ET DEUX
Le vendredi devant la sainte Katblinb
[Vierge.
Il y a eu deux maisons de Houflalize.
La première, à laquelle Théodorie appartenait, portait : d'argent , fascé d'azur. Cimier: un vol adossé par les pennes, au blason de l'écu.
La seconde famille de ce nom, issue d'un bâtard de Luxembourg a ce qu'on croit , blasonnait : Burellé d'argent et d'azur , de onze pièces , au lion de gueules la queue fourchue, passée en sautoir, armé, lampassé et couronné d'or, brochant sur le tout; brisé au canton dextre de gueules, coupé d'or. Cimier: une téte et un col de lion de gueules , lampassée et couronnée d'or, entre deux cornes de buffle, burellées comme l'écu.
Viri illutra, II, N» lae.-Bnraour, IV. 400 ad ASS.-Lf Délie*, de. P.ji EU., III, Stl.-P»..
HOUST, ou Hout, Antoine, non Hourt, comme Pierret et Ulveling écrivent par erreur, a vécu pendant les deux moitiés du seizième siècle et appartenait vraisemblablement à la famille Hout dans laquelle est venue se fondre en 1740 le nom de Holler (v. ce nom) lorsqu'elle a obtenu des lettres de noblesse avec addition de ce nom à la suite du sien, pour faire : de Hout-dit-Holler.
Il parait que Antoine Houst était né à Luxembourg. Après qu'il eut reçu le bonnet de Docteur en droits civil et canon il se vona à la magistrature et obtint siège au conseil provincial de Luxembourg en qualité de conseiller lettré ou de longue robe; mais ses mérites transcendants le firent bientôt après entrer au Conseil d'État et privé à Bruxelles où il est mort en 1570.
Ce personnage, disent l'auteur du manuscrit des Viri illustres ainsi que Guillaume de Wiltheim , a été un des plus zélés partisans de l'érection d'un collège de Jésuites dans sa ville natale ; mais il n'eut pas la satisfaction de voir ses désirs mis a exécution, puisqu'il mourut plus d'un quart de siècle avant l'arrivée définitive de ces pères à Luxembourg.
Voici l'article que lui consacre l'auteur du manuscrit que nous venons de citer : «1570. Antonius Houst Luxemburgensis «J. U. D. ex Senatore Luxemburgensi « Consiliarius sanctior Régis Bruxellae pro- » curavit labore auo , zelo et industria Col- « legium Societati Jesu , Luxemburgi; fun- « davit io a?de S" Micbaelis ibidem omnibus « diebus Jovis missam cantandam , bonori v vencrabilis sacramenti , mortuus Bruxel- « lis et sepultus in Cobergh— an Caudem- «berg? — ubi paria fundavit. »
BtMiu, 190.— WiLBuart a IVurana, Duqai- »itio»es aatiqaari» Hittoria luiembargeaai* , 1 II, e. 4. j S, et c. 6, | 5. — MaaaacriU Clou*. — IU«nout, VU!, 191.- Picaarr, I. fol. LXYIII - Utrauac, 38.- Viri iliuttta, III. 905
HOUST, ou Hoct, Jean, était vraisemblablement frère d'Antoine qui précède.
U était chanoine de la collégiale de St. Siméon, Banneret de l'archevêché, Recteur magnifique et doyen de la faculté de Théologie de l'Université de Trêves lorsqu'en janvier 1561 cette université fut remise aux Jésuites. En 1568 il fut nommé officiai du Prince-Electeur et mourut en 1 572. Nous donnons ici son épitapbe qui se trouvait dans l'église de St. Siméon où il a été inhumé :
FLBCTERB FAT1DICAS VIRTUS STODIUMOUS
[PUBLLAS
Si possbt, pura AOT rbligionis amor, HOUSTIUSmc Prn* scPERAssETSiBCCLA
[viTiB,
Artibcs, Officiis, Rblligionb valbns.
Cui LuXEMBCRGCM VITALBS C0NT0L1T OR-
[tC8,
At FABTAM 1NGBNII TrBVIRIS A LU A DBDIT. iLLA IffTBR PROCERBS SlMBONIS IN iSDE LO-
fCAVIT,
Sacra quibds kombn rbgcla cclta dbdit.
Ii.IàSiGILLI FBRI DECORATCM MUlfBBB VIDIT, VlDIT BT BXCBLSO BI8IT HONORE VIRI.
Vidit Magnifici Rbctoris muasse fcwgi,
VlDIT PaLLADH 8CBPTRA TBJIBRE G REGIS»
Ph^SOLIS ILLA VI CBS VIDIT COU LAUDB GB-
NOMEN AB OfFICII MGNERE FERRE SACRI.
vlbit, et huc nimium festino fbhere
[flbvit
SUBLATUM, 1ND0LCIT TBISTIA FATA MMI8.
SPIR1TCS ASTBA TBIfET : TRISTBS HOC CAR-
[MBN AMIC!
Qbsibus BGRBGIA imposubbb fidb.
Aa Hinttn, Hûtoria TrerirevsU diploaMtica, II, B44, »q j et 8tf0. — Brower et Mua. Mctropolii Eecleaia; TrcTtricK, I, 908.
HOVÉE, ou Hovai, Antoine van, nom latinisé en Hoveus, natif d'Egmond en Nord-Hollande, embrassa la vie religieuse et était déjà abbé de monastère d'Egmond lorsqu'il fut appelé aEchlernach en 1564 pour succéder en la même qualité à Godefroid d'Apremont, Nous avons vu à l'article Adelbert que ce religieux lévite, qui avait été compagnon de St. Willibrorde , s'était d'abord retiré avec ce prélat dans l'abbaye d'Ecbternach , et que plus tard il est allé fonder le monastère d'Egmond (v. l'art Adelbert).
Antoine Hovée, disent les annales, possédait une vaste érudition jointe a une éloquence consommée et au talent d'écrire d'une manière bien sentie et profondément raisonnée. Par ses manières affables il savait de même se faire aimer de ses subordonnés.
On a de lui : I*. De arte amandi Deum ; Cologne, 1566 ; in 12; — 1°. Detemporis nostri statu ac conditioner Leyde, 1564, in 12: c'est une dissertation sur les calamités du temps, écrite en forme de dialogue; — 5°. Historié van de edele Welgeborenc heeren ende graven van Egmond ; Harlem , 1644 ;— et finalement , selon Zigelbauer, 4°. un recueil d'Odes, d'Hymnes et de Prières; petit volume qui est resté manuscrit.
Le catalogue de la bibliothèque de Lux-
entbourg porte en outre le titre d'un ouvrage de Hovée, que nous croyons avoir été erronément copié. Voici ce litre : Hovrci Anlonii, abbatis Epternacensis pœma de arte amandi Christum ; Colon. Agripp. 1566, vol. in 12. A> ïagit-il pas de l'œuvre que nous avons citée sous A" 1 ?
Antoine Hovée est mort le 6 septembre 1568, après avoir lui-même fait son épitaphe que nous reproduisons ici :
IliC JACET iCTBBRBI PRJÏCEPTOR AHORIS
[HOVEUS
EXSPECTATQCB SCI JDDIC1S ORA DeI.
Urna ferat flores vbrnent tempora
[ciRCCM
Corpus humi rbcubbt, mess colat astra
[pou.
V. 8t«4«khs, Bfetropoli* Eecle*isc Trtvert nui», I, i>8«, ni. — Botuolct, II, P. J. XI. — Coran» , Encyclopédie moderne, XIII, 1 47. — CtAâK» , Catalogue de la Bibliothèque de Lusembourg, 114 et 435. — Nacuauu, Le* auteurs luxembourgeois, 17.— BnTiL«, S73. — Fa. SwaTiLt, Alkenc Bel pic*. ISS.
HUART, £, famille distinguée de nom et d'armes, qui a été honorée du titre de Baron de son nom. Originaire de la partie ardennaise du Luxembourg, elle s'est pendant le siècle dernier divisée en plusieurs branches principales dites : de Bertrange, de la Sauvage et de Jamoigne, qui toutes subsistent encore de nos jours. Les d'Huart en décorant leur écusson d'une couronne, ont cependant conservé leurs armes franches : d'argent , au houx de sinople, fruité de gueules , issant d'un brasier ardent (hou-ard.). L'écu timbré d'un casque de chevalier, de face, à sept grilles, orné de ses lambrequins gueule et argent et d'une couronne d'or. Cimier : le houx ardent de l'écu entre deux trompes, coupées argent et gueules, à trois flammes essortantes, aussi de gueules. Cri : cor meum sicut aquifolium ardet.
Cette famille qui a longtemps possédé les fiefs de Grinibiéville , Grimbiémont , Licrneux, Ouffigny, Habiémont, Hébrouval, Autel, Koerich, Rédange, Marner, Dockendorf, Bertrange, Lasauvage, etc.,
a produit un assez grand nombre d'illustrations luxembourgeoises que nous allons successivement passer en revue.
Nobiliaire dci Pays-Bus et dr Bourgogne; seconde partie, II, 534, et 649. — Ntrca, Notice géaéalogi<|uf'»ur la famille d'Huart; dans: Publication» de la Société archéologue de Luxembourg. 1834. X. 109 à 15». - La Baao* Eu" »'Uoa*t. Notice bittorique, et généalogique fur la famille d'Huart; passim.
HUART, Gérard-Mathias d\ est né au château d'Hébrouval le 2 février 1681. Il était fils de Charles-Gaspard, seigneur de partie d'Autel, Mensdorf, Hébrouval, etc., ddpulé aux diètes de Ratisbonne , et de Jeanne -Marguerite d'Huart de Grimbiéville, sa cousine qui lui avait donné quinze fils et huit filles. Il se titrait de Seigneur d'Autel , des Bulles , etc. Nommé le 1 5 novembre 1692 cornette de la compagnie de cavalerie que son frère ainé, Jean- Pierre, commandait au régiment de Manderscheid, il passa avec celui-ci en 1700 au service d'Espagne dès l'avènement de Philippe V, et fut fait le 25 octobre 1703 aide-major du 2e bataillon des Gardes- Wallonnes , et « telles furent les capacités « militaires qu'il déploya dans les carnet pagnes de 1704, 1705 et 1706, que le «roi l'éleva le 15 janvier 1707, au grade « de brigadier de ses armées » ; bien qu'il ne fût pas âgé de 30 ans. Trois mois après il combattit à la célèbre bataille d'Almanza dans laquelle il se trouva avec dix de ses frères, tous fils du même père et de la même mère, raogés dans une seule ligne , et où huit d'entre eux onze restèrent sur le champ d'honneur et de victoire.
Après avoir contribué à la prise de Lérida, recueil des plus grands capitaines, et à celle de Tortose, réputée imprenable jusqu'alors , le jeune brigadier fut nommé gouverneur de Monçon et reçut des lettres de service pour commander sur la frontière de Catalogne. A peine était-il installé dans Monçon que l'Archiduc parut sous les murs de celte place et le somma de lui en ouvrir les portes , sinon qu'il le ferait
pendre sur la brèche. D'Huart répondit froidement et en plaisantant: que pour le pendre il fallait le prendre, et s'apprêta à rendre la menace d'une difficile exécution. Profilant d'une absence du compétiteur de Philippe V, il fit pointer ses canons sur la tente archiducale et rabattit des premiers coups. Puis à son tour il fit sommer l'Archiduc de lever le siège s'il ne voulait subir le sort de sa tente désormais le point de mire de ses cinquante canoniers français. Comme cette notification était accompagnée de fréquentes et de vigoureuses sorties qui chaque jour balayaient la tranchée et décimaient les assiégeants, l'archiduc décampa par une sombre nuit d'automne, mais non sans compter avec le gouverneur de Monçon qui tailla son arrière-garde en pièces.
Un renfort de quatre bataillons et de quatre escadrons lui permit de refouler sur le camp retranché de Balagnières, occupé par le comte de Stahrenberg , un corps autrichien qui avait tenté de pénétrer en Arragon par Bellastro et Naval, d'exterminer dix à onze cents Miquelets qui désolaient la vallée de la Cina et d'enlever d'assaut la ville et le château d'Estadilla. Le comte de Stahrenberg détacha contre lui le général Stanhope avec ses anglais. « Mais le Baron d'Huart, dit une relation «de V époque, le talonna de si près qu'il «ne put rien entreprendre et fut obligé « d'abandonner Naval , de brûler le pont « de Medianos , de lever le siège d'Esta- « dilla , de renoncer à celui d'Ainsa et de «se replier à marches forcées sur le camp «de Balagnières, ramenant des troupes « démoralisées et épuisées de fatigues. »
Débarrassé du général Stanhope, le brigadier d'Huart courut prendre 460 hommes du régiment de Béarn envoyés d'Oléron, et les fit entrer avec un fort approvisionnement de vivres et de munitions dans la forteresse de Jaca que les Miquelets de Chabert tenaient étroitement bloquée. Le 16 mars 1711 le brevet de maréchal de camp récompensa d'aussi éclatants services: le 19 juillet 1709 il avait déjà, pour lui, ses descendants et ses collatéraux,
et en récompense de ses services signalés, ainsi que ceux de ses ancêtres , été créé Baron de son nom avec pouvoir d'étendre ce titre sur une terre qu'il posséderait dans les Pays de par-deçà.
Chargé en 1713 de couvrir le siège de Barcelone qui dura quatorze mois il s'acquitta de sa mission avec la hante intelligence et le brillant courage que les relations du temps se plaisent à glorifier en lui. Employé à l'expédition de Sicile il prit part à la victoire de Villafranca, aux sièges de Castellamara et de Messine, et fut fait le 5 juin 1719 lieutenant-général des armées d'Espagne ; puis le 24 mars 1720 commandant-général du Lampourdan, gouverneur-militaire et politique de Giron ne. L'année suivante Philippe V lui confia un commandement dans la guerre qu'il soutenait contre le régent de France et qui fut peu de temps après terminée par le traité de Madrid.
Dès lors une nouvelle carrière s'ouvrit pour Gërard-Mathias d'Huart : sous sa sage administration la province de Gironne sembla réaliser des merveilles en agriculture; et l'industrie catalane prudemment encouragée, devint proverbiale. Investi de la confiance de son roi , il déploya aux conférences de Figuières une courtoise dignité qui est du domaine de l'Histoire. Trois mois après , son hospitalité prit un caractère de générosité chevaleresque dans la noble réception qu'il fit à Gironne à l'ambassadeur extraordinaire du prince qui avait menacé de le faire pendre à Monçon.
Ce grand homme, si brillant dans les combats, si sage dans les conseils, si courtois dans les salons de son hôtel, était dans sa vie privée un modèle de vie de famille. Le 7 septembre 1728 il acheta pour le prix de trente-six mille écus de Luxembourg la baronnie de Jamoigne des mains de Dame Lambertine-Lamoraldine- Thérèse du Faing , baronne de Jamoigne et comtesse de Hasselt ; joignit ce titre à son nom patronymique et devint par-là chef de la branche de sa maison dite des Barons d'Huart de Jamoigne.
Par contrat du 11 août 1706, Gérard-
Mathias Baron d'Huart épousa Marie-Barbe de Martini, dame de partie de Rœser, dont il eut trois filles et quatre fils parmi lesquels derniers sa famille et le Luxembourg comptent une illustration dans la personne de Jean-Fraoçois-Henri-Gérard (v. son art.).
Gérard-Mathias d'Hoart mourut à Madrid le 24 mars 1730. Son corps réclamé par ses administrés, fut inhumé dans la cathédrale de Gironne sous un magnifique mausolée en marbre blanc élevé aux frais de la province.
Ntvaa, Histoire de laBsronnie <ie Jamoigae; dans: Publication» 4e la Société archéologique de Luxembourg. 181(4, X. Hl, - Nobiliaire de* Paya- Bat et de Bourgogne, féconde partie, II, 630. — Registre ans Commissions; aux archires da Comeîl provincial île Luxembourg, — Biographie générale de» Belge», 110.— Note* de famille communiquée*.— Piiaaar. I, fol. LXV1I. - Bmmn, VIII. 103. — Ulviuxc , 58.
HUART, Ignace d' , Prémontré, cité par Bertholet et Pierret pour ses ouvrages, n'est guère connu dans les Tablettes de la famille d'Huart où il se trouve tantôt dit frère , tantôt oncle de Gérard-Mathias qui précède , et cela parce qu'aucune date n'a été conservée qui pourrait le concerner. Nous n'avons découvert aucune des compositions littéraires de ce personnage; nous en ignorons même les titres.
Baarnot.tr . VIII , 193.— Pnaaar, I , folio LXV1I. — Tsilot. Mémoires manuscrits.— Ntïta, Histoire de la baroaaie de Jamoigae; daas : Publications de la Société archéologique de Luxembourg, 1834. X, 181 - Nioaajm, Les aatcnra laxemboargeots, 34 , note 4, IV*.
HUART , Jean d' , était (ils de Remacle d'Huart (v. son art.) et de Barbe firenner de Nalbacb. 11 naquit à Luxembourg le 6 août 1591 et fut créé chevalier héréditaire du Saint-Empire avec ses frères, par Lettres-patentes du 13 septembre 1613. Le manuscrit des Viri illustres consacre à ce personnage distingué la mention suivante : « 1634. Joannes Huart Cas- «pari prasidis frater commendatione prae- « teriti ac séria Schwicardi Arcbiepiscopi « Moguntini principis-Electoris cui diu sc- « cretis cubiculi fuerat, a ser" Elisabetha
« Eugenia Hispaniarum Infante ficlgii dote mina assumptus in secretarium germait nicum moriens legavit sacello B. Maria? « Vîrginis Consolatricis Afflictorum Luxem- «burgi 500 Impériales Daleros. »
A cette notice succincte nous ajouterons quelques éclaircissements que nous a fournis le D' Coremans dans le savant travail sur la secrétairerie d'Etat qu'il a publié à Bruxelles en 1842: «Après Antonio Suit arès d'Aguello, nous voyons venir Jean «d'Huart, nommé secrétaire-assistant, «par Lettres-Patentes du 26 juin 1626, «et secrétaire d'Etat pour les affaires «d'Allemagne et du Nord, par décret du « 16 juillet 1632. Ce secrétaire fut sons «le gouvernement de l'Infante, devenue « veuve , ce qu'avait été Fleckammer pen- «dant la vie de l'archiduc Albert. Les « documents de son temps marquent une « des époques les plus brillantes de la se- «crétairerie allemande. Il rédigeait pour « l'Infante les sommaires espagnols des cor- « respondances allemandes , ainsi que les «minutes des réponses qu'elle agréait « presque toujours. C'était avec les princes «les plus distingués du temps, ainsi « qu'avec les Wallenstein, les Piccolomini, « les Tilly, etc., que correspondait d'Hu- «art et il ne manquait pas à sa tache. «Sous ce secrétaire d'Etat, le système «d'entretenir des espions sur différents « points de l'Allemagne ainsi qu'en Angle- « terre , en Hollande et en France, reçut « beaucoup d'extension: 11 fallait répondre «à Richelieu à la manière de Richelieu. « Un curé westphalien rendit de bons serti vices de ce genre. A Liège, dans les «années 1636 et 1637, Jean d'Huart «avait un correspondant nommé Marche, « avocat de profession, qui, dans quelques « lettres que nous possédons de lui, donne «des preuves de sa perspicacité et com- « munique des détails que l'on ne trouve «pas dans les rapports du président « Campi. La correspondance des agents « diplomatiques pendant cette période, où «notre patrie exerça une influence bien « prononcée sur les affaires d'Allemagne
«et de l'Europe catholique, sont d'un «puissant intérêt.
« Jean d'Huart était Luxem-
« bourgeois. Les lettres-patentes de sa no- « mination parlent honorablement des ser- « vices rendus aux maisons de Bourgogne « et d'Autriche par son père , son aïeul , «son bis-aïeul et son tris-aïeul »
Il mourut sans alliance , le 6 décembre
Viri iUaalrea, 111, N> 999. — Eh m «son. Baaoa • Usait, Natiee kiitorique et gêaëaloffiqae tur la fa-
u..ieM- Jaaa: PabL foc. areaéol. Lul>g , 1834, X, 115» «f.
HUART, Jean-François-Henri-G&ard, Baron d'Huart et de Jamoigne, seigneur de ce lieu, des Bulles, de Bertrange, de Rodange , des deux Sosoes , de Dockendorf , etc. , est né à Luxembourg le 6 novembre 1712, fils de Gérard-Mathias (v.
son art.) et de Marie Barbe de Martini.
A quatorze ans il obtint un drapeau aux Gardes-Walonnes et franchit rapidement les grades de sous-lieutenant, de lieutenant et d'aide-major. Fait premier adjudantmajor de ce corps d'élite sur le champ de victoire de Bilonto en 1734, il reçut à sa rentrée en Espagne le commandement d'une compagnie avec le brevet de colonel-propriétaire du régiment de la Reine.
La guerre ayant éclaté de nouveau en 1741 , il fut nommé major des grenadiers réunis aux Gardes-Walonnes et combattit a leur tête à Campo-Santo , à la retraite de Bologne et à la surprise de Velletlri. Dans cette sanglante échaffourée, Don Carlos, roi de Naples et depuis Charles III d'Espagne, lui dut la liberté sinon la vie. Elevé en 1744 aux fonctions d'adjudantmajor-général de l'armée d'Espagne , il fit la campagne d'Italie sous les ordres du comte de Gages et prit une part si active à cette guerre qu'il fut nommé en 1746 major-général. De retour à Luxembourg pour prendre quelque repos après tant de fatigues, le Baron d'Huart épousa le 17 février 1751, au château d'Everlaoge, Anne-Marie-Camille marquise de Villers,
de Burgesch , qui lui donna trois fils et quatre filles.
Depuis son mariage il renonça à la carrière militaire et se fixa au château de la Sauvage où il mourut le Ie* janvier 1781. Il repose au cimetière d'Ober-Korn ; mais son épitaphe a disparu.
Jean -François -Henri- Gérard Baron d'Huart a laissé sur les succès et les revers de l'armée d'Espagne en Italie des notes précieuses qui ont été imprimées à Metz en 1850, sous le litre de : Souvenirs de famille f brochure in 12.
Souveair» de famille; paaiiai.— Narxa. Gëaéalogie de la famille d'Haart; daat : PoLI. Soc, arcà, Laxbg. , 1834, X, 497, ta,.— Notes communiqaéea — • BoâaT, Notice aUUri<|ae et Cé*ëalogio,ae «ar la famille d'Hairt-Nira», Notice hi.toria.ae aar la famille de Wîltbeim, 99.
HUART, Jean-Gaspard cf , né à Luxembourg le 29 mars 1579, était fils aîné de Remacle d'Huart (v. son art.) et de Barbe Brenner de Nalhach, conséquemment frère de Jean, (v. son art.), le chancelier d'Etat sous l'infante Isabelle.
Après de très-brillantes études aux universités de Pont-a-Mousson, de Louvain et de Dôle, il fut reçu docteur en droits civil et canon à l'âge de vingt-un ans. Il passa ensuite et successivement Conseillerlettré au Conseil provincial de Luxembourg (31 août 1611), maître aux requêtes et Conseiller au Grand- Conseil de Malines (17 décembre 1626), enfin Président du Conseil provincial de Luxembourg (14 février 1632). Par diplôme donné à Ratisbonne, le 13 septembre 1613, il fut créé chevalier héréditaire du St. Empire par l'Empereur Mathias ; et la cour de Madrid le nomma le 17 juillet 1630, député résidant à la diète de l'Empire, comme elle l'avait chargé par dépêches datées de Bruxelles les 14 janvier, 14 février, 9 mars et 20 mai, de missions diplomatiques près des archevêques-Electeurs de Cologne et de Mayence, du duc de Neubourg, de l'abbé de Fulde et des évéques de Worms, d'Osnabruck et de Wttrtzbourg.
Jean-Gaspard d'Huart épousa au châ-
teau de Laroche en Ardenne, le 10 février 1609 , Hélène de Cymont dont naquirent quatre ûls et deux ûllea.
Ce magistrat et diplomate célèbre est mort Tictime de la maladie contagieuse qui décimait le pays, à Luxembourg, le 17 novembre 1633, après avoir pendant vingt-deux mois seulement occupé le fauteuil de Président du Conseil provincial. Il fut inhumé dans le chœur de l'Eglise des Récollets de sa ville natale, sous une tombe en marbre noir décorée de ses armes, de quatre quartiers et de l'inscription suivante :
MoiU'MENTCM NOBILIS ET AHPLISSIJMI