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PAR SES CONSEILS ET SON BXBMPLB

Cettb excellente femme, qui ne tivait qce pour les autres, fit lb bonheur db son époux et de ses

[bnfants.

Elle fut la mèrb des pauvres et des

[malheureux , et n'usa db sa fortune que pour faire

[l.B BIEN.

Et sur la base du monument, qui figure un cercueil :

« Vous savez que je n'ai jamais fait «tort à personne. »

• C«t <m Ut «le U mrt

• qm'il prononça ers parole*. •

Nous terminerons cet article en ajoutant que, si la gloire vient ordinairement par les faits d'armes ou par les œuvres littéraires, etc., elle peut s'acquérir aussi par les talents inventifs et par le travail soutenu ; et cette dernière est même très-souvent plus pure que celle-là , la première surtout, parcequ'elle n'a pas vu de larmes entourer son berceau.

Ch. Boita, HUtoîre de PEipoiition «.nivcneUe de i 833.— Arebires du Goateraeaeat du Grand-Docoé. — Cotisa eommaniqoeei. — SooTenir» contemporains. — Eut civil do. commue* de Hetpcnnge et d'Eicu.—

Boch, Dominique; v. BOCH, les frères.

Boch, Jean-François, l'oncle; v. BOCH, les frères.

BOCH, Jean-François-Nicolas (le neveu), plus particulièrement connu sous le nom de BOCH -BUSCHMANN , fils aîné de Pierre-Joseph Boch dont l'article précède et de Marie -Antoinette -Lucie No- Uiomb , est né à la faïencerie des Sept- Fontaines, le neuf mars 1782. Dans son acte baptistaire, le père est qualifié de Toparcha (seigneur) de Cessiogen et Kockelscheuer.

Le jeune Jean -François Boch était à peine entré en adolescence lorsqu'il eut de rudes épreuves à subir ainsi qu'à voir de cruels désastres fondre sur sa famille. Nous

avons déjà rapporté en retraçant la vie de son père, qu'à l'approche de l'armée française qui vint bloquer la ville de Luxembourg en 1794 , la famille Boch avait été obligée d'abandonner son établissement dans la crainte de se trouver placée entre deux feux pendant le blocus qui se préparait ; et qu'après la reddition de la forteresse elle l'avait trouvé tout dévasté, au point qu'après expertise il a été constaté que de ce chef elle avait éprouvé une perte de 648,000 francs. Nous avons dit aussi qu'à leur rentrée dans leurs propriétés les trois frères Boch, le père et les deux oncles de Jean- François, avaient fait le partage de leurs biens et qu'au père de ce dernier échurent les ruines de la faïencerie. Ce grand industriel , avons - nous ajouté, ne se déconcerta pas ; il reprit sa bannette, se remit sur le tour et fit de nouveau tous les moules nécessaires à sa fabrique. Dans ce travail il se fit aider par son fils atné, Jean-François, qui fut dèsl'àge de 13 à 14 ins initié aux manipulalions de l'argile pour produire la faïence, de même qn'à la vie d'ouvrier au milieu des ateliers-modèles dirigés par son père.

Cependant ce dernier, qui n'avait comme nous savons , reçu d'instruction que celle qu'avait pu lui donner le magister de son village à cette époque où les écoles se trouvaient encore dans le plus déplorable état, ce dernier disons-nous, s'était convaincu par l'expérience combien cette instruction est nécessaire, indispensable dans la vie commerciale et industrielle. II eut donc soin de faire donner à ses enfants une éducation très- soignée et en rapport avee les carrières auxquelles ils se destinaient. Son fils ainé entr'autres, Jean-François auquel cet article est consacré, et qui dès l'enfance avait montré le goût le plus décidé pour continuer l'industrie céramique, Jean-François disons-nous, après avoir terminé avec succès les études préliminaires nécessaires , fut envoyé à Paris suivre les cours technologiques qui étaient donnés à l'école des sciences, mais surtout les leçons de chimie du célèbre Vau-

quetin; elles grands progrès qu'il fit dans ces branches forent déjà alors un heureux présage pour ceux qu'il devait tenter plus tard de réaliser dans la pratique de la fabrication de la faïence. Lorsqu'il fut de retour dans ses foyers, riche de connaissances théoriques et pratiques, Jean-François Boch voulut essayer d'étendre l'importance des usines exploitées par son père ; dans ce dessein il y introduisit toutes les améliorations dont les découvertes de la chimie lui avaient fait soupçonner la possibilité. Son entreprise lui ayant réussi il crut pouvoir aller créer de nouveaux ateliers audelà des limites du Luxembourg: a II faut marcher avec le temps, se dUaxt- « il, il faut quitter le département des fo- «rêts pour aller dans celui des houilles; «comme en Angleterre, faute de canaux «il faut se mettre sur les routes qui « marchent.» Et il fit choix des bâtiments de l'abbaye de Melloch, sur la rive droite de la Sarre qui se jette dans la Moselle et le Rhin et charrie les houilles de Sarrebruck.

Le gouvernement français accorda l'autorisation d'ériger la fabrique de faïence à condition qu'on n'y emploierait que de la houille pour combustible et qu'on céderait les bâtiments à l'État s'il en avait besoin.

Pour former l'industriel il faut des luttes comme il faut des combats pour faire le soldat. Dans ses premiers essais Jean-François Boch vit sortir du four toute noire sa faïence à couverte plombifère ; ce résultat qui dut l'affliger d'abord excita davantage son désir de vaincre cet obstacle ; et après de nouveaux essais combinés d'après d'autres procédés il finit par obtenir par le concours de cette circonstance même des succès inattendus d'abord, au point que Alexandre Brongniart même, l'auteur du Traité des arts céramiques lui adressa le 31 janvier 1845 de Sèvres, une lettre très-flatteuse dans laquelle il donnait à la famille Boch les plus grands éloges.

Enfin, pour compléter l'exposé des progrès qui ont été obtenus à Metloch nous

ajouterons que c'est là que pour la première fois sur le continent on a cuit à la houille toutes les espèces de faïences, circonstance qui a engagé plus tard le prince de Hartenberg, chancelier de Prusse à accorder pour une certaine quantité de houille le prix de faveur dont jouissent les usines de Sarrebruck et des environs.

C'est aussi à Melloch qu'on a pour la première fois sur le continent, imprimé en grand la faïence sous couverte. C'est ce qui a déterminé le gouvernement prussien à modifier les droits d'entrée sur les faïences anglaises qui payaient au poids les mêmes droits pour les faïences imprimées que pour les blanches.

C'est à Metloch enfin qu'on a pour la première fois fait mouvoir les tours des faïenciers à l'aide d'une roue hydraulique, ainsi que Wegdwood le faisait à la vapeur , ainsi que le font actuellement les usines de Vaudrewange, Sarreguemioes, Keramis, etc.

En 1836 les fabriques de Melloch et de Waudrewange près de Sarrelouis étant en pleine prospérité, leurs propriétaires respectifs, J.-F. Boch et N. Villeroy (mort en 1844) , pénétrés d'estime l'un pour l'autre, s'associèrent pour cinquante ans sous la raison sociale Villeroy et Boch.

Mettant dès-lors en commun l'expérience des anciens , les connaissances théoriques de M. Eugène Boch, fils de Jean-François et plus tard allié à la famille Villeroy, et finalement de M. Jaunez, ingénieur civil, de Metz , tous les perfectionnements modernes de la céramique furent introduits dans les deux fabriques, entr'autres les fours et les moulins anglais. Au lieu de la terre de pipe qu'on avait fabriquée jusqu'alors on fabriqua la faïence fine anglaise, irom-stome, improprement nommée porcelaine opaque, à pâte feldspathique et à couverte boracique. A l'instar des faïences anglaises, ces faïences sont ornées de gravures de diverses couleurs et même de dorures.

Guidés par le principe de la division du travail, les directeurs se sont partagé

les autres branches de la fabrication:

Vaudrewange a ajouté à sa grande fabrication celle de la porcelaine phosphatée anglaise, tandisque Metloch a pris celle des grès fins, grès cérames qui ont acquis une telle perfection qu'on en expédie dans le monde entier, même en Angleterre. Ces grès de diverses couleurs sont ornés de reliefs en blanc ou de reliefs dorés ou de reliefs platinés : il est remarquable du reste, qu'à Metloch on ait tiré meilleur parti du platine qu'en Angleterre. On fabrique en outre dans cet établissement et ce depuis nne dixaine d'années, des statuettes en parian ou paros qui s'approche du parian anglais. Depuis 25 ans on y fait pour conduites d'eau et an moyen de la presse des tuyaux en terre cuite qui sont tous les jours plus recherchés. Et pendant les dernières années on a commencé à y exécuter des pièces d'architecture, des vases et des statues de grande dimension , en terre cuite qu'on commence à nommer comme les anciens terra cotta: Ces pièces résistent parfaitement aux intempéries de l'air.

Une nouvelle fabrication due à la société J.-F. Boch et Villeroy, et qui a beaucoup d'arenir, est celle des dalles en grès cérame, pour pavement. Les incrustations de diverses couleurs de ces dalles en forment presque des mosaïques de Florence; leurs dimensions sont si parfaitement régulières qu'on n'en aperçoit pas les déjoints.

Après le décès de M. Villeroy en 1844, J.-F. Boch s'est retiré dans le domaine paternel , à Sept-Foolaines , où il a continué jusquà sa mort à diriger la faïencerie dont il avait vu la seconde naissance après la conquête du pays en 1795—96.

A Sept-Fontaines , outre l'ancienne fabrication de la terre de pipe et de la faïence commune recouverte en émail blanc et en glasure brune, comme les frères Boch (v. l'art, qui précède) l'avaient introduite dans le Pays au siècle dernier, on confectionne de la porcelaine opaque, des tuyaux de fontaine , etc. Et il n'y a pas longtemps qu'on a perfectionné dans cette

fabrique un ancien article, les carreaux de revêtement en faïence ; mais celte fabrication , qui obtiendra peut-être dans la suite une grande vogue , n'a pas jusqu'à ce jour tout son développement possible; elle n'a même pas encore, que nous sachions , été offerte an commerce , bien que des échantillons superbes en aient figuré à l'exposition universelle de 1855 et que des demandes considérables en aient déjà été faites sur les bords du Rhin et de la Moselle.

Une autre découverte due à J.-F.

Boch doit-être mentionnée ici : ce sont ses étiquettes pour plantes , en faïence. L'impression des noms est faite sous couverte et à l'aide d'un cylindre d'un mécanisme facile , auquel sont adaptés plusieurs alphabets. Cette machine à imprimer est également de l'invention de J.-F. Boch.

Désirant étendre encore son industrie et en éparpiller pour ainsi dire les ateliers sur différents points afin sans doute de diminuer les prix de ses fabricats eu raison directe du moindre trajet à parcourir pour leur transport , la famille Boch s'est décidée en 1841 à créer un établissement semblable dans la province du Hainaut en Belgique , à proximité des houillières du Centre , sur la rive du canal de Cbarleroy , là où depuis a été établie une station dn chemin de fer. Cette usine , ses auteurs l'ont nommée Keramis , mot grec (Ktçafuç) qui proprement signifie tuile, tegnla , ou aussi vase fabriqué en terre , cuite au four: On voit par là que de nos jours certains potiers savent le grec !

Le plus jeune des 01s de J.-F. Boch est le directeur co-propriétaire de Keramis qui emploie 300 ouvriers, possède trois machines à vapeur de la force totale de 70 chevaux et livre les mêmes produits que Metloch. Cette fabrique a obtenu une médaille d'or à l'exposition de Bruxelles.

D'un autre côté , la famille Boch a encore acquis pendant les dernières années, de M. de Bettignics, une des fabriques de faïence et de porcelaine de Tournay. Elle est exploitée sous la raison Boch frères et

emploie cent ouvriers ainsi qu'ane machine à vapeur de la force de 25 chevaux. Ses produits consistent en faïences fines et en communes, comme à Sept-Fontaines, en même temps que l'ancienne porcelaine tendre dite de Tournay, recherchée depuis plus d'un siècle en Belgique ponr sa solidité et le beau bleu de sa peinture.

Tels sont en traits généraux les titres que sous le rapport de la fabrication céramique J.-F. Boch s'est acquis à la reconnaissance publique. Mais ses études, ses efforts ne se sont pas bornés là : les leçons de Cuvier , de Duméril, de Latreille, de Jussieu , etc. , qu'il avait entendues à Paris , avaient développé également en lui un grand goût pour la Zoologie et la Botanique ; et il se livrait à ces spécialités aussi souvent que ses occupations le lui permettaient. Aussi la Société Royale Grand-Ducale des Sciences naturelles qui s'est constituée à Luxembourg en 1850, le comptait-elle au nombre de ses premiers fondateurs et de ses membres les plus dé- Toués, ne reculant même devant aucun sacrifice matériel pour enrichir les collections scientifiques de cette intéressante association qu'il eut l'honneur de présider dès les premières élections et jusqu'à son décès. Elle lui doit entre autres deux observations intéressantes sur l'accouplement des limaces, insérées dans ses publications, cahiers de 1852 et 1853.

D'un autre côté il avait depuis son retour à Sept-Fontaines en 1844 créé dans les jardins de sa fabrique des dispositions délicieuses et établi des serres magnifiques où se trouvaient réunies les merveilles du règne végétal et qui se distinguaient de la plupart des coordinations de ce genre par le but qui présida à leur érection. L'esprit de recherche et d'investigation du propriétaire ne pouvait se plier à la seule passion du collecteur, il lui fallait comme dans toutes ses entreprises, un autre mobile, plus sérieux et surtout plus utile. Il le trouva dans l'application de la science à la construction de ses serres. Il y fit le pre-

mier l'essai d'un nouveau système de chauffage basé sur les règles de la physiologie végétale et de la physique. Le chauffage souterrain employé exclusivement jusqu'ici , fut complété par un appareil tendant à remplacer la chaleur développée par les rayons solaires. Le matériel employé à cette construction gigantesque devait aider à produire l'effet attendu ; et si l'expérience n'est pas venue confirmer tout-à-fait les espérances conçues , il doit être reconnu que les résultats obtenus ont prouvé que l'idée en elle-même pouvait un jour passer du domaine de la théorie dans celui de la pratique. Pendant les dernières années de sa vie il s'est également beaucoup occupé d'agriculture , mais surtout de l'établissement de prairies artificielles et de l'assainissement d'autres prairies fangeuses au moyen de drainage.

La société archéologique de Luxembourg comptait J. F. Boch au nombre de ses membres effectifs les plus zélés et les plus assidus aux séances trimestrielles. Là aussi, comme à celle des sciences naturelles il ne voulut jamais rester en arrière lorsqu'il s'agissait de sacrifices matériels à exposer afin d'acquérir au pays la conservation de monuments , même de débris de monuments des anciens âges. C'est ainsi entre autres que , sur une étendue de quatre kilomètres environ il a , encore pendant la dernière année de sa vie , fait réparer ou plutôt restaurer à la romaine et à ses frais la voie consulaire qui traverse sa propriété au GrÛnwald , à l'Est de la ville de Luxembourg , depuis l'entrée de la forêt jusqu'à la hauteur de la côte de Senningen , c'està-dire près de la maison dite Stomparm. Les héritiers du restaurateur sont dit-on d'intention de marquer cette œuvre grandiose par une pierre miliaire qui portera le chronogramme:

InsIgnIs. antIqVItatIs. Itbr.

resta VraVIt. VIatorIqcb. ebstItVIt.

DbfVnCtVs. boCh-bVsChMann. (1857.)

Si nous arrivons maintenant à l'action humanitaire que J.-F. Boch a su exercer

sur le moral des nombreux ouvriers attachés à ses fabriques , nous dirons que , ayant reçu ceux de Sept-Fontaines des mains de son vénérable père , et placés déjà sur un excellent pied de subordination et de discipline sans contrainte , de civilisation en un mot, il a cherché à continuer ces errements heureux en développant les prémices par l'extension qu'il sut donner aux principes déjà établis et reconnus pour salutaires par ces artisans eux-mêmes.

A Metloch , à Keramis , etc. , il commença les établissements qu'il y fonda comme nous l'avons déjà vu, par la mise en pratique des mêmes fondations d'institutions de prévoyance, de sociétés de musique ou de chant , de caisses de secours et de veuves , sans sacrifice presque aucun pour l'ouvrier qui doit y participer, etc., etc.

A Sept-Fontaines surtout il a voulu se montrer généreux. Ce beau village qui avait do son origine au père de J.-F. Boch , manquait encore d'église, la paroisse se trouvant placée à Eich, à plus de deux Kilomètres de distance; il n'y avait pas non pins de maison d'école; et, habité pour ainsi dire exclusivement par des ouvriers de ses ateliers , la plupart mariés et pères de famille , il ne possédait pas de salle d'asile pour ces petits enfants auxquels les parents ne pouvaient pas toujours donner les soins nécessaires pendant qu'ils étaient occupes à leurs travaux.

J.-F. Boch a voulu remédier à tous ces désagréments pour ne pas dire à ces maux véritables ; son cœur paternel voulut faire disparaître toutes ces difficultés. Il mit la main à l'œuvre et fit construire successivement, presque à ses frais personnels une majestueuse église ainsi qu'une maison d'école spacieuse , bien aérée et parfaitement distribuée , et constitua de ses deniers le capital nécessaire à l'entretien convenable d'une école gardienne.

En effet, par acte public reçu par le notaire Jacques Weber , d'Eich , le 8 mars 1855, J.-F. Boch et son épouse. Dame

Rosalie Buscbmann ont fondé une rente annuelle de cinq cents francs, au capital de dix mille francs , dont deux cents francs d'intérêts destinés au paiement d'une institutrice pour l'école gardienne et trois cents à employer à l'entretien des bâtiments, etc., des écoles.

Le fondateur a de plus acquis les terrains nécessaires, construit la maison d'école , établi les jardins y attenant , acheté une maison destinée au logement des instituteurs et à servir de secrétariat communal ; et de tout cela il a fait abandon gratuit à la commune par l'acte précité. En échange de ces libéralités il ne lui a été payé par la commune qu'une somme capitale de deux mille francs, tandisque ces immeubles lui en avaient coûté audelà de vingt-deux mille.

Il a voulu de même être l'entrepreneur pour construire l'église de Sept-Fontaines , moyennant que la commune lui versât une somme de onze mille francs, plus le chiffre insignifiant de quelques cotisations volontaires qui n'ont même pas été intégralement soldées tandisque la dépense qni a été faite de ce chef monta à plus de dixhuit-mille francs.

Eu récompense de ces bienfaits qui peuvent être estimés, sans exagération, à la somme de quarante mille francs an moins , la commune s'était proposé de consacrer en l'honneur du généreux bienfaiteur une inscription lapidaire à placer sur le fronton de la maison d'école ; mais jusqu'à ce jour ce projet n'a pas encore reçu son exécution.

Toutes ces libéralités furent enfin couronnées par la loi du 8 mai 1849, qui a érigé le village avec ses plus proches annexes, c'est-à-dire Rollingergrund, Rothenberg, Limpertsberg , Sept-Fontaines avec partie de Mùllenbach et de Reckenthal en une commune politique distincte, sous le nom de Rollingergrund.

Jusqu'ici nous n'avons eu que des éloges à donner à J.-F. Bock, et il les méritait à tous les égards. En effet, grand protecteur de l'instruction du peuple, aucun

sacrifice ne loi a jamais coûté pour en favoriser le développement; témoin entre autres la maison d'école qu'il a construite à Sept-Footaines , de même que l'école gardienne qu'il a également instituée dans cet endroit et généreusement dotée.

Philanthrope sérieux et réfléchi, il recherchait avec plaisir les écrits et les conversations qui avaient rapport aux besoins des classes inférieures de la société ; plus que personne peut-être il était convaincu que la plus belle prérogative de la fortune réside dans les jouissances que la satisfaction intérieure procure à ceux qui ont le bonheur de pouvoir venir en aide à leurs semblables; de cette prérogative J.-F.

Boch a toujours usé largement.

Industriel distingué entre tous, il a porté la vie et le travail partout où il a habité, il a non seulement procuré pendant quarante ans de l'ouvrage aux habitants qui entouraient ses usines , mais c'est encore à son énergie et a son intelligence que l'on doit, nous l'avons déjà dit, que l'on doit la belle fabrique de Metloch qui défie l'industrie céramique du monde entier, celles de Keramis et de Dresde , ainsi que l'heureux développement de celle de Tournay.

J.-F. Boch n'était pas seulement le maître de ses ouvriers , il en était encore le père: tous ses efforts en effet n'étaient dirigés que vers le but de leur éviter la misère et leur inspirer les principes d'ordre et d'économie qui font de l'artisan un ami de la société.

Hais à côté de ces éloges bien mérités, la froide vérité historique nous fait un impérieux devoir de relater la contrepartie du tableau que nous venons de présenter.

Afin de mieux faire saisir le fil des faits, nous nous voyons engagé à remonter un peu plus haut, à l'année 1797 ou 1798:

La ville de Luxembourg venait d'être livrée à l'armée de la République française (îi juin 1795) , et 1rs églises ainsique les monastères allaient être profanés et dépouillés de leurs ornements , etc. , lorsque l'abbé du couvent des Bénédictins dits de Munster, dans la basse-ville du Grand,

et qui était en même temps curé de la paroisse de ce nom, assembla pendant la nuit le conseil des marguiiliers pour aviser aux moyens de mettre en sûreté les vases sacrés , les reliques , etc. , de son église ; et au nombre des plus précieuses entre ces dernières on comptait la momie du bon et vaillant roi Jean l'aveugle , le bienfaiteur de son comté de Luxembourg.

Un boulanger obtint le dépôt du cercueil, et il l'avait soigneusement caché sous un Us de bois dans son grenier, lorsque quelques années plus tard, vers 1798 , deux ex-bénédictins de Munster vinrent le réclamer, prétextant qu'ils voulaient l'eovoyer à Prague pour le mettre absolument en sûreté contre les profanations des sans-culottes. Le cadavre leur fut remis ; mais loin de l'expédier pour la Bohême ils en firent cadeau à Pierre-Joseph Boch , père, ou bien à son fils Jean-François, auquel cet article est consacré. Quoiqu'il en soit, il resta à Sept-Fontai nés jusqu'au départ pour Metloch de J.-F. Boch qui l'y emmena et le plaça dans son cabinet de curiosités dans lequel il fut conservé jusqu'à 1833 où S. A. R. le prince héréditaire, plus tard Frédéric- Guillaume IV, roi de Prusse , pendant une visite que ce prince fit à la manufacture de Metloch, l'ayant vu, manifesta le désir de l'obtenir en échange contre un autre cadeau.

J.-F. Boch acquiesça au vœu du prince qui, ayant fait restaurer l'hermitage de Castel sur la Sarre, y lit déposer le héros de Crécy dans un monument en marbre, digne de la dépouille qu'il renferme : Ceci eut lieu le 26 août 1838, anniversaire de la journée où le comte-roi avait succombé.

D'une autre part, à la fermeture de l'église de Munster par la République française , son mobilier avait été donné à la paroisse de S1 Pierre dans la ville haute, avec le monument du roi aveugle, représentant le Sauveur au tombeau, entouré des saintes-femmes. Ce monument ainsique le maitre-autel avaient été places intacts dans cette église , et la généralité

des bourgeois de la Tille était eoDvaincne que la momie s'y trouvait encore enfermée : peu de gens en effet étaient entrées dans le secret de son enlèvement.

Lorsque la nouvelle de l'événement qui se préparait à Castel parvint à Luxembourg, en 1836) les habitants, généralement si paisibles , furent indignés de Faction de J.-F. Boch qu'ils nommèrent une félonie) un honteux trafic avec le cadavre de son roi. J.-F. Boch crut devoir répondre à ces justes accusations dans un pamphlet anonyme et sans indication d'imprimeur. Il s'y répand en invectives contre ses anciens compatriotes qu'il traite de Béotiens et d'autres titres analogues ; il cherche même à ravaler le prince qu'il avait troqué contre une fontaine en fer de Berlin; en un mot il s'en prend à tout pour se défendre de l'accusation. Mais dans tous ses arguments il touche à faux, parceque la réalité de son méfait était trop patente pour pouvoir être contournée: car, pour le dire d'un mot, si seul entre tous les luxembourgeois lui, J.-F. Boch n'avait pas dégénéré comme il le prétend, de ce vif amour pour leurs princes que ses concitoyens ont toujours nourri et qui est passé dans le domaine de l'histoire, pourquoi n'avait-il pas, dès le retour de l'ordre , restitué le corps dans son ancien monument qui était et qui encore aujourd'hui est resté intact? Pourquoi l'avait-il emporté a Metloch, sur terre étrangère? Pourquoi le montrait-il parmi ses curiosités? Pourquoi lorsque le Prince de Prusse lui en a demandé la cession , non plus pour le faire voir aux curieux mais pour le restituer h une sépulture en terre sainte, pourquoi n'a-t-il pas répondu que celte momie n'était, ne pouvait pas être sa propriété, puisqu'elle faisait comme elle fait encore aujourd'hui et incontestablement partie du domaine public luxembourgeois , que partant sa détention parmi les curiosités du cabinet de Metloch n'était que précaire, consequemment sujette à répétition et i restitution du moment oh le vol ainsi que le lieu de recel auraient été découverts ?

Hais J.-F. Boch , qui appréciait nécessairement ce que sa position offrait de glissant , a voulu rejetter la faute de son acte sur des tiers parfaitement innocents ; et voyant qu'aucun argument raisonnable ne se présentait pour le faire sortir moins coupable de sa lutte contre l'opinion publique, il finit, comme tous les mauvais avocats ) il finit par salir son plaidoyer par l'injure , moyen le plus usé qui puisse se présenter même dans les plus méchantes causes. Somme toute , la cession de la momie de Jean l'aveugle au prince de Prusse , comme sa détention antérieure à Metloch, fut pour J.-F. Boch un péché de lèse-nation dont la peine aurait pu être en partie mitigée si sa brochure intitulée : Jean f aveugle, roi de Bohême, de 1798 à 1838 n'était venue agrandir encore si cela avait été possible , cet acte que nous ne qualifierons pas ultérieurement.

Un autre acte de J.-F. Boch , acte qui a également fait quelque bruit à l'époque où il a été posé , fut la réimpression avec des notes françaises du mandement allemand de Pévêque vicaire-apostolique du Grand-Duché, publié sous la date du 2 février 1845 , à l'occasion de l'ouverture du grand séminaire clérical de Luxembourg. Dans cet écrit, le prélat a en effet soutenu plusieurs propositions qui ont paru à plusieurs non recevables pendant le dixneuvième siècle; J.-F. Boch entr'autres en a jugé ainsi ; et dans sa contrefaçon, en tête de laquelle il arait même fait imprimer ou contrefaire l'appareil armoriai adopté par l'évéque vicaire-apostolique, il a jetté ça et là des noies marginales dans lesquelles il tournait les principales thèses en ridicule. Rien de plus facile que de retordre des phrases isolées d'un écrit de huit ou dix pages in quarto , et le plus sot pourrait le faire. Si J.-F. Boch avait voulu procéder logiquement, il aurait pu, ce semble , faire un commentaire intégral et raisonné de la pièce entière, suivre l'auteur mot à mot et dans la même langue pour éviter toute confusion ; mais surtout il aurait du dans toute son œuvre de controverse conserver le sérieux du phi-

losophe et de l'homme qui raisonne froidement. Bref, celte réimpression était un véritable pamphlet qui se terminait par des extraits de l'ancien catéchisme diocésain, à la composition duquel l'évoque vicaire-apostolique n'avait certes pris aucune part et pour lequel il n'avait ni ridicule ni mépris a subir. Mais J.-F. Boch n'était pas homme à quitter la partie après ud premier échec; il entreprit de travailler à l'éloignement du chef spirituel nouvellement arrivé et auquel il n'était pas le seul à attribuer la faute de ce qu'il appelait le trouble dans les consciences. Dans ce but il entreprit le voyage de Rome afin d'aller exposer de bouche au Souverain- Pontife les griefs qu'il avait à arguer contre l'administration de l'évoque vicaire-apostolique. Biais, dit-on, il ne put obtenir d'être admis auprès du Pape, et ses peines furent données en vain, puisqu'elles n'eurent pas la moindre influence sur le statu quo des aflaires religieuses de cette époque.

Résumons : comme industriel , comme inventeur et même comme savant, J.-F.

Boch s'est constamment rendu recommandable à ses concitoyens; son trafic avec la cendre de son souverain fut dans le principe un acte de légèreté qui ne devint criminel qu'après sa réponse inconvenante aux accusations dont la voix du peuple le chargea pour ce fait; comme auteur politique et critique enfin il ne nous a donné que des pamphlets.

J.-F. Boch était décoré de l'aigle rouge de Prusse. 11 est mort le 9 février 1858, a l'âge de soixante-seize ans, jubilaire après 52 ans d'une heureuse union avec Dame Rosalie Buschmann, de St. Vith, dont il avait ajouté le nom an sien dans sa signature.

Cm. Boa», Histoire de l'exposition universelle de *8Si$i cahier Faïencerie* — Annale») de* A cher- and Garlenbau-Verein* des GrossUcrzogthum* Luxent» hnrç; février I8i>8. — Annale* de la 8ociété de* science* aalnrelli'i dn Grand-Duché de Luxembourg; 1838 el 18.14. -Journal, le Courrier du Grand- Duché de Luxembourg , W 90} du 14 fé»rier 184a — P. A Lifti, Jean l'Aveugle, etc. pauim.— Boca- Dcicaat», Ira deux brochure* rappelée* dan* le texte. — Bt**ca, Johanne*, GraJ von Luicmburg and Ko>

nig von Bahmen . t>8 , iq. et note*.— Eaa. aUcanT, Promenade archéologique: Metloeh, Cartel, Tombeau du roi Jean de Bohème { publié ara* le* Psrudo initiale* G de B. et extrait de la Bévue d'Aastrask ) 1858.— Correapondaneet do même.— Iïbtuu, Histoire de* voyages poalhume* de Jean, dit l'aveugle, roi de Bohême, comte de Luiembourg et marqui» d'Arlon, depuu U baUille de Crécy. SU août 1346 juxtju'nu îiti aont 1858 ; maouicrit de Ail pagra in 4J. — Mémorial du Grand-Duchr de Luxembourg; 184'J, 841 , Publientiona de la Société archéologique du Grand-Duché ; 1857, p. III, et 18. -Eut civil de* commune* d'Eich et de Bollingergrnnd. — Protocole du notaire Jacque* Weber, h Eich. — Archives communale* d'Eich et de Bolliogergrand.— BeaseignemenU officiel* et privés.

Bocb, Pierre-Joseph ; v. BOCH, le»

frères.

BOCHOLZ , Georges, né dans la province de Luxembourg, sans spécification connue du lieu de sa naissance, était fils d'André Bocholz, justicier et officier de la terre-seigneurie de Clervaux , et de Catherine Grulois. Les fonctions de son père, qui ont nécessité le séjour de celui-ci à Clervaux, peuvent a quelques égards faire soupçonner que Georges Bocholz aura vu le jour dans cette localité. Quoiqu'il en soit, le personnage qui nous occupe, après avoir obtenu le degré de licencie en droit, fut nommé justicier de Clémency, puis lieutenant-prévôt. Plus tard il passa substitut du Procureur-Général au Conseil provincial et conseiller-juge de la Chambre-suprême à Luxembourg. Le 24 mai 1712, en l'absence du secrétaire d'Etat il fut assumé par le baron d'Quren, prévôt de Luxembourg, et envoyé pour dresser le procès-verbal du serment de fidélité et de vasselage que le Comte d'Autel, gouverneur du Pays et le Président du Conseil provincial prêtèrent le jour de l'inauguration de Maximilien-Emmanue!, duc de Bavière en qualité de Duc de Luxembourg et Comte de Chiny. Il fit à la même occasion les fonctions de héraut et roi d'armes de la province. Ces fonctions consistaient, comme on sait, à faire en grande cérémonie dans toutes les rues de la capitale la proclamation de l'avènement du nouveau Souverain : Le héraut montait un cheval blanc et portait un caducée. Il était pré-

cédé d'une compagnie de bourgeois et d'an trompette, tous également à cheval. Après chaque proclamation il jetait dans la mêlée quelques poignées de médailles en argent, portant d'un côté l'effigie du prince uouvellernent inauguré , et de l'autre une inscription coramémorative de l'acte que Ton célébrait. Sur celles que Georges Bocholz répandit en cette circonstance on lisait : Ducis Luxemburgensis et Comitis Chyniacensis inauguralio quart, calend. junii benevol.

Par Lettres-patentes, qui rappellent les faits que nous venons de consigner, et qui ont été délivrées à Compiègne, le 1" décembre 1712, au nom ainsi qu'avec la signature du duc de Bavière Maximilien-Emmanuel, Georges Bocholz fut annobli, pour lui et sa descendance, au port d'armes : d'or, à un arbre de sinople, timbré d'un heaume d'argent, grillé et liseré d'or, avec hachements d'or et de sinople; cimier l'arbre de sinople de l'écu.

Georges Bocholz, qui n'a jamais contracté mariage, a laissé la réputation d'avoir été un antiquaire distingué, mais surtout un hou jurisconsulte. Nous n*a\ons découvert aucun ouvrage qu'il aurait publié.

Il avait trois frères, dont le puiné fut curé-doyen d'Arlon et les deux autres officiers-justiciers, le cadet à Arlon et le plus jeune à Stoltzembourg. Sa famille s'est éteinte dans la personne de son petit-neveu, Jean -Népomucène- Joseph -Damien Bocholz, décédé le 23 décembre 1858, juge de paix du canton de Clervaux.

Lettret-pateates rappelée! i»m* le teite. — Beaaeigacnrats Je famille foaral» par M' Eatca, rrce'rar a

Il rd ange.

Bois, Nicolas du; SILVIUS, Nicolas.

BoNAVEimnB, le Père; v. MIRCHOUT, Henri-Remi, dit le Père Bonaventure.

BON'HEM, Nicolas, né à Mailing, canton moderne de Sierck, florissait pendant la première moitié du dix -septième siècle.

Le manuscrit des Viri illustres le mentionne en ces termes : « 1637. Nicolaus Bonhem «de Maldingen Theonisvillanus in pugna opragensi vicarius Comitis ab Anbaldt Pri-

« mipili et accentoris prœlii pratori» no- « bilisve Custodis Ferdinandill. Cujus fo- « ras prodeuntis a latere non discedere « licerel vice capitaneus, mortnus Viennœ. » Nous u'avons rien appris d'ultérieur sur cet intrépide officier que les Biographies messines ont oublié de mentionner.

Viri illutrca, II, N* IM.

BONINGEN, Guiliermi-Balthasard, ne nous est connu que par l'article qui suit du manuscrit des Viri illustres: « 1648. « Balthasar Guiliermi aliter Boningen «Theonisvillanus ex prarposito in Riittel «mitrato Austritc superioris societ. Jesu «J. U. Doctor, fuit confessarius viduac « Bcthlehem Gaboris et cum ea in Transil- « vaniam revertcnte Vienna missus. »

Viri ilUttret, I, N* 86.

BOREUX , Natal ou Noël, né vers 1759, à Dinant, était (ils d'une famille très-aisée. Déjà dès sa plus tendre jeunesse il se sentit une vocation toute particulière pour le sacerdoce que plus tard il honora par une grande piété, beaucoup de vertus, une charité sans bornes et de vastes connaissances.

Il n'y avait pas longtemps qu'il avait obtenu l'ordre de la prêtrise que déjà il eut de dures épreuves à subir. En effet, comme il avait refusé de prêter le serment de haine à la royauté que la république française qui venait d'envahir le pays exigeait des ecclésiastiques, il fut en vertu d'un décret du 14 brumaire an VII, condamné à la déportation. Mais la sentence qui le frappait ne put être mise à exécution parecqu'il sut échapper à toutes les perquisitions tentées pour le saisir, se tenant caché et se travestissant tour-à-tour, jusqu'au 3 pluviôse an VIII, où sa condamnation fut rapportée. An retour de l'ordre il obtint la paroisse d'Amberloux qu'il conserva jusqu'à son décès arrivé en 1829, à l'âge de soixante-dix ans, et sur laquelle il sut constamment exercer une salutaire influence comme ecclésiastique éclairé autant qne comme homme bienfaisant; il aimait en effet ses paroissiens

comme un véritable père, et en revanche ceux-ci avaient en lui une telle confiance qu'ils le consultaient pour toutes leurs entreprises comme généralement dans toutes leurs affaires , et ses conseils étaient toujours dictés par la plus stricte équité comme par la pins exquise prudence.

Le curé Boreux était du reste trèsinstruit ; à beaucoup de lecture il joignait une appréciation très-délicate des hommes et des choses : sa bibliothèque , qui était considérable, se composait de beaucoup d'oeuvres rares et choisies , prises dans presque toutes les branches des connaissances humaines. Elle renfermait surtout de précieux ouvrages de théologie et tous les pères de l'Eglise. Il aimait a entretenir une correspondance suivie avec plusieurs savants de son époque et un assez grand nombre de lettres de sommités scientifiques et littéraires ont été trouvées à son décès, bien classées et enliassées par ordre de matières , avec ses propres compositions , réponses , etc. : Plusieurs professeurs de théologie de l'aDcieiioe université de Louvain , de Trêves, de Paris et même de Rome y avaient des autographes. Il est à regretter que ces collections soient perdues aujourd'hui ; du moins le personnage qui nous a fourni ce renseignement et qui était bien à même d'apprécier ces pièces croyait qu'elles ont été éparpillées, peut-être anéanties. Son échange de lettres avec des amis à Rome motiva sans doute sa nomination en qualité de proto notaire apostolique pour le district d'Ardcane. Ces fonctions lui fournirent l'occasion de faire deux voyages en Italie où il fut gracieusement accueilli par le Pape Pie VII qui lui remit comme souvenir plusieurs reliques et une grande gravure représentant la S,e Vierge , laquelle dernière , après avoir été acquise par feu M. Meurisse , licencié en théologie et curé à Tillet , se trouve aujourd'hui en la possession de sa nièce, à Lutremange, commune de Villers-la-bonne-eau : une note placée au bas indique qu'elle avait été donnée au curé Boreux par le Souverain- Pontife lui-même.

Nous avons dit que le curé Boreux a su exercer une salutaire influence dans sa paroisse. En effet, non content de prêcher la parole divine à ses ouailles , de les catéchiser et de leur enseigner la morale évangélique , il leur consacrait aussi tous ses instants , visitant assidûment les malades pour leur apporter les consolations spirituelles de la religion, aidant les autres de ses conseils puisés dans son expérience et ses études, et les indigents de ses larges aumônes. Non content de ces bonnes œuvres, disons-nous, il voulut aussi leur rendre à tous la religion attrayante en leur procurant une église majestueuse qui pût faire naître le recueillement en rehaussant la pompe des offices divins. Dans cette intention il fit toutes les démarches possibles pour colliger des dons volontaires pour reconstruire le temple du Seigneur; et il y ajouta personnellement une somme considérable afin que le nouvel édifice put répondre à ses vues. Ceci se passait en 1823.

Lorsqu'on en fut arrivé à la démolition de l'ancien bâtiment on découvrit dans la masse du maître-autel une belle ara romaine que le bon curé envoya au Gouvernement du Grand-Duché et qui orne actuellement le musée de la Société archéologique de Luxembourg : il ne s'en réserva qu'une copie moulée en plâtre pour retenir le souvenir de la trouvaille sur les lieux mêmes.

Cette ara était placée debout dans la masse de l'autel , entourrée d'une maçonnerie en pierre et recouverte d'une grande pierre qui couronnait tout le massif en forme de feuille de table. Elle a la figure d'un parallélipipèdc rectangle, mesurant 0,45 à sa base, sur tous ses côtés; sa hauteur est de 0,75. Chacune des quatre faces latérales forme un panneau enfoncé dans un cadre uni , de 0,04 de largeur; le fond de ces panneaux rentre de 0,05. Sur chacun se trouve une divinité romaine, sculptée en bas-relief, de manière qu'aucune des figures ne dépasse le cadre. La première face représente Mercure portant une espèce de draperie qui lui couvre le

bras gauche et tout le corps jusqu'aux caisses. Cette draperie est relevée sur l'épaule droite pour laisser le bras du même côté an. Il tient son caducée de la maio gauche et de la droite ue bourse appuyée sur une espèce de socle ou de piédestal. A la tôte il porte des ailes; mais celles des pieds manquent. Le visage est détruit.— -Sur la seconde face, à gauche de celle-ci , on voit Hercule portant à la main gauche sa massue sur laquelle il s'appuie et à la droite on vase de sacrifice , tel que ceini de la Junon dont Alexandre de Wiltkeim parle aa 13* chap. da VI* livre de Luxeniburguin romauum. Il est représenté fortement constitué , les cuisses, les jambes , les pieds et les bras nus. De l'épaule gauche descend la peau de lien qui lui couvre tout ce côté jusqu'à l'ombilic. La figure est entièrement détruite. A côté se trouve de même une espèce d'autel de sacrifice, de forme carrée.— La troisième face, à {'opposite de la première, montre Minerve, coiffée dn casque et avee ses attributs ordinaires , teUe & peu près qu'elle est représentée au chap. 13 dn VI* livre du Luxemb. rom. Elle a la robe longue avec une espèce de rosette sur l'épaule gauche. De la maia droite elle tient une lance et elle appuie la gauche aur un bouclier dressé , posé à terre. Dans le coio supérieur gauche on voit «ne figurine fort dégradée, qui paraît avoir été un hibeu. — Enfin à la quatrième face on aperçoit Diane, un flambeau, selon d'autres une flèche ou encore un carquois rempU de flèches à la main gauche , et son arc à la droite. La déesse porte une robe longue, avec une ceinture dont les bouts retombent sur le devant. Elle avance un peu la jambe droite comme si elle marchait, et sa robe sur cette jambe laisse entrevoir les contours des chairs. Ses cheveux sont courts et frisés. Bien que le visage soit assez détérioré, il ne laisse pas que de dénoter quelque chose de gracieux lorsqu'on l'examine à quelque distance. — Au plan supérieur de cette ara se trouve un en-

foncement carré, mesurant 0,18 à chaque face et 0,03 de profondeur. Cet enfoncement, seruble-t-il , était destiné à recevoir le brasier des sacrifices.

L'autel de la S" Vierge dans la même église renfermait aussi un tronçon de colonne avec une espèce de base, peut-être aussi de chapiteau, orné de sculptures.

Ces ouvrages, évidemment romains, rapprochés de l'inscription CVRIA ARDV- ENNAE, également romaine, placée depuis un temps immémorial au-dessus d'une porte dans la tour de cette église, fit soupçonner au respectable et savant ecclésiastique que l'endroit pouvait bien avoir eu uae certaine importance historique sous la domination du peuple-roi et même déjà sous nos aborigènes. Il fit des recherches archéologiques pour le constater, et parvint à acquérir la conviction qu'Amberloux moderne est bien l'Ambra caput fisci ambniacensis désigné par l'auteur du Cantalorium ou chronique de l'abbaye de S1 Hubert, et que l'autel qu'il venait de démolir pouvait bien être celui de l'oratoire que S1 Materne avait consacré dans ce castel en l'honneur du prince des apôtres, et qui doit avoir été renversé par les Huns. Non content de ce premier résultat, il poussa plus loin les conséquences qui découlaient de ses découvertes combinées avec les données historiques et il soupçonna , confirmé sans doute par les lieux-dits nommés le castel et te couvent situés à Amberloux même, que le monastère fondé pour Bérégise par Pépin et Plectrude, lequel monastère prit d'abord le nom de monasterium ardennen.se, ardai ut n se , qu'il échangea contre celui de Sancti Huberti in Ardaind après qu'il eut été reconstruit en un autre endroit et que les reliques du Saint y eurent été transportées pendant le premier quart du neuvième siècle, que ce premier monastère, disons-nous, aurait également été placé à Amberloux même.

Voici en effet comment il s'exprime dans un rapport qu'il adressa au Gouverneur Willmar lorsqu'il lui envoya l'ara dont nous venons de parler :

«On voit dans l'Histoire de Luxembourg « qu'Amberloux est un des endroits les « plus anciens de la province, et qu'il était « assez considérable puisque 54 ans avant « J.-C. il s'y est tenu un conseil général des « différents peuples pour aviser aux moyens « de s'opposer à Jules César , et qu'Am- « berloux a été choisi préférablement pour «la tenue de ce conseil comme étant le « centre de la forêt d'Ardenne et que Diane ci y était spécialement honorée. On voit « dans un manuscrit que dans le Pays d'Arec denne il y avait un château que l'on ap- « pelait Ambra, qui était le chef-lieu du u Gsc d' Amberloux (Amberlacensis Gsci ca- « put) ; que Plectrude, épouse de Pépin le « gros ou d'Herstal, vint à Amberloux, ûsc «de son domaine; c'est donc par inad- « vertence que des auteurs ont dit eju' Ambra « était un château où est aujourd'hui S1 « Hubert, qui dans ces temps là s'appelait « Andage jusqu'au temps qu'il prit le nom « de £' Hubert après la translation de son u corps; il y a une grande différence entre m Andagb et Ambba, et celui-ci a bien plus «de rapprochement avec Amberloux que « l'autre. Le même manuscrit dit que S1 «Materne, évêque de Tongres, construi- « ait dans le château qu'on appelait Ambra, «dans le Pays d'Ardenne, un autel qu'il «consacra. S* Materne, à l'exemple des « apôtres , S' Pierre à Antiocbe, à Rome , «S1 Paul à Ephèse, à Athènes, etc., se « sera rendu dans les endroits où le paga- «nisme éclatait le plus, où les payens se « rassemblaient en plus grand nombre, « pour y prêcher l'évangile et par là les «convertir; qu'ayant fait des fruits à Am- « berloux il y aura construit un autel au vrai «Dieu sur l'autel de l'idolâtrie. Ce qui « donne du poids à cette conjecture, c'est « que cet autel du paganisme était dans le « milieu de la masse d'autel , droit, tota- «lement entouré d'une maçonnerie en « pierre, et recouvert d'une grande pierre « qui couvrait toute la masse, sans qu'on « y ait trouvé aucune inscription qui con- « statât sa conservation. »

D'un autre côté, en sa qualité d'administrateur de sa paroisse , le curé Borenx

avait mis un soin tout particulier à réunir et à conserver tous les titres quelconques des archives de la fabrique; et il les fit relier en un gros volume. Parmi ces actes il trouva une copie déjà assez ancienne de la fondation d'un monastère in castro Ambra, .ordonnée par Pépin en 687, en faveur de Bérégise son confesseur et son affidé, tandisque le Caotatorium, manuscrit du XII0 siècle, qu'il avait trouvé l'occasion de lire, lui avait appris que cette fondation n'était autre que celle de l'abbaye qui fut plus tard nommée de S1 Hubert; toutes ces circonstances réunies lui firent faire des rapprochements et tirer des conséquences qui , sans avoir été exprimées par lui d'une manière positivement affirmative, nous ont guidé vers la croyance que Bérégise s'était établi avec ses compagnons à Amberloux, d'où l'évêque Valeand a transféré leur monastère en son lieu actuel lorsqu'il l'enrichit du dépôt des reliques du Saint patron des chasseurs. Et le mémoire que nous avons publié en 1853 dans les Annales de la société historique d' A r Ion, 88 pages gr. in 8°, plus 3 planches, n'a été destiné qu'à établir historiquement ce fait qui n'avait été que soupçonné par le curé Borenx lorsque pour conserver le souvenir de sa découverte il fit pratiquer dans les murs latéraux de la tour de son église neuve deux niches pour y placer les statues de S' Hubert et de S' Materne : son intention n'a cependant pas été entièrement remplie, puisque à son décès les niches étaient encore vides et elles le sont jusqu'à ce jour.

Le bon curé acquit en outre pour son église trois belles cloches au payement desquelles il contribua de sa bourse. Il avait enfin manifesté la volonté d'établir une fondation destinée à l'entretien de l'édifice, de même que de faire construire, également à ses propres frais une maison presbytérale neuve; mais ces beaux projets n'ont pas été réalisés pareeque la mort l'enleva trop tôt à ses ouailles qui l'ont regretté comme le fils bien-né pleurerait un bon père

Rapport »ar l'ara d'Aaibcrloai , par Boaacx loi-

■én»e. — Correfpoadaaee* mvet M. Kooa, cor* à Anbrrloai. — Mcmoirci de la 8oeirté archéologique d'\r- 1853: Ambcrloui, par IM O' NsTCB > 132 à ïiM). — Hrmei|;nem«atl de feu M' McutltM, ancien coré de TUlH. - Note* de M. l'abM Emlikc - P«bUeatMM de U Société arefceoloelqac de Luicmboarg. I, pl. I et page S6, l.lt K, IV, 104, note 11.

BORIGS ou Botrigs, Otton, originaire de Coblence, fit ses études à Trêves, embrassa l'état ecclésiastique et fat nommé caré à Jaoglinster. Homme doué d'une force physique et morale remarquables, il entreprit de doter son village d'une église neuve à la construction de laquelle il employa sa fortune , ses revenus évalués année commune à au-delà de seize cents dalers, les dons des fidèles, mais surtout les importants subsides versés dans cette intention par les seigneurs de l'endroit. Ce beau temple, vrai musée de monuments funèbres que de nos jours on voit encore à Junglinster, fut achevé en 1772.

Non content d'avoir procuré cet auguste édifice, le curé Borigs voulut faire bénir sa mémoire par les améliorations qu'il sut apporter à l'agriculture de ses paroissiens : éminemment convaincu que ce n'est que par une culture soignée et des travaux assidus que l'on peut se procurer d'abondantes et de riches moissons, il mettait tous ses soins à ce que les pièces de terre appartenant au douaire de son église fussent convenablement retournées par la charrue et travaUlées; et les heureux résultats qu'il ne manqua pas d'obtenir de ces labeurs infatigables vinrent chaque année attester aux yeux de tous que sa méthode était la meilleure. Ce que voyant les paroissiens ne manquèrent pas d'abord d'attribuer ses étonnants succès aux prières qu'il récitait eu se rendant aux champs pour surveiller les ouvriers ; et plusieurs d'entre eux, imbus de celte conviction , allèrent jusqu'à abandonner au pieux et bon enré une partie de leurs biens qu'il rendait également fertiles à force de sueur et de travail. Dès lors ils imitèrent son exemple et ne tardèrent pas à obtenir de très-notables avantages de ce perfectionnement dont tout le secret, comme ils s'en assurèrent bientôt,

ne consistait qu'à manier davantage le terrain et à mieux le préparer pour recevoir la semaille.

Le curé Borigs est mort en 1790, estimé de tous et sincèrement regretté de ses paroissiens auxquels il n'a, pendant un séjour de plus de trente ans au milieu d'eux, pas cessé de faire du bien.

D'après de* note* de M. le Professeur Emum.

BOSQU1ER, Philippe, né à Mons dans le Hainaut, en 1561, étudia la Théologie à l'Université de Paris et vint se faire Cordelier dans le monastère de cet ordre à Luxembourg où il enseigna la Théologie aux religieux : Ses cours ont acquis beaucoup de célébrité. U alla ensuite à Rome où il s'attacha au cardinal Baronius. De retour dans son monastère à Luxembourg il composa et publia des ouvrages dogmatiques et des sermons qui ont eu de la vogue dans le temps. La Bibliothèque de Luxembourg possède de cet auteur les œuvres suivantes : a. Bosquieri Philippi opéra omnia concionatoria ; Colon. Agrip. 1621; 3 vol. in fol.; b. Supplemeutum concionum promiscuarum; Colon. Agrip.

1623; vol. in 12.; c. R. P. Houdemii Angli, S. Th. Doctoris franciscani, Christiados Rhylmicœ libri sex. Ex V. P. F. Philippi Boschieri Hannoni-Montani apud Luxemburgenses Guardiani , ad vett. exemplaria recensione editio tertia ; Luxemburgi apud Matt. Birthon , Typ. Regium.

Ànno 1603; vol. in 12, sans pagination.

François Swertius donne les titres suivants de ses œuvres complètes: i. L'enfant prodigue, en IV Tomes, 1596. — 2. Nota; in monomachiam Christi et Luciferi incruentam; Arras , 1598. — 3. Conciones de finibus bonorum et malorum , lib. II, sive Orbis terror. Douai, 1603 et Cologne , 1610. — 4. Orator Terra? sa net» et Hungarise, seu sacrarum PhiJippicarum in Turcarum barbariem et Christianorum discordias Notae. Douai, 1606.— 5. Vegetius christianus. Cologne, 1615.

— 6 . Ara cœli , sive Conciones de llonorario a Magis Orientis Jesu infanti oblato.

Cologne et Anvers, 160T. — 7. Codrus evangelicus ; 40 sermoos sur la Passion de N.-S.— 8. Legatus apostolicns; notae concionum de Joan. Baptistà. Cologne, 1607.— P. Caroer laureatus, de rébus a Joan. Bapt. in carcere gestis. Cologne, 1618.— Jl.Christiadoslib. II. — 44. Cornelii Muasi , Episcopi Bitontiui Conciones VI in canticum B. Virginia Magnificat:

Traduction latine. — 4È. Le rasoir du culte mondain ; Tragédie. — 45. Academia peccatorum. Mons. — 44. Tabula naufragii, de Doaaiaicia ac Featia. Cologne.— 45. Sobria gentacula Cbristi et Samaritan.T ; Cologne, 1619. — 46. Oraisons funèbres de Philippe II , du U. P. Jacques L'EscaiHet et du duc d'Arscbot. — 47. Spéculum Vite S. Franoisci et Sociorum ejus. « — 48. Paradox» Evangelica et aha nonnulla.

Le P. Bosquier mourut à Avennes , en

Sninin, Athmae Rrlgirae, 050, «q. — AVitaet,- ■oi a Wii/rana , H lit. Uitak. ratio;. Diafak. lik. 11, e. IV. § S.-Clmu, Catalane «te U BiblicU». de Lnxbg. 33 et 312. — Conni, Kmcj eloprdie bm>- «lerne» IV, 19. — Biographie uniTenelle, V, 981. — Km«i>, Les auteur* luxembourgeois; dans : Progr. Atkéoée, 1806. 1», a «te S.

BOTTIN , Jean, naquit à Laroche pendant la seconde moitié du seizième siècle. Ce personnage est encore un de ceux sur lesquels nous n'avons pu obtenir que le peu de renseignements biographiques que le manuscrit des Viri illustres fournit d'ordinaire , même sur les noms les plus marquants. Voici ce que nous lisons dans cet ouvrage : « 1639. Joannes Bottin rupen- «sis^ de la Roche, e scriba graphariae « Luxemburgicae diu legationis Ilispanicac v sub comité d'Ognate secretarius RomaD « et Viennac ac tandem ipsiusmet régis , « regisquc conclavis pro Germania et Bel- « gio. »

M. Paquet assigne sa mort à la date placée en marge de cet article.

Viri illualret, 111, N° 833. — Paocbt, Die Daupt- Ibattacbeo der Luxciaburger Gcscbichte, 03.

BOUCI1Y, Henri, ou Buchy, né à Bastogne, Uorissait sur la fin du seizième

siècle. Il était entré en religion chez lea cordelière de sa Tille natale et s'acquit dans son temps une grande réputation dans la prédication , tant ses sermons étaient bien raisonné? et éloquerornent prononcés. Bouchy a écrit en français: 1°, un Dialogue sur l'économie du Verbe incarné :

Cet ouvrage fut jugé digne d'être publié par les presses de Plantin, d'Anvers, 1537. — 2°, Prières à la Sainte-Trinité et à la Sainte-Vierge. Vers la fin de sa vie il changea de maison et alla mourir en l'année 1600, dans le monastère de son Ordre à Anvers.

D. Calot, Biblîoth. lanrr. — A-aaaa VaUaa, Bibliotfc.ec> briuic. 344. -Swsbtiu», Atl«-»«» BelCic«, — IVatMaa», Lea auteur* luxembourgeoi» ; daui ■ Programme de l'AUie'oée, 1856. 18.

BOURCIER, Jean-Léonard, Barvn de, naquit le 17 août 1649, à Vézétize, capitale de l'ancien comté de Vaudémont, et était fils d'un lieutenant-général criminel au bailliage de cette ville, il descendait d'une ancienne famillo noble du Languedoc. Après avoir terminé ses humanités, Bourcier se voua à l'étude du droit et de U théologie à Pont-à-Mousson , à Aix et à Lyon, et obtint bientôt d'immenses succès. En 1670 il débuta comme avocat à Paris ; mais un procès fâcheux l'ayant appelé a Metz en 167$ pour défendre son frère an sujet d'une galanterie, il s'acquitta de cette mission d'une manière tellement brillante qu'il ne fut plus question dans tontes les sociétés que de son éloquence et de sa science. Ces applaudissements unanimes des messins engagèrent Bourcier à se fixer dès la même année dans cette ville : il n'avait alors que vingt-six ans et il y éclypaa bientôt tous ses confrères, même les plus célèbres.

Il écrivait et il plaidait également bien. Son style était pur, ses phrases coulantes, ses expressions nobles et énergiques , ses raisonnements soUdes, suivis et convainquants. Sa déclamation était belle, sa voix sonore, son geste expressif, ses yeux pleins de feu et de vivacité, sa physionomie agréable et son port grand et majestueux; en

un mot il réunissait toutes les qualités d'un orateur parlait et son éloquence était, si flatteuse, si persuasive, qu'on le surnomma la Bouché d'or.

Bourcier acheta en 1680 la charge d'Avocat-général à la Table de. marbre du parlement de Metz, et se marja en, 1084 avec une demoiselle de cette viiie.

Après la conquête^ du Pays de Luxembourg par Louis XIV et "la confirmation du Conseil provincial par ce monarque , le Baron de Bourcier y fut nommé Procureur-général. 11 remplit cette charge pendant dix ans et de la manière la plus éclatante en même temps que la plus équitable. Lorsqu'après le traité de Ryswick (1697) la France restitua le Pays à l'Espagne , Bourcier retourna à Metz où il se fit gloire de reprendre les fonctions d'avocat. Cependant ce ne fut pas pour longtemps puisque déjà l'année suivante nous le voyons figurer d'abord comme avocatgénéral et bientôt après comme président de la Cour souveraine de Nancy où il devint le législateur de la Lorraine : Le code qu'il rédigea fut même adopté en partie en Russie. Le Duc Léopold le nomma ensuite successivement son ambassadeur plénipotentiaire à La Haye , à Utrecht et près de la Cour de Rome.

On avait cru jusqu'ici que Jean-Léonard de Bourcier n'avait écrit que son code. Cependant il existe aux archives de l'Etat, à Paris, un manuscrit in folio qui est signé de sa main. Il est intitulé: Inventaire des titres, papiers, actes et enseignements du Duché die Luxembourg et Comté de Chiny qui se sont trouvés ès chartes et Archives de la dite province , gardées en la ville de Luxembourg, dans une chambre voûtée, destinée à cet effet, vulgairement appelée la voûte, située au lieu de la Chancellerie, à la garde desquels a toujours été commis un officier particulier , sous le titre de Garde des chartes, avec gage et appointement ; fait et dressé, par moy , cy-devant conseiller du Boy , son procureur-général du Conseil provincial de Luxembourg y soubsigné, en exécution des

ordres de S. M. contenus en la lettre de cachet du 19 Décembre 169B. Signé:

BODRCIBR.

M. Wûrth-Paquet croit en outre qu'on peut attribuer à ce magistrat l'œuvre suivaotè*: Liste et règlement sur ¥ instruction des procédures du Conseil provincial de Luxembourg et des Prévôtés; 1695, Paul Barbier à Luxembourg; vol. in 12.

Il procura enfin, en 1687 la réimpression des Coutumes générales des Pays- Duché de Luxembourg et Comté de Chiny.

Jean-Léonard, Baron de Bourcier laissa un fils: Jean-Louis y qui aura son article.

11 mourut le 2 ou le 3 septembre 1726, à l'âge de soixante-dix-sept ans accomplis, et fut enterré à Nancy dans la chapelle des Minimes où l'on voyait son mausolée qui le représentait à genoux devant l'image du Rédempteur en croix.

Lu Dè«*McriM, UUtoire générale Je Mois. III, 3i£0, *q. — Biew, Histoire de* science*, 4e» lettre», etc., dans le pay* me*»in, 467, et note S. — Biographie générale des Belges, 54. — D. Calmct, Biblioth. lerr. — Wo»tb-P»«c*t, Ewai tu la Typographie à LaxemWK;dans . Publication, de la Société archéel de Loxbg. VI, 01; VIII, S. — Salnon. Etades Mtr le Président Bourcier. Ton! , 1840. — Corana, Eneyelopedie moderne , IV, 57. — Biographie unlreraelle, V. 351t. — Naanacm , le* Antenra lnscmboarge*»> dan.: Programme do l'Athénée. 15*6. 55.

BOURCIER - MONTUREUX , Jean- Louis, Comte de, était fils de Jean-Léonard qui précède. Il naquit à Luxembourg, le

12 mai 1687, pendant que son père exerçait dans cette ville la charge de Procureur-général au Conseil provincial.

Le jeune Bourcier , qui n'a jamais été luxembourgeois que par sa naissance, retourna en France avec son père et s'appliqua avec succès à l'étude du droit. Eu 1720 ses connaissances et sa probité le firent nommer aux fonctions de Procureur- Général à la Cour souveraine de Nancy.

Plus tard il remplaça son père en qualité d'Ambassadeur à Rome, pour Léopold duc de Lorraine; enfin, il reçut le titre de Conseiller d'Etat et fut appelé à Vienne lorsque le duc Léopold fut élu empereur : il rendit de grands services à ce prince.

Jean-Louis, né Baron de Bourcier, fut créé comte du Saint-Empire pour les services éniincnts qu'il avait rendus à la Maison de Lorraine, et mourut le 14 mars 1751, âgé de 64 ans.

Il s'est rendu recouimandable dans les lettres par les deux ouvrages suivants : 1° Recueil des ordonnances du duc Léopold, 1733; 4 vol. in 4<> - f. Instruction pour mon fds qui prend le parti des armes; 1740, in 4°.

Jean-Louis de Bourcier était seigneur d'Arracourt et de Valhey.

O. Calbet, Biblioth. Lorr. ; et Catai. dm auteurs lorr. — Di Filles, Dictioan. ki*tor. ; litt. B. — Biographie générale de* Belge*, 34 — Coirau*, Encyclopédie -oderoe, IV. 67, - Biographie UDircncUc, V, 33».

BOURGGRAFF, Jean-Nicolas, comme ses actes de naissance et de décès écrivent, taudisque lui-même il signait Jean- Baptiste, est né à Luxembourg, le 19 septembre 1787, fils de Jean Bourggraff, cabaretier, et d'Anne Welter.

Après avoir quitté l'école primaire il entra au collège municipal, ou comme on disait alors l'école secondaire de sa ville natale ; et dans cette institution il acheva ce qu'il put obtenir d'éducation littéraire; car on était alors à cette époque de guerres et de conquêtes du premier empire français , pendant laquelle les lettres étaient reléguées à l'arrière-plan des besoins sociaux.

Dès que le jeune Bourggraff eut achevé ses classes latines (1806), il fut désigné répétiteur ou mailre-d'étude près le même collège; et déjà le 10 décembre 1810, il obtint une nomination de professeur provisoire de sixième ou de la classe élémentaire , dont quelques années plus tard il devint régent titulaire. En 1814 — 15 il passa à la Poésie et finalement, par résolution miuistérielle du 27 août 1823 il fut désigné professeur de langue et de littérature grecques , fonctions qu'il conserva jusque fin de l'année scolaire de 1857 où, sur sa demande il obtint son éméritat avec le titre de professeur honoraire, après avoir enseigné pendant un demi-siècle.

Le 24 juin 1856, jour de sa fête patronale, il célébra à l'athénée, entourré des professeurs ses collègues et de tous les élèves, son jubilé de professorat.

A cette occasion solennelle les élèves lui remirent une médaille en vermeil de grand module, portant cette inscription votive :

BURGGRAPHIO GRATI DISC1PVLI.

sur l'autre face le Chronogramme :

LlTTERAS GBjECaS PBiELBGEKTEM

LUstra Dbka Coron art.

De son côté, M. le Professeur Muller, Directeur de l'établissement et qui fut un des plus anciens élèves du vénérable jubilaire, prononça à celte belle fête, la première de ce genre à laquelle l'établissement eût eu l'occasion de prendre part depuis sa naissance qui date de deux siècles et demi, un discours latin aussi élégant pour la diction que bien senti quant au sujet que l'orateur avait à traiter. Après des compliments bien mérités par le personnage qui était l'objet de l'ovation, il retraça sa carrière professorale avec une vérité d'expression et un tact tellement parfaite que l'on hésiterait presque sur la question de savoir auquel des deux, à l'orateur ou au jubilaire, doivent revenir les honneurs de celte journée si mémorable dans les fastes de l'instruction publique dans le Luxembourg.

Par arrêté du 8 juin 1849, S. M. le Roi Grand-Duc lui avait fait remettre les insignes de chevalier de Son Ordre luxembourgeois de la couronne de chêne:

« comme un témoignage non équivoque de « gratitude pour de longs et loyaux services « rendus par Bourggraff pendant une car- « rière professorale de quaraute ans. »

Bourggraff est mort le 24 mars 1859, à l'âge de soixante-douze ans.

Lorsqu'on 1839 son tour de rùle l'appela à rédiger le programme annuel de l'Athénée , dans lequel il est d'usage qu'un professeur fasse insérer une dissertation

sur on sujet scientifique on littéraire, Bourggraff choisit ponr thèse la proposition soitante : Urbem Luciliburgum non este Augxutam Romanduorum Ptolomm; sept pages in quarto. Cet opuscule, d'une latinité aussi pure qu'élégante, est remarquable par la force des raisonnements pour relever une erreur qui avait été consacrée dans le diplôme d'anoblissement du général Beck , et dans lequel le rédacteur avait nommé la ville de Luxembourg Augusta Romanduorum, lui appliquant à tort une dénomination trouvée dans la Géographie de Ptolomée.

Nous ne connaissons aucune autre production littéraire imprimée du professeur Bourggraff.

Si l'on réfléchit sur ce qu'il devait y avoir de défectueux dans les études classiques faites par le personnage qui nous occupe, on doit s'étonner de la force de volonté qu'il a dû déployer pour parvenir par des exercices privés à pouvoir, comme d'un saut, passer de l'enseignement des premiers éléments de la langue latine à celui de la Poésie , en d'autres termes, de l'élégance de cette langue; ensuite du latin au grec. Tout cela ne fut cependant que l'œuvre des propres efforts de Boorggraff; et il réussit si bien dans ces efforts pour ainsi dire surnaturels, puisqu'il a tout fait par lui-même depuis l'alphabet jusqu'à la connaissance la plus approfondie de la véritable quintescence des deux langues savantes anciennes, qu'il aurait difficilement trouvé parmi les savants de l'Europe un rival égal en force. Aussi en le perdant, l'Athénée est-il resté veuf d'un de ses plus beaux fleurons littéraires : en effet, Bourggraff a été un des professeurs qui contribuèrent le plus à élever la réputation de cet institut au rang distingué que depuis 1817 surtout il a su se gagner.

Pendant la dernière année de sa carrière il avait été élu membre du Conseil communal de la capitale, et électeur pour les Etats du Grand-Duché, d'après les dispositions de la Constitution de 1856. — La société archéologique Pavait enfin ins-

crit, à l'unanimité des suffrages , au nombre de ses membres correspondante (séance du 8 janvier 1857).

Enfin, nous ajouterons que, si par ses services comme professeur, Bourggraff mérite une place distinguée dans la Biographie nationale, il la mérite également pour ses vertus privées, comme ami sincère et comme père de famille; car sous ce double rapport il fut de même un modèle à citer.

8omtmmm penoBBelt. — Prograume* de l'ithéuee de Lniealmurg, poor le* ».é« 1839. 18Ç6. I8S7. 1858 et 18«0 - Alm.Mcb* d« Gr«n4-Duclé, de 1809 k 1887. - Note* fournie. - Eut civil.

BOURLOTTE, Claude de la, seigneur de Sappogne, s'est éminemment distingué en 1596 à la reprise de Laferté sur les Français. Bertels, qui rapporte ce fait d'armes, le dit colonel. Le même auteur ajoute qu'en l'année 1600 ce personnage était prévôt de Chiny. Nous n'en savons pas davantage sur ce courageux capitaine qui mourut, parait-il en ou vers 1604.

Butku. 196, •f.-BnnouT, IV, •DtèleiUm,

BOUSMARD, Nicolas, 85* évêque de Verdun, naquit en l'année 1512, k Xivryle-Franc, canton d'Audun-le-Roman, arrondissement de Bricy. 11 était fils de Jean Bousmard , mayeur de Circourt , ensuite avocat au bailliage de Saint-Mihicl, et d'Alix Collinet de la Malmaison.

Après avoir fait de bonnes études, Nicolas Bousmard obtint les ordres sacrés et sut par ses rares talents et son grand mérite se faire aimer et estimer à la Cour de Lorraine. En 1550 il fut pourvu du doyenné de Sainte- M adelaine à Saint- Mihiel, fonctions qu'il remplit pendant vingt-deux ans avec zèle et une rare distinction. Dans cet intervalle le Cardinal de Lorraine le chargea de plusieurs légations religieuses très-importantes, et le duc Charles III le fit élire (1571) au nombre des neuf réviseurs de la Coutume de S1 Mihiel.

En 1572 Nicolas Bousmard fut désigné grand-prévôt de Mont-faucon Archidiacred'Argonne, place qu'il occupait avec hon-

neur et conscience lorsque Nicolas Pseaume, évéque de Verdun étant Tenu à mourir, la cour de Lorraine le lit comprendre au nombre des candidats destinés à succéder à ce digne prélat; mais le chapitre, qui s'assembla le 16 août 1575 sept jours après le décès du dernier évéque à l'effet d'arrêter son choix, lui préféra un de ses membres, nommé Simon Cumin qui obtint la majorité des suffrages. Toutefois le roi de France et le duc de Lorraine qui prirent fait et cause pour Bousmard, surent si bien agir auprès du Pape que celui-ci lui accorda ses bulles d'investiture dès le mois de janvier 1576. Le chapitre et son élu, qui virent dans cette conduite du Pontife romain un empiétement sur les droits de l'église de Verdun, intéressèrent l'Empereur à leur cause et déclarèrent ne vouloir jamais reconnaître Bousmard pour leur évéque ni lui accorder les honneurs dus à sa dignité.

Cependant muni de ses bulles et accompagné des autorités de la ville de Verdun, il se présenta le 12 mai 1576 pour prendre possession de l'évêché. Le chapitre irrité eut beau faire opposition, il n'empêcha pas Bousmard de se faire sacrer évéque, le 15 juillet, et de commencer à remplir ses fonctions épiscopales. A la fln, le chapitre voyant qu'il ne pouvait réussir contre l'autorité du Pape, finit par céder ; et Cumin son concurrent souscrivit même, le 17 octobre, à un acte formel de. renonciation à ses prétentions.

Dès que Bousmard se vit paisible possesseur de sa nouvelle dignité , il entreprit de suivre les traces de son pieux et vénérable prédécesseur et de continuer l'édifice épiscopal que ce dernier avait si dignement commencé : il confirma en 1580 les traités que les évoques ses dévanciers avaient faits avec la Lorraine et en conclut de nouveaux. Nommé en 1578 administrateur de l'évêché de Metz à cause de la minorité de Charles de Lorraine, évéque titulaire — qui n'avait que douze ans ! — il sut partager pendant quelque temps sa sollicitude pastorale entre celte église et celle de Verdun;

Ce prélat dont la science n'était point inférieure à la piété, suivit en tout, comme nous l'avons dit, les traces de son prédécesseur pour le gouvernement du diocèse : le missel de Verdun fut imprimé de son temps et le tirage des rituels, commencé par Nicolas Pseaume, achevé par ses ordres. Le mandement qu'il publia à cette occasion est un monument de piété bien entendue. Il donna aussi plusieurs constitutions synodales qui furent toutes confirmées par celle relative à la réforme des mœurs.

Malgré le peu de temps que devait lui laisser la conduite de son diocèse, Bousmard a écrit quelques ouvrages sur les antiquités, sur l'Histoire et sur les familles patriciennes. Nous connaissons de lui :

1 °. Nicolai Bousmard Episcopi Virdunensis Collectanea ; — î°. Un gros volume manuscrit, très -remarquable, contenant les généalogies des principales maisons de Lorraine : Ce dernier ouvrage est souvent cité par 0. Calmet qui a eu tort de le croire d'un neveu de Bousmard.

Après avoir pendant l'espace de huit ans gouverné son église avec fermeté et beaucoup de sagesse, il mourut le 10 avril 1584 à l'âge de soixante-douze ans, sincèrement regretté de tous, même de ceux de ses chanoines qui lui avaient été le plus opposés dans le principe de son administration.

Bousmard fit de belles donations aux monastères de son diocèse, surtout aux Minimes chez lesquels il voulut être inhumé. Son tombeau, en marbre noir, portait cette épitaphe :

« Reverendissimo D. Nicolao Bousmard « Siverio le Franc oriundo, ex Canonico et « Archidiaeono de Argona in Ecclesia Vir- «dunen. Prœposilo Montisfalconis , Deca- «no et Canonico Collégial® diva Mariai «Magdalenœ, ad Epatum (id est Episco- « patum) Virdunen . assumpto, et cum si- <&gno fidei 10 Âprilii 1B84 defuncto, hic « sepuiturœ per Venerabiliss. D. D. Cano- « nicos et Capitulum Decanœ Ecclesia Vir- « dunen . maximo comitante cleri et civium » numéro sequenti die dato, Fratres hujus « Monaslerii et pauperes civitatis neenon

«tfMttu defuncti agnati et consanguinei * hœredtt tcripti mœiiissimi potuerunt.»

Lorsqa'en 1716 les Pères Minimes reconstruisirent leur église an de ses arrièrepetits-neveux fit transporter ses ossements avec le monameot qui les couvrait dans le chœur do nouveau temple de cette maison religieuse.

L«* Bcxtaicris*. Hutoire de Metm, III, H9.— Bec». Biographie d« 1. Mo.eJle, I, 1S4 tqq. - ■ouu, Sappléaaeat, I, 980. — D. Caukt, Hiatoire de la Lamine, III, 1 1S »qq. , et Bibliothèque lorraine.— Iliitoirc ecclcaiaitiqae et cifile de Verdun. — nenseigaerocaU admiaUtratif*.

BOUSSE, Thielman de, dit Voize, Woize ou Woiffe, naquit pendant le quatorzième siècle , à Thionville on peut-être à Terville, annexe de Weymerange. Son père, Thielman comme lui, était chevalier seigneur de Terville et prévôt de Thionville en 1359 ; sa mère se nommait Ingrand oa Annegrand.

Thielman de fionsse qui avait reçu les ordres sacrés , fut nommé à l'évêché de Metz par l'empereur Wenceslas contre Pierre de Luxembourg-Ligny (v. son article) qui avait été désigné pour cette chaire par le pape Clément VII , malgré qu'il n'eût que seize ans : On sait que Wenceslas tenait le parti d'Urbain VI. Ce prince étant venu à Metz en 1384 , y mena même son protégé pour le faire agréer par le peuple de cette ville ; mais ce fut en vain. Pierre de Luxembourg ayant été appelé en 1386 à Avignon avec le titre de cardinal , Bousse , toujours avide de se mettre en possession du siège épiscopal de Metz, et toujours rejeté, prit le parti de contraindre les messins par la voie des armes à le recevoir pour leur évêqne. Il mit en conséquence dans ses intérêts le dnc de Julien, le comte de Nassan-Sarbrucken, le seigneur de Boulay et quelques autres dyoastes puissants des environs qui réunirent leurs forces pour venir ravager le pays. Mais on résista à leur attaque imprévue: les messins resserrèrent le sire de Boulay dans son château qu'ils assaillirent jusqu'à trois fois , et portèrent en-

suite le ravage et la mort sur les domaines de leurs agresseurs , brûlèrent le châteauneuf de Terville qui appartenait à la famille de Bousse et réduisirent en cendres les villages de Hettange-la-grande et de Luttange.

Ces insuccès n'empêchèrent pas l'évêqueprétendant de continuer à porter le titre d'évêque de Metz , que Ton retrouve dans des actes posés par lui entre les années 1391 et 1403. On possède en outre , sous la date du 16 novembre 1393 , une trêve entre la ville de Metz et Thielleman Voifle (c'est notre Thielman de Bousse comme nous l'avons vu plus haut) ainsi que ses frères.

L'époque du décès de cet intrigant personnage ne nous est pas connue,

Bàeia, Biographie de U Motelle, I, 159, sq.; ri Histoire de* Duché» de Lorraine et de Bar. 1. 351. — M(dum, Histoire de* Ereaqaca de l'Egliae de Mets. 836, »q. — Tciatwa, Hiatoire de Thionville. 07, aqq. — Les BaatMCTiM, Hitt géa. de Mets, II, 896, »qq ; IV. 32».

BRANDENBOURG , Godefroid de , est encore un de ces personnages distingués sur la vie desquels l'ilistoire ne nous a rien conservé. Issu de la puissante maison de Brandenbourg qui elle-même tirait son origine des comtes de Vianden , Godefroid semble avoir été fils de Thierry qui joua pendant la seconde moitié du treizième et la première du quatorzième siècles un rôle très-important à la cour de Luxembourg. 11 eut pour frères Ferry et Herman de Brandenbourg, ce dernier seigneur de la terre de ce nom , et qui tous deux intervinrent à leur tour aux principaux actes de nos comtes.

Brandenbourg avait pris ses armes de celles de Vianden : de gueules à l'écusson d'argent; mais pour marque de cadet il avait posé cet écusson en abîme.

Godefroid dont il est question ici , obtint les ordres et fut d'abord nommé archidiacre de l'Eglise de Notre-Dame de Wesel. Plus tard il fut jugé digne par le grand Baudouin de Luxembourg (v.

Luxembourg , Baudouin de) , archevêque

de Trêves , de devenir son Chor-évéque et son suffragant (1343).

Là se bornent nos renseignements. Cependant si nous pouvons en croire le texte des Gestes de Trêves, peu explicite en cet endroit, nous ajouterons que Godefroid de Braodenbourg avait été un des précepteurs de Baudouin qui en outre l'avait nommé grand-doyen de son chapitre métropolitain. Rien que les hautes dignités dont cet homme distingué fut revêtu sous l'administration d'un prélat comme Baudouin , doivent convaincre de son mérite personnel et nous faire regretter de n'avoir aucun de ses actes à rapporter.

Quant au titre d'Evéque de Chor que Pierret et son plagiaire Bertholet attribuent à Godefroid de Brandenbourg , c'est une méprise du premier, pour avoir mal traduit le mot latin Chor-Episcopus , et de la part du second une véritable étourderie ou une impardonnable ignorance , pour avoir copié sans réflexion une faute évidente.

Plti.ii, I, foL LXî et III, 101. — Gesta Trrri. rornm, II, 8O0. — fturnoLrr, VIII , 188 — A» Hortmeim, UUt Trevir. diplosMt II, 129, *q<|. — Notes d'étude*. - Uicwita

BRANDENBOURG, Jean, Baron de, appartenait à cette branche de sa maison qui obtint pendant la première moitié du quatorzième siècle partie de la seigneurie de Meysembourg, par l'alliance d'Aleyde de Meysembourg, une des quatre fiHes de Wauthier, dernier mâle de ce nom, avec Jean de Brandenbourg. Le baron Jean de Brandenbourg qui se titrait de seigneur de Meysembourg, Scheuren (Lagrange) et Ventschen (Fontois), est rappelé comme suit dans le manuscrit des Viri illustres: «1520. — Suivant i'exem- « plaire de la Bibliothèque de Luxembourg; «1580, dans celui de Trêves.— Joannes « Baro a Brandenbourg Dominus in Mey- « sembourg , Horreo , Ventsch , Tribun us «militum pro Ca?sare in Hungaria sepul- « tus Luxemburgi in Templo Sancti-Spiri- «tus. »

Ce seigneur, dont les annales, si ce n'est

la notice qui précède, ne nous rapportent aucun acte particulier, était fils de Frédéric de Brandenbourg et de Catherine d'Apremont. Cependant son grade de mestrede camp et le titre de Baron qu'il obtint en récompense de sa bravoure et de ses services sont là pour le recommander comme un personnage digne de la mention que le manuscrit cité a faite de lui.

L'une ou l'autre des deux dates marquées ci-haut, niais plus vraisemblablement û seconde (1580), semble être celle de son décès, si nous la comparons à celle où son fils — Jean comme lui, dont l'article suivra — a vécu. Il avait épousé Antoinette de Châtel-S*-Nazare.

La branche de Brandenbourg dite de Meysembourg avait écartelé les armes de ces deux maisons illustres : aux 1 et 4 elle avait retenu de Gueules a l'écusson d'argent en abéme, qui est Brandenbourg franc ; et aux 2 et 3 elle avait pris d'or au chef de gueules, chargé de trois merlettes de sable, qui est Meysembourg.

Viri illustres, II, N« 148. — Piomt, III. — Archives de la Maison de Wilt* : tecti»* Meysembourg.

BRANDENBOURG, Jean II, Baron de, était fils de Jean I de Brandenbourg, dont l'article précède. Les renseignements bis1toriques que nous fournissent les documents que nous avons devant nous, nous apprennent que Jean II , Baron de Brandenbourg avait un frère, Bernard, mort sans alliance; un second, du nom de Pierre" Ernest, et un troisième nommé Frédéric, outre deux sœurs, Catherine et Esther. II paraît avoir été l'alné , puisque partout il est désigné avec la qualification de seigneur, tandisque les deux autres ne se disaient que co-seigneurs des terres de Meysembourg, Lagrange et Fontois, et que dans son testament de Tannée 1620, il dispose de ses seigneuries, donnant les unes à l'un de ses frères, l'autre au second.

Comme issu d'une des plus anciennes maisons du Pays, ce personnage fit partie du Siège des nobles (1590) et fut convoqué en 1593 avec l'ancienne chevalerie

pour assister à la réception de l'archiduc ; mais il ne parut pas à cette cérémonie. Il était aussi conseiller de courte-robe ou d'épée au Conseil provincial.

Jean de Brandenbourg était parvenu à un âge qui dépassait la quarantaine lorsque mû par une vocation particulière il voulut obtenir les ordres sacrés : Cependant il n'accepta jamais ni bénéfice ecclésiastique ni charge d'âmes, passant sa vie dans les études et les exercices d'une solide piété. Il possédait à Luxembourg un terrain assez étendu, délimité par les rues modernes de l'Eau, de la Congrégation et de la Trinité. Une chapelle, dédiée à la Sainte-Trinité y était contigue : il donna vers 1590 ce terrain aux Frères prêcheurs pour y construire un nouveau monastère, parceque le leur avait été incendié pendant les guerres précédentes. Et finalement, par un codicille ajouté en 1628 à son testament de l'année 1620, il légua aux Jésuites de la même ville une somme de quinze cents florins de Brabant, destinée à la fondation d'une bourse d'études pour l'entretien d'écoliers pauvres de Meysembourg ou de la commune de LeudelaDge. Le bénéficier devait se destiner a l'état ecclésiastique et le Père recteur du collège en était le collateur : cette fondation est perdue aujourd'hui, parceque, hypothéquée sur des redevances féodales elle n'a plus été servie depuis l'abolition de la féodalité.

Dans le même acte il disposa des ornements sacerdotaux, des vases sacrés qui lui appartenaient en propre, aiosique de sa bibliothèque en faveur des collèges des Jésuites de Luxembourg et de Trêves.

Le manuscrit des Viri illustres consacre à ce religieux personnage l'article suivant : « 1620. Joannes Baro a tirandenburg, Doit minus in Meysenburgh Lnxemburgensis, «sacerdos sine uilo Beneficio, consiliarius «equestris Régis in Ducatu Luxembur- « gensi , mortuus ibidem et sepultus in « templo Collegii Societatis Jesu , quam « studiosus Musiponti— Pont-à-Mousson— « petierat, fundavit unam bursam in semi-

« nario Luxemburgensi et Collegiis Trevi- « rensi et Luxemburgensi legavit sacram « suam suppellectilem et Bîbliothecam. »

Il fut inhumé, comme le dit l'auteur du passage que nous venons de transcrire, dans l'église des Jésuites de Luxembourg. Sa tombe , grande dalle en marbre noir, placée encore aujourd'hui au milieu du chœur de cette église — qui depuis quelques années a changé son nom contre celui de Notre-Dame, après avoir déjà porté successivement ceux de S -Nicolas et S*-Thérèse, ainsi que celui de Sl-Pierre— , porte l'épitaphe suivante :

Rem"" ab-vodu bt genbrosos Dominos D. Joannbs Baro a Brandbnbcbg. Domincs in Meisknbergh, Schbcren bt

Vbntschbn. Sacbrdos 8itd8 hlc. obiit a° doboni

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