‹ Biographie LuxembourgeoiseChapitre 10 sur 98 · MDCXXX DIB III MARTII · texte numérisé non relu

MDCXXX DIB III MARTII

Viri illuetree. I, N« «9.— Bi»T«i.it 116. 146. 20.Y — Nmoi, Catalogne des Boortee, XIX, Nhh, Notice »ur la Boroaie de Mejie-ba.rg. - Arcorrei de U ouiao» de Wilt« « Méfia» Meytem- Umry. — Bhthout, VIII, 188. — Notée d'étude».— DoeaoMBts Va» ■*» 8fUTM, de Ckéxiâtj. — U«ca-

BRENNER, Jean, fils de Jean Brenner , dit de Nalbach , Greffier au Conseil provincial de Luxembourg, et de Marguerite Housman d'Ebly , est né en cette ville pendant la seconde moitié du seizième siècle. Il est mentionné comme suit dans le manuscrit des Viri illustres:

«1580. Joannes Brenner filius Joannis « Brennerii secretarii status Régis et Gra- «pharii Luxemburgensis , primus Luxem- « burgensis Societatis Jesu , primitias cele- «bravit Luxemburgi coram Matre in sa- « cello Sancti démentis hodie Sancti Adri- « ani Societate needum Luxemburgi exis- « tente, quac post admissa sacello isto «usa est ad viginti annos, concionator «egregius, laudatus a Bencio in liUeris «annuis Societatis Jesu, primus rector «collegii Confluentini ejusdemque auctor «per Joannem a Schonberg Archiepis- «copum Trevirensem amantissimum sui,

«post vitam apostolicam per Sueviam, « mortuus est Monachii. »

D'après ce passage , il paraîtrait que Jean Brenner serait devenu prêtre en 1580 ; mais cette date est plutôt placée là pour indiquer Tannée où il coopéra à la fondation de la maison des Jésuites à Coblence , par les soins de Jacques de Schonenberg, archevêque de Trêves. Quoiqu'il en soit, il a conservé la réputation d'avoir été profond théologien , mais surtout bon prédicateur. Il fut un des premiers Pères de la Compagnie de Jésus qui vinrent s'établir à Luxembourg lorsque le roi Philippe II y établit leur maison en 1594. Il alla ensuite en mission en Suède et vint mourir à Munich où il fut enterré dans l'église de St.-Michel.

Le père Brenner a écrit la vie édifiante de son aycul; mais son ouvrage n'est pas parvenu jusqu'à nous.

Ce personnage , le dernier de son nom, avait quatre sœurs qui furent mariées:

Jeanne, à Antoine de Blanchart; Barbe, à Remacle d'Huart; Marguerite, à Jean de Wiltheim ; et enfin Gertrudef à Melchior Wiltz, tous les quatre dignes de figurer dans notre galérie des illustrations luxembourgeoises (v. leurs art. respectifs) .

Brenner portait: d'argent, à un cœur de gueules accosté à dextre et à senestre de trois flammes de même, soutenu et surmonté d'une croix de sable. Cette famille, originaire de Saxe, florissait déjà en

Viri illnatrea, I. N« 4». -Wnm. a Wutmu, DUqai*. antiooar HUt Latemb., lib. II, e. 0. § 3 — BiamoLET, VIII, 188. — Ni y tu, Notice htator inr la famille 4e Wiltheim, 10. — Nivta, Géaèalogi* de la famille d'Uaart; daui Publication* de la Société arcbéol. de Laiembonig, 1834, T. X. 108 a 139. - Maniucrit Biaacaaar. - P.ta.rr. III, fol. LX.- Aa IIo^tui,», Ui.t Tre». diplom. III. 143 et note.

BRETON, Antoine Le, ne nous est connu que par les quelques lignes que nous donne le manuscrit des Viri illustres qui s'en réfère à un passage des mémoires de Philippe de Commincs: «1470. An- « tooins de von Britannien Nobilis adultus

t. ex proximia Luxemburgica laudatur a « Comineo Lib. I , Cap. 4. quod Caro- « lum audacem in certum exitium prope- «rautem servari sit conatus. »

La date de 1470 ici placée se rapporte vraisemblablement au décès de ce personnage, car l'action pour laquelle l'auteur des Viri illustres le cite parmi les elari bello et armit, s'est passée en 1467, le 27 juillet, à la bataille de Mont-l'Héry. Voici du reste ce qu'en dit Commines : «Le comte de Charolois chassa de son « costé, demie-lieue outre le Mont-l'Héry, «et à bien peu de compagnie £ toutes fois « nul ne se défendoit ; et trouvoit gens à « grande quantité : et jà cuidoit avoir la « victoire. Un vieil gentilhomme de Luxem- « bourg, appellé Antoine le Breton, le « vint quérir : et luy dit que les François « s'estoient ralliés sur le champ , et que «s'il chassoit plus guères, il se perdrait. «Il ne s'arresta point pour luy, non ob- « staut qu'il luy dist par deux ou trois fois. « Incontinent arriva monseigneur de Con- « tay dont cydessus est parlé , qui luy dist « semblables paroles, comme avoit fait le « vieil gentilhomme de Luxembourg , et si « audacieusement qu'il estima sa parole et « son sens, et retourna tout court. Etcroy, « s'il fust passé outre deux traicts d'arc , «qu'il eust esté prias, comme aucuns « autres qui chassoient devant luy. »

La famille le Breton n'est pas connue comme luxembourgeoise, à moins que son nom n'ait été changé plus tard en celui de Britto , comme nous le trouvons écrit deux siècles plus tard. (v. l'art. Britt ou Britto.)

Viri itlurtres, II, N» 137. - Pram m Comium. Mémoire*; loe. citât

BRI ART, Jean - François - Henri - Léopold, né à Marche, en 1802, mourut subitement le 10 juin 1851, à Rosières dans la province de Namur où il était allé passer quelques jours.

Après avoir achevé ses éludes en droit à l'Université de Liège et défendu une thèse intitulée : De adeundd hœreditale, il

obtint le bonnet de Docteur dans cette faculté, le 21 février 1828 et prêta le serment d'avocat le 5 mars suivant. Il s'établit à Liège.

De 1834 a 1836 Briart publia avec MM.

L.-E. Ansiaux, G.-E. Brixhe et L.-A. Doreye, les 13* et 14e volumes des arrêts notables de la Cour d'appel de Liège, contenant les arrêts les plus remarquables des Cours de Bruxelles et de Gand, etc. — A partir de 1837 jusqu'en 1851 il rédigea aussi la Chronique Liège dans le Journal du Palais.

Briart avait été nommé Juge suppléant du canton de Liège ; il était aussi bibliothécaire de la Société d'Emulation, membre du Bureau de Bienfaisance et trésorier de la Commission administrative des sourds et muets de la même ville.

U.Camaïaa, Ntcrologe siégea**, 1801. 1K, su,

BRIAS, Louis-Antoine, Comte de, était né à Luxembourg, en 1781, fils de Jean- Joseph-Frédéric, comte de Brias , député de l'Etat-noble du Duché de Luxembourg, seigneur de Hollenfeltz, lieutenant-colonel d'un régiment de carabiniers au service de l'Empereur, mort le 22 mars 1798. Jean- Joseph-Fréderic, Baron de Brias fut créé comte de son nom, par Lettres du 21 février 1787.

Louis-Antoine de Brias entra en 1806 au service de France, dans les chevaulégers belges commandés par le Duc d'Aremberg, qui formèrent plus tard le 27* régiment de chasseurs à cheval. Sous-lieutenant en 1807, lieutenant l'année suivante, adjudant-major en 1810, capitaine commandant d'escadron en 1813, il lit les campagnes de Prusse et de Poméranie suédoise en 1807, celle de 1808 en Danemarck, celles de 1809 h 1812 en Espagne, celles de Saxe et de France ; se trouva aux batailles de Talaveira, d'Almonacid et de Gabora; se distingua à Guadalaxara où, avec soixante chevaux il tint tête à plus de trois cents hommes, les chargea, leur prit deux pièces de canon et leur tua plus de quatre-vingts hommes. Porté à l'ordre du

jour de l'armée pour cette action brillante, il fut décoré de la Légion-d'honneur.

Après la chute de Napoléon il entra au service des Pays-Bas, se trou?a à Waterloo dans l'armée hollando- belge et y fut grièvement blessé à la jambe par un boulet de canon, pendant qu'il sauvait la vie au Prince d'Orange , devenu depuis roi des Pays-Bas sous le nom de Guillaume II, au moment où ce prince recevait lui-même une balle a Fépaule.

II était colonel du 8' hussards lorsque la révolution belge éclata; il en embrassa les principes et commanda en 1831 le 2e chasseurs à cheval au service de Belgique; fut fait général de brigade bientôt après, et lieutenant-général en 1837. Il prit sa retraite en 1842 et mourut à Bruxelles, le 5 septembre 1855.

Le général comte de Brias était commandeur des Ordres de la Légion d'honneur et de Léopold , et chevalier de l'Ordre militaire de Guillaume. 11 descendait d'une très-ancienne et très-illustre famille qui avait pris son nom d'un fief situé en Artois. La maison de Brias , connue depuis la fin du douzième siècle , porte : d'or à la fasce de sable, surmontée de trois cormorans de même, membrés et becqués de gueules. Elle s'était pendant le dix-huitième siècle établie dans le Pays de Luxembourg où elle posséda la seigneurie de Hollenfeltz que le comte Louis-Antoine a vendue en 1819 à l'avocat Thorn (v. son art.) qui fut plus tard gouverneur civil de la province belge de Luxembourg , puis de celle de Hainaut.

Le nom de Brias est éteint dans notre pays.

Biographie général* de* Belge*. 39, »q — Nobi luire de* Pays-Ba* et du Comté de Bourgogne, i" Partie, I, 898, »q.— Suite du supplément au mime ouvrage* VI, 116. *qq. et 1 80 *qqq. — Souvenir* coutemporaux. — Note* de famille. — A rcbive* du Cou- •eii Souverain. — Annale* de l'Académie d'Archéologie de Belgique, II, liv. I, 9» - Ben*eiguemenU administratif*.

BR1TT , ou BRITTO , Jean-Ottcald de , naquit à Larochette dont il fut co-seigneur. L'auteur du manuscrit des Viri illustres

lui a consacré l'article suivant: «1620. « Joannes-Oswaldus Britt ex Feltz Philip- «pi II et III Kegum llispaniarum Consi- «liarius et Secretarius intimus per annos « sex et triginta , condomiaus ia Feltz cuit jus filium Don Louis Rex creavit Equi- « tem de Akantara. »

Britt mourut en on vers 1640, à Bruxelles où il fut enterré.

Le roi d'Espagne Philippe IV, pour récompeoser les longs services de ce personnage distingué, érigea en 1631 la Terre de Diekircb en dignité de Marck- Vogtey— non marquisat comme plusieurs l'ont avancé a tort— , et la lui donna en tief-engagère-béréditaire pour une somme de onze mille florins de Brabant.

Vin illustres, ni. H* «15. - Pinatr. 111. fol. LX Bi.tb.it, VIII, 168 et 188. -Pa<m>«t, 68.t'EvÉooa bk la Bamc-Moutubis, Itinéraire du Luiem. bourg crriuaaiiiue, 508.

BROCQUART , Jacques, naquit à Thionville, vers Tannée 1588 et entra dans la compagnie de Jésus au monastère de Luxembourg.

Le P. Brocquart, dont le nom de famille se trouve écrit tantôt Broquart, Bronquart, Bronquard, etc, fut en 1624 le premier auteur de la dévotion en Notre- Dame dite Consolatrice des affligés à Luxembourg. Il est mort dans cette ville, en 1660.

L'auteur du manuscrit des Viri illustres lui a consacré les lignes suivantes qui ne nous apprennent rien de nouveau : « 1654. « Jacobus Brocquart Theonisvillanus Societ. «Jesu Sacelli B. Maris Virg. Consolatri- « cis afflictorum Miraculosi, Curator. »

Une famille de Brocquart a été pendant le siècle dernier seigneur de Villers-S1*- Gertrude. Nous ne savons si Jacques Brocquart y appartenait.

On a de ce pieux personnage les quatre ouvrages suivants qu'il a traduits, les deux premiers en latin, les deux autres en allemand : 4°. Le pédagogue Chrétien du Jésuite d'Oultreman , de Valenciennes ; vol. in 8», Trêves, 1644.— î°. Pensez-y bien, ou moyen assuré de se sauver. 1648,

in 8°. — 3*. Le Testament de l'homme chrétien, d'Antoine Sucquet.— 4° La vraie philosophie du Chrétien, qui consiste dans la méditation de la mort ; par Charles Mussart.

La Bibliothèque de Luxembourg possède en outre un livre intitulé : Descriptio Solertissima Terra Sanctae. Cologne, 1623 ; vol. in 12, et rédigé par Bonacenture Brocard. Cet auteur aurait-il été parent du personnage auquel notre article est consacré?

D. Calubt, Biblioth. lorraine; cl Catalogue des auteurs lorrains. — Becia , Biogr. de la Moselle , I, 17», sq.-TmauB», Histoire de Thiontille. 514.- B»tbolit, VIII, 65.— Presser, I. foL LX.— Viri illustres. I, N° 80.— Manuscrits Clombi — Histoire de Notre-Dame de Luxembourg, par an Père de la Compagnie de Jésus; Luxbg, Jacques Ferry, 1734, in 12, paasim. — Nuatu, Les auteurs luxembourgeois, dan». Programme de l'Athénée, I8*J6, 28.- Claser. Catalogne de la Bibliothèque de Lnicmbourg, 56 et 501.

B ROSI US, Henri-Ignace, naquit à Virton, vers le milieu du dix-huitième siècle. Ce personnage, qui était entré dans la compagnie des Jésuites, ne nous est connu que par les trois ouvrages suivants : 1°. Catéchisme d'un bon citoyen , ou entretiens d'un Luxembourgeois avec un Parisien sur l'autorité souveraine et les devoirs des peuples. Vol. in 8*, Liège, 1792. — 3°. Journal philosophique et chrétien. Brochures publiées en feuilles périodiques, de 1785 à 1790; 4 vol. in 8*. Nous en possédons 2 volumes in 8°, qui forment l'année 1790.-3° La démolition raisonnée du séminaire profane érigé a Louvain en

Ces productions ne sont que des pamphlets à l'adresse de l'Empereur Joseph II contre ses projets de réforme.

Pendant la révolution française l'abbé Brosius éroigra aux Etats-Unis. Il revint mourir en Prusse après 1.S30 dans un âge très-avancé.

M aubb, Supplément do Catalogne de la Bibliothèque de Luxembourg, 181, 722 et 611. — Notes particulières. — Buts, Mémoire sur l'ancien droit bclgîque, I, 570.

BRUER ou Bbubbius, Jean-Théodoric, Docteur en droits civil et canonique, protonotaire apostolique, officiai de l'archevéque-électeur de Trêves, Doyen du chapitre de S-Georges à Cologne, chanoine de S1 Siméon et de Munster-Meinfeld, prévôt de la cathédrale de S* Sévérin a Gemând, était né à Hoscheid, canton de Diekirch et monrot en 1673. Le nom de Bruer ne répondrait-il pas à celai de Breyer dont il existe encore plusieurs familles dans le Pays?

Par son testament de Tannée 1653 et un codicille de 1667, Jean-Théodoric Bruer donna à l'hospice de St.-Nicolas à Trêves toute sa fortune à la condition que (administration de cet établissement créerait une fondation de bourse , au revenu de cinquante écus à cinquante-six sols (22i frs. argent du jour) , en faveur des descendants de sa famille, au dit Hoscheid et k Hoflclt. Une seconde bourse d'études, de vingt-cinq des mêmes écus fut érigée par le Codicille ci-haut rappelé; elle doit de même être donnée à sa famille. Lorsqu'il ne se présente pas de parent, un étranger peut en jouir. Ces stipendes sont destinés à l'étude de la théologie, de la médecine ou du droit, et la durée de la jouissance n'est pas limitée.

Pour pouvoir devenir boursier il suffit d'être parent du fondateur, apte aux études et avoir une bonne conduite : l'aptitude et la conduite sont les qualités essentielles exigées , et elles ont la préférence sur la proximité du degré de consanguinité.

Cette fondation, qui existe encore, est administrée de nos jours par la commission des hospices de la ville de Trêves. La bourse de vingt-cinq écus subsiste seule.

Boire, Manael de* fondation! dt bonnet d'étud»a; 451, »<mq.

Bbunon, Comte de Chiny; v. CHINY, Brunon, Comte de.

BUCH, Bûche, Busch ou Busche, Henri- Michel, dit Le bon Henri, est né à Arlon, en 1608. Il était simple cordonnier de sa profession lorsqu'il alla s'établir à

Paris, à l'âge de vingt ans. Toujours occupé de son travail et imbu des sentiments de la plus généreuse charité, Buch conçut et exécuta en 1645 la belle pensée de réunir un certain nombre d'ouvriers de son état, laborieux et de bonne conduite comme lui, pour travailler ensemble en commun et employer le surplus de leur nécessaire au soulagement des pauvres. Les résultats heureux que produisit la Société de» frères cordonniers déterminèrent son vertueux fondateur à constituer sur le même modèle une association de frères tailleurs. Ces deux communautés qui avaient un but si éminemment philanthropique et si véritablement chrétien enrent leurs règlements, que rédigèrent le Baron de Renty, gentilhomme normand, et Coquerel, Docteur en Sorbonne : Elles fondèrent successivement et sur divers points de la France, en Italie , en Espagne , etc. , un grand nombre d'établissements qui subsistèrent jusqu'à la révolution de 1789.

Buch mourut à Paris, le 9 juin 1666.

Levachet lui consacra un ouvrage qu'il intitula : L'artisan chrétien, ou la vie du bon Henri; Paris, 1670.

IIstTOT, Histoire de* Ordre» religieux, VIII. 178. — Dt Fui** , Dictionnaire historique , litt. B. — La 6»m, Notice »ur les Luxembourgeois célèbres, 38. — Bearoier, Vin, 189. - La » B*c m-Lié«m, Biographie liégeoise, II, 189. — Lcvacut, Vie do bon Henri — Uo raines illustres des Pays-Bas, I, 71. — Goasscisa, Vies des Pères, des Martyrs et des prineipans Sainte, X. 511, tq. — Cooan», Encyclopédie moderne, IV, 908.-Biof;raphie universelle, VI. SOO.

Bocnv ou Bcchby, Henri; v. BOUCHY, Henri.

BUDIGER, religieux de l'abbaye d'Echternach, est cité par D. Calmet parmi les savants qui ont présidé aux étioles de ce monastère et qui ont concouru à donner à ces écoles le lustre qu'elles ont eu pendant le moyen -Age. Il était contemporain de Héribert et d'Adelhaire (v. leurs art.)

D. Gainer, Bibliotb. lorr. ; Préface.

BURINGER, Bernard, (lotissait pendant la seconde moitié du dix-septième et la première du dix-huitième siècles. Il se

fit prêtre et obtint la cure de Dahlem- Sprinckange , au canton moderne de Capellen. L'église de Dahlem ayant été dévorée par un incendie dn temps même de Buringer, le siège de la paroisse fut transféré a Sprinckange, comme nous l'apprennent les archives de l'ancien Conseil provincial. Nous n'avons découvert sur ce personnage aucune donnée biographique ultérieure si ce n'est qu'il a publié un ouvrage latin, in 4°, en 3 et en 5 volumes, composé de sermons, sous le titre de: Serta moralia a concionatoribus diebcs dominicis populo e cathedrâ exhibenda; Luxembourg, Jacques Ferry, 1710 — 1716; et un autre, intitulé : Serta moralia a concionatoribus IN FBST1S SANCTORCM populo 0 cathedrâ exhibenda, ex floribus sacroe scripturœ, sententiis SS. Patrum, apophtegmatibus illustrium virorum, rationis dictamine, simili tudini bus, comparationibus a proprietatibus rerum naturalium desumptit, exemplis imi tandis, aut fugiendis contexta; vol. in 8°; Luxembourg, 1712.

Finalement, il semble résulter d'une observation de M. l'abbé Schaack, curé actuel de Garnich, que le vrai nom du personnage dont ici question aurait été Bernard Keichling, et que celui de Buringer aurait été pris par lui de Buringen son endroit natal, comme cela était du reste de mode à son époque.

D. C»iu*r, Biblioth. lorr ; et Catalogue des auteur* lorrain*.— Publication de la Société arcbéol. de Luiembourgt 1883; VIII, 9< partie. ». et XI. Oit. — B«aruoi.tT. VIII. 180. - Clauh. Catalogue de la Bibliota.de Luxembourg, 30 — Nauua. CaUloguede la Bibliolb. de Luiembourg. 14» et 71I.-N*euanu. Let auteur* luxembourgeois ; dan*: Pro(jr»mme de rAtbënée. 1880; 57.

BURTON, Jean-Louis, naquit vraisemblablement à Marche où il est mort au mois de juin 1833, à l'âge de soixantequinze ans. Burton avait embrassé l'état ecclésiastique. Après avoir été le collaborateur de de Feller (v. son art.) pour son Journal historique , et celui de l'abbé B. de Saive pour l'édition du Dictionnaire historique, dit de de Feller, il fut nommé curé à Marche, fonctions qu'il occupa pen-

dant plus de trente ans. C'est à ce prêtre recommandable que cette ville doit la reconstruction de son église qui était devenue la proie d'un incendie. Pendant la tourmente républicaine Burton avait courageusement refusé le serment de haine à la royauté, et celte résolution le força comme ses confrères, à se tenir caché pour se dérober aux recherches des gendarmes chargés de l'arrêter.

U. Carrranu, Reebrrclics sur le* journaux i Liège, 1850. p. 107.- Note* de M l'abbé Eaciiae.

BUSBACH, de, famille distinguée qui a fleuri dans le Luxembourg pendant le seizième et le dix-septième siècles. Nous ne pouvons admettre qu'elle soit originaire du Pays, à moins qu'on ne veuille la faire sortir du village, aujourd'hui français de son nom (Bousbach) , supposition qui ne s'appuyerait sur aucune preuve historique. Nous n'avons pas découvert les armes de cette famille qui cependant était noble et qui avait son caveau dans l'église des Dominicains à Luxembourg. Les Busbach comptent plusieurs personnages de marque dans la robe et dans le sacerdoce ; une dame de ce nom est même morte en odeur de sainteté comme nous aurons l'occasion de le voir.

BUSBACH, Jean de, est rappelé comme suit dans le manuscrit des Viri illustres : a 1632. Joannes a Busbach Christophori « consiliarii filins Salamanticx in Hispania « promotus J. U. Doctor Assessor impériale lis camerae spirensis, qui Luxemburgi «moriens una cum conjuge legavit Patri- « bus Dominicanis 500 Daleros apud eos- « dem paterno sepulchro in Sancti Michaelis « aede conditus. »

Jean de Busbach était fils de Christophe de Busbach, licencié en droit et conseillerlettré à Luxembourg par promotion du 27 juillet 1593. Sa mère se nommait Marguerite Drouxman, ou Dronckman, native de Trêves. Il avait un frère, Georges-Bernard qui entra dans la Compagnie de Jésus, ainsi que trois sœurs, Madelaine, Dorothée et Marguerite, laquelle dernière aura son article à part, à la suite de celui-ci.

A son retour de la célèbre université de Salamanque on il avait fait de trèsbrillantes éludes, Jean de Busbach se fit d'abord recevoir avocat au Conseil provincial de sa ville natale ; puis quelque temps après il fut nommé Conseiller-lettré au même Conseil. 11 occupait ces fonctions lorsque la confiance de la Cour l'appela a Spire, en qualité d'assesseur à la diète de l'Empire. Il servit encore utilement en Espagne l'archiduc Albert qui avait une foi entière en ses lumières, et revint mourir à Luiembourg, en 1632.

Jean de Busbach avait épousé Dorothée de Wiltheim, fille de Jean, Greffier du Conseil provincial et de Marguerite Brenner. De ce mariage naquit Marguerite- Isabelle de Busbach qui devint à son tour la femme de Jean-Prosper d'Arnoult (v.

son art.), Conseiller, puis Président au même Conseil provincial; d'où descendirent les barons d'Arnoult de Meysembourg et ceux de Soleuvre.

Viri illiu<rc«, Ill.fl0»!*.— Mbyeu, Ffctice h b tonifie mt U famille 4e WUtheia. 16. 17, 19 et 31 -Butboi.it. VIII. 189.-Pa«obt, 65 — (limm, S8.-Pi.m*t, I, fol. LX.

BUSBACH, Marguerite de, est née à Luxembourg, le 20 janvier 1579. Elle était fille de Christophe de Busbach, Conseillerlettré au Conseil provincial de Luxembourg et de Marguerite Drouxman ou Dronckman, de Trêves, conséquemment sœur de Jean de Busbach dont l'article précède.

Le 23 janvier 1600 elle fut mariée à Melchior de Wiltheim, avocat a Luxembourg et fils de Guillaume et de Marguerite Zanders. Le père de Melchior de Wiltheim qui était frère de Jean de Wiltheim, Greffier du Conseil, a été annobli avec celui-ci par Lettres-Patentes données à Prague, le 13 novembre 1627.

Du mariage de Melchior de Wiltheim 4 avec Marguerite de Busbach naquirent huit enfants dont cinq moururent en bas -âge , de façon qu'au décès du père , arrivé le 6 janvier 1621 il ne lni restait plus qu'uo fils, Christophe, qui se fit jésuite (v. son article), et deux filles, Régine-Thérèse et

Gertrude, qui entrèrent de même en religion, comme nous allons le voir.

L'éducation toute chrétienne que Marguerite de Busbach avait reçue de ses parents, jointe à son extrême piété lui firent supporter avec une résignation exemplaire la perte de son époux chéri et allèrent jusqu'à la décider à renoncer entièrement au monde dès qu'elle eut pourvu à l'éducation et au placement de ses enfants. Dans l'intérieur de sa famille elle avait même pendant son mariage vécu de la vie des justes, s'occupant sans relâche à inculquer aux personnes de sa maison une piété solide et sans ostentation. Lorsqu'elle fut devenue veuve l'affection sincère qu'elle avait vouée à son mari fut entièrement reportée à Dieu seul « et son intérieur ressemblait sous bien des rapports à une communauté religieuse.

L'ordre dit de la Congrégation du P.

Fourrier fut sur ces entrefaites introduit à Luxembourg (18 juillet 1627); et ces religieuses obtinrent de l'infante Isabelle- Claire-Eugénie leurs Lettres d'Entérinement le 17 octobre suivant avec la confirmation de l'Ordinaire le 20 du même mois: Marguerite de Busbach avait contribué de tous ses moyens à cet établissement. Dès que les religieuses furent installées , sa fille aînée y prit le voile (31 juillet 1627) et son fils entra presque en même temps dans l'ordre des Jésuites (26 septembre 1628). Quatre années plus tard, le 15 août 1631 , cette pieuse et vertueuse dame fit elle-même sa profession solennelle dans le nouveau monastère et accepta le nom de saur Monique. Par humilité elle voulut n'être jamais comptée qu'au nombre des sœurs converses, se plaisanté remplir les devoirs les plus infimes et à n'être que la servante des servantes du Christ. Sa fille cadette profita de ces exemples et se voua à Dieu , comme sa mère et sa sœur sous la même règle.

Marguerite, au comble de ses désirs en voyant toute sa descendance engagée dans des ordres religieux , ne partagea plus dèslors sou temps qu'entre la prière , la mé-

datation et les obligations qu'elle avait contractées par ses vœux. Elle passa ainsi les vingt dernières années de sa vie et mourut en odeur de sainteté, le 10 septembre 1651 , a l'âge de soixante-douze ans et près de neuf mois. Elle fut inhumée dans la maison qu'elle avait choisie pour sa retraite. Le monastère dit de Notre-Dame , à Luxembourg , conserve son cœur et son portrait qui lui a été donné par la famille Wellenstein , d'Eboen, alliée aux de Wiltheim , conséquemment aussi aux de Busbaeh.

Son fils a écrit la vie de sa religieuse mère , mais son ouvrage est resté manuscrit. En 1857 H. l'abbé Weber, administrateur de la paroisse de Notre-Dame, à Luxembourg, en a publié une édition allemande, pour la rédaction de laquelle il a mis a profit tous les document* qu'il a pu réunir.

Cura, maaiucriU.— CairrtoraB a* Wuratu, Vie de eksur Monique de Baabaeh, jtnit de M' Mrlcbior de Wiltheiai, et religieuae de le Congrégation de N.-D. à Luxembourg; 1654, manaierit. — New, Notice historique inr U ftmUle de Wiltheiln, 16, 17, 10 et H-Archirei de* Comtee de Wiltx et de la famille de Martini.— BniMUT, VIII, 64, aqqq — Maicwt, Ckarlei, frire minime, Vie de aœur Monique: Cri ouvrage, compilé en tQ84, trois ans aprit la Mkort de torur Monique, ne fut impiimi qu'en 170S, paru» anonyme qui y a fait det corrections, quant mu ityle .— NacNA**, Les auteur* luirmlioorgeoiej dans: Programme de l'Athénée, tUiiC, 33 art Chrï»topke de Wiltheiai.— U. Weaea, Leben der 8chwe- •terMouika, gehorne Margaretha t. Botbach.

Bcsch ou Bdschb, Henri-Michel , dit le bon Henri ; v. BlICU, Henri-Michel.

BUSLEYDEN, Buschleyden ou Bauschleyden, famille luxembourgeoise qui a produit plusieurs illustrations du premier ordre Elle a pris son nom du village de Boulaide, en allemand Bauscbleiden , autrefois Buschleyden et Busleyden, enclavé dans l'ancienne prévôté de Bastogne où elle possédait un beau fief. Le plus ancien personnage connu de cette maison se nommait Thilman de Busleyden qui, en 1449 , était écbeviu d'Arlon. Il avait pour femme Ide , avec laquelle il acquit la seigneurie de DiestrolT et une sixième

part de Hondelange. Leur fils, Gilles de Busleyden résidait, parait-il, à Arlon. Il était secrétaire et greffier de l'état noble du Duché de Luxembourg, et fut ennobli par Lettres-Patentes du mois de février 1471 , sous Cbarles-le-Téméraire , duc de Bourgogne. Il portait: d'azur, à la fasce d'or, accompagnée en pointe d'une rose de gueules boutonnée d'or et feuillée de sinople. L'écu timbrée d'un casque d'argent , grillé et liseré d'or, orné de lambrequins d'or et d'azur. Cimier : une téte et col de licorne d'argent , la corne , le crin et la barbe d'or, issant d'un mortier ou bonnet d'avocat de velours bleu , bordé de deux galons d'or et chargé de la rose de l'écu.

Ce Gilles de Busleyden avait épousé Jeanne de Musset. Leurs descendants ont quitté le Luxembourg pour aller occuper les charges honorables auxquelles la confiance des souverains les appela , aiosique nous aurons l'occasion de le voir dans les articles qui vont suivre.

La maison de Busleyden s'est éteinte dans les mâles, le 20 juillet 1623 , dans la personne de Gilles de Busleyden qui fut six fois Bourgmaitre de Bruxelles , entre les années 1592 et 1619, et qui avait été armé chevalier par l'Archiduc Albert h sa joyeuse entrée en cette ville, le 30 novembre 1599.

Nobiliaire de* Paye-Baa, I, 10; et supplément, par H. m Vuaaio, III, 50, aqqq.— Uacmacnccm — B«rr usa, Trophée* de Brabant,lV, pasiim. — Piuarr, III.

BUSLEYDEN, François dé, était fils puîné de Gilles de Busleyden, chevalier, chef de la secrétairerie de Philippe, duc de Bourgogne (v. son art.) et de Jeanne de Musset. Les auteurs ne sont pas d'accord sur le lieu de naissance de ce grand prélat, les uns, tels que les auteurs de la Gallia cbristîana fixant Marville, tandisque d'autres, avec beaucoup plus de vraisemblance désignent Boulaide dont du reste sa famille a tiré son nom.

Après avoir successivement étudié à Cologne , Dôle , Pérouse , Paris et Lyon , François de Busleyden fut appelé à la

cour pour être préposé à l'éducation de l'archiduc Philippe-le-bel , et gratiBé de riches bénéfices ecclésiastiques: nous le rencontrons en effet en 1490 avec le titre de prévôt de St. Donatien (Donatinus) à Bruges et celui de doyen d'Anvers en 1498. 11 était en outre chanoine de la collégiale de St. Siméon à Trêves. Dès que l'empereur Maximilieo eut reçu avis du décès de l'archevêque Charles, de Besancon, il recommanda François de Busleyden aux chanoines pour le faire élire archevêque de ce diocèse : Cette élection eut en effet lien le 12 octobre de la même année 1498. Ayant obtenu sa confirmation canonique en 1499 il prit possession de sa nouvelle dignité , d'abord par procureur le 19 mai, puis il fit en personne son entrée solennelle, le 21 novembre, toujours de la même année 1499.

Il n'était qu'à peine installé lorsqu'il appaisa une contestation qui s'était élevée entre les chanoines de Besançon et ceux de Salins , ordonnant aux derniers de céder le pas aux premiers. Peu de temps après, le 27 juin 1501 , Philippe-le-bel le dépécha vers Louis XII , roi de France, pour demander la main de sa fille Claudine pour Charles de Luxembourg-Ligny :

Leglay a publié ses lettres de commission dans l'ouvrage intitulé : Négociation entre la France et l'Autriche ; T. I , p. 29. François de Busleyden envoya ensuite vers l'empereur Maximilieo Jean de Courteville pour demander l'investiture du temporel de son évêché, ce qui lui fut accordé le 9 septembre. Ce prélat conclut également avec le prince de Bourgogne une transaction touchant le droit de frapper monnaie, renonçant à ce droit qui avait donné lieu à bien des contestations.

Malgré son séjour à la cour de Bruxelles il ne négligea pas pour cela la direction de son diocèse. En effet, une forteresse (arx Gyacena) avait été détruite pendant la guerre avec la France ; il la fit reconstruire hors de ses fondements, dépensant pour ces travaux audelà de quatorze mille livres, somme énorme pour cette époque.

Chargé d'initier Philippe-le-bel dans le gouvernement du royaume d'Espagne qui venait de lui être apporté en dot par l'héritière de cette couronne, il suivit ce prince au-delà des Pyrénées. Philippe-lebel conserva même pendant toute sa vie pour notre prélat une profonde estime de reconnaissance comme un bien sincère attachement, à tel point qu'il le consultait sur toutes les affaires importantes.

Pendant son séjour dans la péninsule ibérique, le Pape Alexandre VI, disent plusieurs auteurs , lui envoya le chapeau de cardinal et lui donna l'administration de l'Eglise de Cambray, sede vacante.

Nous devons ajouter cependant que nous avons vainement cherché le nom de François de Busleyden sur la liste des membres du sacré-collège, publiée par Moreri.

Avant de quitter Besançon il avait délégué à Jean Favel , de l'ordre de St. Dominique et évéque de Nazareth , les pouvoirs nécessaires pour gouverner le diocèse pendant son absence.

François de Busleyden est mort à Tolède , d'une fièvre inflammatoire qui l'enleva en peu de jours, le 21 août 1502.

Le manuscrit des Yiri illustres consacre à ce grand personnage les lignes suivantes : «1500. Franciscus Bouschlidius ex Bau- «schleiden pago ad Suram aninem ex « Philippi I Hispaniarum Régis et Ducis « Loxemburgensis inslitutione Arehiepis- «copus Bizontinus, S. R. I. Princeps. »

Viri illattrea. I, 38.— Aa IIoutb*™, Il Ut Trefir. diplo» II, 846; et Prodro-o. Hi.t Trefir, II. 1033.— Nobiliaire des Pays-Ba» et de Bourgogne; tuf plém. par Vaaaaio, III, 30. — Uacttcaiici — Bct- ««*«. Tropliér» dp Bradant, IV. p»Sli». - D. C»L«rr, Bibliotb. lorraioe; rt Catal. de» autrora lorrain».— Butkxs, i84.-B.moi.BT, VIII, 18».- La Gauc, Notice t «r le* Uxesabovrgeo*» célèbre», 14.— P»ocrr. 49. — Ui.vBi.iac, 38. — C" o« B«c-ob-Li**»e, Biogr. liégeoiie, I. 181.-Piibbbt. I.fol. LXIIi et T III. — *. Sraaaaiac, Metropoli» Eccle». Trerer. I, îiOO et 980 — Oallia Cbriitiana. XV. 101.- N«c«»aa, Le* aateort la>iemb*argeaii; daa»: Programme de l'Atbéaee, 1886; 19 note 1.

BUSLEYDEN, Gilles de, que nous avons déjà mentionné, parait par tout ce que nous avons découvert sur son compte, avoir d'abord habité Boulaide où il était

né et où il possédait des propriétés. 11 s'y sera marié, puisque ses deux fils ai nés, Gilles comme lui et François dont l'article précède, naquirent dans cet endroit où Ton n'a conservé de nos jours qu'un vague souvenir du château qu'ils ont habité et dont il ne reste plus de traces. Il vint ensuite s'établir à Arlon où son troisième fils, Jérôme (v. son art.) vint, dit-on au monde. 11 eut aussi une sinon plusieurs filles.

Gilles de Busleyden devait avoir fait de bonnes études puisque, d'abord secrétairegreffier de l'Etat-noblc du Duché de Luxembourg il fut en 1484, le 24 décembre, Dommé Conseiller en la Chambre du Conseil à Luxembourg, par Lettres-Patentes de Maximilien et de son fils Philippe-lebel. Gilles de Busleyden avait épousé Jeanne de Musset et avait été annobli en 1471 par Charles-le-Téméraire , duc de Bourgogne.

Les archives de la maison de Wïlto renferment plusieurs actes auxquels il est intervenu comme arbitre , en compagnie de personnages importants de l'ancienne chevalerie luxembourgeoise : dans un de ces titres il est qualifié de Conseiller du Roi des Romains et titré de Maislre Gisles de Busleyden ; ce qui , à nos yeux , doit équivaloir à Docteur ou au moins à licencié en droit.

D'un autre côté le manuscrit des Viri illustres et Bertholet nous donnent à certains égards le motif qui l'aura déterminé à venir résider à Arlon : entre les années 1467 et 1473 il était prévôt de cette ville et de son territoire, en môme temps que propriétaire de la seigneurie de Guirsch dont le château touchait presque à la banlieue d'Arlon et lui offrait sans doute une habitation plus agréable que l'âpre climat des Ardennes: Il a fait construire entre autres l'église paroissiale de S'-Marlio, a Arlon, et mourut vraisemblablement en ou vers l'année 1490.

Voici du reste le passage du manuscrit des Viri illustres qui concerne ce personnage : « 1490. Aegidius de Bouschleiden « qua»tor generalis Ducatus Luxemburgen- « sis , et Particularis arlunensis fundavit « Ecclesiam parocbialcm sti Martini ibidem

«et alias plures, pater Francisci et Hye- « ronimi. »

Nous pensons qu'il ne sera pas inutile de donner ici une explication destinée à éviter une erreur : L'église dite de S -Martin, paroisse d'Arlon, que Gilles de Busleyden avait fait construire, n'est pas celle que l'on voit encore aujourd'hui. L'édifice de de Busleyden est devenu la proie des flammes pendant un incendie et n'a pas été relevé de ses ruines, pareequ'on a utilisé à cet effet la chapelle dite du rosaire, bâtie en 1634 par Georges d'Eyschen (v.

son art.).

Viri illustra. III. N° 10*.-Be«T««ttT, IV. ante teitum. XXV— Nobiliaire de* Payi-Bat.I, IO; et Supplément, 111. 50, «j. — Publication, de 1. 80cietéarehéol de Loiembourj, V(1849); 81 et 88; VI (1850); «86.-P.«.«t, I. fol. LX1I. et T III. -C.rtol.ire «aoucrit de U mai»» de WilU. fol. r», »q.

BUSLEYDEN, Jérôme de , était frère cadet de François de Busleyden dont nous avons parlé, et troisième fils de Gilles qui précède. Il naquit vers l'année 1470 , a Arlon où son père résidait alors. D'autres auteurs croient que comme ses frères il vit le jour au village de Boulaide. Quoiqu'il en soit le jeune Jérôme après avoir acquis les notions scientifiques et littéraires préliminaires nécessaires, fut envoyé à l'Université de Louvain où il acheva ses étudea de la manière la plus brillante et reçut le bonnet de Docteur en droits civil et canon. Lorsqu'il eut acquis l'âge exigé il se voua au sacerdoce et obtint les ordres sacrés, carrière dans laquelle ses vastes connaissances, peut-être aussi la puissante protection de son frère, l'archevêque de Besançon (v. son art.) lui firent donner un assez grand nombre de bénéfices ecclésiastiques très-importants, tels que ceux de Prévôt de S' Pierre à Aire et de Chanoine de Sw Gudule à Bruxelles, de S* Lambert a Liège, de Notre-Dame à Cambrai et de S* Rombaut à Malines. En 1503 Philippe II le nomma en outre Conseiller d'Etat ecclésiastique et maître-des-requêtes au Grand Conseil de Malines.

Dans ces différentes charges Jérôme de

Busleyden sot inspirer une confiance si entière à ses souverains qu'ils ne tardèrent pas à remployer dans les affaires les plus importantes comme dans les missions les plus délicates; et il se distingua constamment dans toutes celles dont il fut chargé, par son extrême prudence et sa perspicacité. C'est ainsi qu'il fut député vers le Pape Jules II , François 1*, roi de France et le roi d'Angleterre Henri VIII. Charles d'Autriche, devenu plus tard empereur d'Allemagne sous le nom de Charles- Quint, se servit de lui en plusieurs occasions et l'envoya entre'autrcs en Espagne, en 1517. Mais arrivé à Bordeaux il fut attaqué d'une pleurésie dont il mourut le 27 août de la même année. Son corps fut ramené à Matines où il fut enterré dans l'église de Saint-Rombaut dont il avait été chanoine comme nous l'avons dit. Le célèbre Erasme lui composa une épitaphe en grec et en latin, destinée à être gravée au bas de son portrait.

Nous nous croyons en devoir de donner ici une copie de ces vers, d'après le Professeur Nève, dans son Histoire du Collège des Trois-Langues à l'Université de Louvain , p. 45 :

Nominis Buslbidiani proximum primo

[decus,

Istane nos orbas, virenti raptui œvo,

[Hybrommk?

Litlerœ, genus, Senatus, aula, plebs,

[Ecclesia ,

Aut suum lidus requirunt, aut patronum

[flagitant.

Nescit interire, quisquis vitam honeste

[finiit.

Fama virtutum perennis vivet usque pos-

[teris.

Erudiiio Trilinguis triplici facundia Te loquetur, cujus opibus restituta reflo-

[ruit.

'O %rp ât yoaq,aç otôftaroç fWfKprjV xotlwç, *S2<f tXtç à'yaXua Çw/çaif tCv xiù jov vooç. 'Eaiêtîv à v ih] îilvaxoç tv fiitcc néâta, 'Aqhwv uTtaawv Içatov iyyv&tv xooôv.

Titv tvaifleuiv tt)t Uçottohî} nmv,

Trtv tnpvoirptt xr(v te tXtoçQocvvrp a/ut, T^r X&ïSÔfijTtt) tijft' Je naidtlm' xaXr/v. Kai tccvxa xlfXXa pâvoa i>nr)QX tsçwtvpoç 'O BovaXtàtaxfjç oixiaç oéXaa fiiya.

Jérôme de Busleyden avait été l'héritier de son frère François , archévêque de Besançon, mort en 1502. Cette fortune, jointe aux épargnes de ses riches bénéfices lui avait procuré une grande opulence.

Aussi sa maison était-elle meublée avec un goût exquis et une extrême richesse. Il possédait une belle collection de médailles et une bibliothèque bien fournie, enrichie d'un grand nombre de manuscrits qu'il avait acquis en Italie. Cette maison qu'il avait à Malines, inspira à Thomas Morus , le savant chancelier d'Angleterre, une épigramme que l'on trouve dans la collection de ses œuvres. Le même auteur en composa deux autres sur la collection de médailles. Morus durant son ambassade aux Pays-Bas, fréquentait beaucoup Jérôme de Busleyden dont il avait été accueilli avec autant de munificence que de bonté.

Jérôme de Busleyden avait de vastes connaissances et aimait à entretenir un commerce littéraire avec les premiers savants de son époque; aussi le fameux Erasme, l'immortel auteur de l'Eloge de la folie, comptait-il au nombre de ses amis intimes. Il n'a rien publié; cependant Morus a fait imprimer une de ses lettres dans VUtopie: c'est un monument qui atteste une très-profonde érudition.

A sa mort on a trouvé parmi ses papiers plusieurs harangues, dés épitres, des pièces de vers et des lettres qui toutes respiraient le goût le plus pur: ces manuscrits qui ne furent jamais publiés , ont été longtemps et précieusement conservés dans les archives de l'Université de Louvain où André Valère assure les avoir vus. Nous ignorons s'ils existent encore aujourd'hui.

Mais l'acte de la vie de ce personnage qui l'a le plus rendu rccoinmandable à la postérité fut la fondation du collège dit des trois langues hébraïque, grecque

et latine, annexé à l'Université de Louvain. Cette fondation il la fit par son testament, rédigé à Matines le 22 juin 1517, avant son départ ponr l'Espagne.

Dans cet acte il lègue le tiers de ses immeubles pour l'entretien d'écoliers, savoir : deux de la paroisse de Boulaide, ayant dix ans d'âge au moins , avec des dispositions pour l'étude et qui ont déjà reçu les premières notions dans les lettres ; deux de Manille , deux dMr/on, un d'être, et un de Steenberg , lesquels tous doivent être assez avancés pour pouvoir suivre avec fruit la classe élémentaire d'un des collèges de Louvain ; ils doivent en outre être de bonne vie et mœurs et avoir atteint leur treizième année ; de plus, un de Malines et un de Luxembourg.

Finalement, trois bourses sont réservées pour les trois professeurs, de latin, de grec et de hébreu , qui avaient la table et le logement dans l'établissement même.

Il établit en outre que, en cas qu'à la vacance de l'une ou de l'autre de ces bourses il ne se trouvât pas dans les diverses localités désignées de sujets suffisamment qualifiés d'après les dispositions qui précèdent, on peut la conférer à un jeune homme des environs qui possède les qualités requises. Par le mot environs il entend parler des endroits qui n'en sont pas éloignés de plus de trois à quatre lieues du Pays. Si plusieurs postulants des mêmes lieux y prétendent à la fois et au même titre, le plus pauvre doit être préféré , pour le cas où il ne serait pas absolument dépourvu d'intelligence et de capacités.

La jouissance de ces différentes bourses était limitée à huit ans; les boursiers une fois admis ne pouvaient être dépossédés avant ce temps à moins qu'ils n'acquissent entretemps des moyens d'existence qui les missent à même de s'en passer. Cependant et par contre , ils ne percevaient aucun revenu de leurs bourses lorsqu'ils s'absentaient de rétablissement pendant plus d'un mois sans la permission du Président; etc.

Dans ht quinzaine de la vacance d'une de ces bourses le Président du collège était tenu d'en informer le curé de la paroisse respective que la bourse sans titulaire concernait. Alors celui-ci publiait la vacance au prône pendant trois dimanches consécutifs, invitant ceux qui désiraient l'obtenir à s'annoncer aux présentateurs, c'est-à-dire aux administrateurs civils respectifs, afin que ces derniers pussent présenter au collège des proviseurs le plus qualifié d'entre les prétendants.

Pour Aire le droit de présentation appartenait au Doyen et au chapitre de la collégiale de S -Pierre.

Pour Malines il revenait au Doyen et au chapitre de S'-Rombaut.

Pour Steenberg à son frère Gilles de fiusleyden ou ses successeurs, à son neveu François de Busleyden et à Nicolas de Naves, sa vie durant.

Pour Boulaide, Manille, Ârlon et Luxembourg, ce droit appartenait aux administrations locales ou bien à la justice.

Si dix jours après la dernière publication aucun candidat ne se présentait, il était libre aux présentateurs d'en choisir un dans les environs, d'après les errements établis plus haut.

Quant aux proviseurs ou curateurs de cette belle institution, le fondateur les avait dénommés dans la personne du curé temporaire de S -Pierre de Louvain, du Recteur Magnifique de l'Université de Louvain et à son défaut du doyen de la faculté de Théologie; et finalement du Prieur des Chartreux de la même ville. Vers la fin du régime autrichien, des ordonnances souveraines déférèrent ce droit de provision aux Etals-provinciaux des Pays respectifs.

Les boursiers pouvaient ainsi profiter pendant huit ans des leçons qui se donnaient tant au dit collège que dans les autres institutions littéraires et scientifiques de Louvain ; ils étaient logés et nourris à l'établissement et n'avaient en tout de dépense à faire que celle de payer une livre de gros des Flandres pour leur lit : cependant les jeunes gens de Boulaide et

de Steenberg étaient encore exemptés de cette dernière charge. Après leurs études terminées il leur était loisible de se faire graduer dans Tune ou l'autre faculté, mais k leurs frais.

Le rapport annuel de chacune de ces treize bourses, qui en 1517 avait été estimé k vingt-cinq florins du Rhin par le fondateur lui-même, lequel certes avait taxé les choses au plus bas possible, était trèsconsidérable pour son époque, d'après ce que rapportent encore de nos jours les personnes qui ont vécu vers la fin du siècle dernier où le collège des trois langues florissait encore de son ancienne splendeur. Ces personnes racontent en effet le grand nombre de maisons de plaisance et les richesses intérieures de cet établissement où les étudiants étaient traités comme des seigneurs , disent-elles , et allaient promener les jours de congé dans les châteaux qui appartenaient à leur collège.

Tous ces biens ont été vendus sous le régime de la république française, et une partie du fonds a sans doute fait naufrage. Cependant il en est resté des débris, puisque les bourses Busleyden sont encore conférées k des belges étudiant à l'Université catholique ; mais cette part n'est plus administrée suivant le vœu du pieux et généreux fondateur. Le droit de présentation et de collation entr'autres, ainsique celui d'usufruit de ses libéralités en faveur des localités dénommées par lui , ont subi des vicissitudes diverses et affligeantes. Ne serait-il donc pas possible de ramener les choses à leur point de départ originel en introduisant seulement dans l'objet de la fondation les changements devenus nécessaires par l'effet du cours des temps ? Des traités internationaux, en remettant par exemple au Grand-Duché les capitaux ou la part restante des capitaux attribués primitivement aux boursiers de Luxembourg et de Boulaide , afin de les répartir suivant l'intention du donateur, mais k la condition de visiter des écoles nationales pour les commençants et ensuite des universités au choix des boursiers , restitueraient fa-

cilement , ce semble , le bienfait à qui il revient. Nous espérons du reste que les négociations entamées pour cet objet depuis 1845, entre les gouvernements du Grand-Duché et de Belgique, aboutiront au résultat désiré , et que la Belgique ne continuera pas toujours a prétendre que les charges de la fondation en absorbent tous les revenus et au-delà, de façon qu'aucune de ces bourses ne puisse être conférée a des ayant-droit du Grand-Duché.

Jérôme de Busleyden établit pour exécuteur de son testament, auquel il avait ajouté un codicile explicatif pendant sa dernière maladie , son frère ainé , Gilles, premier maître de la Chambre des Comptes en Brabant, Vicomte de Grimberghe, seigneur de Guirsch , Horst , St.-Peeters- Roye, Cortryck et van der Tommen.

M. La Garde a confondu ce Gilles avec son père, aussi nommé Gilles, comme nous savons.

Nous terminerons cet article en transcrivant la notice plus que succincte que l'auteur du manuscrit des Viri illustres donne sur ce diplomate célèbre: «Hyeronimus « BoHschlidius Francisci frater Pracpositus ccÀriensis ex Facultatibus a fralre accepte tis fundavit Lovanii Collegium trilingue « seu Bauschlidi. »

Viri illuttre», I, N« 36.— BctTiLt, 184.— Pi»a»e., I. foL LXJI, et T. III-BiaraoLar, VIII, 180.— La Ga»»», Notice »or le* Luxembourgeois célèbre*, IX, tq.-BirTKiM, IV 599.-Mo.mi, II, 478.— Batu, Dictionnaire hùtorique et critique, I, 716.- Mtaco», Opéra diplomatie»; *upplémeat Ftfptnt, IV, 848, *qqq.— Le même ■ De »criptoribu* acculi XVI, p. 10. — Val*»» Amdbs, Fatli académie lo- TaoicMU. — Ftccausa, Vie du cardinal Xiatenèa, Ht. I, p. 178 — Délice» de* Pay»-Ba*, 1,148. »q.— Biographie générale de» Belge». 44. — Nobiliaire de» Payt-Baj; Supplée*. III, 30, »q.— Unccscaocn— D. Calbkt, Uiblioth lorraine; et Catalogne de» auteur» lorrain».— C" a* Bsc-o»-lUv»ic. Iliogmphie liégeoitc, I, 180, »q. — De Fai.ua, Dictionnaire hittorique, litt. B. — Bulletin* de la Commiaiiou royale d'Histoire de Belgique, II, 887, tq. — Protocole du notaire Thilbaut, de Boulaide, 17158 h 1781 > en l'été dr du notaire Arendt, de WilU; année 1773, N° 71.— ilomtnes illuttrct de» Poy»-Ba». 1,77, »q.— *. SraAahic, Metropoli» Eccle*!* Trerereui». I, 880— Coobti*, Encyclopédie moderne, IV. 847,- Ncobauh. Le» autenr» luxembourgeois i dan» s Programme de rAthénoc, 18M, 18.

BUSLEYDEN, N. de, n'est pas mentionné dans la Généalogie assez complète que le Nobiliaire des Pays-Bas par de Vivario, Supplément, T. 111 , p. 30 et suivantes, donne de cette célèbre famille.

Aussi nous est-il impossible de fournir sur lui des renseignements plus précis que ceux que nous a laissés Fauteur du manuscrit des

Viri illustres ; et ils sont très-laconiques , comme de coutume: « 1620. Bouschli- « dius gentilis priorum Societatis Jesn , « confessarius Maximiliani Ducis Bavaria: «post S. K. Imp. Electoris per pugnam « pragensem cui hic cum isto interfuit. »

Viri illu.tr*.. I, Vi* 85

Calkn, Simon, le Père; v. SIMON, Michel, dit Calen, le Père.

Carigxan ; v. YVOIS , pour tous les personnages concernants.

Caussin, Jean; v. RUSSIM, Jean.

Célbstim, l'abhè de Jong; v. JONG , l'abbé Célestin de.

CHALLOP, Jean, était Prévôt de Luxembourg lorsque Philippe, duc de Bourgogne vint conquérir cette province qui s'était révoltée contre l'autorité despotique et les exactions de la Duchesse de Gœrlitz à laquelle l'empereur Wenceslas avait engagé le pays : Jean Challop était un ardent adversaire de la Duchesse et de Philippe. Au moment où les troupes de ce dernier prirent la ville d'assaut en 1 443, il les combattit armé d'un pieu et jusqu'à ce que , accablé par le nombre il fut massacré par les Bourguignons sur la place de l'ancien marché. 11 resta la étendu sans sépulture jusqu'à ce qu'un porc fut venu l'éventrer.

Quelles mœurs ! Le peuple', ou plutôt le vainqueur débita que c'était là une vengeance céleste pour punir la bravoure de cet homme qui s'était sacriûé pour sauver la patrie d'une domination étrangère et abhorrée ! Et le jésuite Bertholet n'a pas rougi de se faire l'écho d'un jugement si atrocement inique!

Bwtiour, VII. 41».— OtiviK* m Là M*acat, Mémoire, «28. .q. livre I. c. XIL - BLttciiLi» L*

Gabm, Histoire du Duché de Luxembourg, II. 118. — CtitMTMNi, Précis historique et chronologique «lu pays de Luxembourg, 08, — M«yh, ChronoloftHcbr Ueberricht der Geacblchtc der 8Udt and de* Ommhersogthums Luirniburg, 18.— Dcwax, HUtoire particulière de* provinces belgiqurs, III, 14; et Histoire générale de la Belgique, IV, S88.

Charles de Bohême ou de Luxembourg; v. LUXEMBOURG, Charles de, ou de Bohême.

CHINY, la maison de, qui sortait de celle d'Ardenne au même degré que les comtes de Luxembourg, portait: d'azur, à deux truites adossées d'argent , cantonnées de croix an pied fiché d'or.

Cette maison souveraine tire sa liguée particulière de Mathilde, fille de Ricuin comte d'Ardenne , et sœur du comte Sigefroy qui constitua la branche dite plus tard de Luxembourg. Cette dame , qui fut mariée en 941 à Arnoul de Granson (v. l'art. Chiny, Arnoul de Granson , comte de) , avait obtenu pour appanage le territoire qui forma le comté dit de Chiny. La race des Comtes de ce nom s'éteignit après quinze générations dans la personne du Comte Godefroy qui laissa son épouse Philipoltc de Fauquemont veuve. Cette dernière se remaria à Jean comte de Salm et vendit en 1364 la terre de Chiny à Wenceslas 1 , duc de Luxembourg. Depuis cette époque ce comté fut gouverné par la maison régnante de Luxembourg qui pour augmenter le nombre de ses titres au-

tant que pour conserver le souvenir historique de l'indépendance politique originelle de cette nouvelle acquisition, prit la qualification de Ducs de Luxembourg et Comtes de Chiny. Cette dénomination s'est conservée jusqu'à la conquête française et a même été transportée au Pays de Luxembourg considéré en général.

CHINY , Albéron de, évéquede Verdun, était fils puîné d'Arnoul II comte de Chiny. Albéron avait obtenu les Ordres et était depuis longtemps archidiacre de l'Eglise de Verdun lorsqu'il fut d'une voix unanime, élevé au siège épiscopal de cette ville après la renonciation de l'évéque Ursion. Dès qu'il eut pris possession de son évèché ce prélat se crut en devoir de délivrer Verdun des vexations sous lesquelles cette ville gémissait par les excès que ne cessait de commettre une garnison que Renaud comte de Bar entretenait dans une toor qui dominait la ville et la tenait en bride : cet état des choses qui avait duré depuis que les comtes de Luxembourg et de Bars'étaient reconciliés en Tannée 1114, était devenu tellement intolérable que les marchands et les voyageurs étaient forces de se détourner de leur route pour ne pas entrer à Verdun qui était presque désert. L'évéque Albéron employa d'abord divers moyens de douceur pour arrêter ces violences, mais ce fut inutilement. Voyant à la fin que ses démarches n'obtenaient aucun résultat il usa d'un stratagème qui lui réussit à merveille. C'était en 1131: le donjon où logeait la garnison n'était que faiblement gardé et les soldais , la plupart étrangers , se réposant sur la crainte que le comte de Bar , leur maître avait su attacher à son nom et à leur présence, étaient sans défiance. L'évéque parvint à séduire un de ces mercenaires qui moyennant la promesse d'une belle récompense s'engagea à loi livrer le fort , cet objet de terreur pour la ville de Verdun. Le jour de la Pentecôte, fixé pour la mise à exécution du projet , ce soldat invita ses compagnons à sortir avec lui du donjon et à aller s'amuser sur la terrasse : c'était

le moyen convenu. Les jeux venaient à peine de commencer lorsque le traître, ayant suscité une querelle feignit d'être en colère et se retira brusquement dans la tour dont il verrouilla la porte ; puis il monta sur les crénaux et donna le signal de l'attaque. Aussitôt Albéron accompagné de son clergé se hâta de se mettre à la tête des bourgeois , alla attaquer les gardes atterrés et les fit tous prisonniers même avant qu'ils eûssent pû se remettre de leur stupeur. Il entra ensuite en triomphe dans la tour et y arbora l'étendart de son Eglise en signe de sa victoire.

Le comte de Bar eut beau marcher contre Albéron et contre la cité de Verdun il ne put rien y gagner et fut obligé, après trois ans de peines inutiles et de grands frais de campagne de faire sa paix avec l'évéque qui lui remit pour tout dédommagement une grosse somme d'argent avec les fiefs de Clermont, de fjans et de Vienne. Le fort fut rasé et les matériaux qui en provinrent servirent à entonrrer la ville de murailles.

Cet exploit heureux ramena la tranquillité dans le diocèse et permit à Albéron de s'occuper à y faire fleurir la religion. En effet, plusieurs monastères, entr'autres les abbayes de la Chalade, de Bel val, de l'E tanche et de Gynevaux, lui durent leur fondation, et celle de S* Paul de Verdun son changement d'ordre. Il contribua de même beaucoup à la substitution de l'institut de S* Bernard aux chanoines d'Orval qui étaient tombés dans le relâchement. La cathédrale de Verdun se ressentit aussi beaucoup de ses libéralités par les ouvrages qu'il y fit ajouter.

Après avoir comme on voit, donné tous ses soins à son troupeau, l'évéque Albéron crut , à la mode de son époque , ne pouvoir pas terminer sa carrière sans aller visiter les Lieux- Saints : il prit en conséquence la Croix et s'achemina vers Rome pour partir de là pour l'Asie. Mais le pape Célestin II le détourna de ce projet et l'engagea à retourner dans son Eglise où sa présence semblait plus nécessaire. Il

obéit et revint à Verdun où il régla encore plusieurs choses utiles au bien public.

Puis, songeant à se bien préparer à la mort il résigna l'évêché entre les mains d'Albert de Marci , Princier de sa cathédrale , et se retira à l'abbaye de S* Paul ou il prit l'habit religieux et mourut en 1138 dans les exercices d'une grande piété.

BnTBOLtT, III, 888, *<].; et de 404 à 411.— Bccaaics, Ilistoria episcopornm VirdunensiM. — Ataïaicc», Cbronicon ad ann. liSi — D. (Uuir, Histoire de Lorraine, I. col. XLV.

CHINY, Arnoul de Granson, comte de, issu d'une famille noble de Bourgogne, vivait pendant le dixième siècle. Obligé de fuir son pays, nous n'avons pas découvert pour quel motif, il erra pendant longtemps et entra enfin dans la maison de Ricuin comte d'Ardenne. 11 y fut reçu au nombre des officiers et sut tellement se concilier l'amitié de son hôte par ses belles qualités et sa conduite sage que ce seigneur lui donna en mariage sa fille Mathilde avec la terre de Chiny pour dot: il fut ainsi le beau-frère du comte Sigefroy premier seigneur de Luxembourg. Après la mort de son beau-père , Arnoul obtint de Brunon archevêque de Cologne et Vicaire de l'Empire que cette terre fût érigée en comté. Il y bâtit en conséquence un château et une église , et devint ainsi la tige des comtes de Chiny dont les possessions entrèrent plus tard dans la maison de Luxembourg, comme nous l'avons marqué dans un article qui précède. Arnoul et Mathilde moururent vers l'année 992, laissant de leur mariage : Otton qui fut comte de Chiny après son père 5 G ode froid souche des seigneurs d'Orchimont; Clémence épouse d'un seigneur de Wiltz, et finalement Jeanne dont le sort est resté inconnu.

BtRTDOLKT. III, anlè textum, IX, et 14, ujq. — Di la II*vt, Annales emle* et religieuse» d'Ytoit- Caripnan, 585. sqq.— Bcstils, 88 et 186.— Juim», Chronique» de» Ardennes; et Marche» des Ardenne», patsim.

CHINY, Arnoul, Comte <fc, /P en

rang des dynastes homonymes de ce fief, était fils de Jean comte de Los et de Duras. Son oncle, Louis V comte de Lot, de Duras et de Chiny étant mort sans laisser d'enfants en vie, Arnoul IV lui succéda en 1299. Ce seigneur avait épousé en 1280 Marguerite, comtesse de Vianden, fille du comte Philippe 1 et de Marie dame de Grimberg, et morte le 8 mars 1315.

Arnoul à son tour mourut en 1328 et fut inhumé à l'abbaye d'Averborde.

Ce prince avait su par sa sagesse , sa prudence et sa bravoure s'acquérir une brillante réputation d'estime et un grand crédit, au point que son alliance et son amitié étaient recherchées avec avidité par les seigneurs des environs. Mais ce qui le rend surtout rccommandable à la postérité ce fut sans doute la chartre d'affranchissement qu'il accorda « le lendemain de «la pentecoste en may 1301 » à ses Bourgeois de Chiny , en les mettant comme on disait alors, à la loi de Beaumont, code politique qui avait la réputation d'être le plus libéral d'entre toutes les législations analogues de l'époque.

Les annales rapportent qu'avant 1315 ce prince avait déjà cédé le comté de Chiny à son fils, Louis VI' du nom, sans doute pour se retirer dans son comté de Loz. Il avait eu deux autres fils qui moururent jeunes et sans alliance, et quatre filles qui firent de très-belles alliances.

Bi»thol«t, V, 808, 333, aqw, et m> •»** tes~ tnm, XI, »q. — Nam, Histoire de la viUe de Vianden et de ses comte», 180, sq.

CHINY, Arnoul de, évéque de Verdun, était fils d'Albert comte de Chiny et d'Agoès de Bar. Il était frère puîné du comte Louis 111. A l'exemple de son grand-oncle l'évêque Albéron (v. son article), ce jeune seigneur obtint les Ordres sacrés et fut d'abord trésorier de l'Eglise de Verdun. Le siège épiscopal de cette ville étant venu à vaquer par la mort de l'évêque Richard, Arnoul y fut placé d'une voix unanime, en 1171. C'était, dit Bertholet, un homme habile dans le maniement des affaires, élo-

quent et zélé pour soutenir les droits de son église.

Dès son intronisation le nouvel évèque se suscita lui-même une querelle qui ne laissa pas que d'éloigner la paix de son évêché et qui dut lui occasionner bien des soucis que très-vraisemblablement un peu plus de réflexion lui aurait épargnés : Renaud II comte de Bar et son oncle maternel, qui avait eu l'administration temporelle du comté de Verdun était venu à mourir, et sa veuve demanda la continuation de cette administration pour son fils qui était mineur et dont elle avait la tutelle. Arnoul sans avoir égard aux liens du sang qui l'unissaient au jeune Henri Comte de Bar, refusa net la demande bien que son objet eût semblé de droit par suite d'une longue possession. Il alla plus loin encore ; afin d'ôter à son cousin tout espoir de pouvoir obtenir l'objet de ses désirs il investit un autre de cette administration. Cette conduite qu'aucun motif que nous sachions ne pouvait justifier, irrita vivement la mère et le fils qui jurèrent de sen venger d'une manière éclatante ; et en effet, à la mode de ces temps ils crurent laver cet affront en faisant ravager les terres de l'evêché. A la nouvelle de ces déprédations auxquelles il devait naturellement s'attendre, l'évêque usa du moyen usité alors dans toutes les occasions : il mit la comtesse de Bar et son jeune fils au ban de l'Eglise. Mais ces foudres n'intimidèrent d'abord ni l'un ni l'autre, et ils continuèrent les hostilités pendant près de huit ans, jusqu'à ce que à la fin, las de pillages et d'incendies ils rentrèrent en eux-mêmes et demandèrent l'absolution qui leur fut accordée à la condition que, sous forme de pénitence ils s'engageâssent à payer tous les ans quarante sols à l'église de Verdun.

La paix était faite à peine lorsque l'évêque Arnoul eut un nouvel ennemi sur les bras : Albert Pichot, bâtard de Champagne et seigneur du château de Sainte- Méiieboui entra sur ses terres, nous ne savons pour quel motif. Cette fois le prélat voulut malgré sa répugnance repousser

la force par la force. 11 leva en conséquence des troupes , se joignit à l'évêque de Châlons ainsi qu'à Simon, duc de Lorraine et alla avec eux mettre le siège devant le château de son aggresseur qui y fut serré de si près qu'il aurait été obligé de se rendre bientôt si une flèche tirée du haut du fort n'était venue atteindre l'évêque Arnoul à la tête et le blesser mortellement. Ces faits se passèrent en 1181. La perte que les assiégeants venaient de faire les déconcerta à un point tel qu'ils se débandèrent incontinent et retournèrent chez eux. On rapporta à Verdun le corps du prélat-soldat qui fut déposé au milieu du chœur de sa cathédrale.

Bcmraoi.iT. IV. 194. tulr.; et III. XttXXVli. Dt «.» Havt, Annal, c'it. et relij. d'Yvoit-Cariguan, 593. — Ilintoirc abrégée dea e?e*«pie» de Verdun depnia 8* Saaiin jusqu'à Cbarlet de Lorraine qui se At Jeanile en IG3i.— Laoatimi Uidieiuit Hiitoria epiteoporam Tirdancnsiam.

CHINY, Brunon de, archevêque de Trêves. Ce prélat, que les Gestes de Trêves de même que les Annales de Brower disent né des comtes de Bretten-et-de-Lauffen, était bien certainement fils d'Arnoul II comte de Chiny fondateur de l'abbaye d'Orval, du prieuré de Pries , de celui de S'*- Walburge à Chiny , etc. , et d'Adélaïde dont l'extraction nous est restée inconnue. Les Gestes de Trêves ajoutent cependant qu'il était français d'origine, sans doute pareequ'il descendait à la cinquième génération d'Arnoul I, dit de Granson, noble bourguignon, qui fut la souche de la maison de Chiny (v. l'art. Chiny, Arnoul de Granson, Cu de).

Brunon de Chiny naquit pendant la seconde moitié du onzième siècle et mourut en 1124, le sept avant les calendes de mai (25 avril). Bertholet, trompé sans doute par l'ambiguïté du texte des Gesta Trevirorum et de Brower , l'a omis dans sa généalogie des comtes de Cbiny.

L'archevêque Egilbert étant mort en l'année 1101, le peuple et le clergé désignèrent Brunon de Chiny pour lui succéder. Ce choix fut agréé par l'Empereur

Henri IV parceque ce personnage se distinguait entre tous les antres, disent les historiens , par sa belle stature , ses vastes connaissances en théologie , sa prudence, son éloquence et sa munificence : il était d'ailleurs déjà prévôt du chapitre de Trêves.

Trois ans après sa consécration qui avait été faite à Mayence, le nouvel archevêque partit pour Rome (1104) à l'effet de demander le palliam, et il l'obtint du Pape Pascal II dans un concile général. De retour dans son diocèse il s'adonna à bien conduire les peuples commis a ses soins pastoraux, se livrait avec ferveur à la prière, distribuait largement des aumônes , prenait la défense des veuves et des orphelins, veillait à la conservation des églises et à l'exacte célébration des offices divins, punissant d'une manière exemplaire toute nonchalence à ce dernier égard.

Sa prudence consommée dans la conduite des affaires d'Etat lui fit même déférer le titre d'administrateur du Saint-Empire avec celui de tuteur du jeune empereur Henri V pendant sa minorité : ces fonctions il les remplit dit-on, a la satisfaction générale.

A ces qualités , ajoutent ses biographes, il en unissait une autre non moins recoramandable, celle qui lui faisait constamment oublier les injures même les plus graves, du moment où celui qui en avait commis une à son égard reconnaissait et avouait sa faute.

Ce fut sous sa prélature que se passa un événement dont Bertels et Bertholet font beaucoup de bruit et qui dépeint bien les mœurs de cette époque : il s'était répandu à Yvoix une hérésie , nommée de Bérengcr, son auteur. Elle consistait à nier la présence réelle dans le sacrement de l'Eucharistie. Quatre de ces hérésiarques furent pris et menés au tribunal de Brunon, pareeque Yvoix dépendait de son diocèse. Parmi eux se trouvaient deux prêtres apostats. L'un d'eux nia les blasphèmes qu'on lui reprochait et offrit d'appuyer ses dires par la communion. Son offre fut acceptée et il lui fut enjoint de dire lui-même la

messe et de prononcer à haute voix les passages que l'on nomme la secrète, avec les paroles de la consécration. Il s'y soumit ; et lorsqu'il fut arrivé à la communion, l'archevêque se levant et lui adressant la parole , lui dit : « si tu as ôsé blasphémer « contre la présence réelle du Dieu vivant « dans le sacrement que tu tiens dans tes « mains, ne présume pas de l'approcher «de tes lèvres impies et sacrilèges; si au « contraire tu es innocent de l'accusation, <« ne crains rien et communie à la manière «des catholiques.» L'accusé fit sa communion et fut déclaré absous.

Brunon souffrait du podagre et d'un flux de ventre qui par leurs fréquents accès le faisaient beaucoup souffrir et le forçaient d'avoir très-souvent recours aux médecins. Parmi ceux qu'il consultait de préférence on cite «n Docteur Juif, nommé Josué, qui avait acquis beaucoup de célébrité à cause de ses vastes connaissances. L'archevêque croyant sans doute se rendre agréable à Dieu en cherchant à convertir cet homme à la foi catholique , profita des fréquentes visites de ce dernier pour lui persuader d'abjurer le mosaïsme pour entrer dans le girou de l'Eglise. Josué, lassé peut-être de ses obsessions et voulant conserver la confiance du prélat avec l'espoir d'un lucre certain et considérable; peutêtre aussi convaincu par les exhortations de l'archevêque , consentit enfin à ses désirs et fut baptisé par lui : cette conversion , disent les actes du prélat écrits par un contemporain , fut pour le juif converti une source féconde de biens et de bénéfices.

Après avoir rapporté à sa louange les faits que nous venons de transcrire, les mêmes Actes ajoutent en guise d'accusation grave , le reproche d'avarice qu'ils lui attribuent, parce que en 1112 il a déclaré nulles , comme extorquées à un moribond, les libéralités qu'au lit de la mort son prédécesseur avait faites à diverses communautés religieuses. Il ne nous est pas donné de juger du fondement de celte allégation.

L'archevêque Brunon était arrivé à un

âge très-avancé lorsqu'il voulut, la dixneuvième année de sa prélature, retourner à Rome pour solliciter du Saint- Père la confirmation des privilèges et immunités ainsi que de la primatie de son église. Il rencontra le pape Calixte II en route et célébra avec lui les fêtes de Noël ; puis ils se dirigèrent ensemble vers Cluny où firunon obtint du Pontife romain l'objet de ses désirs dans un bref daté du 3 des nones de janvier 1120.

Il ne vécut après cela plus que trois à quatre ans et mourut après un épiscopat de vingt-deux années et presque quatre mois après avoir pourvu à la restauration et à la fondation de plusieurs monastères et églises. Il fut inhumé dans l'église de St.-PauUn à Trêves, non loin de l'archevêque Egilbert son prédécesseur. Son testament que de Hontheim et Don Calmet nous ont conservé, est rempli de donations ad pias causas. De Hontheim a en outre transcrit vingt-neuf Chartres qui furent expédiées sous son gouvernement.

Finalement , l'auteur du manuscrit des Viri illustres a consacré à ce personnage les deux lignes suivantes : « 1124. Bruno « Cornes Chiniacensis, Archiepiscopus Tre- «virensis, S. R. I. princeps Hseresim ali- « quot Sacramentari Ivodii oppressit. »

Gerta TievîroniM, I, 181 ad 109.— Aa Hoirs Kia, Prodromu* Hirtor. Trevireiu. , I. 703. tq.; et II t»tor. Trcrir. diplo-.t, II, 479 ad 800,-BnTMUT, 111. aotè teiton, X; et 316 ad 304, p.uim.-Viri illuitM, 1, N» 7. Ba.itu, 195.-GW«i, „•»..•eritf.

CHOLINUS, Jean, était natif d'Arlon et fils de Materne dont l'article suivra. Il a vécu pendant la seconde moitié du seizième siècle. Comme son père ce personnage a latinisé son nom de famille ainsi que cela était de mode alors et l'a ainsi rendu méconnaissable lorsqu'on tente de le rapporter à une famille qui existerait encore dans sa ville natale ou dans les environs. Son père, au témoignage de Bertels, n'a rien négligé pour lui donner une brillante éducation. Jean Cbolinus profitant de ces bonnes dispositions pater-

nelles , se fit recevoir docteur en Théologie. 11 fut de même ordonné prêtre et obtint des canonicats à Cologne et à Liège ainsi que le bénéfice de Prévôt de la collégiale de Bonn. C'était un homme qui unissait une extrême prudence à une grande expérience dans les affaires, aussi fut-il constamment employé par les princes de l'Empire dans leurs négociations les plus délicates. Bertels et Guillaume de Wiltheim qui nous ont laissé ces renseignements , ne nous ont pas indiqué Tannée du décès de ce diplomate.

Wiu. a IViltseib, Duquis. aaliqaar, Hut. Luiemb. II, e. 11. §. 9. — Bnnu, 181.

CHOLINUS, Materne, père de Jean qui précède , était comme celui-ci originaire d'Arlon. Le manuscrit des Viri illustres lui a consacré ces deux lignes:

« 1570. Martinus Cholinus Arlunensis Ty- «pographiam Colonise multo celebriorem « reddidit. »

Materne Cholinus après avoir fait d'excellentes études voulut se vouer a l'exercice de l'art typographique. Dans ce dessein il se rendit à Cologne , ville alors trèsrenommée pour ses impressions, et parvint par son industrie à faire faire des progrès très-marqués à cet art qui n'était pour ainsi dire encore qu'à sa naissance. Aussi s'acquit-il bientôt une immense fortune avec la réputation d'un homme à grands talents, à tel point qu'il fut jugé digne d'être admis au nombre des membres du Sénat de celte ville impériale, honneur qui n'était réservé qu'aux personnages les plus capables. On le citait du reste comme un modèle de probité et de prudence dans toutes les affaires qu'il avait à traiter.

Materne Cholinus parvint à une heureuse vieillesse et mourut en 1570 sincèrement regretté de tous ceux qui l'avaient connu. Ses éditions, qui ne comprennent que de bons auteurs, sont encore très-recherchées aujourd'hui pour leur correction et pour le soin avec lequel le tirage en a été soigné.

Viri Uloatftt, m, N° 900.-BUTIU, 181.- Wim.

• Wiitmim , Divqnu. aatiquar. llitt. Lnxcmh., Il, c. il, § 9— Paqcbt, Gl.

CJ1RISTIANI, Marie-Frédéric-Henri t né li Strasbourg, le 15 février 1760 , fit ses études dans sa Tille natale où il fut reçu licencié en droit, le 14 novembre 1782. Pendant Tannée scolaire de 1783 à 1784, il professa l'Histoire et le droit public dans la même ville , et depuis 1786 il fut avocat et receveur principal de la commanderie de Malte, jusqu'à la suppression de cet ordre en France. En 1791 il a été membre du Directoire pour le district de Strasbourg, ensuite du Conseil des cinqcents pour son département; puis, et jusqu'à l'an VIII (1799 à 1800), commissaire du Gouvernement près l'Administration du même département et secrétaire-général provisoire de la préfecture qui a succédé à cette administration.

Jusque-là ce personnage était resté absolument étranger au Pays de Luxembourg, lorsque par décrêt du premier consul en date du 27 ventôse au X (18 mars 1802), il a été nommé secrétaire-général du Département des Forêts : Il était alors âgé de quarante-deux ans et veuf arec trois enfants.

Trois ans après, c'est-à-dire en 1805, il publia chez Claude Lamort imprimeur à Luxembourg, un Précis historique et chronologique du Pays de Luxembourg, suivi d'une notice des principales villes du Département des forêts; volume in 12, de 190 pages. Cet ouvrage, très-superficiel, est oublié depuis longtemps parcequ'il était loin de répondre à son titre. Cependant on y trouve la relation de la visite de l'Empereur Napoléon I à Luxembourg, et cet épisode devient intéressant parcequ'il n'a nulle part, dans un livre imprimé, été rapporté d'une manière un peu circonstanciée.

A part celte œuvre qui n'a jamais fait beaucoup de bruit, Christian! est resté inapperçu dans le Luxembourg. Il quitta le Département des forêts avec les autres fonctionnaires français après les événements de 1814, et obtint croit-on, sa pension qu'il sera allé dépenser dans son départe-

ment natal. Nous ignorons la date de son

décès.

Cl*»*, Catalogne de la Bibliotac<|ae de Luxembourg, 474.— AeaaeJgncmeata fiwnut d'après le* Archive* de l'Eut., par M* Oui, CanaeiUer de Gan- Terncment, à Luxenbeorg.

CLASEN , Nicolas, le Docteur, né à Luxembourg , le 10 décembre 1788, était fils de Guillaume Clasen, marchand, et de Susanne Chrisuach. Le jeune Clasen après avoir fait ses études préliminaires à l'école centrale de sa ville natale , fut à la suite d'un concours admis au lycée impérial de Metz, le 12 thermidor an XIII (31 juillet 1805), et il y demeura jusqu'au commencement de 1808 où il obtint une place à demie-pension à l'Université de Turin. Il y suivit les cours de médecine.

Le 22 juin 1813 il fut promu au grade de Docteur en médecine après avoir soutenu une thèse intitulée : De frigoris in animalium œconomiam effectibus.

Au sortir de l'école de Turin, Clasen, qui avait alors près de vingt-cinq ans, entra à l'armée de l'Empire où il fut nommé d'abord sous-aide-major du quatorzième régiment de hussards, ensuite et successivement aide-major au cent trente-septième de ligne et au cent-deuxième de l'armée d'Italie : en 1814 il se trouva au siège de Gênes.

En 1816 il quitta l'armée et vint se fixer dans sa ville natale où il s'acquit bientôt une belle clientèle. En 1832 il sut par son zèle mériter l'estime de tons, pendant la première invasion du Choléra- m or bus dans cette cité. Ce dévouement honorable fut , quoique un peu tard , récompensé le 3 avril 1843, par le Roi Guillaume II qui le créa Chevalier de son Ordre luxembourgeois de la couronne de Chêne; le roi de Prusse n'avait pas été aussi longtemps à payer a Clasen la dette de sa reconnaissance pour les soins qu'à la même occasion il avait prodigués à la garnison fédérale - prussienne , puisque déjà le 18 janvier 1836 il l'avait décoré de son ordre de l'aigle rouge, de troisième classe.

En 1820 Clasen avait été nommé secré-

Uire de la commission sanitaire ou médicale du Grand-Duché et en 1831 président du même corps. Il a conservé ce dernier titre jusqu'à son décès, avec celui de Conseiller médical supérieur qui lui avait été conféré vers 1839 ou 1840.

En 1844 — 1845 il s'associa aux membres fondateurs de la Société royale grandducale pour la recherche et la conservation des monuments historiques dans le Pays de Luxembourg.

Enfin depuis 1818 il fut bibliothécaire de la ville de Luxembourg, emploi dans lequel il a rendu d'assez notables services en organisant et en inventoriant les richesses de cet établissement.

Clasen n'a publié que sa thèse inaugurale dont nous avons donné le titre , et en 1846 le catalogue des livres et des manuscrits de la Bibliothèque de Luxembourg, par ordre alphabétique et par ordre de matières; volume in 8°, de S20 pages.

11 avait épousé une demoiselle Lamort, de Metz, morte longtemps avant lui et dont il n'existe plus aujourd'hui qu'une demoiselle, mariée à M. Professeur- Bibliothécaire Antoine Namur, conservateur-secrétaire de la Société archéologique du Grand- Duché de Luxembourg , et membre d'un grand nombre d'Académies, etc.

Nicolas Clasen est mort le 4 septembre

Kiin, Catalogue de U Bibliothrquc de Lvien. boarg; préface, W k 34; Ot 517. — 8**Tenirs contemporaine.— Poblieationa de U aaciété arcfaéologiqae, XI, «iv, aq<|.

CLASEN, Nicolas, instituteur, né a Luxembourg, le 5 mars 1783, était fils de Henri Clasen, marchand-tanneur et de Marguerite Chrisnacb.

Comme sa famille jouissait d'une certaine aisance il fut décidé que Nicolas Cla-' sen suivrait le collège de sa ville natale et qu'il serait destiné à la cléricature, état pour lequel d'ailleurs le jeune homme se sentait de la vocation. Mais il ne lui fut donné d'achever que la classe de poésie parceque les tourmentes politiques engagèrent sea parents à aller habiter la petite

ville de Grcvenmacher où il les suivit. Il s'y adonna à l'état de tanneur qu'il exerça jusqu'en 1812, dirigeant le négoce de son père.

Les fonctions d'instituteur devinrent vacantes à cette époque à Grevenmacber, et le Conseil municipal ayant jeté les yeux sur Nicolas Clasen pour remplacer le maître d'école que la ville venait de perdre, lui fit proposer de se charger de l'instruction de la jeunesse. Mais il refusa d'abord, parceque en homme consciencieux il appréciait le poids du fardeau dont on voulait le charger; et ce ne fut qu'après bien des instances qu'il y consentit, à la condition toutefois qu'il lui fût permis de suivre encore préalablement on cours de pédagogique; ce qui lui fut octroyé avec empressement. Il partit en conséquence pour Trêves et alla écouter les leçons du Professeur Dévora où il obtint tous les premiers prix.

A son retour à Grevenmacber il commença ses leçons qu'il continua à donner jusqu'à son décès, arrivé le 19janvierl850, après trente-sept ans d'exercice.

Depuis qu'il eut embrassé cette nouvelle carrière il s'y voua exclusivement. Il était devenu, comme on pourrait dire, tout entier instituteur, ne vivant que pour ses élèves : Tout son temps leur était donné. En classe il enseignait et au sortir de l'école il étudiait constamment soit pour préparer ses cours, soit pour trouver les méthodes les plus faciles afin de pouvoir mieux et avec moins de temps inculquer à ses auditeurs ce qu'il était chargé de leur apprendre. Aussi Clasen devint-il bientôt un instituteur de premier ordre et son école un modèle d'institution pédagogique, à tel point que déjà en 1818 l'Inspecteurgénéral Van den Ende désigna dans son rapport au Gouvernement l'école de Grevenmacher comme parfaitement tenue, et que quelques années plus tard on offrit au maitre une place de Professeur à l'école normale ou modèle qui venait d'être créée à Luxembourg; mais Clasen refusa cet honneur, préférant continuer à donner jus-

qu'à la fin de ses jours ses soins infatigables à la jeunesse de sa ville d'adoption. Et l'école de Grevenmacher sut se conserver à ce faite d'excellence, même lorsque après 1830 les événements politiques de Bruxelles curent bouleversé tout le système protecteur de l'instruction publique pour enfoncer cette intéressante branche d'économie politique dans un vrai cahos. Elle sut, grâce aux soins incessants du maître, se préserver de la contagion de ce bouleversement funeste et parvenir a se constituer en une espèce d'oasis au milieu du désordre qui régnait dans le champ de l'éducation : dans cet oasis vinrent se réfugier maints élèves qui se dislinaient à leur tour à la carrière de l'enseignement ; ils s'y formèrent et devinrent plus lard des maîtres habiles.

Après la publication de la nouvelle loi sur l'instruction primaire dans le Grand- Duché (26 juillet 1843) et la réorganisation de cet important service administratif sons la surveillance tutélaire du Gouvernement,, la Commission d'Instruction s'empressa de décerner à Clasen un brevet du premier rang ; et sur un rapport des plus favorables comme des mieux mérités de l'inspecteur cantonnai elle lni adressa une lettre on ne peut plus flatteuse de gratitude pour les services que jusqu'alors il avait rendus à la chose publique. Cette lettre fut ensuite insérée dans le Courrier des écoles, première année, 1844, p. 126 et suivante.

Mais de tous les encouragements que ce digne instituteur dut à ses mérites, aucun ne fut plus flatteur que celui que lui accorda en 1849 feu Sa Majesté Guillaume II, ce Roi si aimé et si regretté encore aujourd'hui, en le nommant chevalier de son Ordre luxembourgeois de la Couronne de chêne. Cependant cette distinction si honorable il ne fut donné au vénérable vieillard d'en orner sa poitrine que pendant pen de mois. La ville entière de Grevenmacher, qui fut en deuil pour sa perte, avait projeté spontanément de lui ériger un mausolée ; mais cette inspiration civique

n'a pas été réalisée, nous n'avons pas appris pour quel motif.

Clasen réunissait toutes les qualités civiques et humanitaires. Ses vastes connaissances il aimait à les communiquer à tous, de même que les nombreux et précieux ouvrages de sa bibliothèque. Dans ses relations publiques comme dans ses entretiens privés il savait se faire aimer de tous; et personne ne le quittait jamais, disait-on à Grevenmacher, sans avoir appris de lui quelque chose d'utile ou d'agréable.

Pour ne rapporter qu'un seul fait qui montrera combien son école était estimée et méritait de l'être, nous dirons que tous les ans des personnages éminents par leur position et leurs connaissances s'empressaient à accourir de loin pour assister aux exercices publics qui y avaient lieu et dont les résultats prouvaient chaque fois des progrès nouveaux et immenses que le maître avait fait faire à ses élèves. En 1847 entre autres, M. le Professeur Muller, Directeur de l'Athénée de Luxembourg s'y était rendu ; et, la cérémonie finie, se sentant inspiré d'admiration à la vue de tant de mérite joint à une si grande modestie chez un aussi bon maître, il ne put s'empêcher d'adresser publiquement à ce dernier et à son école les éloges les plus flatteurs dans une improvisation aussi bien sentie qu'élégamment débitée. A cette occasion l'orateur sut parfaitement relever le bonheur que la ville de Grevenmacher avait de posséder un instituteur qui avait formé tant de sujets distingués dans toutes les carrières, même les plus élevées, et dont le nombre d'après une liste sans doute incomplète que nous avons sous les yeux, s'élève à près d'une centaine !

Clasen, avons-nous dit, était savant et ne vivait que pour son école qui remplissait toute sa pensée. Il a écrit plusieurs ouvrages très-estimés et que tous il destina à ses élèves ; c'est ainsi qu'il a donné des livres de lecture allemands et français, une petite grammaire allemande: Theoretisch- Praklische Anleitung zur Kenntniss der

deutschen Sprache. Motto : Es bedarf nicht vieler Regeln , sonder vieler Beispiele.

Elle était arrivée à sa troisième édition en 1843; Tolume in 12, de 108 pages. Finalement un petit livre de calcul.

Luxeutburger Scbulbote, année* l" p. 196, »q. ; 4«, 58tf, sqqq ; et 7«, 80, sqqq.— Trieriicber Scbalbote, mars 1800 — Reoieigarme nts communiqué!.

CLAUDE, Nicolas, florissait pendant la première moitié du dix-septième siècle et était curé à Ruette près de Virton. Par son testament de Tannée 1631 il fonda quatre bourses d'études en faveur de sa famille. Cette fondation qui avait été longtemps négligée , fut rétablie par décision du ministre de l'intérieur de Belgique en date du 30 janvier 1835.

He nteignrsicnU administratifs

CLAUS, Michel, curé à Blanckenheim , a écrit /° Teutscher Caeremonien-Meister fuer die Unterdiener im Gottes-Dienst ; Cologne, 1724.— $" Land-Wehr wider aile in- nnd aeusserliche Unglaubens Anfaell; Cologne, 1725.

UaaTZHSiu, Bibliotbeca colonienais, 249.

CLAVAREAU, Auguste, est né à Luxembourg, le 17 septembre 1787 et s'adonna à la poésie ainsi qu'à l'art dramatique. Il débuta dans le monde littéraire par des traductions en vers français des meilleures poésies hollandaises. On a de lui entr'autres: #* la traduction du grand poème de Helmers , intitulé : La nation hollandaise, 1825. — i° Celle dn Tombean, par Feilh, 1827. — Parmi ses poésies originales, nous citerons : 5" La mort du comte d'Egmont, 1821. — 4* Les harmonies de la Nature , en cinq chants; suivi de l'Amour de la Patrie, 1 826. — 5° Un jour de fortune , ou les projets de bonheur ; comédie en trois actes et en vers, 1822. — d° Traduction de la fiancée d'Abydos , 1 823. - 7" Poésies ; recueil publié h Gand, chez Houdin , 1821 ; vol. in 8°. — o*° Mauvaise tête et bon cœur ; comédie en un acte et en vers ; Gand , 1819. — 9" Etudes poétiques, imitées de divers auteurs hollandais, 1824.—/^ Des

Bataves à la Nouvelle Zemble ; poème traduit de Tollens, 1828. — Le recueil complet des œuvres de cet auteur a été publié en 1828 , a Bruxelles, chez H.

Tarlier; 2 vol. in 18.

Auguste Clavareau est mort à Mastricht, entre les années 1853 et 1855.

Biographie générale des Belge*, 89,— Dictionnaire des bommes de Lettres, des tarants et dea artistes de la Belgique, 9i. — Benseiguements particuliers.— Ctasca, Catalogne de la Bibliotbeqoe de Luxembourg, 82 et 457.

CLENSCH, Mathias, naquit à Krauthem ou Crautem dans la commune de Rœser, pendant la seconde moitié du seizième siècle. Le manuscrit des Yiri illustres le mentionne comme suit: « 1654. Mathias » Clentsch ex Krauthem pago prope Lux- « emburgnm Stac Theol. Doctor , pastor in « Crœff ad Mosellam, misit Roma? e Col- « legio Germanico ac donavit Luxemhur- « gensi collcgio Societatis Jesu corpus SU « Tertullini Martyris. »

Là se bornent à peu près les renseignements biographiques que nous possédons sur ce personnage. 11 semble en résulter que Mathias Clensch fit ses études à Rome au Collège germanique et qu'il y reçut le bonnet de Docteur en Théologie. D'autres auteurs ajoutent qu'outre les reliques du martyr Terlullien — le manuscrit des Viri illustres écrit Tertullin , Tertullinus — il envoya à Luxembourg celles de St-Chrysante qui avaient été, les unes et les autres , découvertes an cimetière dit de Calixte.

Après avoir été sacré prêtre, Clensch obtint la cure de Crœw , paroisse trèsimportante sur la Moselle, au cercle de Wittlich, où il mourut en 1623 suivant Pierret et Bertholet , peut-être en 1654 d'après l'indication des Viri illustres.

Mathias Clensch , dit-on , a publié plusieurs ouvrages bien écrits , mais dont aucun n'est venu à notre connaissance.

Viri illustres, I, V 98.— Tsilot, Mémoires pour servir a l'Histoire civile et ecclésiastique de la province de Luxembourg — Piaaatr. I, fol. LXII.-Bsaiisuî, Vin, 189.— Necuaj»», Le» auleart luxembourgeois. 34, note 4, 11°.

CLOMES, Pierre, était fils de Guillaume Clomes , riche cultivateur et de Marguerite Muller. Il naquit à Useldange au canton de Rédange, le 15 janvier

Dès son âge le plus tendre son père le destina aux travaux des champs j mais le jeune Clomes se sentait né pour une autre carrière : le goût de l'étude l'emportait chez lui sur toute autre occupation; aussi ne le vit-on jamais pendant ses moments libres qu'attaché à la lecture de tontes sortes de livres qui pouvaient lui tomber sous la main. Ce penchant irrésistible ne tarda pas à parvenir à la connaissance du vicaire de son village , l'abbé Mathias Wolff (v. son art.) : Celui-ci appréciant une vocation si prononcée, si décidée, chercha a persuader au père du jeune homme de le retirer de la charrue pour lui laisser suivre son penchant ; et il y parvint, non sans peine cependant. Dès qu'il eut obtenu ce consentement il prit Clomes chez lui et commença à Ini enseigner les premiers principes de la langue latine , comme cela était d'usage alors.

Le jeune élève suivit quelque temps après son maître à Diekirch où ce dernier venait d'être appelé ; et lorsqu'il eut achevé son cours de syntaxe il entra au collège de Luxembourg où il termina ses dernières classes humanitaires. Il avait fini sa rhétorique lorsque en 1808 il partit pour Marseille à la tête d'une petite colonie de jeunes aspirants à la prêtrise que l'archevêque d'Aix avait demandés au Préfet Jourdan pour peupler son séminaire qui était devenu désert par l'effet des circonstances politiques de cette époque de guerres.

Mais lorsqu'il arriva avec ses compagnons, le digne prélat était mort (22 août 1810). Le chapitre ne tarda pas à présumer que ces élèves deviendraient bientôt une charge pour le diocèse plutôt qu'un avantage , et cela surtout parcequ'ils ne connaissaient pas assez la langue française pour pouvoir être utilement employés à la prédication dans une province éminemment et exclusivement française: On crut en consé-

quence utile de se débarasser d'eux en offrant de payer leurs frais de retour ; ce qui fut accepté.

Revenus dans leurs foyers ces jeunes émigrés entrèrent au séminaire de Metz (1811) où Clomes prit dès la fin de la première année le grade de Bachelier-ès- Leltres à l'académie de cette ville. Les deux années suivantes il fut maître de conférences et parvint ainsi à l'âge canonique. Promu à la prêtrise en 1814, il fut nommé immédiatement après vicaire à Esch-surla-Sûre.

Bien que Clomes ne fût, de son naturel, pas attaché aux distractions, cependant sa nouvelle résidence ne tarda pas a devenir pour lui un séjour pour ainsi dire insupportable ; et il y avait réellement de quoi pour éprouver ce sentiment pénible quand après avoir habité les sites riants des rives du Rhône et de la Moselle on se trouve tout d'un coup confiné dans le lugubre village d'Esch qui est virtuellement enfoncé dans un entonnoir étroit, rocailleux et aride , dont le soleil ne visite presque jamais le fond. Cette résidence dut paraître plus triste encore à l'époque où Clomes y arriva parcequ'une épidémie de dyssenterie y faisait de notables ravages et que le nouveau vicaire n'avait pour ainsi dire d'occupation , du matin au soir , que de visiter et de consoler les mourants et d'inhumer les défunts : aussi crut-il ne pou-i voir se comparer qu'à Daniel dans la fosse aux lions. Cependant cet état des choses ne tarda pas à être changé pour lui , il ne resta en effet que six mois à Escb ; car l'année 1814 n'était pas écoulée lorsqu'il reçut sa nomination en qualité de professeur au collège de Luxembourg , position qu'il conserva pendant trente-neuf ans "et jusqu'à sa mort, arrivée le 28 avril 1853 à l'âge de soixante-trois ans.

Clomes était passionné pour l'étude, chaque instant de sa vie y était consacré. Grand amateur de livres, il avait réuni une bibliothèque nombreuse qui renfermait quantité de bons ouvrages. » Bibliophile « par patriotisme autant que par goût, dit

«en effet son panégyriste, M. le professeur «Muller, il a recherché toutes les occa- « sions pour recueillir dans ses rayons les «débris des anciennes Bibliothèques du c Pays ; et pour y réussir il fut souvent « obligé de s'imposer bien des privations ; o car les épargnes sur son traitement de «professeur qui cependant formait son « unique pécule ne devaient pas toujours «suffire pour pouvoir profiler des heu- «reuses rencontres , et cependant il était «parvenu en quarante ans, à ramasser « 10,436 volumes comprenant 4,408 ou- « vrages. «

En mourant il a voulu rester fidèle à son principe patriotique de conserver à son pays les débris des trésors littéraires qu'il était à force de constance et de sacrifices parvenu à sauver du naufrage où les avaient entraînés la révolution française de 1789 et la conquête du Luxembourg qui en avait été la suite; et il chargea par son testament olographe en date du 28 octobre 1851 , son neveu, M. Bingen, curé à Schœnberg (v. son art.) de faire l'abandon de sa bibliothèque au Grand- Duché contre une somme de quatre mille francs , somme bien minime en comparaison avec sa valeur réelle qui peut sans exagération être portée à celle de dixhuit à vingt-mille francs. L'Etat a accepté le legs avec empressement par la loi du 1" décembre 1854, et les intérêts de la somme versée sont venus , suivant les désirs du généreux donateur , augmenter les revenus d'une bourse d'études de six mille francs , également fondée par Clomes en faveur d'un étudiant de sa famille , ou à son défaut d'un jeune homme natif du Pays de Luxembourg, peu moyenné et apte aux études.

Pour esquisser encore quelques traits du caractère du Professeur Clomes nous transcrirons les phrases suivantes que nous extrayons de sa notice nécrologique qui nous a en grande partie servi à la rédaction de cet article: » Un cœur compatissant et « secourable , une loyauté à toute épreuve, « une franchise dédaignant la circonspec-

« tion cauteleuse , mais surtout une cons- « tance inébranlable , tels sont les traits «du caractère de Clomes. Ennemi de «toute intrigue, de toute exagération, il «avait de l'aversion pour les tendances « novatrices. Personne n'est resté plus que « lui soudé aux mêmes principes. Il était « la vivante antithèse de la versatilité. « Constamment égal à lui même il a cona servé à toutes les époques dè sa vie les «mêmes habitudes, les mêmes formes ex- «térieures, les mêmes sentiments d'ami- «tié, les mêmes principes de conduite, «la même activité, les mêmes prédilec- « tions et les mêmes antipathies. «

Clomes a publié : 1°. Elementarbuch der Erdbeschreibung zum Gebrauche der Primaerschulen des Grossherzogtbums Luxera burg, mit einer topohraphiscb-statistischen Erdbeschreibung des Grossherzogtbums und einem Abrisse der Géographie Palxstina's ; vol. in 8", Luxembourg. En 1 845 cet ouvrage était parvenu à sa troisième édition. — £°. Elementarbuch der Erdbeschreibung, zum Gebrauche der Schullehrer des Grossherzogthums Luxemburg; vol. in 8°; Luxembourg, 1828.— 3°. Versuch einer slatistisch-geograpfaischen Beschreibung des Grossherzogthums Luxemburg ; inséré dans le Programme de l'Athénée de Luxembourg ; in 4°; Luxembourg, 1839-40.-4°. En collaboration avec MM. les Professeurs Joacbim et Wolff: Grammaire théorique et pratique de la langue latine, à l'usage de l'Athénée de Luxembourg; vol. in 8°; Luxembourg, 1827. — S9. Il avait enfin eu l'intention de s'occuper d'une biographie des Luxembourgeois célèbres; mais la mort l'a surpris avant même que son œuvre eût été mise sur le métier. Cependant il avait déjà réuni un assez grand nombre de matériaux qui, nous osons l'espérer, ne seront point perdus pour la postérité. Nous avions même fait des démarches pour en obtenir la communication afin de les utiliser dans notre présent travail ; mais cette communication n'a eu lieu qu'en très -minime partie.

Publications de U société bbteriirae de Luxera bourg; VIII, 6; et IX, p. IV a IX. - Na>d*. Catalogne de la Bibliothèque de Luxembourg , G9 à 71. — Claiiic, Catalogne de la Bibliotb. de I.niembourg, 577 et 417.— VeneicbniM der Kircben dea ApoUolUcbeu Vikariata Luxcmbnrg; année 1854, litt. C -Soutenir, contemporain*.

CLOTTEN, ou K lotte n, Michel, était originaire de Trêves où il passa sa jeunesse. Vers les commencements du dix-neuvième siècle il viot s'établir à Ecbternach et y demeura jusqu'à son décès.

Clotten était grand amateur d'Histoire, surtout de celle de Trêves sa patrie, et se distingua par son goût pour l'étude des antiquités. Ce goût lui Gt faire beaucoup de courses et de dépenses pour acquérir tout ce qu'on découvrait dans les environs d'Echternach. II avait réuni toutes ses acquisitions pour en former un cabinet et faisait en même temps un grand trafic avec ces objets : on aurait grand tort cependant de lui imputer cette conduite à reproche, car à cette époque ou les études étaient négligées et la science pour ainsi dire reléguée dans l'arrière - fond de la vie sociale, si Clotten n'avait pas acheté ces débris précieux des souvenirs des siècles passés , ils auraient été anéantis par des mains ignares , et il ne serait plus donné à personne de les contempler aujourd'hui dans les musées de Trêves et de Bonn, comme en partie même dans celui de Luxembourg où les derniers restes de ses collections archéologiques sont venus se réfugier. Altrier surtout avec son plateau romain furent exploités par lui, et les découvertes qui y furent faites il les a en grande partie conservées jusqu'à sa mort. Le 9 octobre 1804 il fut admis à l'honneur d'expliquer le but et les emblèmes du monument d'Igel à l'empereur Napoléon 1" , à son passage par le village de ce nom. En 1810 il publia son opuscule intitulé : Geschichle der heiligen trieriseken Martyrer , welcht unter Riccio Vario , Anno 286, hingerichtet tcurden; Trêves, in 18 ; ouvrage dans lequel il se contenta d'établir des probabilités. Enfin, en 1828, l'évéque de Trêves , Mgr von Ilommer,

qui l'avait connu depuis longtemps et qui l'estimait infiniment, alla lui faire visite lorsqu'il passa à Ecbternach.

Michel Clotten est mort en 1829, presque septuagénaire , ayant cultivé l'étude des antiquités du pays de Luxembourg pendant plus d'un quart d« siècle. Il a fourni un assez grand nombre d'articles historiques et archéologiques sur le Luxembourg aux journaux de Trêves, intitulés : Triersches Wochenblatt , Treviris et Triersebe Crooick.

BenaeignemenU fourni* par M l'abbé Eattinc— Mole» particulière*. — Ctasen , Catalogue de la Bibliotb. de Lusbg. 1117 et 464.

CLOTTEN, Pierre, Docteur en droite civil et canon, écuyer tranchant de S. M. I. à Kircbberg et avocat immatriculé près le Conseil provincial de Luxembourg, était resté célibataire. Nous ne connaissons aucune particularité sur ce personnage , qui peut-être même n'appartient que très indirectement au Luxembourg, si ce n'est que par donation entre-vifs ponr cause de mort, faite le 20 novembre 1630, il a institué un capital de quatre mille trois cents écus anciens ou Reichsthalers en faveur de quatre jeunes gens de sa parenté du côté paternel ; à défaut de ceux-ci de ceux de la lignée maternelle ; et cette dernière manquant également, de ceux des lignes collatérales ou bien finalement d'étrangers. La jouissance est limitée à douze ans et les études , qui peuvent avoir heu à Luxembourg ou à l'université de Trêves, peuvent embrasser la Théologie , le Droit ou la Médecine.

Cette fondation , qui était primitivement au capital de dix-neuf mille sept cent et quatre-vingts francs, a beaucoup soufTert , puisqu'elle ne monte plus aujourd'hui qu'à 13,912 frs. et 50 centimes, qui donnent pour chacune des quatre bourses un revenu annuel de cent trente-cinq francs.

Elle est administrée par le conseil d'administration du gymnase de Trêves.

Holtz, Manuel de» fondations de bourae* d'étude», 441» »qqq.

CLUSIUS , Rodolphe, est né à Luxembourg , yen la seconde moitié du seizième siècle. Le nom de ce personnage a selon toute vraisemblance été latinisé comme celui de tant d'autres à la même époque , et se traduirait actuellement par Clusen , Clusener , Clausener , ce dernier connu encore aujourd'hui dans la ville de Luxembourg.

Clusius, après avoir terminé ses études au collège des Dominicains à Mayence, y prit le grade de Bachelier en théologie et obtint la prêtrise: il embrassa Tordre de St. Dominique.

Clusius se rendit célèbre dans son temps comme prédicateur et publia des sermons pour tous les dimanches de Tannée ainsi que pour les fêtes des saints. Son ouvrage dont la première édition, volume in 4°, est de 1612, et la seconde, en deux volumes du même format, de 1625, imprimés chez Bernard Cuick à Cologne, porte pour titre : Dormi secure. Il a aussi donné des éditions des œuvres de Guillaume Perault et du Recueil des sermons de Jacques de Voraggio, archevêque de Gènes.

Clusius mourut en 1630 à Cologne, sa résidence ordinaire.

D. Calmct. Biblioth Lorr.; et Citilogue in au-

COELEN, Pierre, naquit vers Tannée 1516 au village de Lixhe près de Viset, province de Liège. Nous ferons observer que le lieu de naissance de ce personnage est dénommé Lysia par les auteurs, ce qui pourrait faire croire qu'il s'agirait d'une des deux localités de la même province qui s'écrivent Lite et dont Tune dépend de Seraing, l'autre de Marchin; ou bien de Lisen, annexe d'Ouflet. Mais toute hésitation doit disparaître quand on lit attentivement le texte de Bcrtels qui dit positivement que ce Lysia est situé près de Viset ; il ne peut donc s'agir d'un village du canton de Huy ni de celui de Bodegnée , ni finalement de celui de Nandrin.

Pierre Cœlen entra à Tabbaye de Stavelot où il fit sa profession religieuse. 11 y était depuis plusieurs années et se faisait remarquer par ses mœurs austères ainsi que par ses vastes connaissances, lorsque sur les plaintes des religieux de S'-Willibrorde contre les dilapidations et la vie dissolue de Godefroid d'Apremont, la Cour de Bruxelles l'envoya à Echternach avec la qualité de prieur, pour tenir Tabbé en bride et ramener la régularité dans cette maison. Il donna d'abord tous ses soins à cette tâche ; mais voyant à la fin qu'il ne réussirait pas à faire rentrer Godefroid dans les devoirs de la vie monastique il se démit après deux ans d'exercice de sa dignité et voulut retourner à Stavelot comme simple religieux. Les moines de cette dernière maison ayant refusé de l'y recevoir sous prétexte que en les quittant pour aller à Echternach il avait renoncé à leur communauté, que dès lors il ne lui appartenait plus, il se retira à Louvain où pendant dix ans environ il tint des pensionnaires auxquels il enseignait la philosophie et la Théologie; ce qui, avec les cent florins de subside annuel que Tabbaye d'Echternach s'était engagée à lui payer, dut suffire à son entretien en attendant qu'il pût rentrer dans une autre maison religieuse avec un emploi convenable. Il était à la tête de ce petit établissement qui avait acquis une certaine vogue à cause des grandes capacités du maître , lorsque Tabbé de Munster, Guillaume d'Orley, vint à mourir le 27 octobre 1560, lui dernier religieux de son monastère : En effet , par suite d'un concours de circonstances fatales dont le récit n'appartient pas à notre sujet, cette maison était devenue entièrement déserte. Le gouvernement voulant la remettre en bon état y envoya Pierre Cœlcn en qualité d'abbé. Dès qu'il en eut pris possession il se Gt sacrer en 1561 et commença tout d'abord à y faire exécuter des constructions importantes et nécessaires. Il y attira de même plusieurs jeunes gens auxquels il donna l'habit religieux : il avait entr autres amené avec lui de Louvain le

jeune Jean Bertels (v. soq article) qui lui succéda.

Comme il était lai-môme très-instruit il aimait la science et voulut la faire fleurir dans sou monastère. Il composa dans ce dessein des commentaire» très-étendus sur la règle de Sl-Bénoit et les lisait aux jeunea religieux pour leur apprendre d'une manière approfondie les lois posées par le Saint fondateur pour vivre selon Tordre qu'ils avaient embrassé. Cet ouvrage, diton, écrit avec une grande lucidité et des vues très-profondes, n'obtint les honneurs de l'impression qu'après la mort de son auteur, qui par modestie avait constamment refusé de le publier malgré tontes les sollicitations qu'on eût pu lui présenter.

Bertels qui avait été son élève et qui fut son successeur, dît que vers la fin de sa vie l'abbé Cœlen avait terni sa belle réputation par une avarice extrême, laissant ses religieux manquer presque du nécessaire pour amasser des sommes considérables et les entasser dans le trésor de son monastère.

Pierre Cœlen s'était rendu à Bruxelles pour des affaires de sa maison, lorsque pendant son voyage de retour il voulut aller voir sa famille. Il était arrivé à Liège lorsqu'il fut attaqué d'une colique qui fut négligée par les médecins parcequ'ils n'en soupçonnaient pas le danger; il en mourut dans cette ville le 30 novembre 1 573 et il a été inhumé dans le chœur de l'église paroissiale de S'-Jean l'Evangéliste. Ses religieux lui élevèrent dans leur église un monument sur lequel on lisait l'epilaphe suivante :

Mémorise Rbveresdi in Christo Patris

Domini Pétri Coelbn a Lysia Abbatis ac Domini Mlnsteriensis propè

[LtXEMBORGUM.

Hic dlm annis duodbcim pr^fcisset féliciter ,

Anno MDLXXII. ad Brcxellanam pro-

[PICISCITLR A CLAM OB PRAGNANTIA MoNASTERII SCI NEGOTIA.

iNDB RECEDB1N-S LEODICM VENIT ,

Ubi lbvi colica dbcubuit , qu<e a Mbdici»

Forte nbglbcta letualis bvasit.

excessit xxx. novembris eodbm anno , actatis sva lvi1.

VlRHAGNI ANIMI, SBRMONB PROMPTISSIMCS,

[BT ELOOIEN- TISSIMCS, NATURA CALLIDISSIML'S.

SBPCLTUS EST LBODII IN BCCLBSIA PaROCHIALI S. JOANNIS

[a dextro Latbrb sonii Altaris.

RbQIIESCAT IN PACB , AMEN.

Fratret Convenluales posuerunt.

Local Itiuugn, Rel uumterieniei; anaert ; bibl. I.aibg.- Do* Bcmir Vannas, Hiatoire de l'Abbaye Je M a m ter i anaert; ibideaa.— Le mime ouvrage, traduction allemande; m»crt. de notre BibliotH. — Baarau, 139 ad 144. — Bcarnot.*T, 1D. P. 4. Vit et T. VI, StfO.— Vardibh«i.cii et Miiaata, Dictionnaire géographique de la Province de Liège. 15».

5ô%— Nraautnn, le* aoteora luieinbourgeoil, 17.

COHAUSEN , Jean-Henri, médecin du prince-évéque de Munster, est né à Hillesheim en 1665 et mourut le 13 juillet 1750. Cohausen a beaucoup écrit , quoique praticien très-occupé , et il se plaisait à donner à ses ouvrages des titres extraordinaires. Nous allons citer les plus connus : f° Assilegium historico-physkum ad Cl. Viri Joh. Herm. Nunningii sepulcretum; Francfort et Leipsic; 1714, in 4*. C'est une dissertation où l'auteur considère en physicien les urnes sépulcrales de la Westphalie , que Nunning avait examinées comme antiquaire. — 2' Dissertatio satyrica physico-medico-moralis de priseà nasi, sive tabaci sternutatorii moderno abusu et noxâ; 1716, in 8°. Il s'y déclare un des plus grands ennemis du tabac qu'il ne permet qu'aux tempéraments pituiteux. — 5* Lumen novum phospboris accensum. Amsterdam; 1717, in 8°:

Dissertation très-curieuse dont plusieurs faits ont été vérifiés depuis le renouvellement des sciences physiques. — 4° Ncothea. Osnabrug ; 1716, in 8° : Ouvrage dont il a paru plusieurs éditions en allemand et en hollandais. L'auteur s'y produit comme un bien grand ennemi du thé ; il le pros-

crit pour on très-grand nombre de personnes et prétend qu'on peut le remplacer par l'usage de différentes espèces de plantes appropriées aux tempéraments comme aux maladies. — &° Ruptus exstaticns in montera Parnassi, sive satyron novum physico-medico-morale in modernnm tabaci sternotatorii abusnm ; Amsterdam, 1726; in 8*. — 6° Relatio de virtute et usa liquoris vit» balsa mici polychristi; ibidem , 1726 , in 8°. — 7° Lucina Ruischii sive masculus uteri orbicularis Ruischii ad trutinam revocatus ; ibid. 1731; in 8°. —8° Arcbaens febrinm faber et medicus ; ibidem , 1731 ; in 12 : Sa théorie est fondée sar les principes de Vanhelmont et sa pratique a pour base le sage usage du quinquina. — 9° Dissertatio de Glossopetris lapidibus cordiformibus , etc. Francfort, in 4°; 1746. — 40' Hermîppus redivivus; ibid. 1742. — 44° Europa arcana medica:

c'est un extrait médical des mélanges de l'Académie des curieux de la nature.— 42' Hetmontius Estaticus; Amsterdam, 1726; in 8°. — 43° Clericus medicaster; Francfort, 1748; in 8°. — 44° Clericus deperrucatus ; etc.

Bioçnpkie uairendle, Ht, 188.

COHAUSEN , Salentin-Ernest-Eugène , né pendant les premières années du dixhuitième siècle, à GéroUtein, était neveu du précédent. Il étudia la médecine et se fit recevoir Docteur dans cet art a l'université de Trêves , près de laquelle il devint plus tard professeur. Il s'établit ensuite a Coblence où il pratiqua l'art de guérir et devint en même temps médecin de la garnison.

Cobausen a laissé plusieurs ouvrages, entr'aatres: 4° Une dissertation sur les vertus des sources minérales de Birresborn et de Bertricb. — %* Commentant litterarii Disserta liones epistolicœ Historico - Pbysico - Curiosss clarissimorum Westphalix duumvirorum Jodoci Hermanni Nunningii et Joannis Henrici Cohausen de Glossopetris, lapidibus cordiformibus , cornu bisontis petrefacto , cor-

nu ammonis et osse femoris elephantini, cum utriusque historica bibliographie.

Francfort; 1746.-5° Une première édition, augmentée d'une préface, de l'ouvrage du Dr Frédéric Hoffman , intitulé : Commentarius de differentia inter ejus (Iloffmanni) doctrinam Medico-mechanicam et Georgii-Erncsti Stahlii Medico-organicam. — 4° La vie de son oncle. — S0 Une dissertation sur les propriétés de la racine d'ortie contre la petite-vérole. — 6° Dissertation sur les vertus de la Marjolaine.— 7* Une autre sur l'usage de la Seille dans les affections sérieuses ; etc.

Bcaica, EiflJa illu*traU, III, II, i, 59. «q.— Aa Hniun, Dut Trrr. diplefta III, M5.-Bio«r«pkie nnivenelle, 188, iq.

COLLIGNON, Jacquet, né à Bièvres en 1717, se fit Jésuite-missionnaire et mourut à Cambray , en 1781 . M. le comte de Bec-de-Lièvre qui nous fournit ces seuls détails sur ce personnage , dit qu'il se rendit célèbre par ses missions.

C* de Bee-dcLièTre, Biographie liégeoue. II, 4«0

CONER , Mathiat, né a Altlinster en 1761 , montra dès sa plus tendre jeunesse non seulement d'excellentes dispositions pour l'étude mais encore beaucoup d'application. Cette circonstance ayant décidé ses parents, agriculteurs assez aisés, à le faire étudier, ils l'envoyèrent d'abord à Luxembourg , puis à Trêves où il acheva ses cours d'humanités ; il entra ensuite au séminaire dans cette dernière ville et y obtint l'ordre de la prêtrise en 1788.

Nommé d'abord altariste à l'église de St. Nicolas et de SM Thérèse a Luxembourg , sous le curé Paul Feller , il devint peu d'années après curé à Messaocy où il se trouvait en 1795 , et fut plusieurs fois pillé par les sans-culotte. Comme il avait refusé de prêter le serment républicain de haine à la royauté il fut décrété d'arrestation et condamné à l'exportation par application du décret du 14 brumaire an VII. A plusieurs reprises les gendarmes le guétèrent sur réquisitoire du commissaire Umhœfer pour s'emparer de

sa personne , mais ce fut chaque fois en vain. Cependant, comme ils se présentèrent le 26 du même mois de brumaire un peu plus tard qu'à l'ordinaire ils le trouvèrent attablé chez lui et se croyaient déjà assurés de leur proie, lorsque le bruit de leur présence et de l'arrestation du curé s'étant répandu comme un éclair dans le village entier , les femmes accoururent armées les unes de bâtons, les autres de manches à balai , les autres enfin d'autres ustensiles du même genre , firent irruption dans le presbytère et traitèrent les gendarmes si rudement, les accablant d'une telle abondance de coups, que ceux-ci tout meurtris et tout abîmes n'eurent, pour ne pas être assommés que le temps de s'enfuir à toutes jambes, abandonnant leur prisonnier. Le curé Coner, content d'en avoir été cette fois quitte pour la peur , eut dans la suite la prudence de ne rentrer chez lui chaque fois que pour un moment seulement et à de très-rares intervalles , se tenant pendant le reste du temps caché chez des particuliers de sa paroisse , célébrant en cachette l'office divin et visitant les malades à la dérobée pour leur administrer les sacrements.

Cet état des choses dura jusqu'au 3 ventôse an VIII (22 février 1800), où il fut déclaré absous de la condamnation à la transportation. En 1801 il put recommencer à officier publiquement.

En 1805 Coner fut transféré à la cure primaire d'Echternach où une plus vaste sphère d'action et d'activité s'ouvrit pour lui : en effet , tout ce qui regardait le culte y était entièrement bouleversé et il fallait bien un homme de résolution comme Coner pour ôser mettre la main à rétablir les choses suivant les prescriptions de la discipline ecclésiastique. Il y réussit cependant après des efforts soutenus et une constance des plus louables. Il se distingua surtout à Echternaçh , ainsi qu'il Pavait fait déjà à Messancy , comme ami des enfants et de la jeunesse ; racheta pour sa paroisse les chapelles dites de la S" Vierge et de la S* Croix, situées hors

de la ville ; récupéra des mains du pieux prêtre Willibrorde Meyers les reliques de St. Willibrorde (v. son art.) qu'il déposa solennellement en 1 828 , sous le maître-autel de l'église paroissiale , enfermées dans le même cercueil en pierre qui les avait contenues pendant des siècles dans le temple monumental de l'abbaye des Bénédictins ; acquit d'autres souvenirs du même saint qui avaient été autrefois conservés à Trêves , tels que son cilice , etc. ; fit rédiger et imprimer la vie de St. Willibrorde en allemand , 23 pages in 12, seconde édition, Luxembourg, 1840 ; provoqua la première description du roc druidique d'Altlinster ; apporta des embellissements à son église ; aida de son influence , de ses efforts et de sa bourse à faire fleurir le collège municipal d'Echternach ; corrigea le chant ; s'occupa activement de l'instruction primaire et de l'organisation des écoles , et chercha en un mot à satisfaire autant que cela était en son pouvoir tous les besoins moraux de ses paroissiens. Les pauvres avaient également en lui un protecteur charitable, comme les malades un consolateur infatigable , prêt à toute heure de jour et de nuit à leur porter les secours et les prières de la religion.

Au milieu de ces actes vraiment apostoliques il se présenta cependant en 1811 une occasion qui pensa lui susciter de graves embarras , pareeque l'on n'était peut-être pas encore assez revenu des principes que la révolution française avait enseignés et prônés : un fonctionnaire français était venu à mourir persistant obstinément dans le refus de recevoir les sacrements de l'Eglise , malgré les sollicitations tentées par sa famille et même par le curé Coner , qui se vit en conséquence forcé de , à son tour , refuser de procéder à l'inhumation suivant le rit catholique, d'où rumeur bien grande en certains lieux , et une accusation formelle lancée contre lui , pareequ'on avait oublié que la loi civile n'accorde aucune action contre le ministre du culte qui refuse son

ministère lorsqu'il a pour ce (aire des motifs sérieux , fondés et patents. Ici Coner aurait dû être considéré comme ayant agi dans son droit, puisqu'il semblerait ridicule d'accorder à celui qui a répudié une association , même simplement civile , le droit d'exiger que cette même association le fasse encore participer aux avantages qu'elle procure ou promet. Quoiqu'il en soit , l'affaire ayant été dénoncée au chef du diocèse, le curé fut condamné à quinze jours d'arrêts dans les locaux du petitséminaire à Luxembourg. Lorsqu'il eut subi cette peine, le chef ecclésiastique lui ayant demandé si maintenant il était amendé ? il lui répondit froidement : si je n'avais pas été plus convaincu de mon devoir de vous obéir que je ne l'ai été de ma culpabilité , vous ne m'auriez pas vu ici. A son retour à Ecbternach , la musique urbaine vint au-devant de lui dans l'intention de le faire rentrer en triomphe dans sa paroisse ; mais, soit modestie, soit peut-être afin de ne pas donner prise à de nouveaux désagréments, il s'opposa de toutes ses forces a l'exécution de ce projet d'ovation.

Sous le gouvernement des Pays-Bas on l'accusa de nouveau auprès du Gouverneur Willmar de célébrer les fêtes abrogées à l'égal du dimanche, et d'avoir troublé l'ordre public pour avoir fait sonner les cloches à l'arrivée de l'évéque de Hommer, de Trêves, lorsque ce dernier l'honora d'une visite en 1 828 : cependant ces accusations de désobéissance prétendue à la loi civile n'empêchèrent pas le gouvernement de le gratifier plus tard d'une augmentation personnelle de traitement qu'il conserva sa vie durant.

Il fut également toujours en grand crédit auprès de ses supérieurs ecclésiastiques, et il en reçut en 1837, le titre honorifique de Doyen.

Coner était un homme beau, bien portant et fort, en même temps que d'un caractère gai , jovial et plein d'esprit ; cependant il était anssi prêtre exact et consciencieux, ainsi qu'un modèle de piété et de religiosité ; en effet , il n'omit jamais

entr'autres d'exécuter un vœu que dans sa jeunesse il avait fait d'aller tous les ans en pèlerinage à Luxembourg, visiter la Vierge dite de consolation et d'assister à la procession solennelle qui clot l'octave au mois de mai.

En 1838 il célébra son jubilé de cinquante ans de prêtrise. Et telle fut sa modestie qu'il voulut lui-même prêcher pendant la cérémonie qui eut lieu à ceUe occasion, « afin, dit-il, d'éviter au prédi- « caleur l'occasion de me donner des lou- « anges mensongères. » Pendant les dernières années de sa vie ses forces et sa santé commencèrent a diminuer d'une manière très-sensible ; et il le sentait lui-même sans s'en effrayer.

Lorsque par suite du morcellement du Luxembourg par le traité de Londres, en juin 1839, le Grand-Duché actuel eut été distrait de l'évéché de Namur et érigé en vicariat apostolique sous la direction de J.- Th. Vander Nflot (v. son art.) , Coner avec un grand nombre de curés du Pays s'étaient adressés a Rome pour obtenir du Saint-Siège que le vicaire apostolique fût promu à l'épiscopat, afin que l'Eglise possédât dans le pays même un chef qui pût consacrer les saintes-huiles et ordiner les jeunes gens qui se destinaient à la prêtrise. Mais Vander Nûot, vieillard de soixante-quinze ans , avait trop souvent manifesté à la Cour romaine son désir absolu de se retirer entièrement dans la solitude pour qu'on pût penser à le décider à accepter cette dignité. En conséquence le Préfet de la congrégation des rites écrivit au Doyen Coner, sous la date du 19 janvier 1842, pour lui annoncer que ses désirs et ceux de ses confrères allaient être remplis, en ce sens cependant que le Luxembourg recevrait un nouveau vicaire apostolique revêtu du caractère épiscopal. Cette lettre fut remise le 6 février ; lorsque le bon vieillard, qui était près de mourir, l'eut lue, il ne put dans son bonheur s'empêcher d'exclamer : Nunc dimittis servum tuum Domine secundum verbum tuum in pace ; il prit ensuite congé de ses

amis qui reotouraieol, leur serra la maio et mourut paisiblemeot, à l'âge de 81 aos et S mois.

Biographie foaraie p«r M. le Profe«»eur E»cli*c. —Molle», Programme de l'école moyenne d'Eekiern.ch, I8B0, p««i..-N.t«. p.rticUère..

Conrad I, Comte de Luxembourg; v. LUXEMBOURG, Conrad l, comte de.

CONSDORF, Jean, est oé, à ce qu'on croit, à Echteroach. Nous ne possédons que fort peu de données particulières sur ce personnage qui s'est rendu recommaodable surtout par les soins assidus et éclairés qu'il voua à l'organisation de l'école communale d'Ettelbruck.

Après avoir terminé les études requises il obtint l'ordre de la prêtrise et fut nommé curé d'Ettelbruck, assez longtemps même avant l'invasion française des dernières aooées du dix-huitième siècle. Comme ses confrères, le curé Coosdorf fut sommé par le Commissaire du pouvoir exécutif de prêter le serment prétendu civique, et il obéit, pareeque sans doute il crut pouvoir le faire attendu que l'officialité de l'archevêchéélectoral de Trêves, doot sa paroisse ressortissait pour le spirituel avait décidé que ce serment ne renfermait aucune elause contraire à la foi ni à la discipline ecclésiastique, que partant il pouvait être prêté. Cependant malgré cette décision, la grande généralité des prêtres de notre pays comme ceux de France y virent un blasphème et refusèrent d'obtempérer, préférant subir les persécutions dont ils étaient menacés. Nous ne voulons ni blâmer ni louer le curé Consdorf pour cet acte que les moins sévères de ses accusateurs ont qualifié de faiblesse; mais toujours restera-t-il vrai que par sa démarche il a sauvé son église ainsi que le presbytère de la dévastation et de la vente comme bien national conquis. Quoiqu'il en soit, un grand nombre de ses confrères crurent devoir le mépriser à cause de sa condescendance et le couvrirent de sarcasmes qu'il fut bien obligé de se résigner à souffrir sans se plaindre.

A part cette tache que l'on impute à la

mémoire du curé Consdorf, ce prêtre fut toujours un modèle de piété, de bienfaisance, de probité et d'érudition. Tous ses instants furent consacrés au bien de ses paroissiens qui eurent toujours pour lui la plus grande estime et un attachement sans bornes. Très-instruit lui-même, il fit constamment les plus grands efforts pour répandre le goût de l'instruction parmi le peuple. Pour qui veut jeter un regard rétrospectif sur l'état de l'enseignement public à cette époque la grandeur de l'entreprise philanthropique du curé Consdorf sautera aux yeux. En effet la fréquentation de l'école n'était eo réalité pas obligatoire et le cours annuel ne comprenait que les quelques mois d'hiver; de plus les salles étaieut le plus souvent beaucoup trop exiguës pour loger même le peu d'enfants qui se présentaient; elles n'étaient ni suffisamment aérées , ni entretenues avec les soins nécessaires ; eo un mot l'école, restée à l'état d'entreprise particulière n'offrait alors aucune des conditions indispensables tant sous le rapport hygiénique que sous celui des procédés et du degré d'instruction à exiger de la part du maitre. Le curé Consdorf déplorant cet état des choses , particulièrement dans la populeuse commune d'Ettelbruck, voulut y mettre fin en appelant d'abord eo 1788 uo maitre capable, l'iostituteur Hermaoo (v. son art.) auquel il servit de Mentor, de protecteur et de conseiller dans les moments difficiles, c'est-à-dire lorsque celuici entreprit d'organiser son école sur uo pied plus conforme aux besoins les plus strictes de l'institution si intéressante destinée à l'éducation de la jeunesse. Jamais en effet la protection presque toute puissante du curé ne fit défaut à l'instituteur, pareeque les changements qu'il entreprenait étaient toujours calculés d'après des besoins très-réels.

D'un autre côté, comme pasteur d'âmes on ne vit jamais le curé Coosdorf manquer à ses devoirs, pas même à cette exquise délicatesse dans les procédés qui rendent la religion attrayante daos la personne de

ses ministres. Un paroissien avait-il failli, il le ramenait avec douceur, et il parvenait toujours a l'amender: il savait parfaitement que l'extrême rigueur fait roidir, tandis que l'indulgente fermeté attire à la résipiscence qui déjà est un acheminement vers la correction.

Ettelbruck se trouvait à cette époque dans une situation très-pénible; un vaste incendie en avait peu d'années auparavant détruit presque toutes les maisons avec l'église et placé les habitants dans une position peu prospère : Le curé Consdorf sut néanmoins , par la grande confiance qu'il s'était gagnée les porter à contribuer d'abord à acquérir de nouveaux ornements pour le service divin; mais il borna ses demandes aux objets strictement nécessaires, laissant à d'autres temps le soin de procurer des habits sacerdotaux de prix pour les grandes fêtes.

Enfin, malgré une extrême sobriété dans ses dépenses de toute nature bien que sa cure fût une des mieux rétribuées quant aux revenus, il est mort sans épargnes, parceque pendant sa longue vie il n'avait jamais vécu que du jour la journée, donnant aux indigents, surtout aux pauvres laborieux dont le travail des mains ne pouvait suffire à l'entretien de la famille, tout ce qu'il pouvait économiser sur sa personne. Et à son décès, arrivé en 1823, après un séjour de trente-huit ans a Ettelbruck on ne trouva dans sa succession que sa bibliothèque, peu considérable mais composée d'ouvrages choisis et quelque linge absolument nécessaire à un ménage bourgeois.

En 1849, vingt-six ans après son décès, la reconnaissance de ses paroissiens lui érigea un monument funéraire sur lequel ils firent graver cette inscription :

Dem

hochwoerdigen hsrrn J.-B. CONSDORFF, WjEhbend 38 Jaoren Seelsorger in Ettelbruck ;

GESTORBEN UASELBST IM 69

Lebbnsjahrb, dbn 6. Jaa. 1823 ; von

seinen Pfarrkindern zum ewigen Andenken errichtet.

Im ewigen Gedœchtaitse wird

der Gerechte styn. Ps. III. v. 7.

Renisriijiir rncnU fournis par Monsieur le ProfWscur Efttuic et !UoQ»irur Muicu, curé actuel k Ettelbruck.

CONTZEN, Adam, né à Montjoie vers 1S75, entra à onze ans dans l'ordre des Jésuites et prit en 1591 le bonnet de Docteur ès lettres au célèbre collège des Trois- Couronnés à Cologne. Il enseigna ensuite pendant plusieurs années à l'Université de Mayence et s'y acquit une immense réputation de sciences et de connaissances dans les langues grecque, hébraïque, syriaque et chaldéenne.

Son séjour à Mayence lui donna l'occasion d'entrer en vigoureuse polémique avec les professeurs dissidents des Académies voisines de Heidelberg et de Marbourg.

Aussi ces disputes théologiques donnèrentelles lieu à ConUen d'écrire plusieurs ouvrages acerbes qui ont fait beaucoup de bruit à cette époque. Il fut ensuite pendant quinze ans recteur de plusieurs collèges de son ordre et devint plus tard confesseur de l'Electeur Maximilien de Bavière, charge qu'il remplit depuis 14)24 jusqu'au 19 juin 1635 où il mourut à Munich, à l'âge de plus de soixante ans.

Hartzheim a donné le catalogue de ses œuvres; nous en reproduisons les titres: V Defensio Cardinalis Bellarmini de gratis primi hominis. Mayence ; 1613, in 8°. — £° Defensio librorum ejusdem Cardinalis de peccato contra Danielem Pareum, id est : Oudelitas et idolum Calvinistarum ; Mayence, 1614; in 8°. — 5« De hœreseum incremento, et utrum annus 1711 sit mundi ultimus? — 4° Consullatio de unione et synodo generali Evangelicorura. Mayence, 1615; in 8°. — 6° De pace Geruiania? libri III. Mayence, 1616; in 8°. — 6° Disceptatio de secretis Societatis Jesu. Mayence, 1616; in 8°. — 7° Jubi-

leum jubilorum : qno libro ostcnditur quàra immerito Evangelici suœ sectae jubilaeum celehrarint. Mayence, 1618; in 8°. — 8° Le même, traduit en allemand, 1618, in 8°. — 9° Chronologia Jubilaci Evangelii. Mayence, 1618. — f0° Cbronis omnium jubilorum anno sacculari Evangelico scriptorum. Mayence, 1618. — 1i° Semen Hanrelicorum Germanix, 1619; Mayence.

— 12" Polilicorum libri decem , in qui bus de perfecUc Reipublicac formà , virtutihus et vitiis, institutione cîvium legibus, Magistratu Ecclesiastico et civîli, etc, tractatur. Mayence, 1620; in folio. — 15* Methodus doclrinae civilis seu Abyssini Régis bistoria. Cologne, 1628; in 8e. — 14° Daniel , sive de statu , vita et virtutibus Aulicorum et Magnatûm. Cologne,

1630. — 18° Responsio llicologica ad problemata saxonica pro fida pace Germaniae,

1631. — 16° Palma saecularis Lutherano- Evangelica. — 17" Asinus palmatus, seu Paedagogus Halensis Sigismundus Evenius furens in tyrannide Pontifica saeculari; Mayence. — 18° Commentai™ in quatuor Cbristi Evangelia , in quibus sensus verus littcralis advenus omnes infidèles pro Catholicâ fide Tindicatur. Tomi duo. Cologne, 1626, in folio. — 19° Commentaria in cpistolas Pauli ad Romauos. Cologne, 1629, in folio. — 20° OraUo de nova academia tuenda et augenda. — 2tc De eausis bellorum praesenlis temporis. — 22" Proba censura super Epistolam seditiosara. — 25" De Convcntu Cacsaris Ferdinandi II et Electorum Imperii Ratisbonae celebrato, 1630. — 24* Instructio de jubilo jubilorum ad Neuheusianos. — 25° Praelectiones mysticac, Cologne, 2 vol.

in 8°. — 26' Praelectiones mctapbysicae, Cologne, 2 toI. in 8°. — 21* Liber de Secretis Societatis Jesu; Mogunt. 1617, in 12. — Finalement, d'après une note de M. l'Abbé Engling, il aurait en outre publié: 28° un Cours de logique.

0*mTzacia, Bibiiotheca coloniensù, S, tq. — Namc*, C.U1. Bibl. Luibg. 188. 887.-Bia.cn, Eiflia illiutrata, III, I, i. 87.— Cocrti*. Encyclopédie moderne, Vll aai.-Ct*..^, CataL Bibl Luibrg., 87, 272, 585, 588, 3UO.

CORFF , Pierre-Ernest , est encore un de ces personnages dont le seul manuscrit des Viri illustres nous a fourni la connaissance. Aussi nous contenterons-nous de transcrire le passage que l'auteur de cet ouvrage lui a consacré: v 1646. Petrus- « Ernest. Corff Willrianus, OrdinisSanctis- «simae Trinitatis de Redcmptione Captivo- «rum MinisterViandsc, quod monasterium «pie reformavit Disciplina etCultudivino, «cujus et templo aedificavit Cborum ele- «gantem non parvo sumplu, ornavitque « arcbitectonico altari ante quod sepultus. » Le mot Willrianus se traduit vraisemblablement par: né & Wiltingen.

Viri iUuitre*. i. n° 89.

COURTENAY, Marguerite de, appartient au Luxembourg sous plus d'un rapport. Elle était fille de Pierre de Courlenay, prince de la maison royale de France et comte d'Auxerre , et d'Yolande de Hainaut comtesse de Namur. Tout le monde sait que la comtesse Yolande était sœur de Baudouin ainsi que de Henri qui furent tous deux et successivement empereurs de Constantinople , et de Philippe , dit le noble , comte de Namur : Cette princesse obtint la cession de ce comté. De son mariage avec Pierre de Courtenay naquirent quatre fils et six filles: Philippe et Henri se succédèrent au comté de Namur tandis que Robert, le troisième, et Baudouin, le quatrième furent empereurs de Constantinople. Des six filles Yolande fut mariée à André, Roi de Hongrie ; Marie à Théodore Lascaris, issu d'une des plus puissantes maisons de Constantinople et qui parvint dans la suite au trône impérial ; Isabelle , la troisième , épousa 1° Gauthier, seigneur de Bar-sur-Seine, et 2° Eude, seigneur de Montaigu, de la maison de Bourgogne. Marguerite, la quatrième, à laquelle cet article est consacré, eut également deux alliances, d'abord avec Raoul, seigneur d'Issoudun ensuite avec Henri I", comte de Vianden. La cinquième, dont l'Histoire n'a pas conservé le nom, fut unie à Godcfroi de Yillchardouin, prince d'Achaïe et de la Morée : la sixième enfin,

Sybille, fut religieuse au diocèse de Cambray.

Après la mort successive et sans postérité de ses deux frères Philippe et Henri, la remuante Marguerite de Courtenay crut le moment opportun venu pour contenter son ambition. Elle pensa n'avoir rien à craindre de son frère l'empereur de Constantioople, parcequ'elle était convaincue que l'éclat de la couronne impériale devait lui suffire, ensuite parcequ'il était trop loin pour pouvoir utilement faire valoir ses droits réels sur la terre de Namur. Son autre frère était encore au berceau, et ses sœurs se trouvaient à leur tour trop bien appaongées ou bien trop éloignées pour lui donner des soucis à leur égard. Le comte Henri de Vianden son second mari entra facilement dans ses plans d'ambition : Ces époux prétendirent en conséquence en 1228 ou 1229 à la succession au comté de Namur dont ils prirent même possession au nom de la comtesse Marguerite qui s'en déclarait Tunique et légitime héritière. Cette usurpation qui cependant ne fut pas toujours paisible, dura huit ans environ au bout desquels l'héritier légitime, l'Empereur Baudouin étant venu en France solliciter du secours contre les Grecs, se fit restituer ce domaine par la force des armes : Dans cette circonstance l'aveugle ambition de la comtesse Marguerite fut poussée si loin que pour se maintenir elle ne rougit pas de chercher à faire passer son frète pour un imposteur étranger qui serait venu sans droit comme sans titre se dire l'empereur de Baudouin dans le dessein de s'emparer du comté de Namur. Mais malgré tous ses efforts elle fut obligée de céder et de retourner avec son mari à Vianden, après avoir fondé en 1231 l'abbaye du Grandpré. Elle avait en outre pendant son gouvernement, fait des donations de bois au monastère de Floreffe, bâti et doté la chapelle de Géronsart et finalement contribué à rétablissement des Franciscains à Namur: et tout cela par l'effet d'un mélange inexplicable de religiosité et d'une extrême ambition. Les his-

toriens disent néanmoins que les peuples du Comté de Namur n'eurent à se plaindre ni d'elle ni de son mari pendant qu'ils les ont gouvernes.

Comme comtesse de Vianden Marguerite de Courtenay eut sa part à la fondation du monastère des Trinitaires-Rédemptoristes de cette ville en 1248. Son mari et elle voulurent par cette fondation témoigner à cet ordre religieux la reconnaissance qu'ils lui portaient pour avoir racheté de la captivité le comte Frédéric II, père de Henri I. Cette institution ils l'enrichirent à différentes reprises par d'amples libéralités.

Du mariage de Marguerite de Courtenay avec Henri I, comte de Vianden naquirent : a. Frédéric mort avant ses parents, mais laissant en vie un fils nommé Henri, qu'il avait eu d'une comtesse de Salm, mais qui fut frustré de la possession du comté de Vianden par son oncle qui suit ; b. Philippe qui fut comte de Vianden après son père; c. Henri et d. Pierre obtinrent les ordres sacrés : Le premier devint évêque d'Utrecht , le second, d'abord prévôt à Cologne, entra plus tard dans l'ordre de St. Dominique; e. Richarde, épouse de Wolfgang comte de Salm , seigneur de Rawenstein , Sittart, Born, etc. ; enfin f. Yolande qui aura son article (v. Vianden, Yolande de).

La comtesse Marguerite de Courtenay joignait quelques excellentes qualités à une grande ambition. Sa fermeté et son courage l'auraient vraiment rendue digne de régner, disent les auteurs, si ces vertus n'avaient été ternies par des passions qdi lui ont plus d'une fois fait fouler aux pieds les droits les plus sacrés de la nature et du sang. Ce caractère impétueusement odieux n'éclata pas seulement à l'égard de l'empereur son frère , comme nous l'avons dit, mais il parut encore dans la conduite scandaleuse qu'elle tint à l'égard de la plus jeuue de ses filles, la pieuse Yolande lorsque cette dernière , refusant de faire un brillant mariage suppliait ses parents de lui permettre d'entrer en religion. Il n'est en effet pas d'avanies, pas d'excès de tout genre qu'elle n'ait fait subir à cette

jeune fille pour la détourner ou la dégoûter de cette vocation : la faim, les menaces, les injures, les humiliations, la prison même, tout fut employé par cette mère furieuse qui ne céda qu'après bien du temps. Et, singularité à remarquer dans la destinée de cette femme altière, lorsqu'elle eut perdu son mari vers Tannée 1253, elle-même alla rejoindre sa fille religieuse dans le même monastère qu'auparavant elle avait menacé d'incendier si les dames y admettaient son enfant.

Marguerite de Courtenay mourut en babit de religion, le 17 juillet 1270, au prieuré de Marientbal où elle avait passé les dix-sept dernières années de sa vie. Sa fille lui éleva un monument funéraire dans son église. On y lisait ces mots que les niveleurs ont détruits avec la pierre qui les portait :

HiCC EST A VIA MEA

Soror Baldlim Imperatoris Constaîiti-

[nopolitani, Soror Marguarita, qcoxdav comitissa vlennejtsis,

QVJE OBUT

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