M . DCC . LXIX
Volume jn 4°, de 148 pages, plus 9 planches outre le frontispice.
Nous donnerons ici une courte analyse de cet ouvrage, parce qu'il fournit pour expliquer le but de ce monument un système différent de celui qu'on lui attribue communément, et qu'il a en effet rectifié quelques erreurs matérielles de description chez ses devanciers.
Nous commencerons par ces dernières :
Antoine Stephany, de Malines, peintre
luxembourgeois avait, au rapport d'Alexandre de Wiltheim, donné lieu à Terreur où l'on était, que le trouçon de figure qui couronne le faite, était une aigle. Une observation attentive a donné à Lorent la pleine conviction que cette aigle prétendue était la moitié inférieure d'une figure ailée d'un génie , dont il a encore reconnu les jambes, l'une agenouillée sur le globe qui le supporte, l'autre étendue : Toutes deux sont nues jusqu'à la cuisse, bien formées et bien conservées, dit-il. Il s'y trouve en • outre des restes d'une draperie ou d'un voile descendant des deux côtés, et derrière lequel on voit les portions inférieures d'ailes à moitié déployées. — Une seconde erreur qu'il a redressée est celle qui admettait que le globe sur lequel repose cette figure serait en fer creux et renfermerait des cendres. Il a en effet eu lieu de s'assurer que ce globe est de la même pierre que le reste du monument, et que sa moitié supérieure ne fait qu'un avec le génie tandis que l'inférieure forme partie intégrante de la portion du monument sur laquelle elle repose. Du reste la chose est très visible encore de nos jours, même à l'œil nu ; et nous sommes à nous demander comment Bacrsch et d'autres ont pu croire que Hansfclt ou tout autre aurait fait emporter le globe en fer avec les cendres et l'aurait fait remplacer par la boule en pierre qui s'y trouve de nos jours.
Après avoir établi la vérité, quant à ces points, l'auteur énonce son opinion sur la destination du monument, et il l'emprunte à Herold : « De Germanise veleris vene, « quam priniam vocant, locis anliquissimis, « etc. Cette opinion consiste à admettre que la pyramide d'Igel aurait été construite en vertu d'un décret du Sénat, aux frai» des Tréviriens et en l'honneur de Germanicus, fils de Drusus et de son épouse Agrippine, à l'occasion de la naissance de leur fils Cajus César Caligula, dont Agrippine serait accouchée en cet endroit le 31 août 764 de Rome, ou la onzième de l'ère vulgaire.
11 s'efforce, pour donner de la vraisem-
blance à son système, à démontrer que Caligula serait né à Igel; et il croit que le nom de Caligula dérive plutôt d'Igula — qui aurait peut-être été un des anciens faubourgs de la ville de Trêves (!!!) — que Igula ne viendrait de Caligula.
Une observation des figures, faite à son point de vue, lui suggéra en outre la pensée que la quatrième Eglogue de Virgile pourrait bien avoir trait à ce monument, de manière que l'on pourrait dire qu'il représenterait en dessins la pastorale du poète. Les figures ajoute-t-il, prises dans leurs rapports et leur sens allégorique, semblent exprimer au sens propre et moral la sagesse égyptienne plutôt qu'un système ordinaire de mythologie poétique.
Qu'ainsi pourrait être fondée la supposition qui admettrait qu'un druide instruit aurait fourni le modèle de ces emblèmes.
Après avoir donné la description des sculptures des quatre côtés, Lorent prétend que les Tréviriens auraient élevé ce monument en l'honneur de Germanicus, ponr flatter ce général qui avait si longtemps vécu parmi eux, qui avait protégé leur pays contre les incursions des Germains, qui avait si bien distribué les contributions et leur perception, qui avait finalement su maintenir la discipline militaire. Qu'au surplus l'estime générale que l'on avait pour Agrippine , son épouse, avait pu y avoir été pour quelque chose aussi.
Arrivant à l'inscription qui , au sentiment de Lorent comme de plusieurs autres antiquaires plus modernes , avait déjà subi tant de variations et d'interpolations, elle fut pour lui un objet d'attention particulière. Il prétend l'avoir déchiffrée telle que nous allons la rapporter, et critique Alexandre de Wiltheim d'avoir, de dessein prémédité , changé , omis et substitué des lettres , voir même des mots entiers. La voici , telle qu'il la donne :
DT LCV VOCA"M
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AIC LIS SECVND VIA NTINI ETL