‹ Biographie LuxembourgeoiseChapitre 23 sur 98 · QUE LA P01NTB DB L'ÉCUSSON D'ARGENT SON · texte numérisé non relu

QUE LA P01NTB DB L'ÉCUSSON D'ARGENT SON

conservées nues ou d'abgbnt. En effet, d'après une règle constante de l'art héraldique, la brisure ou l'addition d'un meuble quelconque doit conserver à l'ecu son émail primitif entier ; c'est-à-dire que, après cette ajoute comme avant, tout le monde doit absolument reconnaître la couleur originaire de cet écusson.

Ceci posé, en adoptant les cinq burelles d'azur pour les ajouter à l'ecu d'argent, Walram a dû comme nous l'avoos dit, disposer ces barres horizontales de manière a conserver l'espace supérieur ET la pointe libres ou d'argent, et constituer ainsi sur cet écu en tout onze bandes alternant , en commençant en haut par une bande d'argent, puis une d'azur, puis une d'argent; et ainsi de suite, pour avoir au bas, à la pointe et pour la dernière une barde ou une espèce de triangle irrégulièrement formé, D'ARGENT comme la bardb supéribube ou la première.

Aou* avons été engagé à consigner ici cette remarque extrêmement importante, parce que dans la confection des cachets dont les différentes branches <f administration du Pays se servent actuellement pour sceaux et pour timbres, cette rÈglb de

NÉCESSITÉ ABSOLUE n'a PAS ÉTÉ OBSERVÉE

sur tous, les uns étant régulièrement gravés,

en PRÉSENTANT LA POINTE BLANCHE, LES

autres ayant la cinquième burelle d'azur ou bleue placée tout à la pointe, qui, cette dernière est dès lors bleue, non blanche. En un mot, il n'y a pas d'uniformité dans cette gravure, comme si l'art était encore à sa naissance.

Les armoiries formant un vrai langage, doivent nécessairement être tracées avec la dernière exactitude, comme les mots doivent l'être d'après les règles de l'orthographe si l'écrivain ne veut se rendre ridicule ou passer pour un ignare. Les armoiries sont en un mot en peinture les noms des familles qui les portent; et a cause du grand nombre de familles de ce genre on ne peut pas prendre trop de précautions pour tracer ces noms en caractères

chevaleresques avec la dernière exactitude; le moindre trait dévié, ajouté ou omis pouvant occasionner un méprise, mais au moins un ridicule.

Ces préliminaires posés, nous commencerons notre travail généalogique.

A. Maison d'Ardbnnb.

Gi*t*M«IB tlUUI PAU L'Alti ButtU, Ml LM M*W»-

cut» uam m Ma Miurtu.

Marcomir le grand eut pour fils Phakamond duc de la Franconie orientale et premier roi des Francs en 420. Il avait épousé Argotte fille du roi des Cimbres et mourut en 427.

Il laissa trois fils : Clodion le chevelu, Franeion et Marcomir II. Les actes de ces deux derniers nous sont restés inconnus.

Clodion , surnommé le chevelu à cause de sa longue chevelure, devint à son tour roi des Francs et épousa Basine fille de YVidelphe, duc de Thuringe; d'où naquirent :

Phriso, mort jeune d'un coup de flèche; Albbron qui suit ; Reginald et Ranchère. Nous n'avons aucune notion sur ces deux derniers.

Clodion le chevelu eut aussi Mérove'e qui naquit d'une concubine. Ce prince qui, paraît-il , était plus âgé que les fils légitimes , fut nommé tuteur de ces derniers dès la mort du père ; mais il réussit ensuite à Tes supplanter et à s'emparer du trône en se faisant déclarer roi des Francs. Il avait épousé la fille d'un roi de Bourgogne et mourut en 468. Son fils Childeric et son petit-fils Clovis furent successivement proclamés rois des Francs. Clovis épousa une nièce de Gundebold, roi de Bourgogne, laquelle le rendit père de Clodomir qui fut roi d'Arles ; de Clotaire, roi de Soissons et de Childebert, roi de l'Ile de France. L'ainé et le plus jeune de ces trois princes moururent sans hoirs. Clovis eut aussi un fils naturel qu'on nomma Thierry et qui devint roi d'Austrasic ou de Metz, duc, de la Lorraine-inférieure et

marquis du Saint-Empire. Nous ne connaissons pas le nom de son épouse qui lui donna Théodebert, mort sans hoirs, et Clo tilde qui fut mariée à Charles, duc de la Hesbaie ou de Tongres. Quant à Clotaire, roi de Soissons dont il a été question, il eut un fils, Dagobert qui devint roi de France , et Blitilde épouse d'Ansbert lequel de sénateur romain était devenu marquis du Saint-Empire sur l'Escaut. Du chef de sa femme, Ansbert fut reconnu duc ou prince de Meseilane. Nous reviendrons à ce prince qui était petit-fils d'Albéron qui va nous occuper.

Nous retournons à la lignée légitime en la reprenant là où nous l'avions abandonnée :

Albéron ou Acbbron, fils de Clodion le chevelu, devint seigneur d'Ardenne. 11 épousa Argotte fille de Théodoric roi des Goths, dont il eut Wadbert et quatre autres fils. Ces derniers moururent jeunes.

Wadbert épousa Lucille , fille de l'Empereur Zénon et mourut en 528, père d' Ansbert et de Waubbrt II qui furent l'un et l'autre créés sénateurs romains. Waubert II, le cadet, fut duc d'Ardenne et du Hainaut en 520. Il épousa Clotilde fille d'Amalric , roi d'Italie qui lui donna Waubert III et Brunulphe. Ce dernier devint comte du Cambresis et eut un fils nommé Brunulphe II. Celui-ci, sur lequel nous n'avons aucune particularité, fut à son tour père de Rodulphe qui mourut sans postérité après avoir hérité de sa cousine Waudru la principauté d'Ardenne, et de sa femme, nommée Agye, celle du Hainaut.

Waubert III, l'aîné des fils de Waubert II, fut duc d'Ardenne et du Hainaut après son frère. Le nom de son épouse nous est resté inconnu. Il en eut deux fils, Waubert IV et Brunulphe, ce dernier mort sans postérité, peut-être même sans alliance. Waubert IV au contraire devint père de Waubert V qui épousa une fille du roi de Thuringe qui lui donna Ste.-Aldegonde, fondatrice du monastère de Molbod en Hainaut, où elle entra en religion ; et Waudru, princesse d'Ardenne et comtesse du Hainaut, qui fut mariée à Maldegarde roi de

Hollande, d'où deux fils et au ta ut de filles, qui tous quatre entrèrent en religion.

Nous revenons à Ansbbrt , l'aîné des deux fils de Waubert 1. Nous avons vu qu'il fut créé sénateur romain avec son frère Waubert II. Plus tard il obtint le marquisat du Saint-Empire sur l'Escaut et enfin le duché ou la principauté de Mosellane , pays qui comprenait tout le territoire qui s'étend depuis Metz jusqu'à Cologne , ainsi également U Luxembourg.

11 épousa comme nous l'avons vu , Blitilde fille de Clotaire roi de Soissons, qui lui donna Anchisb ou Arnoul , qui va suivre, Fériolde, qui fut évoque de Maastricht; Mederic, évéque d'Auxerre ; Clodulphe , mort sans postérité; et Tarsile, religieux béatifié.

Ancuise ou Arnoul, sumomuté Boggisk, l'ainé des enfants d'Ansbert, succéda à son père au marquisat du Saint- Empire sur l'Escaut. U épousa Odu fille de Guizon duc de Souabe, d'où naquirent : Arnoul ; Modoalde qui fut archevêque de Trêves; Wandelin, moine sanctifié; Ste.

Affre\ Sévère, abbesse a Trêves; Ode sur laquelle nous n'avons aucune particularité et finalement Guize , qui fut unie à Gerwin, duc de Lotharingie.

Arnoul, l'ainé, succéda à son père et épousa Doda, fille de Wiber comte de Boulogne, qui le rendit père de trois Gis, Clodulphe; Anchise II; et Walchise. Plus tard Arnoul se fit Ermite , puis devint évêque de Metz et enfin redevint ermite après avoir abdiqué son évêché. Il mourut en 604 et fut inscrit au catalogue des Saints: sa femme s'était volontairement séparée de lui lorsqu'il embrassa la vie érémitique et était entrée en religion à Trêves.

Quant à ses fils, Walchise, le plus jeune fut sénéchal et comte de Verdun.

Il devint père de Ste. Vaudru.

Anchise II, le puîné, devint marquis du St. Empire, dnc de Tongres et de Brabant après l'abdication de son frère aîné, comme nous le verrons. U avait épousé Begge, fille de Pépin I ou le Gros,

d'où naquit Pépin , dit de Herstal , duc de Brabant, marquis du Saint-Empire, comte de Namur et majordome. Celui-ci épousa à son tour Pleclrude qui lui donna Drogon, et Grimoalde mort avant son père, après avoir été marié à une fille de Radbode duc de Frise. — Outre ces deux fils légitimes Pépin d'Herstal en eut deux autres d'une concubine nommée Alpaïde :

Carloman le puiné, qui se fit religieux, et Charles, surnommé Martel qui fut administrateur du royaume d'Auslrasie , ensuite salué roi. Il épousa Gallrude , d'où Carloman roi d'Auslrasie et de Suabe, ainsi que Pépin, roi de Bourgogne et d'une partie de la France.

Quant à Drogon, le fils aîné de Pépin d'Herstal et de Pleclrude, il fut comte de Champagne et majordome du roi de France; il mourut aussi avant son père. Son épouse, nommée Thiébaulde lui avait donné un fils , Thibaut qui devint duc de Brabant et comte de Champagne.

Revenons à Clodulphe , fils aîné d'Arnotil et de Doda, comtesse de Boulogne.

Clodulphe devint duc de Mosellane, 1" duc des Allemands et comte palatin.

Il fut tué par Ebroïn maire du palais de Ncustrie, et avait épousé Amalberte, fille de Carloman duc de Brabant. De cette union sortirent: Martin, l'ainé; Basin qui devint archevêque de Trêves et fut inhumé a St. Maximin où il s'était retiré après avoir abdiqué son évéché; Arnoul comte de Toulouse; et Agnoralde comte du Chaumontois.

Martin qui vient d'être nommé hérita des terres de son père. Il s'était marié à Béatrix fille unique et héritière de llidulphe duc d'Ardenne , lequel était lits à sou tour de Brunulphe III qui avait hérité de ce duché de Rodulphe dont il a été parlé et qui avait épousé Ste. Agye (v. plus haut). Martin laissa de son alliance : Eleuthèrb et Lambert.

Eleuthbre , l'aîné, succéda au père en qualité de duc de Mosellane et d'Ardenne, ainsi qu'en celle de comte palatin. Il avait épousé Béatrix fille de Sigisbert comte

de Habsbourg et héritière de la Hesbaye, laquelle dernière entra par la dans les domaines de la maison d'Ardenne. Eleutbère mourut sans enfants et sa veuve se fit religieuse-ermite à St.-Vendelin. Lambert, fils puîné de Clodalphe et de Béatrix succéda an patrimoine de sa famille après le décès de son frère aîné. Il fut ainsi dnc de Mosellane, prince d'Ardenne ainsi que comte palatin et de Hesbaye. Il épousa Marie fille du comte de Boulogne, et, sur la fin de ses jours il se fit moine a McUoch. Quatre fils étaient nés de son mariage : Lothaire, l'aîné; Adelrede le puîné, qui fut duc de Boulogne et devint père d'Eritengolde; Valeand, le 3* ou selon d'autres, le 4' évoque de Liège depuis que ce siège avait été transféré dans celte ville; et Widot gouverneur de la Gueldre.

Lothaibb, le fils ainé de Lambert et de Marie comtesse de Boulogne, hérita des biens de son père, fut duc de Mosellane et prince d'Ardenne. Il mourut en 778 et fut inhumé à Metloch. Il avait épousé Térence fille d'Astolphe roi des Lombards, qui l'avait rendu père de Frédéric et d'Hermengarde, laquelle fut mariée à Henri comte de Salm.

Fbbdéric devint duc de Mosellane, prince d'Ardenne et comte palatin . Il épousa 1* Félicité fille de Henri, comte de Salm, sa nièce, laquelle mourut sans enfants; 2° Anne fille du roi de Bretagne qui lui donna: Sadigbb; Ethico archidiacre de Trêves ; et Elisabeth mariée a un comte de Zehringen.

Sadiger succéda au patrimoine de ses pères et épousa Mathilde, fille d'Ethico comte de Hainaut, dont naquit : Régnier qui fut après son père duc de Mosellane, prince d'Ardenne et comte palatin. Ermengarde, fille de Lothaire I lui donna: Gislebert, premier gouverneur de la Lotharingie et seigneur de Jupille, en 916, lequel avait épousé Gerberge fille de l'empereur Henri surnommé l'Oiseleur ; Riccin, qui suivra; Otton comte du Chaumontoisj Théodoric duc d'Alsace; Vigebert moine; et Lothaire archidiacre de Liège.

Ricoin, fils putné de Régnier et d'Ermengarde fut la souche commune de la maison de Luxembourg qui, dans la personne d'un des fils de ce seigneur se constitua en lignée propre et indépendante; de celle de Chiny que forma une fille ; enfin de celles de Bouillon , de Bar , d'Arlon, etc. Ricuin était duc de Mosellane, comte d'Ardenne, de Verdun, de Bouillon et de Hesbaye, ainsi que seigneur d'un fief dit Guerrium que les auteurs interprètent par Kœrich. Il avait épousé Mathilde fille d'Evrard duc de Franconie et de Worms et mourut en 945, père de Gode froid, surnommé le Barbu comte d'Ardenne, de Bouillon et de Verdun, d'où la branche dite des ducs de Bouillon ; Otton, duc de Mosellane qui épousa Hélène fille de Herman comte de Barobergel de Souabe, d'oh sortit plus tard la maison de Bar; Sigefbot , première souche des seigneurs, ensuite comtes, puis ducs de Luxembourg, vers lesquels nous reviendrons; Falco, marquis du Saint-Empire sur l'Escaut ; Bonne, ou Gutte épouse de Charles fils du roi de France ; enfin Mathilde, la pins jeune, de laquelle les comtes de Chiny tirèrent leur origine. Cette dernière princesse fut unie à Arnoux de Granson (v. l'art. Chiny, Arnoux de Granson, CM de), et obtint en dot la terre de Chiny dont ces époux et leur postérité adoptèrent et retinrent le nom.

Nous ne continuerons ici que la généalogie directe de la maison de Luxembourg à laquelle cet article est consacré.

B. Maison db Lcxemboubg

proprement dite.

I. Sigeproy, troisième fils de Ricuin d'Ardenne et de Mathilde de Franconie est rappelé comme suit dans le manuscrit desViri illustres: «Sigcfridusprimus cornes « Lucelburgensis orsus suum coinitalum a ft pia advocatia seu patriocinio abbatiarum «et monasteriorum sancti Maximini ad « Treviros et Sancti Willibrordi Epternaci « quorum fundationes auxit pater ioclylus « Sancta? Cunegundis Imperatricis sepultus

« Treviros la Saoclo Maximino. » (III, N° 176.)

Sigefroy obtint pour patrimoine les domaines dont s'est plus tard composé le noyau du Pays de Luxembourg. Il se disait seigneur de Guerrium , qu'on a dans la suite voulu retrouver dans le vocable moderne de Kœricb, et prenait titre de comte, qui semble avoir, vers ce temps, commencé à être porté de père en fils dans sa race, sans toutefois qu'il fût applicable à un domaine quelconque, puisque les grands fiels n'étaient pas encore absolument héréditaires pendant le dixième siècle. Il se disait en effet : Cornes Sigefridus, de nobili génère natus.

Sigefroy échangea en 963 avec Wiker, abbé de St.-Maximin, la terre de Viulna ou Feulen contre les ruines du castel gallo-romain de Lucilinburhut qu'il fit réparer et dans lequel il fixa sa résidence. Bientôt après des habitations furent élevées autour du manoir et ce fut là l'origine de la ville actuelle de Luxembourg. 11 avait épousé Hedwige fille d'Euslache de St.

Pol et de Gaines et mourut vers 998.

Sa femme le suivit environ deux ans après dans la tombe. Us ont été inhumés dans l'église du monastère de St. Maximin près de Trêves dont Sigefroy avait été l'avoué ou protecteur.

Une nombreuse famille naquit de son mariage :

a) Henri, dit le vieux (I'r dans la généalogie), pour le distinguer de son neveu qui portait le même nom, paraît avoir été l'ainé. Dans le partage de la succession paternelle il obtint le comté d'Arlon avec l'ad vocatie de St.-Maximin et d'Ecbternacb. Plus tard il fut nommé duc de Bavière par l'empereur Henri IV. Ce seigneur avait épousé Adélaïde, sœur d'Albert qui constitua la maison de Lorraine. Il mourut en 1027 et fut inhumé à Osterhoven. Son fils, nommé Henri comme lui, est décédé en 1032 et repose à Trêves.

b) Sigefroy II , que quelques auteurs ont confondu avec son père tandis que d'autres en ont fait un second seigneur de

Luxembourg, est mort célibataire, en 993 et avant son père.

c) Adalbéron I , qui obtint les ordres et devint prévôt de la collégiale de St. Paulin, à Trêves (v. son article : Luxembourg, Adalbéron de, Prév. de St. P.). Il est mort en 1037.

d) Théodoric I, fut évéque de Metz (v. son article : Luxembourg, Thierry de, év. de M.). Il mourut en 1046.

e) Frédéric (I* dans la généalogie), qui suivra.

f) Giselbert fut comte de la Mosellane et mourut en 1005, d'une blessure qu'il reçut pendant une révolte à Pavie. Nous n'avons pas découvert le nom de son épouse qui Ini avait donné Conrad, comte d'Arlon après son oncle Henri I qui précède, et mort vers 1040. Ce seigneur constitua à proprement parier la lignée directe des comtes d'Arlon , puisque son fils, Walram I qui avait épousé Adélaïde fille de Théodoric duc de Lorraine, hérita ce comté et le transmit d'abord à sa postérité, à Fulcon son fils aîné, qui mourut sans hoirs, puis à Walram H, qui de Jutte ou Judith de Luxembourg, fille de Frédéric II, puîné de ce nom, n'eut qu'une fille, Adèle, laquelle le transporta a son époux Henri II duc de Li m bourg. Après ceux-ci, Walram leur fils puîné en fut gratifié par son père, avec le titre de marquisat, à l'occasion de son mariage avec la grande Ermesinde, comtesse de Luxembourg dont il devint le second mari , comme nous le verrons en son lieu.

g) Cunégonde, la sainte, qui fut, en l'année 1002, l'épouse du Saint Empereur Henri IV (v. l'article: Luxembourg, Cunégonde de).

h) Ludgarde, qui vivait encore en 1040 et fut la femme d'Arnoul comte de Hollande.

i) Eve, morte vers 1040, épouse de Gérard comte d'Alsace, auquel elle donna un fils, Sigefroy, qui fut tué en 1017 à la bataille que son père livra à Godefroid duc de la Basse-Lorraine.

j) Abenze qui figure sous la même an-

née 1040 dans nne chartre de l'abbaye de Goree et fut la première abbesse de Cauflungen, monastère fondé par sa sœur l'impératrice Cunégonde.

II. Nous avons dit quo Frédéric, quatrième fiU du comte Sigefroy succéda à son père dans la possession de la terre de Luxembourg dont il fut le deuxième seigneur. Il mourut en 1019. Il avait épousé la fille d'une princesse appelée Ermenlrude, que presque tous les historiens, depuis Bertholet, nomment Berthe de Gueldre.

Leur postérité se composait de cinq (ils et de quatre filles:

a) Henri, dit le jeune (II dans la généalogie), pour le distinguer de son oncle, obtint l'advocatie de St. Maxiniin et d'Echternach. Il devint également duc de Bavière en 1042 et mourut le 14 octobre 1047. Il a été inhumé à Trêves.

b) Frédéric (II dans la généalogie) était duc de Lotharingie en 1046 et mourut en 1065. Il a été marié deux fois: en premières noces a Gerberge fille d'Eus tache comte de Bouillon et de Mathilde de Louvain; en secondes à Baclindis ou Reginlinde. Jutte ou Ermesinde , née de Tune de ces deux épouses, mais très-vraisemblablement de la première , fut mariée à Walram II, comte d'Arlon, comme nous Pavons déjà dit; Sigefroy et Gisebert moururent jeunes, et Henri, son Gis aîné devint archevêque de Liège (v. son art.).

c) Giselbert ou Gilbbrt , qui suivra.

d) Adalbéron II fut évêque de Metz (v. Luxembourg, Adalbéron de, év. de M.).

e) Théodoric, qui florissait en 1035, mais sur le compte duquel l'Histoire se tait.

f) Ogine ou Ogive, aussi nommée Cunégonde, mourut en 1030. Elle avait plus de cinquante ans d'Age lorsqu'elle donna à son mari, Baudouin-Ie-bel ou le barbu, quatrième comte de Flandre de ce nom, un fils qui fut Baudouin V.

g) Jutte, Judith ou Irmentrude, devint par son mariage avec Guelfe, comte de

Souabe, l'aïeule de cette maison illustre dont le nom , uni à celui des Gibelins, domine l'Histoire de l'Allemagne et de l'Italie au moyen-Age.

h) G i selle mourut dans le célibat, en

i) Oda fut abbesse de St. Rémy , à Lunéville et mourut en 1072.

j) Sigebert, cité par Kremer, fut suivant cet auteur la souche de la maison de Sarbrucken.

III. Giselbbrt ou Gilbert , troisième fils du comte Frédéric , seigneur de Luxembourg , hérita de cette terre et mourut le 15 août 1057. Nous ne savons pas le nom de son épouse qui lui donna :

a) Conrad I, qui suivra.

b) Herman, dit de Luxembourg (v.

Salm, Henri, comte de), fut la souche des comtes de Salm en Ardenne de la maison de Luxembourg, et par sa petitefille , Sophie , de celle des comtes de Hollande. Elu roi des Romains en 1081 il abdiqua cette dignité sept ans après et mourut en 1088. 11 avait éponsé Adèle ou Adélaïde fille d'Otton d'Orlamunde, Marquis de Misnie; d'où naquirent les dynastes de Salm que nous ne suivrons pas dans leur descendance.

c) Henri (III dans la généalogie), est cité sous Tannée 1066 dans une chartre de Tbéoduin évêque de Liège.

d) Une fille sur le sort de laquelle nous n'avons aucune particularité.

IV. Conrad I fils aîné de Giselbert succéda à celui-ci dans la possession de la terre de Luxembourg. Le manuscrit des Viri illustres fait de lui la mention suivante : « 1057. Conradus Cornes Luxem- « burgensis fundavit Monasterium B. Maris « Virginia Lttcelburgi in loco inquit in quo «nufii antè nos patres adoraverunt, mor- «tuus in reditu de terrA sanctA ac de « Sepulchro Domini sepultus in cripta Sti. « Pétri ab se inchoata. » (III, N° 177). — La chartre de fondation même, dit: in monte hoc, ubi nullut Patrum meorum prius adoravit.

Ce prince fut le premier de nos dynastes

qui prit la qualification de Comte de Luxembourg, en appliquant ce titre à cette terre, apparemment parce que sous son gouvernement les flefs étaient devenus héréditaires dans les familles qui les détenaient : De cette époque en effet date généralement la coutume d'adopter pour sien le nom des terres qui n'avaient primitivement été possédées qu'à titre précaire, comme récompense personnelle pour services rendus, ou bien par l'effet d'une faveur individuelle.

Conrad I, comte de Luxembourg, fonda en 1083, comme nous savons, l'abbaye de Notre-Dame dite Munster et mourut le 8 ou le 27 août 1086. Il a été enterré dans la crypte de l'église de cette abbaye. Clémence ou Ermesinde, comtesse de Loogwy, qui lui survécut , lui avait donné cinq fils et deux filles:

a) Guillaume , qui suit.

b) Henri, IV* du nom dans la généalogie. En sa qualité d'avoué de l'abbaye d'Echternach il a fait expédier en l'année 1095 une chartre par laquelle il réglait les droits de cette avouerie. Cette chartre est devenue célèbre en quelque façon par la déduction qu'on a voulu en tirer que ce Henri aurait été comte régnant de Luxembourg. Mais nous pensons avoir démontré dans un mémoire dont le titre est cité parmi nos sources au bas du présent article, que le document en question ne peut en aucune façon être regardé comme un acte d'autorité souveraine ; que partant, Henri dont il est ici question, ne doit pas, pour ce seul motif, qui cependant est la preuve unique qu'on a rapportée pour appuyer le fait avancé, que ce Henri, disons-nous, ne doit pas être rangé parmi les dynastes luxembourgeois. Répétons subsidiairement que nous avons jugé nécessaire d'administrer les preuves que nous avons produites à cet égard , parce que même les graves auteurs de «l'Art de vérifier les dates » s'étaient laissés circonvenir sur cette question. — Ce Henri n'a été qu'un personnage à existence éphémère , non marqué dans l'Histoire.

c) Conrad, (II dans U suite généalogique) n'est mentionné que sur l'inscription trouvée pendant le seizième siècle dans le tombeau de son père.

d) Adalbéron, (111 dans la généalogie) archidiacre de l'église de Metz , et qui fut tué au siège d'Antioche , en 1119 (v. l'article: Luxembourg, Adalbéron de, archid.

de M.)

e) Ermesinde , I** dans la généalogie, vivait encore en 1167. Elle est morte le 28 juin , nous ne savons en quelle année. Cette dame qui avait été mariée en premières noces à Albert comte de Dasbonrg mort vers 1101 et en secondes à Godefroid comte de Namnr , devint mère de deux fils et de trois filles. L'aîné des fils, Hemii doit être rappelé ici , parce qu'il constitua la seconde branche de la maison régnante de Luxembourg après le décès sans postérité de son cousin Conrad II, comme comte de Luxembourg, et III dans la généalogie générale de sa famille. Nous reviendrons à ce Henri.

f) Matkilde, (II* du nom dans la généalogie) obtint en partage le castel de Loogwy lorsqu'elle fut unie à un seigneur de Hombourg et de Castres.

V. Guillaume, l'aîné des enfants de Conrad I , comte de Luxembourg, succéda à son père en l'année 1086. L'auteur du manuscrit des Yiri illustres fait mention de ce seigneur dans les termes suivants : « 1086. Guilbelmus Cornes Lucelburgen- « sis devicit Reinaldum Comitem Barren- « sem et ab eo recuperavit comitatum ver- » dunensem suo episcopo, sibi post ab eo « concessum supremus Dux erercitus Hen- « rici IV. Caesaris in Italh) ». (I , N° 127). Et plus loin, dans la section des Claripace^ le même auteur ajoute: «Wilhelmus Co- « mes Lucelburgensis Conradi filius , lau- «datus inter claros bello, criptœ isti a c< pâtre xdificala? — vid. Conrad, qui pree- « cedit — supercdificavit Basilicam Mariait nam ipse juxta patrem in cripta sepul- « tus ». (III, N* 178).

Le comte Guillaume avait épousé , d'après Bertels etVignier, Mathilde fille de

Frédéric l'aveugle duc de Souabe. Il mourut en 1 128 laissant un fils unique qui suit et qui lui succéda dans le comté de Luxembourg , sous le nom de :

VI. Conrad, II dans la série des dynastes, et III* dans la suite généalogique. Il prit les rênes du gouvernement en 1 136. Il avait épousé Giselle de Lorraine qui vécut jusqu'en 1155. Comme ces époux ne laissèrent aucune postérité la couronne comtale du Luxembourg échut à leur plus proche héritier, Henri, qui fut dans la suite surnommé f aveugle et qui était fils de la tante du dernier comte , Ermesinde, épouse de Godefroid comte de Namur, dont il a été parlé plus haut. Le Luxembourg fut donc régi depuis cette époque par

c) La Maison de Llxexbourg-Namur.

Un point historique qui n'est pas encore débrouillé , consisterait à savoir si le décès de la comtesse Ermesinde I , dont on ue connaît pas la date , a précédé celui de son neveu Conrad II , comte de Luxembourg , et partant si cette dame a ou n'a pas pu prendre en main le gouvernement de ce dernier pays ; ou bien, si son mari, le comte Godefroid de Namur qui a survécu de trois ans environ à ce neveu, n'y a pas régné avant son fils Henri ?

De Marne dit bien qu'Ermesinde mourut après son mari décédé en 1 1 39 , après avoir l'un et l'autre abdiqué en 1 138 leur autorité pour se retirer dans des monastères; d'où il résulterait positivement que Godefroid et Ermesinde ont vécu encore et régné dans le monde après la mort de Conrad II, comte de Luxembourg. Mais ont-ils pris part au gouvernement du Luxembourg conjointement avec leur fils Henri , ou bien l'ont-ils exercé seuls pendant les deux ans qui s'écoulèrent depuis l'ouverture de la succession de Conrad H jusqu'à leur retraite? C'est ce qu'il ne nous est pas donné d'établir d'une manière positive. Toujours est-il vrai que pendant ces deux ans nous n'avons trouvé à consigner aucun fait parti-

culier à notre Pays et auquel Godefroid ou Ermesinde aurait pris une part directe ; comme aussi Henri leur fils ne parait lui-même pas dans nos annales pendant ce laps de temps. En présence de cette absence de preuves la négative devient possible aussi bien que l'affirmative , à moins qu'on ne veuille appliquer à la circonstance la loi de l'exclusion la plus absolue des femmes dans le gouvernement du Luxembourg. Mais encore alors on pourrait objecter que cet héritage en tombant entre les mains d'Ermesiode ne passait pas directement à la branche féminine , puisque Godefroid son mari en serait devenu possesseur comme chef de son mariage avec cette dame.

II se pourrait finalement que le Comte Conrad II voyant qu'il n'aurait pas d'héritiers , aurait disposé directement de ses domaines , par testament , en faveur de son cousin Henri de Namur. Mais l'histoire ne nous a conservé aucune donnée à cet égard.

Quoiqu'il en soit nous suivrons le sentiment généralement adopté et nous admettrons :

VU. Hbnri, V" prince de ce nom dans la série généalogique et IM dans la succession dynastique, fils de Godefroid comte de Namur et d'Ermesinde I, née des comtes de Luxembourg comme successeur immédiat de son cousin, Conrad II, sixième seigneur et troisième comte de Luxembourg depuis que cette terre était devenue héréditaire dans sa maison.

Peu de seigneurs du moyen-âge ont eu une carrière plus active , remplie de plus de vicissitudes, mais surtout plus longue que Henri , surnommé l'aveugle à cause de la faiblesse de sa vue.

Né vers H 12, Henri I ou l'aveugle mourut en l'année 1196. Il fut marié d'abord à Laurette, fille de Tbéodoric comte de Flandre , laquelle avait déjà eu deux époux; ensuite à Agnès, fille de Henri duc de Gueldre et de Zutphen. Cette seconde union lui procura une fille unique, Ehmesixdb, II dans la succession généa-

logique, née vers 1 1 00 alors que son père avait près de quatre-vingt ans d'âge.

VIII. Ermesinde succéda à son père dans le comté de Luxembourg et dans quelques faibles lambeaux de celui de Xaraur. Fiancée d'abord, lorsqu'encore elle était au berceau, à Henri H comte de Champagne, elle fut mariée à l'âge de six ans environ a Thibaut comte de Bar, lequel étant mort le 12 février 1214 elle convola en secondes noces, pendant la même année encore, avec Walram le jeune, fils puîné du duc de Limbourg.

Walram mourut à son tour en 1226 et Ermesinde lui survécut de vingt ans puisqu'elle n'est décédée que le sept avant les ides de Mai , c'est-a-dire le 9 mai 1246.

Elle fut inhumée à l'abbaye de Clairefontaine qu'elle avait fondée.

Nous avons dit dès l'ingrès de cet article que ce fut Walram , I" de ce nom dans la série généalogique de la maison de Luxembourg qui donna à ce pays les armes ou armoiries que celui-ci a conservées jusqu'aujourd'hui: ce sont, avonsnous ajouté , celles du Limbourg, d'argent au lion de gueules, couronné, armé et lanipassé d'or, la queue fourchue, passée en sautoir; avec addition à l'écu de cinq burelles d'azur, le lion brochant sur le tout.

La comtesse Ermesinde s'est surtout rendue recommandable en suivant l'impulsion donnée à cette époque par quelques princes libéraux et bienfaisants envers leurs sujets qui jusque-là avaient croupi dans une dépendance absolue, corps et biens et à la merci des seigneurs. Ces dynastes, en accordant à leurs serfs quelques privilèges, souvent très insignifiants que ceux-ci par reconnaissance ont décorés du nom de libertés ou franchises, avaient, fait bénir leur domination. Ermesinde crut devoir suivre ces errements favorables, à l'égard des deux principales villes de ses Etats , en concédant, en son nom personne], à Echternach en 1236, et à Luxembourg en 1243 , des LeUres d'affranchissement.

En 1239 , un octroi du même genre, dit Teissier, fut donné aux habitants de la ville de Thionville, mais au nom du jeune Henri II , fils atné d'Ermesinde j d'où l'on doit conclure que ce prince avait obtenu de sa mère la ville et seigneurie de Thionville pour son appanage, en attendant qu'il succédât au gouvernement du Pays entier.

Le souvenir des bienfaits de cette grande et vertueuse princesse est encore aujourd'hui en vénération dans le Pays, à cause surtout du soin qu'elle eut d'étendre les libertés de son peuple, loin de les restreindre sous de frivoles prétextes.

De son mariage avec Thibaut, comte de Bar, il ne lui naquit qu'une fille:

a) Elisabeth, dite de Bar et de Luxembourg, à laquelle elle céda les domaines de Marville et d'Arancy, en la mariant avec Walram le jeune ou le long, Seigneur de Faoqoemont et Montjoie, et fils d'un premier lit de son second mari.

Son union avec Walram du Limbourg loi donna :

b) Hufm, VI dans la suite généalogique , et II" dans la série des comtes régnants de la maison de Luxembourg.

Nous reviendrons à ce seigneur.

c) Gérard, dit de Luxembourg, qui fut seigneur de Durbuy, de Dablem, Filsdorf , Roussy et de partie de Villance et Nassogne. Ce seigneur, tout aussi libéral envers ses sujets que sa mère et son frère aîné l'avaient été, gratifia en 1274 la ville de Nassogne du droit de franchise ou de l'affranchissement. Il épousa Mahaut de Clèves qui le rendit père d'Irmengarde, laquelle fut mariée à Gérard comte de Blanckenheim; et d'une autre fille qui fut mariée à un seigneur de Grandpré et de Houffalize.

d) Catherine, qui fut alliée au mois de septembre 1225, à Mathieu duc de Lorraine.

La descendance de la comtesse Ermesinde avec Walram du Limbourg constitue ainsi une troisième branche de notre maison régnante :

D. La Maison de Lcxembocrg-Limbourg.

IX. Henri II comme comte régnant de Luxembourg , et VII dans la série généalogique de sa maison, fat surnommé le blond et le grand. Il se titrait de comte de Luxembourg et de Laroche, Marquis d'Arlon , cette dernière terre avant été annexée au pays de Luxembourg depuis le mariage de Walram du Limbourg auquel elle appartenait, avec la Comtesse Ermesinde.

Comme Gis aîné il succéda à sa mère et mourut en 1270. Outre l'affranchissement qu'il accorda en 1239 à la ville de Thionville, encore du vivant de sa mère comme nous l'avons dit plus haut, ce prince bienfaisant octroya dix ans après, en 1249 aux bourgeois de Grevenmacher, et en 1262 à ceux de Bîttbourg des actes de liberté, suivant en cela les louables errements de sa mère.

Le manuscrit des Viri illustres a consacré à ce comte la mention qui suit : « 1226. Henricus Ermesindœ Comitissae « Lucelburgensis ex Walramo Limburgico «filius Cornes Lucelburgensis, sediflcavit « monasterium Franciscanorum Luxembur- «gi» (III, N° 181).

Henri II avait épousé Marguerite de Bar qui lui donna:

a) Henri qui suit. Il fut le huitième «le son nom dans la lignée de sa maison et le IIP en rang d'ordre des comtes de Luxembourg.

b) Walram, II* de ce nom dans la suite généalogique , fut seigneur de Ligny et constitua par son mariage avec Jeanne de Beaurevoir les branches dites de Luxembourg-Ligny , St. Pol , Brienne , Conwersan , Tiennes , Montmorency , Richebourg , etc. , dont plusieurs sont encore aujourd'hui florissantes en France, mais qui ne concernent pas directement l'histoire du Luxembourg.

Walram périt avec son frère aîné à la - bataille de Wœrringen , le 5 juin 1288.

c) Baudouin , I*' dans la généalogie; et

d) Jean , aussi P' de son nom , per-

dirent la vie à Wœrringen avec leur» frères Henri et Walram. Nous ne savons pas s'ils ont été mariés.

e) Philippine , mariée à Jean II , dit d'Avesoe , comte de Hainaut et de Hollande.

f) Elisabeth ou Isabelle , morte le 25 septembre 1295. Elle fut unie à Gui de Dampierre comte de Flandre et marquis de Namur.

g) Marguerite ne fut pas mariée et vivait en 1293. Il est à croire qu'elle a été soit pensionnaire soit religieuse au monastère des dames Dominicaines de Marienthal, parce que les Ephémérides de ce prieuré font mention de cette princesse comme d'une interne.

h) Félicité, religieuse à l'abbaye de Beaumont à Valenciennes.

i) Jeanne; et j) Catherine, religieuses à Clairefontaine.

k) Yolande y citée sans plus de détails dans les Ephémérides de Marienthal , de façon qu'il ne nous a pas été donné de préciser si cette dame a été fille do comte Henri II ou de Henri III.

X. Henri III, en rang de nos comtes régnants, Comte de Luxembourg et de Laroche , Marquis d'Arlon , fut tué à la bataille de Wœringen avec ses trois frères, le 5 juin 1288. U avait épousé Béalrix fille de Baudouin comte d'Avesne et de Félicité de Coucy, qui lui survécut jusqu'en 1308 et qui lui avait donné :

a) Henri, qui suit et qui fut le neuvième de son nom dans la suite généalogique de sa maison.

b) Walram III, tué en 1311 au camp devant Brescia. Il a été inhumé à Vérone.

c) Baudouin II, né en 1285, après avoir fait d'excellentes études devint un des plus grands archevêques de Trêves. Voir l'article : Luxembourg , Baudouin de.

d) Marguerite , prieure du monastère de Marienthal et de celui de Beaumont à Valenciennes.

c) Félicité, d'abord mariée à Jean de Louvain, seigneur de Gœsbek et de Her-

stal ; ensuite religieuse et prieure de Beaumont a Valenciennes.

XI. Henri, IV* de ce nom , en rang des comtes de Luxembourg, fils aîné de Henri III et de Béatrix d'Avesne , succéda à son père en 1288. Le manuscrit des Viri illustres mentionne ce prince dans les termes suivants : « 1302. Henricus IV. « Cornes Lucelburgensis ejus nomioe VU.

«Imperator, exercitu ducto in Italiam « domuit Florentinos. » (II, N° 130.)

Il se titrait de Comte de Luxembourg et de Laroche, marquis d'Arlon. Le crédit de son frère Baudouin (▼. son article) le fit élire Empereur d'Allemagne, le 27 novembre 1308. Il fut en cette qualité le VIIe de son nom. Henri se fit couronner roi des Romains à Aix-la-chapelle , le 6 juin 1309, roi de Lombardie à Milan, le 6 juin 1311 et finalement Empereur à Rome, le 29 juin de l'année suivante. Il est mort à Buonconvent, le 24 août 1313, non sans de très-graves soupçons d'avoir été empoisonné. Cette question de l'empoisonnement, beaucoup controversée jusqu'à nos jours, n'a pas encore reçu une solution positive et absolue, parce qu'elle n'a pas été discutée avec un esprit calme et non prévenu. Elle a eu ses adhérents comme ses détracteurs ; mais malheureusement les uns et les autres n'étaient guidés que par un sentiment exclusif de parti : on n'a pas pensé à séparer la personne de l'auteur du crime, affirmé par les uns, dénié par les autres, de son caractère de prêtre; et on a eu l'immense tort de vouloir croire que, si le forfait était établi, la religion ou plutôt ce qu'elle a de plus saint pourrait en être déclaré responsable, tandis que le juge affranchi de toute prévention comme de toute prédilection ne doit apprécier que le fait matériel, laissant là l'instrument au moyen duquel il a été perpétré, cet instrument ne devant être pris en considération que pour faire apprécier le degré de dépravation du coupable; et dans le cas présent, le faire déclarer le plus infâme de tous puisqu'il aurait fait servir Dieu même à son abominable régicide ! Nous

avons colligé une infinité de sources, à commencer par les plus anciennes, les plus graves et les plus authentiques sur cet événement, tant pour soutenir le crime que pour le nier ; et nous nous proposons de les discuter un jour dans un opuscule, du mérite duquel nous rendrons le publiejuge.

L'Empereur-comte Henri de Luxembourg avait épousé en 1392, Marguerite fille de Jean I , duc de Brahant et de Marguerite comtesse de Flandre, née en 1374. Cette dame mourut à Gènes, le 13 décembre 1312. Devenu veuf, Henri s'était , dit-on , fiancé à Catherine fille de l'Empereur Albert I et d'Elisabeth de Carinthie; mais la mort le prévint avant que ce mariage fut célébré.

De l'union du comte Henri IV avec Marguerite de Brabant advinrent:

a) Jban , II* dans la suite généalogique, lequel fut surnommé f aveugle, et dont nous parlerons plus bas.

b) Marie, née en 1304, épouse le 24 août 1322 de Charles IV , dit le bel, roi de France, et morte le 25 mars 1324.

c) Béatrix , née en 1 30S , mariée le 24 juillet 1319 à Charles roi de Hongrie et morte le jour de St. Martin de la même année.

d) Agnès , mariée à Rodolphe duc de Bavière et Palatin du Rhin.

e) Catherine t épouse d'Albert, duc d'Autriche el comte d'Alsace.

XII. Jean, dit l'aveugle, comte de Luxembourg et de Laroche, marquis d'Arlon, est né en 1298.

Le manuscrit des Viri illustres contient sur ce prince célèbre l'article qui suit: « 1330. Joannes Cornes Lucelburgensis c filius Henrici VII. Imperaloris Rex Bo- «bemite, vi cari us Imperii pâtre in I ta lia « absente , domuit vi armorum et subegit « Silesiam , acquisivit Lusitaniam , opitu- <r latus est Teutonici ordinis Militibus Equi- « tibus in Prussia contra Regem Polonia?, « devîcit Litbuanos et dictus rex Polonia;, « pacavit Italiam ideoque nominatus a Pa- « pa Ilalix proteclor el liberator a dissi- «dentibus civilibus, occubuit in pngna

« Cressiaca pro rege Francis cootra Anglos, « relatum ejus corpus et sepultum Luxem- « burgi in Basilica Munsteriana a majori- « bas condita fundavit carmelitas Arlani et «Carthusianos Pragae». (II, N° 132.)

Le comte Jean de Luxembourg devint roi de Bohême en 1309 ou 1310, par son mariage avec Elisabeth héritière de ce royaume. Ayant perdu cette princesse le 28 septembre 1331 il se fiança en 1333 avec une autre Elisabeth, fille de Frédéricle-Bel duc d'Autriche et d'Isabelle d'Arragon, et se maria enfin en décembre 1334, avec Béatrix de Bourbon, fille de Louis comte de Clermont et de Marie comtesse de Hainaut.

Ce prince , après avoir mené la vie la plus chevaleresque et la plus remplie d'événements de haute portée dans les a flaires de son époque, périt à la bataille de Crécy, le 26 août 1346, méritant d'être pleuré même par l' ennemi-vainqueur, lequel fit embaumer son corps et le renvoya dans le Luxembourg avec tous les honneurs dûs au héros qui avait voulu, bien qu'aveugle, montrer qu'il savait rester fidèle à ses engagements et à son amitié pour le roi de France son allié.

Jean l'aveugle a su par un gouvernement des plus paternels se rendre cher à ses fidèles luxembourgeois qu'il aimait autant qne prince ait jamais su aimer des sujets ; et cet amour fut même traduit d'une manière des plus explicites dans l'expression qu'il avait couchée dans son testament dans lequel il avait ordonné, six ans avant sa mort, que, en quelque lieu de la Terre qu'il vint à mourir son corps fût ramené et inhumé dans le Luxembourg: «Primo «videlicet, dit-il en effet dans cet acte, «sepulturam corporis nostri eligimus in « Monasterio Monialium de Claro-Fonte, « Ordinis Cislerciensis , Trevirensis Diœ- « cesia prope Arlunum , ad quod Monas- « terium Corpus ubicumque mori Nos con- «tingeret ordinamus et volumus apportari, « ibidemque sepeliri. »

Les villes de Marche, Laroche et Dudeldorf lui durent leurs Chartres d'affran-

chissement, qui furent expédiées respectivement en 1327, 1331 et 1345.

D'un autre côté, il était sans doute écrit dans le livre des destinées que ce prince ne trouverait nulle part un repos durable après sa mort, pas plus qu'il n'en avait eu pendant sa vie ; puisque sa momie occupe aujourd'hui, et depuis 1388, son neuvième tombeau et encore sur terre étrangère, contrairement à son acte formel de dernière volonté, sans qu'on puisse même assurer que celui-là soit le dernier qui la recevra.

Le comte Jean, roi de Bohême, laissa descendance de chacune de ses deux épouses.

Elisabeth de Bohême lui avait donné :

a) Charles , qui fut roi de Bohême et dont nous parlerons après le plus jeune de ses frères, parce que la maison des princes de Luxembourg a été continuée par lui.

b) Marguerite de Bohême et de Luxembourg, née en 1313, mariée au mois de juillet 1322 à Henri l'ancien, duc de la Bavière inférieure et morte le 10 juillet 1341 .

c) Gutle ou Bonne, née en 1315, mariée le 6 avril 1332 à Jean de Valois, duc de Normandie, puis et depuis 1350 roi de France sous le nom de Jean II; et morte le 11 septembre 1349. Bonne de Bohême fut mère de : i°. Louis qui fonda la maison cadette d'Angers dont sont sortis les rois de Naples ; 3°. Philippele-hardi , souche de la dernière race des ducs de Bourgogne, sur lesquels nous aurons l'occasion de revenir pour montrer la double alliance qui unissait Philippe, que l'adulation avait surnommé lu bon duc à la maison régnante de Luxembourg, lorsque la trop fameuse Elisabeth de Gœrlitz lui remit le gouvernement de notre pays.

<d) Odoacre, mort enfant, le 20 avril

e) Anne, mariée en 1329 à Otton duc d'Autriche, et morte le 3 septembre 1338.

f) Elisabeth, sœur jumelle avec Anne qui précède, morte au mois d'août 1324.

g) Jean-Henri, né le 12 février 1322, créé marquis de Moravie en 1349 et mort le 12 novembre 1375. Ce prince avait été marié quatre fois: 1°, en 1327 avec Marguerite , 611e de Henri duc de Carinthie et comte du Tyrol, de laquelle il fut divorcé en 1341 ; 2°, en 1350 avec Marguerite fille de Nicolas II duc de Pavie ; 3°, après 1363 avec Marguerite fille d'Albert II, duc d'Autriche; 4'*, enfin avec une dame de la maison de Waldeck. Jean- Henri n'eut de postérité que du second et du troisième de ces différents mariages; savoir, du second advinrent: «. Jodoc, ou Josss, né en 1351, qui succéda à son père en qualité de marquis de Moravie et obtint eu 1388 la marche de Brandenbourg. Le 19 septembre 1410 il fut proclamé empereur et mourut le 8 janvier de l'année suivante. Jos$e (qui ne laissa qu'une fille , Elisabeth , épouse de Guillaume-Ie-borgne, marquis de Misnie et morte le 20 novembre 1400), fut pendant quelque temp» , mais de nom seulement parail-il, duc-engagiste du Luxembourg, de la part de Wenceslas II, ainsi que nous le verrons. Deux actes d'autorité dans ce pays rendirent son nom recommandable aux localités que ces Chartres concernaient: Il accorda des lettres d'affranchissement à la ville de Diekirch en 1390 et à celle de Montmédy en 1392. —

Procope , second fils du second lit de Jean-Henri de Bohême et de Luxembourg, fut salué prince de Moravie et mourut le 24 septembre 1405. — y. Jean-Sobieslas, le troisième, fut évêque de Lithuanie, passa en 1387 au siège d'Olmulz et devint enfin patriarche d'Aquilée (v. l'article: Luxembourg, Jean-Sobieslasde).— De sa troisième alliance sortirent: Catherine et Elisabeth , qui ne nous sont connues qne de nom.

Béatrix de Bourbon, seconde épouse de Jean l'aveugle donna à ce prince un fils unique :

h) Wenceslas 1", qui succéda à son père en qualité de Prince -Souverain du Pays de Luxembourg.

i) Le roi-comte Jean l'aveugle avait

aussi eu un fils naturel qui reçut nom de Nicolas, devint patriarche d'Aquilée en 1354 et mourut en 1362.

XIII. Wbnceslas I succéda au Luxembourg en vertu de conventions de famille conclues par Jean l'aveugle avec ses fils du premier lit. Il fut ainsi le treizième dynaste et en même temps le dixième comte de ce nom , depuis que les fiefs étaient devenus héréditaires.

Wenceslas, qui fut le premier prince régnant de son nom dans le Luxembourg, pouvait avoir neuf à dix ans d'âge à la mort de son père : il était par conséquent inhabile à gouverner un pays aussi étendu que le Luxembourg d'alors. Ce fut pour ce motif sans doute que son frère atné se chargea de la régence ; et cette régence il la marqua par plusieurs actes d'autorité tels qu'on aurait pu croire qu'il était le propre souverain du Pays. En effet, à la mort de Jean l'aveugle Charles de Bohême avait des dettes personnelles considérables qu'il avait contractées, dit-on, pour se faire élire Empereur, parce que c'était la mode alors d'acheter en quelque façon les votes des électeurs : Il amortit ces dettes , en partie au moins, en engageant ou plutôt en vendant à son oncle Baudouin, archevô que-électeur de Trêves plusieurs villes du Pays, situées sur les confins de l'Electorat. Une chartre que nous avons sous les yeux nous apprend cependant que quelque temps après cette vente l'archevêque consentit à ne la considérer que comme conditionnellement conclue, c'est-à-dire avec grâce de rachat. Le jeune Wenceslas profita de cette déclaration en remboursant plus tard à son oncle les sommes prêtées, et les villes vendues rentrèrent sous la domination de leur seigneur primitif et naturel. Il serait trop long d'entrer ici dans d'ultérieurs détails au sujet des actes de Charles de Bohême et de Luxembourg pendant sa régence qu'il a décorée du nom de tutelle. Ce qui paraît démontré cependant c'est qu'il ne l'abandonna qu'à contre-cœur ; et que s'il éleva le titre du prince régnant au rang de Dre, 13 mars

1354, ce ne fat réellement que pour faire taire au moyen de cet accroissement d'honneurs les justes répétitions que son frère aurait pu faire valoir pour dilapidation de ses trésors et pour aliénation de portions considérables de ses domaines héréditaires.

Dès qu'il eut obtenu de son frère la restitution de ses biens, c'est-à-dire qu'il fut sorti de la mambouroie comme on disait alors, Wenceslas se maria le 5 décembre 1352 à Jeanne, duchesse héritière de Brabant et de Limbourg, terres dont il prit le titre avec celui de duc de Luxembourg. Il mourut le 7 décembre 1384 et fut inhumé à l'abbaye d'Orval. 11 ne laissa pas de postérité légitime ; mais il avait un fils naturel, nommé Jean on peut-être Jean- VVenceslas (t. l'art. Luxhrg., Jean-W. de,) qui devint évéque de Strasbourg, ensuite archevêque de Mayence.

La duchesse Jeanne survécut à Wenceslas jusqu'au I* décembre 1406.

Le fait le plus saillant qui marque le règne de ce prince est sans contredit l'acquisition du comté de Chiny qu'il fit en 1364 et dont il ajouta le titre à ceux qu'il portait déjà. — Wenceslas I avait disposé qu'après lui les Pays Duché de Luxembourg et Comté de Chiny adviendraient à son neveu, Wenceslas II, fils de son frère Charles. Wenceslas II commence ainsi pour le pays

E. La Maison db Luxembourg de Bohême.

XIV. Comme l'Empereur Charles IV de Bohême, frère du duc Wenceslas I voyait celui-ci sans enfants, il eut soin de si bien faire que par acte du 1" février 1578 (St. de Trêves, ou 1379), approuvé par les Etats du Pays , il établit son neveu Wenceslas, qui est pour nous le IV de son nom, pour son successeur. Wenceslas II était bien un prince luxembourgeois, puisqu'il était petit-fils de notre bienaimé comte Jean l'aveugle; mais il était né loin de nous et avait été élevé en Bohême dont il était d'ailleurs déjà l'héritier présomptif ; le Luxembourg ne devait donc être pour lui qu'un accessoire d'autant plus minime en valeur et en importance qu'il

se trouvait très éloigné de ses domaines pri ncipaux. Les luxembourgeois ne devaient d'ailleurs et ne pouvaient espérer que, comme son aïeul, il viendrait les visiter souvent pour étudier leurs besoins sur les lieux et apprécier de ses propres yeux leur position. Mais à cette époque les peuples n'étaient consultés pour rien dans le gouvernement qui se faisait suivant le bon plaisir des souverains ; les sujets n'étaient considérés généralement que comme un troupeau à faire paître par des délégués, sans responsabilité autre pour ces derniers que l'obligation de veiller à la ponctuelle rentrée des redevances féodales et des aides, charge nouvelle encore alors pour nos ancêtres puisqu'elle n'avait été créée que sous Wenceslas I. En un mot les populations du pays devaient appréhender le moment où Wenceslas I serait salué duc de Luxembourg. Il est vrai de dire qu'elles avaient déjà commencé sous le gouvernement de Wenceslas I à voir la Cour de leurs princes s'éloigner de la province; mais si Wenceslas I résidait souvent en Brabant ou dans le Limbourg, il était cependant né dans le Luxembourg où il avait également passé une partie do sa jeunesse; il connaissait conséquemment les mœurs et les besoins du peuple ; tandis qu'il n'en était pas de même de son neveu, du duc qu'ils devaient obtenir : Le Brabant n'était d'ailleurs pas aussi éloigné que la Bohême.

Du reste , les événements de ce règne déplorable à tous égards ne nous montreront que trop la vérité de ces réflexions.

Nous retournons à la généalogie.

Nous avons vu plus haut que Charles était fils aîné du premier Ut de Jean l'aveugle , Comte de Luxembourg et de Laroche, marquis d'Arlon et roi de Bohême. Nous avons dit aussi que Wenceslas I , dont nous venons de parler, fut le rejeton unique du second lit de ce prince et que la couronne comtale puis ducale de Luxembourg lui était advenue en vertu de conventions de famille dont les actes sont connus.

Charles de Bohême et de Luxembourg

avait été nommé Wenceslas au baptême ; mais Charles-le-bel roi de France et son oncle par la reine Marie , qui fnt sœur de son père, voulut être son parrain de confirmation en 1323 , et changea à cette occasion ce nom en y substituant le sien propre. Ce prince, né le 14 mai 1316, avait en 1330 obtenu le marquisat de Misnie en attendant qu'il succédât à son père sur le trône de Bohême (1346). Elu empereur par l'effet de beaucoup d'intrigues , le 16 juillet 1346 , il prit le nom de Charles IV , fut couronné roi des Romains à Aix-la-cbapelle , le 9 février 1 349 , roi de Lombardie à Milan , le 6 janvier 1355 et finalement Empereur à Rome , le 5 avril suivant.

Hors les huit ans que pendant la minorité de son frère Wenceslas I il exerça la régence dans le comté de Luxembourg, ce prince ne figurerait pas d'une manière directe dans cette généalogie, si par lui n'avait été continuée la suite de nos dytiastes.

L'empereur Charles IV, roi de Bohême après avoir été fiancé en 1324, fut marié en 1333 avec Marguerite ou Blanche de Valois, morte le 1" août 1348; ensuite en 1349 avec Anne, fille de l'électeur Rodolphe II comte palatin du Rhin et d'Anne de Carinthie , laquelle mourut le 1" février 1352; en troisième lieu, en 1353, avec Anne, fille et héritière de Henri II duc de Schweidnitz et d'Anne d'Autriche, décédée le 11 juillet 1364; en quatrième lieu enfin , en 1365 , avec Elisabeth , fille de Bogislas V duc de la Poroéranie ultérieure et d'Elisabeth de Pologne, laquelle mourut en 1393, ainsi quinze ans après l'empereur son époux qui est décédé le 29 novembre 1378 (v. du reste l'article spécial que nous lui avons consacré sous la rubrique de: Luxembourg, Charles de Bohême et de).

Chacune de ces quatre alliances lui donna des enfants. Nous allons en faire l'énumération.

Du 1" lit:

a) Marguerite , née en 1335 et morte

en 1359 , bissant veuf Louis roi de Hongrie et de Pologne qui lui-même est décédé le 1 1 septembre 1382.

b) Catherine, mariée en 1353 à Rodolphe (II IV), duc d'Autriche, mourut en 1365.

c) Jean, (III dans la suite généalogique) qui quoique chétif porta le titre de marquis de Moravie. Il mourut enfant.

Du second lit:

d) Wenceslas, (II dans la suite généalogique) mort le 28 juillet 1353, n'ayant pas dépassé sa troisième année.

Du troisième lit :

e) Wenceslas (III dans la suite généalogique) , dont il est ici question , II* du nom et en même temps second duc de Luxembourg , par disposition testamentaire de son oncle Wenceslas I , comme nous IV vons vu. Ce prince est né le 17 mars 1361 à Nûrenberg, fut élu roi des Romains encore du vivant et par l'influence de son père, le 20 janvier 1376, succéda à ce dernier en qualité de roi de Bohème en 1378, dut être déposé de l'Empire le 20 août 1400 , à cause de ses excès et de son indolence à soigner les intérêts de l'Allemagne ; et mourut enfin d'apoplexie foudroyante, le 16 août 1419.

Wenceslas H fut marié: 1°, en 1370, avec Jeanne, fille d'Albert duc de Bavière, morte le 1er janvier 1387; 2°, le 15 mars 1400 , avec Sophie fille de Jean, duc de Bavière, morte fin de septembre

Comme Wenceslas II ne se souciait guerre du Luxembourg, soit à cause de l'éloignement de ce pays , soit par l'effet de son indolence naturelle pour les peuples qu'il était appelé à gouverner, soit peutêtre pour d'autres motifs accessoires , il abandonna en 1388 ce Duché avec le Comté de Chiny en engagère , d'abord à Josse de Moravie, son cousin (v. plus haut), non son frère comme M. La Garde l'a avancé; lequel Josse rétrocéda en 1402 cette engagère à Louis duc d'Orléans qui remboursa en échange la somme versée à

Wenceslas et s'installa dans le pays en qualité de Mambour.

Le duc d'Orléans fut tué en 1407 , à Paris, par Jean-sans-peur duc de Bourgogne ; et Wenceslas II , pas plus que Josse et plus tard Elisabeth de Gœrlitx , que nous apprendrons à connaître , ne songèrent, que nous sachions, a amortir la créance de l'engagère que ce prince avait à faire valoir et dont l'impôt fut cependant souvent et chaudement réclamé par sa veuve. On motiva sans doute le refus sur un acte de Wenceslas II , daté de Prague le premier mardi après la Sainte- Marguerite de Tannée 1411 , et par lequel toules les folles engagères qui avaient été consenties tant par lui Wenceslas II que par Josse de Moravie étaient déclarées révoquées, vraisemblablement sans indemnité aucune; comme si de la part d'un prince, plus que du plus simple citoyen, un déni de paiement pouvait éteindre une dette légitime.

Nonobstant l'abandon de son premier domaine patrimonial de famille, Wenceslas II, dont la délicatesse aussi bien que la bonne foi semblent avoir laissé immensément à désirer en môme temps que ses excès le mettaient constamment dans un manque absolu d'argent, Wenceslas II disons-nous, hypothéqua en 1409, en seconde main, le même duché de Luxembourg à sa nièce Elisabeth, dite de Gœrlitz, pour une somme de cent-vingt mille florins du Rhin que, en réalité ou prétendument il lui destinait pour dot; le tout avec la réserve, il est vrai, qu'il serait loisible à cette dernière de dégager la première engagère en restituant au duo d'Orléans ou à ses ayants-droit la somme qu'il lui devait de ce chef; et qu'après ce remboursement Elisabeth réunirait la valeur totale tant de la première engagère que de la seconde hypothèque.

C'est ainsi qu'on trafiquait alors avec les peuples ! ! car il faut bien reconnaître qu'il s'agissait réellement ici tant du domaine utile que de la propriété absolue sur les habitants, ainsi que des services féodaux dus par les nobles vassaux.

Dans ces transactions, Wenceslas II ne s'était réservé que le titre honorifique de duc de Luxembourg et les revenus de la terre de Laroche, revenus qui encore semblent ne lui avoir jamais été versés, ou bien qui se réduisaient à fort peu de chose. Malgré cela il ne faut pas admettre cependant que dès le moment où ces engagères furent faites il ne se soit plus occupé de ce pays, car l'Histoire a conservé un assez grand nombre de documents qui démontrent le contraire; et son règne même, s'il fallait en juger par ces actes seuls, pourrait passer pour avoir été assez paternel dans le Luxembourg.

Nous reviendrons à Elisabeth de Gœrlitz à la suite des enfants de Charles IV dont nous allons épuiser la série.

Du quatrième lit de l'Empereur Charles IV, c'est-à-dire avec Elisabeth de Poméranie, sont issus:

f) Charles, né le 13 mars 1372 et mort à l'âge de deux ans.

g) Sigismond', XV dynaste légitime du Luxembourg. Il est né en 1368 , fut créé marquis de Braodenbourg et électeur à Tàge de cinq ans et devint finalement roi de Hongrie en 1386, du chef de sa femme. Il fut désigné empereur le 20 septembre 1410, couronné à Aix-la-Chapelle le 8 novembre 1414 et à Rome en 1434. Il avait enfin été salué roi de Bohème en 1420 et mourut le 8 décembre 1337.— L'empereur Sigismond fut marié deux fois : d'abord à Marie, fille et héritière de Louis roi de Hongrie et de Pologne, morte en 1392; ensuite à Barbe , fille de Herman comte de Cilié, décédée le 11 juillet 1451, c'est-à-dire quatorze ans après l'empereur son mari. Une fille unique , Elisabeth qui lui était née , sans doute de sa première alliance , fut mariée en 1412 à Albert V duc d'Autriche , auquel Sigismond donna en 1483 et pour ce motif le marquisat de Misnie. La princesse Elisabeth fut notre XVI* souveraine légitime , bien que ni elle ni ses enfants , qui formèrent naturellement la XV II* descendance de nos princes , n'aient jamais réellement exercé des actes d'autorité chez

nous. Albert V succéda le 20 mars 1438 à son beau-père l'empereur Sigismond, eu qualité de roi de Hongrie et de Boité me et enfin comme empereur sous le nom d'Albert II. 11 est mort le 27 octobre 1439 et son épouse le 20 décembre 1442. De ce mariage sont nés quatre enfants dont les trois derniers ont joué un certain rôle dans l'histoire du Pays pendant la guerre pour la possession et la propriété du Luxembourg qui ensanglanta la patrie vers le milieu du quinzième siècle. Ces enfants doivent pour ce motif être cités ici. Ce furent: a) Georges t mort avant son père, le 16 février 1436; /?) Annb, mariée en 1446 à Guillaume duc de Saxe, marquis de Moravie et Landgrave de Thuringe, mort le 17 février 1482; y) Elisabbth, née le 10 février 1454 , morte le 1" septembre 1505 veuve de Casimir III roi de Pologne, lequel était décédé eu 1492; finalement â) Ladislas , surnommé le posthume, roi de Hongrie et de Bohème ,'duc d'Autriche, né le 22 février 1440 et mort le 23 novembre 1457.

Ces princes et princesses étaient par droit de naissance en leur qualité de plus proches parents de Wenceslas II, les héritiers naturels du Luxembourg , du chef de leur aïeul Sigismond gui lui-même était frire de ce prince : en effet, la couronne de Bohême après avoir à la mort de Wenceslas passé sur la téte de Sigismond qui y réunit celle de Hongrie , avaient Vune et l'autre été transmises de celui-ci à Albert d'Autriche, leur père. Ils avaient ainsi acquis le droit de retrait sur ce duché, droit que Wenceslas II s'était réservé à lui et à ses héritiers. Nous reviendrons sur cette circonstance importante qui, croyonsnous, n'a pas encore été présentée sous son vrai jour par les historiens.

b) Anne , troisième enfant du quatrième mariage de l'Empereur Charles IV, fut mariée à Olton , duc de Bavière et marquis de Brandenbourg , mort en 1379.

i) Jean, (3e de son nom dans la série généalogique) le dernier des enfants de

T Empereur Charles IV et le plus jeune des frères de l'Empereur Weucelas H duc de Luxembourg , est né le 22 juin 1370. A l'âge de six ans il fut salué Marquis de Brandenbourg et de Lusace ainsi que duc de Gœrlitz. Ce prince, qui mourut en 1395 avait été marié d'abord à Richarde, fille d'Albert II duc deMecklembourg , dont il n'eut aucune postérité ; ensuite à Marguerite, fille de Léopold II duc d'Autriche. Cette seconde union produisit une fille unique, Elisabeth, qui se titrait de Duchesse de Gœrlitz et prit deux alUances: En premier lieu, le 6 juillet 1409 avec Antoine de Bourgogne duc de Brabant, auquel elle donna un fils, Guillaume, qui mourut à sa naissance, le 10 juillet 1410: Antoine, qui avait été marié auparavant, le 21 février 1402 a Jeanne comtesse de St. Pol, fille unique de Walram III comte de ce nom , périt à la bataille d'Axincourt, le 25 octobre 1415.

Elisabeth se remaria ensuite à Jean duc de Bavière et comte de Hollande, qui avait été élu Prtnce-Evéque de Liège et avait obtenu dispense pour l'ordre du diaconat, en faveur de ce mariage projeté. Jean de Bavière étant mort à son tour le 16 janvier 1424 , Elisabeth resta veuve et sans enfants.

Ce fut à cette dame que l'Empereur Wenceslas II avait donné pouvoir pour reprendre Vengagère de ce duché, faite d'abord à Josse de Moravie; reprise qui ne fut jamais effectuée à ce qu'il parait, bien qu'Elisabeth s'en soit toujours prévalue. Le même empereur lui avait en outre donné hypothèque sur le même pays pour une somme de cent-vingt mille florins du Rhin, à titre de dot, eomme nous l'avons vu; et il lui avait enfin abandonné la jouissance des revenus du domaine utile, jusqu'au remboursement ou payement de ces deux créances, soit par lui-même soit par ses héritiers légitimes.

De ce moment (1409) Eusabeth de Gœrlitz se mit en possession du Duché de Luxembourg, non toujours comme simple usufruitière , mais y exerçant tous

ou presque tous les actes d'autorité incombant an Souverain , à tel point que Wenceslas lui-même fut, malgré son indolence, forcé de révoquer plusieurs des mesures qu'elle avait décrétées soit par elle-même soit par ses maris: Et en plus d'une de ces ordonnances elle avait été jusqu'à prendre le titre de Duchesse de Luxembourg.

Elisabeth qui connaissait parfaitement la précarité de sa possession, voulut en proûter le mieux et le plus possible, dans la crainte où elle devait être de voir opérer le retrait de ce domaine, non par Wenceslas lui-même qui semble ne pas s'en être soucié, mais par l'un ou l'autre de ses héritiers. Et dans cette appréhension qu'elle avait sans doute fait goûter à son mari Jean de Bavière, elle était parvenue à engager celui-ci à offrir en 1420 à Sigismond qui venait de succéder aux droits légitimes de son frère Wenceslas, de nouvelles sommes d'argent pour augmenter l'hypothèque. Soit qu'il ne soupçonnât pas le piège, soit peut-être aussi qu'il fût réellement dans une gêne d'argent, Sigismond accepta et fit expédier le premier mardi après la Ste. Agnès un acte en due forme, dans lequel il déclarait avoir reçu en prêt de son neveu, Jean de Bavière et de sa nièce Elisabeth duchesse de GœrliU différents capitaux, pour garantie du remboursement desquels il augmentait d'autant le chiffre de l'hypothèque que déjà Elisabeth et Jean avaient sur le Luxembourg: C'était se rendre agréable au vieillard Sigismond et en même temps augmenter ponr ses successeurs les difficultés du retrait.

Pendant ce temps Elisabeth, devenue veuve pour la seconde fois , continuait à pressurer les Luxembourgeois en les accablant d'impôts qui augmentaient ses trésors, et d'ordonnances vexatoires qui attentaient souvent aux privilèges que ceux-ci avaient su mériter et avaient obtenus de leurs souverains légitimes par leur fidélité et leur attachement. Cet état des choses fit d'abord naître des murmures ; puis on en vint à une opposition ouverte

de la part des plus influents d'entre les seigneurs du Pays, pour finir par un refus absolu d'obéissance, une révolution complète ; fin ordinaire qu'ont à attendre les gouvernants qui oublient qu'ils ne sont appelés à l'autorité que pour diriger la société, non pour la faire servir uniquement a assouvir leur soif pour l'or, ou bien à la réduire à la férule d une volonté le plus souvent arbitraire , mais toujours abominable, ne serait-ce que parce qu'elle est en opposition avec les mœurs du peuple ainsi que les serments prêtés par le dynaste et ses devanciers, de maintenir les libertés politiques et sociales acquises.

Cette position déplorable qu'Elisabeth s'était créée elle-même, devenait de jour en jour plus terrible, pour une femme surtout qui devait être déjà assez avancée en âge. Elle voulut d'abord maîtriser les luxembourgeois rebelles en envoyant contre eux , pour les dompter, quelques suppôts originaires du Pays même, lesquels sous le spécieux prétexte de leur fidélité à la gouvernante que le souverain légitime avait établie auraient sacrifié leur patrie entière pour satisfaire leur ambition personnelle: Mais ces tentatives loin de diminuer le mal ne pouvaient que l'augmenter.

Cependant tant que Sigismond, le propriétaire ou souverain légitime du Luxembourg vécut, Elisabeth avait par politique sans doute, cherché de son mieux à se maintenir, quelque pénible que pût être sa position au milieu d'une population qui l'avait prise en exécration. Dès que le décès de l'Empereur lui fut connu, cette position dut lui apparaître plus effrayante encore parce que ses craintes de voir le retrait si appréhendé de ses engagères opéré venait s'y surajouter. Aussi finit-elle par se voir forcée à se réfugier sur terre étrangère pour aller mendier des secours au dehors contre un peuple qui n'avait de crime que son amour pour les franchises qu'il s'était acquises par son dévouement à ses souverains et par un effet spontané de leur libre volonté. Par cette démarche elle voulut sans doute prendre les devant* et se créer

un moyeu d'augmenter encore le chiffre de son engagère en y ajoutant les soi-disaots frais de la guerre d'oppression qu'elle allait faire entreprendre ; car l'empereur Wenceslas l'avait autorisée à faire celte addition en cas que, pour l'avantage du propriétaire légitime ou pour repousser une aggression étrangère elle serait mise dans la nécessité de faire des dépenses d'armées : Hais bien certainement cette clause n'était en aucune façon applicable au cas présent :

Elisabeth sortit donc furtivement de Luxembourg et alla exposer au duc de Bourgogne, qui était devenu son neveu par son premier mari, que le peuple luxembourgeois so refusait à sa domination ; et implorant son assistance contre les rebelles. Le prince Bourguignon qui voyait sans doute dans celte prière une occasion pour étendre ses conquêtes, et en même temps pour se rendre agréable à sa tante dont il convoitait la succession, acquiesça avec empressement à la supplique d'Elisabeth et se mit en campagne pour venir ravager le pays et pour en dompter, disait -on peut-être alors, les habitante ou plutôt les seigneurs félons.

Entretemps, Albert d'Autriche, tuccesseur légitime de Sigismond, mourut à son tour j et ses deux filles, Anne et Elisabeth, avec leurs époux, Guillaume duc de Saxe, et Casimir roi de Pologne, avaient hérité la propriété du duché de Luxembourg. Ces princes et princesses s'étaient bâtés de signifier à la duchesse de Gœrlilz leur intention d'opérer le retrait si redouté, comme leur père Albert l'avait déjà fait faire en 1438. La reine-mère, veuve d'Albert, qui était enceinte du roi Ladislas surnommé le posthume, s'était jointe à ses filles et à ses gendres, avec réserve de revendiquer pour son enfant à naître la propriété entière de ce pays en cas qu'elle accoucherait d'un fils.

Il paraît cependant en fin de compte que ces offres de faire le retrait n'étaient pas sérieuses ; et que ces princes ne prétendaient réellement que de prendre pos-

session du titre honorifique de ducs et de duchesses de Luxembourg en même temps qu'ils avaient l'intention d'exiger de la duchesse de Gœrlitx de nouvelles sommes pour augmenter encore le chiffre de ses différentes hypothèques, comme ils avaient vu que Sigismond leur aïeul l'avait fait en 1420.

Quelqu'eAt été toutefois leur intention réelle, Guillaume duc de Saxe, comme le prétendant le plus rapproché sans doute, ou bien en sa qualité d'époux de l'aînée des deux sœurs héritières, se fit représenter h Luxembourg par un comte de Gleicben qui se mit a la tête des partisans des souverains légitimes.

Le duc de Bourgogne envahit sur ces entrefaites le Luxembourg au nom de sa tante, la duchesse Elisabeth de Gœrlitz, et finit par le conquérir en entier, malgré une héroïque défense. La capitale fut prise le 22 novembre 1443, pillée les jours suivants et finalement privée de tous ses privilèges par le conquérant, que quelques-uns ont si ridiculement osé surnommer le bon duc. La duchesse engagiste, vieille et abîmée par une maladie douloureuse fnt de nouveau installée dans le château du bouc, sous la protection des armes de son neveu qui reçut d'elle (1444) , en récompense dn service qu*il venait de lui rendre, l'abandon de ses différentes engagères moyennant une pension annuelle et viagère de huit mille florins, plus une somme de onze mille florins une fois payée.

Elisabeth , parvenue au suprême degré d'exécration chez les luxembourgeois d'alors comme elle l'est restée aux yeux des siècles suivants, alla mourir en 1451, méprisée et pauvre, dit-on, sur une terre étrangère, à Trêves, parce que la Providence n'avait sans doute pas voulu lui réserver un coin pour y reposer dans un pays dont elle avait sinon commencé, du moins consommé l'anéantissement politique.

La biographie très sommaire de cette princesse, que nous avons été obligé d'esquisser afin d'aider à l'intelligence des faits

historiques qui ont si souverainement influé sur les destinées de la Patrie, parce que jusqu'ici ces faits n'avaient pas été présentés sous leur vrai jour et dégagés de tous leurs accessoires ; celle biographie disonsnous, démontre une fois de plus aux souverains , même les plus égoïstes , que leur bonheur personnel ne consiste point dans nn pouvoir absolu qui toujours est abhorré par les peuples, mais bien dans l'amour de leurs sujets; et cet amour ils ne peuvent le conquérir qu'en accordant à leurs peuples toute la somme de libertés et de garanties politiques contre l'arbitraire dont leur degré de civilisation les rend habiles à jouir , non en leur arrachant pour des motifs frivoles, ces libertés, ces garanties que des princes plus sages leur avaient librement octroyées auparavant.

Philippe de Bourgogne , qui était bien devenu engagiste du Luxembourg par l'effet de la rétrocession qu'Elisabeth de (iœrlitz lui avait faite de ses différentes créances, convoitait la possession paisible et sans conteste de ce pays en qualité de propriétaire; tandis que d'autre part, outre Anne et Elisabeth d'Autriche , souverains légitimes, Elisabeth , mère de ces deux princesses et qui avait , le 22 février 1440, mis au monde L\M&LA&-le-posthume , y avaient les premiers droits; Ladislas surtout comme descendant mâle de la maison des souverains légitimes.

Le prince Bourguignon , placé en face d'antagonistes aussi puissants , et croyant prudent de ne pas entreprendre la réalisation de ses projets par la force des armes , résolut de temporiser , attendant un succès favorable du temps et des circonstances qui pourraient surgir.

Sur ces entrefaites, Ladislas se fit prêter en 1452, foi et hommage en qualité de duc souverain de Luxembourg et confirma à celte occasion les privilèges et immunités des habitants; tandis que Anne et son mari Guillaume duc de Saxe, vendirent leurs prétentions à Louis XI roi de France. Ladislas étant venu à mourir en 1457 , les mêmes princes nouèrent de nouveau

des négociations avec Philippe, duc de Bourgogne , pour lu part de ce Pays leur échue dans la succession de ce frère ; et Philippe parvint à obtenir d'eux la cession de tous leurs droits sur le Luxembourg (1462). Louis XI lui rétrocéda en même temps le bénéfice de l'acquisition qu'il avait faite de la part des prétentions des ayautsdroit à la souveraineté légitime; de manière que les droits souverains comme ceux résultant des engagères finirent par se trouver réunis en 1462 entre les mains de Philippb de Bourgoc.se qui commença ainsi une nouvelle lignée des ducs de Luxembourg.

F. La Maison de Bourgogne.

XVIII. Philippe de Bourgogne , dont il va être question ici , appartient par le sang à la Maison de Luxembourg par sa bis-aïeule, Bonne de Luxembourg et de Bohême, fille de Jean l'aveugle roi de Bohême et comte de Luxembourg et d'Elisabeth sa première épouse. En effet, nous avons vu que Bonne fut mariée à Jeanle-bon, d'abord duc de Normandie ensuite roi de France. Elle rendit ce prince père de 1U Philippe-le-Hardi , duc de Bourgogne, marié à son tour h Marguerite comtesse de Flandre et d'Artois, et père de Jean-sanspeur; 2° de Louis ; 3° d'Antoine, qui fut le premier époux d'Elisabeth duchesse de Gotrlitt qui nous a si péniblement occupé plus haut; 4° de Philippe et de cinq duchesses : Marguerite , Marie , Anne , Catherine et Bonne.

Jean-sans-peur y fils aîné de Philippele-Hardi , duc de Bourgogne , était né en 1371 et mort en 1419, après avoir épousé Marguerite duchesse de Bavière qui lui avait donné Philippe dont ici question , et six filles : Marguerite , Catherine , Ma ■ rie , Isabelle , Anne et Agnès.

Philippb , duc de Bourgogne , généralement surnommé le Bon , est né à Dijon, le 30 juin 1396. Il fut salué duc de Bourgogne en 1419 à la mort de son père; comte do Namur en 1421 ; duc de Brabant, de Limbourget d'Anvers, en 1430;

comte de Hainaut , de Hollande et de Zélande , ainsi que seigneur de Frise , en 1436; en 1441 mambour, en 1443 ducengagiste et enfin en 1462 propriétaire et souverain du duché de Luxembourg. Ce prince institua l'ordre de la Toison-d'or, le 10 janvier 1430, à l'occasion de son troisième mariage, et mourut le 15 juin, d'autres disent le 16 juillet 1467.

De ses trois alliances, contractées; i°, en juin 1409, avec Michelle de France tille puinée du roi Charles VI et d'Isabelle de Bavière, née le 11 janvier 1394 et morte le 8 juillet 1422 ; S ' le 30 novembre 1424, avec Bonne d'Artois fille de Philippe duc d'Artois et de Marie de Berry, veuve de Philippe comte de Nevers et de Rettel et morte en 1425; et 5° enfin, le 10 janvier 1529, avec Isabelle de Portugal fille de Jean I roi de Portugal et de Philippe d'Angleterre-Lancastre , sœur aînée du roi Henri IV d'Angleterre , laquelle mourut le 17 décembre 1471 , quatre ans après sou époux, Philippe duc de Bourgogne ne laissa postérité que de cette dernière :

a) Antoine y né le 30 septembre 1430 et mort à l'âge de quatre mois.

b) Josse, né le 4 avril 1432 et mort jeune.

c) Chari.es, qui suit:

XIX. Charles , due de Bourgogne , succéda aux états de son père et fut surnommé le Téméraire à cause de son ambitieuse témérité. Il était le plus jeune fils de Philippe duc de Bourgogne et d'Isabelle de Portugal. Il est né à Dijon , le 10 novembre 1433, et mourut au siège de Nancy, le 5 janvier 1477. Charles-le- Téméraire fut marié trois fois: d'abord en 1439, à Catherine de France, fille du roi Charles VII et de Marie d'Anjou, née en 1429 et morte sans postérité, en 1446; ensuite, le 30 octobre 1454 à Isabelle de Bourbon , fille de Charles I" duc de Bourbon et d'Agnès de Bourgogne , laquelle mourut à Anvers le 13 septembre 1465 ; enfin le 9 juillet 1468 à Margue-

rite fille de Richard d'Yorck et d'Elisabeth de Neuil , sœur d'Edouard IV roi d'Angleterre. Cette dame est morte sans postérité, en 1503, vingt-six ans après son mari.

Isabelle de Bourbon, sa seconde épouse, lui avait donné une fille unique , Marie , dite de Bourgogne , qui va suivre.

XX. Marie de Bourgogne , seule héritière de son père , succéda à celui-ci dans toutes ses* possessions et dans tous ses titres. Née à Bruxelles le 13 février 1457 , elle mourut d'une chute de cheval, le 25 mars 1483 et fut enterrée à Bruges où son père fut aussi transporté en 1553.

Marie de Bourgogne fut unie le 18 août 1477 à Maximilien 1", archiduc d'Autriche, fils de Frédéric 1er , empereur d'Allemagne et d'Eléonore de Portugal , né le 12 mars 1459 et mort à Lens, le 12 janvier 1519. L'archiduc Maximilien était veuf de Marie de Bourgogne lorsqu'il fut proclamé roi des Romains, le 16 février 1486 et élu empereur le 19 août 1493.

Nous ajouterons comme donnée ultérieure et complétive touchant Maximilien, qu'en 1489 il s'était fiancé à Anne , héritière de Bretagne, fille de François II dernier duc de ce nom et de Marguerite de Foix, née le 36 janvier 1476, laquelle fut épousée ensuite , 1*, en 1491, par Charles VII , roi de France , après que ce prince eut renvoyé à l'Empereur Maximilien, devenu son compétiteur à l'Empire, sa fille Marguerite à laquelle il était également fiancé ; 2* par le roi Louis XII. Maximilien se maria ensuite le 16 mars 1494 à Blanche-Marie, fille de Galéas-Marie duc de Milan et de Bonne de Savoie , veuve de Philibert duc de Savoie, morte en 1511 sans laisser postérité.

-D'an antre coté, il pourra paraître intéressant * plusieurs de voir établir la généalogie de la Maison d'Autriche rattachée a celle de Luxembourg et à celle de Bourgogne par Maximilien, afin de te rendre raison des connexions que ce rapprochement donne entre les différentes lignées qni ont possédé le Luxembourg depuis la famille a laquelle ce pays avait donné son nom, jusqu'au souverain qni se l'est »n arracher

abelir la féodalité,*en 1784—86. *

Pour ce motif mu* nom sommes en ea devoir de donner ici cette descendance intermédiaire, dépoli Rodolphe de Habsbourg jusqu'à Muximilicn I et Ma frèrec (1918-1519).

La Maisoa d'Autriche commence sa généalogie il l'Empereur Rodolphe , dit de Habsbourg, né en 1218 et mort en 1291. Il était fils d'Albert-le-sage, comte de Habsbourg et de Hedwige comtesse de Kibourg. Ela empereur le 50 septeasbre 1275, il lat couronné à Aix-la chapelle, le 20 octobre suivant Ce prince fut marié deux foi* : !• eu 1240 à Anae de Uohenberg, morte le 20 mars 12U1 après lui svoir donne eiaq priaeea et sept priaeeaaea. l'ami ces fils, Albert seul vécut 9° en 1284 à Agnès de Bourgogne fiUe d. dae Robert II, et morte sans postérité.

Le 97 décembre 1989, il avait investi aaa il* AL bert du doebé d'Autriche et pays en dépendants qu'il avait enlevés an rai de Babéme : De là la maison de Habsbourg a pria le Mm d« ce dacbé qu'elle a continué à porter depuis.

Albert I, dac d'Antricbe, est né en 1948 et fat tné ea 1908. U ara» épousé Elisabeth, Aile de Ménard duc de Cariathie et comte de Gorieie, déeédée en 1313. De ce mariage sont aés: f* frèdirie gui suivra ; S0 Rodolphe surnommé le débonnaire, qmi fat roi de Bohème et qui mourut en 1308, laissant deux filles, Atat, et Elisabeth gui fut unie â Jean t'aveugle, comte de Luxembourg, auquel elle apporta la couronne de Bohême dent elle était devenue l'hiriticre après la déposition de Henri de Carintkie mari Je ta tueur aînés,- 3* Léopold, surnommé le glorieux, mort en 1527; 4° Otton, surnommé le hardi au le jeyeax, mort es 1338 on 1540, après avoir épousé 1» Elisabeth de Bavière, et 9° Anne de Luxembourg, fUte de Jean t'aveugle, comte de Luxembourg et roi de Bohème. Du premier Ut advint Frédéric, mort ea 1544 âgé de oaxe ans, et Elisabeth morte en 1540, fiancée à Edouard roi d'Angleterre; du second, Léopsld mort eu 1343) 3* Henri, su nommé le paisible, d'abord chanoine, eswuite eoadjnteur de Meyeace, puis marié l*fc Elisabeth, fille de Rodolphe palatia du Rbia, 9° h Elisabeth, fille du Camte de Wirtxbourg, mort enfin sans postérité, en 1379 j 8" Albert II, dont il tera parlé éprit eon frère Frédéric, Le duc Albert I eut aussi cinq filles, savoir: 7« Agnès, épouse d'André III roi de Hongrie, surnommé le vénitien, morte religieuse en 1365; 8" Elisabeth, mariée à Frédéric III, duc de Lorraine, déeédée en 1539; 8° Anne, alliée a. h Herman II, Marquis de Rrandenbourg, b. h Henri VI duc de Wratislaw; 10* Catherine, fiancée d l'Empereur Henri VII, comte de Luxembourg , puis après la mort de ce prince mariée à Charles duc de Ca labre; morte en 1325; f i *Gutte on Bonne, épouse de Unis comte d'Oettingen, décédée ea 1590.

Frediiic, duc d'Autriche, surnommé le beaa, succéda à aan père Albert 1. Il fut élu empereur par quelque» électeurs, en 1514, et mourut en 1550. 11 avait épousé 1° Isabelle, fille de Jacques roi d'Arragnn ; 9° Cunégonde de Bavière, fille de l'Empereur Louis Celte dame perdit la vue i force de

pleurer son époux. De sa première union naquirent i 1° Elisabeth, promise d l'Empereur Charles IV de Luxembourg , ou selon d'autres, au pere de ce prince, Jean l'aveugle, suais morte ea 1334, avant son mariage; 9* Anne, qui éponsa a. Louis dit le Romain, fils de l'empereur Louis de Bavière; ». Jean ou Henri, conte de Goririe. Du second lit Frédéric eut : J° Frédéric et 4° Léopold, morts an berceau; finalement tf» Elisabeth, femme deGonthier comte de Schwartsenbeurg.

Comme l'empereur Frédéric ne laissa pas d'enfante miles, ses états héréditaires d'Autriche échurent à son frère, Albert II, mi en 1288, et mort le 18 juin 13d8. Il avait reçu les surnoms de le sage et le caotref.it, et avait épousé Elisabeth on Jeanne, fille et héritière d'Ulrie II, comte de Ferrette, qui mourut ea 13U3 après avoir donné à son épanx quatre fils et trois filles i f 6 Rodolphe II, qui suivra ; 9» Albert III que nous retrouverons après son frère qui précède i J» Léopold, aé ea 1340 et mort le 0 juillet 1386; il avait épousé Vlridis, fille de Bernaboa comte de Milan! d'oui a. Guillaume, mort eu 1408 sans postérité, ni de Hedwigc, fille de Louis de Pologne roi de Hongrie, ai de Jeanne, fille de Charles dit le petit, roi de Hongrie et de Sicile; «. Frédéric, mort en 1438. Ce prince avait épousé d'abord Elisabeth, fille de l'E mpereur Robert et d'Elisabeth de *Jûrenberg. déeédée en 1409 sans enfants; ensuite Aune, fille de Frédéric duc de Brunswick qui lui donna Stgismond dont nous parlerons après Ladislas , c. Léopald, ne en 1371 et mort en 1411 sans avoir eu d'enfante de Catherine, fille de PhUippe-le-hardi duc de Bourgogne; d. Emeet, qai suivra après Sigisinond, sou neveu; a. Agnès, qui fut mariée à Doleslas, duc de Silésiei f. Elisabeth, morte fiancée h Henri comte de Goricie; g. Catherine enfin, qui épouse Conrad comte de Hardeck, Bargrave de Magdebouri;.

Rodolphe, AU aîné d'Albert II duc d'Autriche, est né eu 1338. 11 succéda h aon père et mourut le 98 juillet 1568 ayant en deux épouses s Catherine, file de l'Empereur Charles IV, roi de Bohème, ni des comtet de Luxembourg, et d'Elisabeth de Pomèranie, morte en 1360; et Marguerite, comtesse dn Tyrol, décédée ea 1573. Comme aucune de ses alliances ne lui avait donné postérité il eut pour successeur dans ses Etats son frère puîné, Albert III.

Albert III, second fils d'Albert II, suivit son frère Rodolphe dans la possession do dnché d'Autriche et mourut le 15 août 1503. Albert LU fut marié deux fois : i* avec Elisabeth, fille de l'Empereur Charles IV, ni dte comtes de Luxembourg , et d' Elisabeth de Pomèranie, dècèdie en 1373 , 2° avec Béntrix, fille de Frédéric III, Burgrave de Kûrenberg Cette dernière dame lui donna an fils unique qui fat nommé Albert, comme son père, et devint le IV* due homonyme parmi les régente d'Autriche.

Albert IV, né en 1577, fils unique d'Albert III duc d'Autriche et de Béa tris sa seconde épouse, mourut le 93 août 1404- 11 avait été marié deux fois; d'abord avec Jeanne, fille d'Albert de Bavière,

comte de Hollande; ensuite avec Mathilde. fille de Louis duc de Bavière, dont il n'eut pai d'eufaoti, taudis que Jeanne de Batière lui avait donné i 1° J/bert, V* de ton nom, qui suivra; il" Marguerite on Jeanne, qui fat l'épouse de Henri dit le riche, duc de Bavière.

Albert F, ni en iôl)4. Miccéda à son père Albert IV en qualité de duc d'Autriche. Ce prince fut salué duc de Moravie en 1483; roi de Hongrie le 1» janvier et de Bohème le 6 mai 1438. Il fat éln Empereur pou» le nom d'Albert II, le 90 mars 1430 et mourut le 87 octobre de l'année suivante. En 1498 il avait épousé Elisabeth de Bchéme et de Luxembourg, fille de l'Empereur Sigiemond eldt Marie de Hongrie; celte dame mourut te 20 décembre 1461. (v ci-devant la généalogie de la Maiion de Luxembourg île Dohémc) IV ont avons dit plue haut qu'à la mort de l'Empereur Sigismond, pire de l'impératricereine Elisabeth de Luxembourg et de Bohème dont U est question ici, celte princesse avait naturellement hérité de la Soureraineti sur te Duché de Luxembourg pendant que la trop fameuse Elisabeth de Gotrlits en avait la jouissance à titre d'engogère. Et ce droit de eouveraiueté elle l'avait fait valoir, d'abord par l'empereur son mari, ensuite par elle-même et ses enfante dont nous allons parler. A son décès l'Empereur Albert II, on Albert V comme dnc d'Autriche, avait laissé en vie deux fille* et sa femme enceinte ; 1* nn fils, Paine de ses enfants, nommé Georges , était mort an berceau ; 9° Elisabeth, l'ai née des filles, fut mariée h Guillanme dnc de Base et Landgrave de Thnringe; 3" Anne la cadette le fnt h Casimir IV roi de Pologne. Elisabeth mourut en 1469 et Guillaume vingt ans plus tard, en 1489, ne laissant que déni filles; 4° enfin, Ladislae qui va suivre.

Ladislas surnommé le posthume, parce qu'il est né quatre mois après le décès de son père, le 99 février 1440, succéda k celui-ci dans ses états héréditaires. Comme son père, sa mire et ses sature avec leurs marie, il fit mine de rérendiquer la Souveraineté sur le Luxembourg qui était détenu par Philippe de Bourgogne, a» nom d'Elisabeth de Gcerlits ; et il semble même qu'il avait la sérieuse intention d'en opérer le retrait puisqu'il convoqua, te mercredi avant ta St Thomas 146?, c'est-à-dire cinq mois environ après la mort de la duchtste-engagitte, lee Troie-Etats du Pays à 1 vois et ee fit prêter par eux foi et hommage en qualité de seigneur suzerain et propriétaire. Mais quelque bonnes qu'eussent pu être les intentions de ce prince qui n'avait alors que doute ans d'âge , U était trop jeune pour inspirer des craintes sérieuses à Philippe, le puissant due de Bourgogne qui se trouvait en possession de la rétrocession de l'hypothèque sur te Luxembourg. De façon que les ehosee en restèrent-là pour le moment et jusqu'au décès Je Ludislas qui eut lieu cinq ans plue tard, te 23 noreiuire 1457. AW avons déjà dit les événements qui se passèrent alors relativement au Duché.

Comme Ladislas n'avait pas été marié, ses pays héréditaires échurent par droit de succession h Siyiemond d'Autriche dont il a été fait mention plus haut.

Siyismond d'Aotriehe était fils unique de Frédéric et d'Anne de Brunswick; ce Frédéric était lui-mémr le fils aîné alors existant de Léopold d'Autriche, lequel fnt frère puîné du duc Albert III, aïeul de Ladislas. Ces dens prince* étaient eonséquemment cousins an huitième degré collatéral, l'an ac trouant h la cinquième, l'autre h la quatrième descendance de la souche commune, celle-ci comprise, dans la personne du duc Albert II.

Sigismond né en 1497 succéda en 1487 aux Etala héréditaires de Ladislas le posthume. Il fat d'abord fiance avec Badrjjondc fille de Charles VII roi de France et de Marie d'Anjou; mais cette princesse mourut avant les noces, le 19 mars 1444. Il épousa ensuite: 1° Eléonore, fille de Jacques I, roi d'Eco» <-. morte en 1480, ayant en an fils mort nn berceau ; 9° en 1484. Catherine fille d'Albert dnc de 8axc, qui ne lui donnn aucune descendance.

Sigismond mourut h son tour en 1498, abandonnant les états d'Autriche et pays eu dépendants k son oncle Ernest d'Autriche.

Ernest était le plna jeune des quatre fils de Léopold d'Autriche que nens avom pâmés en revue, et de Viridis comtesse de Milan. Au décès de Sigiamond son neveu, il était le senl maie vivant de sa maison. Ernest avait d'abord été due de Styrie et de Carinthie. et arait embrassé l'état ecclétiaitique. Mais la raison d'Etat le força pins tard k demander ditpenie pour le TOSU du célibat avec la permission de contracter mariage. L'nne et l'antre lui ayant été accordées en considération des motifs capitaux qu'il avait h alléguer, il épousa 1° en 1424, Marguerite, fille de llaudouin III duc de Poméranie et de 8tetin, morte «ans enfanta; 2° Zimburge, fille de Zicmovite due de Maasovie, laquelle est déeédée en 1499 après avoir donné le jour k: i° Anne, 9° Alexandrine, J*Léopold, 4' Rodolphe, 8* Ernest, tous morts au berceau; 6° Frédéric II, qui suivra; 7° Albert, né en 1418 et mort en 1485 sans avoir en d'enfants de Mathilde, fille de Louis due de Wurtemberg. ty> Marguerite, morte en 1488 épouse de Frédéric II électeur de Saxe; 0* Catherine, morte en 140O unie i Charles marquis de Baden; iO* Elisabeth qui fut l'épouse de Hagues comte de Werdenberg,

Ernest, due d'Autriche, de 8tyrie et de Carinthie, etc. etc., monrut en 1449 et «on fils aîné Tirant Inl succéda.

Frédéric, 11' dans la lignée de la maison d'Autriche, est né en 1418 et fut élu empereur d'Allemagne sous le nom de Frédéric IV. k la mi-carême 1440. Il est mort le 7 septembre 149Ô L'empereur Frédérie IV avait épousé le 17 mars 14i»5l Eléonore, fille d'Edouard roi de Portugal et d*Eléoaore d'Arragon, morte en 1467. De ce mariage sortirent: <» Christophe, né en i486 et mort âgé de quelque* mois seulement; 9° Mssiuilus, pour lequel nous avons établi celte descendance interml diaii e , au moyen de laquelle nous avons rattaché ta branche masculine et la féminine à la légitimité, bien que très- éloignée, pour constater le drjil à la Souveraineté sur le Duché

de Luxembourg dans la personne de Marie duché*** de Xuuryofne , par droit d'kMdité et d'achat, et dans celle de sen ipous , Maximilien d'Autriche, par le* lient du sang qui unissaient encore ce prince à la Maison de Luxembourg dans des descendance* ainsi que des alliances multipliées Les autres enfants de l'empereur Frédéric furent i 5° Jean, mort en 1487, 4gr <ie six mois; 4' Hélène, née en 14(>0 et morte la su i tante; 8* enfin Cunégonde, née en I46i$ et décédée en 1020. Cette princesse avait été mariée à Albert duc de Bavière , après le décès duquel elle te fit religieuiie.

Nous reprendrons maintenant la généalogie directe des Souverains régnants du Luxembourg.

Marie i>b Bourgogne et Maximilien d Autriche avaient eu de leur mariage trois (ils et une fille:

a) Phiuppb, II* dans la succession généalogique de nos souverains, qui suivra.

b) Marguerite née à Bruxelles, le 10 janvier 1480, fut déclarée gouvernante des Pays-Bas pendant la minorité de Charles II (Charles-Quint) son neveu, en 1507 et mourut à Malines le 1" décembre 1530.

Fiancée d'abord en 1483 à Charles VIII, roi de France, fils de Louis XI et de Charlotte de Savoie, né le 30 juin 1470 et mort le 7 avril 1497, cette princesse fut renvoyée à son père parce que ce dernier l'avait emporté sur Charles VIII son compétiteur à l'Empire d'Allemagne.

Elle fut mariée ensuite, au mois d'avril 1496 à Jean, Infant d'Espagne, fils de Ferdinand-le-Catbolique et d'Isabelle de Castille, né le 26 juin 1478 et mort le 4 octobre 1497; puis le 26 septembre 1501 à Philibert duc de Savoie, fils de Philippe duc de Savoie et de Marguerite de Bourbon, né le 10 avril 1480 et qui la laissa veuve sans postérité, le 10 septembre 1504.

c) François, né le 10 septembre 1481 ; et d) Georges, né en 1483; morts l'un et l'autre au berceau.

A la mort de Marguerite de Bourgogne toutes ses possessions échurent à son fils ainé qui par son mariage avec une princesse d'Espagne, héritière de cette monarchie, constitua pour le Luxembourg une nouvelle branche Souveraine, ou

G. La Maison austro-bspagnolb.

Philippe, surnommé le bel, fils ainé de Marie de Bourgogne et de l'archiduc Maximilien , est né le 23 juin 1478. Il succéda aux états de sa mère en 1483, sous la tutelle de son père qui lui abandonna les rênes du gouvernement en 1495, à l'âge de dix-sept ans. Ce prince est mort le 25 septembre 1506. Il avait été marié le 21 octobre 1496, à Lierre en Brabant, avec Jeanne de Castille, héritière du royaume d'Espagne, fille de Ferdinand V dit le catholique, roi d'Arragon et d'Isabelle reine de Castille , née le 6 novembre 1479 et morte le 1 1 avril 1555 au château de Fordesillas, ayant ainsi survécu pendant quarante-neuf ans à son mari.

Ces époux eurent de leur mariage :

a) Charles, II dans notre généalogie, qui suit.

b) Eléonore , née le 24 novembre 1498 et morte en 1558, fut mariée en 1519 à Emmanuel de Portugal , duc de Visco, fils de Ferdinand duc de Visco et de Béatrix de Portugal, né le 31 mai 1469 et mort à Lisbonne le 13 décembre 1558. Avant d'obtenir la main de l'Infante Eléonore , Emmanuel avait déjà été marié deux fois : en 1497 avec Isabelle d'Arragon, dite de Castille, veuve d'Alphonse prince de Portugal et fille de Ferdinand V, roi d'Arragon et d'Isabelle de Castille, née le 2 octobre 1 470 et morte en couches le 24 ou le 25 août 1498; ensuite, le 30 octobre 1509 avec Marie, sœur de la précédente, née le 29 juin 1482 et morte de même en couches en 1517. Après le décès de ce premier mari, Eléonore d'Espagne épousa en 1530 François I", roi de France, fils de Charles d'Orléans, comte d'Angoulême et de Louise de Savoie , né le 12 septembre 1494 et mort à Rambouillet le 31 mars 1546.

c) Isabelle, née le 23 juillet 1501 et morte à Gand le 19 janvier 1525. Elle avait été mariée en 1515 à Christierne II, dit le tyran ou le cruel, fils de Jean, roi de Danemark et de Christine de Saxe , né

le 2 juillet 1481, roi de Danemark en 1513, chassé pour ses cruautés eu 1523 et mort finalement en prison le 25 janvier 1559.

d) Ferdinand, né à Madrid le 12 mars 1503. Elu roi des romains le 11 janvier 1531 et empereur après l'abdication de son frère aîné, Charles-Quint, le 14 mars 1558; ce prince mourut à Vienne le 25 juillet 1564. Le 22 juillet 1521 il axait été marié à Aune , fille de Ladislas VI roi de Hongrie et de Bohême et d'Anne de Foix, née en 1503 et morte en 1547. Ces époux laissèrent une nombreuse postérité que nous omettrons de mentionner ici, parce qu'elle n'aura que plus tard une influence directe sur le Pays de Luxembourg. Du reste les princes et princesses de cette branche, dite d'Allemagne , nous restèrent absolument étrangers jusqu'après la guerre pour la succession au trône d'Espagne où Charles VI est devenu notre souverain légitime. Nous la reprendrons alors en sous-ordre.

e) Marie, née le 13 septembre 1505, déclarée gouvernante des Pays-Bas en 1556 et morte le 17 octobre 1558. Elle avait été mariée en 1521 à Lonis II, dit le jeune, roi de Hongrie et de Pologne, fils de Ladislas VI et d'Anne de Foix, né en 1504 et mort au mois d'octobre 1524.

f) Catherine enfin, née posthume le 14 janvier 1507 et morte à l'âge de 70 ans en 1577. Promise d'abord à Frédéric II électeur de Saxe, fils de l'électeur Ernest et d'Elisabeth de Bavière, né le 17 janvier 1463 et mort le 5 mai 1525, l'infante Catherine fut mariée, encore pendant la même année 1525 à Jean III roi de Portugal, fils d'Emmanuel, également roi de Portugal et de Marie de Castille, né le 6 juin 1502 et morl le 2 août 1557. Ce prince la répudia pour des motifs , vrais ou fictifs, qu'il est inutile de dire ici.

XXII. Chaules, surnommé Quint ou le cinquième comme empereur d'Allemagne, fut un des plus grands princes qui aient jamais régné. Il reçut au baptême le titre

de duc de Luxembourg, qu'il honora dans la suite autant par sa sollicitude pour ce duché qui ne formait cependant plus qu'une province dans ses vastes états, que ce pays dut s'en trouver glorifié en récompense de la fidélité et de la franchise qu'il avait su conserver à ses souverains, de même que de l'amour de ces derniers qu'il s'était acquis par les services que ses nombreux enfants avaient rendus jusqu'alors à ceuxci et qu'ils n'ont pas cessé de leur rendre toutes les fois que la dignité de l'homme ne s'y opposait pas: car, si le luxembourgeois est fidèle à ses princes, s'il est franc et ouvert dans ses relations avec les rois comme avec ses concitoyens , il a aussi le sentiment de sa dignité d'homme et de citoyen; et ces qualités sublimes que le peuple a nourries depuis les temps historiques les plus lointains ne se sont pas altérées chez lui jusqu'à nos jours.

Né à Gand le 24 février 1500, il fut salué duc de Bourgogne et roi d'Espagne en 1517; élu empereur le 28 juin 1519 et couronné par le Pape le 24 février 1530, il abdiqua à Bruxelles le 25 octobre 1555, cédant ses états héréditaires à son fils et l'empire à son frère Ferdinand. Charles d'Espagne se retira ensuite dans le couvent de St. Just en Estramadure, où il mourut avec l'habit religieux , le 22 septembre 1558.

L'auteur du manuscrit des Viri illustres consacre à ce prince les lignes suivantes : « 1556. Carolus V Imperator etsi est Gan- «davi natus, renatus tamen fonte baptis- «matis Dux Luxemburgensis appellatus «hoc agnomen aliquamdiu tulit. » (II, N" 142.)

Ce prince, après avoir été successivement fiancé avec Claude ou Claudine de France, avec Marie d'Angleterre, avec Bénée de France , avec Louise de France et finalement avec une seconde Marie d'Angleterre, épousa le 10 janvier 1526 Isabelle, fille d'Emmanuel roi de Portugal et de Marie de Castille, née en 1503 et morte le 1" mai 1539. De ce mariage naquirent :

a) Philippe, troisième du nom dans la aucun accès dans le Luxembourg dont les suite de nos souverains luxembourgeois, limites semblaient infranchissables à toutes II* dans celle des rois d'Espagne. Nous ces horreurs, grâce aux soins vigilants et reviendrons à ce prince. patriotiques du sage Gouverneur. Tout ce

b) Marie, mariée en 1548 à Maximilien, que nos dieux ressentirent de ces misères fils de l'empereur Ferdinand I et d'Anne publiques, pour ne pas nous servir d'un de Hongrie, né en 1527, roi de Hongrie terme plus sévère, se réduisit à quelques et de Bohême ; puis le 24 novembre 1 562, pillages isolés, exercés par des corps francs, élu roi des Romains sous le nom de Ma- lesquels furent chaque fois repoussés dès ximilien II, salué empereur le 25 juillet leur apparition. En un mot, pendant que 1565 après la mort de son père et finale- '** Pays-Bas fumaient du sang des vicment mort à Ratisboone, le 12 octobre tintes innocentes et en grand nombre que 1576. Marie d'Espagne son épouse se fit k fanatisme le plus tyrannique y immolait, religieuse après le décès de son mari et pendant que les plus cruelles et les plus haimourut en 1603, vingt -sept ans après neuses discordes, déchiraient ces provinces, celui-ci. Ie Luxembourg a pu consacrer à son gou-

c) Jeanne, morte en 1578 après avoir ™neur des inscriptions en lettres d'or graété mariée en 1 553 à Jean, Infant de Por- »w,le ™rbre,pour attester la parfaite tugal, fils de Jean III, roi de Portugal et tranquillité dont jouissaient ses paisibles de Catherine d'Autriche, sœur de Charles- populations.

Quint. Jean de Portugal était né le 3 juin Pt'I'PPe H est né a Valadolid le 21

1 537 et mourut avant son père, le 2 jan- mai «. succéd* a mX£ dansn8€s

vier 1554 états héréditaires, céda en 1598 les Pro-

d) Ferdinand, né le premier mai 1539, vinc'f* belgiques à sa fille Isabbllb-Clairbne vécut que quelques jours. Eugénie, après que, a cause de ses cruau-

e) Don Juan, mort en 1571. «'.' **« «■ cacher Us Provinces sep-

f) Jacques, désigné roi des Pays-Bas tmtnonaes ou néerlandaises et mourut * par son père, mais qui ne le fut jamais. l*«f™l le 13 septembre 1598. Il fut

marie quatre fois: d'abord en 1543 a

XXIII. Philippe II en rang des rois Marie, fille de Jean III, roi de Portugal

d'Espagne , 3* parmi les princes souve- et de Catherine d'Autriche ou d'Espagne,

rains du Luxembourg, succéda à son père sœur de Cbaries-Quint son père. Cette

l'Empereur Charles-Quint. princesse, née le 25 octobre 1527, mourut

Ce prince abominable, qui se rendit d'une suite de couches le 27 août 1545.

odieux par son stupide et en même temps Philippe II épousa ensuite, le 25 juillet

farouche fanatisme ainsi que ses froides 1554 Marie, héritière d'Angleterre et d'Ir-

cruautés, fut rendu impuissant pour faire lande, fille de Henri VIII roi d'Angleterre

le malheur du Luxembourg , tant par son et de Catherine, Infante d'Espagne , née

éloignement de cette province que par la le 8 février 1516, couronnée reine d'An-

fermeté du Comte plus tard Prince Pierre- gleterce le 30 novembre 1553 et morte

Ernest de Mansfelt (v. son article) qui finalement sans postérité le 17 novembre

en avait été nommé gouverneur déjà par 1558. Sa troisième femme, qu'il prit le 22

Charles-Quint, père de Philippe If. Aussi juin 1559, était Elisabeth, fille atnée de

les massacres, les tortures , l'inquisition Henri II, roi de France et de Catherine

même dont on ne cessait de menacer les de Médicis, née le 13 avril 1545 et morte

Provinces Belgiques, de même que les guerres le 14 octobre 1568, en couches, disent

civile et religieuse qui ensanglantèrent ces les uns, et d'autres avec bien plus de

belles provinces et en décimèrent la popu- vraisemblance, empoisonnée par ordre du

lation, tous ces fléaux publics ne trouvèrent roi son mari. Enfin Philippe II se maria

en quatrièmes noces en 1570 avec Anne d'Autriche, Dde de l'Empereur Maximilien H et de Marie d'Espagne , née a Cigale le 11 novembre 1549 et décédée le 25 octobre 1580.

Du premier lit il ne naquit qu'un fils :

a) Charles, dit Don Carlos, né à Valadolid le 23 août 1 545 et mort empoisonné, dit-on, par ordre de son père, le 24 juillet 1568, sans avoir été marié. Ce jeune prince avait été promis à Elisabeth de France avant que son père en Gt sa troisième femme, laquelle fut de même empoisonnée, assuret-on, par ses ordres: Ce double crime était motivé sur de simples soupçons de jalousie de la part du père contre son propre fils et contre son épouse ! ! !

Du troisième lit vinrent deux princesses:

b) Isabbllb-Claibb-Edgbnib , qui suivra.

c) Catherine, née le 10 octobre 1567 et morte le 6 novembre 1597. Cette princesse avait été mariée le 11 mars 1585 à Charles - Emmanuel , duc de Savoie, fils d'Emmanuel-Philibert duc de Savoie et de Marguerite de France, né le 12 janvier 1562 et mort le 26 juillet 1630.

EnGn, le quatrième mariage de Philippe II donna à ce prince :

d) Fernand ou Ferdinand, né le 24 décembre 1571. Il fut archevêque de Tolède , obtint le chapeau de cardinal et fut envoyé par le Pape en qualité de légat en Portugal. Ce prince mourut le 26 octobre 1641.

e) Diego, né en 1574 mourut en 1582*

f) Charles-Laurent, mort au berceau.

g) Philippe, qui devint roi d'Espagne après son père Philippe II. Il est né le 14 avril 1578 et mourut en 1621 après avoir épousé en 1599 Marguerite d'Autriche, fille de Charles, archiduc de Gratz et de Marie de Bavière, née en 1584 et morte en 1611. De ce mariage naquirent quatre princes et autant de princesses : a. Anne-Marie-Maurice, née le 22 septembre 1601, morte le 20 janvier 1606 après avoir été mariée le 25 novembre 1615 à Louis XIII roi de France, iils du

roi Henri IV et de Marie de Médicis, né le 27 septembre 1601 et mort le 14 mai 1613; fi. Marie, née le 1" février 1603, morte à l'Age d'un mois ; y. Philippb-Dominiqub-Victob , g ut nous occupera après sa tante Isabelle-Claire-Eugénie, de laquelle il a hérité la souveraineté sur le Duché de Luxembourg; Ô. Marie-Anne , née le 18 août 1606, morte le 13 mai 1646. Cette princesse fut mariée en 1631 à Ferdinand, fils de l'empereur Ferdinand II et de Marie-Anne de Bavière , né le 13 juillet 1608, roi de Hongrie en 1625, de Bohême en 1627 et Empereur sous le nom de Ferdinand III, le 15 février 1637, mort finalement le 2 avril 1657.

*. Charles, né le 25 septembre 1607, mort le 30 juillet 1632; C. Ferdinand, né le 16 mai 1609, devint cardinal-diacre en 1619, de la neuvième promotion du Pape Paul V, puis, quand il eut atteint l'âge canonique, sacré archevêque de Tolède ; enfin envoyé dans les Pays-Bas en qualité de Gouverneur de ces Provinces pour son frère. rt. Marguerite, née le 24 mai 1610, morte enfant; et finalement Alphonse, né le 22 septembre 1611, mort l'année suivante.

XXIV. Isabelle-Claire-Eogbnie , née le 22 août 1566, fut, par acte de son père, daté de l'année de sa mort, 1508, déclarée Princesse-Souveraine des Provinces belgiqueS) conséquemment aussi du Duché de Luxembourg, qui depuis Philippe, duc de Bourgogne, était compris au nombre de ces provinces bien qu'il eût conservé son gouvernement, ses lois et son administration distincts comme il les avait toujours eus depuis son origine historique, et tels qu'il les a conservés jusqu'à son incorporation à la République française, par décret de la Convention nationale en date du premier octobre 1795-

L'infante Isabelle-Claire-Eugénie mourut le 1" décembre 1633.

Pendant les trente-cinq ans que dura le gouvernement de cette princesse les provinces belgiques jouirent d'une véritable

période d'âge d'or qui leur permit de se remettre des terreurs et des anxiétés qui les avaient remplies pendant le règne précédent: Bien des plaies cruelles eurent le temps de se cicatriser. Telles tortueuses, telles cruelles et sanguinaires qu'avaient été l'administration et la politique dn tyran Philippe II, aussi paternelle, aussi douce et aussi juste fut celle de sa fille qui n'a jamais eu rien de plus à cœur que de conserver aux populations la pins sage liberté , de leur distribuer la plus exacte justice, de les exonérer autant que cela était possible de toute charge publique inutile, de faire enOo fleurir partout les arts, les sciences et les lettres, ces puissants auxiliaires pour favoriser les progrès de la civilisation sous un gouvernement franchement libéral , comme ils sont les premiers et les plus dangereux instruments de l'opposition contre la tyrannie et contre l'abus de toute compression destinée à abaisser l'homme pour le plier aux lubies d'une volonté qu'on prétendrait imposer pour servir de force motrice: les arts, les lettres et les sciences préparent en effet de longue main l'homme à apprécier sa véritable dignité en lui inspirant pour la liberté un besoin irrésistible, et le courage de lutter avec calme mais aussi avec une imperturbable persévérance contre les attentats, n'importe d'où ils viennent, et qui seraient essayés pour rogner ses libertés publiques légitimement acquises, ou ses droits individuels lorsqu'ils sont basés sur l'équité.

L'Infante Isabelle-Claire-Eugénie avait trente-trois ans lorsqu'elle fut mariée, le 25 avril 1599, à Albert archiduc d'Autriche, (ils de l'empereur Maximilien II et de Marie d'Autriche. Il était né à Neustadt en Autriche, le 13 novembre 1559 et était conséquemroent plus âgé de sept ans que la princesse son épouse.

Avant son mariage, l'archiduc Albert avait été cardinal-diacre puis prêtre , du titre de Ste. Croix de Jérusalem, de la quatrième promotion (1577) du pape Grégoire XIII; ensuite archevêque de

Tolède ; puis en 1583 gouverneur du Portugal et depuis 1586 des Provinces des Pays-Bas belges. Il est mort le 13 juillet 1621 , sans laisser postérité.

Après son décès et celui de sa veuve, qui lui survécut de douze ans comme nous savons, la souveraineté sur les Provinces fielgiques retourna à la couronne d'Espagne dans la personne de Piiilippe- Domikiqur- Victor (Philippe V dans notre généalogie), en sa qualité de plus proche héritier naturel et direct de sa tante 1 sahelle-Claire-Eogénie.

XXV. Nous venons de dire que Philippe- Dominique- Victor , l'aioé des fils du roi Philippe III succéda à sa tante Isabelle- Claire-Eugénie dans la souveraineté sur les provinces belgiques. Dans la série des rois d'Espagne il fut le quatrième prince de son nom; et c'est sous ce rang qu'il est connu dans l'Histoire.

Ce fut sous le règne de ee prince, trop éloigne' de nous pour pouvoir nous protéger efficacement, que fut opéré en 1659 le violent morcellement du Pays de Luxembourg par suite du traité des Pyrénées, où la portion dite depuis et encore de nos jours le Luxembourg français en a été détachée pour rassasier la soif de conquêtes de V ambitieux Louis A7F, avant encore que le roi Philippe IV ne lui accordât sa fille en mariage.

En effet, par l'article 38 de ce traité, qui fut conclu le! novembre 1659 dans Vile des faisans sur la rivière de Bidassoa dans les Pyrénées, le roi d'Espagne abandonna au monarque français , « dans la province «et duché de Luxembourg, les places de « Thionville , Montmédy et Dampvillers , « leurs appartenances , dépendances et anunexesi la prévôté d'Y vois, Chauvancy-le- « ehâteau et sa prévôté; la ville et prévôté « de Manille. »

Le roi Philippe IV était fils de Philippe III, roi d'Espagne, qui n'entre pas dans la série des princes souverains du Luxembourg, et de Marguerite d'Autriche. Il est ué le 8 avril 1605, devint roi d'Es-

pagne en 1621, fut salué Prince-Souverain des provinces belgiques en 1633 et mourut le 15 ou le 17 septembre 1665. Il avait été marié deux fois: le 18 octobre 1615 à Elisabeth de Fronce, fille du roi Henri IV et de Marie de Médicis, née le 22 novembre 1622 et morte le 6 octobre 1644 ; ensuite en 1649 à Marie-Anne d'Autriche, fille de l'empereur Ferdinand 111 et de Marie- Anne d'Aulriebe, née en 1634, morte le 16 mai 1696, trente-un ans après le roi son époux.

Du premier lit sont nés :

a) Marguerite -Marte, née en 1621, morte la même année.

b) Marguerite-Marie-Catherine , née en 1623, morte également pendant Tannée de sa naissance.

c) Marie, née et morte en 1625.

d) Balthatar- Charles -Dominique -Philippe-Victor-Luc, né en 1630 et mort en 1646, à l'âge de seize ans, fiancé a Marie- Anne d'Autriche, laquelle devint trois ans plus tard la seconde épouse du père de ce prince.

e) Marie-Antoinette, née en 1635, morte l'année suivante.

f) Marie-Th&èse, née le 20 septembre 1638 et morte en 1683. C'est la seule enfant du premier mariage qui vécut: Elle fut mariée le 19 juin 1660 à Louis XIV roi de France, fils du roi Louis XIII et de Marguerite d'Autriche , né à St. Germaio-en-Laie le 5 septembre 1638 et mort à Versailles le premier septembre 1715.

Du second mariage du roi Philippe IV, avec l'ancienne fiancée de son fils, l'archiduchesse Marie-Anne d'Autriche, advinrent :

g) Marie-Marguerite-Thérèse, née le 12 juillet 1651, morte le 11 mars 1673, pas encore âgée de 22 ans accomplis. Cette princesse avait été mariée en 1666, c'està-dire à quinze ans, à Léopold archiduc de Gratz, nommé au baptême : Léopold- Ignace-Ballbasar-Joseph-Félicien. Il était fils de l'empereur Ferdinand III et de Marie d'Autriche, et était né le 9 juin 1640; il devint roi de Bohême en 1654

et de Hongrie ht suivante. Elu empereur le 18 juillet 1658, le premier de son nom, il mourut le 6 mai 1705.

Comme la postérité de l'empereur Léopold I obtint dans la suite la souveraineté sur les provinces belgiques et sur le Duché de Luxembourg, il sera nécessaire de consigner ici les autres alliances de ce prince, parce que ce fut de sa troisième femme qu'est née la branche dynastique qui nous occupera.

Nous dirons ainsi, qu'après le décès de l'infante Marie-Marguerite-Thérèse d'Espagne, l'empereur Léopold avait épousé en secondes noces et encore pendant la même année 1673, Claude-Félicité d'Autriche, fille de Ferdinand-Charles, archiduc de Gratz et d'Anne de Médicis, née en 1653 et qui mourut le 8 avril 1676.

II fut enfin uni en troisième lieu, le 14 décembre 1676 à Eléonore-Madelaine- Tbérèse, fille de Philippe-Guillaume de Bavière, duc de Neuchatel ou Neubourg, lequel devint plus tard électeur-palatin, et d'Ehsabetb-Amélie de Hesse-Darmstadt, née le 6 janvier 1655 et morte le 19 janvier 1720, quinze ans après l'empereur.

Du premier lit étaient issus : «. Ferdinand- Wenceslas-Joseph , né le 28 septembre 1667, mort en janvier 1668; Marie- Antoinette -Josèphe, née le 18 janvier 1669, morte le 24 décembre 1692, après avoir été mariée le 15 juillet 1685 à Maximilien-Marie-Emmanuel-Cajetan-Louis François-Ignace-Antoine-Joseph-Félix-Nicolas-Pie II, duc et électeur de Bavière, fils de Ferdinand-Marie-François-Ignace- Wolfgang, duc et électeur de Bavière et de Henriette-Adélaïde de Savoie, né le 10 juillet 1662. — (Ce prince se maria en secondes noces, le 15 août 1694 avec Tbérèse-Cunégonde Sobieski, fille de Jean

III roi de Pologne et de Marie-Casimire de La Grange , née le 3 mars 1676 ) — y. Un archiduc , né en 1670 et mort la même année ; d. Marie-Anne-Josèphe, née et morte en février 1672. Du second lit: e. Anoe-Marie-Josèphe, née le 11 septembre 1674, morte le 21 décembre de

la même année; £. Marie - Josèphe - Clémence, née le 11 octobre 1675, morte le 11 juillet 1676. La troisième union enfin produisit: »?. Joseph-Jacob-Ignace-Jean- Antoine- Eostacae, né le 26 juillet 1678, déclaré roi héréditaire de Hongrie le 9 décembre 1687, élu roi des Romains le 24 février 1690, salué empereur sous le nom de Joseph 1" le 5 mai 1705, mort à Vienne le 17 avril 1711. Ce prince rat marié le 24 février 1699 à Wilhelmine- A n)ë4ie, fille de Jean -Frédéric duc de Brunswick-Lunebourg et de Bénédictine- Philippine- Henriette comtesse palatine, née le 11 ou le 26 avril 1673, morte le

10 mai 1742. Marie-Elisabelh-Lncie- Thérèse, née le 13 décembre 1680, Gouvernante du Tyrol, puis le 9 octobre 1725, de» Provinces belgiques et morte le 27 août 1741. *. Léopold-Joseph-Guillaume, né le 12 juin 1682, mort le 3 août 1684 ; *. Marie-Anne-Josèphe, née le 7 septembre

1683, mariée le 9 juillet 1708 à Jean V (J ean- François- A otoine- Joseph -Bernard- Benoit) roi de Portugal, fils de Pierre II, roi de Portugal et de Marie-Sophie-Elisabeth de Bavière, né le 22 octobre 1689. x. Marie-Thérèse-Josèpho, née le 22 août

1684, morte le 18 septembre 1696.

p. CnARLES-Fa awçois-Joseph , que l Histoire a désigné sous le nom d' Empereur Charles VI, et qui devint Prince Souverain des Provinces belgiques après Charles

11 et Philippe Vt rois d'Espagne, comme nous le verrons sous len" XXVIII de notre généalogie. **. Marie-Josèphe-Colette, née Je 6 mars 1687, morte te 14 avril 1703. o. Marie-Madelaine-Josèphe, née le 26 mars 1689, morte le 1 mai 1743. n. Marie-Marguerite enfin , née le 22 juillet 1693 et morte déjà la même année.

h) Marie- Ambroistne , deuxième enfant de Philippe IV roi d'Espagne et de Marie- Anne d'Autriche, est né en 1654 et mourut Tannée suivante.

i) Philippe- Prosper , né en 1659 ou 1 660 , mort à l'âge de seize ans.

j) Charles II comme roi d'Espagne, fut le dernier mâle de la branche d'Au-

triche qui régna en Espagne et sur les Provinces Belgique» , y compris le Luxembourg.

XXVI. Charles II , né le 1 6 novembre 1661, le plus jeune des enfants de Philippe IV , succéda à son père tant sur le trône d'Espagne qu'en qualité de Prince souverain des provinces belgiques.

Il fut inauguré a Bruxelles , le 24 février 1666 , et mourut à Madrid le 1er novembre 1700 sans laisser postérité de:

1* Marie-Louise d'Orléans, fille de Philippe de France duc d'Orléans frère de Louis XIV et de Henriette-Anne d'Angleterre, née le 27 mars 1662, morte le 12 février 1689 et qu'il avait épousée le 31 août 1679 ; 2° Marie-Anne de Neubourg, fille de Philippe-Guillaume, duc de Bavière, Neubourg, Juliers et Berg, puis électeur palatin , et d'Elisabeth-Amélie de Hesse- Darrosladt, née le 28 octobre 1667, à laquelle il avait été marié le 28 août 1691.

Charles II avait institué pour son successeur dans tous ses états héréditaires Philippe db France, son petit-neveu, qui suit.

XXVII. Philippe de France, duc d'Anjou, qui fut le cinquième roi d'Espagne de son nom , était fils puîné de Louis, Dauphin de France et de Marie- An ne-Christine-Victoire de Bavière etpetitfils de Louis XIV roi de Erance et de Marie- Thérèse d'Autriche ou d'Espagne , demiesœur ainée du roi Charles II, comme nous l'avons vu.

Ce prince, né le 19 décembre 1683 , était bien réellement le plus proche héritier direct de ces couronnes par sa descendance de la sœur aînée du roi défunt ; mais la politique qui sait toujours chercher des biais , surtout lorsqu'il s'agit d'un partage de succession , est venue arracher des mains de Philippe Y tous les lambeaux qu'elle put saisir, ainsi que nous allons le voir.

Pour une 'plus parfaite intelligence des faits , nous rappellerons que le roi Philippe IV , avec ses quatorze enfants des deux lits , n'en avait conservé en vie que

trois , deux princesses et uo prince qui était le plus jeune. Ce dernier mourut sans enfants ; et pour éviter toute discussion au sujet de la succession à ses états, qu'il avait désiré voir rester indivisés , il transmit cette succession à la descendance de sa scrur ainée qui était morte depuis dix-sept ans, et ce à l'exclusion de son beau-frère l'empereur Léopold , parce que la i" femme de ce dernier, qui avait été sa sœur cadette, était également morte depuis vingt-sept ans et que sa descendance était de même éteinte depuis huit ans: L'hérédité ne pouvait donc revenir plus légitimement qu'à la lignée de cette sœur aînée. Mais dans cette lignée on avait pour ainé le Dauphin de France , déjà héritier présomptif de cette dernière couronne. En lui donnant encore celle d'Espagne et des Provinces belgiques ou le rendait absolument trop puissant et on suscitait peut-être une conflagration générale en Europe : il fallut ainsi transmettre cette succession à ses descendants immédiats , et au second de ces fils , toujours pour le même motif qui avait exclus le Dauphin loi-même, puisqu'encore l'aîné était naturellement héritier présomptif de France. Ce fils puîné du Dauphin fut donc adopté : jl prit le nom de Philippe V comme roi d'Espagne et Souverain des Provinces belgiques.

Il partit de Versailles le 4 décembre 1700,— son grand oncle le roi Charles II était mort le 1** novembre précédent, — et arriva en Espagne au mois de février 1701 . Il épousa le 11 septembre de la même année Marie-Louise-Gabrielle , princesse de Savoie , fille de Victor-Aroédée II duc de Savoie et d'Anne-Marie d'Orléans , née le 17 septembre 1688. Cette dame étant décédéc le 14 février 1714, le roi Philippe V convola en secondes noces, le 16 septembre suivant avec Elisabeth Farnèse, fille d'Edouard II duc de Parme et de Dorothée-Sophie de la Bavière-palatine , née en 1692.

Nous ne poursuivrons pas la descendance de ce prince , puisque nous allons

voir qu'il ne transmit pas la souveraineté sur notre pays à sa postérité.

Philippe V fut inauguré le 21 février 1702 , à Bruxelles où let États de toutes les provinces belges, y compris le Luxembourg , le reconnurent pour leur souverain légitime. Cependant , la possession de la couronne d'Espagne, aussi bien que de celle de la Belgique ne tarda pas à lui être contestes et disputée par l'Empereur Léopold, beau -frère du défunt roi Charles II, comme nous savons. Ce prince soutenait en effet que ces couronnes avant appartenu à la maison d'Autriche depuis Philippele-belfils de l'empereur Maximilien I , elles ne pouvaient être aliénées au préjudice de cette maison et au profit d'une branche cadette de celle des rois de France. Il ajouta peut-être aussi, que Marie-Thérèse d'Autriche , infante d'Espagne , en épousant le roi Louis XIV avait renoncé pour elle et pour ses descendants à toute prétention quelconque sur la succession aux dominations espagnoles , moyennant la dot de S00,000 écus d'or qui avait été payée à cette princesse ; que dès lors son petitfils ne pouvait, pas plus qu'elle, élever des réclamations touchant cette succession qui partant devait retourner à la maison d'Autriche dont lui Léopold était le représentant. Louis XIV au cootraire soutenait les droits de son petit-fils ; il s'appuyait tant sur la volonté expresse de Charles II, son grand-oncle, que sur la plus proche parenté directe du jeune prétcndaut , circonstance entièrement différente de ce qu'aurait été une prétention élevée à titre d'une part d'hérédité. Et en effet , le jeune Philippe V était l'unique parent direct qui pût être iramis dans cette succession sans blesser les droits du sang.

Ces pourparlers n'ayant pas abouti, on en vint de part et d'autre à une guerre ouverte: cette guerre est connue dans l'Histoire sous le nom de guerre pour la succession au trône d'Espagne. Elle dura douze ans , avec des succès et des reters pour les deux partis contendants, surtout

dans les provinces belgiques qui en furent le théâtre principal, jusqu'à ce qu'enfin on finit des deux côtes par s'entendre et conclure le traité d'Utrecht, en date du il avril 1713. // y fut stipulé par forme d'accommodement, que Philippe V resterait roi d'Espagne et que l'Empereur Charles VI, fils de Léopold et d'Eléonore- M adelaine-Thérèse de Bavière, comme représentant la maison d'Autriche obtiendrait les Pays-Bas espagnols qui dès lors entrèrent sous la domination austro-allemande avec la dénomination de Pays-Bas autrichiens.

Philippe V fut forcé de souscrire à cet abandon et mourut en 1746. // avait régné pendant douze ans, de 1701 à 1713, sur notre pays qui passa alors à l'archiduc et Empereur Charles VI, nommé au baptême Charles-François-Joseph, et dont il va être parlé.

Ce prince fat pour nous la souche d'une nouvelle branche de la maison régnante en souveraineté légitime:

H. La Maison austro-allemande.

L'empereur Charles VI, dont nous avons à nous occuper ici , appartenait toujours à la souche de la maison d'Autriche qui dans la personne de Philippe-le-Bel, fils de l'archiduc puis empereur Maximilien I" avait occupé le trône d'Espagne et exercé la souveraineté légitime sur les Provinces belgiques jusqu'à Charles II, dans la personne duquel sa branche s'était éteinte.

En effet, pour relier ce prince au tronc commun, nous dirons en peu de mots, que Charles-Quint et son frère Ferdinand, fils de Philippe-le-bel, ont constitué chacun une branche de la maison d'Autriche. Celle de Charles fut nommée austro-espagnole et celle de Ferdinand austro-allemande.

Cette dernière est devenue souveraine sur le Luxembourg et les provioces belgiques après l'extinction de son ainée, et en vertu «lu traité d'Utrecht qui a mis lin à la guerre pour la succession de cette branche ainée.

Afin de donner la filiation du Souverain

qui nous fut donné par ce traité du 11 avril 1713, rattachée à la souche de sa maison, il nous faudra remonter à Ferdinand, second fils et en même temps quatrième enfant de Pbilippe-le-bel et de Jeanne de Castille (voir plus haut, section G : La Maison austro-espagnole) :

Ferdinand d'Autriche, de la branche espagnole, constitua avons-nous dit la souche de la maison austro-allemande: 11 était le 2' fils de Philippe-le-bel et de Jeanne de Castille. Ce prince est né en 1502 et obtint en 1550 de Charles-Quint, son frère, l'abandon de tous ses biens en Allemagne. Le même frère l'avait fait élire Roi des Romains en 1531 et lui céda l'empire en 1556. L'empereur Ferdinand 1" du nom est mort en 1564- H avait épousé en 1521 Anne, fille de Ladistas, Roi de Hongrie et de Bohême et d'Anne de Foix, née en 1503 et morte en 1547. De ce mariage sont nés: i° Maximilien //, qui suivra; £° Ferdinand, Comte de Tyrol, marquis de Burgau, né en 1529 et mort en 1595, lequel avait épousé d'abord Philippine, fille de François Welser d'Augsbourg, morte en 1570; ensuite en 1580 Anne-Catherine, fille de Guillaume duc de Mantooe, morte en 1620. Du premier lit il eut un fils et une fille, morts jeunes; André, Cardiual-Evéque de Constance et de Brixen ; Gouverneur des Pays- Bus, mort en 1600, âgé de quarante-deux ans ; Charles , Marquis de Burgau , né en 1560f mort en 1618, sans enfants de Sybille fille de Guillaume duc de Clèves, qu'il avait épousée en 1601 et qui mourut en 1628. Du second lit, Ferdinand Comte de Tyrol eut: Anne d'Autriche, mariée en 1611 à l'Empereur Mathias et morte en 1618; et une autre Anne-Marie qui se fit religieuse. Le 5* enfant de l'empereur Ferdinand 1er fut Jean, mort jeune ; le 4e Charles , archiduc de Gralz ; le 5e Elisabeth, née en 1525, mariée en 1543 à Sigismond-Auguste , roi de Pologne et morte en 1545 ; le 6* Anne, née en 1528, mariée en 1546, à Albert , duc de Bavière et morte en 1580; le 7' Marie, née en

1530, mariée en 1546 à Guillaume, duc de Juiiers et morle eu 1584; le S* Madelaine, née en 1532, religieuse à Vienne ; le 9* Catherine, née en 1533, mariée , d'abord à François de Gonzague, duc de Mantoue ; ensuite à Sîgismond- Augusle, roi de Pologne et veuf de sa sœur Elisabeth ; elle mourut en 1572.

Le 10e Eléonore, née en 1534, mariée en 1561 à Guillaume de Gonzague, duc de Mantoue, morte en 1594; le II* Marguerite, née en 1536, morte en 1567 ; le il* Barbe, née en 1539, mariée en 1569 à Alphonse d'Est, Il du nom, duc de Ferrare et morte en 1572. Le 15' Ursule, morle jeune; le 14* Hélène, qui se fit religieuse et mourut en 1574, à l'âge de 31 ans; le 18* Jeanne, née en 1547, mariée en 1565 à François de Médicis, grand-duc de Toscane et morte en 1568- A l'empereur Ferdinand I succède dans la généalogie, son fils ainé, Maximilien II* du nom, né en 1527, élu roi des, Romains en 1562 et empereur après le décès de son père. Ce prince, qui est mort le 12 octobre 1576 avait épousé sa cousine Marie d'Autriche, fille de l'empereur Charles- Quint, dont il eut : f . Ferdinand, mort jeune ; î*. Rodolphe II qui suivra ; S*. Ernest, qui fut gouverneur de* Pays-Bas, né en 1553 et mort le 20 février 1595; 4". Mathieu, qui sera mentionne' après son frère Rodolphe; $°. Maximilien, Grand- Maitre de l'ordre Teutonique, élu roi de Pologne en 1587 et mort en 1618; 6*. Albert que nous avons déjà vu, Cardinal et archevêque de Tolède, puis gouverneur du Portugal et enfin des Pays-Ras. Il renonça à la cléricature pour se marier à la grande Infante Isabelle-Claire-Eugénie d'Espagne, fille de Philippe II et d'Elisabeth de France, et mourut sans postérité le 13 juillet 1621 (v. son administration sous la section qui précède) ; 7°. Wenceslas, né en 1561, mort en 1578 ; 8°. Frédéric ; et 9°. Charles, morts au berceau ; iQ*. Anne, née en 1549, mariée en 1570 à Philippe II, roi d'Espagne, morte en 1580; If. Elisabeth, née en 1554, ma-

riée en 1570, à Charles IX, roi de France, morte en 1592 ; 12*. et 15°. deux Marie, mortes au berceau; 14°. Marguerite, née en 1567, morte religieuse en 1633; et eu fin 18". Eléonore, née en 1568, morte en 1581.

Rodolphe II, resté fils ainé par le décès de son frère Ferdinand succéda à son père en qualité de chef de sa branche de la Maison d'Autriche. Né en 1552 il fut élu empereur après son père et mourut le 10 janvier 1612 sans avoir été marié.

Après lui, son frère Malhias , né en 1557, fut roi de Hongrie et de Bohème, puis Empereur. Il avait été marié avec Anne d'Autriche, fille de l'archiduc Ferdinand, comme nous l'avons vu plus haut, et mourut sans enfants en 1619, abandonnant ses états héréditaires et ses dignités à la branche de sa maison dite des archiducs de Gratz.

Celte branche avait commencé dans la personne de Charles, II du nom, dernier des fils de l'Empereur Ferdinand 1 (v.

plus haut). Ce prince, qui était né en 1540, obtint pour apanage la Styrie, la Carinthîe et la Carniole, fit sa résidence a Gratz et mourut le 3 août 1590. Il avait épousé en 1570 Marie, fille d'Albert II duc de Bavière, morte en 1608, et qui lui donna : 1°. Ferdinand , mort au berceau ; T. Ferdinand II qui suit; 5°.

Charles, mort jeune; 4°. Maximilien-Ernest, grand commandeur de l'Ordre Teutonique, né en 1 583, mort 1616 ; 8*. Léopold, qui constitua le rameau de sa maison dit des archiducs d'Insbruck: Né en 1586 il eut le comté de Tyrol pour son partage et fut le premier qui porta le titre d'archiduc d'Insbruck. Après avoir été évéque de Passau et de Strasbourg il fut général des armées de l'empire dans les guerres de Juiiers et de Passau et mourut le 3 septembre 1632. Il avait épousé en 10"26 Claude de Médicis, fille de Ferdinand l" grand-duc de Toscane, morte le 25 décembre 1648, dont il eut: Ferdinand- Charles, né en 1628 et mort le 30 décembre 1662 après avoir épousé en 1640

Anne de Médicis, fille de Côme II grandduc de Toscane, morte le 12 septembre 1676, dont un fils, mort en naissant, en 1654; Claude-Félicité, née en 1653, mariée en 1673 à l'Empereur Léopold, morte le 8 avril 1676; et Marie-Madelaine, née le 17 août 1656) morte de la petite-vérole le 20 janvier 1669. € '. Charles, fils posthume, né en 1590, lequel fut Grand- Maître de l'Ordre Teu tonique, évéque de Breslau et mourut le 28 décembre 1624 ;

7 Anne, née en 1573, mariée en 1592 à Sigismond 111 roi de Pologne, morte en 1598; 6°. Marie-Christine, née en 1574, mariée en 1595 à Sigismond Ratbori Prince de Transylvanie dont elle fut séparée. Elle se fit ensuite religieuse et mourut en 1621 ; 0". Catherine-Rénée, née en 1576 mourut en 1595; Î0°. Elisabeth, née en 1577, morte en 1586;

Grégoire-Maximilienne, née en 1581 , morte en 1 597 étant promise à Philippe 111 roi d'Espagne; iS°. Eiéonore, née en 1582, morte religieuse en 1620; 15°. Marguerite, née en 1584* mariée en 1599, à Philippe III roi d'Espagne, morte en 1611 ; 14°. Constance, née en 1588, mariée en 1605 à Sigismond 111 Roi de Pologne, décédée en 1631 ; 15°. Marie-Madelaiue, née en 1589, alliée en 1608 à Côme de Médicis 111 grand-duc de Toscane, morte en 1631.

Ferdinand II, fils ainé de Charles II et né en 1578, fut adopté par Cempereur Matkias qui le fit élire roi de ftohêine en 1617 et de Hongrie Tannée suivante. Il fut fait empereur en 1619 et mourut le

8 février 1637. Ce prince avait épousé : a. eu 1600 Marie-Anne fille de Guillaume, duc de Bavière, morte en 1616. b. Eiéonore de Gouzague, fille de Vincent I duc de Mantoue, dont il n'eut point d'enfants et qui mourut le 17 juin 1655. Du premier lit il avait eu : i°. Jean-Charles, né en 1605, mort en 1619; 2'. Ferdinand III, qui suivra; 5". Lc'opold-Guillaume, né en 1614, fat évêque de Passau, de Strasbourg, d'Halberstadt, d'Olmutz et de Breslau, Maître de l'Ordre Teu-

tonique et abbé de Murhach, Gouverneur des Payt-Ba» de 1647 à 1656, et mort le 19 novembre 1662 ; 4' Christine , née en 1601 , morte peu après ; 5° Marie- Anne , née en 1610 , mariée en 1635 à Maximilien Electeur de Bavière, son oncle , morte le 25 septembre 1665; 6" Cécile-Rénée , née en 1611, mariée en 1637 à Ladislas roi de Pologne , morte le 13 mars 1614.

Ferdinand III , dit Ernest. Né en 1608 il fut salué Empereur âpre* le décès de sou père et mourut en 1657. Ce priuce avait épousé : a. en 1631 , Marie-Anne d'Autriche, fille de Philippe III roi d'Espagne, morte le 13 mai 1646; b. en 16-18, Marie-Léopoldine, fille de l'archiduc Léopold, morte le 9 avril 1649; c. Eiéonore de Goniagoe, fille de Charles II duc de Mantoue, morte le 6 décembre 1686. Du premier lit il eut: 1\ Ferdinand- François, né le 3 septembre 1633 et mort'le 9 juillet 1654; î°. Philippe-Auguste, né en 1637, mort en 1639; 5°.

Maximilien-Thomas, né en 1638, mort en 1639; 4'. L&po/d-Ignace , qui suit; Ù". Marie-Anne, née en 1634, fiancée en 1648 à Philippe-Balthasar , infant d'Espagne, lequel mourut avant la consommation du mariage. Celle princesse épousa eu 1649 Philippe IV roi d'Espagne , père de celui avec lequel elle avait été fiancée et mourut le 16 mai 1696 ; 6*. Marie, née et morte en 1646. L'empereur Ferdinand III eut de son second lit: 7°. Ferdinand-Charles-Joseph, né en 1649, évéque de Passau et de Breslau, puis Grand-Maitre de l'Ordre Teutonique et mort le 27 janvier 1664. Les enfants du troisième lit furent: 8°. Thérèse-Marie- Josèphe , née en 1652, morte en 1653; 0°. Eléonore-Marie , née en 1655, mariée d'abord en 1670 à Michel Wiesnowski roi de Pologne ; ensuite en 1678 à Charles- Léopold duc de Lorraine ; elle est morte le 17 décembre 1697; Î0\ Marie-Anne- Josèphe , née en 1654, mariée en 1678 à Jean-Guillaume de Bavière prince de Neucbàtel, puis électeur-palatin, morte

le 14 avril 1689 ; Ferdinand-Louis- Joseph, né et mort en 1657.

Léopold /" était resté l'aîné vivant des fils de l'empereur Ferdinand III et de sa première femme l'infante Marie-Anne d'Autriche fille de Philippe III roi d'Espagne. Au baptême ce prince avait été nommé Léopold-Ignace-François-Balthasar-Joseph-Félicien. 11 est né le 9 juin 1640, fnt élu roi de Hongrie et de Bohême en 1655 et empereur en 1658. Il est mort le 5 mai 1705 ayant épousé:

a. en 1666 Marguerite-Thérèse d'Autriche , fille de Philippe IV roi d'Espagne, morte le 12 mars 1673; b. I* même année Claude-Félicité d'Autriche , fille de Ferdinand-Charles archiduc d'Autriche de Grau et d'Insbruck et d'Anne de Médicis, morte le 8 avril 1676; c. le 14 décembre de la même année 1676 , Eléonore-Madelaine-Thérèse , fille de Philippe- Guillaume de Bavière duc de Neuchatel , ensuite électeur-palatin , morte le 19 janvier 1720 dans la 66' année de son âge.

Ce fut ce prince qui contesta à Philippe V le droit de succéder aux pays héréditaires de la branche espagnole de sa Maison , laquelle venait dé s'éteindre dans la personne de Charles II devenu son beau- frère par son mariage avec sa première femme, laquelle était morte longtemps avant le roi son frère et sans laisser postérité vivante au moment de l'ouverture de la succession d'Espagne. Nous avons vu que Philippe V était petit-fils puiné de la sœur aînée du roi Charles II de même que de feue l'impératrice, femme de Léopold l, et que ce prince avait été désigné héritier des couronnes d'Espagne et des Pays-Bas dits alors espagnols, par un testament en due forme émané de la libre volonté de Charles II. Et nous savons finalement que de ces contestations est née la guerre dite pour la succession au trône d'Espagne et des Pays de par-deçà. Cette guerre qui dura 12 ans, n'était pas terminée à la mort de r empereur Léopold l qui en était Vun des auteurs ; elle ne le fut que sept ans environ plus tard après que le fils aîné de

celui-ci, et qui lui avait succédé, fut également décédé, abandonnant ses couronnes héréditaires à son frère puiné lequel obtint en vertu du traité d'Utrechi, en date du ii avril 1713, la cession des provinces belgiques et du Luxembourg pour sa part du pâté en contestation.

L'empereur Léopold I laissa de ses différents mariages savoir, du premier lit: 1°. Ferdinand- Wenceslas-Joseph , né le 28 septembre 1667, mort à l'âge de quatre mois; £°.Marie-Antoioette-Josèphe, née le 18 janvier 1669, mariée en 168;") à M aiimi lien-Emmanuel électeur de Bavière, morte le 24 décembre 1692 ; 3°.

Un archiduc, né et mort en 1670; 4°.

Marie-Anne-Josèphe, née et morte en février 1672. Do second lit F. Anne-Marie- Josèphe, née le 1 1 septembre 1674, morte le 21 décembre suivant ; 5°. Marie-Josèphe- Clémence, née le H octobre 1675, morte le H juillet 1676. Du troisième lit: 7°. Joseph- Jacob- Jgnace-Jean -Antoine- Eustache, qui suivra; 8". Léopold-Josepb- Guillaume, né le 12 juin 1682, mort le 3 août 1684; 0*. Charles-François- Joseph, QUI VIENDRA APRES SON FRERE

Joseph : C'est le prince qui devint notre XXVI II* DTNA8TB. 10°. Marie-Elisabeth-Lucie-Thérèse, née le 13 décembre 1080, Gouvernante du Tyrol; il*. Marie- Anne-Josèphe, née le 7 septembre 1683, mariée le 9 juillet 1708 à Jean V roi de Portugal ; 1ΰ. Marie-Thérèse-Josèphe, née le 22 août 1684, morte le 18 septembre 1696; l$°. Marie-Josèpbe-Collette, née le 6 mars 1687, morte le 14 avril 1703; lé". Marie-Madelaine-Josèphe, née le 26 mars 1689; l&". Marie-Marguerite, née le 22 juillet 1690 , morte en 1693.

Joseph-Jacob-Ignace-Jean-Antoine-Eustache, connu généralement sous le nom de Joseph tout court, est né le 26 juillet 1678, fut déclaré roi de Hongrie en 1687, élu roi des Romains le 24 janvier 1600, succéda à l'Empire en 1705 et mourut le 17 avril 1711. Il avait épousé le 15 janvier 1699 Wilhelmine-Amélie , fille de Jean- Frédéric de Brunswick , duc de Hanovre

et de Bënédictine-Philippe-Henriette comtesse palatine dont il a eu : i°. Léopold- Joseph né le 28 octobre 1700, mort le 4 août 1701 ; Marie-Josèphe, née le 8 décembre 1699, alliée le 20 août 1719 à Frédéric -Auguste , Prince électoral de Saxe ; 5". Marie-Amélie, née le 22 octobre 1701, mariée le 5 octobre 1722 à Charles- Albert - Cajetan - Jean - Joseph - Georges , prince électoral de Bavière.

Comme par le décès de l'empereur Joseph I sans laisser d'enfants mâles vivants, la succession de ce prince était naturellement échue à son frère puîné, l'archiduc Charles-François-Joseph d'Autriche qui était par là devenu le chef de sa maison, ce prince continua la guerre entamée pour la succession aux possessions austro-espagnoles et la termina, comme nous savons, par la paix d'Utrecht. Dans ce traité, nous le savons encore, les Provinces belgiques ainsi que les Pays-Duché db Luxembourg et comté db Cainy furent abandonnés à r Autriche dont les dy nattes devinrent ainsi nos princes-souverains-légitimes en commençant par farchiduc Charles-François- Joseph, connu dans la série impériale sous le nom de Charles VI, dont il avait déjà été question plus haut , et qui rappela à nos populations le souvenir de sa première Maison souveraine qui s'était en 1309 fondue dans celle de Bohême quelle avait continuée et dont était issu*par suite d'un grand nombre d'alliances masculines et féminines, le prince qui reprenait les rênes du Gouvernement.

XXVIII. Charlbs- François -Joseph, archiduc d'Autriche était, comme nous venons de le voir, 61s puîné de l'empereur Léopold I" et de sa troisième femme Eléonore-Madelaine-Thérèse, princesse de Bavière-Neuchâtel. Il naquit le premier octobre 1685 et fut pendant les contestations au sujet de la succession à la couronne austro - espagnole proclamé prétendant à cette couronne, en opposition à Philippe V. II fut même salué roi d'Espagne le 12 septembre 1703. Cependant à la paix d'Ut-

reclitil renonça à ce titre etobtint en échange la Souveraineté sur les Bays-Bas dits espagnols, surnommés depuis autrichiens.

Le 3 janvier 1717 les Trois-Etats du Pays de Luxembourg lui prêtèrent le serment de fidélité en qualité de Duc légitime.

II avait été élu empereur le 12 octobre 1711 sous le nom de Charles VI, et inauguré roi de Hongrie le 22 mai 1712. U devint roi de Bohême le 5 septembre 1723 et mourut enfin le 20 octobre 1740.

L'empereur Charles VI avait épousé le 23 avril 1708 Elisabeth -Christine de Brunswick- Wolffenbuttel , fille de Louis- Rodolphe de Brunswick-Wolffenbuttel et de Christine-Louise d'Oettingen, née le 28 août 1691 et morte le 21 décembre 1750, dix ans après l'empereur. De ce mariage :

a) Léopold- Jean- Joseph- Antoine-François de Paule-Ermingelde-Rodolphe-Ignace- Balthasar, archiduc d'Autriche, né le 13 avril 1716 et mort le 4 novembre de la même année.

b) M a b iE-Tnéit èsb-W albcrgb- Amblie- Christinb, qui suivra.

c) Marie- Anne -Eléonore- Wilhelmine- Josèphe , archiduchesse, née le 14 septembre 1718, morte le 16 décembre 1 745. Elle avait été mariée le 7 janvier 1744 à Charles-Alexandre de Lorraine, fils de Léopold-Joseph-Charles-Dominique-Agapet-IIyacinthe, duc de Lorraine et de Bar etc. et d'Elisabeth-Charlotte-Aglaé d'Orléans, né le 12 décembre 1712; Gouverneur des Provinces belgiques dites les Pays-Bas autrichiens, le 26 mars 1744, grand-maître de l'Ordre teutonique en 1761 et mort le 4 juillet 1780.

d) Marie- Amélie-Caroline-Louise-Ludomelle-Anne, archiduchesse, née le 5 avril 1724 et morte le 18 avril 1730.

XXIX. Marie - Thébèsb - Walburgb - Amélie- Christine, ou la Grande Marie- Thérèse, archiduchesse d'Autriche, est née à Vienne, le 13 mai 1717. Elle succéda à son père dans ses états héréditaires en vertu de la Pragmatique-sanction publiée par ce prince le 19 avril 1713 et

ACCEPTÉE PAR LES TrOIS-EtATS DU LUX- EMBOURG, LE 9 NOVEHBRB 1723.

Cette princesse, mariée le 12 février 1734) à François-Etienne, duc de Lorraine et de Bar, associa le 21 novembre 1740 ce prince à la régence de ses royaumes en lui conférant le titre et les pouvoirs de co-régent. Elle fut couronnée reine de Hongrie le 25 juin 1741 « reine de Bohême le H mai 1743 et mourut le 29 novembre

François-Etienne de Lorraine, né le 8 décembre 1708, était fils de Léopold- Joseph -Charles- Dominique- Agapet- Hyacinthe, duc de Lorraine et de Bar, marquis de Pont-à-Mousson et de Nomeny, comte de Blamont et de Vaudémont etc. , et d'Elisabeth-Charlotte-Aglaé d'Orléans. Il était frère-ainé de l'époux de l'archiduchesse Eléonore , sœur puînée de Marie- Thérèse.

Ce prince avait été salué duc de Lorraine et de Bar le 27 mars 1729 et proclamé Grand-Duc de Toscane en 1737. Le 13 septembre 1745 il fut élu empereur sous le nom de François 1" et couronné le 4 octobre de la même année. Il est mort le 18 août 1765.

De son mariage avec l'archiduchessereine de Hongrie et de Bohême sont issus :

a) M arie-Elisabelh- Amélie- Josèphe-Gabrielle-J eanne- Agathe , archiduchesse, née le 5 février 1737, morte le 7 juin 1740.

b) Marie- Josèphe - Antoinette -Jeanne , Archiduchesse, née le 6 octobre 1738, abbesse des chanoioesses de Prague et de Klagenfurl, morte le 19 novembre

c) Marie-Caroline-Ernestine-Jeanne-Joséphine , archiduchesse, née le 12 janvier 1740; mariée à Ferdinand IV, roi de Naples et des Deux-Siciles.

d) Joskpu- BENOiT- Auguste-Jean- Antoine-Michel-Adam , qui suivra.

e) Marie ■ Chrisline-Josèphe-Jeanne-A ntoinette, née le 13 mai 1742, fut unie le 8 avril 1766 à Albert-Casimir de Saxe- Tescben, fils de Frédéric-Auguste III,

électeur de Saxe , et de Marie-Amélie- Auguste de Deux-Ponts, né le 11 juillet 1738. — Ces époux, qui furent Gouverneurs des Province < belgiques, rendirent leur gouvernemtnt ajréable par leur sagesse et leur consciencieuse exactitude à maintenir les libertés que ces provinces avaient obtenues de leurs souverains.

f) Marie- Elisabeth- Joséphine- Jeanne- Antoinette, archiduchesse, née le 13 août 1743, abbesse à Insbruck.

g) Charles-Joseph-Emmanuel-Jean-Népomucène- Antoine Procope , archiduc, né le 1" février 1745, mort le 18 janvier

h) Pieiire-Léopold- Joseph -Jean- Antoine- Joacbim - Pi e -Godard , archiduc , né le 5 mai 1747, qui suivra après son frère auquel il a succédé sous le nom d'Empereur Léopold II.

i) archiduc, né le 19 septembre 1748, mort quelques heures après sa naissance.

j) M arie- Jeanne- Gabrielle- Josèphe- Antoinette, archiduchesse, née le 4 février 1750, morte le 23 décembre 1762.

k) Ma rie-Josèphe-Gabrielle-Jea n ne- A nloinette-Anne , archiduchesse, née le 19 mars 1751 ; liancée le 9 septembre 1767 à Ferdinand IV roi de Naples et des Deux- Siciles, et morte le 15 octobre de la même année.

I) Marie - Caroline- Louise - Joséphine - Jeanne-Antoinette , archiduchesse, née le 13 août 1752, fut mariée le 12 mai 1768 à Ferdinand IV, infant d'Espagne, roi de Naples et des Deux-Siciles , lequel avait déjà été h'ancé à sa sœur immédiatement plus âgée.

m) Marie - A ntoinetle - Jean ne -Josèphe, archiduchesse, née le 2 novembre 1753, épousa le 10 mai 1770 Louis-Joseph-Slanislas-Xavier, Dauphin de France, puis roi sous le nom de Louis XVI.

Ces époux infortunés moururent l'un et l'autre sur l'échaflaud révolutionnaire , le roi le 21 janvier et la reine le 16 octobre

n) Ferdinand-Charles-Anloine-Joseph -

Jean-Stanislas, archiduc, né le 1er juin 1754, marié le 15 octobre 1771 a Marie- Richarde-Béalrix d'Est, fille de Hercule- Renaud, duc de Modène, née le 7 avril

o) Mcurimilien-François-Xavier-Josephr Jean-Anloine-Wenceslas , archiduc, né le S décembre 1756, archevi-que-élccteur de Cologne et évêque de Munster le 15 avril 1784; grand-maître de l'Ordre teutcnique.

XXX. Joseph - Benoît -Acgustb - Jban- Antoine-Michbl-Adam, fils-aîné de l'Impéralrice Marie-Thérèse et de l'Empereur François de Lorraine, naquit le 13 mars 1741. Le 27 mars 1764 il fut proclamé roi des Romains et couronné en celle qualité le 3 avril de la même année. Il fut salué empereur d'Allemagne au décès de son père, le 18 aoùl 1765 el succéda dans les Etats héréditaires de sa mère , le 29 novembre 1780. Il est mort le 20 février

Ce prince, qui a eu le malheur de vivre pendant un siècle qui ne comprenait pas ses bonnes intentions, avait entrepris, mais d'une manière trop brusque et sans transition suffisante, d'extirper les abus qui, disait-il, s'étaient pendant le cours des siècles glissés dans les différentes institutions administratives et religieuses.

D'un autre côté, la Justice aussi était rendue d'une manière déplorable, tant sous le rapport des formes de la procédure que sous celui des lois de répression des crimes et délits ; car ces formes se réduisaient à des tortures afin d'arracher par la douleur des mensonges aux accusés qui, pour se dégager de ce martyr inhumain, se déclaraient en définitive coupables de tout ce dont on les chargeait. Quant aux peines, il n'y en avait que trois : l'amende, le bannissement avec ou sans fustigation, et le gibet avec ou sans addition d'ultérieures barbaries. Et l'application de ces lois arbitrairement élastiques était abandonnée à la discrétion de juges doot quatre-vingts sur cent ne savaient souvent même pas

lire ! L'empereur Joseph II avait aussi entrepris de porter remède à ce mal déplorable, si avilissant pour l'humanité; mais encore il fut arrêté dans ses projets humanitaires.

Un grand nombre de maisons religieuses, cette institution si belle et si sainte dans son origine, ces maisons, disons-nous, avaient à leur tour, complètement faussé les intentions bienfaisantes et si éminemment philosophiques des fondateurs des différents ordres. Dans le principe, elles n'avaient été établies que pour la prière et pour l'étude ; le défrichement et la culture des terres en étaient devenus un accessoire nécessaire pour procurer leur subsistance aux cénobites qui habitaient ces solitudes, sanctuaires de la science, du travail et de la piété, chargés de la conservation du dépôt sacré des connaissances humaines acquises pendant les siècles précédents, pour les restituer plus tard au monde, lorsque celui-ci sorti de la barbarie, aurait été mûr pour les utiliser à son profit ; car la science est pour l'homme, et elle n'est que pour lui. Tel fut dans le principe le motif créateur des monastères, et ce motif était saint, il était véritablement religieux. Mais il n'est, ce semble, pas d'institution humaine qui puisse subsister pure à travers tous les siècles et tous les âges : les religieux devenus riches par les donations considérables qui leur affluaient de toute part, avaieut fini par se relâcher et s'habituer à l'oisiveté lorsque les canons de leurs métairies en grand nombre, cultivées par des fermiers, espèce de serfs ou de colons, produisirent de quoi suffire en abondance à leur entretien sans plus les astreindre au travail des mains. Ajoutons à cela que plus tard encore , le plus grand nombre des religieux et des religieuses qui peuplaient les couvents ne s'y étaient pas retirés pour pouvoir mieux se livrer à la prière et à la contemplation; loin de là : par l'effet de la barbare loi du droit d'aînesse tous les cadets étaient déshérités ; il fallait cependant ne pas les laisser mourir de faim. Les monastères alors reçurent

ces jeunes gens de toutes les classes de la société qui n'avaient aucun moyen pour ▼ivre dans le monde suivant le rang de leurs pères, et cela pour le seul motif qu'ils étaient nés après leurs aînés : La vocation religieuse, cette sublime inspiration de la divinité n'avait dès lors pas motivé leur entrée en clôture , mais bien une certaine nécessité matérielle, résultat d'un vice radical dans l'organisation de la société humaine ! Et les choses en étaient venues à un tel point d'abus que l'on pourrait nommer plus d'une abbaye qui à sa suppression conditionnelle ordonnée par Joseph II, n'était peuplée que de cadets de maisons comtales et princières , qui n'avaient de religieux que l'habit. En un mot, l'organisation monastique était arrivée au plus haut degré de décrépitude.

Cet état des choses était connu de tous, de l'Empereur aussi. 11 voulut y porter un remède efficace en déclarant supprimés dans ses pays héréditaires les couvents d'hommes et de femmes dont les habitants ne consentiraient pas, dans un délai donné, à se rendre d'une manière directe utiles à l'humanité , en soignant par exemple les malades indigents ou bien en ouvrant des écoles pour instruire le peuple qui avait tant besoin d'être tiré de la crasse ignorance dans laquelle il avait croupi jusqu'alors.

Par la suppression partielle des couvents Joseph II avait sans doute préludé à l'abolition du droit d'aînesse , parce que cette suppression rendait la seconde mesure nécessaire pour arriver enfin à relever l'homme à ses propres yeux à sa dignité native en faisant triompher ce principe d'une justice éternelle , que tons les enfants, fils cl filles d'un même père et d'une même mère ont droit à une légitime égale.

Nous dépasserions les bornes d'une généalogie politique si nous essayions de nous étendre à commenter nne à une toutes les réformes tentées par l'empereur Joseph II. Qu'il nous suffise d'avoir esquissé ce travail à grands traits. Quoiqu'il en soit, nous le répétons, Joseph II

a eu le grand tort d'avoir voulu trop brusquer en essayant de déchirer en une seule fois le voile épais qui maintenait encore ses peuples dans l'ignorance. Son désir, non de philosopher ses sujets, comme ses contradicteurs l'ont dit tant de fois , mais de les rendre plus heureux , ce désir était sincère. Cependant malgré ses bonnes intentions il a rencontré partout, hors le Duché de Luxembourg, cette opposition tenace qui s'obstine à ne pas vouloir voir clair en plein jour. L'éducation publique , il est vrai , n'avait pas encore préparé les hommes pour les rendre habiles à sortir d'une ornière usée , suivie depuis des siècles. A noire avis, il eut fallu continuer la marche accoutumée jusqu'alors, prendre les choses de plus loin et avancer plus lentement , n'accordant les réformes ou améliorations projetées que une à une, successivement et par intervalles sagement mesurés : à force de vouloir trop éclairer d'un coup de lumière, on offusque ou bien on éblouit. Il eut même suffi, ce semble, de généraliser d'abord les bienfaits de l'instruction primaire en ordonnant l'établissement d'écoles dans tous les villages et les villes; exiger ensuite des maîtres une instruction de plus en plus étendue; puis renforcer les études gymnasiales à un point tel qu'on n'aurait pu fréquenter les universités et même les séminaires qu'après des examens approfondis sur d'autres branches que le latin et les quatre premières règles de l'arithmétique comme cela avait été généralement de mode jusqu'alors; exiger dans les établissements d'instruction supérieure l'annexion de chaires de haute philosophie, de droit naturel et public , etc. ; abolir l'abrutissante loi du droit d'aînesse, sans rétroaction cependant pour le présent accompli ; créer de bons cours de droit criminel et civil , etc. ; changer toute la procédure répressive et n'accorder les honneurs de la magistrature qu'à des hommes qui en auraient obtenu la licence universitaire et après une pratique assez longue

da barreau , etc. , etc. ; Ces mesures préparatoires auraient suffi pour remplir un règne entier et l'immortaliser. Et si on avait voulu rédiger, aussi loin qu'on l'aurait désiré, le plan général des améliorations jugées nécessaires ou même seulement utiles, un cahier ou mémorandum secret aurait pu être transmis aux successeurs, à la prudence desquels on aurait abandonné le soin de progresser dans cette marche ; d'avancer vite ou de rester stationnaire pendant quelque temps pour faire mûrir l<;s conquêtes intellectuelles faites et pour préparer le peuple à en obtenir de nouvelles. Car, nous avons la conviction la plus intime que les réformes de Joseph II, si elles avaient été opérées dans la mesure de prudence quelles eussent bonnement exigée, auraient demandé un siècle et plus pour s'accomplir sans secousse défavorable : entreprises de celte manière elles auraient été accueillies avec bénédiction, tandis que décrétées ensemble et coup sur coup, elles ont été non-seulement repoussées par les populations , mais elles ont suscité une révolte ouverte dont les suites nécessaires furent le retour vers l'ancien régime , en collant môme davantage les hommes à leurs préjugés.

Le choc de cette opposition inattendue fut terrible pour l'âme sensible et aimante de l'Empereur. Il ne s'était pas attendu à ce que ses sujets belges , car, nous le répétons, les luxembourgeois restèrent étrangers à ta révolution dite brabançonne à ce que ses sujets belges, disons-nous, fussent si fort attachés à leurs anciennes coutumes. Né naturellement doux et bon, l'Empereur avait cru augmenter le bonheur physique et moral de ses peuples, et il vit avec amertume que ceux-ci ne voulaient pas de ce qu'il avait pensé être des bienfaits : cette déception , cruelle s'il en fut jamais, le frappa au cœur et lui occasionna la maladie de langueur à laquelle il succomba à l'âge de 49 ans moins 21 jours.

Joseph II avait contracté denx mariages successifs; le premier le 6 octobre 1760 avec Marie-Isabelle-Louise-Antoinette de

Bourbon, princesse de Parme et infante d'Espagne , fille de Don Philippe , infant d'Espagne , duc de Parme , de Plaisance et de Ùuaslclla et de Louise-Elisabeth de France, née le 31 décembre 1741 et morte le 27 novembre 1763. Après le décès de sa première épouse ce prince s'unit le 28 janvier 1765 à Marie-Joséphine- Antoinelte, princesse de Bavière, fille de Charles- Albert -Cajetan- Joseph -Georges- Adam , électeur de Bavière, lequel fut plus tard empereur sous le nom de Charles VII, et de Marie-Amélie-Joséphine-Thérèse- Cordule , archiduchesse d'Autriche , née le 30 mars 1730 et morte le 28 mai 1767.

Le premier mariage seul produisit deux archiduchesses qui moururent avant leur père :

a) Thérèse-Elisabeth-Philippine-Louise- Josèphe- Jeanne , née le 20 mars 1762, décédée le 23 janvier 1770.

b) née avant-terme, le 22

novembre 1763 et morte quelques heures après.

En l'absence de toute descendance directe de l'Empereur Joseph 11 les couronnes de Bohême et de Hongrie, ainsi que la souveraineté snr les Provinces belgiques, y compris le Duché de Luxembourg , et finalement sur toutes les terres héréditaires de la Maison de Habsbourg passèrent à son frère qui suit.

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