VI
HATTSTEIN, Guillaume ou Jean-Guillaume de, était Cls de Jean de Hattstcin (v. son art.), président du Conseil provin-
cial de Luxembourg, et de Félicité de Hornung. Nous ne connaissons de lui que ce que nous apprend la notice que l'auteur du manuscrit des Viri illustres nous fournit : «1634. Wilhelmus ab Hattenstein « Philïppi frater donavit seminario Lux- « emburgensi 2000 flor. Brabant, in aug- « mentum fundationis, vixit celebs, mortuus «et scpultus in templo Societatis Jesu « Luxemburgi quod liberaliter dotavit. »
M. Namur fixe l'année du décès de ce personnage a 1632. Que signifierait dans ce cas le milésime 1634 placé en marge dans les Viri illustres ? Nous trouvons de plus dans l'intéressante dissertation sur les fondations de bourses la mention que Guillaume de Hattstein ne subordonna sa donation au séminaire futur des Jésuites à aucune condition , l'abandonnant à la discrétion du directeur de cet établissement : que cependant entre les années 1661 et 1667 elle a servi à l'entretien d'un boursier, tandis qu'après cette époque il n'en est plus question dans les archives.
Viri illottre*, III, N° 318. - Na-c. Diucrtation •nr le* bonne*. XIII et XX11I. — Archives de la famille m Viuw de Boni.
HATTSTEIN, Jean de, était fils de Guillaume de Hattstein et d'Anne de Heisters. Le 17 juin 1570 il fut nommé Conseiller lettré ou de longue robe au Conseil de Luxembourg, et le 25 mars 1593 il obtint la présidence du même Conseil. En 1587 il acheta la seigneurie de Born, des mains de Jean de Stein de Reichenstein. L'auteur du manuscrit des Viri illustres a omis ce personnage dont l'abbé Bertels fait le plus bel éloge pour ses profondes connaissances et sa rare éloquence.
Envoyé par le roi d'Espagne à la diète de Spire il y mourut en 1600 laissant de son épouse Félicité de Hornung six enfants dont deux : Guillaume et Philippe se sont acquis des droits à être inscrits parmi les célébrités luxembourgeoises {v. leurs art.).
BttTCLf, 118 — Publication* de la Société archéologique, 1830. VI, 136. — Archive* de Bnrgeach, de Born et du Conseil provincial de Luxembourg. — B«m.c«, Eillia illottrata, II, 11, u, 387.
HATTSTEIN, Philippe de, fils de Jean qui précède et de Félicité de Hornuog, a obtenu de l'auteur du manuscrit des Viri illustres la mention qui suit: « 1633. « Philippus ab Haltenstein Luxemburgen- «sis Joannis prssidis filius, Consiliarius « Régis et aliquando legatus ad Regem « Daniae DaB* in Bour. »
Nommé Conseiller honoraire au Conseil provincial , le 3 mai 1601 , il en fut désigné conseiller extraordinaire sans gages le 18 décembre 1604, puis conseiller ordinaire par Lettres du 24 septembre 1609. Euûn Philippe II, comme le dit le manuscrit des Viri illustres, lui confla une mission près le roi de Danemark.
Philippe de HatUtein mourut en 1636, laissant de Françoise de Grezilles les cinq enfants dont les noms suivent : a) Florent, qui fut seigneur de Born et époux de Marguerite de Manderscheid , dont une fille unique; b) Philippe-Ernest; c) Jean; d) Anne-Madetaine , épouse d'Isaïe de Pouilly ; e) enfin Ide-Marguerite , épouse de François de Mouza, Moussey ou Musset.
Viri illuitre», III, N* 314. — ftUoucriU Clobm. — Pu blie»lioM de la Société arebéologioae de Lmembourg. iBitO. VI, 150 - Arcfcifcs du Coaieil pro- TIBcitl de Luiembouq;, de Bur^eich et de Born.— Butiiut, VIII, 101. — UacucaucK.
HAUTOY, George» du, appartenait à cette branche de sa maison qui dès le treizième siècle s'est établie en Lorraine. La famille du Hautoy, disent ses archives, descend d'un cadet de Luxembourg dont elle avait retenu les armes moins les bu* relies, c'est-à-dire l'écu du Limbourg franc.
Georges du Hautoy était fils de Philippe, seigneur de Récicourt, Nubécourt, Bullinville, Vaudoncourt, etc. , et de Claudine de Nettancourt.
Nous n'aurions pas parlé de ce personnage, parce qu'il n'appartient à proprement dire pas au Luxembourg, si l'auteur du manuscrit des Viri illustres ne l'avait pas inscrit dans son ouvrage. La notice qu'il nous a fournie sur lui est du reste suffisante, aussi nous contenterons-nous de la
transcrire: «1565. Georgius de Hautoy « Lotharingius nationis francicac eques or- «dinis Joannis de H Jérusalem Melitensis c in ejusdem insulae fortalilio Sticlini dicto «cum 12 aliis equitibus Religiosis œgris a « turcis captus primum per pedem suspen- « sus postea crucifixus odio fidei Christian a; «23 Januarii aô 1565; ejus insignia erant « Luxemburgica : Léo ruber in campo arec genteo coronatus , ungulatus auro cauda «furcata et supra caudam gestabat Melu- «sinam pectentem se contemplantem se «in speculo et innatantem aut se balne- « antem in cuppa , semifeminam semiser- «pentera, Majores ejus ex Gallia in Lotba- «ringiam devenerunt, orti ex secuodario « aliquo Domus Luxemburgicae , Martyro- « logico Melitense. »
Nous nous voyons engagé a donner ici quelques explications touchant l'ajoute do symbole de la fée Mélusine aux arme* de famille de ce chevalier. Nous pensons qu'elles ne seront pas déplacées, et nous les puisons dans les déductions que nous nous croyons autorisé à tirer de la savante dissertation sur l'origine de ce conte, que M. Dclafontaine père a fait insérer dans le T. VI des Publications annuelles de la Société archéologique de Luxembourg : En effet, sans s'occuper d'étymologie, M. Delafontaine dit, que pendant le dixième siècle vivait Métissent, femme de Boémont IV, prince d'Antioche, fille d'Aimeri de Luzignan, rot de Chypre, et d'isabeau de Jérusalem. Ce nom de Mélusine, ajoute-t-il, identique, je l'admets, avec ceux de Métissent, Melissine ou Melissendis, était très-rarement porté en Europe tandis qu'au contraire il était fort en usage dans l'Orient. — Tout le monde sait d'ailleurs que le premier auteur du conte de Mélusine a été Jean d'Arras qui vivait pendant le quatorzième siècle. —
En concluant maintenant d'après la consonnance des mots, nous ne trouverons dans Métissent, Mélissine, Melissendis, qu'une très-légère variante de Tadjeclif melitensis , racine Melita , Melite, nom latin de l'île de Malte: Or, Georges du
Hautoy était chevalier de Malte ; et , voulant ajouter cette qualification dans ses armes de famille , à cette époque où Ton ne cherchait à parler que par images, surtout en héraldique , il aura adopté le symbole de la Mélusine , Mélissent , Melissensis de Jean d'Arras: le port d'armoiries désignait ainsi le noble , le chevalier; et la Mélusine, Melitensis, de Malte, la qualification particulière de son ordre.
Cette hypothèse acquiert même plus de poids à nos yeux par la place qui est assignée a ce symbole déterminatif ; car s'il s'agissait d'une partie intégrante d'armes de famille il se trouverait au franc quartier. Telle est, semble-t-il, la véritable origine de la variante que l'auteur du manuscrit des Viri illustres a signalée sur l'écusson de ce martyr, mais qu'il n'a pas su expliquer , pas plus que nous ne Fanrions entrepris sans l'aide do beau travail de M. Detafontaine que nous avons rappelé ci-haut.
Viri ill.atrc*. II, N« 174. - Os ia Fonxai*., Milatine; diM: Publication» de la Société archéologique do Graod-Doebé, 1830, VI, 140, aqq. — HaotucriU da curé WaiTX* ; aux collections de la Société archéologique de Luxembourg. — Ukcsscbocb. - Moa«s.. 111, 023.
HAVELANGE, Jean-Joseph, fils de Servais Havelange et de Marie-Josèpbe Crépin, est né le 16 octobre 1729, à Septroux, paroisse de Dieupart et commune d'Aywaille dans la province de Liège. Il fut ordonné prêtre au diocèse de Malines, entra chez les Jésuites et enseigna pendant quelques années la philosophie au collège de Luxembourg où il publia plusieurs thèses sur cette matière, notamment en 1780. Comme il se montrait contraire à l'érection du séminaire filial de cette ville il encourut en 1786 la disgrâce de l'empereur Joseph II et perdit sa place de professeur. Il quitta alors Luxembourg avec son collègue Guenon et se retira a Louvain où il devint, en 1789, recteur de l'Université. L'année précédente il avait publié contre les Jansénistes un ouvrage dont voici le titre: Ecclesics infallibxlilas in
factis doctrinalibus demonstrata, et a Jansenianoram impugnationibus vindicata, per JoannemJotephum Havelange, ex Dieupart , Presbyteruniy Non ita pridem Sacra Theologiœ Professorem in Seminario Regio Luxemburgensi. M.DCC.LXXXVIII.
Sans indication du lieu d'impression. Vol. in 8°; de 287 pages, à la fin duquel se trouve insérée la bulle du Pape condamnant le livre d'Eybel: Quid est Papa?
mais dont la circulation était permise en Autriche. Le débit de cet ouvrage de Havelange fut arrêté par suite d'une dépêche du Gouvernement en date du 25 août 1788, adressée au Procureur général.
Havelange envoya son travail à Pie VI qui lui adressa une lettre de félicitations et d'encouragement, datée de Rome, calendis quintilibus 1789, laquelle ne lui parvint cependant que le 19 février 1790.
On a encore du même auteur : Avis touchant l'acceptation et V usage des bons présentés aux ecclésiastiques supprimés.
Brochure in 8°; Louvain, 1797.
Arrêté au mois de septembre de la môme année 1797 pour avoir refusé de prêter le serment révolutionnaire français, il fut conduit à Rocbefort et embarqué le 25 avril 1798 pour Cayenne où il arriva vers la mijuin. De là on le transporta dans le district de Sinnamary où il mourut à l'hôpital et dans l'état le plus déplorable, le 7 septembre de la même année, dans la cinquantième de son âge.
Havelange était pieux et savant. Sa force d'âme et l'onction de ses paroles le rendirent un sujet d'édification et d'admiration pour tous ceux qui eurent le malheur de partager son sort de déportation.
Eascu et Gacaaa, Algemeine Encyclopédie; litt. H. — Publications de la Société archéologique de Luxembourg, lUtfS. VIII, S* partie, Itf, tq. — Note* de M. le Professeur E»cli«o. — Etat civil d'Ayvraille. — Naaca, Catalogue Bibl. Laxbrg , 116 et 7S9. — Cocaxin, Encyclopédie moderne. XII, 4SI. — Mémoire» raanuiicrits de <I. M H'»c»n, prêtre déporté avec Havelange. puis Préfet apostolique a la Martinique (v. l'art Wagner, I. M ); aux colléetions de la Société archéologique de Luxembourg. — Martyrologe du clergé français pendant la Révolution. 184.
HAYONS, Thomas des, né en 1612, aux. Hayons, commune de Florcoville , est considéré par plusieurs critiques français et belges comme un poëte très-remarquable pour son temps par la correction de son style et l'élévation de ses idées. Son père ayant été nommé régent au collège de Sedan, il habita cette ville jusqu'en 1637 où il se fixa définitivement à Liège. 11 n'y occupa jamais d'emploi et vécut de sa plume dans un état très-médiocre, dédiant ses ouvrages à de riches et puissants personnages pour en obtenir secours et protection. Outre la poésie, des Hayons cultiva également l'Histoire et la philologie, comme le prouvent ses œuvres dont nous ferons rénumération. Bien qu'on ignore l'année de son décès il est certain cependant qu'il vivait encore en 1670.
On a de lui : /°. Les larmes de Sion, ou plaintes sur l'affliction de l'Église; Génève, 1636, in 16. — 2°. Les mystères de notre Rédemption, représentés en quatre tableaux ; Sedan , 1 646 , in 4° ; et Liège, 1661 , in 8°. — 5°. Les visions de Melinte , ou les triomphes de la valeur et de la piété; Liège, 1657, in 4°. — 4°. La belle manière de vivre, ou avis moraux pour la conduite de la vie ; Liège, 1 666, in 8°. — 6\ Les vies de Ste. Amalberge d'Ardenne, de Ste. Landrade et de St. Amour; 1666, in 8°. —6°. Le fidèle et vaillant gouverneur, représenté dans l'Histoire de la vie et de la mort de Jean d'Allamont de Malandry, gouverneur et capitaine de Montmédy ; Liège , 1668, in 12. — 7°. Les Césars de l'empereur Julien, ou fable satirique contre les anciens empereurs romains, traduite du grec; Liège, 1670.
Outre ces ouvrages on a encore de lui plusieurs compositions poétiques de moindre étendue et qui offrent des passages superbes.
La Gaabe, Notice »or les luxembourgeois célèbre*, 80 , tqq, — CootrM , Eacyclopèdie Moderae. XII, 4att.-N.MA»*, Le» Auteur, luiembourgeoU, 35, *q.
Hbcblon ; v. HESELON.
HEINS, François, fils de François Heins et de Susanne Weber , journaliers et fruitiers, est né à Grcvenmacher, le 28 novembre 1793 , capitaine administrateur d'habillement pensionné, et décédé à Arlon le 24 octobre 1858.
Entré au service des Pays-Bas comme soldat à la 12e division d'infanterie, le 29 août 1815, après avoir passé par tous les grades de sous-officier , il fut admis comme employé du génie à Bouillon, le 1er décembre 1824. Nommé garde du génie de 3* classe, le 13 avril 1827, Heins passa au service de Belgique avec le grade de garde du génie de 1" classe, le 14 octobre 1830.
Nommé successivement sous-lieutenant au bataillon des sapeurs-mineurs, le 10 avril 1831 ; lieutenant le 8 octobre 1832; capitaine en second le 1" octobre 1834 et administrateur d'habillement au 2* régiment d'artillerie le 18 juin 1842, le capitaine Heins fut admis à la pension de retraite le 19 août 1853.
Le capitaine m Ravmb, Nécraloge de* c-Sciert de l'Armée belge.
HELBERT , ou Hubert , dit de St. Hubert, né à Liège, mourut en 1150. Il était religieux à l'abbaye de St. Hubert. Philosophe , Théologien versé dans l'Ecriture-Saintc, il excellait en môme temps dans la musique et a laissé un Commentaire sur le livre tfAbacuc.
•« Bic m Liêvii, Biographie liéfeoi«e, I, 78. — a« Hoaavlx , édit. da CaaUtoriam, 39.
HELDT, Mathias de, ou Heldo, et en latinisant à la mode du temps, Heldius, Heldus , est né à Arlon en l'année 1500. Nous ne savons rien de sa famille ni de sa jeunesse. Pendant un voyage que Marguerite d'Autriche, gouvernante des Pays- Bas fit dans le Luxembourg elle le remarqua et commença à lui vouer un grand intérêt. L'ayant emmené avec elle à Malines elle en fit d'abord son secrétaire particulier. Plus tard de Heldt sut de même plaire à Charles-Quint qui le nomma son
chancelier ou pour parler plus juste son vice-chancelier pour les affaires d'Allemagne et l'employa dans presque toutes les négociations qu'U entama avec les princes luthériens : On sait que la charge de chancelier conférait la garde du sceau de l'Etat avec la présidence du Conseil impérial, et que dans les circonstances solennelles le fonctionnaire qui en était revêtu avait place au pied du trùne de l'empereur, des volontés duquel il était l'interprète.
De Heldt conserva sa dignité sous l'empereur Ferdinand I , successeur de Charles- Quint.
Né roturier il fut anobli soit par l'Archi-duchesse, soit et plus vraisemblablement par l'empereur lui-même , en récompense de ses longs et loyaux services.
Guillaume de Wiltheim le dénomme erronément André, et l'auteur du manuscrit des Viri illustres fait mention de lui en deux endroits différents de son ouvrage. Noos allons transcrire ces passages. Le premier: « 1563. Mathias Heldt «arlunensis Caroli V Csesaris vicecancel- « larius cujus filia unica fundavit Colonise « monasteriom. » Le second nous fournit quelques données plus précises: «1563.
« Mathias Heldt arlunensis Caroli V vice- « cancellarius sepultus in Ecclesia Parochi- « ali S*' Lisolphi Colonise in propria Ca- «pella quam ditavit filia ejus quae splen- « dide vixit Colonise et curru incedens ut « audivi (scribit ad me Colooii 25* octo- « bris 1 563 Dominus Georgius ab Eischen « arlnnensis ecelesire metropolitanx cano- « nicus) voluit comitem habere et nobtlem « nullum tandem unus volebat insinuare et « publicare se cum ea cubasse , illa cura- «vit seinspicia 7 obstetricibus et inventa « fuit virgo , ille dicitnr fugam cepisse in- «terim tamen in cera suspensus Colonise « illa dédit domum Colonise primo denen « armen Claristen quae ante paucos annos «cesseront illam domum virginibus ordi- « nis St! Agustini 3" régula?, ejus advocati « dicuntur meliora bona accepisse et morte « illam dixisse et petiisse an nullus adesset
«Arlunensium in civitate qua si voloissel «illi benefacere
« Mathias Held Ritter und Beider
« Rechter Docklor Rosm. Kaiserlicher
« Maytl Rats und Vice-Canceler etc.
« Magdalena Brandissin seine Eheliche
«Frau aô 1565.
«Baronius. ad 1537 adfuit Schmakal- «dise in Prolestantium conventu ubi et « Lutherus , Mathias Heldus a Carolo V « missus ejus procancellarius : persuadere « conatus est ut mitterent legatos ad consi- « lium frustra. Hinc audiens principes Ca- «tholicos illos in fœdus II annorum in- « duxit. »
Ces passages nous apprennent que Mathias Heldt était docteur en Droits civil et canon ; que sa femme se nommait Madeleine Brand ou Brandis ; qu'elle lui a donné une fille dont nous n'avons pas à nous occuper ici , et finalement qu'il est mort à Cologne en 1665.
Vin illn.tr,*, III, S' 108 et Ml. - Bnnraiir. VIII, 101- Wiuitini a Wiit.ei», Antiqn.na.- Ditqolt. Hi»t. Laxenb. I. II, e. 11. — L* G**»c, Notice sur 1m Lasevbourgeou célèbre». 110, »q. — P,««t, I, fol. LXV1I.
Helmib d'Amour; v. BELM1QUE, le Père Amorti ou d'Amour.
HELMONT, Jean, né k Bois-le-duc dans le Brabant septentrional , vint faire profession religieuse à l'abbaye de Munster à Luxembourg où il devint d'abord cellerier sous l'abbé Guillaume Heck ou de Heck.
Ce dernier étant mort en l'année 1508, Jean Helmont fut désigné pour lui succéder et fut ainsi le vingt-deuxième abbé de cette maison religieuse.
C'était un prélat très-instruit , de mœurs austères et très-attaché à la règle. Dès qu'il fut placé à la tête de son monastère il travailla de tous ses moyens à redresser les abus qui s'y étaient glissés et il parvint à y introduire en 15 10 la réforme de Bursfeld qui condamnait entr'autres la coutume que les religieux avaient contractée d'avoir de l'argent ou d'autres effets en propre, contrairement à l'ordre établi par leur saint fondateur.
La réputation de vertu que Jean Helmont s'était acquise le Gt choisir par . Jacques de Baden (v. son art.) , archevêque de Trêves , pour son suflragant. 11 fut en conséquence sacré évêque in partibus sous le titre de Syrone. L'archevêque Jacques étant mort en 1511 , Jean Hclmont conserva son titre et ses fonctions de suflragant auprès du successeur de celui-ci , Richard de GreifTenclau. Bien que ses devoirs en qualité de vicaire-général le forçassent à demeurer souvent à Trêves , le vertueux abbé n'oublia pas les soins qu'il devait à ses religieux de Munster , à la prospérité desquels il ne cessa de travailler en les maintenant dans l'observance la plus exacte de la discipline religieuse et en faisant pour la communauté des transactions avantageuses.
Jean Helmont mourut plein de jours et de mérites en Tannée 1517 , après un régime de neuf ans.
Biitmut, III, P. J. VI. — A* Honruia, Biilorim TrcTimiM diploaalica, II, 040.- B«r*u. ISO, *i — Licm Niiancoaii. Rtt muMtcricMe*, »»crt Bibl. LusbK.-UUtoire de l'abbaye deManater. Mcrl. Bibl. Luxbrg — t. 8tb*«m*«, MetropolU Eccleaue Trevericc, I, tf40, »q.
Hemuerode, Jean, abbé de; v. JEAN, dit de S1 Vith.
Henericy, Thomas; v. HENR1CI, Thomas.
HENN, Alexandre, de St. Vith, est né le 10 février 1643. Il entra à dix-neuf ans au monastère de St.-Maximin près de Trêves où il fut ordonné prêtre le 5 mars 1667. Le 10 janvier 16S0 il fut nommé 75e abbé de sa maison , succédant ainsi à Maximin Giilich (v. son art.).
Aussitôt après sa conûrmation, l'abbé Henn se mit en devoir de relever son abbaye qui avait été détruite sous son prédécesseur par les ordres du farouche Louis XIV, roi de France. En homme éclairé il employa ses soins à enrichir la bibliothèque du monastère, à en réorganiser les écoles sur un pied respectable et à faire fleurir la discipline, la régularité et la piété parmi ses religieux.
Cet excellent abbé , sur l'éloge duquel les auteurs ne tarissent pas et qui lit briller de son plus pur éclat l'abbaye conûée à ses soins, mourut le 20 mai 1698 après avoir tenu la crosse abbatiale avec autant de vigueur éclairée que de douceur raisonnée pendant dix-huit ans et près de quatre mois.
v. Stimiik, MetropolU Eceleux Tre?erieae, I,
Henri II, C* de Luxembourg; v. LUX- EMBOURG, Henri II, C de.
Henri IV, C* de Luxembourg; v. LUX- EMBOURG, Henri IV, C de.
Henri de Luxembourg, dit le jeune; v.
LUXEMBOURG, Heurt le jeune, de.
* Henri de Luxembourg, évêque de Liège; v. LUXEMBOURG, Henri de etc.
Hbnri de Luxembourg , évêque de Metz; v. LUXEMBOURG, Henri de, etc.
Henri, dt7 le bon H.; v. BUCH, Henri- Michel.
Henri de Samré; v. SAM RÉ , Henri de.
HENRI CI, ou Henericy, Thomas, est né vers la fin du seizième ou le commencement du dix-septième siècle, à Luxembourg suivant les uns, tandis que les autres croient à Gûnningen sur la Moselle, en français Guénange, haute et basse, dans l'arrondissement de Thionville.
Après avoir terminé ses études avec distinction, il se fit recevoir Docteur en Théologie et fut nommé Professeur à l'Université de Fribourg, ensuite chanoine et doyen du chapitre de Bàle ; finalement, en 1 653 sacré évêque de Chrysopolis et suflragant du même diocèse de Bàle. II est mort dans cette ville, peu d'années après.
On a de Thomas Henrici quatre livres de morale qu'il a intitulés : Doctrina moralis libri quatuor; in 12. Fribourg, 1628. Une autre édition porte : Colleclanea moralia ex veteribus philosophis. Cet ouvrage est tiré presque mot pour mot de Séuèque et de Plutnrque.
Tcliot, Méaioires, nanutcriU.— Biarsoirr, VIII. 101. - Ptmarr. I. folio LXVI. - D. Caikt. Bibliothèque lorraine. - Ntomim, Le* auteur* luieav bourgeon, 90.
Hbnzbl, ou Henzelo; v. HE SELON.
HERBERT, religieux de St. Hubert, florissait en l'année 1 027 ; il s'était acquis de la réputation dans la peinture, et mourut à la fleur de l'âge, fort regretté de ceux qui avaient eu l'occasion de connaître et d'apprécier son talent.
C* m Bcc-m-Liévm, Biographie Uèfeoûe, I, 47.
- m Ho»aci.x, édit du CanUtoriass. 59.
HERBORN, Nicolas, dit aussi Hbrbon, embrassa l'ordre des frères mineurs de St. François, ou Recollets. Hartzheim croit qu'il était d'origine française ; nous avons au contraire des preuves pour soutenir qu'il est né à Herborn au Duché de Luxembourg, d'où il a pris son nom. Entré au monastère de Brul il devint plus tard Commissaire-général pour le Duché de Berg.
Nicolas Herborn était pieux, savant et très-éloquent. On a de lui : i Paradoxa theologica, seu Théologies assertiones divinis eloquiis contra Neotericos Hrcreticos roborata?. Paris, 1537. — î°. Enarrationes latinocs Evangeliorum quadragesimalium , apud Colonienses germanice ad populum declamatae. Anvers, 1533. — 5°. Enarratio lamentatoria in psalmum LXXV1II, de miseranda populi Cbristiani depopulalione. Paris, 1529. — 4". De tribns votis, ac praesertim de obedientià Religiosorum.— 5°. Apologia vera; fidei. — 6*. Enchiridion locorum communium ad versus h acre ses. — 7*. De notis verse et adultérins Ecclesiœ.
— 8*. Methodusconcionandi. — 0\ Emendatio veteris vite; Cologne, 1529. — 4(h. Monotessaron Passionis Domini nostri J.-C. — f f°. Epistola ad Minoritas.
HaaTuma , BiblioU.ee* colonieiisi*. 886.
HERIART , semble avoir vécu
pendant la première moitié du dix-septième siècle. Ce personnage ne nous est connu que par la mention du manuscrit des Viri
illustres : <* Heriart Theonisvillarius
« abbas in Gerau A usiriîe inferioris et Boc bemias in conGnio. » Nous venons de dire qu'il semble avoir vécu pendant la première moitié du dix-septième siècle et cela parce qu'il est placé dans l'ouvrage que
nous venons de citer entre deux personnages qui (tarissaient l'un et l'autre en 1636, Jean de Wiltheim et Paul d'AI-dringen.
Viri illustres, I, N» 75.
HERIBERT, Heribertus, religieux de St. Willibrorde à Echternach, vivait pendant les deux moitiés du dixième siècle alors que ce monastère était occupé par des chanoines et gouverné par des abbés non seulement séculiers mais laïcs. Tout le monde sait la brillante réputation que l'école de ce monastère avait acquise, et Héribert eut la gloire d'y présider avec la plus rare distinction depuis le décès de Marquard en 953 jusque vers l'année 970 où il mourut lui-même. En effet, les chroniqueurs ne se lassent pas de parler avec les plus grands éloges de sa science profonde dans l'explication et l'interprétation des saintes Ecritures. Héribert avait composé plusieurs commentaires sur les chapitres du Nouveau -Testament, de même qu'un traité des mœurs et coutumes des anciens religieux, dans lequel il était fait mention de presque toutes les institutions monastiques; et finalement une dissertation touchant les mesures du monocorde, instrument de musique en usage pour accompagner les chants d'église avant l'introduction des orgues.
Toutes ces œuvres , qui étaient restées manuscrites, sont perdues.
D. iUlsiit, Bibliothèque Lorrai>e, el Notice de la Lorraine; art Epternacb. — AsHoanizia, Historié Trevirensis diplomatica, I, 28«. — Tamis». Calalogus Vlrorura illustriom Ordiai* 8ti Benedicti; eti Cbronicon llirtaugieQse , ad ano. 953, p. 71. — HeLLaa , Bescbreibang des Sauertbales . 49. — Neo- ■ tna, ï.e* aoteur* luxembourgeois, 6.
HE RM AN, ou Henbi, dit de Luxembourg, vraisemblablement parce qu'il est né dans cette ville, semble avoir embrassé l'Ordre de Saint-Dominique. Il a composé, dit Don Calmet, un ouvrage intitulé:
Constitutiones et Ritus Ordinis Fratrum Pmdicatorum, rhytmis germanicis reddili.
Ce livre, qui est resté manuscrit, était
sans doute la version rimée des règles originales que frère Herman Gt à la prière de Sœur Yolande de Vianden (v. son art.), prieure de Marienthal , et dont l'original, au rapport de Bertholet, était conservé dans ce monastère et portait la date de
Le même auteur avait aussi écrit en allemand la biographie de cette noble et vertueuse prieure et il l'avait intitulée: Gesta illustris sanctimonialis sororis Yolandœ Henrici Comitis Vianensis et Margaritœ ex claro Curtiniaeentium sanguine ejut conjugis filiœ. Alexandre de Wiltheim (v. son art.) a publié plus tard cet ouvrage en latin, et M. l'abbé Stehres, Recteur du Progymnase de Diekirch l'a de nouveau rendu en allemand d'après le texte latin d'Alex, de Wiltheim. Cette traduction nouvelle a été publiée en 1841 , en un volume in 8e.
D Cuut, Ilibliotbèqae Lorraine; et: Catalogue ih-s outctir* lorrain». — \l«ia\de»a Wninti», V ita venerabilia Yolande ; puiim. — 8maca , Leben der Grftfin Yolanda, 158 --Navta, Uittoire Je Viaadcn, 03. — Ntoian», Les aatcun laxembourgcoi», 7.
HEttMA* de Luxembourg , C1* de Salm et Empereur; v. SALM , Herman , Comte de, etc.
HERMANN, Pierre, né à Immendorf près de Coblence, au mois de mai 1769, était flls de Jean llermann, instituteur primaire, et de Catherine Zillingen.
Jeune encore Pierre Hermann encouragé par les conseils de son père se sentit de la propension pour l'état d'instituteur. Dans l'intention de se former à celte carrière il alla fréquenter l'école normale de Coblence, d'où il sortit en 1788, à l'âge de 19 ans et avec la réputation d'avoir été un des meilleurs élèves de cette institution, pour se rendre à Ettelbruck où le vénérable curé Consdorf (v. son art.) l'appelait afln de lui aider à donner à l'école de celle populeuse commune une direction plus rationnelle. A son arrivée il ne trouva «|u*une salle peu spacieuse, beaucoup trop elroile en raison du nombre d'élèves, les-
quels y étaient pour ainsi dire entassés sur des bancs placés en amphithéâtre , laissant à peine un espace libre de quelques pieds carrés pour permettre au maître de se mouvoir; il n'y avait même* pas de parqnet: Rien d étonnant du reste dans cet état des choses , puisque à cette époque on n'y regardait pas de si près pour les salles d'école.
Hermann ne se découragea pas , et il eut même le courage d'y enseigner pendant trente-quatre ans, c'est-à-dire jusqu'en 1822 où une ère nouvelle s'ouvrit pour l'enseignement par l'effet de la réorganisation de cette branche si intéressante des services civils : en cette année une maison d'école neuve, infiniment plus vaste et renfermant deux salies belles et spacieuses fut construite sur la place dite du marché.
Cependant des difficultés d'une autre nature vinrent entretemps semer d'amertume les jours du maître , tel dévoué qu'il pût être à son école et aux écoliers: un assez grand nombre de parents, ignares et antichés pour conserver les anciennes routines, refusant absolument d'admettre ce que les nouvelles méthodes pouvaient avoir d'avantageux pour hâter et faciliter les progrès des élèves, s'étaient mis à décrier Hermann et même le dénoncèrent comme athée ou je ne sais quoi , parce qu'il avait substitué aux anciens abécédaires à couvertures portant des images barbouillées de saints et qui étaient rédigés d'une manière absolument défectueuse, des livres élémentaires plus en harmonie avec les principes pédagogiques ; et dans leur aveugle préjugé ils avaient même été jusqu'à engager un autre instituteur. Les choses avaient pris ces proportions gigantesques lorsqu'une commission d'enquête, ayant le Procureur-Général à sa tête , vint à Ettelbruck pour entendre les deux parties dans lenrs dires. 11 résulta de toutes ces démarches que uous ne voulons pas qualifier ici, que le Procureur-général adressa au Conseil communal une dépêche dans laquelle il était dit : t» que les griefs allégués « contre le maître d'école Hermann étaient
« non fondés ; que bien au contraire celui- « ci était un homme très-distingué et qu'il « serait bien à désirer que toutes les écoles « en eussent d'aussi dignes. » Cette décision calma l'orage et Hermann put depuis ce jour continuer son œuvre humanitaire sans empêchement comme sans obstacle.
Il fut le premier qui dans le Pays introduisit dès 1816 dans son école la méthode dite simultanée. Mais pour obtenir des résultats heureux dans ce changement de méthode , et aflu de ne plus se mettre sur les bras les parents avec leurs préjuges surannés il crut devoir procéder lentement et avec prudence. Au lieu de proscrire d'un trait l'épellation de son cours, il choisit d'abord entre ses écoliers deux des plus avancés qu'il amena au moyen de la méthode simultanée et en peu de temps à savoir lire coulamment et correctement. De son côté le curé Consdorf qui visitait tous les jours l'école, dont du reste il était l'ange tutélaire , et d'après les sages conseils duquel Hermann se guidait toujours, ne cessait d'encourager ces élèves qui réellement firent des progrès étonnants. Ce que voyant les parents des autres écoliers vinrent trouver l'instituteur le priant avec instance d'enseigner aussi leurs enfants au moyen de la méthode nouvelle; et ainsi l'enseignement mutuel finit par être admis sans secousse comme sans contradiction.
Plusieurs sujets sortis de l'école d'Ettelbruck devinrent plus tard à leur tour maîtres d'école dans les localités voisines où ils introduisirent la même manière d'enseigner qui se répandit ainsi insensiblement et finit par être généralement adoptée.
Les efforts de Hermann ne tendaient pas tant à rendre la jeunesse savante qu'à l'élever dans le goût du travail , de la moralité et de la religiosité. Afin d'atteindre ce noble but il sut utiliser tous les moyens qu'il pouvait rencontrer ou découvrir ; c'est ainsi qu'à la porte de l'église et de l'école il avait fait afficher ce proverbe: Qui ne travaille pas ne doit pas manger; etc.
Les pauvres aussi furent toujours l'objet de sa plus constante sollicitude. Dans le
principe on avait eu l'habitude de les secourir au moyen de collectes; Hermann conçut l'idée de créer une caisse dite des pauvres , qui prit peu à peu des accroissements assez considérables. Pour obtenir des secours chaque indigent valide était tenu de gagner lui-même son aumône par un travail qu'on lui indiquait. Quant aux filles pauvres on organisa pour elles une école-ouvrière où elles étaient occupées à confectionner des objets d'habillement, etc. Il avait également, de concert toujours avec le curé Consdorf, arrêté le projet d'établir à Ettelbruck une école moyenne pour les garçons ; mais des obstacles qu'on crut insurmontables vinrent traverser la réalisation de ce dernier plan.
Hermann s'occupa aussi d'agronomie; et Ettelbruck lui doit une reconnaissance durable pour y avoir introduit la culture du mélilot et des betteraves.
Outre les fonction» de maître d'école il occupa également et pendant de longues années celles de secrétaire communal; il présida même une fois le comité des électeurs pour le choix des députés à envoyer à la Convention.
L'historique de renseignement primaire dans notre pays n'offre certes pas un second exemple d'un instituteur qui ait rempli cet honorable emploi d'une manière aussi digne et pendant une aussi longue série d'années dans une seule et môme localité : en effet, il tint l'école d'Ettelbruck pendant cinquante-deux ans sans interruption , avec une ponctualité , une exactitude , un zèle sans pareils et sous six gouvernements successifs, l'autrichien, le républicain, l'empire, le néerlandais, le belge et finalement le grand-ducal.
Enfin, lorsqu'il se retira de renseignement en 1840, après plus d'un demi-siècle d'activité incessante et croyant pouvoir songer à un repos qu'il avait si bien mérité, le Gouvernement l'honora du titre d'inspecteur d'écoles pour le canton de Diekirch.
Hermann est mort doucement et sans maladie , à l'âge de près de 86 ans, le 8
février 1853, après avoir vu toute sa famille honorablement placée dans le monde.
Trierisches ScfelMitt, N° 33 de 1884. - Le jonroaii Der Waecbter a* der Sauer, M» 14 de 1889. — Commusicatioas de 91. Etissub Measca, curé d'Ettelbruck. — Notca de M. le Professeur Eacuao.
HERTZIG, Michel, d'autres disent Nicolas, natif du village de ce nom, d'après lequel il se sera dénommé, vivait pendant le seizième siècle. Hertzig, en allemand, est, comme on sait, rendu en français par Hacby, chef-lien d'une commune au canton d'Etalle.
Nous ne savons sur ce personnage que très-peu de particularités : il s'était voué à l'état ecclésiastique, devint chanoine de Notre-Dame à Erfurt et curé de St. Visnecht en la même ville. Par acte du 26 juillet 1599, ce digne prêtre fonda en faveur de ses parents deux bourses d'études dont les revenus actuels sont, pour chacune, de cent douze francs et cinquante centimes par an. Ces bourses qui avaient été momentanément perdues, furent rétablies par arrêté royal belge du 1 4 septembre 1835. Par un autre acte ou codicile, en date du 26 mai 1610, il ajouta quelques dispositions ultérieures à la jouissance de ces stipendes : Dans cette pièce il se dit jubilaire de prêtrise.
Esposé de la situation du Luxembourg belge. 18S7. 48. — Joaroal officiel de Belgique, S* 8émestre de 1838. — Holtx , Manuel des fondation* de bourses, 447, «iw.
HESELON, Hezelon, Hecelon, Henzelo, Henzel, Hennés, Henns, H ans ou Jean, riche bourgeois de Luxembourg, s'est rendu recommandable , disent les annales de cette ville, en ce que vers 1120 il y a fait construire la première église ou chapelle qui fut dédiée à St. Nicolas : On sait qu'à cette époque Weimerskirch était la paroisse de Luxembourg.
Quelque temps après son achèvement, cette chapelle fut unie à l'abbaye de Munster; et en 1585 elle fut déclarée église paroissiale. Elle a subsisté jusqu'en 1775 où l'on s'est vu obligé de la démolir parce qu'elle menaçait ruine.
L'auteur du manuscrit des Viri illustres rappelle Heselon dans les termes suivants : « 1020. Hecelo civis Luxemburgensis œdi- « ficavit Saccllum Sancti Nicolaï hodie pri- « maria parochia Luxemburgensis. » — Le lecteur remarquera qu'il y a ici une erreur de cent ans dans la date ; c'est sans doute une faute du copiste.
Viri illustres, III, N» 180. — OnTssLkr, IV, 178. s<|. et VIII, 81. P. J. CUX — JoscaiM, Précis chronologique de TUistaire de Lusembovrg, 14, sq. — Bcstsls, 118. — Paookt, 10. — Eaocussar, Gcscbicbte der SUdt und Festuag Lu«e«b«rg, 34.
HEUSCHLING , Etienne , a vu le jour à Luxembourg, le 6 avril 1762. Il était fils de Hubert Heuscbling et de Christine Tbyes. Après avoir fait ses études au collège de cette Tille il fut, en 1782 nommé professeur de sixième et de cinquième au collège de Namnr qu'il quitta bientôt pour aller à Louvain, suivre les cours de droit sous la surveillance de son oncle, Jean- Pierre Heuscbling, Professeur royal des Pandectes depuis 1763. Il y prit le grade de licencié et partit ensuite pour Rome, dans Tintention d'y étudier les langues orientales. Le 22 juillet 1788 il subit arec honneur l'épreuve du concours public en présence du Cardinal Buoncompagni, secrétaire-d'Etat et des avocat*, consistoriaux du Pape. Elu membre associé de l'Académie théologique de la Sapience à Rome, il revint en Belgique en 1790 et prit possession de la chaire de langue hébraïque au collège des trois langues à Louvain : il l'occupa jusqu'à la suppression de celle université. 11 entra plus tard à l'école centrale du Département de la Dyle, en qualité de professeur de Grammaire générale. En 1806 une école de droit ayant été annexée aux autres facultés de l'académie de Bruxelles, Heuschling en fit partie comme professeur suppléant; et lorsque l'enseignement supérieur fut réorganisé sous le gouvernement des Pays-Bas il obtint une chaire de philosophie à l'Université de Louvain; il y professa en outre le droit naturel.
Heuschling était gradué dans toutes les
facultés excepté la médecine et parlait quatorze langues. Il est mort à Bruxelles, le 29 août 1847, à l'Age de 85 ans. Il était le dernier survivant des vingt membres désignés en Tan VII par l'administration du Département de la Dyle pour jeter les fondements de la nouvelle Académie de Bruxelles, sous le titre de Société libre des arts, des sciences et des lettres. Nous n'avons pas appris qu'il ait rien publié si ce n'est son discours d'ouverture de la classe de grammaire générale, tenu le 17 vendémiaire an VIII; 12 pages in 12 ; mais parmi ses manuscrits on a trouvé un traité manuscrit ex-professo contre la philosophie empirique et sensualiste, et plus spécialement une réfutation raisonnée de la logique de Condillac.
\tn, Biographie d'Etienne Uruscbling ; <l»nj: Annuairede l'Université Calboliqae 4c Loavaia , année 1 U48.-Biognphie générale de* Belge*. 916.- Note, communiquée».
HE VA UT, Philippe, né le 19 septembre 1661 , à Trois- Vierges , était marchand de moutons et possédait quelque fortune. Il tomba malade k Luxembourg; et comme il n'était pas marié il voulut que sa succession , bien ménagée , pût devenir utile à toujours à sa famille ou à défaut de celle-ci aux habitants de son village. Dans cette intention il lit son testament, le 15 décembre 1711, et par cet acte il fonda un revenu annuel de cinquante écus de Luxembourg (230 francs) pour un boursier qui se vouerait à l'état ecclésiastique. Ce boursier doit être un parent pauvre, ou bien un jeune homme natif de le paroisse de Trois-Vierges ; il doit, dans l'un comme dans l'autre cas , être apte aux études. Les écbevins de Luxembourg sont désignés présentateurs et en même temps proviseurs.
Philippe Heyart mourut deux jours après, c'est-à-dire le 17 décembre 1711 , à l'âge de 50 ans.
Sa fondation , qui avait été faite au capital primitif de mille écus ou 4600 francs, a été si sagement administrée que dès
Tannée 1835 on a pu, avec les économies , en former deux bourses distinctes , ayant chacune un revenu de 317 frs. 46 centimes ; ce qui donne une augmentation réelle de francs, 8,080 sur le capital primordial, et porte la fortune de la fondation à francs 12,680, de 4,600 qu'elle avait été d'abord.
Naava, DiMertation anr In bonnes d'etndet , X et XVI. — Mémorial adminiilratif et législatif du Grand- Duché de Luxemboorg , année 1855; et 1048, p. 668 — Protocole Ordt, de Luxembourg; aajoord'bui an greffe do tribunal de la même villei acte dn 18 décembre 171 1.- EUt ci »il de la paroi.»* de St. Nieola», à Luie-lx.org.
H 1 CRM AN , ou Hyekman , Don Robert, né à Bruxelles le 13 novembre 1720 , descendait d'une famille originaire de Bohême. Entré jeune k l'abbaye de St.-Hubert il y fit sa profession religieuse. Robert Hickman s'appliqua avec un succès égal à l'étude de la Théologie , de la Physique et * de la Médecine. En 1760 il se fit recevoir licencié dans ce dernier art k l'Université de Louvain, et le pratiqua avec autant de désintéressement que de succès ; il est en effet peu d'endroits dans le Luxembourg et dans les provinces voisines où il ne se soit transporté, ordinairement k pied , pour y visiter les malades avec autant de zèle que d'abnégation. Et si cet estimable religieux fut actif, infatigable au dehors , il ne l'était pas moins dans sa cellule. Il travaillait ordinairement dix heures par jour ; aussi a-t-il laissé une quantité prodigieuse de manuscrits sur différents objets de morale , de métaphysique, de politique, d'agronomie, mais surtout de médecine.
Il écrivait avec une facilité étonnante ; ce qui est cause sans doute du peu de profondeur, d'exactitude et de correction que Ton rencontre dans ses productions.
Il remporta néanmoins plusieurs prix aux académies de Bruxelles et de Munich, de laquelle dernière il était membre honoraire: on voit en effet dans toutes ses compositions l'homme appliqué et savant qui cherche k se rendre utile et à faire
dériver ses études sur la félicité publique.
Ce savant religieux consacra plusieurs années à Caire des expériences dans l'électricité sur laquelle il se forma un système particulier: il voulut essayer si la manière d'agir relative aux corps se vérifierait également soit en détail soit en grand, et découvrir s'il n'y avait pas une analogie harmonique entre la manière d'agir des êtres purement spirituels et celle des êtres animés d'un principe actif.
Comme il crut avoir trouvé cette analogie harmonique il s'appliqua à développer d'abord cette idée dans deux mémoires sur des questions proposées par l'académie de Munich, touchant le mécanisme du tonnerre et des orages ainsi que sur les moyens de les détourner et de s'en garantir. Ces compositions, avons-nous dit, furent couronnées par ce corps savant.
Don Robert Hickman voulut de plus * développer sa théorie dans un grand ouvrage auquel il avait donné pour titre:
Dissertation sur le mécanisme électrique animal de la nature, relativement à la physique, à la métaphysique, à la politique et à la morale. Mais le prospectus seul fut publié en 1775.
Ce vénérable et savant religieux mourut dans sbn abbaye le 7 juillet 1787, à l'âge de près de 67 ans.
C* de Bec »k Ltevat, Biographie lief eoiac, II. 487. — Dt Fillm, Journal kisteriepe et littéraire, du 18 octobre 1787, 362. — Coran», Encyclopédie moderne, XIII, 53.
HOCHSTADEN, Conrad, comte de, n'appartient que très-indirectement à la Biographie luxembourgeoise, et il n'y aurait pas été compris si le manuscrit des Viri illustres, que nous tenons à reproduire en entier dans cet ouvrage, ne l'avait pas rappelé. Voici ce qu'il dit de ce personnage: « 1237. Conradus ab Hochstaden « frater comitis Viandani , Archiepiscopus « Coloniensis S. R. I. P. Elector, incepit «Fabricant novœ Basilics trium regura «Colonise et Cborum Mundi miraculum « perfecit. »
Il y a ici une erreur généalogique ma-
nifeste. En effet, il est démontré que Conrad de Hochstaden était fils de Didier, comte de Hochstaden, et de Mathilde, fille elle-même de Godefroid I , comte de Vianden. Partant il n'a pu être que neveu d'un comte-régnant de Vianden ou bien son cousin , non son frère.
La maison de Hochstaden, branche cadette des comtes d'Aar, n'a jamais relevé du Luxembourg.
Conrad, comte de Hochstaden, se voua au sacerdoce ; il était pré vêt de la cathédrale de Cologne en J237, lorsqu'il succéda sur le siège archiépiscopal de ce diocèse, à Henri de MiUenarck. Après un gouvernement de vingt-quatre ans qui furent remplis de guerres et de difficultés tantôt contre les bourgeois de Cologne, tantôt contre ses voisins , et pendant lesquelles il eut k subir plusieurs revers comme il obtint des succès et acquit de belles possessions à son Eglise , il mourut le 28 septembre 1261. Bien que trèssommaires, ces notions suffiront, puisque, nous le répétons , ce personnage ne concerne pas directement le Luxembourg.
Cependant nous ajouterons que la construction de la cathédrale dont il posa la première pierre le jour de l'Assomption en l'année 1248, rend son nom immortel et doit glorifier notre pays pour avoir donné le jour à sa mère.
"Viri ainatret, I, N* 15 — Scnannar et B«a»cn. Eiflia illnatrata, I, part I, 184, IS6, 160, »«jqq et 4' table généalogiqne. — Nrraa, IlUUire de Vianden. 74, tq. — Mannacriti donc». — Beat noter, J, P.J. IX - Po.lt. I, fol. LXV1.
HOEN> Hector de, né a St. Vith, a obtenu de l'auteur du manuscrit des Viri illustres la mention qui soit: « 1620. Hec- «tor ab Hœn , Vitensis, prirnum Carthu- « siae Rutilensis, deinde Trevirensis prior « et visitator istius ordinis per totam Ger- « maniam Sanctitatis opinione clarus. »
Bertholet ajoute que le milésime placé en marge indique Tannée de son décès; cependant Brower et Masen le fixent au 20 février 1622. Ils ajoutent que Hector
de Hœn élait un homme éminent dans l'art oratoire de môme que dans la conversation.
Viriillattre*. I. N° S7.-BHT«OLn, VIII, 107. — ». Sraaaans, Metropoli* Ecclt c. Trerer. II, ."529.
HOFFSCH M IDT, <f, famille distinguée, originaire du Pays de Paderborn, s'était établie vers la fin du seizième siècle k Cologne. Bernard d'Hoflschmidt et Barbe von Vollmans son épouse étant tous deux morts subitement dans cette dernière ville, en 1 595 , victimes d'une maladie épidéinique, leurs deux enfants furent obligés de la quitter et ils se retirèrent dans le Pays de Luxembourg où Arnold, l'un des deux devint seigneur de Mohimont et capitaine commandant du château de Mirtvart pour le service d'Espagne.
Par Lettres datées de Madrid, le 3 novembre 1643, cet Arnold fut anobli tant pour lui que pour ses descendants légitimes des deux sexes, parle roi Philippe IV, pour services rendus. Les armes qui furent concédées â Cette occasion à la famille d'Hoflschmidt, sont blasonnées comme suit dans les Patentes royales : Un écu de gueules à un autruche courant et volant d'argent, tenant un anneau d'or au bec; coupé en pointe d'argent, à trois pals de gueules. Heaume grillé. Timbre : un autruche naissant et volant aux couleurs de l'écu. Bourrelet et hachemenls de gueules et d'argent.
Il semble que le parchemin dont il est ici question n'a été qu'un raffraichissement d'une noblesse plus ancienne, bien que cette circonstance n'y soit pas mentionnée, puisqu'il résulte d'un certificat authentique délivré à cet Arnold par le sénat de Cologne le 15 juin 1641 , deux ans avant l'anoblissement du roi d'Espagne, que cette famille aurait déjà alors, comme antérieurement encore, été réputée appartenir & l'ordre équestre.
Quoiqu'il en soit, noble d'ancienneté ou anoblie depuis 1643, la famille d'Hoflschmidt est une maison patricienne luxembourgeoise qui a produit plusieurs officiers supérieurs distingués aux armées autri-
chienne et française, ainsi que des membres éclairés aux chambres législatives, aux états provinciaux, etc.
Nobiliaire de* Pay»-Ba* et de Bourgogne, I. 974.
— Titres de famille. — ReaseigvenenU communiqué*.
- Biographie géuérale de* Belge*, 109.
HOFFSCHMIDT, Ernest-François-Joseph d*, est né à Resteigne le 30 juin 1761 , douzième des quatorze enfants de Henri- Joachim d'Hoflschmidt, seigneur de Resteigne, Mohimont, Lesse, Sécbery, Recogne, Bellaire , etc., et de Louise de Smakers, de Mirwart.
Après avoir rempli sous l'empire français plusieurs fonctions importantes, Ernest d'Hoflschmidt fut nommé en 1815, membre de la seconde chambre des Etats- Généraux du royaume des Pays-Bas. II se fit remarquer dans cette assemblée par un sens droit, un grand amour pour la justice et un patriotisme éclairé. Pendant la session de 1816 il se prononça avec force contre la liberté illimitée du commerce des grains et demanda le 6 décembre que l'exportation fût au moins prohibée pour le Grand-Duché de Luxembourg menacé d'une prochaine disette. Dans la séance du surlendemain cette proposition fut adoptée par soixante voix contre douze. Sur toutes les questions d'un grand intérêt, telles que la liberté de la presse, le droit de chasse, etc., il a constamment voté dans le sens le plus libéral.
Ernest-François-Joseph d'Hoflschmidt était aussi membre de l'ordre équestre du Grand-Duché de Luxembourg et chevalier du Lion néerlandais. Il avait épousé Marguerite-Philippe de Chanly et mourut le 6 juin 1818, dans son château de Recogne.
Titre* de fumille. — Généalogie authentique. — Galerie des couteaaporaiua , V, 328. — Annuaire historique et biographique , 1844. — Renteigncneat* communiqué* — Biographie amuvclle de* contemporain!. IX, 904, aq.
HOFFSCHMIDT, François-Henri d' , est né à Strasbourg le 25 juin 1797, fils du précédent, et pendant que ce dernier était au service de France.
En 1827 François-Henri d'Hoffschraidt fat envoyé par son arrondissement aux états -provinciaux dn Luxembourg et fit partie de ce corps jusqu'à la révolution belge de 1830 dont il embrassa les principes. Dès qu'il eut connaissance des événements qui se préparaient à Bruxelles il y accourut et prit part aux affaires des journées de septembre. Par ses représentations, dit-on, et ses instances il contribua puissamment à décider le gouvernement provisoire à associer le Luxembourg au mouvement des provinces belgiques, malgré les relations de ce Grand -Duché avec la confédération germanique. Il fut le premier administrateur belge dans le Luxembourg où le gouvernement provisoire l'envoya en qualité de commissaire général ; il y organisa les diverses branches d'administration et y maintint l'ordre et la tranquillité. Il exerça ces fonctions jusqu'à l'arrivée du Gouverneur Thorn (v. son art.), à la nomination duquel il contribua beaucoup.
En 1831 François-Henri d'Hoffschmidt fut élu membre de la chambre des représentants pour le district de Bastogne , mandat qu'il conserva jusqu'à sa retraite volontaire en 1839. Il prit dans cette assemblée part à toutes les discussions importantes et y plaida toujours la cause des libertés publiques. De concert avec ses amis politiques il travailla à la consolidation de la nationalité belge et à la reconnaissance de cette nationalité par les puissances étrangères. Voulant que cette reconnaissance fût compatible avec l'honneur et les intérêts de son pays il fut l'un des plus grands adversaires du traité de Londres du 19 avril 1839, et il prononça dans cette circonstance un discours remarquable qui fut accueilli par les applaudissements de la salle et des tribunes.
A l'adoption du traité, François-Henri d'Hoffschmidt donna sa démission de membre de la chambre des représentants et se retira des affaires publiques. Cependant il consentit plus tard à accepter les fonctions de commissaire de l'Arrondisse-
ment de Bastogne, fonctions qu'il conserva jusqu'à son décès arrivé le 23 février 1854.
En 1830 sa conduite lui valut la croix de fer; et vers 1843 le gouvernement belge, qu'il avait plusieurs fois combattu pendant sa carrière parlementaire , lui a décerné l'Ordre de Léopold. II avait épousé le 1er mai 1839 Léopoldine de Wauthier, du château de RoUé.
Renseignement, de famille. - A nuire historiée et biographie des Souverains et des Personnages distingue*; année 1044.— Généalogie authentique. — Titre* de 1. famille d'IIoffschmidt.
HOLLER, famille distinguée, habituée à Echternach. Elle a produit plusieurs grands personnages dont deux entr'autres méritent d'être inscrits au nombre de nos illustrations nationales. Cette famille s'est fondue en 1740 dans celle de Hout qui fut anoblie par Lettres-patentes du 31 mars de cette même année, dans la personne de François Hout, grand-bailly et écoutête d'Echternach et député ordinaire du Tiers-Etat des Duché de Luxembourg et comté de Chiny, fils de Nicolas, échevin de la ville d'Echternach, et de Marie-Elisabeth le Blucber.
Les de Hout-diU-Holler obtinrent pour armes: d'azur, au lion d'argent, armé et lampassé de gueules, tranché d'or et tiercé de sable, à la fourche de trois pointes mise en bande.
Le dernier descendant de cette famille de Hout-dits-Holler est mort U y a vingtcinq à trente ans environ: U était juge au tribunal de Luxembourg. Plusieurs personnages du nom de Hout ou H oust se sont également distingués ; nous les avons rangés sous leur ordre alphabétique.
Archive* da Conseil provincial de L«xemb««rg; Registre a«i commissions, N° iflOS, p. 3411. ▼*, *o<j. — Nobiliaire de* Pays-Bas et de Bourgogne. H, 807 ; combiné avec le Noaveau supplément au même ouvrage, «01». — Uanescnoca. — 8o«veuirs. — Renseignements foirait.
HOLLER , Bernard , a obtenu dans le manuscrit des Viri illustres l'article que nous allons transcrire : « 1646. Bernardus « Holler, Epternacensis J. U. Doctor, Pro-
«fessor juris Caesarei in uii>e viennensi « post Coosiliarius et procura tor fiscalis per eprovincias austriacas denique vice-Can- « cellarius in Excelso regimine per A us tria m « inferiorem , mortuus viennae. » La se bornent nos renseignement* sur ce personnage qui mourut en l'année ci-haut marquée.
Viri illustres, ni, N° 997. - Bcitmlit, VII i, 191. — Futur, I, fol. LXVI , acj. — A* Honaii«, Uiitor Trefir. diplamaL, III, 919 — Ulvilim;, 58.
HOLLER , Jean , frère de Bernard qui précède, est né à Echternach comme ce dernier. Après avoir passé Docteur dans l'un et l'autre droits et obtenu l'ordination il obtint une chaire de droit canon à l'Université de Trêves: Cependant il l'abandonna plus tard pour être nommé doyen de la collégiale de St. Siméon dans la même ville. Etant ensuite allé à Rome où il résida pendant dix ans, il se rendit trèsutile à son archevêque ainsi qu'à plusieurs autres princes chrétiens. A son retour le Souverain-Pontife le chargea de rapporter h Charles-Gaspard de Leyen, Prince- Electeur de Trêves, la confirmation de son élection ainsi que le pallium ; et il obtint en récompense de ses bons offices la charge d'official. Ce fut en cette dernière qualité qu'il accompagna en 1658 l'archevêque- Electeur Charles-Gaspard à la diète électorale où l'archiduc Léopold fut désigné empereur. Le lw juillet 1664 il fut sacré évéque d'Azot, suflragant de Trêves, et mourut le 20 novembre 1671, à l'âge de 58 ans. Son frère et son neveu lui élevèrent dans le temple inférieur de l'église de St. Siméon, aujourd'hui Porta nigra, ou il a été inhumé, une statue sur le piédestal de laquelle ils inscrivirent son épitaphe latine que nous nous croyons en devoir de copier ici , bien qu'elle ne rapporte que les mêmes faits que nous venons de relater:
« Deo ter optimo , ter maximo , et pos- «tumœ memoria: JOANNIS HOLLER de «Epternaco, qui per varios honorum ncontcendcns gradus , omnibus idoneum
«se dignumque prœbuit. Utriusque primum « Juris Doctor ad Cardinalium Rotnœ Con- « sistorium Clerieus nationalis sub Inno- « centio X. Pont. Max. iterato confirmante «Ferdinando Rom. Imp. III. consistens « decennio, serenissimo Archiduci Leopoldo «strenuam in Episcopatibus Olmucensi, « Argentinensi, Passaviensi etc. aliis sub- «inde diversis Principibus navando ope- «rom, jamtum infuUx pedoque indubio a argumento prœlusit. Ex urbe reverettdis- «x simo Carolo Casparo Archi-prasuli dum «pallium Nuntius Apostolicus attulit , «Metropolitanœ Curiœ Oflicialalum, anti « in hujus adis Decanum electus, decumanœ afidelitatis honorarium retulit. Suffraga- « neus deèn inponti/icalibuset spiritualibus « Viearius generalis ac judex ordinarius, «quin et a consiliis intimus , aurum «justitiœ suffragari non sus ti nuit , sed «verilatem, privatœ alias fortunœ bonum, «etiam Principibus dixit. Bernardo ger- « mano iuo, quondam Universitatis Vien- «nensis in Austria Rectori magnifico asuppar, perstitit aima Treverica Pro- « Cancellarius. DonecParca, nullibi parca, «cancellos rimata, lœta meditantem letho «tradidit, et inexpeditum vitœ flamen «prœcidit. Legaliones complures ad Pon- «ti/Uios Nuntios obiit et Apostolorum « limina. Et unam demum, illamque post- « remam immaturus subire jussus est ad « culmen. Azotensis demum per septennium «.Episcopus, sub dignitatum onere fatis- « cens, denatus e terrœ catno ad cœleste 12. «Calend. Decembris CI0.I3C.LXXI. œia- «,tis LVIII. Huic nuper in ara agenti, Hnunc vero hic in area arenti mnemnosy- «non hoc cceterorum nomine cohœredum «poni curarunt Magnericus f rater , et «Joannes Osweiler nepos, in hâc insigni « Collegiata successor. »
AiOmium, Uistoris Tr< ïin hsis diplomaties, 111, 919 et 003, aot a. ad actum 0 m,; 1030; et Pro- Hromus Historié TreTireniu, 800. - Picaair. I fol- LX.VII. — GetU Trevirorum . III, 108. et note b. — P » ut et , 03. — Bmtbolit , I, P. J. VII. — B.casr.H, Eifiia Hhutrata, III, II. h, 308. sq. - Mmr». Britrargc car KennUisx du Sauer Thaïes , 33, sa,
HONTHEIM, Jean-Nicola» de, le célèbre évéque de Myriophite, suflragant de l'archevéque-étecteur de Trêves , n'appartient à la Biographie du Luxembourg que d'une manière absolument indirecte et tout à fait secondaire: cependant il s'est rendu trop recommandable à ce pays pour que nous ayons pu le passer sous silence dans notre ouvrage. En effet, ses œuvres bistoriques doivent être citées presque à chaque page lorsqu'on écrit les annales du Luxembourg pour lesquelles elles sont devenues une des sources les plus importantes. D'un autre coté , par suite de ses fonctions de suflragant de l'archevêché de Trêves auquel le Luxembourg ressortirait alors en grande partie , son influence spirituelle s'est fait sentir en mainte circonstance par nos populations, et nos vieillards se rappellent encore avec plaisir le zèle que ce prélat mettait dans l'administration diocésaine ; ses visites ecclésiastiques, ses voyages pour assister à nos pompes religieuses afin de les rehausser par réclat de sa présence; son décès enGn, arrivé au château de Mootquintin dans le Luxembourg et qui était sa propriété. Tous ces motifs nous ont engagé à lui consacrer ici une très-courte notice historique.
Jean-Nicolas de Hontheim appartenait à une famille patricienne qui avait déjà fourni à l'église plusieurs prélats méritants. Il est né à Trêves le 27 janvier 1701 . Après avoir terminé ses humanités chez les jésuites de sa ville natale il alla , avec son frère , suivre les cours des universités de Louvain et de Leyden. En 1721 il obtint à l'académie de Trêves le bonnet de docteur en droits civil et canonique.
Poussé par une propension naturelle et irrésistible vers les études , ainsi que par une vocation particulière vers la solitude, il choisit l'état ecclésiastique. Peu de temps après avoir obtenu les ordres il fit un voyage à Home afin de se familiariser avec la pratique curiale de la Cour pontificale et la politique.
A son retour de la capitale de la chrétienté, le savant archevêque-électeur Fran-
çois-Georges de Schœnborn le nomma conseiller ecclésiastique près de son consistoire, et bientôt après professeur des Pandectes et du Codex à l'université de Trêves. 11 le chargea en outre de plusieurs affaires importantes concernant son église. En 1748 il le sacra évéque du titre de Myriophyte et le prit pour son suflragant.
En 1750 de Hontheim publia son: Hisloria Tretirensis diplomatica et pragmatica, Augsbourg et Wûrzbourg; 3 vol. in fol. ; ouvrage rempli de recherches étendues et profondes, qui fut suivi en 1757 du: Prodromus Historiés Tretirensis diplomaticœ et pragmaticœ ; Augsbourg, 2 vol. in folio. En 1765 il édita une autre œuvre qu'il intitula : De statu Ecclesire et légitimé potestate romani Pontificis liber singularis, ad reunie ndo$ dissidentes in religione christianos compost tus ; in 4° ; Bouillon: Il cherchait dans cet ouvrage, comme le titre l'indique, à réunir les différents partis dissidents et militants de l'Eglise. Cette composition, qui fut imprimée sous le pseudonyme de Justus Febronius, ayant excité de puissantes oppositions, de Hontheim se vil engagé a se défendre dans des suppléments où il donnait des explications ultérieures sur ses propositions primitivement énoncées en général, de manière qu'à la fin son livre arriva jusqu'à compter cinq volumes.
Cependant, l'auteur, vaincu par les instances de son archevêque consentit en 1777 à publier une rétractation de son système. L'œuvre nouvelle, qui a retenu parmi le clergé le sobriquet de Febronius pœnitens , a pour titre : Justinus Febronius Abreviatus et emendatus. Id est: de statu Ecclesiœ trac talus ex sacrd Scripturâ, traditione et melioris notes catholicis scriptoribus adornatus, ab auctore ipso in hoc compendium redactus; Cologne et Francfort; vol. in 4°, 310 pages; plus XL11I pages de Préface qui renferme la partie la plus importante.
La Bibliothèque de Luxembourg possède enfin un autre volume in 4°, intitulé : Juslini Febronii J. Cli. Commentarius in
suam retractationem S. P. Pio VI. Pont. Max. Kalendis nov. An. 1778 submiisam; Katisboane , 1781.
De Hontheim était en relation de correspondance intime avec les savants les plus honorables de tous les partis religieux et jouissait partout d'une réputation bien méritée de science , de vertu et de piété. Il est mort au château de Montqointin près de Virton, le 2 septembre 1790, d'où son corps fut transporté à Trêves pour être inhumé dans l'église monumentale du chapitre de St. Siméon, dont il était doyen. Lorsqu'on 1817 cette église fut déblayée pour rendre au monument sa destination primitive sous le nom de Porta martit ou nigra, les restes du grand prélat furent exhumés et placés dans l'église de St. Gangulfe. La chapelle seigneuriale de Montquintin renferme une inscription commémorative que nous transcrivons ici :
HîC Ilf CASTRO OBIIT II SBPTBMBR.
[MDCCXC.
Joannbs Nicolacs AB HONTHEIM Episcopus Myriopiutanus, si ffragambls
[Trbvirbnsis, domikus in montquintiîi Cokdomincs im Dampicocrt bt Rodvroy.
Trbviris XXVII jaw. HDCCI natfsj Ibidem biduo post mortbm tcmulatcs.
In prosperit et advertis sibi semper pressens ; amicus
constant, prudent et pius. Pater pauperutn. Patrue , ave atque vole.
Cette inscription est surmontée des armes du défunt, d'azur, au lévrier passant d'argent , portant un collier d'or ; heaume couronné d'or. Cimier : le lévrier naissant de l'écu. Supports : deux lévriers au naturel.
Nous croyons enûn faire plaisir à nos lecteurs en copiant l'acte de décès de l'évèque de Hontheim d'après le registre mortuaire de la paroisse de Montquintin :
« Le deuxième septembre de l'an mil « sept cent quatre-vingt-dix, vers six heures
« du matin , est mort en son château de (( Montquintin , muni des Sacrements de «notre Hère la Sainte-Eglise son Excelce lence Monseigneur l'Evêque suflragant «de Hontheim, seigneur de Montquintin; «son corps à été transporté le môme jour « pour être inhumé à Trêves dans l'Eglise «Collégiale de Saint Siméon. En foi de « quoi. {Signe') f. Rossignon, curé de Mont- «quintin. »
Un neveu de l'évèque de Hontheim , Mr F. L. de H. a coIUgé en six gros volumes in 4°, restés manuscrits, tous les décrets, ordonnances, etc., émanés du gouvernement républicain contre l'Eglise catholique , ainsi que ceux publics par la Cour de Rome , les évêques et ordinaires des diocèses. Cette collection , qui n'a réellement de valeur qne celle de présenter réunies toutes les mesures de persécution et les moyens de défense employés pendant cette triste époque , est néanmoins trèsprécieuse pour se faire une idée juste de cette période , lorsqu'on la considère sous le rapport religieux.
Converti tiont-Lriicon , édit. de 18JJI. — Ci***», Catalogne de la Bibliothèque de Luxembourg, 04, 113 et 476.— Naaoa, Catalogne de la Bibliothèque de Luxembourg, 111.— Don , luatituteur et accrélaire communal a Montquintin. Brn.eicnrmei.t» ttatiit. hl.lor et ad ii.loi.tr» lift. -Note» p.rticilicrr..
HONTOIS, ou Hortoi Pierre, nom latinisé en Hontaius, était né à Luxembourg ou bien à Namur. 11 vivait vers la fin du seizième et le commencement du dix-septième siècle.
Hontois avait embrassé la règle de la stricte observance de St. François chez les Récollets de Luxembourg, et se fit remarquer par sa science profonde en théologie de môme que dans les matières ecclésiastiques. 11 fut un professeur distingué de l'école attachée à cette époque à la dite maison religieuse. On a de lui : V Conciones per totum annum ; 6 vol. — 3° Mensa apostolica, id est commentarius concionatorii ex geniuno Epistotarum aposlolicarum sensu per totum annum. Ces deux
ouvrages ont été publiés à Mayence et à Cologne, en 1604.
Wiunni • Wiltiub, Duqai.itione. antiquarite Hiatorfe Laxeabargeiuîs.Lih. II, c. 4. § S.
Horrbo, Charles de; v. BEAUFORT, Charles de.
HOTTON , originaire du village
de même nom dans les Ardennes , vivait vers la fin du seizième et le premier quart du dix-septième siècles. Admis à la prêtrise , il fut pendant quelque temps curé , vraisemblablement de son endroit natal.
Plus tard il embrassa Tordre des Jésuites et passa dans lea Iodes occidentale* dont il devint l'apôtre.
L'auteur du manuscrit des Viri illustres repète les mêmes faits dans les termes
suivant*: « Hotton ex eodem pago
« in Arduenna Luxemburgica et ex pasto- « re animarum in Soc. Jesu missus in In- «diam occidentalem precibus mollis ira- « petratam lUius apostolus. »
Viri illHtret. I, H* M.
HOUFFALIZE , Raoul de, ainsi nommé sans doute de son endroit natal, vivait pendant le quinzième siècle et embrassa d'abord le parti des armes dans lequel il se distingua; mais plus tard, dégoûté du monde il se relira dans le comté de Clermont où il habita un hermitage , qu'il obtint du Pape Paul IV d'ériger en un monastère de Franciscains. Il y mourut en
p.»«t, i, m. Lxvn -n«t«o..«T, vin. m.
HOUFFALIZE, Théodorie <&, était fils de Henri, seigneur de Houflalize. En 1236 il fonda dans le chef-lieu de sa seigneurie le prieuré des écoliers qui y a subsisté jusqu'à la suppression des monastères; et en 1242 il transféra ce couvent en un autre emplacement , à la demande des religieux.
Théodorie de Houflalize , que l'auteur du manuscrit des Viri illustres cite simplement par son nom: «1204. Tbeodoricus de Houfializia. » mourut en 1282 et a été
inhumé dans l'église du monastère qu'il avait fondé. Bertbolet a encore vu son épitaphe qu'il nous a conservée:
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