue des livres imprimés et manuscrits de l'abbaye de St.'Jacques par ordre alphabétique des
ttuteurs , avec un abrégé ch la vie de chacun. 1 589 » YoL in-foL mss.
2"* Eœpositio optent priorum capitulorum Regulœ S. Benedicti... 33 cap., yqI. in- fol. mss. de 268 feuillets avec deux petites miniatures. C'est un traité des douze degrés d'humilité détaillés dans la règle de St.-Benoît.
1590. WAMÈSE(/ean), ou WAMESIUS, jurisconsulte , né à Liège , en 1 524. Il apprit les lettres grecques et latines dans sa patrie , et se rendit à l'Université de Louyain , où il s'appliqua à 1 étude du droit canon et civil , et où il tut reçu docteur en 1553. Deux ans après , il fut appelé à remplir une chaire de droit dans TUniversité de cette ville; ce qui ne lempècha pas de suivre en même temps le harreau et d'y acquérir, comme avocat , une réputation d'éloquence. On avait une si haute idée de sa capacité pour toute espèce de sciences ou d'affaires, qu'on disait communément que Ion ne savait s'il devait être jorofesseur, avocat ou ministre.
Le vainqueur de Lepante , don Juan d'Autriche , envioyé par son frère dans les Pays-Bas pour pacifier les troubles qui commençaient à y éclater, l'appela au conseil d'état. Hais Wamèse , ne voulant point changer de résidence , et préférant , en philosophe , le bonheur de la vie privée et les plaisirs de la science au vain, éclat de la cour, se refusa constamment aux offres du prince , qui se contenta , dans les circonstances les plus épineuses , de lui envoyer demander ses avis. Il mourut en 1590.
Weims et Corsel ont publié ses Redtationes ad tit^ de apellationibu» , et sesResponsôrwm sive consiliorum jurig centuriœ s&x. Anvers, 1665, 3 Tol. in-fol.; ouvrage excellent qui a été longtemps classique en Belgique , et que la modestie de Fauteur seule lavait
empêché de mettre au jour. On lui doit de plusi : Consilia dejwre pontificio ordine tituloru/m in décréta^ libus digesta^ Louvain, 1643, deux tomes en un yol. in-folio.
On peut Yoir dans les Camiina de Juste Lipse , son ami I une petite pièce de vers hendécasyllabes sur sa mort.
* 1592. MORBÉRIUS {Gaultier), littérateur, poète latin et typographe. Il vint établir en 1558, une tmprimerie à Liège , près du Ponl-dlle , à l'enseigne de la Patience, et se fixa ensuite près du Palaig, à l'enseigne de la Corne de cerf.
Quelques bibliographes ont avancé qu'on lui était redevable des premières presses typographiques connues à Liège ; mais Erasme , dans Tépitre dédicatoire de son livre , intitulé : De conscribendis epistolis des. ErasmiopuSt etc., etc. Bâle , Nicolas Brylenger , 1549, épitte datée de Bâle de Tan 1522, parle dun imprimeur nommé Holonius, mort à cette époque , dont ce grand homme s'était servi pour une édition de ce livre. On lit à côté de ce passage de la dédicace d'Erasme, dans une note, qu'Holonius était un typographe liégeois, auquel on était encore redevable de la première édition des Colloques: Holonius Leodtensis typographus qui Colloquia primus formulis excudit. M. De Villenfagne pense qu'Holonius était établi à Liège , et suppose qu'il est mort jeune, ou qu'il n'a resté que fort peu de temps dans cette ville, puisque si on en excepte les deux ouvrages précédens, on ne rencontre aucune autre production de cet artiste.
. Morbérius était littérateur et cultivait la poésie latine. Il imprima quantité d'ouvrages , enlr autres : le Bréviaire que les chanoines de St.-Paul firent exécuter pour leur usage particulier, en 1560, 2 vol. petit in-8"; les Œuvres de Libert Houthem et la Hela^
Ifbn du voyage deê Ambassculeurs des trois rois du Japon, envoyés à Rome^ sous le pontificat de Grégoire XIIÏ, ouvrage traduit du latin en français par Georges Tourin , 1585, in-4°.
Il est digne de remarque que la petite ville de Hasselt, au comté de Looz, possédait une imprimerie depuis bien longtemps; les deux ouvrages suivans en fournissent la preuve : V Epistelen en evangelien, etc. In Hasselt. P. B. 1481 / 2^ Eûh gestis Romanorum kis* toriœ notabiles de viciis et virtutibu^ trax^tantes. In Hasselt. P. B. 1481, in-folio. Les initiales désignent le nom de l'imprimeur qui est resté inconnu à tous les bibliographes. Mercier, abbé de St.-Léger, connu par ses savantes recherches sur cette matière , dit avoir vu un autre livre également imprimé à Hasselt, en tan 1480 , avec les initiales P. B. comme dessus.
1595. BUDËL (René)^ né à Ruremonde, directeur des monnaies du duc de Bavière et des électeurs ecclésiastiques, fut chargé des mêmes fonctions dans la principauté de Liège , à laquelle il rendit d'importans services dans cet emploi. Le traité suivant atteste l'étendue de ses connaissances sur cette matière : De monetis et re numariâ libri duo. His accesserunt varii demonetis traetatus^ author^ et collectore Renero Bu^ délia. Cologne, 1591 , in-4°. Ouvrage rare et recherché.
1595. TORRENTroS {Liévin) ou VANDER BEKEN, humaniste ^ poète latin et philosophe , naquit à Gand le 8 mars 1525. Après avoir fait sa philosophie à Louvain , il y étudia le droit et reçut le grade de licencié. Pendant ses études dans cette ville , il concourut honorablement à la défendre contre un fameux partisan nommé Martin Van Rossum , qui fit une tentative inutile pour s'en rendre maître. Torrentius voyagea ensuite en Italie et prit à Bologne le bonnet de docteur. Il fit un séjour de plusieurs années à Rome , et
^j concilia les bonnes grâces des hommes les plus disK tin gués , tels que les cardinaux Sirlet et Borromée , Paul Manuce et Fulvius Ursinus , Faêmo , etc. De retour dans les Pays-Bas , il s'attacha à Georges d'Autriche , évèque de Liège, qui le pourvut d un bénéfice. Il fut successivement chanoine de St.-Lambert, archidiacre du Brabant, et grand vicaire du diocèse. Lex* périence des affaires qu'il avait acquise à Rome , lui procura de nouvelles missions et de nouveaux emplois..
La confiance et l'estime qu'inspiraient ses talens , le firent choisir de préférence à tout autre , comme chargé d'affaires auprès du St.-Siége , lors des réclamations élevées par suite du démembrement de l'évéché de Liège, sous Paul lY , en 1559 ; acte d une saine politique , sollicité par Philippe II , roi d'Espagne , mais dont les conséquences étaient fatales à l'église et au pays de Liège. l)éputé de la part de Robert de Berg, alors évêque, et de celle du chapitre cathédral , pour aller supplier le souverain pontife de révoquer la bulle portant l'érection de nouveaux évèchés aux Pays-Bas ; et dans le cas contraire , d obtenir au moins une juste compensation à l'église ; Torrentius s'acquitta en apparence de sa mission. Malgré ses prétendus efforts y la cour de Rome qui avait alors plus que jamais besoin du roi d'Espagne , pour se soutenir contre les novateurs , craignant sans doute de mécontenter un si bon ami , se refusa à toutes les demandes de l'évêque et du chapitre ; et Paul IV accorda pour toute grâce aux Liégeois , le privilège de ne pouvoir étfe évoqués hors du^ pcty^. ^n première instàrpce, dans les causes ecclésiastiques.
En 1576, Philippe II le nomma à l'évéché d'Anvers ; mais, la situation politique des Pays-Bas l'em-péchant de prendre possession de ce siège , il demeura î Liège jusqu'en 1587. Il venait d'échouer dans une négociation qu'il avait entamée à Cologne , pour faire
réformer la pacification conclue dans cette ville en 1584 , négociation dont il existe un compte rendu , publié par lui» Ni les soins de son diocèse, ni ses occupations au conseil d'état , dont il était membre , ne purent éteindre sa passion pour les belles^lettres y et il y trouvait son délassement favori. Vers 1594, il fut créé archevêque de Malines ; mais il n'avait pas encore reçu ses bulles de la cour de Rome , quand la mort le surprit à Bruxelles , le 26 Avril 1505. Il fut enterré dans le chœur de la cathédrale d'Anvers, où Ton voit son mausolée.
Torrentius fonda , par son testament , le collège
des Jésuites de Louvain ; sa bibliothèque qui faisait