D. JOIS-GASPARI HUART
EoCITIS . C0N8ILII LUXEMB.
PR ESI DIS ET ARCMIVI pRiEFBCTI, EjCSQUE COJfJCGIS, DOMINiE
HELEN.E DE CYMONT.
IUe obiit 17 novcmbris 1633, Hœc tero 23 febr. 1663.
On voit par là que son épouse, qui lui survécut de trente ans, a été déposée à ses côtés. Ce monument a échappé au vandalisme en 1796. Racheté par la famille en 1802, il a été placé au cimetière d'Ober-Korn, à côté d'autres épilaphes de son nom.
Finalement l'auteur du manuscrit des Viri illustres parle de ce grand homme dans les termes suivants : c 1631. Joannes « Casparus Huart Luxeroburgensis filius c< Remacli Consiliarii Régis propter lega- <> tiones diligcnter Ratisbonx in Comitiis « et Colonie apud principes imperii pro- « fugos obitas e consiliario Mechlinicnsi << pr.-eses Luxemburgensis , roortuus ibic déni •>
\ïie>, Hiatoire «le la Baronniedc Jamoignet dans: l'ubl *oc. »rcb. Loxbrg.. 11)54, X, 113, «q.— l*rcci» liitturiqur de* Comte» de Bonr de la Vergue. — Eus D Udaii, Notice biitor. et génial, »ur la famille d'Huart. — Archive» du Coatcil provincial; Rrg. aux Cosamittion». — Biographie générale dea
neige», 110. — Manatcril BLAacaaa». — Usaai a'Hiia»t , Souvenir» de famille. — Viri illu*trc» , III,
n° a la.
HUART, Jean-Rem ocle oV3 ou simplement Remade, était fils de Remacle (v.
son art.), vice-Président du Conseil provincial de Luxembourg et de Barbe Brenner de Nalbacb. U naquit à Luxembourg le 28 mars 1603 et fut avec ses frères créé chevaUer héréditaire du Saint-Empire par Patentes du 16 septembre 1613. Il se lit prêtre et obtint un canonicat à St. Pierre de Mayence: U fut en même temps nommé un des sept prêtres de cette église. Sa réputation de science le fit députer aux diètes de Ratisbonne par plusieurs princes de l'Empire et par plusieurs Electeursarchevêques. L'auteur du manuscrit des Viri illustres lui a consacré les lignes qui « suivent : « 1654. Remaclus Huart, Lux- « emburgensis Arcbiepiscopis et Electori- « bus principibus Moguntinis aliquot a con- «sibis et legationibus , Decanus ad Stm. a Petrum Moguntiœ. »
Viri illu»tre«, I, N* 104 — Netzs, Généalogie de la famille d'Bnart ; dan* : Pnblic. de la Soc. areh. F.uabrg., 1884, X, 1 16. — ifanu»crit Bt*«csaaa. — Ea». « Httit, Kotice hirtorique et généal. •ur la famille d'Uoart. — Notice »nr le» Comte» de Bonj de la Vergoe.
HUART , Louis-Ge'rard-Joseph-Emmanuel Baron d' , chevalier héréditaire du St. Empire et d'Isabelle -la -catholique d'Espagne, élait fils de Cbarles-Elisabeto- Joseph, chevalier-Baron d'Huart, seigneur des deux Sosnes, de Bonneval, etc., lieutenant aux gardes-walonnes , et de dame Olympe-Séraphine comtesse de St. Mauris- Châtenois, dame héritière de Bonneval.
II est né au château de Lasauvage le 10 août 1795.
Fils d'une famille qui avait conservé les pieux souvenirs d'un attachement inviolable à la foi-jurée à la dynastie des souverains légitimes, le jeune d'Huart se vit compris par Napoléon Ier dans l'espèce de proscription qui pesait sur Charles- Elisabetb-Josepb son père , que l'Empereur avait placé sous la surveillance de
ia haute police pour avoir refusé d'entrer au service de la France impériale. Arraché violemment à sa famille où on s'était hâté de lui inculquer l'inviolabilité morale des principes de la légitimité, on le força, en exécution d'un décret impérial du 27 janvier 1810 et à l'âge de moins de quinze ans, à se rendre aux écoles militaires de La- Flèche et de St. Cyr; mais il ne parut sous les aigles que pour assister à leurs revers. A la restauration le Baron Emmanuel d'Huart entra dans la compagnie écossaise des gardes du corps de Louis XVIII, par brevet du 16 juin 1814; et le 15 mars 1815 il franchit la frontière, suivant son roi à Gand.
Pendant les cent jours il continua de résider dans le Grand-Duché de Luxembourg, chez ses cousins à Bertrange.
Inscrit d'office sur les rôles de la milice du royaume des Pays-Bas il se vit un moment poursuivi, traqué pour ainsi dire comme réfractaire par les gendarmes du Pays, lorsqu'il prit le parti de rentrer en France où il se fit naturaliser le 25 septembre 1816; préférant, dit-il dans une de ses correspondances , l'épaulette de lieutenant avec la cocarde blanche au fusil et au bawersack hollandais.
Le 20 février 1817 il fut nommé capitaine-lieutenant au sixième régiment français , infanterie de la garde-royale. Cependant quelques années plus tard des intérêts de famille l'ayant contraint de renoncer à l'activité il obtint d'être attaché comme capitaine de remplacement au treizième régiraeut de chasseurs à cheval.
Lorsque la révolution de 1830 vint changer la face politique de la France le Baron d'Huart, pour rester fidèle au* principes de légitimité qu'il avait sucés avec le lait maternel, refusa de prêter serment à la dynastie nouvelle et prit sa démission du service militaire comme de ses autres fonctions politiques. Il put dès lors donner ses loisirs à ses études de constante prédilection, c'est-à-dire à celles de l'histoire et de l'archéologie ; et ces études ne tardèrent pas à devenir produc-
tives. Le Baron d'Huart devint un des fondateurs et principal rédacteur de La Revue d'Austrasie qui de 1837 à 1843 publia 13 volumes in 8°. Plusieurs articles intéressants sur l'Histoire locale du Pays Messin et de la Lorraine attestent de son talent d'historiographe, et de la part active qu'il prit à cette entreprise. La Gazette de Metz et de Lorraine qui paraissait alors, renferme aussi un grand nombre de compositions sur l'Histoire et l'Archéologie qui sont dues à sa plume élégante.
Bientôt plusieurs sociétés savantes s'empressèrent d'inscrire son nom sur le tableau de leurs membres ; c'est ainsi que dans sa séance du 8 septembre 1837 le Conseil d'administration de la Société pour la conservation et la description des monuments historiques de France lui offrit le titre d'associé; le 18 novembre 1839 il fut nommé titulaire de la société des antiquaires de Normandie; le 28 novembre 1811 il entra à l'Académie royale aujourd'hui impériale de Metz dont il fut un zélé collaborateur ; finalement le 23 juillet 1846 la Société Royale Grand-Ducale pour la recherche et la conservation des monuments historiques dans le Pays de Luxembourg lui décerna le rang de membre honoraire ; et depuis son admission jusqu'à la veille de son décès, cette société a reçu du Baron d'Huart des preuves manifestes de son zèle infatigable, de ses connaissances aussi vastes que variées et de t>on dévouement pour l'histoire de son ancienne patrie : Etablir et consolider de plus en plus les liens de bienveillante confraternité qui unissent l'académie de Metz avec la société archéologique luxembourgeoise; secouer la poussière de ses propres archives et de celles des maisons alliées pour rendre au jour les faits historiques qu'elles recèlent; rehausser l'intérêt des publications annuelles de cette dernière société par des notices sur des localités et des familles luxembourgeoises , tel a été un objet de sa plus constante sollicitude.
En publiant en 1853 une Notice historique et généalogique sur sa famille, qu'il
a su faire remonter, vierge de mésalliance, par douze générations jusqu'au preux Reinhar de Houard qui périt sur le champ de bataille de Crécy le 26 août 1346, à côté de son preux suzerain le bon Jean dit l'aveugle, comte de Luxembourg et roi de Bohême, le Baron d'Huart n'a (ait que continuer l'œuvre commencée par son aïeul , Jean-François-Henri-Gérard Baron d'Huart (v. son art.) , dans « Les Souvenirs de famille», et par son père qui en visitant vers 1789 Grimbiémont et Grimbiéville, les domaines origioaires de ses ancêtres, en avait rapporté et sauvé assez de documents pour prouver sa descendance du chevalier Reinhar.
Des études consciencieuses, d'infatigables investigations, d'heureuses découvertes et des relations très-étendues ont mis le Baron d'Huart à même de traiter avec un rare intérêt les sujets dont il s'occupait. Par un style facile et plein de charmes il savait donner de l'attrait à des matières souvent arrides et entremêler ses récits de poétiques légendes qui venaient refléter l'image fidèle de l'époque dont elles rappelaient le souvenir.
Si l'Histoire et l'Art héraldique durent beaucoup aux consciencieux travaux du Baron d'Huart, l'archéologie aussi ne lui fut pas moins redevable : son regard scrutateur se reportait souvent au-delà des limites du moyen-Age pour étudier la physionomie du pays aux époques antérieures.
Les efforts qu'il a faits pour concourir à la conservation des monuments de tout genre ont surtout attaché un beau fleuron à la couronne qui enceint sa mémoire:
combien de monuments historiques n'a-t-il pas préservés sinon d'une destruction complète , du moins de barbares réparations qui souvent sont encore plus à craindre ! L'un des membres les plus influents de la commission d'archéologie de l'Académie de Metz , il prit une part très-importante aux réparations bien entendues de la célèbre cathédrale de cette ville dont on sait que les fondements ont été posés par un prélat issu de la Maison régnante de Lux-
embourg. Il serait trop long d'énomérer tous les monuments , les églises , les chapelles qui ont été l'objet de sa sollicitude. Son œuvre capitale , sous ce rapport , est la restauration de la Chartreuse de Bosserville, près de Nancy. Vendu en 1795, ce bel édifice fondé par Charles IV duc de Lorraioe, allait disparaître et subir sous l'esprit de vandalisme de cette époque le sort de tant de monuments majestueux, lorsque le Baron d'Huart conçut le patriotique projet de le racheter pour le rendre à sa destination primitive et a ses premiers possesseurs. Mais les religieux étaient alors hors d'état de contribuer en quoi que ce fût à la restauration des bâtiments. Le baron d'Huart ne se découragea pas: il ouvrit des souscriptions et déploya à cet effet toutes ses ressources pour atteindre son noble but. Aucun obstacle, aucune difficulté ne purent l'arrêter; enfin un succès complet vint couronner ses efforts et son dévouement; et en 1835 les disciples de Saint Bruno sont rentres dans leur sanctuaire qui avait semblé condamné à leur rester enlevé.
De quelque coté qu'on tourne ses regards on voit que partout le Baron d'Huart s'était imposé la tâche de se rendre utile. Les sciences, les arts, mais surtout l'agriculture étaient devenus le vaste domaine de son activité: à l'exposition des produits de l'industrie française en 1844, un jury fut nommé dans chaque département pour examiner et déterminer les produits qui devaient être admis à l'exposition; le Baron d'Huart fut nommé membre de ce jury. Là comme partout ailleurs il mit tous ses soins à faire le bien ; et pour y parvenir il n'épargna ni peine , ni travail , ni voyages.
En 1846 il fut un des principaux organisateurs des comices qui ont exercé une si heureuse influence sur l'agriculture dans le Département de la Moselle. L'exploitation de la ferme de Bétange, à la tête de laquelle il se plaça, contribua aussi puissamment au développement de l'agriculture dans l'arrondissement de Thion-
rille: c'est ce que reconnut l'Académie de Metz en lui décernant en 1852 le grand prix de bonne exploitation.
Nous a?ons déjà parlé de la Notice historique et généalogique tur ta famille que le Baron Emmanuel d iluait a publiée en 1853 à Luxembourg, brochure in 8*j nous allons rapporter les titres de la plupart de ses autres écrits qui nous ont été communiqués en tirés-a-part , i*. hors du Recueil mensuel intitulé : La Revue d'Austrasie; i° des mémoires de l'Académie de Metz ; 5° des publications de la société archéologique de Luxembourg. Ses articles historiques de journal ne nous sont pas connus, mais ils sont assez nombreux.
1° 4837. Notice sur Héraple.— Le pâté de Chatel. — Notice sur le Ring de Dolberg.— Le lépreux de Volkrange. — — 1858. Le château de Preny , tradition du Chauffoir noir. — Notice sur madame de St. Balmont.— - Promenade archéologique:
Metloch ; Castell , le tombeau du roi Jean de Bohême (sous les Pseudo-initiales G.
de B.) 1839. Restauration de la chapelle de Thermitage du Mont St. Michel.
— Florange.— Montoy. — - Notice sur Sancy. — — 4840. Le chêne à la vierge. — Traditions populaires sur l'origine de la ville de Metz. — Le château de Mussy-lez- Longuyon. — Rarille et Créhange. — — 1844. Les fées de Viviers. — Bouxières aux Dames. — Notice sur le Père Fourier.
— — 4843. Chronique de la rie de Monseigneur SaintrLivier, citoyen de Metz. — Histoire de Philippe-Emmanuel , comte de Lignirille et do St. Empire.— 1845. Notice sur le château de Félin. -—Notice sur Richemont. — Châtel-St.-Germain, près de Metz.
2* 1845 — 44. Daspich , annexe de Florange, canton et arrondissement de Thionville, par Clerx, Dofresne et d'Huart. Fouilles faites en octobre 1842 — 43.
— Rapport sur deux aqueducs romains découverts sur les bains de Chazellea, de Scy et de Lessy. — Les Faust d'Aschafienbourg, descendants du célèbre Jean Faust. 4844—45. Notice sur les anciennes
forges de Gustal et de Hayange. — — 4845—46. Communication faite àl'Académiesur les fresques découvertes à Sillegny.
«I* 4850 . La Chèvre d'or de Grimbiémont. — Histoire généalogique de la famille de Blanchart. — Baurde Kitzingen. — Jean , Baron de Beck. — Les descendants de Jean Faust. — Jean Brenner de Nal-
bach. 4854. Notice historique sur le
domaine de Lasauvage. — Notice sur le château de Raville. — Volkrange, puissante famille d'ancienne chevalerie luxembourgeoise. 4859. Illustrations luxembourgeoises, Neuforge. — Notice sur OdiUe-Dorotbée d'Huart, baronne d'Argenteau.
Le Baron Louis-Gérard-Joseph-Emmanuel d'Huart mourut en son château de Bétange, le 8 janvier 1856, a l'âge de 60 ans et huit mois.
Le 15 septembre 1818 il avait épousé la noble et illustre Dame Marie-Emilie-Julie Comtesse de Bétbune-Saint-Venant , du sang du grand Sully, fille unique de Louis- Philippe-Eugène Comte de Béthune-Saint- Venant et de Julie-Alexandrine-Françoise Marquise de Raulin de Belval. De ce mariage naquirent quatre fils dont le puîné et le cadet ont rang d'officier dans l'armée impériale de France.
Kivm , Généalogie de la famille d'Huart; ilaoi : Publication* de la Société archrologiqae de Luxembourg, 1884, X. 105. — Naara, Notice iur M. le Baroa Eaïaaanael dUoart: broeb. i. 8°. de 8 page». — PablicaUont de la Société arcbe*l.deLa»emboore. XI. xn , *qqq.: NécroloRe du baroa Emaaaaael d'Uoart. — SouveaJre. — Cencapondaaaea avec le Baroa d'Maart — Notet eemaaniquée*. — La Aetao d'Auatraaie. - Méaaoirea de l'Aeadésaie royale de Meta. — Naave, Catalogne de la Bibliotbètjae de Laiemboart, 778, »q.
11UART, Remacle dî, était fils de Colinet ou Nicolas d'Huart, seigneur de Grimbiéville et Grimbiémont , et de Gertrude ou Catherine de Versale-Denal. Il se titrait de Seigneur de Grimbiérille-Grimbiémont et de Berg, et naquit le 14 juin 1537, au château de Wanne, Pays de Stafelot; d'où Bertels le nomme Stabulen-
Dès l'âge de quatre ans il Tut confié aux soins de son oncle et parrain, Remacle d'Huart, curé de Lierneux, qoi est allé mourir en 1547 à l'abbaye de Prum et sous lequel il fit ses premières études qu'il continua ensuite à Liège où il prit les degrés de bachelier-ès-lettres et de licencié en droit, après quoi il embrassa la carrière de la magistrature que Charles-Quint Tenait de remettre en honneur parmi la noblesse. Il fut nommé successivement Greflier, puis Conseiller-lettré, trésorier-garde-du-sceau, garde des archives et vice -président du Conseil provincial de Luxembourg. En 1 568 la Cour de Bruxelles le chargea d'informer sur les troubles du Pays de Matines et le députa aux conférences qui eurent lieu en 1601 relativement à la terre de Marville et à celles qui se tinrent en 1602 et 1604 à l'occasion des difficultés que le chapitre de Verdun avait suscitées entre l'Espagne et la France.
II avait épousé à Arlon, le 20 mars 1578, Barbe Brenner de Nalbach, dame de Berg près Remich, qui lui avait donné cinq fils et huit filles. Parmi les fils, Jean- Gaspard et Jean-Remacle ont mérité de figurer dans cet ouvrage.
Remacle d'Huart mourut à Luxembourg, le 26 juillet 1613.
Birrtu, 1 18. — Archives do Conseil provincial de Luxembourg! Reg. aux Commissions. — Manuscrit DLA«ca**r. — Emu. ■IIosbt, Notice généalogique et historique sur la famille d'Huart ~ Nrraii , Butoire de la Haronue de Jamoigne; dans: Public. Soc. archéol. de Luibrg., 18B4, X, III, «q.
HUBERT, Saint, aussi nommé, Huobtrt, Hugbert, Humbert, Heribert, était né du sang ducal d'Aquitaine. Il est peu de personnages dont les gestes aient été plus diversement consignés que ceux de Hubert d'Aquitaine ; et les légendes nous en rapportent la plus grande partie d'une manière entièrement inexacte, en y entremêlant des récits absolument étrangers au saint. Nous nous efforcerons de ne recueillir que les faits historiques positivement établis, sans nous inquiéter s'ils cadreront bien avec ceux que racontent les légen-
daires qui ont été souvent plus pieux que véridiques.
Nous avons hésité d'abord sur la question de savoir si nous comprendrions Saint- Hubert parmi les illustrations luxembourgeoises; mais après de mûres réflexions nous avons cru ne pas devoir l'omettre , parce que, patron et évéque d'une partie de l'Ardenne luxembourgeoise où son culte est très-répandu, il appartient à notre Pays, au moins moralement parlant, attendu que le célèbre monastère qui portait son nom et possédait ses reliques a fait partie de cette province.
Hubert , né duc d'Aquitaine , était fils unique de Bertrand et de Pbigberte. De son côté, son père Bertrand avait été fils de Cbaribert, roi de Toulouse qui avait été dépossédé par le roi Dagobert. Le jeune Hubert paraît-il, naquit pendant la seconde moitié du septième siècle.
A la mort de son père, Ebroïn était maire du palais des rob de Neustrie. Ce seigneur qui s'était attaché a ruiner le crédit de la noblesse envers laquelle il usait de la plus grande insolence, força à la fin plusieurs des grands du royaume, entr'autres Hubert, à s'expatrier et à se réfugier auprès de Pépin duc d'Austrasie qui tenait sa cour à Jupille. Ce prince, qui était parent de Hubert, reçut les réfugiés avec bonté et se mit aussitôt en devoir de tenter une démarche sérieuse afin de les rétablir dans leurs domaines : il envoya en conséquence une embassade a Thierry qui avait succédé a Clotaire III, pour rengager à rappeler les seigneurs qu'Ebroin avait obligés à la fuite. Mais Thierry ne donna non-seulement pas aux envoyés de Pépin une réponse favorable touchant l'objet de leur mission, mais il leur déclara qu'il irait bientôt faire la guerre à leur maître pour le punir d'avoir osé prendre parti pour des sujets rebelles. Dès qu'il eut appris cette réponse déplacée, Pépin se prépara à entrer en campagne. Les deux armées se rencontrèrent dans les plaines de Testri, où Thierry fut complètement vaincu et obligé de fuir jusqu'à
Paris dont les bourgeois le livrèrent au vainqueur qui ne lui laissa que le titre de roi et s'attribua à soi-même le pouvoir souverain. Hubert d'Aquitaine ne fut point étranger à ces événements, puisqu'il contribua avec les autres réfugiés de la cour de Neustrie à brouiller Thierry avec Pépin.
Hubert demeurait à la cour de Jupille lorsque Pépin lui fit épouser une femme digue de sa haute extraction. Elle était fille d'un comte de Louvain et se nommait Floribane, ou Florvine suivant le P. Di- ▼œus qui dénomme le père de cette dame Floribert , non Dagobert comme d'autres auteurs l'ont avancé. Un fils unique , qui reçut le nom de Floribert comme son grandpère, fut le fruit de cette union. Nous n'avons pu découvrir rien de certain dans le chaos qui règne chez les historiens sur la question de savoir si l'épouse de Hubert vécut longtemps ; si elle était morte lorsque son mari s'engagea dans les ordres ; ou bien si ces époux, se séparant à cette occasion d'un consentement mutuel, cette «lame sera entrée dans un monastère alors que son mari se voua au service des autels.
Le séjour de Hubert à la cour de Neustrie puis à celle de Pépin , doit faire supposer que nonobstant les ténèbres qui régnaient alors généralement , il a possédé quelque culture intellectuelle malgré le préjugé qui faisait méprisera la noblesse toute étude qui n'avait pas rapport avec le maniement des armes et l'exercice du cheval. En effet le palais des rois français était devenu alors en quelque façon l'asile des lettres, grâce à l'usage que ces princes avaient conservé d'entretenir à leur suite des religieux qui, se livrant dans leur retraite aux travaux littéraires , donnaient l'exemple aux jeunes seigneurs qui y résidaient. Hubert , dont les dispositions sont assez dénotées par ses actes postérieurs, aura proflté des leçons de cette école pour acquérir au moins les premiers principes de littérature ; de façon que déjà à son arrivée chez Pépin il aura pu, comme disent les légendaires, être plein de science, pour son époque bien entendu.
Cependant a6n de jeter plus d'éclat sur la conversion de Hubert, d'autres légendaires le présentent comme attaché à l'idolâtrie lorsqu'il vivait à la cour: Mais on ne peut pas admettre cette assertion. En effet, dans l'école où il fut élevé on ne pouvait se borner à initier ceux qui la fréquentaient à la connaissance des sciences profanes, puisque, tenue par des prêtres, la religion devait servir de base à l'éducation qui y était faite.
Après avoir établi le fait de l'instruction, au moins sommaire et éminemment religieuse que Hubert devait avoir reçue avant d'arriver à Jupille , nous ajouterons qu'il semble qu'il perdit sa femme pen après la naissance de son Gis Floribert , et que par suite de ce malheur il sera rentré en lui-même et aura pris la résolution de renoncer au monde en se vouant entièrement à Dieu et à son culte. Que cette résolution lui soit venue par l'effet de ses propres réflexions sur la vanité des grandeurs de la terre, soit par l'apparition réelle ou imaginaire du signe de la rédemption fiché entre les bois d'un cerf qu'il avait lancé à la chasse un jour de féte et qu'il aurait été prêt à tuer, comme la légende le prétend ; toujours est-il vrai qu'il vint trouver Tévéque Lambert, un des prélats les plus instruits comme les plus vertueux de son temps et qui s'était déjà alors rendu célèbre par sou zèle à détruire l'idolâtrie dans l'ancienne Taxandrie.
Lambert accueillit avec bonté son nouveau disciple qui, du reste, n'était pas un étranger pour lui puisqu'il devait l'avoir rencontré plus d'une fois déjà dans le Palais de Pépin. Ce fut pour lui une grande joie d'apprendre qu'un chevalier qui avait vécu jusqu'alors au milieu du luxe des cours renonçait aux biens de ce monde pour obéir à la vocation religieuse qui s'était révélée en lui.
Le premier soin de Hubert fut de se dépouiller de ses richesses au profit des pauvres et des couvents : il se hâta , dit le légendaire, de mettre arrière sa ceinture de chevalerie. Et après plusieurs
années de soias assidus de la part du maître et d'une dévotion zélée de celle de l'élève, celui-ci fut assez avancé dans son éducation tbéologique pour que Saint-Lambert déclarât n'avoir plus rien à lui apprendre et lui donna, disent les légendaires, le conseil d'aller en pèlerinage a Rome.
Soit qu'il y ait effectivement été, soit qu'il n'ait pas quitté Maastricht, ce qui parait plus vraisemblable ; ou bien encore, comme la tradition le rapporte, qu'il ait été mener une vie d'anachorète et de pénitent dans la forêt d'Ardenae, au lieu dit encore aujourd'hui la Converterie t toujours d'après l'avis de son maître ; Hubert apprit que l'évéque Lambert, son patron et son bienfaiteur était mort assassiné et martyr pour la foi. Tout le monde sait le sujet qui amena la tin tragique de ce saint qui fut grand comme homme, mais plus grand encore comme prélat. Ces faits se passèrent en 707, 708 ou 709.
Dès que la nouvelle de la perte que l'église de Tongres ou de Maastricht venait d'éprouver dans la personne de son pasteur fut connue , les voix du clergé et du peuple se réunirent pour dénommer Hubert pour son successeur (Dewez et Fétis).
Que Saint-Lambert l'eût encore consacré prêtre ou bien qu'il ait été ordiné par l'archevêque de Cologne son métropolitain, Hubert prit en main les rênes du gouvernement de cette église et se montra dans tons ses actes digne de succéder au vertueux prélat dont il était appelé à recueillir l'héritage. Il était à peine installé qu'il se hâta de se rendre dans la Taxandrie pour achever de convertir a l'Evangile les populations à demi-barbares chez lesquelles son prédécesseur avait commencé à faire pénétrer la lumière de la foi : Ces saintes missions n'étaient pas sans danger à une époque où il y avait peu de sécurité pour les personnes, même celles qui étaient revêtues d'un caractère sacré, et au milieu des événements politiques dont l'Austrasie était le théâtre.
Cependant , tout occupé qu'il était de ses travaux apostoliques, l'évéque Hubert
n'oublia pas qu'il avait un devoir d'une autre nature à remplir en accordant à la mémoire de son saint prédécesseur la réparation qu'elle exigeait: il sollicita et obtint de Pépin l'autorisation de bâtir au village ou bourg de Legia, Leodium, une église au lieu même où Saint-Lambert avait été massacré. L'auteur d'une chronique manuscrite de la ville de Liège assure que l'évéque Hubert eut assez de crédit pour imposer à Pépin cette réparation solennelle , et que le désir de faire sa paix avec l'Eglise décida ce dernier à reprendre sa femme légitime après avoir envoyé sa concubine dans un monastère.
Après que Hubert eut achevé la construction de l'église dont il vient d'être parlé et dont le chœur était formé par la chapelle dans laquelle Saint*Lambert avait eu coutume de se retirer, il la consacra en l'honneur de ce saint et y annexa un chapitre de trente chanoines, plus six prébendes pour des clercs destinés au service de l'intérieur. Il s'adressa ensuite au Pape Jean VII pour obtenir de pouvoir y faire transférer les restes du saint qui avait été inhumé à Maestricht, siège de son diocèse. L'autorisation ayant été accordée il procéda à la translation solennelle de la relique : Ces faits se passèrent entre 720 et 722.
Lorsqu'il eut rempli ce pieux devoir envers son saint prédécesseur, l'évéque Hubert reprit le cours de ses missions qui ne consistaient que dans des discours dans lesquels étaient empreints la douceur et la persuasion. Il allait de village en village, enseignant avec patience les dogmes de la religion à des populations ignorantes : Suivant le légendaire, le Saint-Esprit lui avait accordé le don d'une éloquence douce et insinuante. Et il était rare qu'après une de ses prédications ceux de ses auditeurs qui n'avaient pas encore reçu le baptême ne vinssent pas faire entre ses mains l'abjuration de leurs erreurs , tant il savait faire passer sa conviction dans l'âme de ceux qui l'écoutaient, tant il rendait la religion attrayante dans ses conférences!
Aussi par son influence , les temples des
idoles furent-ils abattus pour faire place à des églises chrétiennes.
En fondant a Liège l'église et le chapitre de Su Lambert, l'évêque Hubert avait l'intention de procurer l'accroissement de ce bourg. Peut-être même songeait-il dès lors déjà à y transférer le siège de son évêché.
Pépin était mort au mois de décembre 714 ; et Charles, fils de Pépin etd'Alpaïde, qui avait été proclamé duc d'Austrasie malgré les précautions que Plectrude, la veuve légitime du défunt maire du palais avait prises pour le rendre inoflensif en le séquestrant à Cologne, était venu se reposer au château de Jupille après la victoire de Vinciac dans le Cambresis. Hubert vint l'y trouver pour lai demander l'autorisation d'ériger le bourg de Liège en ville. Après l'avoir obtenue il fit abattre l'aigle qui se trouvait sur la tour de l'église cathédrale de Maastricht et la fit placer sur celle de Saint-Lambert de sa nouvelle ville, afin de marquer que désormais cette église était devenue sa cathédrale.
Cependant les historiens ne sont pas unanimes sur la part que l'évéque Hubert prit à la fondation de la ville de Liège. Suivant le plus grand nombre, il l'entoura de murailles et de tours, y créa un tribunal composé de quatorze magistrats auxquels il déféra la connaissance des causes criminelles et de celles de police. Ce tribunal avait un chef; deux de ses assesseurs qui se renouvelaient chaque année exerçaient des fonctions analogues à celles des Bourgmestres de nos jours , décidant de toutes les questions d'administration intérieure. Il fixa en ontre les poids et mesures, fit frapper une monnaie sur une des faces de laquelle était représentée l'image de Saint-Lambert, et détermina la forme du Sceau qui devait être appliqué sur les actes publics. Ces faits, qui sont explicitement exprimés par les plus anciens historiens liégeois ne sont pas tons admis par les auteurs plus modernes : La translation du siège épiscopal de Mœstricht n'est même pas universellement reconnue pour
avoir été accomplie par cet évéque. Mais les objections qu'on leur oppose nous ont para comme à d'autres auteurs très-sérieux d'ailleurs, pins spécieuses que fondées sur l'exacte vérité historique.
Un des soins les plus constants de l'évéque Hubert, avons-nous dit, fut de remplir avec sèle les devoirs de l'épiscopat en prêchant, en administrant les sacrements et en bénissant les églises nouvelles que les peuples convertis par ses leçons mais surtout par ses exemples de vertu, élevaient de tous côtés. C'est ainsi qu'on vint un jour le prier d'aller consacrer dans le Brabant une chapelle que l'on croit avoir été celle de Héverlé, près de Louvain, et qui, placée sons l'invocation de Saint-Lambert passait pour avoir été bénie par lui. Le vénérable prélat, toujours prêt lorsqu'il s'agissait des intérêts de la religion, accueillit la demande avec empressement et se mit en route, accompagné de ses disciples ; car son cortège fnt toujours très-simple, ne se composant que de quelques jeunes clercs qu'il initiait par ses paroles et ses exemples aux devoirs du saint-ministère qu'ils se proposaient d'embrasser.
Les cérémonies de la consécration terminées il repartit pour Liège. Pris en route d'un accès de fièvre il fut obligé de s'arrêter dans un village non loin de Louvain et d'y passer la nuit. Une dispute fortuite s'étant élevée ce même soir entre les habitants du lieu on en était déjà venu aux mains, lorsque Hubert sortit malgré son état de souffrance, et par des paroles conciliantes rétablit la paix entre les adversaires. Son état empirant, il se fit transporter le lendemain dans une maison qu'il avait à Fore, que l'on croit avec beaucoup de fondement être le Terwueren d'aujourd'hui. Lorsqu'il y fut arrivé, son mal gagnant toujours, il vit bientôt lui-même que la vie commençait à se retirer de son' corps. En conséquence il se prépara avec la pins grande ferveur à la mort. Ayant fait assembler autour de sa couche ses disciples consternés, parmi lesquels se trouvait son fils Floribert qui lui succéda en qualité
d'évéque de Liège, il les exhorta à prier pour lui, éleva les mains au ciel et rendit le dernier soupir. Fin touchante et modeste, digne d'une vie vraiment chrétienne, remplie depuis longtemps par la pratique de toutes les vertus apostoliques.
Les disciples du pieux évéque , après avoir accompli les cérémonies religieuses prescrites dans des cas pareils , mirent le corps de leur patron dans une châsse et le transportèrent à Liège où il fut reçu avec les marques du plus louchant regret de l'avoir perdu , et de la plus grande vénération. Le peuple et le clergé allèrent audevant du cortège et l'accompagnèrent jusque dans la crypte souterraine de l'église de St. Pierre où il Tut inhumé suivant ses désirs devant l'autel de St. Aubin. On traça le vers suivant sur la dalle qui scellait le caveau:
HîC IACBT HVBERTVS PR.ESVL DOSÉIM TV-
[mvlatvs.
Les historiens ne sont pas d'accord sur l'année de la mort de ce grand homme : cependant l'opinion qui parait la mieux fondée place cet événement un 30 mai ou au 5 novembre 727 ou 728 , après un gouvernement de 21 ans environ, St. Lambert auquel il avait succédé ayant été assassiné en 707 ou 708.
Cependant le clergé et le peuple ne tardèrent pas à croire que le lieu que Hubert avait choisi par modestie pour y reposer était peu digne pour ses grands mérites : on décida en conséquence que le cercueil serait transporté dans la partie supérieure de l'édifice; et Carloman avec toute sa cour voulut assister à cette translation qui se fit le 3 novembre 743, seize, non six ans après son décès. A cette occasion on ouvrit la châsse avec le respect dû au rang du défunt et on trouva le corps entier, sans corruption aucune et revêtu de ses habits pontificaux qui aussi étaient intacts. Est-il nécessaire d'ajouter que dès après son décès , ou au moins après sa translation , l'évêque Hubert a été regardé comme saint et a été inscrit au catalogue des bienheureux.
Le saint reposait dans son nouveau tombeau depuis soixante-treize ans lorsque les religieux du monastère d'Ardenne , que Pépin avait fondé en 687 dams son castbl d'Ambra-ad-laccm , eaput fini Amberlacensis, et que Walcandy évéque de Liège venait de reconstruire a neuf dans un
EMPLACEMENT PLUS CONVBNABLB , vinrent
supplier le Concile qui était assemblé en 815 à Aix-la-Chapelle, de le leur accorder, afin de par cette puissante protection conserver à jamais le lustre et la régularité dans leur abbaye. Le concile accéda à la demande , de même que l'Empereur , le Pape ainsi que l'évêque diocésain , et la translation solennelle de la relique eut lieu le 3 novembre 817.
Depuis cette date le monastère des Ardennes adopta St. Hubert pour son patron spécial et en prit le nom. Le corps même du saint , enfermé dans une châsse riche en or et en pierres précieuses , fut longtemps conservé intact, disait-on, et produit dans plus d'une circonstance par les religieux , pour obtenir ou récupérer des propriétés: cependant depuis l'incendie du monastère et de l'église par les hérétiques en 1 568 , la relique n'a plus été exposée ; d'où plusieurs auteurs , même parmi les ecclésiastiques, ont inféré qu'elle a péri pendant cette catastrophe , malgré l'assertion contraire qui s'est perpétuée jusqu'à nos jours a St. Hubert: cette opinion que la momie n'existe plus a même acquis un grand degré de vraisemblance par la circonstance péremptoire que les religieux, sommés plusieurs fois depuis lors de la montrer, s'y sont toujours refusés d'une manière absolue , sans pouvoir déduire des motifs fondés pour appuyer ce refus obstiné.
Quoiqu'il en soit , le concours des pèlerins qui viennent invoquer St. Hubert est immense: On accourt dans son église de près et de loin pour obtenir la guérison ou plutôt la préservation de la cruelle maladie que l'on nomme la rage ou hydrophobie. La nature et les bornes de cet ouvrage ne nous permettant pas de nous engager dans des appréciations à cet égard,
nous laissons volontiers à d'autres la tâche délicate de prôner ou de débattre les pratiques qui sont en usage depuis tant de siècles, et qui n'ont pas laissé que de donner chez plusieurs des résultats satisfaisants, quant au moral au moins , ce qui constitue toujours un grand bienfait pour l'humanité. Nous ne parlerons pas non plus, et pour les mêmes motifs, de l'étole du Saint, vraie ou supposée, ni de sa conservation surnaturelle. Tout le monde sait d'ailleurs que la préservation des atteintes de la rage a lieu, à ce qu'on prétend, au moyen de l'insertion d'une percelle de cette étole (prétendument venue du ciel) au front du patient mordu & sang par un animal bydrophobique , après qu'il a été préparé a cette opération par des pratiques religieuses.
Nous terminerons enfin cet article en déclarant que nous n'y avons consigné que les faits biographiques qui sont historiquement établis , bien qu'ils diffèrent en plusieurs points de la légende vulgairement admise, parce que cette légende se ressent trop souvent du siècle où elle a été écrite et qu'elle se compose d'aventures appartenant à plusieurs personnages : le légendaire en effet, voulant rehausser son héros , lui a souvent attribué de ces actions bannales qui se retrouvent dans la plupart des vies des saints; il a en outre ■ péché en plusieurs endroits contre la chronologie et il a transposé l'ordre des événements. La vie du glorieux Saint-Hubert a comme on sait, été écrite par un de ses contemporains, en style barbare ; cet auteur s'est borné généralement à rapporter ses faits et gestes pendant son épiscopat. Jonas, évèque d'Orléans , qui était contemporain de la translation de la relique au monastère d'Ardenne , a poli ce texte et y a peut-être ajouté quelques faits retenus et amplifiés par une tradition séculaire ; plus tard des religieux s'en sont encore mêlés à leur guise , jusqu'à ce qu'enfin le chroniqueur, plus pieux qu'instruit et critique , réunissant ces différents fragments , en a composé cette histoire de la vie et des miracles
du saint qui est encore de nos jours répandue dans le public : Et cependant la biographie du Saint, c'est-à-dire la naïve relation de ses actes seuls que nous avons rapportés et qui vraisemblablement n'est pas complète parce que les sources nous auront manqué , suffisait amplement pour faire décider sans hésiter que Hubert , né duc d'Aquitaine et mortévêqoe de Liège, a été un homme grand devant Dieu et non moins grand pour le monde.
FsVna, Légende de 8t Hubert. — Da Bobsulx os Soonor, Edition du Cantatorium ; Introduction, lO à 10. — C" m Bic-as-Lisvas, Biographie liégeoise, I, 20, aq. — Jouabbss Boaeari, Historia 8. Unberli, etc. — Lscoiste, Annale» Ecclrniae Franeorum, IV, 403, aqqq. — Gallia christiaaa, III, 848. — vEcio. acm« valus, in 8"» Uuberto,.e. XXI. — ConrertationaLcsikou. édit 1881. - MaatiLO», Acta 8anclorum ord. 8*1 Bened., ace. IV, p. I, SOS. — Bcatholst, pauian. — Happât, Historia 8*' Uuberti; anaert Bibl. Unir. Liège. — Anoirna Hsacaa , Histoire de 8' Hubert, miert — Da Fillbb, Itinéraire, I, 10. — Paooor, Mémoires peur aerrir à l'histoire littéraire dea dix-sept provinces dea Para-Bas et de la principauté de Liège, V , 380. — Hasts, s a rr DraANa, Amplissiwa collectio, IV, 834. — J. B. Tmaas, Traité dea superstitions, I, c. IV. — Mis.ccs, Opéra diplomaties. I, 41. - Devras, Histoire du Paya de Liège, I, 0, sq. — Focilob, Historia Léo diensia, I, 1X4 ad 132. — Fisbb, Historia Ecelesise Lcodirusis; 14î>. s«| — Nsyk>, mémoire sar Amlrrloux et le monastère y fondé par Pépin, en 087; dana t Annalea de la Société archéologique d'Arlon, III, 133 ad 220, passim — Abrégé de la rie et des aairaclea de S1 Hubert, patron des Ardcnnea (Liège, 1 704, in 8°. — Coearin. Encyclopédie moderne, XIII, 131. — Bas t bas, 180, 202 — Gncsooitsi. Acta 8anc tornas BelgU, I, 340. aqqq; VI, 80 et 82, sqqq. in riU S" Usaberti.
HUBERT, dt'< d'Yvois, est né dans cette ville pendant le douzième siècle. Les historiens parlent de ce personnage en faisant l'éloge de sa science et de sa vertu. Il était grand-doyen de l'église de Hheiras et chanoine de Verdun. Le pape Innocent III fait mention de lui dans ses lettres, et le nécrologe de Rheims le rappelle au 16 décembre, sans ajouter l'année de sa mort, ' laquelle du reste n'est pas connue. On sait seulement qu'il vivait encore en 1218. Dix ans auparavant il s'était opposé avec force à l'élection de Robert de Grand-pré
pour évêque de Verdun : cette élection s'est faite le 5 août 1208.
Ds la Haut, AquIc* civile* et religie«set d'Yvou- C*rif«AD, 4itt. — Be»th». 108. — Bmcaim, Hiito ri* brevu Epincopornra Virdaheatinn \ d»»»: Spici- Irgiura d'Acbtri. II, 2 GO — Romsti. , HUloire rcclé*ia*tiqae et civile de Verdun , 277 , «q. — Gallia chrUU.D., IX. 173.
Hubert, ou Helbert, dit de St. Hubert; v. HELBERT.
Hubert, Remidit de St. H.; v. REMI, dit de St. Hubert.
Hcbbrt, Rodolphe de St. H.; v. RO- DOLPHE, de* de St. Hubert.
HUMYN, Claude de, fils de Henri de Humyn, écuyer, seigneur de Wardin, Tarchamps, Benonchamps, Harzé, Bras et Scbutbourg, et de Catherine de Cobraiville, est né à Bastogne en 1581. Claude de Humyn était chevalier, seigneur de Wardin et de Scbutbourg , et devint successivement conseiller au Grand-Conseil deMalines en 1614, Procureur-Général au dit Conseil en 1618, membre du Conseilprivé le 17 janvier 1628, puis Président du Conseil des finances et juge suprême des armées du roi au Palatinat. Il remplit à la satisfaction des archiducs plusieurs missions diplomatiques, et était enGn membre de l'Etat noble des Pays-Duché de Luxembourg et Comté de Chioy.
On a de ce célèbre magistrat et homme d'état quatre-vingt-neuf arrêts qu'il recueillit pendant les quatorze années qu'il siégea au parlement de Malines, et même postérieurement, puisqu'il cite encore une sentence de 1633. Celte collection n'a cependant été imprimée qu'en 1773 , à Lille, avec d'autres écrits de quelques jurisconsultes belges restés également en manuscrit. De Humyn n'est pas riche dans ses citations d'autorités; mais ses arrêts prouvent de l'érudition et renferment même quelques faits historiques intéressants. Les éditeurs français (Dubois d'Her- < maville, de Blye et de Flines) font le plus grand cas de ses arrêts; ils regrettent seulement de ne pas avoir des renseignements sur sa vie. Les manuscrits de de
Humyn ont passé par les mains de presque tous les arrêtistes, et presque tous les ont mis à profit : De Laury seul confesse ses emprunts.
L'auteur du manuscrit des Viri illustres parle de ce personnage dans les termes suivants: «1639. Claudios de Humin « tiastoniensis evasit in superintendentem « utriusque justitiic palatinatus denique de «sanctiore Consilio Régis Bruxellec, fun- « davit franciscanos patres Bastoniae. »
L'année inscrite en marge de ce passage est celle de son décès, d'après les tablettes généalogiques authentiques de cette famille que nous avons consultées au château de Scbutbourg. Bertholet verse par conséquent dans une erreur quand il avance que les Récollets de Bastogne n'ont été fondés qu'en 1660. A cette dernière date la famille de Humyn ne comptait pas de personnage du nom de Claude.
Claude de Humyn avait épousé en 1612 Anne-Charlotte d'îserin qui l'avait rendu père de neuf enfants dont sept vivaient a son décès. Il avait acheté en 1630, pour dix-neuf mille Rixthalers la terre de Scbutbourg, sur Wolf-Jean et Pbilippe-Baltbasar de Dalberg , frères , ce dernier camérier de l'évéque de Wornis.
Il a été inhumé dans le chœur du côté de l'évangile de l'église des Récollets de Bastogne, qu'il avait fondés, comme nous l'avons vu. Une pierre quadrangulaire, encastrée dans le mur, à une hauteur de dix pieds environ du sol, et qui subsiste encore, donne son mémento; l'inscription tumulaire, qui a disparu, indiquait vraisemblablement le jour de son décès. Voici cette épitapbe:
Icy gisent les ossemens de fev mess"* Clavde de Humyn S1 de Wardain, Tarchamps Scvtbourg etc. ehlr csseiller et tnre avr [reqles du Conseil privé de Sa Ma et surintendant de la
jvstice civile et militaire de l'armée de Sa dite Majesté entrée en Allemagne fondateur de ce couvent.
Les de Humyn descendaient des anciens seigneurs de ce nom, qui étaient pairs du comté de Laroche. Ils portaient : de gueules, à trois cœurs d'argent, 2. 1., couronnés d'or. Cimier : un cœur de l'écu entre un double vol de gueules. En 1712, le 25 octobre, les de Humyn obtinrent le titre de vicomtes de St. Albert, daus la personne de Claude-François , petit fils du personnage dont il est question dans cet article; avec faculté, faute d'hoirs mâles , d'étendre le dit litre sur les maris des dames, à condition qu'ils soient d'extraction noble ou gentilshommes. Ce Claude-François était audiencier de la Chambre des Comptes de l'Empereur et Roi, Conseiller et Trésorier de l'Ordre de la Toison d'or, seigneur de Wardin, Tarcliamps et Scbutbourg. Il avait épousé Jeanne Woïslawski et mourut le 3 octobre 1735, sans descendants mascuhns. Il a
été inhumé dans le caveau de sa famille, au chœur des Récollets de Bruxelles.
Vlri ilUatrea, III, N* SU. - Généalogie de !• famille de IJunorn, aux archirci dn chAteau de Schulhourg. — Dutiout, VIII, 88. — Na*oa, Notice sur la famille de Uarbonnier et la icignenrie de Cobrérille, 10. — Liate de* titres de aoblene, ebevalerie, etc., octroyé, par fEmpereur Cbarlet VI. de 1709 à 1733, M. 8. - Nobiliaire de* Paya- Bat et de Bourgogne ; le nouveau vrai «appléateot aa; 199. - MauutcriU Clobei. — Botkc»i, IV, ~>IS. — PiaaiiT.lII, 1107. ~ Bkits, Code de l'a aciea droit belgiqae, 1, 108.
Hcnkbert, St.; v. CUNIBERT, St.
Hussin et Hcstui, Jean; v. RUSSIM, Jean.
IIyckman, Don Robert; v. H1CKMAN, Don Robert.
HYMBERGIUS, Gilles, est cité par Berlholet, sans autre indication, comme prédicateur célèbre et religieux au Carmel d'Arlon.
Botboi.it, V, 893.
Ioel , Jean d' ; v. PUTZ , Jean.
Itzig , Mathias d1; v. MATHIAS, dit d\ Ivois, François d' , v. FRANÇOIS, dit d'Yvois.
Ivois, d'Yvois.
Gilles d'; v. GILLES, dit
Ivois, Hubert d*; v. HUBERT, dit d'Yvois.
JACOBI , natif d'Arlon , était
prévôt de la collégiale de Backnaugen et chanoine de Stuttgart. On ne sait pas l'époque où il a vécu. Scharder a fait imprimer dans son ouvrage intitulé : Rerum germanicarum scriptores varii , une dissertation sur l'origine de diverses tribus de la race germanique, composée par ce personnage qui est nommé dans l'épitre: Vir doctissimus si moi disertissimus.
La Bibliothèque de Luxembourg pos-
sède deux ouvrages écrits par un R. P.
Jacobi; ce sont: Supplementum Chronicorum ab orbe eondito ad annum 1530.
Volume in folio, Paris, 1537 et: Réponse catholique à trois lettres hérétiques; vol. in 12, Liège 1693. Il ne nous a pas été donné de décider si ces productions viennent du même auteur.
ScHaaaaa. op. citât 1 , 108 , •<|qi<|. — Cuan, Catalogue de la Bibliothèque de Luiemboorg, 180 et 543.
JAMOT, ou Jamottb, Charles, curé à
Marcour, liistorien et poète, mort en 1670. Nous ne possédons aucune notice ultérieure sur ce personnage qui a écrit : Le Montaigu de St. Thibeau, ouvrage devenu très-rare aujourd'hui.
TttxoT, Mémoires Mnateritr— Manuscrite &.<>■■•. -Fmur.I.M. LXVIII.
JAMOTTE, Simon, né à Laroche où il est mort célibataire en 1 840 , s'est rendu recommandable par la fondation dans son endroit natal d'un hospice pour les vieillards auquel il a affecté un capital de 81,105 francs; de même que par celle d'un établissement d'instruction dirigé par des frères de la doctrine chrétienne, jouissant des intérêts d'un capital de 17,400 francs.
Jeaiï, dit l'aveugle, C* de Luxembourg ; v. LUXEMBOURG, Jean dit l'aveugle, C* de.
JEAN de Kœnigsmacher est rappelé comme suit par l'auteur du manuscrit des Viri illustres : « 1602. Joannes Regio-Ma- «cherentinus Societ. Jesu S. Tbeologiœ «Doctor, auctor primi Cathechismi ante « Canisinm, Luxembourg! din est concio- « natus. »
Il semble qu'il y a confusion chez les auteurs touchant deux personnages nommés Jean, nés l'un à Grevenmacher, l'autre à Kœnigsmacher. En effet, notre Jean de Kœnigsmacher est dit de Grevenmacher par l'évéque de Hontheim qui le dénomme Jean - Théodore , en le confondant avec Jean Thibeby de Grevenmacher (v. l'art.
Thierry, Jean). Lequel des deux auteurs a raison, ou de Hontheim ou celui des Viri illustres? c'est-à-dire, faut-il admettre un seul et même personnage ou bien y en a-l-il eu deux ? Il ne nous a pas été donné de décider la question.
Quoiqu'il en soit, de Hontheim attribue à son Jean-Théodore de Grevenmacher tous les ouvrages et de Jean de Kœnigsmacher et de Jean Thierry, dit de Grevenmacher.
Viri ULttet», I. N« 40. - A* IIoutr», HiiUria TrtvireiuU diplomatie», III, S28.
JEAN, dit de Lignièrei, vivait pendant la seconde moitié du treizième et la première du quatorzième siècle.
Don Calmet le dit lorrain à cause de son nom qui se rapporte à un village près de Sorey, et où, ajoute-t-il, il a existé plusieurs familles du nom de Lignières.
Cet auteur avait sans doute perdu de vue que dans nos Ardennes luxembourgeoises on trouve également un village nommé Lignières , dépendant aujourd'hui de la commune de Roy. Quoiqu'il en soit, que ce personnage ait été originaire de l'un ou de l'autre de ces endroits, et que partant il soit luxembourgeois ou lorrain, nous avons jugé opportun de le mentionner dans notre ouvrage , afin de le faire connaître en cas qu'il fût des nôtres, ce que nous présumons, bien que nous ne possédions pas de preuves péremptoires pour l'établir comme un fait positif.
Jean de Lignières, philosophe et astronome du premier ordre pour son époque, a beaucoup contribué à tirer cette dernière science du néant et à l'élever au rang de science exacte. Professeur de mathématiques pures à l'Université de Paris, il sut s'acquérir une réputation européenne par ses leçons aussi savantes que clairement et méthodiquement débitées : Il eut pour adjoints et pour coopérateurs dans ses études de très-habiles mathématiciens parmi lesquels nous citerons Jean de Saxe, Jean ou Julien de Murci et maître Bernard. On a de Jean de Lignières différents ouvrages que nous allons énumérer : 1°. Un livre de règles pour les éclipses. — 2°. Règles pour les tables. — 3". Un livre : de Incensionibus. — 4°. Canones primi mobilis unius cujuslibet arcûs posili. — $°. Tabula; de spherà.
D. Ctun, Biblirthètpie Umi»e.
Jean, dit de Luxembourg; v. HESELON de Luxembourg.
Jean, dit de St. Vith, \IV de son nom et 38* abbé d'Hemmerode , est né dans la ville de St. Vith pendant la première moitié du quinzième siècle. C'était un homme rempli de talents , disent les
annales; profond jurisconsulte dans l'un et l'autre droits et très-aimé comme infioimeot estimé de Jean de Baden , archevêque de Trêves. Il mourut en 1498.
ItWM, Manipulut Ilrmmrrodeuif, 38 — T. 8l«*«- ■•m. Metrapolia Ecclc. Trrrer. II. ISO.
JEAN , dit de Vianden, vivait en 1480.
Il était entré chez les Carmes à Trêves où il excella dans la prédication. Il a composé Deux livre» de sermons pour le propre du temps, les fêtes des saints, la venue du Messie et la passion du Sauveur; de même qu'un Commentaire sur les autres du Bienheureux Brunon Terves, provincial de son Ordre.
Jean de Vianden a en outre rempli avec distinction et pendant un assez grand nombre d'années une chaire de Lecteur en Théologie à l'Université de Trêves où il est mort en 1500.
Aa IIoNTSKia, llijtorïa trevireoflin diplonatica, II, 3315. — BaarsMiM , Bibliotheca colonirntii, 106. — IVcca*»*, Lrt aateart Uxe»b©orgeoU , 19. — t. Stmkhm, Metrop. Eccict. Trev. II, 449.
JEAX-PAUL, dit de Virtont sans doute de sa ville natale, et sur lequel nous n'avons aucune donnée ultérieure, est placé sur la liste des primus de l'université de Louvain, en 1634.
MeMager de* science* autorise» de Gand ; année 185». p«gr 301.
Jbah-Sobbslas , de Luxembourg; v.
LUXEMBOURG, Jean-Sobeslas de.
Jban-Wenckslas , de Luxembourg; v.
LUXEMBOURG, Jean-Wenceslas de.
JEAN, dit de Wittlich du lieu de sa naissance, (lorissait en 1415. Il a laissé la réputation d'avoir été excellent poète, ljabile orateur et bon théologien.
Adre»Kalender des Regieraagi-Be.irki Trier; année 1843, p. 109.
JOACHIM, Pierre-Dominique, est né au Grand, ville basse de Luxembourg, le 26 octobre 1793, fils de Pierre-Dominique Joachim, marchand, et d'Elisabeth Schlira. Orphelin à l'âge de dix ans et sans patri-
moine , il trouva daus une de ses tantes, ancienne religieuse, une parente secourante qui lui procura pour autant que son peu de ressources le lui permettait, les moyens de fréquenter d'abord une école primaire, ensuite le collège de sa Tille natale.
Il venait de terminer ses humanités lorsqu'il devint en 1814, secrétaire du sous-intendant de Grevenmacher, emploi qu'il conserva jusqu'au 15 avril 1815, époque où l'administration de la ville de Luxembourg s'occupant de l'organisation d'un collège ou d'une institution d'instruction moyenne pour remplacer le lycée ou école départementale qui avait péri avec la fin de l'occupation française , on jetta les yeux sur lui ainsi que sur Clomes, Steichen (v. leurs articles) et plusieurs autres de ses collègues encore aujourd'hui vivants, et il fut nommé régent de sixième. Lorsqu'en 1822 l'abbé Steichen quitta cet établissement pour devenir curé primaire de St. Michel , Joachim obtint après concours la chaire de troisième latine qu'il conserva jusqu'à la fin de l'année 1851 où , cassé par une maladie de langueur plutôt que par les années, il obtint sa retraite et une pension. 11 mourut le 21 octobre 1853.
Joachim, qui fut fils de ses propres œuvres , a été professeur de 3' pendant cette belle et glorieuse période de l'existence de l'Athénée royal de Luxembourg où tant de jeunes gens qui brillent aujourd'hui aux plus hauts rangs de la magistrature , de la diplomatie , du barreau, du professorat, des sciences, du sacerdoce, des arts-libéraux et des lettres, tant en Belgique que dans le Grand-Duché, se trouvaient sur les bancs de celte institution.
De 1819 à 1830 il a comme beaucoup de ses collègues, donné des leçons gratuites à l'école-modèle de Luxembourg, cette création de Willmar et Gellé (v. leurs art.), qui a rendu tant de services au pays : il a aussi été Inspecteur d'écoles pendant la même période d'années. Finalement, de
1835 à 1852 il fat administrateur des bourses d'études fondées à l'Athénée; et les soins qu'il a su donner à cette administration l'ont fait parvenir a récupérer plusieurs capitaux que Ton croyait perdus, comme à augmenter les fonds des stipendes existants ainsi qu'à créer de nouvelles fondations dont les ressources furent prises hors des sages épargnes qu'il a su opérer sans pour cela froisser les intérêts des boursiers titulaires.
On a de Joachim : f°. En collaboration avec ses collègues Clomes et M. Wolff : Grammaire théorique et pratique de la langue latine, à l'usage de l'Athénée de Luxembourg. Luxembourg, 1827; volume in 8°. — T. Cbronologische L'ebersicbt der Geschichte der Stadt und des Groszherzogthums Luxembourg; vol. in 12.
Luxembourg, 1827. — 5* Le même ouvrage en français, à l'usage des écoles. C'est à proprement parler un remontage et une continuation de l'opuscule tur la même matière de M. l'abbé Mœysz, moins Taperçu géographique qui était joint à ce dernier. — 4°. Fortsetzung einer stalistischgeographischen Beschreibung des Groszherzogthums Luxemburg ; 1 9 pages in 4°, insérée dans le Programme de l'Athénée, année 1840 — 41. C'est la suite du travail que le Professeur Clomes avait publié dans le Programme précédent. — S°. Discours en forme de Dissertation sur l'établissement des bourses attachées à l'Athénée ; publié dans le Journal de Luxembourg, du 31 août 1836. — 6°. Cahier de 20 pages in 12: Sommaire de Géographie, 1 820 , sous le titre de : Extrait de la géographie de Uihlein, revue par Brand.
— 7*' La Biographie de Jean l'aveugle, comte de Luxembourg, marquis d'Arlon et roi de Bohême ; en forme de Discours prononcé à la fin de l'année scolaire de 1835. — S0. Biographie du professeur Trauscli.
Souvenir* contemporain*. — Claikh, Catalogue de la Bibliothèque de Luieml.ourg, 83 et 478. - Ren Ncigneroent» fourni*. — Mémorial administratif, 1818, OUI . tqqqq. - Journal de I.uiembourg, 183» .
N°(S7; 183G. N° 70, et 1841, du 91 mira. - Publication* de la Société archéologique de Luxrm bourg, 1840. X.
JONG , Célestin de, est né au village d'Olne , pays de Liège , et fut baptisé le 14 septembre 1689. 11 prononça ses vœux religieux à l'abbaye de St. Hubert le 30 novembre 1710 et obtint la prêtrise le 17 mars 1714.
Clément Lefebvre, quarante-quatrième abbé de son monastère étant mort le 24 novembre 1727, Célestin de Jong fut désigné le 9 décembre suivant à l'unanimité des suffrages pour lui succéder. 11 reçut la bénédiction abbatiale de l'évêque de Liège, le 18 mai 1728.
Le nouvel abbé sut par sa douceur ramener la concorde dans cette maison où elle n'avait pas toujours régné pendant la longue prélature de son prédécesseur. On lui doit le pavé de la nef de l'église, composé de marbres variés et disposés avec goût. Il fit sculpter les belles boiseries du chœur, représentant les unes la vie de St. Hubert, les autres celle de St. Benoît. 11 orna le pourtour du sanctuaire et du chœur de magnifiques lambris en marbre , hauts de plus de dix pieds ; il agrandit le parc et l'entoura de murailles ; il construisit les bâtiments destinés au logement des étrangers et de l'abbé; amena l'eau d'une fontaine dans les diverses parties de la maison ainsi que sur la place du bourg; etc.
Cependant sa bonté et son penchant pour le faste finirent par entraîner l'abbé de Jong à des dépenses excessives qui dérangèrent le temporel de l'abbaye.
Pendant la guerre de la pragmatiquesanction il prit le parti de la France; quelques démarches imprudentes le compromirent et il faillit être arrêté par les impériaux, mais il avait quitté le monastère, emportant les ornements et les vases sacrés, les archives avec une partie des livres de la Bibliothèque et s'était réfugié à Sedan où par ordre du roi on lui rendait les honneurs dûs aux personnages du plus haut rang.
La question de l'indépendance et de la neutralité de la terre de St. Hubert était entretemps vivement agitée; mais elle ne fut décidée qu'en 1769 : l'Empereur en fut, comme on sait, déclaré seigneur-suzerain, comme duc de Luxembourg.
L'abbé de Jong ne put retourner dans son monastère qu'après la paix d'Aix-la- Chapelle et mourut le 24 février 1760, à l'âge de 71 ans, après un gouvernement de trente-trois ans. Il avait adopté pour devise: Amore non timon.
La bibliothèque de Luxembourg possède de l'abbé Célestrâ de Jong on ouvrage intitulé: Abrégé de la vie de St. Hubert; Paris , 1737 ; vol. in 8*. Nous ne savons si c'est le seul qu'il a écrit.
Dt Romolx, ëdit du CanUtnrium , 15M , sq. —
BtBTSOLKT, II, P. 4. XVI. — &.AMN, Catalogue 4e
la Bibliotb. 4e Luibrg., 47 et 405. — Matricule générale de* religieux 4e l'abbaye 4e 8t. Hubert, etc.; aucrt. aui arch. de la cure de 8t Hubert.
JONGELAIN, Jean, carme à Arlon, est cité par Bertbolet comme prédicateur célèbre.
BaurMin. V. 999.
JUNKER, originaire de la maison dite Sturmes , à Obercolpach , est encore un de ces personnages remarquables qui n'ont laissé dans leur patrie qu'un souvenir vague de leurs exploits. Les vieillards , dans le village d'Obercolpach , dépendant de la commune d'Ell au canton de Rédange, parlent de Junker comme d'un militaire distingué au service d'Autriche.
On prétend que s'étant pris un jour de dispute avec sa famille il résolut de quitter son endroit natal et d'aller suivre les cours du collège de Luxembourg, où il aurait réellement figuré pendant deux ans an nombre des étudiants. Mais s'étant dégoûté de celte vie il s'arrêta à l'idée de s'enrôler dans l'armée autrichienne , parce que ayant acquis quelques connaissances il espérait pouvoir facilement faire son
chemin dans la carrière des armes. Comme il était de forte stature on l'admit dans le corps des canoniers. En 1787, pendant que les autrichiens s'efforçaient de s'emparer de la ville de Belgrade qu'ils tenaient étroitement assiégée , et qu'on ne prévoyait pas comment ils parviendraient à la prendre, Junker, dit-on, alla trouver le chef de l'expédition et lui demanda la permission de diriger son canon comme il l'entendrait; ajoutant qu'au deuxième coup il mettrait le feu à une des principales tours de la forteresse , ce qui nécessiterait immanquablement la reddition de la puce. Le commandant lui ayant accordé sa demande il pointa réellement si bien sa pièce qu'il réussit dans sa promesse: L'incendie fut si violent que, comme il l'avait prévu, la garnison demanda tout d'abord à capituler. Junker obtint le commandement de Belgrade en récompense de ce brillant fait d'armes ; le souverain y ajouta en outre plusieurs autres propriétés seigneuriales. Une tradition populaire s'est conservée à Obercolpach , qui dit que le commandant Junker serait un jour revenu dans une voiture à quatre chevaux revoir une dernière fois son endroit natal, et que cette visite aurait eu lieu pendant les premières années du siècle courant. De 1810 à 1816 il était gouverneur d'une province polonaise , comme il rassurait lui-même dans une lettre qu'il a adressée vers cette époque au Bourgmestre de Colpach pour lui demander une copie de son acte de baptême. On n'a aucune notion sur le lieu ni sur la date de son décès. Il uous serait impossible de démêler ce qu'il peut y avoir de positivement vrai dans ce récit local ; ce qu'il y a de certain cependant , c'est que le nom de Junker de la maison dite Sturmes n'est prononcé à Obercolpach qu'avec un certain respect. Peut-être que l'on pourrait apprendre des renseignements ultérieurs dans la Pologne autrichienne.
Notice fournie par M. A A. Ours*, cure a Colpacb.
KALBKRSCH, Joseph, est né de parents assez fortunés, le 17 septembre 1795, à Beiler-Leithum, commune de Weiswampach. Les études du jeune Kalbersch ont été conduites comme cela était de mode à cette époque où l'enseignement humanitaire n'avait pas encore reçu une organisation appropriée: A l'âge de dix ans il quitta l'école primaire pour aller se mettre sons la direction de l'abbé Stecker , curé d'Ouren, chez lequel toutefois il ne demeura qu'un an. De 1806 à 1812 il étudia chez le vicaire Martini à Beiler, chez lequel il composa, pendant la dernière année de son séjour, cinq cahiers d'essais poétiques que quelques personnes qui les ont vus et qui sont à même d'en juger, ont déclarés n'être pas sans mérite. L'année suivante (1813) il se trouvait chez l'abbé Dœner, alors curé à Hupperdange et qui plus tard devint doyen de Vianden, ensuite chez le doyen Arens de Stewesbausen près Reuland, et en 1814 nous le rencontrons chez le Père Pemmers a Dahl (v. son art.), faisant son cours de théologie. Un certificat qui lui fut délivré le 20 octobre 1814 par ce respectable prêtre, porte la flatteuse mention qui suit : « Infrascriptus adminis- «trator Ecclesiae parochiab's de Dahl et « institutor privatus attester Josephum Kal-
« berscb , morum et vite integritate
« candidum, tracta tu m de actibus humanis, << conscientia, legibus et peccatis sedulo et «cura magno fructu apud me audiisse, « seque talem erga me gessisse ut , ad « quoscunque devenerit, maxime coramen- « dari mereatur. » Il quitta encore Dahl pour aller à Haut-Bellain chez le curé Valentiny qui lui donna des leçons de théologie morale depuis le mois de novembre 1814 jusqu'avril 1817.
Au sortir de chez ce dernier, Joseph Kalbersch se rendit à Liège où il ût des
démarches pour être admis au séminaire de cette ville afin de pouvoir y recevoir les ordres. Mais sa demande ne put être accueillie avant qu'il n'eût obtenu ses lettres dimissoreilles de l'évêque de Metz, a l'autorité spirituelle duquel le pays de Luxembourg ressortissait encore à cette époque. Et il parait qu'il ne les reçut pas, puisqu'après avoir suivi pendant un mois les leçons de dogmatique et d'exégèse du professeur Janssens il retourna chez ses parents. Au mois de septembre de la même année 1817 il alla à Munster en Westphalie où il obtint le sous-diaconat. Peu de temps après il vint à Cologne solliciter son entrée au séminaire de cette ville; mais il éprouva beaucoup de difficultés pour faire accueillir sa demande. En effet, le clergé coloriais était à cette époque fort prévenu contre celui du Luxembourg; et ce ne fut qu'à peine que Kalbersch put obtenir d'être admis auprès du vicaire général. A cette audience le sous-diacre, après avoir épuisé tous ses moyens pour intéresser le prélat en sa faveur, termina par le supplier de vouloir bien le soumettre à un examen rigoureux, dont les résultats devaient décider de son entrée au séminaire ; il osa même ajouter qu'il consentait à renoncer à ses démarches dans le cas où il laisserait sans réponse satisfaisante une seule des questions qui pourraient lui être faites. La condition fut acceptée et Kalbersch se présenta devant la commission d'examen. Parmi les membres qui la composaient se trouvait un petit homme à regard sournois, à ventre arrondi et à mine satyrique. Il portait un pantalon qui lui descendait jusqu'à la cheville du pied ; un gilet ouvert; une redingote grise et le collet de la chemise remontant. Cet examinateur, qui posait ses questions d'un ton sec et avait visiblement l'intention de faire
échouer le candidat dans sa démarche, lui demanda entr'autres : Quis est habitus clérical i s ? Kalbersch sans hésiter le moins du monde , répondit avec aangfroid : A capite ad calcem niger. Aussitôt un rire homérique éclata dans la salle et l'examinateur ému lui-même , n'alla pas plus en avant. Quant à l'examen , le jeune sous» diacre le soutint avec distinction, ce qui lui valut son admission au séminaire, après qu'il en eut obtenu la licence de son ordinaire.
Kalbersch y demeura près d'une année et se distingua par son application ainsi que par ses progrès et sa conduite exemplaire. Au mois d'août il se rendit à Mayence où il obtint le 22 du même mois le diaconat et sut tellement gagner la bienveillance de l'évêque que ce dernier voulut le retenir auprès de sa personne et le nommer son secrétaire intime ; mais il refusa cette distinction pour retourner dans sa patrie. Selon toute vraisemblance il aura passé l'hiver de 1818- — 19 à Luxembourg pour continuer ses études philosophiques sous le professeur Munchen (v. son art.). Vers Pâques il alla au séminaire de Metz où il fut consacré prêtre le 18 septembre suivant. A Metz comme a Mayence on ne tarda pas à apprécier son mérite et ce au point que l'évêque Jauffret lui proposa de l'envoyer à Saint-Sulpice afin de pousser ses études théologiques jusqu'aux extrêmes limites; mais Kalbersch, qu» ne parlait que très peu le français, se contenta de répondre au prélat par ces deux mots : odi Gallos! Plus tard cependant il se répentit amèrement de son refus ; mais il était trop tard.
Après son ordination il fut d'abord nommé vicaire ou chapelain à Rodershausen où il demeura huit ans. Dès la première il demanda un brevet d'instituteur et tint l'école de son village : son salaire annuel de ce chef consistait en un maldre de seigle! Plus tard il se mit également à enseigner les humanités et compta parfois jusqu'à quarante élèves.
Le 28 décembre 1827 l'abbé Cuvelier, vicaire-général capitulaire du diocèse de
Namur l'envoya en qualité de desservant à Erpeldange sur-la-Sûre, fonctions qu'il a conservées pendant le restant de ses jours.
Toutes les bouches de ses paroissiens se plaisent à reconnaître encore aujourd'hui et à proclamer les bienfaits dont ils sont redevables à leur vénérable curé Kalbersch. En effet, non content de leur prêcher les préceptes de la loi évangélique et de les mettre personnellement en pratique, il voulut aussi, à toutes les occasions qui se présentaient leur procurer le plus possible d'avantages temporels. En effet, lorsqu'en 1840 la famille seigneuriale des barons du Prel eut vendu son domaine d'Erpuldange à M. le baron de Blockhausen de Birtrange, Kalbersch avec trois propriétaires de sa paroisse rachetèrent de ce dernier et en leur nom privé le château avec le jardin et plusieurs pièces de terre pour un prix global de quinze mille francs. Ces terrains ils les revendirent ensuite en détail pour une somme égale, de manière que le château et le jardin ne leur coûtaient absolument plus rien. Arrivé à ce résultat, le curé Kalbersch fit tant et tant qu'il parvint à engager ses co-acquéreurs à céder une partie de ce château pour servir d'église paroissiale et le reste pour être destiné au presbytère.
Il alla plus loin encore, il entreprit une œuvre bien plus avantageuse pour le village entier, et il conduisit son entreprise à une fin tout aussi heureuse : il parvint à moyenner entre le baron propriétaire des biens seigneuriaux et les particuliers un contrat tendant à faire confectionner à frais communs un grand canal d'irrigation traversant tout le ban des prairies, de manière que de nos jours le produit de ces dernières qui ont une contenance de soixante-dix banniers, est augmenté de moitié environ.
Ces bienfaits avaient fait naître entre le curé Kalbersch et ses paroissiens des liens d'attachement tellement forts, qu'il ne voulut pas les abandonner, même sur l'offre du décannat de Vianden; tandis que de leur côté les habitants d'Erpeldange s'em-
pressaient de plaire a leur curé dont ils satisfaisaient tous les désirs dès qu'ils les soupçonnaient.
Kalbersch a toujours mené une vie trèsactive et chercha constamment à s'occuper de choses utiles. Les heures que l'accomplissement de ses devoirs pastoraux lui laissait libres il les employait à des études sérieuses ; et on ne le Tit que très rarement se promener dans son vaste jardin ou dans le grand vignoble que lui-même il avait fait planter. Presque jamais non plus on le rencontrait hors de chez lui ou en visite chez ses confrères ou chez des amis. Il n'allait chez les curés du voisinage que lorsque des devoirs d'amitié, de convenance, d'état ou de condoléance l'y appelaient. Cette manière de vivre lui rendit possible d'être constamment à son poste et de conserver le temps nécessaire pour s'adonner à ses occupations favorites , dont l'étude de l'antiquité formait la principale. Si nous disons de l'antiquité, nous désignons celle de l'ère chrétienne ; car pour ce qui pouvait concerner l'âge du paganisme il y était non seulement indifférent mais il avait pour lui une certaine répulsion à cause , disait-il , de la nudité des figures qu'il représente; parce qu'apparamment il croyait que cette nudité pourrait devenir nuisible aux mœurs , et qu'il aura été convaincu que pour ce motif cette étude ne pourrait présenter aucun intérêt pour l'histoire du pays. Il n'étudiait dès lors que les faits et gestes des chrétiens des siècles passés , admirant leurs actes et leur sagesse et se cramponnant pour ainsi dire à toutes les données qui pouvaient concerner les relations , les institutions , les expériences et les idées de nos ancêtres. Il s'enterrait souvent en quelque sorte et pendant des jours entiers sous des paperasses et des parchemins. Les archives du château d'Erpeldange , de même que les documents anciens qu'on lui communiquait de Diekirch, de Brandenbourg, de Luxembourg , etc. , il les étudiait comme s'il voulait les dévorer; et pour ceux qu'il ne parvenait pas à déchiffrer
il demandait l'assistance d'autres personnages habiles en paléographie : c'est ainsi qu'en peu d'années il est parvenu à lire et à analyser un nombre immense de titres, à déchiffrer ceux qui d'abord avaient paru illisibles et à réunir un véritable trésor de connaissances historiques et de statistique ancienne sur notre pays ; témoin entr'autresles extraits qu'il a livrés dans le programme du progymnase de Diekirch , en 1842 et 1843.
En 1847 la Société archéologique de Luxembourg l'avait admis au nombre de ses correspondants; et quelque temps après il fit à ce corps savant l'offre de lui communiquer des données aussi importantes que nombreuses sur la statistique religieuse du Luxembourg, à condition qu'un de ses membres effectifs vint sous ses yeux en prendre copie à Erpeldange : il avait apparemment posé cette restriction inacceptable à ses communications , dans Tidée préconçue qu'a Luxembourg on collectionnait trop tandis qu'on publiait trop peu ; que partant les trésors qu'on y amassait couraient un trop grand risque en cas d'incendie ! ! !
En 1854 enfin il publia son œuvre capitale en 2 vol. in 8°. Cet ouvrage , un peu prolixe et parfois trivial pour son sujet , a pour titre : Gebrauch und Miszbrauch geitticher Getrœncke. Il forme une collection intéressante d'actes et de faits destinés à prouver ce que l'abus de l'eaude-vie offre de pernicieux.
Tous ces travaux avaient peu à peu miné la santé de Kalbersch qui finit par succomber le 11 novembre 1858 , à l'âge de 65 ans, dont il en avait passé 31 comme curé à Erpeldange.
Il laissa une petite collection de monnaies anciennes, des sermons et vingt cahiers d'extraits divers et de notes sur des affaires ecclésiastiques et sur l'histoire nationale ancienne ou du moyen-âge. Son testament renferme sur le sort de ces manuscrits une clause que nous nous croyons un devoir de transcrire : « Meine Predig- « ten und andere Scbriften desselben mo-
« ralischen Inhalts sclienke ich der Pfarr- « kircke von Ërpeldiogen zum beliebigeo « Gebraucbe meiner Herren Amtsnacbfol- « ger. Aucb rneinc anderen geschichtlichen « Manuscripte , geummelt ans kircbbchen « und herrschaftlicben Urkunden, scbenke « ich derselben Pfarrkirche von Erpel- » dingen. Zugleicb scbenke ich ihr ein Ka- «pitalvon achtzig Franken , zu bezahlen « ans meinen Mœbeln hier su Ërpeldiogen, « da mit aie diesen Scbriften einen Baura « im Pfarrhause vergœnne und dieselben « versorge. Soll ein Geistlîcher des Landes, « als ernster Freund und Forscber der « Geschichte des chriaUicben Mittelalters, « Torstehende Papiere benutzen oder verci œffentlichen wollen , so darf der Uerr « Pastor von Ërpeldiogen, auf Empfehlung « nnd mit Urlaub der hoben geistlichen « Obrigkeit unseres Landes, diesem Ge- «schichufreundemeinegeschichtticben Paupière, ein Heft oder Band naeh dem « anderen nnd zwar bei Zurûckerstattung «des vorigen mittbeilen.»
D'aprè» la u*tiee biographique Au Prof Erguhc; <Ub«. Pnblie. delà 8m. arck. T. XIV. P. VI. »VN
Kadobr, Henri; v. GADEBIUS,tftmrt.
KECK, Jean, dit aussi Hardy ou Le- Hardy , et, en bitinisant suivant la mode de cette époque , Audaeulus , est né à Trêves. Il suivit son parent Balthasar Merckly, de Waltkircb, vice-cbancelier de l'Empire lorsque celui-ci fut nommé évêque de Constance. Il fit dans cette ville des études très-brillantes et y reçut le bonnet de Docteur dans l'un et l'autre droits. De retour à Trêves il se fit admettre d'abord au barreau; puis ayant obtenu une chaire à l'Université de la même ville il s'acquit bientôt une si grande réputation de savoir, que par Patentes datées de Bologne le 20 février i 530 , Charles-Quint crut devoir le créer Comte du Palais de Latran et loi conférer des pouvoirs honorifiques très-éteiidus ponr cette époque, mais dont l'énumération peut paraître ridicule de aos jours. En effet, pour prouver notre assertion nous nous croyons en de-
voir de transcrire ici un long extrait des dites Lettres :
« Carolus divina favente clementia electus « Bomanorum Imperator seroper Augustus « ac rez Germanise , Castelbe , Arragonae , «etc. , etc
« Honorabili nostro et Imperii sacri «fideli dilecto Jobanni Keck de Treveri, «artium et Jnris civibs Doctori ac sacri « Laterane nsis palalii Aulseque nostra Im- « perialis Consistorii, comiti palatino grâce lia m nostrara Cœsaream et orane bonum
« Qnin itaque lu ad insignem
« generis et familia? luae seriem litterarum v quoque decus et ornaraentum addideris, «teque per ingeouas liberoque dignas «homine semper artes excoloeris unde «summam eloquentiam, summam erudi- « tionem consecutus videaris , digna no- «bis visa res est ut et earum rerum « tandem ratio habeatur quœ tu familiaque « tua promptius alacriusque Borna no Im- « perio serviat et ceteri cxemplo tuo prête mium aliquod fidei et erudilionis expec- « tent. Quod felix igitur fortanatumque
«tibi sit ac tuis Sponte nostra
«propriaque animi deliberatione , certa « scientia, sanoque .... principum , comice tum, Baronnm, procerum ac aliorum « nostrorum et imperii sacri fidelium dio lectorum accedente consiUo et de nostra « Cesareae potestatis plenitudine te prenait minatum Johannem sacri lateranensis «Palalii Aulatque notlra Cesarw et impe- « rialis Consiitorii Comitem fecimus, crea- «vimns, ereximus et comitatus palatini « tilulo clementer insigoavimus prout tenore « praesentium facimus, creamus, erigimus, « attollimns et iiusignimus, ac aliorum co- « mi tum Palatinorum numéro et consortio «gratanter aggregamus et adscribimus, « Decernentes et boc Imperiali statue ntes «edicto quod ex nunc in antea omnibus «etsingulis privilegiis, gratiis, joribus, ccimmonitatibus, honoribus, exemptionicebus et libertatibus uti, frai et gaudere «possis, ac debeas quibus ceteri sacri « lateraoensis palalii Comités hactenis « freti sunt , seu quolibet potiuntur con-
« suetadine Tel de jure , dantes et conce- « dentés tibi prœfato Johanni amplam « autoritatem et facul totem qua possis et
^« valeas per totum Romanum Imperium et « ubique terrarum foc ère et creareNotarios, « Tabelliones et Judices ordinarios , ac « universis personis quae Gde dignae et îdo- « née suât, super quo cooscieotiam taam » oneramus, Nolariatos seu Tabellionatus et « Judicatus ordinarii officium concedere et « dare et eos ac eorum quemlibet perpenn nam etcalamariumprout moris est de pra> « dictis investira dam modo tamen ab ipsis « notarîis pablicis seu tabellionibos et judici- « bus ordiuariis per te ut premittitur creandis « et eorum quolibet vice et nomme nostro « et sacri Romani Imperii et pro ipso Ro- « mano imperio debitum fidelitatis recipias «corporale et proprium juramentum in « hune modum videlicet quod erunt nobis « et sacro Romano Imperio et omnibus « successoribus noslris Romanorum Impe- « ratoribus et regibus légitime intrantibus «ûdeles, necunque erunt in consilio ubi « nostrum periculum tracte tur sed bonum «et salutem nostram défendent fideliter « et promovebunt, damna nostra pro sua « possibilitate vetabunt et avortent, praete- «rea instrumenta ta m publica quam pri- « vata, uitimas voluntates, codicillos, tes- H lamenta qusecumque Judiciorum acta et «omnia alia et singula qui illis et cuili- <' bel ipsorum ex débite dictorum oflicio- « rum facienda ooeurrerint vel scribe nd a, «juste) pure, fideliter, omni simulatione, « machinalione , falsitate et dolo remotis « scribent, legent, facient atque dictabunt, « non attendendo odium, pecuniam vel muet nera aut alias passiones vel favores ; « scripturas quoque quas debebunt in puce blicam formam redigere in membranis « mundis aut papyris non tamen abrassis, « fideliter secundum terrarum consuetudi- « nem conscribent , legent , facient atque « dictabunt, causasque bospitalium et misece rabilium personarum , neenon pontes et « stratas publicas pro viribas promovebunt, « sententiasque et dicta testium donec pu- « blicato fuerint et approbata, sub secrète
«fideliter retinebunt, ac omnia alia et « singula recte, juste et pure facient quae « ad dicta officia quolibet pertinebunt con- «suetudine vel de jure qq. hmos notarii « publici seu tabelliones et iudices ordina- « rii per te creandi poasint et valeant per « totum Romanorum Imperium et ubi libet « terrarum facere , scribere et publicare « contractes, Judiciorum acta, instrumenta « et uitimas voluntates, décréta et aucto- « ritates interponere in quibuscunque con- « tractibus requirentibus alla vel iilas, ac « omnia alia facere, publicare et exerce re, « quse ad dicte m officium publici notarii «seu tabellionis et Judicis ordinarii perce Unere et sceptare noscuntur, Decerneu- « tes et omnibus Instrumentis et scriptnris « per bujusmodi tabelliones, notarios puce blicos sive Judices ordinarios fiendi», « plena fides ac veritas adbibeatur, consti- « tutionibus ordinationibus statutis vel aliis « in contrariant facientibus non obstantibus « quibuscunque.
« Insuper eadem autoritate praedicta ex « certa scientia motuque simili tibi conce- « dimus et largimur quod possis et valeas «Naturales, .Baslardos, Spurios , Manières, Nolhos, Incestuosos copulatiœ vel « disjunctiœ et quoscumque alios ex illicito « et damnato eoltu proereatos viventibus wel mortuis eorum parentibus legitimari,
« ILLUSTRIUM TAMEN PH1NCIPUH, COMITEX, « BaBONUMQUB FILII8 DUNTAXAT EXCEPTIS,
« et ebs ad omnia Jura légitima restituere « et reducere, omnemqua genitura maculant «penitus abolere , ipsos restituendo et no- «bilitando ad omnia et singula Jura suc- « cessionum et hovreditatum bonorum paît ternorum et matrimonialium et
«feudalium et emphioticorum et generis
« cujuscumque alterius ettam ab
« intestato cognatorum, agnatorum et ad « honores , dignitates ac singulos actus « legilimos ac si essent de legitimo matri- « monio procréait objectione prolis illicite « penitus quiescente. Et quod ipsorum « legitimatio facta ut supra pro légitime « facta maxime teneatur et habeatur ac si « foret cum omnibus solemoitatibus Juris
«qaarum détectas speciatiter auctoritate «Imperiali suppleri Tolumus et intendi- «fflu dumœodo legitimationes hujusmodi « per te fiende non prejodicient Aliis legi- «timis et heredibos natoralibus ex ipsis « filiis masculis legitimis légitime masculine « descendentibus, non obstantibus in pre- « dictis aliquibus legibus cavetur quod na- «turales, Bastardi, spurii , Manseres, « nothi, incestuosicopulatiTeautdisjunctiTe « Tel alii quiconque de illicito coïtn pro- « creati aut procreandi non possint Tel « debeant legitiraari sine consensu ac vo- « lanUte filiorum nataralium etlegitiraorum, «ac aliis quibuscunque legibus, juribus, « constitutionibus sire consuetudinîbus pre- « senti nostro iodulto et concession! quovis « modo contravenientibus et maxime infra
« scriptis , Tidelicet etc. etc
«curn similibus , ncc non statutis tam faclis (iquam faciendis, quibus omnibus et sin- «gulis mota proprio ex certa scientia ac «de plenitudine nostra; potestatis mqtu «huic nostro indulto contraveniant, Tel « quo? is modo contraTenire vel obstare « possint pro bac Tice derogamos et dero- «gatum est. Sintque ipsi per te legitimati « de familia agnatione et casata eorum pa- « rentum arma et insignia eorum portare « possint , et Taleant, efflcianturque nobiles « si parentes eorum nobiles fuerint pos- « sintque ac debeant omnibus actibus publi- «cis et priTatis officiis, juribus, bonoribus « et dignitatibus quibuscunque ex nunc in «antea uti , frui et gaudere , et ab aliis «ad illos et eorum exercitia admitti, uti « veri et legitimi in judicio Tel extra tam «in rébus spiritualibus quam secularibus « quolibet consuetudine Tel de jure.
« CaHerum quia singularis lui Johaonis « Keck prafate doctrina et Juris prudentia « non solura dignorum Tirorom assertione, « sed coram etpersonaliter nobis clarissimc «perspecta est quo etiam in alios moria- « lium litterarum ac quorumeunque studio- «rum dignos emulatores dignum aliqood «congiariû tu con ferre et ad studiorum « capessendos labores spe honoris reddere. « posais alacriores, ft'6a" nominato Johanni
usupradieto auctoritate nostra cesarea et «êcientia, Liccntiam, liber tatem et facul- « totem plenam damus, concedimus et gra- « tiote elargimur ut ipse in artibus et «utroque Jure duos doctores, item duos «poètas laureatos, duos baccalaureot et « duos licentiatos in omni facultate et duos a théologie et metaphisice magistros vel « doctores singuli anno creare, promoverey « ordinare , constituée et facere possis et « valeas, adhibitis tum in cujuslibet doctoris «creatione doctoribus eximiis de profes- «sione creandi ad minus tribus qui unâ « pariter doctoraodos hujusmodi pro rigo- «rera examinis dignos suftlcicntes repe- «rierilis et comprobaveritis ipsis de more « consuetudine et cereraoniis in generalibus « studiis desuper observari solilis consueta « oroamenta et insignia doctoralia , siTe «sertum laureum sive baccalauream siTe « in eadem facultate licentiam siTe magis-
« terium autoritate nostra pradicta
« et conferatis, ita quod illi per vos doc-
«torati sive serta baccalaurcati aut
« licentia Tel magisterio donati fuerint in «omnibus civitatibns locis et terris sacri « Romani Imperii et ubique terraruro libère «debeant et possint inter omnes actus doc- «torales legeodi , docendi , interpretandi «et glosaodi ac cœteros et quosque actus «lauree, pœtice, baccalaureatus, licentia, « ac magistratus facere et exercere , om- «nibusque et singulis gaudere et uti pri- «Tilegiis, prerogativis ex exemptionibus « liberlatibus , concessionibus , honoribus, « preeminentiis et favori bus ac indultis, « graliis et aliis quibus libet, quibus cœteri «doctores, poète laureati, baccalaurei, «licenliati et magistri qui in gymnasio « Patavino, Papiensi, Boooniensi, Perusio, « Pisano, Viennensi el Parijsino et quolibet « alio publico gymnasio sive quomodocum- «que, qualilercumque Tel ubicumque talia «insignia accepit, gaudent, Tel de Jure « Tel de consuetudine utuntur et potiuntur «non obstantibuB in pradictis et singulis «quibuscunque legibus, constitutionibus, «decretis, coosuetudinibus , ordinationi- «bus, reformationibus, rescriptis, priTi-
« legiis, beneficiis, exemptionibus, gratiis, « prerogativis , quocunque oomioe ceuse- « rentur cujuscunque tenons et munitionis « existant tara factis qoam flendis tam per « nos quam predecessores nostros Tel per « quoscunque principes , duces, marchio- « nés, communitates, universitates vol alios «cujuscunque generis vel conditionis sob « quibuscunque clausulis vcl expressione « verborum, etiam si talia esseot de qui- « bus de verbo ad verbum necesse esset « hic fieri raentionem specialem in contra- « rium facienlibus.
« Ut ilem lu Johannes quantum te gratia «nostra Cœsarea particularius prosequa- « mur, agnoscas , de eadem nostre Impe- «rialis potcstatis plenitudine et ex certa « scientia animo deliberato motu auctoritate « et accedente consilio quibus super te oc «omnes liberos tuos légitimas utriusque « sexus tam natos quam naturos in infini- « tum in nostros ac sacri Romani Nobiles « de novo facimus, erigimus, creamus, or- «dinamus et instiluimus per présentes ac «etiam nobilitatis hastibus clementer in- «signimus, vosque juxta qualitatem con- «ditionis humana> et tanquam de nobili « génère a quatuor avis paternis et mater- « nis procreatos dieimus et nominamm ac « ab universis et singulis cujuscunque con- « ditionis et preeminentie status et digni- « tatis existons pro talibus sic veris nobi- « libus vos haberi, teneri, dici et nominari « volumus, ac etiam reputari, statuentes pre- « senti nostro Cesareo edicto ex expresse « deceroentes ac mandantes, quod tu, filii « heredesque et descendentes tui ut supra « ex nunc et deinceps perpctuis futuris « temporibus pro nostris et sacri Romani « imperii veris nobilibus nominari et scribi « debeatis, ac ubique locorum et terra ru m « in judiciis et extra in rébus spiritualibus « et temporalibus, ecclesiasticis et propha- « nis quibuscunque , etiam si talia forent « de quibus in presentibus mentio specia- « lis fieri deberet, nec non in omnibus et « singulis exercitiis negotiis et preeminen- « tiis, actibus tam spriritualibus quam tem- « poralibus illisque hoooribus et dignitati-
« bus, officiis, juribus, libertatibus, insigni- « bus, privtlegiis, gratiis et indultis gaudeo re, uti, frui ut potiri possitis et debeatis, « quibus caeteri nostri et sacri Imperii no- « biles a quatuor avis suis paternis et raa- « ternis geniti et creali gaudent, utuntur et « fruuntur, quolibet de Jure vel consuetu- «dine; et quo hujusmodi status nobilita- « (ïortt j vestre luculentius clarescat hee in- « fra scripta armorum insignia, videlicet :
« SCETIJM ALBI SIYB ARGBNT1 COLORIS II» SB «CONTINBNS SAL1ENTBM LBONEM RCBRl'V , « APERTO ORB , LINGCA EX8RTA , CAUDA «BLEVATA, CNGOIBCS ALTBRIDS PEDIS EX « PRIORB CORPORIS PARTE BNSBM TURCARICV
« quem Germani : ein Sebell vocant, rubri
« QOOQCE COLORIS TBNBNTBM J SUPER SCUTUM « VERO GALBA COMMCN1S ALB1S SIVB ARGBK- «TBIS ET RUBRIS RBDIMITA LACINIIS SIVE « INDCVIIS EX FASSIA CONTORTA BORUMDEM « COLORDM PR0VBNIBNT1BC9, SDPBR QDA »B- « NIQUE SPHERA SINE GLOBUS ABBI SIVB AR-
« gbntei coloris ExisTiT, auctoritate et «plenitudine quibus supra concedimus, vo- « lentes et deceroentes quod tu filiique tui « et beredes ac successores tui Iegilimi «prescripta arma seu nobilitatis iosignia « ex nunc in antea perpetuis futuris teropo- « ribus in signum vere nobilitatis in omni- « bus et singulis honestis decentibusque «actibus, picturis, sculpturis, hastiludiis, « bellis, duellis, edificiis, annulis, signetis, « sigillis , sepulcbris et ubicunque libuerit « in rébus tam spiritualibus quam tem- « poralibus nobilium armigerorum more « tam serio quam joco déferre et gestare « et eis necnon illis hoooribus preeminen- « tiis, gratiis, prerogativis, uti, frui et gau- « dere possitis et valeatis quibus ceteri hu- « jusmodi insignium et armorum ornamenta « nobis et sacri Romani Imperii iusigni « homines gaudent et potiuntur , absque «aliqua contradictione et impedimeuto.
«Nulli ergo omnium hominum liceat banc «creationis, largitionis, concessionis In- « dulti , privilegii , dérogations et gratie «paginam infringere aut ei quovis ausu « temerario contraire. Si quis autem id at- «temptarr presumpserit nostram et Iro-
«perii sacri indignationem gravissimam ac « penam quinquaginta marcharum auri puri « loties quoties cootrafactum faerit se no- « verit irremissibiliter incursurum, medie- «tatem Imperialis fisci nostri reliquam « veto partent iojoriam passorom seu passi «usibus applicandam.
«Harum testimonio lilteraram manu « nostra subscriptaruni et sigilli nostri apte pensione manitaram, datum Bononiœdie « vigetima menti» februarii, anno domini « millesimo qvingentesimo trigesimo. Reg- « noram nostrorum romani undecimo alio- « rorn Tero omnium decimo quinto.
(signé) : C A ROLE.
sur le repli: v\ (signé) Waltkirch, vicecancellarius. »
Le 19 novembre 1531, Jean Keck fut nommé Conseiller au Conseil provincial de Luxembourg. Pendant qu'il occupait ces fonctions il fut employé à toutes les négociations diplomatiques au sujet des différents entre le Duché de Luxembourg et les états voisins. Par Lettres-patentes du 27 novembre 1560 il fut promu à la présidence du môme Conseil provincial dont il fut en même temps nommé Trésorier et garde des Chartres.
Jean Keck était seigneur de Thorn et de Marner ; il possédait en outre des biens a Consthum de même qu'à Holstbum. Il avait épousé Catherine d'Ussingen , peutêtre Uflîngen qui ne lui donna qu'une fille, Jeanne, laquelle contracta deux alliances : la première avec un Zandt de Merl; la seconde avec un de Fellz, sans laisser postérité ni de Pun ni de l'autre de ces mariages.
Le président Jean Keck mourut le 23 juin 1569, et fut enterré dans l'église du monastère du St. Esprit, à Luxembourg.
Nous n'avons pas découvert son épitapbe.
A» Uoktbkih , IlUtoria Trcrireiui» diplomatie», II, .146 — Cartwlaire authentique, aai archive* du château de Tbora; eo»maaiqii4 par M' aa Hwu, fila. — Archivée de 8chntbourg.— BiariLt. 118.— Enrég. Coat. Pro». de Lmbrg., ium 1847 et 1848.— giuniu, Métro polia Eccleaic Trevericc, I,
210.— WaaTB-PAQtiT , Biographie de Jean Keck; daac Pablic. delà Sacicte arebéol. de Laxraiboarg , T. XIV. p. 114, iqqq.
KERZMANN , Henri-Joseph-Auguste , né à Luxembourg, le 4 février 1797, était fils d'André Kerzmann, fileur de laine , et d'Anne Altmeyer. Ses parents quoique peu favorisés de la fortune ne négligèrent rien pour cultiver les heureuses dispositions qu'ils reconnurent bientôt chez leur fils auquel ils firent faire les cours d'humanités à l'école centrale de sa ville natale où il prima dans toutes les classes à un point tel que le Directeur de l'établissement crut devoir le désigner aux solennités publiques comme un élève hors ligne. Et en effet , sa supériorité qui se décélait dans toutes les occasions et dans toutes les branches d'enseignement , lui avait créé une place à part au milieu de ses condisciples. En 1813 et lorsqu'il n'avait encore que quinze ans il faisait sa seconde année de philosophie en même temps qu'il suppléait le professeur Jacoby qui était malade, à la chaire de sa classe: la voix unanime des élèves attesta à cette occasion qu'il professait avec une éloquence rare , avec une admirable clarté et une méthode irréprochable ; finalement qu'il était sinon au-dessus du moins parfaitement à l'égal du titulaire, phénomène exceptionnel de précocité et qui rappelle les plus grandes célébrités littéraires des temps anciens aussi bien que des modernes.
A sa sortie du collège vers 1814, Ph. Ch. Munchcn (v. son art.) le Sous- Intendant , comme on nommait alors les commissaires de district, le fit chef de ses bureaux dans lesquels ce haut fonctionnaire, qui lui-même était un excellent littérateur autant qu'il fut un magistrat éclairé , sut éveiller dans ce jeune et émiuenl sujet l'enthousiasme pour la littérature et la philosophie allemandes.
Kerzmann aurait pu se faire une carrière dans l'administration , sous la protection du Sous-Intendant. Mais une vocation irrésistible qui l'appelait à l'état ecclésias-
tique, le força * renoncer à des fonctions qui l'eussent tenu éloigné du but qu'il voulait atteindre, pour entrer au séminaire de Metz où il étudia la Théologie de Bailly , sous les professeurs Thibiat, Walbock, etc. Ses talents , sa puissance de compréhension , la rectitude de son jugement le lirent bientôt nommer maître de conférences , c'est-a-dire qu'il fut chargé de diriger une des conférences instituées pour la répétition de la Théologie. Lisant et méditant sans cesse les apologistes des siècles passés il pénétra profondément dans la science dogmatique ; et les séminaristes mettaient les répétitions du jeune conférencier au-dessus des leçons des professeurs.
L'évêquc Jauffret qui avait conçu pour lui l'affection la plus tendre et qui en diverses occasions lui avait fait des cadeaux d'amitié , résolut de l'agréger au corps professoral du grand Séminaire : En vue d'un perfectionnement que justifiaient les capacités de Kerzmann , il lui offrit de l'envoyer encore pendant quelque temps aux frais du diocèse à l'école de St. Sulpice à Paris. Mais il déclina cette offre ; et comme il n'avait pas encore l'âge canonique requis pour obtenir la prêtrise , le prélat à qui le Comte d'Anscmbourg avait demandé un gouverneur pour ses enfants recommanda Kerzmann. Aimé autant qu'honoré au château d'Amstenrœde , il y passa plusieurs années heureuses. En 1824 le désir d'étendre son action scientifique le détermina à accepter la direction du collège d'Echternach avec les chaires de rhétorique et de littérature hollandaise. A cette occasion il prononça, déjà le 21 juin, jour de St. Louis de Gonzague de la même année , dans l'église de cette ville un discours sur le but de l'étude des belles-lettres. Ce discours fut accueilli avec la plus grande faveur et obtint les honneurs de l'impression.
Sous l'abbé Kerzmann le collège d'Echternach ne pouvait manquer de fleurir 5 aussi l'activité du directeur était-elle infatigable: six heures de leçon et la surveillance à tour de rôle pendant celles
d'étude , formaient ses occupations de tous les jours ; et son enseignement offrait constamment les caractères qui dénotent le grand professeur: Vaste et profonde érudition , clarté remarquable , méthode alternativement analytique et synthétique, débit chaleureux, aucun effort ne lui coûtait lorsqu'il s'agissait de faire saisir et comprendre ce qu'il expliquait.
En 1826 il travaillait pendant ses moments de loisir à un manuel d'histoire universelle , en latin, à l'usage des athénées et collèges ; nous ignorons si cet ouvrage a été continué et terminé. Il clôtura la même année scolaire par la publication de quelques poésies latines, suivies d'un discours latin et d'un autre en allemand, prononcé à la distribution des prix. Ce recueil prouva de plus en plus le mérite transcendant du savant professeur. Et cependant à cette époque le collège d'Echternach était venu à tomber faute de moyens pour solder les professeurs, a cause du mauvais vouloir du conseil communal et des modiques ressources de la ville : l'abbé Kerzmann quitta cette ville pour aller occuper les mêmes fonctions de principal et de professeur de rhétorique à celui de Grammont dans la Flandre orientale. Sous sa direction éclairée ce collège s'éleva bientôt si haut , que dans leurs rapports annuels les inspecteurs le signalaient comme un des meilleurs du royaume des Pays-Bas. Dans l'intervalle des quatre années que Kerzmann resta attaché à l'institution de Grammont, l'université de Gand lui transmit le diplôme de Docteur eu lettres ; une députalion des notables de Soignics vint lui offrir la direction du collège de cette ville, et finalement il publia son Manuale poèticum.
Le mérite du professeur Kerzmann était du reste si bien apprécié qu'en 1830 la régence de Bruxelles, l'inspecteur Wynbeck et l'inspecteur-général Van Ewyck le présentèrent au ministre van Gobbelscbroy pour la chaire de rhétorique à Bruxelles, laissée vacante par la démission de Pb. Lebroussarl : Succéder à Lebroussart c é-
tait recevoir le sceptre du Professorat! La nomination était arrêtée ; elle n'attendait plus que la signature du ministre lorsque la révolution éclata : la liberté de l'enseignement proclamée par le gouvernement provisoire fascina par l'attrait de la nouveauté et bouleversa les établissements de l'Etat. Kerzmann voyant cet état des choses et l'appréciant k sa vraie hauteur, quitta Grammont et se relira d'abord à Bruxelles pois à Luxembourg, pour vivre dans une paisible retraite dans sa ville natale, consacrant ses loisirs k la prédication de la parole sainte, a l'étude de la littérature italienne et à une correspondance suivie avec ses nombreux amis. Il continua cette manière de vivre jusqu'au mois d'août 1834 où le Gouvernement des Pays-Bas lui offrit les fonctions de principal et de professeur à l'Athénée royal de Maastricht, qu'il accepta. Bientôt après on vit fleurir cet établissement d'un lustre qu'il n'avait pas connu jusqu'alors. Quelque temps après le roi Guillaume I lui envoya la décoration du Lion néerlandais, la société historique et archéologique de Maastricht le nomma son président et celle pour la recherche et la conservation des monuments historiques dans le Pays de Luxembourg l'inscrivit au nombre de ses membres honoraires.
Toujours occupé au milieu de ses livres, Kerzmaun avait écrit de nombreux volumes qui paraît-il, n'ont pas été imprimés jusqu'à ce jour. Il est mort subitement dans son cabinet d'étude, le 10 juin 1855, à l'âge de 57 ans.
Professeur savant et éclairé, Kerzmann était également prêtre par conviction dans toute la force du terme: généreux, charitable et pieux, sa bonté se faisait remarquer dans toutes ses actions. Grave sans austérité, doué d'une grande dignité d'âme, de figure et de maintien, il apportait dans la société une gaité franche et douce, une conversation solide et vive qui même à son insu se révélait des couleurs d'une imagination entraînante.
L'abbt Kicta, Notice aécrologiijuci dans: Publi-
eatioat de la Société archéolag. de Luxembourg. XI, xxn, iqqq. — Mollkb , Directeur de f école iaiuitrieUe * Bcktenuuk , Diuertotion en tête du programme de 11*86; paeaim.
KEURCHER, Dominique, né à Wisembach près de Fauxvillers, a obtenu de l'auteur du manuscrit des Viri illustres la mention que nous allons transcrire : « 1654. DominicusKeurcherexWisembach « e paslore llondliogano pastor et decanus « Arlunensis, patrum societat. Jesu ibidem «ordioarius hospes et Semioarii Luxem- « burgensis fautor Templum suum ornavit «magniGco altari, ditavit vasis sacris ar- «genteis. »
Hors ces renseignements nous n'avons découvert sur ce respectable ecclésiastique aucune notion biographique, si ce n'est que Merjai lui assigne ta fondation du séminaire attaché au collège des Jésuites de Luxembourg, tandis qu'en réalité l'expression de fautor dont s'est servi l'auteur de l'ouvrage que nous avons cité plus haut semble bien plus applicable : Du reste aucune donnée ne nous est restée pour déterminer la somme des bienfaits dont cette institution lui a été redevable.
Viri illoMre*. I, N° tOJ. -ManntcriU de Mcbj*i. XX1T. — Na*cb. Diaaertation sur le* boa ne* d'étudea attachée! au collège de Luxembourg; dan*i Programme de lWthéoéc, 1847. XII et XX11I.
KLEIN, Jacquet, est né à Arsdorf, au canton moderne de Rédange, le 15 septembre 1774. Comme le curé de son village remarqua de bonne heure chez le jeune Klein d'excellentes dispositions pour l'étude il engagea ses parents à chercher à les développer. Ces derniers l'envoyèrent en conséquence à l'abbaye de St. Hubert pour y faire ses humanités et se préparer à recevoir les ordres sacrés : 11 avait pour professeurs dans cet établissement alors célèbre , Jacoby , Rodesch et Sadeler ; et il s'y distingua par son application , sa facilité de conception et sa bonne conduite, au point qu'il obtint l'insigne honneur d'être à la fin de ses classes proclamé primus dans toutes les branches.
Klein se disposait a entrer au séminaire
lorsque la République française qui envahit alors le Luxembourg, le força à surseoir à l'exécution de ses projets et à rester pendant plusieurs années chez ses parents. C'est dans cet intervalle que se passa le drame connu sous le nom de Expédition de la Klœppelsarmée et auquel il a pris une part assez active, comme il le raconte lui-même dans un essai manuscrit sur cet événement qu'il a composé longtemps après et que nous avons sous les yeux. Monsieur le Professeur Eogling vient de publier ce travail avec des additions complétives nombreuses.
Lorsque la tranquillité fut revenue, Klein alla faire ses études théologiques à Cologne où il obtint d'abord les ordres mineurs, ensuite le sous-diaconat le 12 juin 1 802, des mains de l'évêque-suffragant Clément-Auguste-Marie de Merle. Le diaconat et la prêtrise lui furent conférés, cette dernière le 1er août de la même année, par Van Velde de Melroy, évêque de Ruremonde.
Un mois après, le premier septembre, il fut nommé administrateur de la paroisse de son endroit natal; le 5 juin 1804 vicaire à Bavigne, commune moderne de Mecher, ce village dépendant encore alors de la paroisse de Boulaide, et enfin le 1" janvier 1805 desservant à Burg-Linster qu'il ne quitta plus et où il a su se faire aimer et estimer par tous ses paroissiens.
Klein joignait à des connaissances théologiques approfondies une grande érudition dans plusieurs autres branches des connaissances humaines. D'un caractère ouvert et enjoué, il comptait un grand nombre d'amis, surtout parmi les hommes instruits. Ennemi de l'intrigue mais surtout de l'ambition, il n'a jamais voulu consentir à des déplacements avantageux qui lui ont été plusieurs fois oflerts, parce que, disait-il comme Conon de Falkonsleio, archevêque de Trêves (v. son art.), il avait pris sa première paroisse en trop sincère affection pour pouvoir s'en séparer.
Jacques Klein mourut entouré de ses amis, le 5 avril 1848 à l'âge de 74 ans, en ayant passé quarante-trois dans la cure
de Burg-Linster. Il n'a rien publié ; mais il a laissé quarante-trois gros volumes in 4° manuscrits, comprenant des explications sur le catéchisme diocésain, des homélies, des sermons y des dissertations sur les rituels, etc., etc. Les personnes qui ont eu l'occasion de lire ces compositions sont généralement d'accord pour reconnaître que plusieurs d'entre elles mériteraient bien de voir le jour : Toutes ces œuvres sont aujourd'hui, paraît-il, en dépôt chez l'exécuteur testamentaire de l'auteur.
Nous nous plaisons à revenir encore ici sur un opuscule d'un autre genre et dont nous avons parlé plus haut. Le curé Klein l'a rédigé quatre ans avant sa mort, et à la prière de quelques amis : c'est le narré de l'expédition de la Klœppels-armée à laquelle il assista lui-même en qualité de chef sectionnaire. Cette composition, de 120 pages in 4°, a été publiée en février 1849 avec quelques changements, sous la forme de feuilleton, dans le journal Luxemburger-Wort fur Wahrheit und Recht, quelques mois après la mort de l'auteur. Elle est précieuse surtout parce qu'elle pourra servir de source pour juger et exposer ce triste épisode de la conquête de la patrie par l'armée des sans-culottes, qui paraissait n'avoir pour mission que de détruire tout ce qui jusqu'alors avait paru sacré et respectable aux yeux du peuple.
L'ouvrage dont nous parlons ici se trouve en manuscrit original aux collections de la société archéologique de Luxembourg.
Il a pour titre : Appendix zur Geschichte der Klœppels- Armée, nebst einer Notiz ueber des Verf "assers Leben u. Wirken, so me auch einer Leichenrede auf dessen Tod, von Herrn Kleyr. La même société possède en outre cet autre manuscrit du même auteur : Der Seelsorger am Krankenbette, oder Entwurf eities Rituals zur Spendung der HH. Sacramente des Altars und der letzten Oelung nebst Gebeten und Spruechen fuer die Sterbenden; vol. in 4°.
E»ciin«, Ko rie Notii ueber dat Leben o. W'irbe» des Verfataen der Ski ne sar KJoeppeLjarmee ; msert aux areb. S«c. arebcoL Laibrg. — Kiu».
Greffier de la Jiutiee de pais a Eteh ■/.%. Noir» communiquée*.— Dr. Kl«tr, Eiaiçe Worte am Grsbe de* H. Jacob Hleia, wciland Pfarrer in ÎJorçliuiter.
KLEIN, Pierre, est né à Luxembourg le 2 mai 1825, de parents peu favorisés de la fortune, qui voyant de bonne heure les brillantes dispositions de leur fils pour l'étude firent tous les sacrifices possibles pour lui procurer une éducation soignée. Le jeune Klein fut admis à l'Athénée de sa ville natale en 1837 et en fréquenta les cours jusqu'en 1845. Comme il se sentait un goût très décidé pour renseignement il demanda et obtint cette même année d'être envoyé pendant quelque temps à Diekirch pour remplacer un des collaborateurs du progymuase de cette ville pendant une maladie j et déjà la suivante il fut admis à donner temporairement le cours de langue allemande dans les quatre classes inférieures de l'Athénée de Luxembourg. Au mois d'octobre 184C il alla suivre les leçons de l'université de Liège où il s'attira bientôt toute l'attention du Professeur Borreman qui comme on sait, est un des premiers hellénistes de l'Europe.
Klein ne fréquenta l'université de Liège que pendant un semestre. Rappelé à Luxembourg dès le 13 avril 1847, il fut nommé répétiteur à l'Athénée. En 1849 le gouvernement du Grand-Duché lui accorda un subside pour aller pendant une année encore continuer ses études à l'université de Bonn; et le premier mai 1851 il subit avec distinction l'épreuve de la candidature en lettres.
Enfin, le 29 septembre 1855 il fut nommé professeur de langue française au Progymnase de Diekirch ; mais il ne lui a pas été donné de prendre possession de ces fonctions : une maladie grave qui depuis quelque temps minait sa constitution, l'emporta le 13 octobre suivant, alors qu'à peine il était âgé de trente ans.
Presqu'exclusivement occupé d'étude, Klein avait pendant sa courte existence su mériter l'estime de ses amis et faire naître l'espoir qu'un jour il deviendrait une des gloires littéraires de sa patrie. En effet,
très jeune encore , n'ayant que vingt ans, il a composé des pièces de vers très bien pensées et élégamment dites: Plusieurs de ses essais de cette époque ont été insérés dans les journaux et goûtés par les vrais connaisseurs.
Après sa mort ses amis ont publié ses œuvres poétiques qui toutes sont remplies de fraîcheur dans les idées, de grâce dans l'expression et d'une exquise mélodie d'harmonie. Le volume dont nous parlons a pour titre : Gedichte au» dern Nachlasse von Peter Klein; Luxembourg, Biick; 1856, in 12; de 175 pages. Nous allons donner la liste chronologique des pièces qu'il renferme : 1845. Wanderlied. — Freundschaft. — Au die Freude. — Bei der Ankunft der Kœnigin zu Luxerahurg. — Elégie am Grabe eines Freundes. — 1853. Das Fallen der Blœlter.
— Dichters Keiebthum. — Moselfahrt. — Turngrusz. — DasMa:dchen vonOhahiti. — An Bachus. — An Augusta. — Aus den hebrœischen Melodien von L. Byron. — 1854. Prolog zur musikaliscben Abcndunterbaltung der Schueler des Athenaeums.
— Nach Diekirch. — An Wilhelm 11. — Am Grabe eiues Freundes. — Lux perpétua luceat eis. Am Tage aller Seelen. — /#55.Studentcnchor. — Deutsche Sonnette.
— Mein Volk. — Marienlieder. — Die Wichtelmrcnnchen. — Der Muehlbach. — Die sieben Schiffer zu Hollerich. — Das Gartenweibcbcn zu Dommeldingen. — Siegfried und Melusina. — Die Fucrsteuwachc. — Melternich und der Abt.
Cependant outre ce talent poétique si prononcé le jeune Klein s'occupa aussi d'Histoire , mais surtout de l'Histoire de son Pays. Dans cette étude , à laquelle il se livrait avec une espèce d'enthousiasme civique , il voulut remonter jusqu'au premier berceau de nos pères. Et par ses investigations philologiques sur l'idiome national il réussit à jeter quelque lumière sur une question archéologique de la plus haute importance , en cherchant dans les éléments de la langue luxembourgeoise la patrie de nos ancêtres les plus reculés. L'important travail qu'il soumit en 1855
à la société pour la recherche et la conservation de monuments historiques dans le Pays de Luxembourg, sous ce titre : Die Sprache der Luxemburger , lui valut les honneurs de la publication dans les annales de ce corps savant et son admission, à l'unanimité des votes, au sein de l'association en qualité de correspondant.
McLaaaca, Nécrologe de P. Klein; dans: Trienche Zeitnng du 97 octobre 18153. — Paqokt, Panégyrique de Kleia t daaa le Journal ■ La flerue du Grand- Duché de Luibrg , octobre 18311 — Notea pirticolièrea.— Nam», Notice aur P. Klein; thaï: Publication! de la Société arebéol. de Luibrg. 184(11, XI, page XX, et * partie, 1 a 88.
Klbmsch, Mathieu; v. CLENSCH, Mathieu.
Klottbn, Michel; v. CLOTTEN, Michel.
Klotten, Pierre; y. CLOTTEN, Pierre.
KRIER, Jean-Guillaume , fils de Nicolas Krier , maréchal-ferrant, et de Marguerite Elter, est né à Luxembourg, le 4 mai 1741 . — Le nom de ce personnage, prononcé avec l'accent français , fut rendu par Krieger, lequel traduit suivant la mode d'alors, se trouva être Guerrier, désignation sous laquelle il fut généralement connu plus tard.
Après avoir embrassé la règle du tiersordre de St. François dans le monastère des capucins de Tbionville ou de Meli où il avait pris le nom religieux de Père Constantin, J.-G. Krier fut, par décret de la congrégation pour la propagation de la foi, en date du 20 avril 1789, désigné pour un terme de sept ans Préfet apostolique et supérieur de la mission des P.P. capucins au Cap français dans l'Ile St. Domiogue.
Ce décret, expédié de Rome le 6 juin de la môme année et accompagné d'instructions et de pouvoirs imprimés trèsétendus, auxquels fut joint le 22 mai 1790 celui de conférer le sacrement de confirmation , fut transmis par missive du Père Simplice de Bénin, provincial pour la Champagne, sous la date du 6 juillet sui-
vant au Père Constantin de Luxembourg (P. Constantinus a Luxemburgo) qui avait alors 48 ans d'âge et se trouvait au couvent de Metz. Ce religieux se mit incontinent en route pour sa mission, et aborda à Port-au-Prince encore avant la fin de la même année, puisque sa commission a été enregistrée à cette destination le 7 décembre , et a l'assemblée provinciale dite du Nord de St. Domingue le 8 janvier 1790, sous la signature du Baron de la Chevalerie, Président. Avons-nous besoin de rappeler au lecteur qu'à cette époque, mais surtout pendant les années suivantes la colonie française de St. Domingue fut remplie d'autant de troubles et de révolutions , de massacres et de brigandages que la France continentale ? Il est dès lors déjà devenu évident, par induction , que le P. Constantin a du subir bien des tribulations et de grandes difficultés pour remplir sa mission , si même une pièce authentique que nous mentionnerons à sa date n'établissait le fait d'une manière péremptoire. Et pour montrer combien la tâche qu'il entreprenait présentait d'aspérités dès le principe, il suffira de dire qu'il s'était fait remettre, même avant son départ pour sa destination , un brevet de sécularisation expédié le 19 juin 1789 par le Cardinal Origo, régent de la pénitentiaire de Rome.
Les événements politiques ayant marché, nous trouvons sous la date du 30 décembre 1790 la déclaration suivante, que nous transcrivons textuellement : « Aujourd'hui «30 décembre 1790 est comparu en ce «greffe (du siège royal du Cap français) «le Révérend Père Préfet apostolique de «cette mission, Supérieur-général de la « partie du Nord comme dans cette colonie, « conformément à la Patente de Sa Majesté « en date du 31 juillet 1789 , sous le nom «de R. P. Constantin de Luxembourg et « maintenant selon le décret de la Nation «sous celui de M* Constantin Guerrier; «lequel nous auroit déclaré vouloir effec- « tuer lui-même ce qu'il avoil engagé les « autres missionnaires de faire pour l'entière
« conformité et uniformité de la mission, «et profiter do décret de l'Assemblée « nationale et des privilèges accordés en « rentrant dans la société sous l'habit ecclésiastique séculier, à qoel effet il a déclaré «choisir et fixer son domicile a Thionville «dans le luxembourgeois français ponr «pouvoir annuellement jouir et profiter « de la pension nationale de huit cents livres «argent de France, ayant atteint l'âge de «cinquante ans à tirer sur la caisse muni- «cipale de la dite ville de Thionville k «laquelle il se soumet à faire une décla- « ration semblable k la présente, dont il « demande acte pour être envoyée de suite « à son fondé de procuration à l'effet de « la faire enregistrer et tirer annuellement « la dite pension. De tout quoi le dit sieur «comparant fait la présente déclaration « pour lui servir et valoir ce que de droit. « De laquelle il a requis acte k lui octroyé «et a signé avec nous greffier commis.
« Signé au Registre : F. Constantin Préfet «apost., et Doplessis, greffier commis.»
Cet acte a effectivement été enregistré au greffe de la municipalité de Thionville, le 5 avril 1791.
Un mois avant cette déclaration, le 30 novembre 1790, le P. Constantin prévoyant tout ce qu'il pourrait y avoir de périlleux pour ses missionnaires si dans les circonstances do moment on les astreignait k continuer leur vie suivant la règle de Tordre religieux, avait demandé k Rome l'autorisation de séculariser son institut. Sur quoi la Propagande, vu l'état des choses mais ne voulant peut-être pas céder d'emblée, lai répondit en principe par un refus , avec latitude toutefois de, suivant les circonstances , accorder individuellement cette sécularisation. Ce premier ordre fut suivi de près et dès le 23 juillet 1791 d'une seconde lettre par laquelle tous les missionnaires étaient formellement autorisés à prendre l'habit ecclésiastique séculier.
Le 23 avril précédent (1791), le Père Guerrier avait été créé Chevalier de l'éperon d'or , Comte du Palais pontifical et
de celui de Saint-Jean de Latran. Le diplôme qui lui conférait ces dignités lui donne les qualifications de: « 1 Uustrissiw mas Dominas, Dominas Constantinus a «Luxemburgo, Prœfectns ab apostolicà «Sede depntatus et Superior generalis « Missionum RR*" PP"" cappucinorum in « Insulà S. Dominici, et Parochus ad Caput «Francicum, Eqnes aura te militix etSacri « Palatii Aulîpque Lateranensis Cornes Pa- « latinus. »
Ce parchemin est délivré et signé par François duc de Sforce, par délégation, y est-il dit, des Souverains-Pontifes à sa maison. Nous ajouterons que les titres de Comte etc., ne forment que des accessoires de la chevalerie de l'éperon d'or, qu'erronément sans doute le Père Constantin nomme la toison d'or dans son testament dont nous parlerons: Le mot calear n'a jamais signifié qu'éperon , non toison.
C'est là le dernier acte que pour le moment nous ayons a relater touchant le. Père Constantin pendant sa prélature k St. Domingoe. Inquiété , pillé pendant la révolte des nègres et ne pouvant peut-être pas supporter plus longtemps le séjour des Antilles, il résolut de retourner en Europe, longtemps avant la fin de sa mission qui devait durer sept ans, comme nous l avons déjà dit : il trouva peut-être pour masquer son but de départ, le prétexte qu'il allégua pour aller chercher des missionnaires nouveaux.
Avant de s'embarquer il eut soin de se faire remettre des attestations par les autorités, afin de pouvoir au besoin prouver qu'aucun reproche ne devait lui être fait sur son retour. Nous nous plaisons à copier ces pièces, intéressantes sous bien des rapports, puisqu'elles démontrent d'une manière absolue que le Père Constantin était un homme véritablement digne des hautes distinctions qu'il avait obtenues du Saint-Siège :
« 1°. Nous Ignace-Frédéric de Mirheck, « Philippe- Rose Roume et Edmond de « Saint-Léger , commissaires nationaux ci- «vils, délégués aux Iles françaises de l'A-
« mérique sous le vent, pour y maintenir « Tordre et la tranquillité publique , en « exécution des lois des 1 1 février el 28 «septembre 1791 ,
« Certifions que le Révérend Père Cons- « tantin Guerrier, Préfet apostolique à St. « Domingue, y est généralement chéri, es- « timé, honoré, etc., principalement dans « la Tille du Cap chef-lieu de sa résidence. «Sa conduite édifiante et ses vertus lui ont « mérité l'amour de tous les bons citoyens ; « nous nous joignons à eux pour lui té- «moigner les mêmes sentiments et lui « rendre le tribut d'éloges qu'il mérite à « tous égards.
« Faitau Cap français, le 30 mars 1792.» signet: de Mirbeck— Roume— Leborgne, « secrét. adj. de la commission nationale.»
« 2*. Assemblée provinciale du Nord de « St. Domiogue. — Nous Président, Viee- « Président et Membres de l'assemblée « provinciale permanente du Nord, séante « au Cap-Français , certifions à tous ceux « qu'il appartiendra, que le Révérend Père « Constantin Guérier, Préfet apostolique et « supérieur de la mission de la Province «du Nord, a acquis l'estime générale et « la confiance dont un supérieur ecclésias- « tique doit être si jaloux, par sa prudence, « sa modestie, son attachement et son as- « siduité à ses devoirs comme Préfet aposc tolique et comme curé du Cap. Certifions « que c'est avec peine que la Province le « voit s'éloigner de son poste, et conserve « l'espoir de le revoir reprendre ses pé- « nibles et honorables travaux aussitôt que « sa santé le lai permettra ; espérant qu'il « amènera avec lui de dignes coopérateurs «pour le soulager dans ses fonctions et « travailler avec lui à la propagation de la « foi et l'édification publique.
« En foi de quoi nous avons accordé au « dit Révérend Père le présent certificat « auquel nous avons fait apposer le sceau « de l'Assemblée.
« En séance de l'assemblée provinciale « du Nord, le 29 avril 1792. »
Signés : « L'abbé Boucher, Président.»
« Joubert, vice-pdt. — Mazeres, secrét.— « Douset, secrét. »
« 3e. La Municipalité du Cap an T. R. P. v Préfet apostolique, supérieur général de « la province du Nord. — Cap , 10 mai « 1792. — Le corps municipal verrait sans « doute avec douleur votre éloigoement de « la Colonie dans un moment où vos se- « cours spirituels paraissent nécessaires au « retour de la paix, si vos vues pieuses et « surtout le mal de scorbut qui vous afflige « n'attestoient pas en votre faveur la légiti- « mité de votre départ. — Elle s'empresse « a vous exprimer les sentiments d'estime et « de vénération qui vous sont dus à tant de « titres; vous les trouverez consignés dans « le certificat qu'elle vous fait passer ci- « joint. — Salut. — Le maire de la ville « du Cap : » — signé: « Chevallier, l'aîné, « maire. »
«4*. Municipalité du Cap français isle « et côte St. Domiogue. — Nous Maire et « Officiers municipaux de la ville du Cap, « attestons à tous ceux qu'il appartiendra, « que le Père Constantin Guerrier, Préfet « apostolique, Supérieur de la mission de «la province du Nord de cette colonie, «a par une conduite irréprochable et par «la pratique constante des vertus de son « état, pendant l'exercice de sa préfecture « et son séjour en cette ville , mérité et «acquis l'estime et la vénération de ses « concitoyens. En foi de quoi Nous lui avons «délivré le présent, auquel a été apposé « le sceau de la municipalité.
« Au Cap, le 10 mai 1792. » — Signés: «Chevalier, l'ainé, maire — Brocas, off* « municip. — Louis Foucher, ofF muoicip. « — Domergue , jeune , offr mun. fesant « prov4 fonctions de Procureur de la com- « mune. — Barriet ofTmun. en E\*. — Gra- <« nier, secr. gén. »
Muni de ces pièces , le P. Krier s'embarqua pour l'Europe, le 6 juin 1792, et débarqua à Dunkerqne le 23 juillet suivant. Il continua à exercer dans cette ville les fonctions ecclésiastiques avec toute la prudence nécessaire pendant cette époque critique. Pour donner un exemple de cette prudence qu'il mettait à se plier aux événements nous mentionnerons ici une lettre du citoyen Fockedey, député par la Con-
Tcntion nationale, écrite le 11 octobre 1792 à le municipalité de Dunkerque, et dans h quelle ce commissaire annonçait qu'il avait transmis à la Convention seize assignats, de 50 livres chacun, provenant d an don patriotique fait à la République par le P. Krier, 600 livres, et un autre prêtre , 200 livres , ainsi qu'un discours dont le contenu nous est resté inconnu. « La Convention , y tit-il dit, a entendu « avec intérêt la lecture de ce discours ; " elle a accueilli par des applaudisse- « ments l'offrande faite et elle a décrété la « mention honorable au procès-verbal du « jour. »
D'un autre côté, si Ton voulait une preuve du zèle que comme prêtre il n'a cessé de déployer pour la religion catholique, nous la trouverons dans un certificat que la municipalité de Ounkerque lui délivra le 17 novembre 1792: «Le citoyen Guerrier, « supérieur de la province du Nord de l'Ile «de St. Domingue et curé actuel du Cap (•français, y est-il dit, résidant en cette «ville depuis le 23 juillet dernier, s'est «comporté avec honneur et probité; de « l'agrément du citoyen curé de cette ville « il rend beaucoup de service à cette pa- «roisse; enfin, en tout il remplit tous les «devoirs d'un bon citoyen avec le plus «grand zèle. Certifions en outre qu'il a «fait un don patriotique de la somme de « 600 livres qui a été adressé à la Conven- « tion nationale ; qu'il a prêté le serment «prescrit par la loi et qu'il a depuis son « séjour en cette ville donné des preuves « non équivoques de son patriotisme et de « son dévouement a la chose publique. »
Les 16 octobre et 29 décembre de l'année suivante la municipalité de la même ville lui remit de nouveaux certificats de civisme , pour avoir été soumis aux lois et rempli les devoirs de citoyen. La dernière de ces deux pièces porte vingt-six signatures, parmi lesquelles celle de J. J. Schelle , curé de Dunkerque.
L'abbé Krier avait acquis à Dunkerque une maison , située dans la rue des droits de l'homme, N° 12, et qui rapportait
à cette époque 2000 livres de loyer. Il y résida, parait-il, en qualité de propriétaire, sans exercer de fonctions ecclésiastiques sous le régime de la terreur , pendant laquelle la faillite d'une riche maison de commerce a laquelle il avait confié ce qu'il avait pu sauver de capitaux pendant les désastres qui avaient eu lieu au Cap français lors du soulèvement des noirs de cette colonie , lui enleva le reste de sa fortune (acte notarié du 5 octobre 1799), et le réduisit pour ainsi dire à l'indigence , surtout parce qu'il avait fait abandon à la République de sa pension ecclésiastique.
Dans cette position et après la chute de Robespierre il demanda et obtint en l'an VI (1798—1799) la cure d'Estaires. Mais lorsqu'il voulut toucher le traitement attaché à ces nouvelles fonctions on lui opposa sa déclaration précédente pour le lui refuser. Cependant après bien des démarches faites à cet égard ordre fut donné au payeur-général d'acquitter ces mandats. Cette décision des Administrateurs-généraux du Département du Nord était motivée sur ce que le curé Guerrier « ayant , « en l'an II et pendant qu'il avait de la forci tune fait le sacrifice de sa pension , ne « doit pas, après avoir, par l'effet de mal- « heurs perdu cette fortune, être privé de « toutes ressources maintenant qu'il est dans «le besoin, attendu qu'il ne serait pas «juste qu'un citoyen soit victime de sa gé- « nérosité envers la République » (arrêté du 25 vendémiaire an VIII).
11 ne resta pas longtemps à Estières , puisqu'en 1800 il habitait de nouveau Dunkerque d'où, sans doute à l'occasion des négociations qui eurent lieu pour la conclusion du Concordat il adressa au Souverain-Pontife une longue lettre latine que nous nous croyons en devoir de traduire en entier et aussi littéralement que possible, parce qu'elle explique mieux que nous ne pourrions le faire les épisodes qui marquèrent sa mission 1 St. Domingue ainsi que ses vues pour le rétablissement du culte catholique en France:
« Dunkerque dans la Province Bel-
« gique , ce 1M septembre 1800 , la VIII' « armée de la République.
«Très-Saint Père,
« Je soussigné , Préfet apostolique de la «Province d'Australie dans l'île St. Do- <« mingue , expose en tout respect comme « en toute sincérité et en toute soumission « à Votre Sainteté que :
« J'ai séjourné au Cap Français pendant «dix ans et jusqu'en 1792, en qualité de «Préfet apostolique relevant immédiate- «ment du Saint-Siège, avec pouvoir de « conférer le Sacrement de la confirmation, « de remplir toutes les fonctions épisco- « pales (excepté de donner l'ordination, « ce qui du reste eût été entièrement super- «flu), ainsi que de nommer à vingt-six <« paroisses.
« Mais hélas , dans ces climats lointains «et brûlants, combien n'ai-je pas, avec « mes missionnaires , eu à endurer de bar- « baries et de tourments malgré lesquels, «tel qu'un bon père de famille je n'ai pas « cessé de conserver pure et intacte la re- « ligion catholique. On ne saurait énumérer «les cruautés qui sous le gouvernement «français ont été perpétrées pendant la «terrible insurrection qui a ensanglanté « File St. Dorai ugue , tant par des hommes « à couleurs diverses que par les esclaves, « et où à peu près tout a été détruit par « le fer et le feu.
«Forcé par la nécessité des circon- « stances , je fus envoyé par le peuple en « France pour ramener de nouveaux mi- " nistres du culte après le décès de seize « missionnaires , afin de maintenir de toutes « nos forces la religion catholique. Avant «mon départ, nous avons tous ensemble « promis dans les termes suivants , obé- « issance et fidélité , comme le peuple l'a- « vait demandé : je jure et promets fidë- « lité à la nation , à la loi et au roi. Nous « nous fendions en cela sur le principe ca- « tholique admis par le Christ lui-même , «les apôtres, les saints Pères, tous les « théologiens et les universités catholiques, « que toutes les lois émanent de Dieu et « que celui qui résiste au pouvoir résiste
«aux ordres de Dieu même. J'ai obéi de «bon gré au conseil de l'apotre lorsqu'il « dit : soyez donc soumis à vos supé- « rieurs et obéissez à leurs ordres, même «s'ils vous contrarient.
« Donc , après m'être fait remplacer par «un vice-préfet apostolique j'ai quitté le « 6 juin 1792 le Cap français. Hais à mon « arrivée en Fraûce je ne pus , a cause des « progrès de la révolution , remplir mon «généreux dessein ni renvoyer des ordres. « Après la déclaration de guerre par l'An- « gleterre il me fut absolument impossible « de retourner en Amérique. Je dus donc «rester dans le port de Dunkerque dans «la Province Belgique , où pendant les « troubles révolutionnaires jai été conatam- « ment exposé aux vexations et aux persé- «cutions en haine contre la Religion. J'ha- «bite encore actuellement cette ville, sain «et sauf, grâces en soient rendues à Dieu.
«En conséquence, placé dans l'impos- «sibilité physique de retourner au cap « français , puisque six mois après mon « départ la maison du préfet avec tous les «meubles ont été ou brûlés ou détruits et "pillés pendant le sac et la destruction « de cette importante cité ; et que , hélas, « par-dessus ce malheur presque tous les « missionnaires et les religieux de ma ju- « risdiction , voulant comme de dignes mi- « nistres de Dieu et jusqu'à la fin rester «fidèles à leurs vœux comme à leur voca- « tioo , ont été cruellement massacrés.
« J'ai déjà fait rapport sur ces événe- « ments déplorables à Pie VI ; mais j'i- «gnore si ma lettre sera parvenue dans « un moment aussi terriblement critique, u Père des fidèles, ayez pitié de vos servi- «teurs! Tous, comme de fidèles ouvriers « à ta vigne du Seigneur ont combattu pour « la bonne cause ; ils ont conservé la foi, «ils ont rempli leur course} la couronne « de justice les attend assurément des mains « du juge de justice, telle qu'elle a été pro- « mise auxcourageuxatblètes qui combattent « pour Dieu et sa religion. Je les recom- « mande de nouveau aux prières et aux « saiuU-sacrifices du siège apostolique.
« C'est pour ainsi dire par miracle qoe, «comme autrefois St. Paul, j'ai pu échap- » per au nom de Dieu, à cause d'une ab- « sence légitime. Très-Saint Père, au Cap « français il ne me reste en vie que trois «missionnaires pour faire l'office divin. * Malgré mon âge de soixantaine j'ai été u sollicité de reprendre mes fonctions ; mais «je n'ai jusqu'ici pu consentir à le faire. « La paix prochaine et la situation de l'Ile c St. Domingue dirigeront ma déterminait tion; car pendant les périlleuses circons- « tances du moment il faut consulter Dieu « et procéder avec prudence.
« Pendant une absence faite du consen- «tement du peuple et dans l'intérêt de « la Religion j'ai été pillé en Amérique ; « jai ensuite presque tout perdu en France. « Cependant, content avec peu je puis dire « que j'ai été plus heureux que mes mis- « sionnaires qui ont perdu la vie : Dieu «l'avait donné, Dieu l'a repris; que le " nom du Seigoeur soit béni : car le mis- «sioouaire doit être un disciple digne de ««Dieu et son serviteur dans ses actes « comme dans ses discours.
«Très-Saint Père, bien qu'en France la «Religion ait été à deux doigts de sa « ruine, elle n'a cependant jamais expiré « complètement pendant le chisme. Ainsi, « suivant l'esprit du précepte du Pontife, «me tenant, au péril de ma vie, caché «dans ce pays pendant huit années con- « sécutives , j'ai comme pendant les pre- « miers siècles du Christianisme bravé les « tempêtes des quatre parties du monde.
«Très-Saint Père, je dis la vérité en « toute sincérité, et je ne mens pas comme « autrefois S. Paul, dont dans mes travaux «j'ai suivi les traces, lorsqu'il était mis- « sionnaire en Grèce. Nous devons rendre « grâces aux très-honorables évèques réunis « à Paris, lesquels pendant les huit ans de « cette cruelle persécution d'athéisme n'ont «cessé, par leurs écrits et leurs actes de «soutenir avec fermeté le Catholicisme « pour ainsi dire agonissant, en conservant <• pour le Saint-Siège le respect et la soo- « mission nécessaires. En ceci il me semble
« qu'il ne faut pas ajouter foi à toutes les « suggestions avant d'avoir examiné si elles « viennent de Dieu. Que Votre Sainteté « pardonne ma trop grande franchise lors- « que je parle si ouvertement, et si, à «l'occasion de Votre reconciliation avec « la France je m'ouvre entièrement. Comme « les dogmes de la foi ne me paraissent « être changés en aucune manière, puisque « les innovations intervenues ne concernent « purement que la discipline après avoir «souffert tant de calamités et été témoins «de tant d'assassinats, tandis que nous «sommes près d'obtenir la paix, j'ai l'es- « poir fondé que Votre Sainteté , dans sa «bienveillante sollicitude pour Elle-même « comme pour tous les chrétiens, choisira « la véritable voie pour conserver la Re- « ligion catholique en France, de peur que «U vigne du Seigneur ne s'y voie détruite « par un schisme imminent, comme autre- « fois cela a eu lieu en Angleterre et en « Allemagne.
«Afin donc que l'habit ecclésiastique « ne soit pas mis en pièces et profané, je « crois qu'il serait nécessaire, pour la paix « de l'Eglise et la destruction du schisme, « d'admettre les cinq points qui vont suivre. «Si dans la Bulle pontificale prochaine « Votre Sainteté les décrète il est vraisem- « blable que la France , comme un seul «bercail avec un pasteur unique quant aux «préceptes de discipline, pourra traiter «plus tard avec l'Eglise entière dans un «concile œcuménique.
« Je propose donc que l'on admette qu'il «existe en ce moment trois catégories « d'ecclésiastiques, dont la première com- « prendra ceux qui se sont mariés et qui « ont fait acte d'apostasie ; la seconde les «prêtres et les religieux qui sont restés « fidèles à leurs vœux; la troisième enfin «les nouveaux prêtres constitutionnels.
«I. Quant à U première, comme la « pratique de S. Cyprien semble ne pou- « voir être observée dans les circonstances « présentes, puisque tous ceux qui se sont « mariés et qui ont apostasié se sont placés « sous l'autorité civile; que ceux-la restent
« dans la vie civile. Car, que nous importe « de juger ceux qui ne assortissent plus «à notre autorité.
«II. Pour la seconde; quand même ils « auraient préalablement prêté le serment « exigé par l'autorité civile, que tous, sé- « entiers et réguliers qui seront sullisam- «ment instruits et de bonne renommée « soient indistinctement admis en qualité «de ministres de la religion catholique, «apostolique et romaine.
«III. Touchant la troisième, que tous « les prêtres ordioés depuis le commence- « ment de la révolution française soient « renvoyés à leurs évéques respectifs pour « être examinés par ceux-ci ou leurs synodes « quant à leurs capacités et leur conduite. « Après cette épreuve ils seront admis à « continuer l'exercice du saint ministère, « ou bien ils resteront au séminaire jusqu'il « ce qu'ils aient acquis des connaissances « suffisantes.
« IV. Tous les évéques et les curés qui «sont encore en vie pourront reprendre « leurs sièges ou leurs paroisses. Les titu- «laires constitutionnels leur servirout de «coadjuteurs, avec expectative de leur «succéder à leur décès.
« V. Les évêques et les curés constilu- « tionnels conserveront leurs places si les « titulaires sont morts.
« Si ces modifications et cette règle sont « adoptées l'unité et la paix seront conservées a la Religion.
«J'adjure avec instance le Père des fidèles, par les entrailles de la miséri- « corde divine et par notre dévouement « à la Religion à demi-éteinte, de procéder « dans les circonstances présentes avec la « plus grande indulgence s'il ne veut pa3 « qu'en France la Religion catholique pé- « risse et soit vraisemblablement changée «en schisme. Si Votre Sainteté souscrit «à mes propositions la Religion fleurira; u ce qui sera une œuvre très-agréable à n Dieu ainsi qu'aux hommes , et qui fera « vitre la mémoire de Pie VII dans Péter- « nité.
« Rien que je n'aie pas l'honneur d'être
« personnellement connu de Votre Sainteté « comme je l'étais de feu Pie VI , votre «oncle de glorieux souvenir, j'ai, guidé << par la même sincérité, osé Vous adresser « cette prière. Comme le chemin de Rome «est ouvert maintenant, je désire que « Votre Sainteté me fasse informer si je «puis en conscience continuer mes fonc- « lions pastorales. J'ai constamment, pour « le bien de la Religion , marché avec la « confiance du peuple dans la voie apos- « tolique.
« En attendant l'arrivée de la grâce «sollicitée ainsi que votre bénédiction «paternelle et apostolique, je suis avec «une due soumission de même qu'un «attachement jusqu'à la mort, de Votre «Sainteté le très-humble et très-obéissant «serviteur et fils en Jésus-Christ,
« autrefois frère Constantin, aujourd'hui « sécularisé par le Saint-Siège apostolique « J.-G. Guerrier, préfet apoi tolique de la «province australienne à l'ileSt.Dotningue, «résidant actuellement à Dunkerque dans «c la Province Belgique. »
L'accusé de réception de cette lettre est signé 3. li. Cardinal Caprara , Légat, et daté de Paris, le 6 novembre 1801.
En l'an X (1802), le P. Guerrier prononça dans l'église paroissiale de Dunkerque un discours éloquent, parait-il, sur la paix, pour lequel le Conseiller d'Etat chargé des affaire* concernant les cultes lui adressa sous la date du l" frimaire (22 novembre 1802) une lettre de félicitation que nous nous voyons engagé à copier ici:
«Au Citoyen Guerrier dit Krieger, «ancien Préfet apostolique do Cap fran- «çais, à Dunkerque. *
« J'ai reçu , citoyen, le discours sur la « Paix que vous avez prononcé dans l'église « paroissiale de Dunkerque ; j'y ai lu avec « plaisir l'éloge mérité que vous faites de «nos braves défenseurs et le tribut de re- « connaissance que vous payez aux talents « extraordinaires du Premier Consul ; je « ne manquerai pas de lui faire part de «ce nouveau témoignage de votre atta-
«chemeot pour le Gouvernement et de «votre dévouement pour la prospérité « publique.
«Je vous salue. — Signé: Portalis. »
En 1804, et vraisemblablement depuis la conclusion du Concordat de 1802, l'abbé Rrier était curé-doyen du canton de Marcoing au diocèse de Cambray, où il testa le 29 mai 1807.
Dans ce testament olographe, après avoir disposé touchant le cérémonial qu'il demandait pour ses obsèques, il ordonnait que sa bibliothèque serait vendue entre les curés qui assisteront à ses services funèbres et payée par des messes à 15 sols de France. Il confirmait la donation antérieurement faite à son église d'un autel en marbre, d'un calice et d'un ciboire en argent massif, de divers ornements sacerdotaux brodés en vrai or et de deux missels de prix. Il partagea ensuite ses biens, quelques obligations, sa maison de Dunkerque et ses meubles, par parts égales entre ses neveux et nièces , moins un d'entre eux qui ne devait obtenir que la moitié parce qu'il s'était montré indigne des libéralités du testateur. Il ajouta quelques legs particuliers de bijoux à certains de ses parents, et finalement il voulut que ses diplômes et titres fussent conservés réunis par sa famille.
Nous ne connaissons pas le jour du décès de ce prêtre vertueux. Cependant si nous conférons la date de la présentation de son testament au juge de paix pour en faire faire l'ouverture, formalité qui a été remplie le 1 1 juillet de la même année 1807, nous pouvons admettre qu'il sera mort quelques jours auparavant, peut-être le 1 1 juillet même ; à l'âge de 66 ans et 2 mois environ.
Le père Jean-Guillaume Krier avait un frère portant nom d'Euttache , qui se fit également capucin , et qui est mort le 1 i germinal au XI (5 décembre 1802) , à Luxembourg où il possédait la maison dite anciennement des marchands et occupée de nos jours par la loge maçonnique.
Extrait de l'Etat chril de La *t«kourç -Titres et di-
pUlaes originaux du prreKritr, cemrMri parlfr8uacheaakjr, giomètrt à Dicliirck cl la lamile Staaao , de llambroae*, te* petits acreai.-Cantiaiiatioa de l'Art de vériler le* date* , par le maraui* de Fartia d'Urfca., i. f.l.l858,T.lV,»87>.qq.,
Rbcdkl, Jean; v. CRUDEL, Jean.
KNEPPER, Pierre, fils de Nicolas Koepper, assez riche cultivateur, et de Catherine Klein ou Kleiner , est né à Dablem , commune moderne de Garnich , le 23 octobre 1724.
Après avoir terminé d'une manière brillante ses humanités au collège de Luxembourg il entra au séminaire de Trêves où il obtint la prêtrise. Il ne nous a pas été donné d'apprendre les noms des paroisses qu'il desservit jusqu'en 1772 où il prit possession de celle de Boulaide qu'il conserva jusqu'en 1797. Il était en même temps définiteur du chapitre de »
Bastogne.
Il est à remarquer qu'il n'existe aux archives communales de Boulaide aucun registre aux actes de l'état civil de cette période de vingt-cinq ans, pendant laquelle Pierre Knepper était curé de cette paroisse; on doit croire dès lors qu'il les aura emporlës à son départ pendant les troubles de la conquête française, et qu'ils n'auront pas été restitués. En effet, après avoir, en 1796 et 97 pris une part assez active à la résistance contre le système nouveau , H crut prudent de se retirer dans son endroit natal , au sein de sa famille où il est mort paralytique , le 28 janvier 1806.
Comme il avait refusé avec constance de prêter le serment de haine h la royauté il se vit obligé de se tenir caché pendant plusieurs années afin d'échapper à la déportation: deux fois même, dit-on, il avait été surpris et arrêté par les agents de la force publique, et chaque fois il fut assez heureux pour être délivré de vive force de leurs mains, par un de ses neveux qui possédait, paratt-il, une force herculéenne.
Le curé Knepper était savant, mais surtout dévoué à sa religion. En 1792 son
zèle lai fit publier l'ouvrage suivant:
Gruendlieher Beweis der katholischen Religion , aus Liebe zu denen Protestanten und zu ihrer BeUhrung in einem Gesprache zwisehen Voter und Sohn ueber die vornehmtten Glaubenspunkten, in tcelchem die Unkatholitchen von den Katholiken entzweyet tind, nebst Antwort auf einen vorgœngigen Brief eines Protestanten; vol.
in 8°; Cologne, chez Jean-Georges Schmitz; X-*- 618 pages. «Cette publication, nous « écrit M. le Prof Engling, travail assez « médiocre , n'aurait pas été éditée si Tauci teur avait voulu écouter les sages con- « seils de M. l'abbé Neumann , curé de « Harlange (v. son art.) , qui vivait avec « lui daos les relations les plus intimes ; « ou au moins elle ne l'aurait été qu'après « avoir subi de notables changements.
« Mais le curé Knepper se laissa entraîner « par son ardeur et l'espoir d'obtenir un « grand résultat du fruit de ses veilles. » Et en effet, il parait que la lecture de ce livre par un pasteur protestant, dont le nom est resté inconnu, produisit la conversion de ce dernier au catholicisme après un nouvel échange de lettres que le curé Knepper a également publiées avec les réponses qu'il y avait données, comme du reste cela est attesté par le rédacteur de l'acte de décès de notre personnage, acte que nous nous voyons engagé a transcrire ici : « Anno D" 1806 , die 28 januarii obiit S" « Ecclesiœ moribundorum Sacramentis pra>- « vie munitus in Dahlem Adm. Kdus. Dnus. « Petrus Knepper, films legitimus defunc- « torum Nicolai Knepper, agricole, et Ca- « tharinae Kleioer, conjuguai in Dablem in « Schrœders,suotemporepastorin liausch- « leydenet Capiluli Rastonieusisdignus defi- « nitor, alterâ die sepultus fuit in cœmeterio « de Dahlem ; natus fuit in Schrœders de « Dahlem anno D" 1724 , 23 octobris die, « aetatis octoginta et unius annorum, trium « mensium, quinque dierum. Composuitli- (i bru m contra acatholicos in octavo sub « titulo Dialogus seu gruendlieher Beweis « der katholischen Religion, dialogua inter <« patrem et filiuro. Typis Colonia; Agripi-
« nae apud Joannem Georgium Schmitz, « Buchhaendler und Buchdrucker anno « 1792, continentem paginas 628. — Item « litteras germanicas ad authorem a proie testante datas ab aothore verè refu- «tatas. Paralysi tactus obiit. Requiescat «insancta pace. Amen.» Signé: J. N.
Burtoo, Desservitor.
C'est toute une biographie.
Nous ajouterons enfin, toujours à l'appui de la même opinion , que , en suite de cette conversion, l'évèque de Metz aurait offert à l'abbé Knepper, après le Concordat, et dans les termes les plus flatteurs, de désigner lui-même la cure qu'il désirait obtenir ; mais que ce dernier aurait humblement renoncé à cette faveur, préférant user le reste de ses jours en repos, ne s'occupanl qu'à ses études : le curé Knepper avait en effet une bibliothèque nombreuse et bien choisie à laquelle il vouait tous les instants qu'il ne donnait pas à la prière on anx méditations ascétiques.
M. le Prof* Engling marque que le curé Knepper a fondé r encore pendant son séjour à Boulaide, une bourse d'études en faveur de sa famille. Sans nier cette circonstance, il nous sera permis de la révoquer en doute, attendu que malgré toutes nos démarches il nous a été impossible de découvrir des traces de cette fondation qui n'est mentionnée nulle part : aucun étudiant du reste , n'a jusqu'ici fait ses études sur les revenus de ce stipende. Il se pourrait néanmoins qu'il existât une constitution de ce genre , s'il est vrai , comme certaines personnes l'avancent, qu'un nommé J.-B.
Schleich, propriétaire actuel du Schrœders- Haus, maison paternelle du curé Knepper, détient un acte de fondation qu'il refuse obstinément de communiquer à qui que ce soit.
Communication» dr M. le Prof Eus usa. — Idem de M le curé Scaaaca. de Garaicb.— Elit civil de la commaoe de Garaicb.— EacLiac, Der Klceppelkrieg. 40; et: Ole Lnxembarger Glaabrotbrkeaaer, 141, «j.-Arebitea de Bo*laide.-N*«e» . Catal. Bibliatb. Lnibrg , 714.
Kobnigsmachbk , Jean de; v. JEAN, dit de Kcenigstnacher.
KftAinrz , Jean-Nepomueinc; v. CRANTZ, Jean-Népomueêne.
KRANTZ, Matkiat, fils de Pierre Krantz, majeur et cultivateur-propriétaire à Roodt, commuae de Sept-fontaines, et de Marie Girsch, est né au dit Roodt, le 20 novembre 1743. Apres avoir terminé ses études humanitaires au collège des Jésuites a Luxembourg il entra chez les Pères Dominicains de la même Tille où il fit sa profession religieuse.
La suppression des monastères par l'empereur Joseph II Payant chassé de sa retraite il fut nommé professeur de la classe de grammaire au collège Thérésien de Luxembourg, fonctions dans l'exercice desquelles il se montra tellement sévère que plus d'un étudiant, dit-on, pour y échapper se sauva à Louvain pour subir ses exain 6 us «
La conquête française s'étant accomplie sur ces entrefaites, Krantz fut obligé de se tenir caché parce qu'il refusa obstinément de prêter le serment de haine à la royauté. Ayant en conséquence erré successivement, de 1796 à 1802, en se tenant incognito et travesti chez des parents, tantôt à Bas-Bellain, tantôt à Sehleidweiler, où il remplit même pendant quelque temps les fonctions pastorales, il fut enfin déclaré absous de la peine de la déportation. Après la conclusion du Concordat et le retour de la tranquillité, Hatbias Krantz fut désigné
curé primaire de la paroisse de St. Michel à Luxembourg, où il est mort fort regretté, le 24- mars 1820, à l'âge de soixante-dixsept ans.
Par testament olographe du 14 décembre 1817, confirmé par acte authentique la veille de son décès , il léguait « au curé «et notables de Sehleidweiler, Roodt et «Tiefenbach, faisant ci-devant partie de «sa paroisse, trois cents francs à placer « sur intérêts de cinq pour cent au profit « des pauvres enfants de ces villages qui «n'ont pas les moyens de salarier leur «maître d'école, à condition que sous la « surveillance de leur pasteur le maître « d'école leur enseigne entre autres les «principes de la religion catholique.»
Dans le même acte il donnait aussi «aux «villages d'OhrenholTen et Zemmer avec « Mueltgen, faisant partie de sa ci-devant « paroisse, a chacun de ces deux villages, « deux cents francs pour la même fin et «aux mêmes conditions que dessus.»
Ces deux donations il les accomplit même encore de son vivant, ayant envoyé le 29 août 1819 trois cents francs à Sehleidweiler et quatre cents à Ohrenhoflen et Zemmer, à partager également entre ces deux localités.
Euglim , Die Luxemburger Glaabeoibrkroaer , 86, ■q —Etat civil de Kehlea et de Lnxembourj;.— Protocole 3. B. VVeoger, en l'etode do notoire Klein • Lniemboorg. — Communication de M' le Procureur d'EUt, a Laxewbonrf . — CooHoanicMion* partie*, liera et do famille.
LA BBE VILLE , Guillaume-Ignace de, fils de Pierre de Labbeville , écuyer, ancien officier de cavalerie au service de France , et de Marie-Thérèse du Mont , dame de Bevuz, Henriette, l'Aumonier et Genalle , naquit à Marche vers les dernières années de la première moitié du dixhuitième siècle , et s'adonna à l'étude du droit à l'université de Louvain. Passe-
avocat au Conseil-Souverain de Luxembourg , il devint vers l'année 1763 ou 1764, Echevin royal de la haute-cour, ville et ban de sa ville natale, emploi qu'il conserva à ce qu'il parait jusqu'à sa mort. Toute la vie de ce grand homme n'a été qu'une suite non interrompue d'actes de désintéressement , de bienfaisance , de philanthropie et d'attachement a son souve-
rain comme au bien public. Chargé par ses fonctions d'assesseur à la haute-cour de Marche de l'instruction de toutes les procédures criminelles , il n'a jamais réclamé aucune indemnité pour les frais que ces instructions entraînaient. Gomme membre des Etats il assistait régulièrement aux délibérations. Nommé inspecteur et commissaire pour le collège d'humanités de Marche , il remplit cette commission avec succès et favorisa par ses soins l'enseignement des lettres et des arts; proviseur de l'hôpital de la même ville , il régla les comptes de cet établissement par l'activité qu'il mit à examiner les titres et les Chartres , et parvint à recouvrer des rentes déjà perdues par l'insouciance de ses prédécesseurs et dont la perte aurait pu entraîner celle de la fondation. Il s'acquitta en un mot de ces différentes fonctions avec tant de zèle qu'il mérita l'approbation dn public et que ses supérieurs lui témoignèrent plusieurs fois leur satisfaction, tant sur son désintéressement que sur son activité et son zèle : La Chambre des comptes lui marqua spécialement son contentement par une lettre particulière au sujet d'nn plan qu'il avait «ïonçu et a l'exécution duquel il présida dans la suite , pour certains changements à introduire dans l'administration des domaines du quartier de Marche , à l'avantage des fiuances publiques aussi bien que des particuliers. Consulté de toutes parts il donnait gratuitement chaque année sept à huit cents avis , ne cherchant en cela d'autre satisfaction que celle d'amener les parties à des transactions en éclaircissant leurs procès et souvent à ses dépens.
De Labbe ville était savant jurisconsulte, zélé administrateur et toujours protecteur du pauvre ; aussi mérita-t-il d'obtenir de l'empereur Joseph II le titre de Chevalier, comme une distinction de la munificence du Souverain en récompense de ses rares vertus. Les Patentes impériales en date du 6 mai 1786, rapportent comme considérants les faits que nous avons relatés.
Les armes de cette famille , qui sub-
siste encore à Marche , sont: d'azur, k la croix d'or.
De Labbeville fera dans tous les temps honneur à sa ville natale , comme il pourra être proposé pour modèle à ceux qui sont placés dans des circonstances analogues.
Il avait deux frères prêtres, qui comme lui ont mérité une place parmi les luxembourgeois distingués : L'un des deux s'appliquait à enseigner gratuitement la théologie à des sujets hors d'état de fournir aux frais de ces études , et en rendit plusieurs capables de recevoir les ordres. L'autre , mû par le seul motif de bienfaisance, s'attacha dans sa jeunesse à desservir la cure de la ville de Marche dont le pasteur titulaire accablé d'inGrmités ne pouvait plus en remplir les devoirs ni payer un vicaire , s'étant par ses charités dépouillé de tout en faveur des pauvres.
Paoctr, 81. — Areaire* du Cunteil Souverain » Heq. aux Commiuioas , 2V'° 1113. p. 180 —Note* commn niquéci.— Diofp-apuii' prucralc des Bclgn , 120.
LAER, Marguerite de y épouse en premières noces de Nicolas Niedbruck (v.
son art.) , mort en 1655. Cette dame s'est rendue recommandable par ses donations en faveur de l'instruction publique. En effet, nous trouvons dans les actes concernant le séminaire ou pensionnat dépendant du collège de Luxembourg , sans y être attaché, qu'elle légua aux Jésuites de cette ville dix-huit cents écus du pays, faisant 8280 francs , à employer à la fondation et à l'entretien d'nn collège pareil à Thionville $ et pour le cas où cette fondation ne pourrait pas avoir lieu les revenus de cette somme devaient servir à l'entretien du séminaire de Luxembourg.
BUaea, DUsertatioa sur le* Donne* d'études, XII et XX111.— luTeutaire des papiers du S r mi paire , en
LA FONTAINE, Quirin de, né à St.
Vith le 22 octobre 1713, fils de Jean- Paul de La Fontaine, avocat au Conseil provincial de Luxembourg et de Marie des Villettes, entra jeune dans l'ordre des Jésuites et fut attaché au collège de Luxem-
bourg où il remplit arec la plus grande distinction et pendant une longue série d'années l'emploi de prédicateur à l'église paroissiale de St. Nicolas en même temps que les fonctions de missionnaire. 11 fut un zélé propagateur des vues du Pape Grégoire XV , fondateur de la Congrégation de la Propagande a Rome, et répandit dans le cours de ses missions la confrérie créée par le même pontife sous le titre de Jésus et Marie, placée sous le patronage de St. Joseph et de St. François- Xavier et ayant pour objet la propagation de la Doctrine chrétienne pour bien vivre et bien mourir. On conserve encore dans les archives des églises paroissiales de Mersch,Cruchten etBuschdorf des Patentes signées de lui, constitutives de cette confrérie dans leur ressort.
La collection des sermons de cet orateur chrétien distingué avait été soigneusement recueillie et a été vue en possession de son neveu Jean-Bapt. de La Fontaine, curé à Toramen et définiteur du décanat de Stavelot, mort vers 1799, frère du conseiller de son nom au Conseil souverain.
Quirin de La Fontaine est décédé à Luxembourg, le 1" décembre 1772, des suites de meurtrissures qu'il avait reçues par la rencontre dan* la traversée de la porte-neuve, de deux voitures chargées, an moment où il se rendait à la chapelle de N.-D. pour y célébrer la messe. Sa mort répandit un deuil général dans la ville où il avait longtemps vécu affectionné et vénéré de la population.
Le P. Quirin de La Fontaine parait être entré au Collège de Luxembourg en môme temps qu'un plus jeune de ses frères qui y occupa la chaire de Philosophie et que l'on nommait der deutseke Pater Lafontaine parce qu'ayant fait ses études en Allemagne il avait conservé l'habitude de ne s'exprimer qu'en haut allemand. Ce dernier est décédé en 1750 , fort regretté de ses élèves.
^ Note* et rcattignesmt* caMaaioaé*. — Archives
LAITTRES, maison originaire de Lorraine. Depuis l'an 1250 on la voit figurer
parmi les anciennes familles de Paraiges de Metz, et en 1319, 1360 et 1394 à la téte de cette république. Forcée d'émigrer par suite de dissensions politiques et religieuses dans lesquelles plusieurs de ses membres se trouvaient fortement compromis elle se réfugia vers le pays de Luxembourg aujourd'hui français et les prévôtés de Montmédy et de Saint-Mard où elle se fixa.
Un assez grand nombre de membres de cette honorable famille se sont distingués dans les fastes luxembourgeoises ; nous allons lés passer en revue.
Archive* de Famille. — Archive* da siège des «oble*. - lW»cacc*. - Note* d'étude*.
LAITTRES, Claude de, chevalier, seigneur de Saint-Mard, Rossignol, la Malmaison, Ailondrel, Petit -Sivry, Grand- Failly, Bramont, Villelosoe, Mercy-le-bas, capitaine au service de S. M. C, Gouverneur et Prévôt de Virton et St. Mard, du siège des nobles en 1623, était fils d'Evrard de Laittres et d'Anne de Custines.
Il est né au château de St. Mard et épousa le 11 février 1602 Louise de Waha, fille de Gilles de Waha, seigneur de Mabouge, capitaine-gouverneur des prévôtés de Rochefort et de Neufcbàteau , et de Marguerite de Val, dame héritière de Rossignol. Par cession du 15 avril 1608 Gilles de Waha et Marguerite de Val donnèrent a leur gendre Claude de Laittres, seigneur de Saint-Mard les seigneurie , château et forteresse de Rossignol : Cette donation fut réalisée au siège des nobles du Duché de Luxembourg, le 31 avril 1608.
Dans ce temps de calamités, le Luxembourg était inondé d'ennemis. En 1558 le dnc de Nevers d'un côté y pénétra par la Meuse : On prit Yvois, Damwillers, Montmédy, les châteaux de Herbeumont, de Jamoigne, de Cbiny, de Rossignol, de Villémont et quelques autres places voisines. Le duc de Guise de l'autre, à la téte de vingt-neuf mille hommes vint assiéger Thionville dont il se rendit maître le 22 juin de la même année. Le général Strozzy y perdit la vie et ensuite le duc envoya
trois mille hommes vers la capitale à dessein de la sommer de se rendre ; mais les comtes de Mansfeld et de Homes firent si bonne contenance qu'ils les obligèrent à se retirer avec confusion. Pendant cette retraite le duc de Guise acheva de détruire le* murailles et let tours de la forteresse de Rossignol.
En 1 603 les archiducs Albert et Isabelle- Claire-Eugénie investirent Claude de Laittrès de Tétât et office de capitaine et prévôt de Saint-Mard et de Virton, en remplacement de Henri de Chàlon de la maison de Nassau. Le 11 mars 1622, aux pompes funèbres de l'archiduc Albert qui était mort le 13 juillet de Tannée précédente, Claude de Laittres représenta le duché de Luxembourg, conduisant dans le cortège, avec Nicolas-Louis de Guirsch, seigneur de Chenefure, le cheval de bataille du comté de Bourgogne, tandis que François de Pontarlier, baron de Vaugrenaos portait l'étendard.
Claude de Laittres fut admis au siège des nobles après avoir fait preuve des huit quartiers exigés pour obtenir cet honneur. Ces quartiers il les établit comme suit : Laittres, Lutz, Failly, Allamont, Cuslincs, Poirilly, Gorcey et Hautoy. il siégea dans cette assemblée en 1616, 1623, 1627, 1628, 1630 et 1631.
La France ayant de nouveau déclaré la guerre à l'Espagne, en 1635, les armées de Louis XIII firent invasion dans le Luxembourg et les Pays-Bas, ravageant complètement les seigneuries de Grand-Failly, AJlondrel, Saint-Mard et Rossignol qui appartenaient a Claude de Laittres. Pendant cette campagne ce dernier reçut du cardinal-infant don Fernand, gouverneur et capitaine-général des Pays-Bas commission de lever une compagnie de cavalerie et une autre de deux cents terces de gens de pied, choisis parmi ses sujets wallons des Pays-Bas les plus expérimentés à la guerre qu'il pourra trouver, pour avec eux, dit le brevet, suivre en campagne, tenir garnison ou ailleurs, là ainsi que par noua ou de notre part lui sera commandé. Ce
brevet est daté de Bruxelles, le 3 août
Claude de Laittres est mort en 1637.
Goitbal», Généalogie île la auiton 4e Laittres « pat •{«.-Archivée ,4e Faaaiile -Bcaratur, VIII. S7. — DaTaac, HUtaire de cou temp*.— biographie générale 4e* Belge*, 191.
LAITTRES, Gilles de, chevalier, seigneur de Rossignol, capitaine d'infanterie au service de Philippe IV, roi d'Espagne, était fils de Claude de Laittres, dont l'article précède, et de son épouse Louise de Waha. Il entra en 1635 à Tannée d'Espagne dans laquelle il fit les désastreuses campagnes de cette année contre la France. Fait prisonnier à la bataille d'Avein, le 20 mai, il obtint sa liberté moyennant rançon et prit part aux brillants succès des généraux espagnols pendant les années suivantes.
Il se distingua à la bataille de Kempen, le 14 janvier 1642. Tombé de nouveau avec d'autres officiers belges et espagnols au pouvoir de l'ennemi, entr'autres les généraux Lambois et de Mercy (v. son art.), Gilles de Laittres paya une seconde fois une forte rançon pour racheter sa liberté. Le 3 janvier 1643 il reçut le brevet de capitaine du régiment haut-allemand du colonel Fraozipany. A la bataille de Rocroy il fit preuve de la plus grande videur ; criblé de blessures il fut laissé pour mort sur le champ de bataille et fait prisonnier une troisième fois. Son parent et son ami, Jean d' Allamont (v. son art.), gouverneur de Montmédy, vint à l'armée du duc d'Enghien demander sa mise en liberté qu'il obtint moyennant une rançon de 1070 florins.
Une attestation, adressée le 30 août de la m Ame année au gouverneur-général des Pays-Bas porte textuellement: «Je sous- « signé, colonel d'infanterie haut-allemand , « pour le service de S. M. C. , certifie et « atteste par cette que m'étant informé et ce ayant fait faire exactement la recherche « des officiers et soldats qui se trouvaient « prisonniers entre les mains des ennemis « après la bataille de Rocroy , je n'ai su
«jusqu'à présent apprendre aucune autre « nouvelle de Gilles de Laittres , capitaine «de mon dit régiment, sinon qu'il serait « mort par la quantité des graves blessures «que plusieurs témoignaient qu'il avait re- « eues en ladite occasion, et dont il demeure « en effet estropié pour le reste de sa vie. «Ce qui est le sujet pourquoi il n'a pas été «compris au nombre des officiers de mon « dit régiment, dont la rançon a été ci-devant « sollicitée ; cause pourquoi , tant en consi- « dération des incommodités que reçut le « dit capitaine pour le reste de ses jours, «étant estropié de la sorte, comme pour « les dommages et intérêts assez notables « qu'a soufferts le dit capitaine , et en cette « occasion et en celle du prince Thomas et «de Lambois, ez-quelles il a toujours été «fait prisonnier, blessé par deux fois et « rançonné de soi-même sans en avoir été «indemnisé autrement. Je supplie très- « humblement Son Excellence être servie « d'ordonner que le sieur capitaine puisse « récupérer sa rançon et les frais qu'il a « exposés tant pour sa guérison que pour «sa délivrance, ainsi qu'il appert par l'at- « testa Lion du sieur de Malandri, gouverneur «de Montmédy ici jointe, mêmement par le « passeport du sieur Fabert, gouverneur de «Sédan, et en témoignage de quoi, je le « certifie. En foi et témoignage de quoi, j'ai « ci-dessous apposé mon scel et signature « accoutumée. Fait à Arlon le 30 août 1 643. «Guilo Ante. Franzipany. »
Le 19 décembre de la même année Gilles de Laittres reçut du roi le commandement de deux régiments de 2,500 Espagnols qu'il conduisit dans le Luxembourg. Ayant de même obtenu du Gouverneurgénéral de Mello la satisfaction qu'il sollicitait il songea à mettre son château et forteresse de Rossignol dans un bon état de défense: cette précaution ne fut pas inutile , car peu de temps après un corps de Français fit irruption sur le territoire luxembourgeois et vint attaquer ce fort. Gilles de Laittres opposa une résistance vigoureuse aux assaillants et les obligea à battre en retraite. Lorsque Jean de Behr
de Lahr, gouverneur de Montmédy apprit cette attaque il se plaignit par une lettre datée du 16 novembre 1645 a Gilles de Laittres de n'avoir pas été prévenu de l'invasion. Voici cette lettre: «Je me suis « étonné d'ouir que les Français vous ayant « attaqué vous n'aye» pris la peine , ni per- « sonne du monde de m'en aviser. Cepen- « dant vous ne devez douter de l'obligation « d'inclination que j'ai à la conservation et « défense de cette frontière, et comme m'ad- « vise que les ennemis, bien fâchés d'avoir « si mal réussis en leur entreprise , se ra- « massent derechef avec de nouvelles forces « pour attaquer l'Orsignol , j'ai trouvé bon « d'y envoyer le lieutenant-colonel Schrœts « avec bons hommes pour résister à l'attaque «si elle arrive bientôt, et avant de partir « mettre l'ordre qu'il trouvera convenir pour «la défendre à l'avenir. » Dans une seconde lettre, du 28 du même mois le même officier ajoutait: Que par ordre de Son Excellence la place de Rossignol devait être défendue par les sujets de la seigneurie , et les palissades achevées le plus tôt possible sous la direction du lieutenant du Faicy et de Gilles de Laittres.
Par un décret du 9 mars 1646, Louis de Bourbon, prince de Condé, généralissime de l'armée espagnole défendit à ses troupes de prendre logement au château du seigneur de Laittres à Rossignol , ce domaine étant mis en la protection et sainte garde du roi.
Gilles de Laittres figure parmi les membres du siège des nobles depuis 1648 jusqu'en 1680.
Le 23 janvier 1659 l'assemblée des nobles le députa vers la cour de Bruxelles pour solliciter le maintien de ses privilèges et exemptions. Assistèrent à cette réunion : Gilles de Laittres j le comte d'Allamont de Brandeville ; le baron de Mérode ; le baron de Bœtselœr; le baron du Faing de Jamoigne; les seigneurs de Custine d'AuOlance, de Laittres de Saint-Mard, Suysde Montquintin, de Villy, deLandres, de la Harck de Boulogne , de Wopersnow aire de Uval, de Warck, d'Orsinfaing,
de Bellefontaine, d'Anly, de Ponru-au- Bois , d'Everlange , du Cbesnes.
En 1671 le comte de M on te re y ayant ordonné qu'on établit une taxe sur les fiefs nobles, les Etats du psys , surtout la noblesse, élevèrent de nouveau une opposition formidable qui força le baron de Metternich, qui avait communiqué ce rescrit à rassemblée, de céder. La noblesse finit cependant par adopter un moyen pour venir en aide k la détresse de la cour: elle vota la somme demandée , à titre gratuit, pour cette fois et sans préjudice de ses privilèges. Le gouvernement accepta cette transaction pour laquelle Gilles de Laittres avait été chargé par le prince de Chimay de se rendre auprès des nobles du duché, dans leurs châteaux, afin de stimuler leur dévouement k la cause royale et détruire la fâcheuse impression que les ordres du comte de Monterey avaient produite.
Pendant la guerre de 1673 et la nouvelle invasion de la France dans le Luxembourg Gilles de Laittres ne tarda pas à expier cruellement son dévouement k la cause du roi d'Espagne: son château de Rossignol fut pillé et lui-même frappé d'une contribution tellement exorbitante que pour y échapper il fut forcé de se retirer à Luxembourg. Après la paix, le 11 août 1678, les Etats du Luxembourg tyant reçu de la part de Louis XIV l'assurance qu'aucun des seigneurs du comté de Cbiny ne serait inquiété du chef des contributions de guerre, Gilles de Laittres revint au château de Rossignol, (1679), et fit, le 21 février 1682, relief et prestation de foi et hommage au conquérant, tant pour ce fief que pour d'autres.
Gilles de Laittres est mort au château de Rossignol, le 10 février 1689.
Archive* de la famille de Laittre».
LAITTRES, Jacques de, chevalier, seigneur de BazeiUes devant Laval et de Messaincourt, conseiller au conseil de Luxembourg et receveur-général de ce pays , était le troisième fils d'Arnoul de
Laittres, seigneur de St. Mard, et de Françoise de Lutz. Jacques de Laittres avait épousé Louise d'AUamont et mourut en 1551. Dans le partage des propriétés de famille, fait le 8 avril 1524, en présence d'Alexandre de la Fontayne , de Henri de Lutz et de Thomas de Failly, ses cousins, il obtint pour son lot les fiefs et biens situés à Virton , Robelmont , Thonne-loag, LaFertéet Grand-Verneuil.
PO lll VCS de \ A sfift Bill 1 C d C t^â\ 1 fi
LAITTRES, Mathieu dey chevalier, seigneur de Saint-Mard, Belven, Allondrel et la Malmaison, était fils de Philippe-Edmond (v. son art.) et de Marie- Elisabeth de Nassau.
Il suivit ses cousins de Nassau au service de l'empereur Léopold Ier, fit les campagnes d'Italie sous le prince Eugène, assista aux batailles de Carpi , Chiari et Mirandole. 11 fut tué à l'affaire de Crémone, le 1*' février 1702, étant capitaine de cuirassiers.
Gobtiau, Généalogie de la ■aiton de Laittre*. — Arckirea van der Straten-Poathos.
LAITTRES, Nieola$ de, chevalier, Seigneur de Bazeilles, d'E convier, de Saint-Pancré, colonel d'un régiment de dix enseignes au service de Philippe II. roi d'Espagne , gouverneur et prévôt de Saint-Mard et de Virton , lieutenant des compagnies d'armes du comte de Mansfelt, était fils de Jacques de Laittres (v. son art.) et de Louise d'AUamont.
L'abbé Bertels parle de lui dans les termes suivants : Nicolaus de Laittres, vir nobilis , virtunensis gubernator , omnimodo auctoritate prœest. Il avait succédé au Sire de Vandrey et il fut remplacé en 1502 par Henri de Châlons.
Nicolas de Laittres assista aux assemblées des nobles des duché de Luxembourg et comté de Chiny du mois de janvier 1576. 11 fut encore présent à la réunion de l'ancienne chevalerie du Pays le 11 septembre 1593 pour la réception de l'Archiduc. Nicolas de Laittres avait épousé
le 3 septembre 1573 Nicole de Naves, fille de Jean de Naves, vice -chancelier de l'Empire (v. son art.) et d'Hélène de Waha. Il est mort sans postérité, le 7 avril 1599, et fut inhumé dans l'église de St. Gobergue à Virton, sous une tombe où il était représenté et portant l'épitaphe suivante :
« Cy-gist honnête seigneur Nicolas db «Laittres, seigneur d' Esconviers , Bain zeilles, Saint-Pancré, de la grande mai- « son de Virton, et colonel d'un régiment « de dix enseignes pour le service de S. M. « C, lieutenant d" une compagnie d'armes « de Son Excellence de Mansfelt pour le « service de Sa Majesté, gouverneur et pré- « tôt dudit Virton et Saint-Mard, qui dé- «.céda le 7 avril 1599.»
Sa femme répose à côté de lai.
Bniui, Mit 1003, p. 193. - Goktbau. GénnL de I. m.U. d« L.iUrt, -Gtw.l. m.crte. de L même
LAITTRES, Philippe-Edmond de, chevalier, seigneur de Saint-Mard, Àllondrel, la Malmaison et Belven au duché de Limbourg, capitaine au service de Philippe IV, roi d'Espagne, capitaine-prévôt de Virton et Saint-Mard, membre de l'état noble du Luxembourg, était fils de Claude de Laittres (v. son article) et de Louise de Waha. Philippe-Edmond de Laittres fut d'abord page de l'Infante Isabelle à la cour de Bruxelles, puis capitaine -prévôt de Virton et Saint-Mard par brevet de Philippe IV du 4 août 1637. Au mois d'avril 1639 il reçut du cardinal-infant l'archiduc don Fernand, gouverneur-général des Pays-Bas des patentes de capitaine dans un régiment allemand sous les ordres du colonel Pierre de Cobreuil. Il fit en cette qualité les campagnes de 1639 à
En 1652 il adressa à l'archiduc Léopold, gouverneur-général des Pays-Bas une requête tendant k être autorisé a lever une compagnie d'infanterie walonne : « A son Altesse Sérénissime, supplie et re-
montre en tonte humilité Philippe Edmond de Laittres, prévôt de Virton et Saint- Mard et capitaine entretenu, disant qu'en Tan 1635 il plut au feu sérénissime prince cardinal-infant accorder à défunt Claude de Laittres, père du remontrant, prévôt dudit Virton, les patentes ci-jointes pour faire deux compagnies, une de cavalerie et l'autre d'infanterie, ce qu'il fit en effet; mais ayant décédé avant qu'elles fussent reçues à montre, les soldats se dispersèrent sous d'autres officiers ; et comme présentement les raisons et considérations pour lesquelles lesdites patentes lui furent données sont encore très-nécessaires, savoir que la conservation des frontières et quartier dudit Virton, où les ennemis voisins prennent leurs entrées et passage pour aller plus avant dans le pays de Luxembourg, notamment lorsque les troupes qui doivent y hiverner sont en campagne, ce qui oblige les pauvres sujets à quitter le pays après la perte de leur bétail. Ledit quartier se trouvera bientôt désert et abandonné s'il n'y est pourvu par une garnison ordinaire résidant audit Virton, laquelle est encore plus nécessaire pour couvrir, assister et favoriser les communications et passage des convois d'Arlon à Montmédy et vers Mouzon que peuvent se faire qu'avec de grands périls et dangers comme peut le certifier M. de Pardo, présentement gouverneur dudit pays. A ces causes le remontrant supplie Votre Altesse Sérénissime d'être service d'avoir considération aux services des ancêtres du remontrant et aux siens, ayant depuis la mort de la sérénissime infante Isabelle, que Dieu ait en gloire, ht laquelle il a servi de page, toujours été dans les armes et service de Sa Majesté, été deux fois capitaine en pied et autant de fois prisonnier en batailles, d'où il s'est lui-même retiré ; qu'il plaise à Votre Altesse de lui donner patente de faire une compagnie d'infanterie de cent soldats, gens du pays, plus ou moins, comme il plaira à Votre Altesse, et ce du pied wallon, et puis de terce, pour tenir garnison audit Virton et autres postes qui seront né-
cessaires , et loi faire délivrer huit patagons par soldat pour les lever comme il a été donoé au seigneur comte de Scbwartzenberg, et Votre Altesse fera service de Sa Majesté, le bien et la conservation dudit pays.»
L'archiduc fit faire à Philippe-Edmond de Laittres la réponse suivante : « Monsieur , voici la requête qui a été présentée à Son Altesse , et joint les deux patentes de feu monsieur votre père , sur laquelle M. l'audiencier ayant communiqué à Sa dite Altesse , il m'a dit qu'il ne jugeait à propos de faire lever la compagnie que vous demandez et qu'il n'en était point nécessaire. Je crois bien , si vous aviez demandé de faire la levée à vos dépens , qu'on vous l'aurait accordé , mais à demander argent présentement , on n'y ▼eut rien entendre. Francisco Ortez. Bruxelles, le 9 mars 1652. »
Nonobstant ce refus le prince de Chimay el d'Aremberg , chevalier de la toison d'or , gouverneur et capitaine du duché et pays de Luxembourg ordonna le 1er septembre 1654 à Philippe-Edmond de Laittres de prendre en revue tous les habitants de sa prévôté de Virton et Saint-Mard et sujets dont chacun d'iceux qui ne se trouveraient pas armés, aiont à se pourvoir d'armes au plus tôt , afin qu'au besoin ils poissent s'acquitter de la faction et du devoir que le service de Sa Majesté et la conservation de la province requerront.
Philippe-Edmond de Laittres assista aux assemblées de l'état noble en 1643, 1645, 1648, 1652, 1653, 1660, 1661, 1663, 1665, 1666, 1672, 1674, 1676, 1677.
Le 17 janvier 1645 il avait épousé trèsnoble et très-illustre dame Marie-Elisabeth de Nassau , dame héritière des seigneurie et château de Belven, au duché de Limbourg, fille de Jean -Georges de Nassau, seigneur de La Rochelle et de Neuerbourg, et de son épouse Christine de Hanxeler. Philippe-Edmond de Laittres est mort au château de Saint-Mard, le 6 juillet 1677.
Archirei de U famille 4e Laittre». — Biographie gëaérale «Ui Belge*, 1S1.
LAMBERTS , Frédéric, est né à Wallhorn, non loin d'Eupen. Il suivit les cours de l'université de Louvain où il eut l'honneur d'être proclamé pn'mw, et obtint pour ce motif la riche cure de Weiswampach qui était à la collation de cette université, ainsi que les fonctions de procureur ad lites, et depuis 1767 celles de procureur apostolique de même que d'official forain: En cette dernière qualité il condamna le curé de Gros-Kampen à huit jours d'arrêts a domicile. Lamberls exerça une immence influence sur les affaires qui concernaient les églises dans les environs et s'acquit une telle considération au vicariat-général de l'évêché de Liège qu'il était toujours consulté pour les nominations à des postes un peu considérables ou l'orsqu'il s'agissait de déférer des pouvoirs de juriediction ecclésiastique : il était même devenu très-difficile d'obtenir sans son consentement une cure dans le voisinage. Son séjour était le rendez-vous de nombreux étudiants qu'il guidait de ses avis et de ses conseils: toutes ces circonstances réunies l'engagèrent à montrer une grande activité.
Comme savant en général, ayant surtout la réputation d'être bon canoniste et habile jurisconsulte , il voulut diriger lui-même plusieurs procès , tantôt pour la fabrique de son église, tantôt pour tel ou tel prêtre individuellement ; ce qui lui avait fait donner le sobriquet de marchand de procès.
Il était inexorable sur le chapitre de la discipline et de l'ordre, à tel point qu'un jour il arracha l'aube bas du corps a un prêtre qu'il avait vu dire la messe trop vite, et l'empêcha d'aller à l'autel.
En 1798 il se mit à la tète de l'échaffourée de quelques paysans contre l'invasion française , le Rlœppelskrieg : on sait que cette levée de boucliers a eu sa première origine à Weiswampach. Il la dirigea dit-on, par des délégués qu'il sut distribuer dans différentes directions, et compta bientôt dans le pays et les localités environnantes de nombreux affidés à sentiments anti-républicains, avec lesquels il noua un échange actif de correspondances. Bien
que dès le principe son nom fût inscrit sur la liste des proscrits et que la voix publique annonçât sa faite en Allemagne, sa fermeté comme pasteur d'àmes ne lui permit pas d'abandonner son troupeau qu'il ne quitta pas un instant, quoiqu'il fût obligé pour se soustraire aux recherches et aux traques organisées contre lui, de se tenir caché, tantôt dans une garderobes , tantôt dans un tas de foin ; et il sut à toute occasion trouver les moyens de donner à ses paroissiens lorsqu'ils en avaient besoin, les consolations spirituelles ainsi que les sacrements de l'Eglise. II ne sortait que pendant la nuit pour administrer le baptême, célébrer les mariages et porter les saintes huiles aux moribonds : son bréviaire avec un brave campagnard furent toujours ses conducteurs et la foi son guide. Un jour pendant une nuit obscure il passait près de Beiler, après avoir traversé à pied le ruisseau nommé Alf, lorsqu'il entendit près de la Schiebach un grand bruit de voix et d'armes: c'étaient les français qui escortaient quelques paysans garrottés. Lamberts, bien qu'avec des habits mouillés , fut obligé de se blottir et de se tenir caché jusqu'à ce que le convoi fut passé ; puis il continua sa course encore pendant une demie lieue pour regagner sa retraite.
Vainement plusieurs habitants de Weiswampach voulurent-ils rendre leur curé attentif aux suites de ses entreprises antirévolutionnaires , vainement les républicains l'avaient-ils déchiré hors de la loi, Lamberts conserva presque jusqu'à sa mort sa haine contre les novations politiques et religieuses , comme il sut continuer ses infatigables efforts pour affranchir le pays et sa propre personne du joug détesté de la domination française. Il sut pendant la persécution tromper de toutes les manières la vigilance de ses persécuteurs, séjournant alternativement et pendant des semaines entières, tantôt à Weiswampach, tantôt à Wilwerdange, tantôt à Gœdange ou à Malscheid, tous villages de sa paroisse, faisant écrire des bords du Rhin des lettres
qui dénonçaient son départ de Weiswampach. Finalement, malgré qu'après la conclusion du Concordat il eut solennellement déclaré du haut de la chaire , en présence de deux gendarmes , de l'autorité municipale et de ses paroissiens, n'avoir jamais écrit une seule lettre en faveur de la Klœppelsarmée et n'avoir même jamais pris nne part active à la révolte des paysans , il ne continua pas moins à conserver la réputation d'avoir été le chef suprême comme l'âme de tout ce qui arriva ou de tout ce qui devait arriver dans ce but commun.
Comme la plupart de ceux qui partageaient sa manière de voir, Lamberts était enthousiasmé pour la religion ainsi que pour le pays , et prêt à tout moment à sacrifier tout, même sa vie, en faveur de ce qu'il nommait la sainte cause. 11 ne connaissait en effet rien de plus sacré ni de plus pressant que de mettre lin à la domination étrangère , de placer des bornes à la dépravation morale que cette domination avait amenée parmi nous, de restituer l'antique foi et les lois anciennes dans leurs droits primitifs et de ramener le bonheur public avec l'ancienne loyauté. Comme premier moyen pour arriver à ce résultat qu'il appelait de tous ses vœux , il considérait la reprise de la ville de Luxembourg et l'expulsion des Français. Son but pouvait être noble et sérieux, sa volonté hardie et pleine de résolution, puisqu'il avait entrepris de faire sauver par ses cohortes campagnardes la ville qui s'était soumise au joug étranger; mais il s'était immensément trompé dans le choix des moyens qu'il mit en usage. Il lui arriva en effet ce qui advient même à un peuple fort qui devient incapable de mener à bonne fin toute grande entreprise lorsqu'il manque de chefs énergiques et expérimentés : il finit par se compromettre , et son entreprise avec lui ; il fut même taxé de folie pour avoir voulu tenter l'impossible avec ses bibles moyens d'action ; car ses phalanges sans ordre comme sans discipline portaient en elles-mêmes le germe de leur désorganisation, et se seraient bientôt dis-
soute» d'elles-mêmes si l'ennemi n'avait pas pris ce soin comme on Mit Le compromis que Lambert* avait conclu k Drinckler avec différents cbeb de la KJœppelsarmée fut dès lors un acte bien inutile , comme ceux que d'autres chefs de cette entreprise signèrent k leur tour à cette occasion et sur des bases analogues : ces chefs, beaucoup trop peu expérimentés, finirent par succomber sous le poids des suites de leur échaiïburée et beaucoup d'entre eux y perdirent même la vie.
Le résultat malheureux de cette révolte dont le curé Lamberts fut toujours considéré comme le premier moteur et le principal agent finit même par lui aliéner l'attachement et l'estime de plusieurs de ses propres paroissiens, au point qu'ils ne voulurent plus l'avoir pour leur pasteur et l'engagèrent en conséquence à se faire transférer à Lieler en qualité de vicaire. Pour se débarrasser de lui, ils l'accusèrent même après le retour de l'ordre dans les affaires ecclésiastiques, 1° de ne pas savoir chanter, 2° de prêcher toujours le même sermon, « S'il ne sait pas chanter, » leur répondit le provicaire de Neunheuser (©. «on art.), «il peut se contenter de « dire des messes basses ; et s'il prêche « tous les dimanches la même chose , « redites-moi son sermon. » Mais les accusateurs ayant déclaré qu'ils ne le pouvaient pas, le provicaire ajouta: «.s'il en « est ainsi , c'est-a-dire si vous ne savez « pas encore par cœur ce que votre curé « ne cesse de vous répéter, c'est une preuve « qu'il ne l'a pas encore assez souvent <> redit. » Après cette réponse il décida que Lamberts eût k rester curé de Weiswampacb.
En exécution de cette décision , la paroisse voulut célébrer une fête dont on n'aurait encore jamais vu la pareille dans l'endroit. Tous les paroissiens accompagnés de musique, la jeunesse sous les armes et le maire, nommé Dupont, décoré de son écharpe officielle , allèrent au-devant du vieillard. Lorsqu'il eut mis le pied sur le territoire de l'endroit, Dupont lui adressa
ces mots flatteurs en lui présentant les clefs du temple : « Monsieur le curé, c'était moi «qui vous avait fermé cette église sous le «régime de la proscription du culte; il « m'est bien doux aujourd'hui d'être égaie lement appelé k vous en restituer les clefs « et de la rouvrir alors que la persécution «est arrivée à sa fin.»
Lamberts ne put jouir de son triomphe que pendant trois ans ; il est mort en 1806.
M. l'abbé Eue ii ut, d'apréi Je* remeigneiacoti donné» par MM. Dcaar et K*ia*aacv. — B*aa-A*a. Beitrag tut Getckickto der Arfeoae», II, pauiaa. — Cm\ik, Der Klœppclikrieg, pajaim.
Lamormenil, Guillaume Germé de, v.
GERMÉ, Guillaume.
Lamormbml, Henri Germé de; v. GER- MÉ, Henri.
LAMORT, Jacques, fils de Claude Lamort imprimeur k Metz et de Jeanne Mariée, est né dans celte dernière ville, le 20 novembre 1785.
Son père qui avait été élève de Didot l'atné et pour lequel malgré ses mérites, M. Bégiu n'a pas trouvé de place dans la Biographie de la Moselle, forma en 1802 à Luxembourg un établissement typographique pour les impressions officielles de la préfecture du Département des forêts. Jl y préposa son fils Jacques qui était k peine âgé de dix-sept ans et qui venait seulement de terminer ses études. Jacques Lamort a géré cet établissement au nom de son père, jusqu'à ce qu'il le reprit pour son compte particulier, le 1* janvier 1817.
Depuis cette époque il l'a constamment perfectionné d'après les progrès de l'art et dans la proportion des besoins qu'il avait k satisfaire, à tel point que toujours ses ateliers ont pu être cités comme les premiers du Pays, le maître mettant en effet un noble orgueil a ce que les productions qu'il livrait au public joignissent la netteté de l'exécution à la correction des textes. Cet état des choses dura jusqu'au mois d'août 1853, où, surchargé de soins et d'intérêts infiniment plus importants; ayant d'ailleurs placé
tous ses enfants dans d'autres branches industrielles, il céda son imprimerie à an successeur qu'il voulut néanmoins aider de ses conseils et former par ses exemples: il conserva en effet les ateliers dans sa propre maison et ne cessa pas de les entourer de la même sollicitude paternelle que lorsqu'ils lui appartenaient.
Jacques Lamort avait épousé le 13 mars 1813, Marie-Françoise-Henriette Briessaux qui mourut & Luxembourg, le 24 décembre 1829 : cette alliance tout en comblant les vœux de son cœur l'avait associé à une famille favorisée de la fortune , circonstance des plus propices pour donner à ses vastes conceptions et à son besoin incessant de travail une pleine matière à des opérations aussi utiles que lucratives.
En effet après quelques années de gestion de l'imprimerie en son propre nom , celle-ci ne put plus suffire a son activité de corps et d'esprit. Il jeta en conséquence ses vues sur une autre branche d'industrie en corrélation intime avec son premier état , et établit dans la vallée dite de la Miihlbach près d'Eich une papeterie à la main qu'il a exploitée pendant vingtsept ans , tout en activant en môme temps et comme d'utiles succursales les établissements analogues de Lamouline près de N'eufchâteau, de Stockem près d'Arlon et de St. Léger près de Virton.
En 1828 il créa au faubourg de Clausen une fabrique de papiers de tenture.
Ces différentes usines, trop éloignées les unes des autres, ne lui ont bientôt pas laissé les moyens de fabriquer à temps la quantité et la qualité des produits dont il avait su se procurer un placement avantageux ; ses ressources pécuniaires s'étaient d'ailleurs accrues d'une manière considérable par ses habitudes de sage économie. Ces circonstances favorables l'engagèrent en conséquence à étendre l'importance de ses usines et à les concentrer dans un rayon plus étroit : il fit ainsi l'acquisition des deux propriétés de Senningen, ancienne papeterie créée vers 1748 par un
nommé Lapeyrade sur un fonds ayant appartenu à la famille de Wiltbeim mais qui était tombée en ruines, et celle des Rochers près de Manternach. Il y éleva les deux beaux établissements à la mécanique de papeterie et de fabrication de tentures, branches d'industrie dont il dota le Pays, et qu'il a depuis maintenus en pleine activité en y donnant habituellement de l'occupation à plus de deux cents ouvriers.
Pour la direction immédiate de ces deux importantes usines il trouva dans ses deux fils aînés des collaborateurs selon son cœur et son esprit. Mais cette coopération de ses flls, en allégeant l'étendue de ses soins de surveillance , vint de nouveau lui ménager des loisirs qu'il voulut utiliser également, tant le besoin du travail était devenu pour lui d'une exigence impérieuse : Il avait d'ailleurs un troisième fils qu'il voulait aussi enseigner à son exemple et habituer à une vie active, laborieuse.
Il loua en conséquence en 1845 la faïencerie Oondelinger , à Echternach, et la transforma en un troisième établissement industriel qui compte aujourd'hui cent quarante ouvriers et à l'exploitation duquel il préposa ce troisième et plus jeune fils , se réservant sur tous les trois la haute surveillance ; les visitant tour-à-tour et inspectant à chaque tournée tout par luimême dans les moindres détails.
Pendant que Jacques Lamort dirigeait ainsi son imprimerie à Luxembourg, la plus importante du Pays, exerçait la suprême et très-directe surveillance sur les deux papeteries de Senningen et de Manternach , sur sa fabrique de papiers peints au même Senningen ainsi que sur sa faïencerie à Echternach; pendant qu'il faisait de fréquentes et de laborieuses visites à ces divers établissements ; pendant qu'il présidait à la direction et à la correspondance du commerce étendu pour le placement des produits multiples et divers de ses manufactures , il a su se conserver encore le temps d'être , pendant vingt-
quatre ans un des membres les plus intelligents , les plus exacts , les plus actifs et les plus dévoués de l'administration urbaine et de la chambre de commerce dont à son décès il était le président. Il fut de même échevin de Luxembourg depuis 1833 jusqu'en 1837 où il a été honorablement démissionné de ces fonctions sur sa demande. 11 fit aussi partie de l'assemblée des Etats du Pays qui élabora la Constitution de 1848.
En société il était toujours aimable et gai ; il aimait d'assister de ses conseils ceux qui, même sans les réclamer toujours, pouvaient en profiter ; il aimait de même à prodiguer d'efficaces consolations à ceux dont il croyait pouvoir adoucir les peines en les partageant; mais surtout il était toujours prêt pour venir en aide à des besoins qu'il savait deviner et pour soulager avec une générosité qui n'était surpassée que par sa discrétion , laquelle semblait vouloir dissimuler ses larges et nombreux bienfaits à ceux-là même qui les recevaient. Ajoutons enfin , que quant à la probité de même qu'à la délicatesse la plus exquise dans ses relations , personne ne l'a jamais trouvé en défaut.
Tant d'activité , tant de mérite civique ne purent manquer d'être reconnus par des distinctions honorables; c'est ainsi que notre si regretté Roi Grand-Duc, Guillaume II lui conféra son Ordre de la Couronne de chêne, et S. M. le Roi de Prusse celui de l'aigle rouge.
Jacques Lamortest décédé sans maladie, au retour d'une visite qu'il avait faite à ses usines, le premier novembre 1856, à l'âge de soixante-onze ans moins vingt jours.
Son convoi-funèbre fut suivi de toutes les notabilités de la ville et des environs ainsi que des nombreux ouvriers de ses fabriques, de même que de la population entière ; tant il était aimé, respecté et honoré de tous.
Nous sommes au regret de nous voir forcé d'omettre ici les particularités ultérieures de la belle vie de notre honorable concitoyen, ainsi que la liste des nombreuses éditions sorties de ses presses pendant une
gestion de près d'un demi siècle : il nous a été impossible de nous procurer ces renseignements , parce que ses 61s , voulant, ont-ils dit, respecter les recommandations de modestie de feu leur père, ont formellement refusé de nous communiquer quoi que ce fût.
Soutenir! contemporain. — Le* Journaux : Le Courrier et la Berne du Grand-Duché, W da 0 novembre ttttttt. — Ncvcw, Notice historique iur la famille de YViltlieim, patiim.
LANDON, ou Laudon, St., frère de St.
Géry (v. son art.) , est né à Yvois vers l'année 889. Il fut établi premier abbé du monastère de Saint-Médard et Saint-Loup, fondé par son frère sur le Hont-des-Bœufs près de Cambray, et parait avoir été le coopérateur de St. Géry dans ses travaux apostoliques.
De la liant, Annales d' Yroù-Carignan , 19 et 410. - Gallia (Chrbtiana. III, 75. - MaaioT, I. *89. - Le* Bollandùtea. an 11 aoat. p. 0U4.
LAROCHETTE, Conon de, qui florîssait pendant la seconde moitié du douzième siècle, était à ce qu'il parait fils d'Arnoul, chevalier, seigneur de Larochette, que nous trouvons en 1116. Le nom de sa mère nous est resté inconnu.
Ce personnage qui appartenait à la puissante maison de son nom, von der Feltz en Allemand, et portait : d'argent ou selon d'autres d'azur ou bien d'or, à la croix ancrée de gueules , a eu l'honneur d'être revêtu en 1192 des hautes fonctions de Guidon ou Banneret héréditaire du Comté de Luxembourg, à la création de cette charge importante qui consistait à porter à la guerre la bannière du suzerain et à conduire ses gens d'armes au combat.
B«RTaoLrr. 507. — Pictacr, III, icrboi Fclti.
LAROCHETTE, Jean de, seigneur de ce lieu et chevalier, fils d'Arnoul de Larochette justicier des nobles en 1327, était en grand crédit à la cour de Jean l'aveugle, comte de Luxembourg et roi de Bohême, à tel point qu'il fut appelé en 134-0 à servir avec d'autres gentils-hommes de garant pour ce prince pour la somme de 16,052
réaux, restant du prix d'achat d'Y vois. Mais ce qui surtout rend ce personnage recomntaadable c'est que le 26 juin 1 348 il accorda des privilèges, c'est-à-dire le bienfait de l'affranchissement à son bourg de Larochette, en présence de six autres nobles chevaliers : de son époque date l'enceinte murée dont on voit encore des restes très-sensibles autour du bourg de ce nom qui pour ce motif porterait le rang de ville si ses Labitants avaient pensé à le faire valoir en temps utile.
Piuin, III. 831.
LAROCHETTE, Pierre-Ernest, ou simplement Ernett de, était lils de Paul de Larochette, seigneur dudit lieu, Mersch, lleflingen , etc., officier de Remich où il résidait apparemment , et prévôt de Grevenmacher, mort à Remich le 31 août
Pierre-Ernest de Larochette, qui se lit religieux, a obtenu de Fauteur du manuscrit des Viri illustres l'article que nous allons transcrire : « Petrus-Erneslus a Feltz « ortos in Remich pâtre Paulo antiquse et « Nobilissimx prosapiae Religiosus Abbatix « Fuldensis sacerdos ibidemque praepositus « mootis S. Pétri, Religiosorum in eo Re- « formator pius et zelosus , Reformationi « fuldensi slravit viam suo exemplo. »
Ce personnage florissait entre les années 1620 et 1624.
Viri illaitre». I, M» &Q. — A* IIouTBei» , HUtorU T revirent!* diplomttie), III. 977. not c. — Pikmct, III. verbo: F-lU. - B..T.OL17, VIII, 190.
LATOMUS, Barthélémy, est né à Arlon, en 1485. Conformément à l'usage de ce temps il latinisa son nom LeMasson en Latomus sous lequel il a été connu depuis.
Après avoir fait de très-brillantes études dans la jurisprudence et les belles-lettres, il s'acquit une réputation méritée parmi les hommes les plus savants de son siècle, et fut successivement appelé à professer la rhétorique à Cologne, pois à Fribourg et enfin à l'université de Trêves. Il était dans cette dernière ville lorsque François
de Sieckingen vint en former le siège en 1321 ; et il chanta cet événement en vers héroïques. L'archevêque Richard de Greiffenclau l'estimait infiniment et l'avait nomme son conseiller. Il fut appelé à prononcer le panégyrique de ce prélat.
Latomus eut l'honneur d'être appelé en 1531 par François I", roi de France, à occuper le premier la chaire d'éloquence latine au Collège de France que ce monarque avait créé en 1 529 ; et il y enseigna avec la plus grande distinction pendant neuf ans, au bout desquels il retourna (en 1 540) dans le Pays de Trêves et fixa sa résidence à Coblence. Quelques auteurs croient qu'il prit cette résolution parce qu'il était fatigué du professorat et que d'ailleurs il aurait été rappelé avec les plus grandes instances par l'archevêque- électeur Jean- Louis de Hagen qui l'avait désigné pour son conseiller intime ; tandis que d'autres biographes ont avancé que cette retraite avait été motivée par la crainte que ce grand homme aurait eue d'être enveloppé dans le soulèvement général qu'avaient occasionné contre les Allemands les libelles des sacrementaircs dont on accusait les professeurs de cette nation d'être les auteurs.
Quoiqu'il en soit du vrai motif du départ de Latomus de Paris, l'archevêque Jean-Louis l'honora de toute son intimité et lui abandonna même, sa vie durant, un de ses palais à Coblence pour servir d'habitation à lui et à sa famille. Il était dans cette retraite lorsque plusieurs cbismatiques , entr'autres Martin Bucer se donnèrent beaucoup de peine pour l'attirer à leur parti; mais ce fut en vain; et ces disputes qui lui inspirèrent peut-être ses plus belles compositions, il s'en tira avec le plus grand honneur, à tel point que des auteurs sérieux mais peut-être un peu trop exclusifs en faveur des ecclésiastiques et de leurs ouvrages, ont manifesté des regrets de ce que Latomus n'eût pas été prêtre : comme si on ne pouvait bien défendre sa foi sans être prêtre !
La grande réputation que ce savant
s'était faite par ses ouvrages de controverse engagea l'empereur Charles-Quint à l'envoyer en 1546 aux conférences de Ratisbonne pour y assister en qualité d'auditeur pour les Catholiques. De son côté, l'archevêque de Trêves l'avait aussi employé plusieurs fois comme ambassadeur pour traiter des affaires importantes, entr'autres en 1540 et en 1545 où il le députa à la diète de Worms.
Barthélémy Latomus avait épousé Aone Zicglins, comme nous l'apprend un acte que de Hontheim a inséré dans son Histoire diplomatique, T. II, p. 694 et suivante ; mais nous ne savons pas s'il a laissé postérité. Il mourut à Coblence le 3 janvier 1570, à l'Age de quatre vingt-cinq ans, nou en 1546 comme Swertius le croit. Il avait su se faire estimer de tous par sa franchise et sa profonde érudition , et il fut bien sincèrement regretté, surtout par l'archevêque de Trêves qui n'avait pas eu d'ami plus intime. Il avait été en relation très-suivie de correspondance avec les principaux savants de son siècle tels que Pierre le Mosellan , Reuchlin, Huttens, Stein, le fameux Erasme, etc. En un mot, on le cite encore aujourd'hui parmi les plus grands dialecticiens, les orateurs, les poètes, les jurisconsultes et même les théologiens.
Latomus est auteur d'un grand nombre d'ouvrages ; nous allons énumérer les titres de ceux qui nous sont connus : /°. Oratio de eloquentiâ ac Ciceronis laudibus ; Bâle.
— T. Oratio funebris in obitum Principes Ricbardi Archiepiscopi Treverensis ; Cologne, 1531. — 3°. Carmen gratulatorium in Coronationem Regum Romanorum, ad Carolum V. Cxsarem et Ferdinandum Regem, Fratres Augustos. — 4°. Oratio de peregrinatione suâ italicâ; Paris, 1540.
— S". Epitome Commeotariorum Dialecticsc inventionis Rodolphi Agricolae; Cologne, Bâle, Paris et ailleurs, 1534. — 6°. Scholia brevia A. Csecinna : L. Murœoa : Archia Poeta: ad Quirites post reditum:
pro Cn. Plancio: M. Caelio: Milone: M.
Marcello: Q. Ligario: Deiotoro Rege: in
Vatinicum : in Verrinas VII : in Philippicas omnes ; BAle. — 7*. Annotationes in Paradox a Ciceronis, de Officiis, de Amicitiâ, de Senectute, in Somnium Scipionis ; Cologne, 1534. — 8°. Enarrationes in Topica adTrebatium ; Strassbourg, 1539.
— 0°. Enarrationes in Terentii comœdias.
— 1 0°. Enarrationes in Horatii quasdara satyras. — 11°. Maximiliani Imperatoris laudes; Poème en vers alexandrins. — 12°. Scholia in Dialecticam Gregorii Trapezuntini. — 13*. Somma totius ratioms disserendi ; uoo eodemque corpore et Dialectîcas et Rhetoricas partes complectens; Cologne, 1527 et 1542. — 14". Factio memorabilis Francisci a Sickiogen contra urbem Trevirensem , cum obsidione ejnsdem decantata versu heroïco ; Cologne, 1523. — 1S°. Refutatio calumniarum Martini Buceri; Cologne, 1546. — 16*.
Disscrtationes duae, una in francofurtinis Comitiis anni 1546 contra Pelrum Dathenum, et altéra contra Jacobum Andream, Goppingensem pastorem, pro SS. Eucharistia et incruento missae sacrificio ; 1557. 17'. Commentarius de docta simplicitate prima? Ecclesis, et de usu calicis ac de Eucharistia; sacrificio , contra Jac. Andream ; 1559. — 18*. Investitura regalium electoralis dignitatis nonnullorumque aliorum dominiorum Mauriiii Ducis Saxonfce XXIV febr. anno M. D. XL. III. AngusUe facta ; ubi simul et vestilus et incedendi, sedendiqne in pnblicis hujusmodi aliisque celcbritatibus Caesaris, aut Régis Romanorum et Electorum ordo describitur. — 19 '. Latorai et Brederbacbii etc. Epistola?.
— S0n. Elegia de Austriœ nomme, ad Carolum V imperatorcm.
Ai IIoftTBtiB, Historia T retirons»! «lïplom II, 834 et 694. tq. ; III, 988 1 et Prodronas Hktor TreTÎr. II . 800. - Matm, IV. 899. - F». Swmtic. AUtenss Belgieae, 1 88, sq. — Geste Treurorum ; 11, annolat. 88; 111,8. — Mmixic», Epitome «naalium treTireiitium, 64*. 646 et 649 — Biartu, 181 — PmiiT, I, fol. LXVUT - Biimuf, VIII, 199.
— Paquit , 69. — L* GàiN, Notice »nr le* luxenboorgeoit célèbres, 19. sq.-Tu.ior, Mémoire».— AVilb. a Wiitmib, Disqutsit. antiqnar. Uist lo«embg. II, c 11, §. 9. — Goiccubmmi, Description des Pays-Bas, 1889, fsl 487. - Wiiihhci, Ver-
m ci> «m* Geaelticbie Ton Trier. — D. Cimkt, Bibliothèque lorraine. — Scba»»ici, Rerum gcrniauicinm icriptorc* VariS; II, 191 et tfOB. — De Feiulk, Dictionnaire historique, Illt L. — Les homme» illBltret des Bays-Ba*. II, 14. — Baowta. Ami. Tre»ir. II, 387. 568. 508 ta.. 370 a,., 57S. - VaUm A.o.é, Uibliothrca bclgica. — v. 8ie**aea« , Mftropoli» Eccle*ÏK T rêveries, 1,80 — Cocbtin, Encyclopédie moderne. XIV, 170.- Biographie «mircnclle XXIII,
La Tocb , Charles- Anloine-Maximilien, C de Baillet; v. BAILLET, Charles-Ant.- Maxim. , C* de La Tour.
La Toob, Louis- Willibrorde- Antoine de Baillet; v. BAILLET, Louis-Willib.- Ant" de.
Lacdoîi, St.; v. LANDON, St.
LA VAUX, Anne, dite Antoine Atit Bonne-Espérance, ou l'héroïne luxembourgeoise, naquit vers 1622 dans uo hameau des environs de Neufchâteau. Elle était âgée de vingt-cinq ans environ lorsque commença cette guerre entre la France et l'Espagne pendant laquelle la Belgique, mais surtout le Pays de Luxembourg eut tant à souffrir des courses et des pillages des armées.
La jeune fille voyant chaque année les champs ravagés, les paysans égorgés, leurs femmes et leurs filles maltraitées, les villes et les villages dévastés ou incendiés, conçut une telle haine contre les dévastateurs que , comme une nouvelle Jeanne d'Arc elle résolut de prendre les armes pour les combattre. Seulement son inspiration patriotique différait de celle de l'héroïne d'Orléans en ce qu'elle ne l'afficha pas comme celle-ci en s'annonçant publiquement comme une libératrice de son Pays envoyée par le ciel pour cette mission expresse. Son courage elle voulut le faire éprouver à l'ennemi comme un ennemi en guerre; aucune pensée de mystère ni d'inspiration surhumaine n'entrait dans son âme : Elle flt simplement part de sa mâle résolution à une de ses amies dont le nom n'a pas été conservé à la postérité , et l'engagea à suivre son exemple , proposition qui fut accueillie.
Alors ces deux jeunes filles se travestirent en hommes, st rendirent à Bruxelles et s'enrôlèrent l'une et l'autre , Anne Lavaux sous le nom d'Antoine Atis , dit Bonne-Espérance , sa compagne sous celui de La-Jeunesse.
Anne Lavaux servait courageusement depuis trois ans dans les rangs espagnols lorsqu'elle se signala par un exploit qui rendit son nom d'emprunt célèbre : Renfermée avec une soixantaine d'hommes dans une place-forte assiégée aux environs de Toumay , et son chef ayant été tué elle se met à la tête de ses compagnons et leur propose de risquer une sortie pour essayer de s'échapper. Elle leur démontre qu'ils ne peuvent espérer obtenir du secours et qu'ils n'ont d'autre alternative que de capituler honteusement ou de suivreson conseil. Entraînés par ses chaleureuses paroles tous consentent à tenter la fortune. Ils se mettent en marche au milieu d'une profonde obscurité. Mais les sentinelles françaises les aperçoivent et donnent l'éveil. La petite troupe est cernée par plusieurs centaines d'hommes.
Elle se défend avec l'énergie du désespoir. Anne Lavaux parvient enfin à se dégager avec une partie des siens. Au lieu de profiter de sa délivrance pour prendre la fuite elle revient vers l'ennemi en poussant de grands cris , comme si c'étaient des renforts qui arrivaient aux fugitifs. Les Français croient qu'on leur a tendu un piège ; effrayés ils se dispersent. Anne marche bravement vers leur camp et leur prend un drapeau avec quatre pièces de canon qui sont conduits en triomphe à Tournay.
Ce glorieux fait d'armes lui valut le grade de lieutenant de cavalerie dans le régiment du comte de Mercy. Peu de temps après elle passa capitaine.
Mais elle s'était donné une autre mission encore que celle de faire la guerre : femme, elle comprenait les tortures des malheureuses dont la pudeur, jouet de la force brutale, avait alors si souvent à souffrir ; et en toute circonstance elle prpté-
geait son sexe contre les mauvais traitements et les violences des soldats.
La-Jeunesse, sa compagne , qui servait dans sa compagnie où elle avait obtenu un grade, eut un jour la tète fracassée par un boulet de canon, et expira entre les bras de son amie. Cette mort mit Anne dans un grand embarras. Le sexe de son amie pouvait être découvert , et on comprend combien elle devait désirer que cela n'arrivât pas. Pour éviter à la dépouille mortelle de la pauvre fille la profanation tant redoutée , elle confia son secret au prieur des capucins qui devait inhumer les cadavres. Ce religieux se bâta d'annoncer, qu'ensuite d'un vœu qu'il fallait respecter, La-Jeunesse devait être jetée dans la fosse avec ses habits.
Anne Lavaux, après avoir failli faire prisonnier le Cardinal Mazarin dans le château de Montargis, assista au combat qui pendant les troubles de la Froude se livra au faubourg St. Antoine , à Paris, entre les Français et les Espagnols. Elle y fut blessée et tomba aux mains des ennemis. Peu de temps après elle recouvra la liberté ; mais retournant dans sa pairie avec le comte de Mercy qui avait subi le même sort qu'elle , elle fut arrêtée en route par un détachement dont le chef eut occasion de soupçonner la vérité et parvint à la connaître entièrement.
Le maréchal de Senneterre qui se trouvait à Metz, ayant eu vent de celte étrange découverte, voulut voir cette héroïne et lui offrit le commandement d'une compagnie à cheval. Elle répondit n'avoir pris les armes que pour défendre son pays, non pour obtenir des faveurs de ceux qui ne cessaient d'y porter le pillage, l'incendie et la mort : Le maréchal la relâcha, rempli d'admiration pour un si grand courage, pour un si noble désintéressement.
Les aventures de cette femme vaillante n'ayant pas tardé à être connues d'une partie de l'Europe , la jeune fille comprit que sa modestie aurait de trop rudes épreuves à subir si elle rentrait au service. Elle demanda pour toute récompense à l'archiduc
Léopold , alors Gouverneur-général des Pays-Bas , de lui faire obtenir un asile dans un couvent.
Elle prit le voile en 1 563 , à l'abbaye de S10 Gcrtrude, à Nivelles, où elle passa le reste de ses jours à invoquer la protection du ciel en faveur de sa patrie qu'elle avait si courageusement défendue sur les champs de bataille.
La Gaim, Notice fur le* Inicmbourgeou célèbrei. ttO. »q<jq — Aucune astre BUgrmpkie qtue nom m sachions, n* fmil mention A* telle femme austi vertutus t ^Nft? ttr *%fj cxtst c^ti&rc •
Lebreton, Antoine; v. BRETON, Antoine, le.
LECLEBC , Joseph- Pierre-François , fils de Jean-Théodore, jurisconsulte distingué, et de Marguerite Schmit, est né à Luxembourg le 26 juillet 1790. Après avoir fait d'excellentes études et pris le degré de licencié en droit, il se fit inscrire au barreau de sa ville natale, en 1812 , et devint bientôt un des premiers avocats du tribunal de Luxembourg, Il y eut même une époque où Lcclerc et Thorn (v. son art.) étaient presque les seuls défenseurs employés dans les causes les plus épineuses où il s'agissait de discuter les subtilités juristiques les plus délicates.
Leclerc excellait surtout dans ce raisonnement serré qui ne laisse plus de réplique à la partie adverse, comme il était pour l'éloquence le digne émule de Thorn, son antagoniste presque habituel, au point que pendant cette période d'années le tribunal de Luxembourg était devenu une arène oratoire célèbre.
Outre les nombreux mémoires que Leclerc a fait imprimer à l'appui de ses causes , nous avons de lui : Quelques observations sur la législation pénale; vol. in 8°; Lamort, 1828. Cet ouvrage était deslioé à combattre avec toute l'énergie de la conviction certaines dispositions que le Gouvernemenl voulait introduire dans le nouveau code pénal du Royaume des Pays-Bas dont le Luxembourg dépendait à cette époque.
Joceph- Pierre -François Lecierc avait épousé* dame Anne-Barbe-Françoise Feyder. Il est mort le 4 décembre 1833.
Eut ci» il de la ville de Lmembourg. — !V*ao*, Catalogne de la Bibliolb. de Luibrf., 93S et 751.
LEISTENSCHNE1DER, Pierre, fils de Michel Leistenscbneider et de Catherine Klein, est né Ters Tannée 1743, à Dillingen en Lorraine , non à Sarreloois comme son acte de décès le porte.
Après avoir fait de bonnes études qu'il poussa jusqu'à la licence en droit, sans que nous ayons pu découvrir à quelle université, il fut attaché en 1767 en qualité de secrétaire, a la commission nommée pour confectionner le Cadastre général du Pays de Luxembourg; ensuite et dans la même qualité à celle dite des charges publiques établie par édit. de S. M. l'Impératrice, du 24 murs 1771. L'établissement du cadastre avait, comme on peut bien le penser, trouvé beaucoup d'opposition de la part des détenteurs de biens nobles et monastiques, parce que ces biens, qui avaient été jusque là exempts de tout impôt, devaient être désormais compris dans les rôles des contributions. Aussi les .membres de la commission, remplissant aux yeux des nobles et des prélats des fonctions odieuses , devaient-ils être récompensés de leur dévouement ; et le gouvernement autrichien lenr laissa l'option entre des lettres de noblesse ou des rémunérations pécuniaires. Les choix furent divers : et c'est de cette époque que datent quelques familles nobles du pays. Leistenscbneider, avons-nous dit, qui a été attaché comme secrétaire à cette administration du commencement jusqu'à la fin, fit, dit-on à lui seul tout le travail et fut le plus mal rétribué, puisqu'il ne put, même avec son diplôme de licencié en droit, obtenir d'être inscrit sur le tableau du barreau attaché au conseil provincial, et ce sous prétexte qu'il était né français.
D'un antre côté, il devient évident d'après ce que nous venons de dire, qu'il lui . fut très facile avec son emploi de puiser
des données très-précises comme très-précieuses sur la statistique locale, non seulement dans les archives provinciales mais encore sur les lieux mêmes. Il profila de l'occasion, recueillit ces notes, les coordonna et en forma un travail important intitulé : Catalogue général et alphabétique des villes, bourgs, villages, hameaux, châteaux et fermes de la province de Luxembourg, du nombre des laboureurs et des maisons qui se trouvent dans chaque endroit ainsi que les noms des offices et seigneuries dont ils ressortissent, avec désignation des quartiers de leur situation. 1793. — Revu, corrigé et augmenté en 1794, par Leistenschneider.
Cet ouvrage est resté manuscrit.
Leistenscbneider, qui passait pour une bonne tête, a toujours et beaucoup travaillé. En effet, il avait colligé une énorme quantité de notes et de compilations historiques de toute espèce, mais qui ne furent jamais coordonnées, à cause d'une insouciance de caractère qu'on doit lui reprocher à juste titre : nous ne savons même ce que ces données sont devenues. Le dernier abbé de St. Hubert lui porta toujours beaucoup d'intérêt ; et c'est sans doute pour ce motif qu'il aura donné à ce prélat son Catalogue dont nous avons parlé plus haut, puisque l'original de cette œuvre a plus tard été retrouvé parmi les archives de cette abbaye. Nous en possédons une copie que nous devons à l'obligeance de Monsieur de Robaulx de Soumoy, auditeur militaire à Bruxelles.
Le 16 février 1797 Leistenschneider fut nommé aux fonctions de secrétaire-greffier de la municipalité, plus tard à la mairie de Luxembourg , puis à celles de secrétaire de la régence de la même ville. Cet emploi il le conserva jusqu'au 28 octobre 1820, où le conseil de régence lui accorda sa retraite avec pension sur la caisse de la ville.
L'arrêté que le Conseil prit à cette occasion est trop favorablement motivé pour que nous n'en communiquions pas ici un extrait :
« Le Conseil, y est-il dit, ayant égard
« aux longs et honorables services rendus « par le sieur Pierre Leisteuschneider en « sa qualité de secrétaire-greffier de la mu- « nicipalité et de la mairie et en celle de «secrétaire de la Régence, depuis son « entrée en la première qualité , à l'époque « du 16 février 1797 continuée sans inter- <« ruption jusqu'à ce jour;
«Voulant pourvoir à ce qu'une aussi « longue carrière augmentée par trente an- « nées de services rendus à l'Etat avant « son entrée dans les fonctions municipales « soit dignement récompensée ;
« Arrête etc. »
La lettre d'accompagnement de cette résolution ajoute : « En vous accordant cette «pension en même temps que votre re- « traite honorable, la ville de Luxembourg « reconnaît les longs et loyaux services que « vous lui avez rendus dans une carrière « que vous avez parcourue avec autant de « zèle que de droiture et de distinction. « Mais cela ne suffit pas , Monsieur , nous «laisserions une lacune dans l'expression « de notre satisfaction envers vous, si nous « n'ajoutions pas aux témoignages de la « gratitude du Conseil de Régence celui des « sentiments personnels que nous ont ins- « pirés en tout temps votre caractère et «vos vertus.»
Pierre Leistenschneider est mort à Luxembourg, le 24 avril 1837, à l'âge de 91 ans et quatre mois. Il avait été marié deux fois; d'abord le 17 janvier 1774 à Pétronille Kleber, fille d'un imprimeur de Luxembourg et décédée le 31 août de la même année; ensuite le 21 février 1777 à Marie Joséphine Dujardin. Nous n'avons pas appris le sort de ses enfants.
Anaalr* de U Société historique d*Arlon; 1849 • Ht ; p. m .q - Note* de M' Wrtn, secrétaire communal de Luiemboorg. — Archives de la ville. - Souvenirs. - Le Catalogue cité dans le texte.
LE JEUNE, Quirin, co-seigneur de Roiual , mort vraisemblablement en 1634, a obtenu de l'auteur du manuscrit des Viri illustres l'article qui suit: «1634. « Quirinus seu Queilin le jeusne condo-
« minus in Boumal, filia ejus unigenila or- « dinem religiosarum celestinarumingressa « Leodii ipse domum suam in quâ oatus « totius Durbuti amplissimam in monaste- « rium sancti Francisci convertit. »
Nous ferons observer à ('encontre de ce passage, que Bertholet change les noms des personnages qui ont contribué à la fondation des Récollets de Durbuy. Il fixe cette fondation au 18 décembre 1628, et ajoute que Laurent Lb Jednb — non Quirin — chanoine et doyen de Maastricht , a donné à cette fin sa maison et quelques jardins ; et qn'il établit en outre dans la même ville un clotlre de Récollectines , d'autres auteurs nomment cette maison: de Pénitentes, dont sa nièce, nommée Marie-Angèle aurait été la première supérieure et y serait morte en odeur de Sainteté.
Ces deux versions ne peuvent être rendues concordantes qu'en admettant, ce qui du reste n'est pas impossible, que Quirin et Laurent, les Le Jeune, auraient été frères et qu'ils auraient l'un et l'autre contribué à la dite fondation par l'abandon de leurs biens patrimoniaux en commun ; et que finalement , Marie-Angèle , fille de Quirin et nièce du chanoine Laurent Le Jeune, ayant d'abord pris le voile aux Célestines de Liège , aurait passé plus tard aux Récollectines ou aux Pénitentes de Durbuy.
En 1733 , le 30 octobre, ainsi environ un siècle plus tard , nous trouvons que trois frères: Laurent, Jean-Baptiste et Joseph Le Jœune ont été anoblis. Ces trois personnages étaient-ils de la même famille ? Laurent Le Jœune était seigneur de la cour et ban de LuUange , aujourd'hui canton de Clervaux dans le Grand- Duché de Luxembourg; Jean-Baptiste était avocat au Grand-Conseil de Matines; et Joseph seigneur propriétaire de la cour foncière de Fanzel, commune moderne de Mormont, au canton d'Erezée dans le Luxembourg belge. Les lettres-patentes d'anoblissement leur accordèrent pour armes: d'azur, au chevron d'or, chargé de trois œillets au naturel , feuilles et tigés
de sinople, accompagnés de trois étoiles d'or à six raies , deux en chef et une en pointe.
Viri Ula»tre», III, W° 436.— BntNiir, VIII, 83, ■q.— Nebilraire de» Para-Bai et de Baergoapte, 8"' partie , II, 748.— Ua«B*caoau— Paqobt , 6tf .lait erroaéaeat du nom de Baptême de Qairia oa Qtutlim Le Je«»e «ne peraoDM dUlincU , k lamelle U attribue le* aete» de Le J«we.
LELCHER , Jean , est né pendant la première moitié du quinzième siècle, à Ecliteroach , et obtint à Padoue le bonnet de Docteur en droit canon. De retour dans sa patrie il se fixa a Trêves où il exerça pendant de longues années l'état d'avocat consistorial et les fonctions d'écbevin. En 1472 il fut nommé un des premiers professeurs de l'Université qui venait d'être créée dans cette ville; mais, dégoûté du monde il entra plus tard chez les carmes, obtint l'ordination et mourut dans le monastère de cet ordre.
Geata Treviromm, Hi Aaaotat. 99.— Aa Bouteiii , Hittoria Trcvircnais diplomatie», 11,
Lemasson , Barthélémy; v. LATOMUS, Barthélémy.
LENZ, Théodore, fils d'un tisserand nommé Michel Lenz et de Marie Beck , est né à Schrondweiler, commune de Nommera , le 28 brumaire an X (19 novembre 1801).
Les parents du jeune Lenz ne pensaient pas , sans doute , à destiner leur fils à une carrière littéraire , à cette époque où le pays suivait les destinées exclusivement guerrières de la France , mais surtout à cause de l'exiguïté de leurs moyens d'existence qui ne pouvaient leur permettre la pensée de le faire étudier. Et cependant Théodore était appelé à devenir, bien que pour uu instant seulement , un des lauréats de l'université de Liège.
A défaut de son père, un de ses parents nommé Tbill , menuisier de sa profession et également peu favorisé de la fortune, crut remarquer chez ce jeune homme des dispositions heureuses; il en fit part à un séminariste qui demeurait
pour lors chez son frère, curé à Cruchten, en attendant qu'il eût atteint l'âge canonique pour pouvoir être ordiné. Ce séminariste , nommé Welter , Henri , aujourd'hui desservant à Eppeldorf, charmé de trouver l'occasion de faire du bien en même temps qu'il se donnait de l'occupation , proposa au père de Lenz d'enseigner à son fils ce qu'on nommait alors les principes ; Thill joignit ses instances à celles du vertueux diacre Welter, et ils réussirent à atteindre l'objet de leurs désirs.
Théodore Lenz qqi avait alors treize ans d'âge et savait à peine lire , n'ayant suivi l'école de son village que pendant un an, ne tarda pas à faire les progrès les plus marqués. Cependant un an à peine s'était écoulé ainsi dans des études assidues, lorsque l'espoir de l'élève sembla tout-àcoup être déçu , parce que son généreux professeur était rappelé au séminaire de Metz pour finir ses études théologiques et pour recevoir les ordres sacrés : son absence devait durer deux ans, et pendant ce temps Théodore, abandonné à ses propres forces pouvait oublier ce qu'il avait appris ; ou bien son père , revenu a d'autres pensées, pouvait vouloir l'occuper ailleurs. Mais la providence en avait disposé autrement.
Avant son départ pour Metz, Monsieur Welter avait eu soin de recommander son élève à M. Tliilmany , alors curé de Fischbach, et mort en 1844 curé à Vichten.
Celui-ci consentit à lui continuer ses leçons et le jeune homme accepta celte offre avec empressement. Pour le logement et la pension il trouva l'un et l'autre dans la maison paternelle de sa mère, à Schoos, hameau situé à un kilomètre et demi de Fischbach. Et c'est ainsi qu'il passa encore quelques mois à étudier ses principes, jusqu'à ce que de nouvelles recommandations lui donnèrent accès au collège de Luxembourg et lui procurèrent de nouveaux Mécènes dans la personne de Messieurs Lamort , imprimeur (v. son art.), et Stammer, professeur de littérature allemande, qui le prirent entièrement sous leur protection
jusqu'à ce qu'il eût terminé ses cours d'humanités d'abord, ensuite pour le faire arriver en 1821 à l'Université de Liège où il devint bientôt un des élèves les plus distingués de la faculté des Lettres et Philosophie. Il y avait entendu les cours depuis deux ans lorsqu'eo 1822 — 23 il travailla à répoodre à la question de concours proposée par sa faculté : « Postulatur com- « mentatio argumcntum Tbeaeteti ila expo- « nens, ut inde appareat, quaenam Platonis <« de scientia sit senteotia, et quibus ratio- « nibus opposita philosophorum placita « refellat. »
Son mémoire, de cinquante-six pages in 4°, imprimé dans les Annales de l'Université de Liège , obtint la médaille d'or. Soit que l'impression de ce brillaut succès eût été trop forte pour la constitution délicate et nerveuse du jeune vainqueur, soit qu'il portât déjà le germe d'une maladie incurable , soit enfin que ces deux causes se fussent réunies, Théodore Lenz qui promettait de devenir un des plus grands génies dont sa patrie eût pu s'enorgueillir, succomba dix jours après son triomphe, le 16 octobre 1823, dans sa vingt-deuxième année. Ses camarades d'étude lui ont érigé un monument funéraire au cimetière de Robermont, à Liège, où ses os reposent. Son condisciple Ch. G. Eyschen (v. son art.) a prononcé son panégyrique a l'occasion de l'inauguration de ce monument.
Sooreairs contemporain;*. — EUl civil de Liège et de Noniern. — Reaatigncmrnta fournit par M M. EkOLivc et Evtcaa*. — Annalet de l'Uni? mité' de Liège, 1843. — Annuaire de U même université, 1850 , 20. *q — Panégyrique par Encans.
Lignibrbs , Jean de; v. JEAN, dit de Lignièrei.
LITTARD , ou Littart , est cité comme Luxembourgeois par Guillaume de Wiltheim. Il était Docteur en droit et professeur dans cette faculté à l'université de Prague. U florissait pendant la première moitié du dix-septième siècle.
Les Enregistratures du Conseil provin-
cial de Luxembourg portent en outre des Patentes d'anoblissement en date du 18 août 1643, en faveur de Jean Littart, de Grapfontaine dans la Seigneurie de Neufchâteau, et capitaine réformé. Ce Jean Littart aurait-il été le frère ou le neveu du personnage auquel cet article est consacré ?
Wilu. a WiLTfftm, DWquiMtionci antiqaaria* Hilton* Luiembargenaif , II, e. 6. j 3. — Archive* dn Coiueil provincial de Luibrg ; Reg «ui Commit •iona, N* 11011, p. 919, *q.
LONGUE VAL, François-Jotepk Feit, dit, est né à Virton vers le milieu du dix-septième siècle. Il était 61s de. Jean Feit, ditLongueval , originaire de Musson et qui avait reçu des Lettres de noblesse sous la date du 5 avril 1644.
Comme son père, François-Joseph de Longueval embrassa la carrière des armes et servit la Maison d'Autriche. U fut assez heureux pour découvrir en 1690 et dénoncer une grande conspiration tramée contre l'Empereur Léopold I et sa famille. En récompense de cette belle action, l'Empereur le créa Baron et le nomma Gouverneur de Brick en Silésie.
La famille de Longueval porte : d'azur, au lion d'or , la queue fourchue , passée en sautoir, couronné, armé et lampassé de gueules, tenant de la patte droite une épée nue garnie d'or. Timbre : une licorne naissante d'argent, aux crins, barbe et corne d'or , accollée d'azur , côtoyée d'un vol de trois rangs de sable.
Archive* dn Cont. Prov.; Reg. Coinm. X» 1109. 00 . *qq. — TetuoT , Mémoire* nuancent». — D«avaoïtT, VIII, 109. -P.naanv, I, fol. LXVI1I -
LORENT, Théodore, est né a Remich pendant le premier quart du dix-septième siècle. Après avoir fait de bonnes études il se voua à la pratique du droit. Sa réputation comme jurisconsulte et son habileté dans les affaires engagèrent le Grand- Conseil de Matines à l'adjoindre au -conseiller Ludovisi lorsque ce dernier fut envoyé à Aix-la-cbapelle pour aplanir
quelques difficultés surgies entre l'Empereur et le due de Berg.
Il fut ensuite nommé directeur des archives de l'abbaye d'Echternach et il se distingua dans ces fonctions par son zèle et ses capacités, cherchant par une étude approfondie des actes du monastère, à défendre les droits que cette maison religieuse fondait sur ses titres authentiques. Plus tard il quitta cet emploi pour devenir échevin de la ville d'Echternach, poste qu'il occupa pendant un grand nombre d'années, au grand contentement des bourgeois , mais non de l'abbaye ; parce que, connaissant parfaitement les droits respectifs des deux parties qui se trouvaient naturellement placées en présence et très souvent en opposition, il épousa toujours, peutêtre avec un peu trop d'ardeur, disaient les religieux, les intérêts de la ville contre les usurpations de l'abbaye, ce qui fut cause que la ville fut entraînée à plusieurs procès coûteux que des hommes impartiaux et bien pensants ont été loin d'approuver.
Théodore Lorent mourut à Echternach, en 1785 ou 86, et a été enterré au cimetière de cette ville.
Nous aurions peut-être omis de parler de ce personnage dans cet ouvrage, parce que sa vie ressemble à celle de tant d'autres qui sont laissés dans l'oubli; mais nous avons jugé à propos de le citer à cause d'une œuvre qu'il a publiée et qui parait avoir fait grand bruit dans le temps de son apparition , comme elle est encore rappelée de nos jours où elle est devenue très-rare : Vers l'année 1765 le monument d'Igel — village qui dépendait alors du Lux embourg — menaçait ruine par l'effet des ravages du temps, des efforts humains pour le déplacer et le transporter dans les jardins de Mansfelt , et peut-être encore par celui d'un ignare vandalisme. Les Etats du Pays ayant résolu de faire restaurer ce cbef-d'œuvre de l'art , afin de le préserver d'une destruction imminente et prochaine, chargèrent Lorent de la surveillance des travaux. Celui-ci saisit cette occasion « pour en donner enfin une descrip-
« lion exacte, dit-il, parce que de tous les «auteurs qui en avaient parlé jusqu'alors, « aucun n'y avait reconnu la vérité » ; et en effet, personne n'avait eu une aussi belle occasion pour examiner le tout dans ses plus petits détails et de près, pendant la réparation décrétée. On devait ainsi s'attendre avec quelque raison qu'il livrerait le cas échéant des rectifications utiles sinon importantes.
Ortelius, Brower, Bertbolel, mais surtout le Père Alexandre de Wiltbeim et d'autres auteurs regardent, comme on sait, * le monument en question comme un tombeau élevé en l'bonneur de la famille des Secundins. Lorent combat cette opinion dans son ouvrage auquel il a donné pour titre:
CAJUS IGULA, oc
l'Empereur Cajus CÉSAR CALIGULA ,
NÉ A FCEL
le 3! Août de l'an 764 de Rome ou 1 1" de J.-C. Ere commune.
Essai
Par forme de Dissertation sur le sujet et l'Epoque du fameux Monument, appelé communément la Tour d'Igel, situé à l'extrémité du Luxembourg au bord de la Moselle , entre les Confluens de la Saare et la Sûre , avec les dessins de ses quatre faces en détail.
a Luxembourg, De l'Imprimerie des Héritiers d'André
[Chevalier.