‹ Biographie liégeoise (volume 2)Chapitre 8 sur 12 · partie de la donation , était estimée 30,000 florins · texte numérisé non relu

partie de la donation , était estimée 30,000 florins

Il avait aussi formé en Italie une précieuse collection

d'antiquités. Gérard Brandt , dans son Histoire de la

réformaUon des Pays-Bas , en rapportant à l'année

1595 la mort de Torrentius, lui rend le témoignage

de ne pas avoir approuvé les violences en matière de

religion , et d'avoir traité les protestans de son diocèse

avec beaucoup de douceur ; mais Pierre Burmann ,

dans son Sylloge epistolarum , tom. !•', p. 480, pense

que Brandt s'en est rapporté là-dessus trop légèrement

à l'historien de Thou , et il se fonde , non sans quelque

apparence de raison , sur une pièce de vers latins qijî ,

en efifet , dépare le recueil des Poëmata de ce prélat.

Elle est intitulée : In laudeni Balthasaris Gerardi ,

fortissimi tyrannicidœ. C'est une espèce d'apothéose

du fanatique assassin de Guillaume de Nassau , pre-

inier Stadhouder des Provinces-Unies. Burmann en

veut encore à Torrentius de ses menées pour ramener

Juste Lipse dans le giron de l'église catholique , et

pour l'enlever à l'Université de Leyde. On a de lui.

1° Geirogallortim grassatio in Lova/nienses per ^drt. à Roshemio ab eùBvmiœ spei adolescentulo ( Lœvino T<yrrentio) posteritati tradita. Arï\ers y 1542, in-12;

•c'est 9W èUgie latiae sur la leT:ée du siège de LouTain et de }a fi)U« <)o Martin Vaa E(»suid, que d'après

Poquot ,Torrentivs avait publiée , mais wns l'anonjine , quand il n'Était âgé que de dix-aept ans.

1' PoëmatQ mcra. Aoven, 1579 et 1594, ia-12. Bieo que cps poésies portent le titre de aacra , toutes ne traitent pas de sujets religieux ; il s'j trouve même yne suite de bpiit odea du genre erotique , ou plutdt de -celui d'une pièce précédente , intitulée Bacchanalia : -elles sont seus la rubrique de Li/da aive adoleicentia ; mais elles n'offrent rien de licenciegx. Dans la latinité moderne , Ips poésies de Torrentius occupent un rang distingué et elleg se ressentent peut-être du long séjour qu'il avait fait en Italie. Il le donne k entendre luimËme dans la fféiUcaoe de ses poésies au pape Paul V.

3* Une édition de Suétone , accompagné d'un bon Commentaire , en partie dû aui soins de Charles Langhe, Anvers 1578 et 1592;et dansles Variorum de Hollande.

4' Une édition à' Horace , également accompagnée d'un Commentaire. Anvers, 1602, in-4°; ce commentaire est un des plus estimés , mais il n'a paru que posthunie. « Vautour , dit M' Vanderboui^ , a fait

■ usage de quelques bon3 manuscrits , que la mort Ta

> empêché de décrire ;' moins hardi dans ses conjectures

> que Cruquius, il en a offert quelquefois de trés-plaii- 1 sibles , qne d'autres ont développées sans le citer. «Daçier a puisé dans ses commentaires la plus grande

■ partie do son érudition , et n'en a pas toujours averti.! l'orren^ius n'avait pas trouvé le temps de comm^iter VAvt poétique , ou j a suppléé par un commentaire de Fierrç Nannîus. On a im.prîmé avec l'Horam de Toriieiitius , son Comm^itanol»» ad kgem Juliam et Papiam die «uttrinwnm ordinandit , qui prouve qu'il était encore ^vant jurisconsulte.

5° Torrentius a publié les OEuvrts posikumes de

Jean Goropitié Becahus. Anvers, 1580 ; in-folîô, et il y a mis ùhb préface où il défend cet écrivain côiitrë Joseph Juste Scaliger , qui h'en était pas moins inHbiment supérieur à Tétymologiste belge.

6" On trouve plusieurs lettres de Torréntius dans le Syltogè epistolarum de P; Burmàhn, tom. 1*% |); 474-489.

7** On attribue aussi à Torréntius une tràdiwiioh htîné d^ quelques homélies dé St. Jeah-Chrjéostôme.

1593. LAMBERT {Dora Mathiàs); religieux dé lordï-e de Citeaux , prieur de labbaye d'Aine i n'avait que 53 ans, lorsque la mort lehleva en 1 595; On a de lui:

1* Cominentaire sur la néffk xjte St. Benoit. Liège , 1596 , in^^

2* Du danger de la conversation entré les personnes de différent sexe.

1 595. GHÉN ART ( Antoine) , théologien distingué ; né à Visé, vers lan 1522. Il fut chanoine et vicedoyeii de Féglise cathédrale de St.-Làmbërt , et /^msiieur de la foi. Il assista au Concile de Trentç avec Gùillàùine de Poitiers , prévôt de là inêmè église. Sa charité envers les pauvres lé fit beaiicoiip regretter après sa mort. Oii doit en grande partie à ses soiiis , l'édition du Maître des sentences , imprimée à Louvaîn, eh 1545. Oh lui doit aussi :

1* Màhipulus curatorum à Guidone de Monté'- Rôcherîi. Adjuhctûs est ritué belebrandi sanctœ missœ offieiurn juaità morem diœcesis Leodiensis.

2** Hildeberti Cenàmanensis episcopipoëina de offido misscB. Anvers , 1570 , in-12.

1597. PETRI (Suffridus) , helléniste , poète ; Kétoriën et orateur , né à Leuwarden dahs là FHse , éii 1527 , fut bibliothécaire et secrétaire du caf^cïinal de Granvelle. Enriiiyé de là vie de la cour , il se retiraî S

Louvain , où il expliqua quelque temps les auteurs grecs : il alla remplir ensuite une chaire de droit civil dans rUniversité de Cologne , et les états de Frise le nommèrent leur historiographe. Ayant perdu sa femme , il prit les ordres sacrés à Cologne , ville où il mourut , à Tâge de soixantC'^dix ans , des suites d'une hjdropisie. De tous ses ouvrages, nous ne citerons que le suivant qui intéresse le pays : Appendix ad chronicon episcoporum leodienstum , qui contient les vies des évêques de Liège , Jean de Bavière , Jean de Valenrode, Jean de Hinsberg, Louisde Bourbon et Jean de Hornes. Cet appendix est inséré tout entier dans le 3" tome des Gesta pontificum leodiensium de Chapeauville, qui la copié sur le manuscrit autographe de l'auteun

*1597. RAIMOND (Abacuc de), né à Liège. On ne connaît de lui que son Traité du droit et du domaine de téglise cathédrale de Liège sur le comté de Hornes et le fief de Looz , imprimé à Liège en 1598, à l'occasion des différends survenus pour la possession de ce comté , aprè^ l'extinction des Montmorency-Nivelle.

1597. DELVAUX {Jean), moine de Stavelot, fut accusé de magie , et d'être Tun des chefs de bandes des sorciers qui désolaient le pays de Sfavelotpar leurs assemblées nocturnes , où les démens et les personnes des deux sexes se livraient aux plus détestables dérègle* mens. Après cinq années de réclusion dans un cachot, nourri au pain et à l'eau , et avoir été torturé à différentes fois , il fut condamné à mort , sur son propre témoignage , et exécuté à Stavelot.

Chapeauville, dans ses Gesta pontificum leodiensium, tome 3 , cap. 25, 37 et 38, nous a laissé une relation détaillée de ce procès, si cruellement ridicule , auquel il assista en sa qualité de commissaire. Nous nous bornerons à donner la narration succincte de cet historien ecclésiastique , témoin oculaire de ce qu'il rapporte.

Jean Del vaux , fils d'un paysan ardennais , passa ses premières années , à garder dans les champs, les bestiaux de ses parens. A Tâge de quinze ans environ , ayant déjà souillé sa jeunesse de crimes infâmes , il rencontra un vieillard , vêtu d'une robe longue , se promenant dans la forêt où il faisait paître ses bestiaux , qui lui demanda s'il voulait le servir et lui obéir en tout, qu'en récompense il le comblerait de biens et d'honneurs. Le petit pâtre ayant accepté ces offres , ce yieillard lui apparut alors sous diverses formes monstrueuses , et lui imprima deux stygmates sur les épaules : il l'emmena à Trêves où il lui fit faire ses études , et l'initia dans tous les secrets de la sorcellerie, très e7t vogue alors ; le transportant en divers lieux à des assemblées nocturnes , et lui procurant les moyens de faire périr ses parens , ses amis et leurs troupeaux.

Suivant les conseils de son mentor , Jean Delvaux , après avoir achevé ses études , prit l'habit de bénédictin dans l'abbaye de Stavelot , et reçut même les ordres sacrés. N'étant que sous- prieur de ce monastère, mais désirant parvenir au priorat , il initia quelques religieux dans ses maléfices et crimes, et aidé d'eux, il fit périr dom Antoine de Salm , prieur , et plusieurs moines de Stavelot.

En 1593 , sa conduite inspirant des craintes au nouveau prieur de Stavelot qui le suspectait de sorcellerie et d'avoir commis plusieurs crimes , il fut jeté dans un sombre cachot , et nourri au pain noir et à l'eau. Le prieur en écrivit à Ernest de Bavière , archevêque-électeur de Cologne , évêque de Liège , et abbé administrateur du monastère de Stavelot, qui envoya sur les lieux André Streignart , évêque suffragant de Liège, et Jean Chapeauville, vicaire-général du diocèse, avec un notaire , à l'effet d'examiner le prisonnier.

Jean Delvaux , non sans verser beaucoup de larmes.

leur raconta tous les détail^ de sa yië , et leur déoonça plus 4e bOO.personnes , toutes, compliceg de ses maléfices. Streigaai;t et Chapeau ville étonnés de pareib aveux , çt ne pouvant en croirç leurs jeui, et leurs orei^es, lui ^Tpn\ s,ubir un nouvel examen , ppjiir s'assurer de la véracité de son témoignage ; mais il répéta çt assura tout ce qu'il avait déjà dit. TrpuvaQt ce religieu]^ imbu dum.fôuJk d^erreurs propres aux payens et aws hérétiques, ils VifistfruiHrent et le catéchisèrent ^r t unité d$ pieUf la Trinité, les bons et les, matfpai^ Esprits, r.immortalité de tante, la vifi futum, et *ur quelqiiesi autres articles de la foi catholique.

Ernest de Bavière, après avoir examiné Qt. p^sé les avetiûff Judiciaires de Jeai^ Delyaux, ainsi que la dé* nonciation par lui faite de, s^ associés, pa^rmi lesqiiel^ se trouvaient des personnes de, tout état et dft toutff condition, jugea indispensable d'établir pour^ la principaixté de Stavelot, une comn^ission inqufsitoriale , p()p]r laquelle il nomma André Streignart, son. suffjraganti Jean, Chapeauyille , son grand-vicairo , Pierre ûfafius, jurisconsulte, son vice-chancelier (si tristement f^i^meux dans ces sprtes de procès) , et Jean Malempeter, ayocat, fiscal. Il délégua à ces personnes tout pouvoir et Juridiction pour connaître de cette affaire, la juger, en faire exécuter le jugement , et s* adjoindre des juges, justiciers et feudatoires de la principauté de Stavelpt, versés dans le droit^t et les coutumes locales.

Nous donnons ici le récit même de Chapeauyille : c Daprèscette délégation de juridiction, nous primes » de Liège le chemiq de Stavelot dans une voiture à » quatre roues, le premiei; jour. de Tannée 1596; ipais »^P^^ndant ce voyage , lorsque nous fûmes arrivés, à »ppu de distance de l'église St.-Remacle et près de » Stavelot, le timon de la voiture dans laquelle le ré- » vérena}ssime seigneur Streignart et moi*même avec » l'illustre Pierre Oranus et Jean Malempeter , étions

i conduits ^ futbrtsé par le milieu, à t aide du démon ,. iingm cela n appovla d'auti^' oÏH^dcle àf nofrie mai^ôhe^

• sinon que la voilure à quatre roues et son' équipage

• ajant été laissés en un endroit pour élre réparéK, mous avofis* dû' achever te resde de la rouCe, montée «sur les eheTaux de nos domestiques. Nous n'afonâ 1 eu connaissance de ce stratagème du démon trompeur^, iqne lorsqu'arrivés au monastère et étavit c^ntréis',^ lie même sovr dans les prisons, po«ir porter au moine iBeUaux des vœui pieux et satutaires , nous liai > eûmes adressé le salut; car, wn Heu de nous le «rendre, d'abœ^d et inopinément^ it nous pria de > l'excuser de la fracture de notre coche, disant : qu'an

• démon mal appris, autre que te sien, qmjameèis né « lui a^ait manqué , avait seul osé briser cette voiture T^par le milieu.

»Le lendemain, à la pointe du jour, Jean Del vaux, «interrogé et examiné par nous , sur les articles pro- « posés par le fiscal , pei^ista dans* ses premiet^ aveux. «Sur quoi, ayant été admonesté de n'accuser personne «^témérairement , il renouvela ses aveux primitifs , «énumérant non seulement les complices ou consorê ^d&ses maléfices y mais nous désignant même , à quelle «société chacun d*eux était attaché parmi les sorciers, «et en quels lieux il avait été lui-même transporté «/Mir gon démon , aux assemblées nocturnes ; ce qui «se traitait dans ces assemblées infâmes ; ce qui s'y « pratiquait' à Fhonneur (ou plutôt à l'horreur et à «iabdminatibn) du démon président' deces assemblées; «ayec quel ordre s'y faisaient ces banquets insensés^ «quellesaccointances diaboliques, quels enchantemens > pernicieux au genre humain , aux bestiaux , auxïruits «et à tout ce qui existe , y avaient lieu.

9 C'est pour cela que nous commençâmes à Tinter- «voger sur ces sociétés et- sur leur nombre. A quoi «Jean Delvaux, parlant de choses à>lui très^familièfes ,

déclara d abord et sans nul embarras, qu'il existait i entre eux, huit sociétés de sorciers : 1"* celle de Stavelot ; 2'' celle de Houffalize ; 3"" celle de Trêves ; . 4* celle dç Tagnez ; 5' celle de Cherin ; 6* celle de Malmédy ; 1*" celle de Salm ; 8"* et celle de Lavaux. Interrogé ensuite sur les lieux où chacune d'elles avait coutume de se réunir et en même temps de célébrer leurs conventieules , il nous désigna , sans hésiter « quels étaient les quatre endroits de réunion pour la société de Stavelot; savoir, à Stavelot, près la porte du monastère; dans les champs et fonds près Saint-With; au village de Bossut, et dans le hameau de Crocèfe à la Moselle. Il détailla ensuite les lieux de réunion des autres sociétés..... Il nous dit immédiatement après combien de tables on dressait dans chaque lieu de ces assemblées , les jours de réunion et de banquet , et nous indiqua nom par nom , les personnes qui assistaient à chacune de ces sociétés, et en quel nombre elles s'y trouvaient , en récitant et désignant par leurs noms et prénoms près de clew^ cents sorciers , et assignant à chacun d eux leur société et leur classe.

» Lorsque par après nous nous rendions auprès de lui à jours fixes , que nous lui répétions son examen et que nous insistions pour qu'il nous détaillât tout ce qui se passait dans ces conventieules nocturnes des sorciers , il nous raconta que Belzébuih , démon de première classe , était adoré à genoux , et que la terre qu'il avait foulée, était baisée par les assistans r qu'après la cérémonie de \adoration terminée , on apprêtait les tables , où , sous la présidence du démon, chacun prenait place selon son grade.

» A la première table , s'asseyaient avec leurs femmes, ceux qu'on appelle les braves hommes. Les mets et la boisson (ju'on y prend, s'y appjortent par les confrères, ou s'enlèvent furtivement d'ailleurs. Avant de se

» mettre à table (je ne rapporte ceci qu'avec horreur), >au lieu de Benedidte, on y prononce le blasphème » suivant :

» Aunom deBelzébuth, notre grand^maUre souverain,

^cofnmandeur et seigneur, qtte nos viandes , ce boire

i^et ce manger soient garnis et servis pour nos réfec--

étions, plaisirs et voluptés ! à quoi chacun répond par

^ Ainsi soit^il! Après le repas, qui se termine par ces

> paroles : De notre réfection salutaire , prise et reçue,

i^que notre commandeur , seigneur et maître Belzé"

i^buth, soit loué, gracié et remercié à son exaltation et

i^au commun bien ! Toute l'assemblée dit Ainsi soit^il!

> Après qu'on s'est rassasié , les viandes et les tables

tétant ôtéesy on se livre à la danse, et entr autres

«obscénités , on imprime des baisers impudiques au

»démon , qui s'y présente sous la forme d'un bouc.

» Les danses terminées ainsi que les chansons qui

«commencent presque toujours par celle-ci : A Bois*

-tBumette, rattendez-nous , on en vient à d'exécrables

«embrassemens réciproques , tant avec les dénions qui

»se montrent sous la forme d'hommes et de femmes,

«qu'avec de véritables personnes des deux sexes et

«de diverses conditions et qualités. Il s'y trouve une

«femme publique et sorcière qui se nomme Bonne

TtLame.

«Enfin, au moment du départ, qui a toujours lieu «à peu près au premier chant du coq du matin , ou «au premier son des cloches , il s'y fait par les mains «du démon, à chaque associé, une distribution de «poison , au moyen duquel ils peuvent dans l'occasion

«exercer leurs maléfices

«Entr autres anecdotes remarquables, il en est une isurtout qu'il convient de rapporter ici ; cest que , idisait le prisonnier, de plusieurs tables auxquelles ^chacun des associés est assis à son rang , il tenait ^lui, le premier rang à celle de la quatrième classe.

» Inlerrogé uUérieu ventent cju'il fît Ténumèratian de >ïQïk9. les as9ocié9,.et spécialemealdeceux etcdies qoi is'assejaient à la quatrième table et s y divertissaient , »il nomma dotiaie hommes de ht^ premièn classe qui %^'j trouyaîeat avee leuvs £emiBe»et se* notmaHMeiit ».I^ bra<oeê hotmne»^, présidé» par JSeizébaàh ayant ià> ses côtés deux assesseurs, LMaihan et A&tmeêk >ou Yérms qui servait de succube à uni mokiev

» Il conta ensuite quels étaient eeu«X\ qui se ti»n«' »v«tent à chacune des autres tabler; ce qu*i(. nous » importait de lui fmre expliquer en.détai{;

&Et pour nous assujrer de plus en plus de sa fermeté idans se^ déclarations et fermer la bouche aux calom- >niateurs,. nous avons laissé passer quelques jours »d'iatervaUe avant de retourner près de luii; et nous »n y sommas reveousqu'èn l'admonestant^ en. premier »liea> de son salut, ensuite de n'accuser, ni dénoneer i.p0rsoQne par l'instigation de quelque mauvais génie; »e<( lui) a^Fons relu les accusations et indications noini* maies qpi'il avait faites , ayant soin, de* ne lui faire t cette lecture, que d'une manière opposée et dans •«in ordre renversé ,. 9n mettant tout ou en: partie , »les personnes qu'il, avait rapportées à la promière ttable. ....... ou même à d'autres tables et rédpro-

»ment, etc. ; lui, au contraire , protestait constanunent »qqe ce n'était pas ainsi qu'il avait dit, et quece qui » était écrit autrement avait été mal rédigé;, et il réci* »tait ses précédentes accusations dans l'ordre conforme >à sa véritable déposition; et cela fut renouvelé par »nous , après un intervalle de plusieurs joure*

> Il accusait donc plusieurs personnes» tant

leoclé^astîques- que séculières, et nous assura qu'il «avait souvent assisté àl'assemblée de la société de » Trêves,, et que le docteur Ylatten (ofooto^r en. droU ^et conseiller de ÏM/rchevéque-élect&ur de Trêves , bréU T^done cette dernière mile ^ pour fait de sorcellerie.

en 1589) occupaiit la piseoù^re place k cette réwiioQ ; ajoiiWirt que lui, D^lys^ux, «ivaijt pQUii sa partenaire dans eetfp semblée , ivne jçuQÇ'99^rohande de poî^ sons aussi; plaidante que y>\ie , qui ,, à Trêves , lui avait £ait obaq^e ^s ^ la céréinpnie des sorciers terminée » préseij^t de p^VA^ poissons; et qu'en diverses aiiifes réunions tenues à des jours déterminés y il a^naiÂt éité gr^ijt^é des mêmes dons par son aveàfi « en. signe^ de s«ln^^

> Xp v!^ ces qh(9^8rlà, avaient été admirablement bien /comprises et certifiées pav les dépositions de Jean Delyaux. N^uiipipins , npus lui donnâmes encore audience à plusieurs reprises , en plein tribunal ; inr terrogeant c§t; l^o^i^e: avec bénignité et sondaiat de diverses manières 1^. vérité de Tbistoire de toute sa yie et d^ ses açtipns, nous l'a^ons^ toujours trouvé tellement, d'a^ccord. avec lui-méf»e.' et constant dans ses. narrations , qu il. ôt^it à: chacun, de nous tout squp^ çon qu'il putf ^tre un insensé*

> Mais qjui pl,us est ^ Oranus (qui aujourd'hui, tandis que nous traçons ces lignes, jouit encore d'une vieillesse verte, florissante, et d'une excellente santé, étant âgé de 76 ans et n'ayant d'infirmités que dans les pieds) , et< moi-même assez souvent , ne suivant que l'impulsion dp la charité chrétienne, nousa^ons été seuls trouvar cçt homme dans la cellule où. il était enfermé, et en même temp^, Tavpns examina sur beaucoup de choses, à tocccmonxdfi ce qu^nfm^i a appris, tant la lepture des docteurs qiie ses, propres dires et faits; il nous démontrait par plusieurs raisons qu'il alléguait , qiie, ses confessions ou aveux tk étaient nullement l'effet d'une imagination troublée par d^ inymlsion^ fallacieuses du diable, comme nous lui assurions que.cela nous semblait pouvoir étr^, mais que le tout s'était le plus souvent passé vraiment , réellement, hypostatiqu^ment , et persmwlkment

comme il 1 Wurait ; nous expliquant et spécifiaot une foule d'indices au moyen desquels il connaissait et donnait à connaître , quand il s'était réellement trouvé aux a^s&mhlées démoniaques, et quand il n'y avait assisté qu'imaginairement ^ et qu'il y avait fait ceci ou cela ; ce qu'il affirmait toujours avee constance et fermeté.

> Après que nous eûmes fait le rapport de

tous ces faits à Tévêque Ernest de Bavière , et qu'il eût prêté de plus en plus attention à la gravité de l'affaire y il nous ordonna de procéder judiciairement à l'inquisition et à l'examen de tous les accusés, tant ecclésiastiques que laïcs ; ce qui fut fait avec autant de diligence que de soin pendant toute Tannée jusqu'au dix janvier de l'année suivante (1597).

» Nous décrétâmes donc l'arrestation judiciaire corporelle non seulement des vieilles femmes et ydes hommes du vulgaire , mais encore des principauûB personnages de l'endroit, le mayeur lui-même, appelé Kaimerlinck , plusieurs échevins et curés , et des religieux de marque par leur âge , leur esprit , leur érudition et leur bon sens

» Pendant le cours du procès , Jean Delvaux accusa de complicité pour fait de sorcellerie , plus de cinq cents personnes , au nombre desquelles se trouvaient des seigneurs de villages et plusieurs ecclésiastiques, entr autres , Jean de Fromille , curé de Stavelot , des religieux du monastère de Stavelot , spécialement Gilles Harzet , prieur , Maurice D'Ouffet , Quirin de Generet , Corneille Neufforge et Pascal Limbourg; lesquels religieux déposèrent tous qu'ils croyaient être ensorcelés ou atteints de maléfices , au moyen dun venin jeté dans divers endroits du monastère , 9 par Jean Delvaux leur confrère , ou par d'autres 9 complices de sorcellerie.

»Le syndic ayant enfin requis qu'il fut prononcé

> un jagemeni suivant les actesdu procès etquc laccusè > fût condamné à la question ou torture » afin que la

• confession ou ayeu qu'il ferait pût lui servir à toutes ifins meilleures contre tous hommes ou femmes asso«* >ciés aux sortilèges. . • • à raison de quoi Févéque de 1 Liège , Ernest de Bavière , et toute la principauté do sStavelpt formèrent réclamations et protestations, lac* icusè étant présent et implorant la miséricorde du

• Dieu tout*puissant et tout miséricordieux.

» Après une longue discussion et les admonitions et li prières ordinaires , il fut passé outre.»

A la requête de Jean Yilters , syndic du monastère de Stavelot et accusateur, Jean Chapeau?ille rendit un décret le 17 mars 1597 , déclarant avant de procéder à la décision entière de la cause , que Jean Delvaux serait appliqué uuœ questions, et examiné au moyen de la torture pour une inquisition ultérieure.

La promulgation de ce décret exaspéra plusieurs personnes suspectes de sorcellerie et de maléfices. On répandit partout le bruit que l'accusé était un homme en délire et un esprit faible; «mais pour étouffer ce » faux bruit (rapporte Chapeauville) , nous fîmes con-

• Yoquer devant nous , monsieur Louis de Visé , prieur >du monastère de Malmédj, homme d'une foi ingénue

• et bien connue , Lambert de Yerlemont , Gabriel «Neufforge , gouverneur du monastère de Stavelot , >Rémi d'Outrepont , Adolphe de Rahier , majeur

• héréditaire de Bodeux, Guillaume Rawe , podestat >de Halmédy, oflScier supérieur, Pierre de Noirfalize, » vicomte d'Anhevée et majeur héréditaire de Chevron, » ainsi que plusieurs prélats , hommes nobles et res*

• pectables, officiers et majeurs du pajs, parmi lesquels » il s en trouvait quelques-uns atteints de sortilèges.

• Jean Delvaux étant comparu en présence de ces 'personnes et interrogé sur les aveux et accusations

• qu'il avait faits devant nous , répondit à tous avec

tant àe fermeté , de constatice et d'à-propos qu*îl reCf tifiait même les narrations errotiées que âoùs forgions exprès, t^futant les objections que les suspAôcts lui faisaient aVec tolère , et rendant raison de tbut , à tel point qu'il écarta toute idée qu'il ne f\it pas dans son bon sebs.

» Non oonfens de cela , les opposatis %t cëut qtii se sentaiettt coupables , répandireht le brtiit que depuis son emprisonilement ^ il avait écrit des lettrée aux capitaines de la Bourlôtte et de Grèinbieyilie ^ ainsi qu'au seigneur de With, datis lesquelles il donnait des indices d'aliénation mentale, en y disant, que la Bourlotte et les deut autres étaient ses nieveux , en y promettant de faire périr, au moyen de son art et de sa science) tous les ennemis dii roi catholique (Philippe II) et de faire autre chose de là hiêrde nàtiire.

»A quoi Jean Deltaùx répondit eil môntraht un esprit fertne et sain , qu'il avait alors féitit d'êti^ en délire et atteint de folie , et qu'il n'avait nientionné cette parenté et promis la perte des ennemis du roi, que pour obtenir son élargissement et être mis en liberté ; mais qu'il protestait de nouveau que tous éei aveux et accusations contenus dans les ihter^d^tdiirfeé précédens étaient l'exacte vérité *

È Tous ces faits s'étadt passés dans l'ohlre et selon led ôoU tûmes judiciaires , on relut tous les actes du procès €ft on les expliqua même tous , ou en particulier , erf langue vulgaire , à cause de celles des peiisonhes qui n'entendaient pas le latin. L'accusé dit et répéta souvent^ que ses avetix de même que les accusâfioù^ écrites au procès étaient très^véritablés , ajoutant qu^ tout ce qu'il atefit déclaré et déposé , ê' était fait èf paêsé véritablement avec lèé persùnneé qu'il avait nofHfnéêê et ac&usées*

»Il fût ensuite confronté avec Jean de Froittfflé, » curè 'de Stéiveto^ , accusé de sortilège.

, vGonmie rithifilre seigneur Orântis , irès-habitué â •ce^ sortBS daffaireê judiciaires, s'élounait que le ^curë de Fromille fit des dénégatiotis si cathégoriques , ijean Delyaux, moi présent j ôta à Oranus tout sujet »d'étoniieiKient , en débitant le mystère des sorciers sur >le 90cret à garder, en vertu d'un serraetit solentiel «qu'ils ont coutume de prêter à ce sujet et qu'ils ont »ausrâ rhabitude de renouveler tous les ans ; serment •qui , naguères , avait été répété par la société de Staivelot. Il assura même avec constance avoir assisté à tcette dernière rénovation et d j avoir reconnu à di-» «verses reprises le curé de Fromille.

>*A la demande du sjndic, on procéda ensuite à la ^question ou torture. Jean Delvaux ayant été mis à la ^géne, persista dans ses aveux et dénonciations précé* «dentés, sans en changer ou modifier tant soit peu le «contenu, et ne cessa de prendre Dieu à témoin de la «vérité de ses paroles.

«Ayant enfin été détaché de la torture, il fut recon*^ «duit près du foyer , et il se trouva qu'il n'avait pas les i^membres mutilés;... mais les deux stygmates démo-^ «niaques que nous avons dit avoir été imprimés sur «ses épaules , après que nous les eûmes mis à décotH «vert, nous les avons inspectés de nos propret y^nx, «et nous nous sommes assurés de leur vraie réalité en «y enfonçant profondément dans chacun utie aiguille, «sans que le prisonnier sentit aucunement ce que nous «lui faisions. »

Le 2 avril , même année , Chapeau ville rendit la sentence suivante :

€ Nous Jean Chapeauvillê ^ chanoine de Liège, juge-> «commissaire légalement député dans la cause , qui est «agitée et peines indécises contre vou^, Jean Delvaux, «religiem de Stavelot , d'une part , Jean Villers , «fiscal , d autre part , voulant procéder à une sentence «définitive (pour laquelle ouïr vous êtes cité à dette

» heure), ayant pris lavis de plusieurs jurisconâulted » versés dans les droits tant canonique que civil, et i»n ayant devant les yeux que Dieu seul et la justice, » l'honneur et la gloire de son nom, portons et pro* énonçons notre sentence de la manière suivante :

tPuisque vous, Jean Delvaux , prêtre et religieux de iStavelot, avez été trouvé, non-seulement par une » foule d'indices , de dépositions, de témoins et par la »fame publique, mais encore de votre propre. aveu «plusieurs fois répété, avoir renié la foi et la religion 9 que vous aviez professées devant le Saint^Sacrement > au baptême, non-seulement de bouche, mais encore «de pompe et d'esprit, et vous avoir dévoué au démon, «ennemi du genre humain , et de l'avoir adoré fré- «quemment dans les assemblées nocturnes des sorciers, «comme aussi d'avoir fait alliance et pacte avec lui «pour opérer des maléfices, pour obtenir des honneurs, «des voluptés , des richesses et les autres biens tem^ «porels du siècle présent; d'être marqué de ses styg- « mates sur vos deux épaules , en confirmation du pacte »et de Valliance susdits; et enfin, d'avoir causé la mort «à plusieurs religieux du monastère de Stavelot^ savoir: «à dom Antoine de Salm, prieur dudit monastère, à «dom Perpète , à dom Gilles Warlège , à dom Antoine «Harzet, à dom Henri Rahier, à dom Léonard Fron- «ville, à dom Corneille Neufforge , et à d'autres per- «sonnes laïques, savoir: à Nicole, veuve de Henri.de «Heriffalize , à la femme du prévôt Hériflfeilize et à Jean «de Marimont, bourgeois de Stavelot, au mojen de «poison à vous fourni par le démon ; ainsi que d'avoir «perpétré d'autres crimes abominables avec les démons «succubes et aussi avec plusieurs femmes mariées et «non mariées, crimes pour lesquels vous méritez non- «seulement d'être déposé de l'office et du grade où «vous êtes, mais d'être réellement dégradé et livré au «bras séculier , suivant le dispositif des sacrés canons.

> Nous donc f afin que des crimes de ce gcmire ne restent

• pas impunis, sious le prétexte de votre rang sacerdotal letde TOtre profession de la religion monastique ; mais ipoiir que tous puissiez subir en cette vie quelque I peine afflictive et satisfaction quelconque de vos

• péchés et de vos crimes > en réparation du scandale •donné, et pour la terreur et lexemple des méchaâs •et Tédification des gens de bien

I Décrétons par notre présente sentence définitive •que vous devez être privé de tout office et. dégradé , •comme vous avez mérité d'être dégradé réellement , •et que vous devez être livré au bras séculier, comme idès maintenant nous vous privons de tout office et

• grade, et décrétons que vous devez êtee dégradé et •TOUS livrons au bras séculier.

• Priant néanmoins les juges et ministres de la jùs- •tice séculière , que pcMix autapt que le droit le permet, •ils veuillent et daignent s abstenir de Tefl^usion du

• sang.

> Au nom du Père , du Fils et du Saint-*£sprit. Ainsi isoit?n.

•Donné le 2 avril 1597, vers les huit heures du ) matin.

«Après lecture de la sentence, le condamné ayant

• été pfivé de toute autorité et dignité , fut livré à

> Pierre Oranus , vice-chancelier de Tévêque Ernest de

> Bavière en son conseil privé et échevin de Liège , et à •Jean Malempeter, avocat fiscal, juges à ce députés par ) le révérendîssime seigneur suffragant ; lesquels s'étant

• adjoints quelques hommes de murque de la princi*

• pautè de Staveldt, de sages échevins et des personnes » d'honneur, après avoir reçu les actes du procès et les •avoÎY examinés de plus près, ont prononcé par ju-

> gement , que Jean Ddvaux devait éère puni de ta ^ peine de mort, et être livfé à fa sainte sépulture dans ^k dowtiàre du n\onastère* i^

Jean Delvaux entendit la lecture de (stiïe âenten(ie de ihort , à genoax et en pleurant. Il rendit grâce ft ses juges d'avoir adouci son supplice; car suiTant l'usage de ces temps-là , tout sorcier était brAU vif: mais les juges prenant en considéi*dtion ses cinq an-> nées de réclusion dans un noir cachot où 9 avait véca au pain et à leau, et su^out la douleur et le r^et qu'il témoignait de sa conduite passée, par ses larmes et ses gémissemenS) avaient cra devoir par justke en agir ain^.

c Delvaux , avant de itiourir ^ supplia le prieur du > monastère de Stavelot-, que là portion d'alimens qu'il »était d'usage de donner aux pauvres durant quarante 1 jour&, à la mort de chaque religieux » fût nccordée > aussi après la sienne, afin que les pauvres se soo- » venant de lui dans leurs prières, conjurassent le » Dieu très^bon €t très-grand , de lui pardonner le» «crimes qu'il avait commis.»

* 1598. POLITE (Jean) , jurisconsulte, littérateur, poète > naquit à Liège en 1540. Il ne cultiva les Muses que pour se délasser, et s'adonna particulièrement à la jurisprudence. Ernest de Bavière, électeur de Cologne et prince de Liège , le choisit pour son historiographe : c est la seule circonstance de sa vie qui soit parvenue jusqu'à nous* Il marcha sur les traces de Libert de Houthem , et le surpassa même , la nature l'ajant doué de beaucoup plus de feu et d'imagination. En 15S3 , il publia un petit poème pour l'inauguration d'Ernest de Bavière, intitulé : Inaugurc^io Emesti Bavariœ ducis in leodiensem prindpefn , ac de Bxmrum origine. Cologne, Gjmnicus, 1583, in-8°. Chapeauville, contemporain de Jean Polite, fait l'éloge-de ce poète ; il a inséré dans le 3' volume de sa Collection d£8 historiens liégeois, quelques-unes de ses poésies relatives aux évènemens du temps, qui ont été en

— soi —

(Aftie composées après 1588. Il ptd>lia aussi Panegy^ tmet Epigramniata. Cologne, Godefridus Kempensis,

Les poésies latines de Jean Polite ont été imprimées sous ce titre : Panegyrici ad Christiani orbis principes , n&mon et Vbiorum, tw Eburonutn aulœ primoreg^ familiaresque vùnscripii, etc. Cologne , 1588, in-4"; il les a dédiées à Ernest de Bavière. Le poème le plus considérable de ce recueil est une histoire de Liège , depuis Ambiorix et Cativulque rois des Eburons jusqu'à son temps, remplie d erreurs ^ mais renfermant de beaux vers.

Nous nous bornerons à citer quelques-unes de ses petites poésies. 11 offre cellcHi^ià Otto Yenius, peintre renommé :

Pinxerat Italium mirendà Octavius arte , Mars subito fbnnœ captus amore frémit.

Cautior at Phaebus postquàni vidit esse, colores \ Ecce > inquit , Yenius major Apelle venit.

Jean Polite , dans des vers envoyés de Louvain , en 1577, à un ami, exprime avec beaucoup de force les maux que la guerre entraine. En voici quelques**uns :

Horrida dùm seevi resonat violentia Hartis ,

Et JPremit hostili Belgica terra manu t Nnlla datur miseris requies , déserta per agros

Reddidit efirœni miîitis arma furor , etc.

Gérard de Groësbeck, prince de Liège , qui favorisait les arts et les lettres, venait d'être décoré de la pourpre romaine ; notre poète chante cet événement dans une belle pièce de vers qu'il commence ainsi :

Prœsul, Legiacis, qui nunc féliciter Oris,

Débita prodenti sceptra tueris ope.

Imperio cujus suavi modéra mine parent

Tnngrorum populi Gondrusiusque ferox.

Accipe purpureo facilis modiilata decori

Garmina, quœ nostri testis amoris erunt«

}eap Polite, dans un 9iiti« endroit de ses poènes, "donnç çnçore Fi^pithète de f^irogs , crurf , à Tbabitanl du Condroz^ cependant aujourd'hui c'est, en général, le peuple le plu^dçmx de f ancienne principauté de I^iége» Le morc^eaul^ plqp $(gré^ble peut-être de notre auteur , c^est celui qu son ço&iir s'épanche avec attendrissement sur Vaipûi;i? qu' il ^ pOur sa patrie ; morceau que les meilleurf pqfites latins de Tàntiqùité n'eussent pas désavoué :

Quis patrias dotes stolidas contempserit , illam

Si sterili ex Ithacâ duras UJysses araat ? Haec facit ut Gelidara répétât scytha barbarus Acton ,

Hao Geminos so(ts debolor Indus a mat.

Me quoque sjdxi^ p^lcj^qr B;lijDrdauii9 , aQu Xybris fadiieret,

Victus amore pari , talia dicta dedi :

Aima quibus cœlo te Legia laudibus aequem 1

Legia non ipso quem eolis aie minor. O hominum aper^ mantisi 0 peotora £rma1

0 populus varae Religionis ieuB^ns r 0 prata ! 0 cc^l«s ! 0 oompsta , flushina , vieil '

0 semper placidis Mosa beatus aquisJ O sacri indtgetes ] O templa , palatia , turres !

0 cœkiin ! 0 fontes ! 0 geniusque locî I 8pi| me ooritigerit rigides bftbitare sub Ursis ,

Seu mea Barbaricas torreat ora cplor, Seu proGÙl antipodum venfam defessus ab axe,

Aut subîens Solymas indica régna petam : Cura mibl oai>a parens teneros conces$erit ortas ,

Sini mea non' alio membra sepuUa sola.

Atquç aliquis tpn^ulum viderit çutn fqrte 'viator ^

Ûàc friptiur dliçcit jurç Politus humo , Illii|s ut gratus patriisim dilexit : arnica

8ic patpîo îa tumulo mollîler ossa biibent.

La fin de cette tirade semble avoir inspiré à ]^. Rouveroy , dans son poème intitulé : Promenade à la B(h verte, ces vers remplis d'upe dpuce sensibilité i

Et vous , dieux immortels y exaucez ma prière ! Lorsque j'aurai terminé ma carrière.

ICaltei point exiler sur des bords étranger» Mes mânes inconnus, dans un autre Elysée : Rendez-moi ces ruisseaux , ces vallons , ees vergers f Là , près de mes amis , présent à leur pensée , Parcourant les détours dW rivage enchanteur , Xy jouirai comme eux du oaloie et du bonheur.

Les contemporains de Jean Polite Yont comparé à Virgile et même à Homère ; cet éloge est eiagëré sans doute , mais s'ils s^étaient contentés de dire qu'il avait pris pour modèle Ovide et liième ïibulle , et qu'il imitait assez bien la manière d^écrire de ces deux grands maîtres, ils auraient eu raison. En 1598, Jean Polite publia un poème , intitulé : Prognoné de V Estât de Liège, etc^, ignoré des bibliographes liégeois. II le com-^ posa à l'occasion de la prise du château et de la ville de Huy, en 1595, par les Hollandais, aidés de quelques Liégeois, !mais repris peu de temps après par révèque de Liège et les Espagnols. Dans la crainte que cet événement n'eût des suites funestes pour ta nation , il s'adresse à ses concitoyens ; ne cessez , leur dit-il ^ dadmirer

La douceur de ieA prtnce et de ton mugistrat.

Tu n*as qu'un prince à chef , point conforme à nature ,,

Qui tes membres -conforte en sa température ;

Pour base de Ion fond , un chapitre électeur ;

De ta belle con&ée , un César protecteur :

De trente-deu^ ^pasteurs se paist ta bourgeoisie ,

Qui gardent que le loup n'entre en la bergerie.

Ta noblesse est gaillarde ^ amatrice d'honneilr^

Hagnaniiiie au possible , alaigre et de bon cG&ur ;

Ton clergé est 'humain , ma^^nanime , innombrable ,

Ton peuple est courageux , fidelle et secourable ;

Ta as tes -deux consuls , ainsi que les Romains ,

Tes quatorze échevins pour, juges souverains.

Il conjure ensuite les Liégeois, s'ils aiment encore leur patrie , de ne faire aucune attention aux propos séditieux , aux écrits tendant à la révolte » que des

personnes turbulentes semaient parmi le peuple pour bouleverser le gouvernement , et introduire dans le pays la religion réformée et Vétat républicain :

Penses*tu qa'une loi , si diTorse à ta tienne. Tes peuples sabjugtier , en meilleure ordre tienne? Sais-tu pas que l'effroi, rirapiété , Torgueil , L'embrâseraent , le sac, Timpunité, le deuil ; Bref le meurtre j l'horreur , la rage et le ravage Suivent Mars change jbtat , partout où il passage.

0 ardent zèle d*avoir.

Tu as sur les mortels un étrange pouvoir !

S'adressant toujours aux Liégeois^ il leur expose avec énergie lés fruits amers qu'ils retireront du triomphe des novateurs :

Ainsi vont-ils voilant le dësir incroyable Qu'ils ont de t'esglaver et rendre misérable. Peuple j ne pense pas , s'ils te peuvent jamais Tirer à leurs desseins , soit de guerre , soit de paix ^ Que plus tu jouiras de tes droits de franchise y Que passé si longtemps^ tes pères t'ont acquise; Ains ils t'en priveront , et feront des nouveaux Tout à poste fbrgez, conforme à leurs cerveaux» Considère a part toy tes libertés antiques , Et celle qui repaist ces messieurs politiques ? Que verras-tn de bon on tout va en deroy? Où la foi ne se tient ni à Dieu , ni au Roy ? Où la noblesse pâtit , où charité raandie ? Pays bien éloigné de l'heureuse Utopie ! Où sur le pauvre peuple on forge sans repos Cent sortes de tributs , de dace et d'impôts ? A ceux qui de tous biens n'assouvit la dixième ^ A peine quelque jour suffira la deuxième.

Il met ensuite dans la bouche des novateurs son siècle , le langage suivant :

Liégeois , où étes-vous? dormez-vous maintenant ?

Il est temps vous ester de l'avare domaine

Des prostrés et royaux qui vous font tant de peine.

Après aToir retraeé le sac de la ville de Liège , que^ les novateurs attribuaient aux ecclésiastiques , bien que laiiibition de Cbarles-le*Téraéraire et les intrigues de Loms XI, en fussent les principales causes; les soldats de Charles , continue-t-il , respectèrent vos temples j et vos réformateurs voudraient les réduûre en cendres., et pubEent partout

•^».... Que les prestres

Attrapèrent les biens meilleurs de qos ancêtres. Far fallace et par dol couvert de sainteté , £t qu'ils les doivent rendre à la postérité.

Sur cela , il se récrfe :

Qjjoî f nous retrouverons notre ancien partage !. Que BOUS soromes ravis entendant ce parler \ Ami , quiconque sois, qui nous vient déceler Si notables secrets ; quoi? reviendra donc râge> Semblable au siècle d*or du premier parentage ?' Et dans l'Oligarchie où tu nous veux ranger , Tiendra-t-on nouveau- droit du retrait Lignager ?' Mais de grâce , comment pourrons-nous reconnaître Ge dont depuis mille ans le clergé se fit maitre?

Pour bien juger des vers français de Jean Polite , it faut se. transporter au siècle où il vivait, et les corn** parer à ceux des meilleurs poètes de ce temps , tels que du Bartas^ Ronsard, etc. M., de Yillenfagne ne craint pas d'assurer qu il trouve sa poésie comparable à celle de Ronsard , malgré la grande célébrité de ce dernier.

1598. LIVINEUS (/can), né àTerraonde , fut élevé à Liège avec André Papius , par leur oncle Laevinus Torrentius. Après avoir fini ses études , il s adonna à la théologie. L'édition de la Bible grecque de Plantin est due à ses soins et à ceux de Guillaume Canterus. Les cardinaux Guillaume Sirtet et Antoine Caraffe , le

— ao6 —

firent yenit à Rome ^ où ils le diargèr^ii de b publication de la VermùnidM S^tante.U obtint un canonieai de l'église de Liège , et suivit son oncle , lorsque Phi*^ lipp^ II Teut nommé au siégé épiscopal d'Ânvers«. livineus mourut dans cette yille , à Tàge de âO ans ^ d une attaque d'apoplexie , comme il était sur le point de publier toutes les œuvres de St.-^règoiile dé Nyssb*^ Il passe pour l'un des plus judicieux critiques de son temps. Ses œuvres imprimées sont t

V Emendationes et notœ ïn XÏI panegiyricos mteres.

Les traductions suivantes.

2'' Gregoriuf Nyssenus et Jo. Ckfy^os^iofkûs , de virgimtate.

3* Theodori Htiditœ catéchèses 135 cum scholiis.

4"" Andronici i^mperatorù cUsputatio cuni jttdœis*

Il aaussitraduitlestragédies d'Euripîdecft les oeuvres d^Athénée ; mats elles sont restées inédites.

1598. PHILIPPE II, roi d'Espagne, et souveraitt des Pays-Bas, succéda à Charles Y, son père. Il continua le même système politique. Lors de la conclusion du traité de Cateau-Gambresis , avec le it>i 4e ' France ^ Philippe eut ^in d j comprendre les Liégedis , et leur fit l'endre tout le territoire envahi But eux , dutant la guerre iq[ui eut lieu entre TB^pagne et ta France, ehtr'autr^ , la ville de €ouvin , le village de Fraisne et le château "de Bouillon.

Ce prince , désirant soustraire les provinces des Pays- Bas à toute domination étrangère, et s'opposer aux progrès des nouvelles doctrines , envoya à Rome François Sonnius , docteur de Louvain , à l'effet de négocier aTiec le Saint'Siége , la réforme (ecclésiastique , dont son père avait eu la première idée.

Le pape Paul iV, accédant à to detnàndé, rendit une bulle en date du 1 2 mai 1559 , qui permettait Férection

de treite boureaul étédhésv qui ienliènt suffragans de Cambrai et d'Utrecht (qu'il érigea eu métropoles) et de Matines , t],u'il décora de la primatie des Pays-Bas.

Les nouireaur évéchés itureht St.TOmer et Namur y suffragansde Cambrai; Anvers, Gand, Bruges, Ypres, Bois*le-Due et Ruremondè, suffra^ans de Malines; Bartemv Oeyentier, I^euwarden, Grônikigue et Middel* boui^ , suffràgans d'Utrecht.

Cette nouvelle division occasionna un grabd démem* bremeui de rantiÈ[ué diocèse de Liège : tout celui de Naçiur , la plue grande partie de t^eulde Ruremonde, de Haliné^., d'Anvers et de Bois-le^^Duc en forent dé« tadbéa : la ville de Louvain et sdn Université furent réunis au diocèse de ]!ikiltties.

Liège , qui jusquakks était la métropole d une province ecdlésiastiquetrès^tendue, perdit toute son importance et sa. splendeur ^ et ne se soutint plus que par son commerce et abn industrie. Le ^ap même en souffrit beakë'èup.

Philippe , outre le mal irréparable qull venait de faire à la':prinéipauté de Liège, en dèibembrant Tanden évèchè , fut encore le principal moteur des dissentions iutérieures et des pertes que le pays ressentit , par suite de lexécutioil des édits atroces et sanglans rendus sous le règne de èôn père contre les nouveaux sectaires , et remis en vigueur par son despotisme et son intolérance.

Ce. fut sous le règne de Philip^ II , qu'il fut statué , qu'aux Pays-Bas comme en Espagne , l'année commencerait au 1"' janvier (1576^ Jusqu'alors, l'usage presque universel était de commencer 1 année la veUh de Pâques, après la bénédiction des fonts baptismaux.

1598. BRY {Théodore rfe), graveur et libraire , naquit à Liège, en 1528, d'une famille riche et distinguée. Il s adonna à la gravure , et devint bientôt un

artiste remarquable. Partisan de la doctrine de Lutherv il tenta , de concert avec plusieurs autres dé ses concitoyens, d'introduire dans sa patrie ^ en 1570 , la religiorè réformée. Ayant échoué dans leur entreprise, de Brj et tous les fauteurs de ces nouyelles opinions, furent bannis de Liège par un décret, et leurs biens furent confisqués^ Théodore de Bry , expuké et privé de sa fortune, se retira à Francfort-«ur-le-Mein , où it fit ressource de ses talens; il établit une librairie dans cette ville, s'appliqua sans relâche à se perfectionner dans son art , entreprit divers voyagea dans ce but , et parvint en peu de temps à rétablir ses affaires. Son amour pour le travail était tel, que quoique tourmenté de la goutte dans ses dernières années., il ne discontinua pas de graver avec la même dextérité jusqu'à sa mort, malgré ses doigts noueux et crochus.

Théodore de Bry mourut à Francfort, le 27 mars 1598» à l'âge de 70 ans, laissant deux fils, Jean Israël ^ qui n'existait plus en 1612, et Jean Théodore» qui vécut jusqu'en 1623.

Le nombre des estampes qu'il a gravées est vraiment prodigieux i elles font encore rechercher quantité d'ouvrages volumineux qui en sont ornés. Il a surtout excellé dans le petit. Le» estampes qu'il a copiées d'autres maîtres , et qu'il a réduites en petit , sont sou^ vent plus estimées que les originaux. Il y a beaucoup de netteté et de propreté dans son burin , mais ausisi parfois un peu de sécheresse. «Quoiqu'on mette Théo- »dore.de Bry au rang des petits maîtres , il a cepen-* 9 dant , dit 1 abbé de Fontenai , gravé plusieurs morceaux 3d!hisi(nreei d*omemens, que les amateurs recherchent » avec raison.»

On distingue surtout parmi ses gravures : V VAge (for , d'après Abr. Bloemaert ; 2** le Bal vénitien , qui lui sert de pendant ; S** la petite Foire de village ; 4** la Fontaine de Jouvence ; 5** le Triomphe , d'après Jules Romain.

Théodore de Biy a gravé les figures du Proscenium, 9ivè emblemata vitœ humanœ. Francfort , 1627. Il a gravé conjointement avec Jean Praël, l'ouvrage suivant : Alphabeta et charcuiteres Jàm indè à creato mundo ad nostra ttêqnè tempora , in œre effeoti. Francfort, 1596, in.4\

On lui est redevable de toutes les estiimpes des ou~ .vrages de Boissard , dont voici les titres :

P Vitœ et icônes sultanorum turcicortêm, prin^ çijmm persarum aliorumque illustrium heroum heroinarumque ab Osmane usqae ad Mahomete II; ad vivunh ew aniiquis metallis effictœ, primûm eas ConS" tantinopoli D. Imp. Ferdinando oblatœ nùnc deS'* criptœ et tetrasUchis succinctis Ulustratœ à Ja/n. Jacobo Boissardo Vesuntino. Franqfort-^ur-le-Mein , 1596 , in.4%

Les portraits sont bien exécutés. Boissard a accompagné chacun de ces portraits d'un quatraiix , et y a ajouté la vie de celui ou de celle qu'ils représentent.

2" Historia chronologica Pannoniœ : Mes per Hun^ gariam et Transylvaniam , jàm indè à constitutione regnorun^ illorum usquè ad invictiss. rom. imp, Bodulphum, II Hungotriœ regem christianum XXX et sereniss.SigismundumBathorium, Transylvaniœ du^ cem , moûpimè vero hoc tempore belle gestas : Icônes item, vita^que et victorias regum, ducum et procerum,

tà/m christianorum quàm turcicortmi, etc., etc

Addita est tabula chorographica totius Mungariœ nova, effigiationes item topographicœ aliœ, etc... Francfort, 1608.

3*" Icônes quinquaginta virorum illustrium doctrind et eruditione prœstantium ad vivum efjictœ, cum eorum vitis descriptis, etc.... 1" partie. Francfort, 1597, in-4*'. 2* et 3* parties. Francfort, 1598, in-4^ 4' partie, id. 1631. 5' partie , 1632, in-4^ C'est un ouvrage très-rare aujourd'hui.

^ am —

Le 1** tome çonlient 150 portraits a?ee autefil devies. Thëodoite de ftry l'a orné d'une préface , dans la-quelle il détermine eiactement cto que Boissard a fait à l'égard de cet ouviage » dont il ne se réserve pour lui-même que la gloire d en avoir gravé les planches, et d'en avoir fait la publication. Il lious appreild eia* suite que son but en publiant ces leùMs, dk de donner aux jeunes gens des liiodèleis de ^Bonduite^ qui les* excitent à s'appliquer de bonne heure à la vertu , afin que, marchant stit les traces de ces grands hommes ^ ils puissent atteindre aux mièmes degrés de gloire et de dignités. D'où il prend occasion d eïhorter les parens^ à ne pas abandonner leurà enfans à l'oisiveté qui est ^oreiller de Satan, appuyant son exhortation de son propre exemple : c Ego, dit-il, qui et parentibus ho-^ »nesto loco natis progeneratus,. et opibus affluens^ »atquè adeo inter honoràtioi^es Lëûdii vèl prirnarius 1 fuefim ^ fortunes tamen casibus imposturis ^ malis no^ > ïâinibus et latronum insidiis omniîms iis ornamentiii » etutus ^ adeo adversam aleam etpertus sum ^ ut liisi »ex arte meâ mihi prospicere potuissem, vel littus^ »quod aïunt , omnium rerùm egeno arandum fuis^t i » Ars sola mihi post tàtn amplam à parentibus reti^ »manserat^ quâtn néclàti^omes, nec furum mahûs ta^ » paces intadiere potuetà'tit, ea rem ^t gloriam in pri»- »tinum irestituit , nec ttke cultorem sut indefessûm » fefellit uiiquàm. »

Le 2* tome contieht^S porfrà^s gravés par Théodore deBry,avec la vie tlè diètcun ée ceux qu'ils représentent.

Le 3^ tome n'est pas de Boissard ; c'est à Jean- TliéôdDrè et Jean-Isràël de Bry que nous en sommes redevables ainsi qu'ils nous l'apprennekit eux-mêmes dans ta préfafce -qu'ils ont mise au commiencèment de cette 3* partie, suivant 'la dernière volonté de leur père , qui leur avait expressément enjoint de continuer cet ouvrage sous son nom.

%* Theatrum miœ huimmas. Vianeforl, imprime «ans date chez Abraham Fabri, in -'4'*, édition fort rarp.

5^ Romanœ urbiê topsgraphda ei emUquitaies, quihus êuocincèè H breviier descrihuntur omnia, quœ tant pubtioà quàm privatim videntur anitnadversione di' yna, etc... Ouvrage imprimé en YI parties in-fel. de 1597 à 1602.

6'' Parna^sus oum imaginibuê muscirum deorumque prœsidum Hippoerenef, etc... Francfort, 1601 , in*foL

7* Onuphrii Panvinii^ Bartholomcei JUarliani, Pétri Vietaris / Jan. Jac. Boi9sardi topographia RomeB cum tabulés geographicù , imagiftibus anUquœ et novœ urbis,inscriptlonibu8 , marmoribu9y œdifoyiU^ sepul^ chris , et quicqtdd£st à venenandd antiquitate. Mathieu liérian. Francfort, 1627. Les VI parties qui composent «e recueil ont paru séparément.

Théodore de Brj s est principalement rendu célèbre parla CoUeciion des Grcmds et Petits Voyages. Lors du TojEage .qu'il Qt en Angleterre , vers 1587, Richard Hackluyt , savant voyageur , lui conseilla de composer €6 vaste recueil , et lui procura même , à cet e£Fet , des dessins d'après nature , représentant les habiflans des diverses parties de TAmérique.

De retour à Francfort , de Bij fit imprimer succès- ^vement les relatiops les plus intéressantes , soit qu^elles eussent d^jà été pubhées , soit qu'elles fussent encore inédites, les publiant tantôt dans leur entier, tantôt par extrait seulement. Il fit paraître en même temps sa Collection en trois langues , française , latine et alh^

Lea six premières parties des Grands Voyages pa* nirent de son vivant, de 1590 à 1596. L'édition francise fut abandonnée aprèsi la première partie ; cependant , quelques personnes croyent à Vexistence d'une seconde édition en cette langue. Les sept autrer)>arties furent continuées par ses deux fils , et par Mathieu Mérian , gendre de Jean-Théodore de Bry.

La première : partie des Petit^^Voyagèê ne parut qu^après la mort de Théodore de Bry , par les soins de ses deux fils , qui continuèrent les deux collections*

A la mort de Jean-Théodore de Brj , cette collection fut partagée entre ses gendres , Mathieu Hérian et Guillaume Fitzer. Le premier qui eut dans son lot les Grands Voyages , en donna une XIIP partie , en langue latine et une XIT*" de l'édition allemande^ Le second donna jusqu'à la XIP partie de l'édition latine des Petits Voyages , et jusqu'à la XIIP de l'édition allemande. Ainsi l'édition latine des Grands Voyages a une partie de moins que l'édition allemande ; et il en est de même pour les Petits Voyages^

Les neuf premières parties de la collection latine des Grands Voyage avaient déjà eu plusieurs éditions, lorsque Matn. Mérian les fit réimprimer en 1634. Les dernières n'ont probablement été imprimées qu'une fois. Les premières parties des Petits Voyages ont eu au moins deux éditions en latin. On a également réim-« primé différentes parties de l'édition allemande des Gra/nds et Petits Voyages ; on croit que cette édition renferme les premières épreuves des figures , et pour cette raison , quelques amateurs la joignent à l'édition latine. Cette édition allemande est des plus recherchées par les amateurs et les savans ; ce qui en fait le prix , c'est la réunion de plusieurs des premiers voyages aux deux Indes, entrepris depuis la fin du Xb"" siècle , et la multitude de cartes et de planches dont les relations sont accompagnées.

Cette collection précieuse , publiée sous le titre suivant : CoUectiones peregrinaUonum in Indmm Orientaient et IncUam Occidentalem XXVpartibus compre^ hensœ ; opus illttstratutn figuris ceneis- fratrum de Bry, et meriani. Francofurti ad Haenum, 1590, et ann. seqq. ad annum 1634, 7 vol. in*fol., se compose d'un nombre considérable de pièces et de relations qui

i)on)Dement, tant la découverte et la description dw Nouveau Monde ou des Indes Occidentales ^ que This* toire particulière et détaillée des Indes Orientales. Elle contient une infinité de Traités singuliers et fort eii^ rieux, pfubliés originairement en différentes langues , exécutés indifféremment dans toutes sortes de formes , et imprimés en divers temps.

Elle est divisée en XXV parties séparées ; savoir : Xni parties pour les Grands Voyages^ et XII pour les Petits.

Le nom de Grands et de Petits Voyages , sous lequel on désigne cette collection , lui a été donné à cause de la différence du format des volumes qui la composent.

La première suite de pièces, c est-à-dire, les Voyages qui regardent TAmérique ou les Indes Occidentales ^ est partagée en XIII parties ou volumes; on lui a donné le nom de Grands Voyages, pour la distinguer des Xlt parties ou volumes de la IP suite de pièces , c'est** à-dire , les Voyages qui concernent les Indes Orientales , qui a été imprimée dans un format plus petit.

Rien n'est plus rare qu'un exemplaire complet de cette collection , par la diiÇculté qu'il y a de rassem^ hier toutes les parties diverses qui concourent ensemble à son entière perfection. La plupart de toutes ces parties ont été réimprimées plusieurs fois sous la même date et en différens temps, mais avec des augmentations ou des changemens, tant à Tégard de la narration que dans la partie des figures ; de manière qu'il est absolument nécessaire de réunir ces parties réim^primées avec les originales, parce que les unes sont remarquables par la beauté de l'épreuve des figures, et les autres par les différences qui les distinguent à cause des augmentations et des changemens dont elles ont été susceptibles.

Nous donnerons une courte analyse de cet ouvrage ; mais comme les renseignemens bibliographiques con<^

— au —

oemaiit cette collection sont trës-impoiisns et en ménie temps trop étenduâ , nous indiquerons les ouvrages où Ton peut les trouver ; ce sont : 1*" Çbsemaiiipti^ ûi détails sur la collection des Grands et Petits Y&yages j par l'abbé de Rothelin , 1742, ii^-S"* de 42 pages , réimprimées en grande partie avec des additions , par Lenglet Dufrenoy dans sa Méthode pour éttuUer la géographie ; édition de 1766, tome 1"^', pages 324-361. 2*" Catalogue des livres d» Ooutiard, par G. de Bure , 1780. 3" Catalogue des livres dé Mel^ Saint-Céran , par le même. 4'' Catalogue des livres de Camus de Limace , 1786. 5"^ Le Manuel du librad/PB ^ par M. J. C. Brunet , fils. 6*" Ccetalogue de Brienne, ' 1 792. T Bibliographie instructive de de Bure , 1768. S"" Mémoire sur la Collection des Grands et, Petits Voy4tges, et la Collection des Vouées dé Melohisedech Thevenot, par A. G. Camus, 1802, in-4^. 9** CkOalogue des livres de de Bure, .1833.

GRANDS VOyAGlE^

VOYAGES àJJX INBBS OGGIDBNTALES.

Page 1