ET
I I VIAI RIN ERVNT.
11 ajoute qu'il a été conduit à ce résultat par les motifs suivants: si l'on examine avec soin les restes de cette inscription, dit-il, on remarquera qu'elle renferme trois espèces de caractères de différents âges , mêlés aux lettres primitives , et placés les nos au-dessus les autres au-dessous, les autres enfin entre ces lettres. Que les unes sont réellement romaines et profondément gravées, tandis que les autres sont imitées avec peu de soin ; les dernières enfin très-mal formées, et plutôt grattées sur la pierre que gravées. Passant ensuite au recensement des lettres et de leur âge présumé et relatif , il ajoute que , de la première espèce sont: D. T. VOCA' 1 peut-être encore LCV de la première ligne; NO à la fin de la seconde; AIC. El. PVBL. PA. de la troisième ; CAIAE de la qaatrième ; peut-être encore MACE- DON de la cinquième; SECVND de la sixième, ce que cependant on ne saurait affirmer, parce qu'il s'y trouve des lettres qui sont plus gâtées que les autres.
Les lettres Aï à la fin de la première ligne ; IVC et ERVNT de la sixième , sont assurément de la dernière espèce , et tracées par une main peu habile.
Il est étonnant qu'entre les lignes, même entre les lettres et les mots on trouve des restes ou des traces d'autres lettres ; ce qui prouve évidemment que la première écriture doit avoir été effacée.
Le plus grand comme le principal changement que cette inscription a subi, se trouve dans la teltre M que quelqu'un a formée avec peu d'art hors de l'A, parce qu'il ne savait pas expliquer le sens des lettres D. T. Par là la nature même de l'inscription a non seulement été changée
en D. M. (Diis Manibus) , mais encore celle du monument même.
Les plus anciens auteurs qui nous ont transmis cette inscription, ne se sont pas hasardés d'en compléter les premières lignes : Cependant Brower a ajouté dans la première : T. SECVNDINO SECVRO ; dans la seconde: ET SECVNDINO AVEN- TINO; et enfin dans la troisième: FI LIS SECVNDINI , etc. — Alexandre de Wiltbeim y fit de nouvelles additions, plaçant dans la première ligne : ET VOCATLE ; dans la seconde : ^CONIVGI E1VS. — Cependant VOCA' ' se trouve si près placé de ft? qu'il est impossible d'intercaler entre eux la finale TLE.
De la manière dont ces auteurs s'y sont pris, il y a intercalation évidente des noms de trois personnages qui ne s'y trouvaient pas primitivement; et ce sort, l'inscription originaire l'a vraisemblablement subi plusieurs fois , comme cela parait résulter de la diversité des caractères qu'on y reconnaît. Pour convaincre davantage, l'auteur renvoie à la version donnée par Bertels comme terme de comparaison ultérieure. D'un autre côté, ajoute-t-il, Ortelius y a trouvé des lacunes qui n'existaient plus du temps de Brower ni d'Alex, de Wilthcim , qui, ce dernier les a trouvées remplies : Il faut dès lors conclure qu'on a fait de temps en temps des additions à cette inscription qui ne se composait primitivement que d'abréviations: Les lettres LCV de la première ligne et SE- CVND à la fin de la sixième, de même que quelque tombeaux de Secundins que l'on a découverts dans les environs y auront donné lieu.
Personne n'a encore donné fidèlement la dernière ligne de cette inscription, puisque tous les auteurs indistinctement en ont, les uns omis des lettres , les autres des mots entiers pour la faire concorder avec leurs systèmes respectifs d'interprétation. Si cependant on voulait composer un sens avec les lettres: II VI VIAL RIN ERVNT, on pourrait compléter comme suit:
lui V1R vial. t. benOVAVbbvnt.
Par l'additioD IIII VIR! , l'auteur de l'inscription aura voulu faire passer les Secundins pour des hommes importants.
En général, continue Lorent auquel nous avons emprunté tous ces raisonnements, il n'y a ni goût ni style dans cette inscription ainsi complétée ; on n'y trouve pas cette précision qui était propre aux Romains, lesquels n'omettaient jamais, surtout sur les tombeaux de personnages marquants de même que sur les monuments , d'ajouter l'étal et le caractère des défunts ainsi que l'époque et les consuls sous lesquels ils ont été construits : 11 devient par conséquent très vraisemblable que celte inscription a élé placée après coup ; au moins il semble qu'elle n'existait pas du temps d'Ausone, sans cela ce poète ou tout autre historien romain ou trévirois de cette époque en aurait fait mention.
A la fin de sa dissertation, Lorent a à son tour, complété cette inscription a sa manière, c'est-à-dire pour l'arranger à son système. Voici sa version qui diffère du tout au tout de celles des autres auteurs :
D. T. sECVbitas. trêves. bbVOCATM
CABS. GEBMANIC. DBVS. F. TIBER. PMVIgNO
AVG. n. b. bxeb. )MP. BEI. PVBLIc. PA CATAE. CONsbbv. galliab. defbnsob.
INV1CTISS. ALEXANDB. MACEDON. AvMVL.
OB. AGRIPPIN. PVBBP. niC. CAICM. SECVD ENIXAB. BX. D. SENAT. AMPL. C. P. Q. TBBV. COSS. C. G BRU AN. ET. C. FONT. CAPITON.
Et il la rend comme suit:
In honorem Domûs Divinœ.
Dicavit Titulum Securitas Trevirorum revocata Casari Germanico Drusi filio, Tiberii privigno, Augusti Nepoti, Romani exercitûs Imporatori , lîeipublicœ pacalœ Conservatori , Galliarum Defeusori invic- (issimo, Alexandri Macedonis temulo; ob Agrippinœ puerperium hic Cajum secundum mixer , ex Decreto Senatûs Amplis timi, Curia Populutque Trevirorum; Consulibus C. Germanico et C. F. Capitone.
Pour terminer , nous ajouterons que les figures des quatre faces, que notre auteur a ajoutées à son ouvrage, ne sont ni de la dernière fidélité ni d'une exécution achevée ; plusieurs même , lorsqu'on les considère sous ce dernier point de vue , ressemblent à des caricatures ; elles se trouvent d'ailleurs accomodées au système qu'il cherchait à faire prévaloir.
Si nous avons cru utile de donner ici une appréciation un peu détaillée de cette composition , c'est parce qu'elle ne se trouve plus dans le commerce , et que les auteurs les plus modernes de descriptions du monument d'Igel rappellent l'opinion émise par Lorent comme une des hypothèses en assez grand nombre qui ont été proposées pour déterminer le sens de ce monument, sans que jusqu'ici aucun d'entre eux ne puisse se flatter d'y avoir réussi d'une manière absolue et sans crainte d'objections fondées sous l'un ou sous l'autre rapport.
Nkvmbr, Abbildang de* roeaitacbea Monaatmls sa Igcl, geaeicbnet nad lilkograpnirt voa Cbriilupb Harwicb, ait ciaeia rrla-ulrrndeo Texte ( Trêves, IB'20, paaaiai. — v. IIhcpt, FaDorama v»n Trier «ad aeinra Ungebuagrn, 271. — Hniaoor, Nacbricbteo aeber die altea Trierer, 1 IS, aete 7. — t. Staaaaiac, Drr MoarUtroni voa Meta bia Cobleaa, tftf , aqaj. — WïTittBAcn, IWcberchc» iui 1rs antiqnitea romaine» de la vallée de la Hoaelle de Trêve*. 8H à 110 — Getla Trcriroron, III, 291. — LoaasT, Cajai Igwla, etc., cîte daaa le telle. — Notes coauauaiquée*. — MoLtta, Betebreibuag de* SauerlLale*, 54.
Louis de Luxembourg -Ligny; v. LUX- EMBOURG-LIGNY , Louis de, à l'Appendice.
LUDOLPHE, dit d'Enschringen, descendait de la famille noble de ce nom, originaire de l'Eiffel Luxembourgeoise, et qui possédait le castel de Rittersdorf dans l'ancien district de Bitlbourg.
Ludolphe, fils de Jean d'Euschringen et d'Agnès de Bitlbourg, lesquels époux vivaient en 1425, s'adonna à l'étude du droit et prit le bonnet de Docteur-ès-arts à Erfurt, celui de droit canon à Rome, et finalement celui de droit civil à Ferme. Il devint de plus doyen de La collégiale
de St. Paulin et prévôt de celle de St. Siméon, l'une et l'autre à Trêves ; fut pourra d'un canooicat à Liège et de la dignité de prévôt de Ste. Croix près de Mayence.
Finalement, l'empereur le créa comte du palais impérial et de celui de Latran. Il fut aussi et successivement professeur, recteur et vice-chancelier de l'Université de Trêves , ainsi que recteur temporaire de la paroisse d'Echternach , laquelle était attachée à la dite université.
Ce grand homme remplit ces différentes dignités avec la plus grande distinction et sut se faire estimer de tous , surtout de l'Archevêque-Electcur de Trêves, Jean II, né marquis de Baden qui, disent quelques auteurs dignes de foi, le nomma également son chancelier : Et en effet ses vastes connaissances le rendaient digne de tant de distinctions.
Ludolphe d'Enschringen fonda en 1486, et dota richement le monastère de la Ste Croix, au lieu dit L'Hôpital, près de Welschbillig. Il le plaça sous la Règle de St. Augustin et le voua à Sainte-Hélène, d'où lui vint le nom de Helenenberg , mont de Ste Hélène, que son emplacement a retenu jusqu'à nos jours. Ce monastère obtint en 1488 plusieurs beaux privilèges de l'archevêque Jean II de Trêves; et en 1495 la fondation en fut confirmée par l'Empereur Maximilien I , à la prière du fondateur. EnGn eu 1491 l'archevêque voulant reconnaître les éminents services que son chancelier lui avait rendus lui conféra en fief perpétuel, pour lui et ses héritiers des deux sexes portant son nom, plusieurs grands biens à et près de Trêves.
Ludolphe d'Enschringen mourut riche de mérites et d'honneurs, le 5 mai 1505, et fut inhumé dans le chœur de l'église du monastère de Helencnberg qu'il avait fondé comme nous savons, et où l'on voyait encore sa pierre turoulaire en 1820.
La famille d'Enschringen portait : d'or, à quatre bu relies de gueules, au lion naissant de sable, la queue fourchue, brochant sur le tout. Cimier : un buste de femme ailé.
Aa Ho*Tatia, Biatoria Trerir. diplom. II, 380. 53», 467. 493 et 39t. — Gesta Trcrirarnm, II. not C ; et Annotât., 98.— ». SraAaaaac, Matinii Metropolii Eeclea. Trereric» , I, 904 el 913.— O. CauncT. Catal. dtt aate«ra lamina. — Dcaaea, Edition de l'Eiflia illaatrata, de Sehannat, II, pars ptior, 100, tq j III, pan altéra. §. 9. 338.- Adresi- Kilender de Trêve.. 1844. 806. -Pitaatr, III, au mot Eojchrinçrn.
LUDOVISI, Mathias, ou plutôt Jean- Mathias , est né à Burg-Linster , sur la fin du dix-septième siècle. Ses mérites le firent créer chevalier du Saint-Empire, Patrice romain, Baron de Hongrie , Premier Conseiller actuel de la Chambre aulique des finances de l'Empereur et finalement secrétaire intime de l'Archiduchesse Marie-Elisabeth, Gouvernante générale des Pays-Bas.
Par Patentes du 23 octobre 1734, Jean- Malhias Ludovisi et son frère Pierre Ludovisi obtinrent confirmation de chevalerie de l'ancienne noblesse du Royaume de Hongrie, et de l'adoption du nom et des armes de la Maison d'Orley , avec supports. On sait qu'Orley blasonnait : d'argent, à deux pals de gueules, lesquels Ludovisi écarte la : aux 2 et 3 : d'argent, à cinq burclles d'azur, au lion de gueules, couronné d'or, la queue simple. Cette adoption avait été consacrée par un acte direct du 4 novembre 1724. Depuis, les frères Ludovisi se sont écrits: Ludovisi d'Orley et de Clarenz.
Manuscrit* Clobis. — Uac«»cneca. — J.c»iji», Liite des tftres de nobleaar, etc., 98. — Archives dn Siéga dea nobles de Luiembourg.
LUDWIGH, dit Sentz; deux frères de ce nom , natifs de Bindscheid au cercle administratif de Prum , se sont distingués en Autriche pendant le dix-huitième siècle, sous le Gouvernement de Marie-Thérèse :
l'un fut général, l'autre professeur à l'Université de Vienne. Un troisième frère a été plus tard professeur à Olmutz.
Renseignements administrai fa.
Lcdwin , St. ; v. LUTWIN , Si.
LUSCHEN, Elisabeth, Baronne de, dite Sœur Marguerite, du Tiers-Ordre de St.
dans laquelle elle pouvait voir «or l'autel, entendre les offices religieux et assister à la messe.
Ce fut là qu'elle s'enferma vivante et qu'elle finit ses jours en véritable recluse, ne subsistant que des aumônes que lui apportait une confidente , et qui ne consistaient ordinairement qu'en un peu de pain et d'eau. Elle y mourut en odeur de sainteté, le 21 août 1651, et fut suivant ses désirs , inhumée dans l'église des Récollets. Le gouverneur , la noblesse, le conseil provincial et le magistrat de la ville suivirent sou convoi. Elle a été enterrée devant l'autel de la Conception de la Ste Vierge , et on inscrivit sur sa tombe, qui était de marbre, l'épitaphe qui suit et qui retrace sa vie:
Cv gist le Corps Db la tbbs-vbrtcbusb Demoiselle Ditb SOEUR MARGUERITE Qui étant née d'une illustre famille, mai»
[hérétique], S'est sauvée de la maison paternelle, Et s'est retirée à Luxembourg, Pour pouvoir y professer la Religion Catholique ;
Laquelle ayant pris l'habit du Tiers-Ordre
[de notre
Père S. François , A vécu en Récluse pendant XXVIII. ans, Dans une extrême austérité, Et y est morte en odeur de Sainteté Le XXI. d'Août MDCLI.
François , naquit au château de Stockert dans le Duché de Wurtemberg, le 24 décembre 1592. Son père se nommait \Vblfgang-François, Baron de Luschen et sa mère Polixène, Baronne de Wormbt.
Marguerite était encore jeune lorsqu'elle perdit ses père et mère qui professaient le culte de Luther. Elle fut alors mise sous la tutèle de sa grand'mère qui la fit élever dans la croyance de sa famille. Mais par l'effet d'une disposition intérieure, une véritable vocation à laquelle la jeune fille aima de laisser un libre cours, elle conçut bientôt l'idée d'abjurer le Luthéranisme pour embrasser le Catholicisme.
Cependant, comme elle vivait dans un pays où la dissidence était le seul culte admis, elle résolut d'abandonner le toit paternel et de renoncer à ses grands biens pour se rendre dans une contrée où elle pût exécuter son religieux projet. Elle prit des habits de pèlerin et partit un jour de bon matin , à l'insu de tout le monde. Son départ fut tellement secret que les personnes qu'on envoya à droite et à gauche pour s'enquérir de la route qu'elle avait prise et pour la ramener en cas qu'on la rencontrât, ne purent rien apprendre sur la direction qu'elle avait suivie. Elle arriva ainsi incognito à Anvers, et de là au monastère des Bénédictins d'Einfeld, où elle fit son abjuration.
Cette demeure ne lui ayant pas paru convenable, elle vint à Trêves ; pnis, vers 1617, à Luxembourg, mendiant son pain de porte en porte. Elle y embrassa le Tiers-Ordre de St. François , menant une vie excessivement austère et dans une contemplation presque continuelle. Elle était à Luxembourg depuis six ans environ lorsque, pour accomplir un vœu qu'elle avait fait depuis longtemps, elle entreprit de faire à pied le voyage de Notre-Dame de Lorette. A son retour elle demanda et obtint, afin de pouvoir plus librement vaquer à ses exercices de dévotion, une place dans le portail de l'église des religieuses dites du Saint-Esprit, ordre de Citcaux, où on lui établit une petite cellule
En comparant les dates, on trouvera qu'elle est morte à l'âge de 60 ans et quatre mois moins trois jours ; qu'elle s'est retirée à 32 ans chez les Urbanistes dites du St. Esprit; et que, ayant vécu un peu plus de six ans dans le monde avant sa réclusion , elle doit avoir quitté la maison de ses pères dans sa 26* année environ.
Butiout, VI, 34&, »qq. — Conrersio . vit» et obitns Vencrabili* Sororit Margaritas, reclute Loiemburgi. mb tertia rtgula S. P. N. FrancUci; auert. in folio , k la fiibliolb. de la Société arcbéol. de Luibrg ,
3T 94 \ - Hraur Wiw, Lefcea der golKoligcn Stehweater Margarttha dra driltcn Ordeai dea bl. Pranxiikm , HUaiaeiU im àem kl. Geitt-Kloeter. —
LUTTANGE , Nicolas de, ainsi appelé soit parce qu'il appartenait à la famille noble de ce nom , soit parce qu'il était originaire du village de Luttange qui ressortit de l'arrondissement moderne de Thionville.
La famille noble de ce nom portait:
d'argent, à l'aigle à «ne tète éployée, d'azur.
Nicolas de Luttange vivait à la fin du quatorzième siècle et au commencement du quinzième. Il avait embrassé la vie religieuse a Metz et devint prieur de la maison des Célestins de cette ville où il était entré le 1* octobre 1396. On lui doit une Chronique connue sous le nom de: La grande Chronique des Célestins qui parait-il est perdue, mais dont les auteurs de la grande Histoire de Metz ont amplement profité. Ce manuscrit se composait de trois parties: 1°. Un traité des droits que l'Empereur avait a Metz, et une liste des Maltres-Ecbevins ; 2*. Un journal depuis l'année 1393 jusqu'en 1439, qui fut vraisemblablement celle de la mort de l'auteur ; 3°. Un recueil d'anecdotes, de différentes mains, continué jusqu'en
Lu BtaxMcnai, HUtaire de Meta, I, Prêtât* , IX. — Becia, Biographie de la Hfeeelle, II, K80. — Nanaaaa, Lee aateare luiemboargeoi», 10. — P«ea«T, III.
LUTWIN, ou Ludtoin, Saint, né pendant le septième siècle, en Austrasie, dit la légende, sans désignation plus particulière du lieu, sortait d'une famille trèsconsidérable, puisque les auteurs rapportent qu'il avait été Duc et au service du roi Cbildebert. Il avait épousé une dame d'un rang élevé qui lui donna un fils nommé Mi Ion. Lutwin était en outre neveu de St.- Basin, cinquante -cinquième évoque de Trêves d'après le catalogue du père Brower: Les prélats de ce diocèse ne portaient pas encore alors le titre d'archevêques.
Lorsqu'il fut devenu veuf il construisit un monastère sur ses propres terres près de la Sarre, et s'y retira avec les religieux de Damwillers qu'il y avait appelés parce qu'a DamviUers ils étaient continuellement exposés à être pillés et molestes par des seigneurs voisins qui se faisaient une guerre continuelle. Le monastère de Lutwin fut nommé Mediolacnm , Metloch, au milieu du lac, à cause de sa situation. Le fondateur y vivait depuis un an dans les pratiques de la plus sincère dévotion lorsque St.-Basin, son oncle, abdiqua l'évêché de Trêves en 704, pour se retirer à l'abbaye de St. Mazimin, afin d'y finir ses jours en paix.
Cette retraite ayant rendu le siège de Trêves vacant, Lutwin y fut appelé d'une voix unanime par le clergé et le peuple. Il quitta en conséquence sa chère solitude de Metloch et se chargea, bien qu'à regret disent ses Biographes, de la conduite spirituelle et temporelle du troupeau trévirois. Les Gestes de Trêves ajoutent qu'il fut en même temps évêque de Rheims et de Laon, et qu'il officia pontificalement, un même jour, dans ces trois cathédrales 5 mais cette assertion nous parait au moins hazardée.
Quoiqu'il en soit, Lutwin mourut à Rheims, le 29 septembre 718, après un épiscopat de quatorze ans, et fut ramené à l'abbaye de Metloch par les soins de son fils qui l'y fit inhumer avec les honneurs dûs à son rang et à ses mérites. Du temps de Bertholet son épitaphe y existait encore ; il nous l'a transmise , de même que Brower:
Hit pater insignis LUITWINUS, fens pie-
[taiis,
Cujus in hâc tutnbd requitscuut pignora
[sacra ,
Quondam divitiis dm polleret copiosis, Est faclus Monaehus tnultis post forma fu-
[turus,
Viribus hic lotis frangens incendia carnis, Ârchimanditrœ post hmc pignus subeunte, Urbis Treverica gregis, et sortitus ovile, Pastor agens vitamplenis virtutibus ipsam, Tandem cumpalmd felix migravit ad aslra,
Omnibus effectum tribuent poscentibu$ ip-
[sum,
(Inde preces illi profundite mente fideli. Pesti$ ut assidue procul absit, sospite cive.
Les annales nous dépeignent Lutwin comme un homme excessivement vertueux et plein de piété, mais surtout d'activité à remplir tons les devoirs de l'épiscopat. Sans entreprendre le narré des miracles que Ton rapporte de lui, nous dirons simplement qu'il était constamment occupé à faire tous ses efforts pour faire fleurir la religion, pour décorer et pour doter convenablement les églises, aûn que le culte put être célébré partout avec la majesté qu'il réclame. Lutwin a été inscrit au catalogue des saints.
Annal. Trevir. I. 389 ad 363. paiaim.
M aata. Epitoae Annal. Trrtir., 173, »<jq — BaamoLiT, 1, If. J. 111; et II. 1»S. - D« Ftiui, Dietionn. Listor. lill. L. — Gr»l» Trrtirorum, 1, 70. §q. — y, Siaanacac , Metropolù Eccletiae TrrverScae, 1, 301 , sq. — TaiTtuai» , De Viru illattribo* Ordinls Sancti Benedieli; lib. U. c. 108; et IV, c. 78
LUXEMBOURG , I*A HAISOX RÉdlfANTE.
Des personnes très -respectables nous ayant engagé à donner dans cet ouvrage une Généalogie complète de la Maison régnante, parce que cette généalogie n'a pas encore été convenablement écrite, nous nous sommes rendu à ce désir. Comme cependant nous avions résolu de ne pas répéter la Biographie des Princes régnants, parce quelle se trouve déjà dans l'Histoire générale du Pays; tandis que d'un autre côté , une série de noms placée là sèchement n'aurait offert de l'intérêt qu'à bicu peu de lecteurs, nous avons jugé utile d'ajouter au moins sous la rubrique de chacun de nos dynastes quelques considérations sommaires sur l'étal politique de la Patrie aux différentes époques historiques.
Sous un second paragraphe nous comprendrons la Biographie des cadets de notre Maison régnante qui se sont rendus recomraandables ; et nous renverrons enfin a l'Appendice ceux des personnages de la
branche dite de Luxembourg-Ligny et de St. Pol, dont le manuscrit des Viri illustres a fait mention.
LUXEMBOURG, LA MAISON comtale, puis ducale, royale et finalement impériale de, descendait de celle d'Ardenne. Tous les auteurs s'accordent en effet à admettre que Sigefroy, qui fut la souche des dynastes de Luxembourg, était fils de Ricuin , duc de Moscllane, prince d'Ardenne et comte palatin : Quelques-uns ajoutent même que Sigefroy fut également comte palatin.
Cependant le plus grand nombre des historiens s'est borné là , négligeant de poursuivre l'ascendance de celte puissante race ; parce que, disent-ils, ces recherches ne pourraient mener à aucun résultat positivement établi : comme si l'origine de la plupart des maisons nobles, même entre les plus puissantes , n'était généralement assise sur des données non positivement prouvées , à cause du vague dans lequel nous ont laisses les premiers siècles qui suivirent la décadence de l'empire romain.
Quant à la généalogie de la Maison de Luxembourg entr'autres, le Jésuite Bcrtholct a même cherché à tourner en ridicule les tentatives laboureuses que le Père Bertels, son dévancier comme historien du Pays avait faites pour arriver à une souche aussi reculée que possible. Mais personne n'ignore plus aujourd'hui que si ce Jésuite s'est arrêté court au père du premier Seigneur de Luxembourg, son ouvrage n'en est pas devenu plus estimable pour cela, puisque, pour exprimer nettement la pensée de tous les connaisseurs, il ressemble aussi peu à une histoire particulière d'un petit pays , écrite avec la méthode rigoureusement exigée pour un travail de cette nature, qu'un carré né ressemble à un cercle.
Bertels il est vrai , a péché assez souvent par bonhomie dans les déductions qu'il a voulu tirer de certains faits ou de la similitude plus ou moins éloignée entre les noms de quelques localités avec ceux
de divinités paycnncs qu'il voulait voir partout; mais ù part ces erreurs de pure appréciation , les faits qu'il a rapportes ont tous été puisés à des sources qu'il devait regarder comme authentiques ou au moins comme très-respectables , puisqu'il les avait prises dans les anciens mémoires des archives de son abbaye d'Echternach et dans celles d'autres maisons religieuses, de même que dans les chroniques les plus contemporaines et que l'on commeuce seulement de nos jours à apprécier à leur juste valeur. Ainsi par exemple , pour ne parler que de la généalogie ascendante de Ricuin, il Ta extraite du Liber aureut <t Echternach , manuscrit précieux écrit par le moine Théodoric pendant le douzième siècle, et dont nous possédons une copie , écriture du XV* siècle sur parchemin, en un petit volume in folio.
Cette œuvre , rédigée pour prouver l'indépendance de ce monastère et destinée à être présentée à l'Empereur Henri VI comme une preuve pereraploire de celte exemption , avait été composée sur les Chartres et les titres manuscrits originaux : les faits qui y sont consignés devaient donc être admis comme positifs; et il nous semble qu'ils le sont en effet bien que les circonstances sous lesquelles ils y sont représentés , diffèrent très-souvent de la manière de voir sous laquelle les historiens postérieurs les ont considérés.
Ainsi , la généalogie donnée par Bertels et qui commence à Marcomer-le-grand, est Fidèlement extraite du Liber aurens qui la continue jusqu'à Pépin et Plutrude, fondateurs d'Echtcrnach ou au moins de son monastère. Il n'y avait dès lors pas là matière pour Bertholet à tourner son devancier en ridicule et à dire que le contenu de l'œuvre de Berteis n'est qu'un tissu de fables , et ce d'autant moins que tous les personnages dont celte descendance se compose sont exactement et personnellement connus par leurs qualités , leur extraction , leurs alliances et leur filiation ; il ne s'agissait donc que de les relier les uns aux autres.
Dan3 cette partie de son ouvrage , Berteis a trouvé l'occasion de rapporter l'origine des familles les plus puissantes du pays à la souche régnante commune , de façon que d'un coup d'oeil on peut en poursuivre la succession entière ; et en ceci , d'après les preuves unanimes tant des archives de ces familles mêmes que le sentiment de tous les généalogistes, ses sources ont été de la dernière exactitude ; pourquoi donc celles qui lui ont appris la généalogie de la maison-souche ne l'aurai en t-el les pas été ou l'auraicot-elles été moins ?
D'un autre côté, les générations princières depuis Pépin d'Hcrstal, où le Liber aureus termine ses données, jusqu'à Ricuin, ne sont ni si nombreuses ni si obscurément conservées pour que les archives qu'il avait à sa disposition cùsscnt nécessairement dû l'induire en erreur.
Arrivé à Ricuin , les mêmes Chroniques ainsi que les Chartres devaient le guider ; et il les a mises soigneusement à profit : mais il était le premier qui se fût occupé à réunir en une seule suite ou série généalogique les personnages dont il rencontrait la mention dans ces monuments historiques ; et il n'a pas pu consulter tous les actes ; de sorte qu'il a laissé des lacunes ; et de ces lacunes mêmes il a dû résulter parfois de fausses appréciations , des erreurs, nous le confessons franchement : mais pour les plus anciens comtes seulement. C'est là le seul reproche qu'on puisse lui faire , reproche qui cependant ne doit pas lui être imputé à péché ; car s'il n'avait pas écrit , ses successeurs n'auraient pas pu faire mieux que lui en complétant ses omissions : d'ailleurs comme lui , ses successeurs , même entre les plus graves, n'ont pas tous réussi à établir ces lignées généalogiques sans erreur aucune.
Après ce préambule que nous avons jugé nécessaire , nous entamerons directement la matière que nous nous sommes proposé de traiter dans cet article , à savoir : nous établirons la généalogie entière de la Maison régnante de Luxembourg ,
qu'avec Bertels nous irons prendre à son plus ancien berceau connu, à Marcomirle-grand, pour la continuer dans la Maison impériale d'Autriche jusqu'en 1795.
Cette continuation indiquera incidemment le motif le plus apparent pour lequel le peuple luxembourgeois , qui fut toujours très-attaché a ses souverains légitimes , a si sincèrement aimé ses princes miuicoiciis •
Dans ce travail qui ne sera pas déplacé dans la Biographie luxembourgeoise, nous établirons la généalogie de notre maison régnante , non en copiant aveuglement l'un ou l'autre de nos historien» , mais en allant puiser aux sources mêmes pour chacun des personnages qui y seront dénommés. Nous n'adepterons en un mot ni le système de Bertholet, que la plupart de ses successeurs ont suivi aveuglément, ni les allégations quelquefois non assez fondées de Bertels. Nous n'aurons aucun système à nous , parceque nous ne nous laisserons guider que par les titres et les preuves les plus irréfragables.
D'un autre côté et tout d'abord, sans nous occuper de l'époque de l'origine des
ARMOIRIES OU ARMES DE FAMILLE , que les
Maisons princières comme les simples nobles adoptèrent comme signes distinctifs ou pour marques d'honneur , nous dirons que Walram le jeune , duc de Limboorg et second époux de la grande Ermbsindb de Luxembourg , dota vers 1214 le Pays de l'écusson qu'il a conservé jusqu'à nos jours. Ces armes sont celles de l'ancien Duché de Limbourg avec addition d'une brisure , pour marquer que Walram était fils puîné.
Le Limbourg franc ou aîné porte : d* argent, au lion de gueules, couronné, armé et lampatsé d'or, la queue fourchue, passée tn sautoir.
En introduisant cet écu dans le Luxembourg , Walram y a ajouté une brisure, avons-nous dit; èt cette brisure consiste en cinq burelles ou barres horizontales d'azur, en laissant le lion brocher sur le tout.
Ainsi , la partie supérieure db même